Environnement
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AUTRES MÉDIAS
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The future of clean-energy
Lunchs et collations écoresponsables pour la rentrée
The
15 Biggest Residential Houses In The World
En
2050, il y aura plus de plastique que de poissons dans
l'océan, selon le Forum de Davos
58
Organizations Fighting Food Waste Around the World
Half of all US food produce is thrown away, new research
suggests
Supermarkets
Are Key To Making America Stop Wasting Food
Roses
Are Red... And Ecologically Unsustainable?
En
Alberta, « l’avènement
d’une humanité... inhumaine »
Le
projet d'incinérateur à déchets toujours bien vivant
L'incinération des déchets gaspille nos ressources
Pourquoi
la Conférence de Paris a-t-elle été qualifiée de
succès?
Petits
et grands gestes pour lutter contre les changements
climatiques
Quatre façons de réduire votre empreinte carbone
Dix gestes pour le climat
Climat : où en
sommes nous? Dossier de Radio-Canada
Le climat en
questions
Consommation responsable
Les
mythes sur les énergies renouvelables
Vivre
sans pesticides
#RediscoverNature - Nature Valley Commercial
2015
La
technique est-elle synonyme de progrès?
Se détourner des énergies du passé
Le
malheur des uns…
Q&A:
Jeff Rubin on crude-by-rail and where oil prices are
heading
Redesigning
Civilization with Permaculture - Toby Hemenway
Nasa-funded study: industrial
civilisation headed for 'irreversible collapse'?
Did Nasa fund 'civilisation collapse' study, or not?
Une étude américaine met en garde contre la chute de
l'Empire occidental
Sans Lendemain
China's real estate bubble
Préparez-vous
a vivre sans électricité
The
Five Stages Of Collapse, By Dmitry Orlov - Book
ReviewThe Long Emergency
Hubert
Reeves : "nous sommes dans la 6ième extinction de
masse"
MAN
Destruction
de Nauru: un exemple de soutenabilité?
Le
sur-développement a tué Nauru
Nauru, l’île
aux désastres
Plutôt dérangeant,
n'est-ce pas ?...
La
grande arnaque du réchauffement climatique
Avertissement concernant ces
informations
Le CO2 effet ou cause du réchauffement climatique?
Le réchauffement du climat serait le symptôme d’une
catastrophe à venir
Climat : pourquoi le
réchauffement est-il en pause depuis 20 ans ?
Le GIEC reconnait 17 ans sans
réchauffement
Global warming 'pause' may last for 20 more years and
Arctic sea ice has already started to recover
Warmest Decade on Record Brings Record Temperatures and
Weather Extremes
The warming ‘plateau’ may extend back even further
Global Warming Hiatus: Where Did the Heat Go
Has global warming hit a plateau?
Warming Plateau? Climatologists Face Inconvenient Truth
What to Make of a Warming Plateau
As Its Global Warming Narrative Unravels, The IPCC Is In
Damage Control Mode
Cycle
solaire et réchauffement climatique
Pourquoi le réchauffement fait une "pause"
Janvier 2010 – vous avez dit réchauffement ?
La
pause du réchauffement climatique : décryptage d’une
légende tenace
La "pause" du réchauffement n'existe pas
Climate change deniers - David Suzuki Foundation
Global Warming is not caused by human activities
Whatever
Happened to Acid Rain?
Major Air Pollutants
Les
eaux usées : une pollution encore et toujours à la une
La
voiture qui fonctionne a l'eau au japon
Tata
Motors en Inde, la voiture à air
Voiture
électrique
Water
Powered Fire?
Salt
water fuel
Nikola Tesla
unlimited free energy forever THEY
dont want you to know about
Nikola
Tesla - Tribute
Nikola
Tesla - The Forgotten Wizard
The Missing Secrets Of
Nikola Tesla
Thrive
: the movie
E-Cat,
l'énergie libre qu'on vous cache
La Transition, histoire d’une
idée – Pablo Servigne
L’Irlande
passe au vert
HOME
(FR)
Consigne
sur les bouteilles de vin à la SAQ
Quarante
millions pour éviter la consigne des bouteilles de
vin
La
SAQ réfléchit au sort des bouteilles de vin
Feu vert à la consigne des bouteilles de vin
Québec imposera la consigne sur les bouteilles de vin
Bouteilles
de vin : les Québécois favorables à la consigne, en
principe
Consignation: la SAQ sous pression
Consigne
des bouteilles: la SAQ ne veut pas plier devant la
pression
Pétition : Consignation des bouteilles provenant de la
SAQ
Québec imposera
la consigne sur les bouteilles de vin
Québec tient à consigner les bouteilles de vin
Revue de presse :
les éco-quartiers
Des
quartiers verts, actifs et distinctifs
Écoquartiers - Pointe-aux-Lièvres
Écoquartiers - Pointe-D’Estimauville
Quartiers verts et éco-quartiers à Montréal : c’est
quoi, et comment ça marche?
Des écoquartiers, vraiment?
Quelques
caractéristiques
d’un écoquartier
Cité verte
Écoquartiers - Cité Verte
La
Cité
Verte: visite du chantier
Cité verte: les travaux tirent à leur fin
Quartier
D'Estimauville: projet sous le signe de la mixité (30
mars 2013)
Écoquartiers: aucun changement ne sera toléré, avertit
Labeaume (12 juin 2013)
Projet d'écoquartier de la Pointe-aux-Lièvres: les
clés rendues à la Ville de Québec (22 août 2013)
Écoquartiers: du temps précieux perdu, selon
Démocratie Québec (23 août 2013 )
60 logements sociaux en bois lèveront de terre à la
Pointe-aux-Lièvres (9 septembre 2013)
Écoquartier de la Pointe-D'Estimauville: le promoteur
Leboeuf se retire (02 octobre 2013)
Écoquartiers: improvisation et amateurisme de
l'administration Labeaume, dit Lemelin (02 octobre
2013)
Projets d’écoquartiers: toujours aussi verts? (18
novembre 2013 )
Projets d'écoquartiers: tour d'horizon de la grille
d'évaluation (18 novembre 2013)
Nouveau projet dans l’écoquartier de la
Pointe-D’Estimauville (2 déc. 2013)
Les
fosses septiques contribueraient à la pollution des
lacs
Les eaux usées : une pollution
encore et toujours à la une
Les
politiques de gestion des eaux usées
Wastewater
Treatment Types
Marché
du carbone - Cap sur les résultats
QUÉBEC CIBLE L’INDUSTRIE PÉTROLIÈRE
Québec
met la table pour une participation à la bourse du carbone
Le Canada peut-il vraiment se permettre de négliger son
environnement, ne serait-ce que selon une perspective tout
ce qu'il y a de plus économique ?
Lettres
- Chronique de catastrophes annoncées
Une
facture salée pour le Canada
Tant que l'on s'obstinera à contourner la question de mettre
un prix sur la pollution, toute discussion sur
l'environnement pourra-t-elle jamais représenter davantage
que des paroles en l'air ?..
Des
arguments fallacieux
Message to McGuinty: Most green-job schemes have been
miserable failures - MARGARET WENTE
Lettres
-
Le
Canada,
l'OMC
et l'environnement
Et si les grands traités contraignants "à la Kyoto" ne
devaient s'avérer guère plus qu'un spectacle à grand
déploiement ne visant en fait qu'à entretenir l'illusion
qu'il y ait encore quoi que ce soit qui avance au niveau de
l'environnement ?
Post-Kyoto,
a search for ‘a subtle skill’ in tackling climate change -
NEIL REYNOLDS
Climate
theatre of the absurd - MARGARET WENTE
Don’t blame the politicians, Canadians killed Kyoto
Climate
summit was a pathetic exercise in deceit
Et si la véritable raison de l'impasse climatique n'était en
fait du à rien d'autre qu'un manque de volonté collective en
vue d'accomplir quoi que ce soit de moindrement concret
vis-à-vis de l'environnement ?
Don’t blame the politicians, Canadians killed Kyoto
L’impasse climatique
Aurait-on donc tout simplement oublié l'environnement ?
Secteur
culturel - Frédéric Back est aussi un homme qui plante des
arbres
Le temps change
Climat
de déni
Climat
- Après le nucléaire, le gaz?
Cri
d’alarme
En bout de ligne, y aura-t-il vraiment d'autre
avenue possible que la décroissance, pour ce qui est de
laisser un répit à la Terre ?...
Et
après
le
gaz
de
schiste
?
Des solutions réelles ne sont-elles pas déjà à portée de
main ?...
Faire
Québec-Montréal, à 250 km/h, suspendu dans les airs...
Des
Américains payés pour économiser l'énergie
Restaurer
là ce qui est détruit ici
Le FMI suggère un «fonds vert» contre le réchauffement
climatique
Le
FMI proposera de créer un fonds contre le réchauffement
climatique
Cap-and-dividend:
the
jolt
Harper
needs?
-
Jeffrey
Simpson
Climate
strategy on a road to nowhere - Bjorn Lomborg
Deux
approches pour contrer les GES
Peut-on vraiment prétendre faire de l'environnement une
priorité sans commencer par faire payer les pollueurs ?
Taxes
vertes, un ingrédient de croissance
Et si parlait des "vraies affaires", et donc
des questions qui nous touchent nous-mêmes le plus
directement ?...
Climate change? Not in
this campaign - Jeffrey Simpson
In
Australian
politics,
climate
change
equals
grief
-
Jeffrey
Simpson
Expansion
du parc automobile au Québec - Les écologistes réclament
d'urgence un bonus-malus
Gaz
à effet de serre - Pas de captation sans imposition, dit
une étude
L'entrevue
- Le développement endurable
La
course à l'énergie
Hausse
du
niveau
de
la
mer:
une
peur
exagérée
-
Bjørn Lomborg
Les
choses
sérieuses
maintenant
-
Lise
Payette
The
climes
are
still
a-changin’
-
Norman
Spector
La
politique énergétique canadienne fait fausse route
All
talk,
no
summit
action
on
the
end
to
fossil-fuel
subsidies
-
Jeffrey
Simpson
Énergie:
Québec s'en va dans la bonne direction
«Sauvons
le hockey», demandent les écologistes
Tenir
compte de la «dette écologique»
Une mesure essentielle
La
bataille des cinq «piasses» - Alain Dubuc
Les
choses qu'on n'ose pas dire - Alain Dubuc
Pourquoi vendre notre électricité à perte ?
Des
écologistes se penchent sur l'exportation d'électricité
Et au fait, le Québec se serait-il donc donné pour mission
de s'opposer à tout, et ce en toute chose ?...
Terrorisme
environnemental
Énergie: le beurre et l'argent du beurre
On
ne peut s'opposer à tout...
Et que peut-on encore attendre des grands traités
contraignants "à la Kyoto", dans la mesure où ceux-ci ne
semblent pouvoir faire davantage qu'entretenir la notion
selon laquelle l'économie et l'environnement ne peuvent que
s'opposer mutuellement ?...
(Et si nous faisions carrément fausse route, en misant tous
nos espoirs sur les grands traités contraignants "à la
Kyoto", et en ne faisant donc qu'entretenir la notion selon
laquelle l'économie et l'environnement ne peuvent que
s'opposer mutuellement ?...)
Kyoto withdrawal shames us all
Economics, politics cloud future of world emission talks
Kyoto
est
mort
Great
news
from
Cancun!
Kyoto
impasse
could
torpedo
climate
talks,
U.S.
warns
Cancún
- Chacun pour soi
Le
resquillage
climatique
Le
Japon
tourne
le
dos
à
Kyoto
Étapisme
climatique
Climat
- Après la morale, place à l'économique
Climat
- Un bras de fer entre Washington et Pékin est prévisible
à Cancun
Sommet
de
Cancún
sur
le
climat
Climat:
les négos post-Copenhague bloquent
Climat:
retour à la case «Négociations»
En
bref - Reprise de pourparlers sur le climat
Après
Copenhague, le chemin vers Mexico s'annonce rude
La
montagne accouche d'un souriceau
Le
miracle n'a pas eu lieu - Ariane Krol
Deux
approches pour contrer les GES
Le
mercure monte dans la ville froide
Kyoto
est-il un échec? - François Cardinal
M.
Harper va à Copenhague - André Pratte
Un
débat mal ciblé - Alain Dubuc
Le
casse-tête de Copenhague - ANDRÉ PRATTE
Le
Canada et Copenhague - André Pratte
Et peut-on promouvoir la protection de l'environnement
autrement qu'en ne sachant faire mieux que de provoquer un
clivage, sinon une bataille rangée entre le Nord et le Sud
?..
Climat:
où est l'aide promise?
GES:
les pays en développement multiplient les efforts
Changements
climatiques: ceux qui pèchent le moins écoperont le
plus
Climate
funds
shouldn't
divert
poverty
aid,
UN
says
Entretien
avec le no1 de Greenpeace, Kumi Naidoo - Un «apartheid
climatique» se dessine entre le Nord et le Sud
Et surtout, se pourrait-il donc qu'en ce qui concerne
l'environnement, les seuls "succès" qu'on puisse encore
espérer ne consistent en fait qu'à gagner du temps ?...
Rosebuds of consolation in a warming world
Editorial:
As predicted: Cancun falls short
Cancún
- Le Canada piégé
De
Cancún
à
Durban
Accord
modeste
à
Cancún
Et si la population humaine n'était tout simplement pas
prête à relever le défi climatique ?...
Refroidissement
climatique
Et que dire de "l'autre crise", celle de la biodiversité
?...
L'Entrevue
- Biodiversité: une humanité en sursis
Les
océans s'appauvrissent dans l'indifférence
La
biodiversité, c'est payant!
Une
valeur économique chiffrable
En
bref - Les niveaux de plancton dans les océans diminuent
brusquement
Of
animals in danger and endangered species
Biodiversité:
cible ratée
La
biodiversité perd des plumes
Biodiversité
: un enjeu métropolitain
Convention
sur la diversité biologique - Il faudra établir un
protocole lors de la rencontre de Nagoya
10
Species Near Extinction
La
dérive de la banquise
Car l'homme peut-il vraiment s'empêcher de détruire les
autres formes de vie qu'on peut encore trouver sur cette
planète ?
Species Directory
Les 10 espèces les plus menacées
10 of the cutest endangered species
25 Most Endangered Species On Earth
List of Wildlife Species at Risk (Canada)
TEN MOST ENDANGERED ANIMALS
Polar Bear Makes the List
Endangered Polar Bear
Polar bears to be listed as species at risk
Canada's Endangered Species
Russia hopes plan to save endangered tigers worth more
than the sum of their parts
Fifty
years
later,
lessons
from
the
Gombe
chimps
-
Jane
Goodall
Cod
in
Newfoundland:
Already
seen
that
drama
-
Jeffrey
Simpson
Une
minuscule grenouille disparaîtra du Québec
Biodiversité
à
la
québécoise
La
Grande barrière de corail gravement endommagée
Sept nouvelles plantes menacées au Québec
La
Commission baleinière menacée d’extinction
L'esturgeon
en tête des espèces menacées
Is
Chinese Economic Demand Killing Africa's Gorillas?
Le
gorille au coeur de tous les trafics
Refus
d'une protection aux coraux menacés
Le commerce international du thon rouge ne sera pas
interdit
Afrique:
les rhinocéros, cibles d'un braconnage très organisé
Des
lions menacés par la sécheresse et un insecticide
Et pourtant, peut-on vraiment penser que la destruction des
autres formes de vie puisse faire autrement que de finir par
menacer notre propre survie, et ce peut-être plus tôt qu'on
ne pourrait d'ailleurs l'imaginer ?...
Le sort des abeilles inquiète l’ONU
Car n'est-il pourtant pas évident que toutes les espèces
vivant sur cette planète ne pourraient sans doute pas être
plus intimement et directement reliées l'une à l'autre,
ainsi qu'à la planète elle-même ?
How Wolves Change Rivers
Et serions-nous donc en train de dépeupler nos mers, pour ne
prendre que cet exemple ?...
Lueur d’espoir pour le retour de la morue
Des
thons de plus en plus en danger
Mais
où est donc le poisson québécois?
Les
océans «dans un état critique»
La
fin
de
la
pêche
traditionnelle?
The
myth
of
bluefin
abundance
Et du moment que l'on reconnaît des droits aux animaux,
alors comment empêcher que nous ne soyions alors tous
considérés comme des criminels ?...
Free
fish
from
their
pain
and
suffering
Et pourtant, se pourrait-il donc que tout espoir ne soit pas
encore perdu ?...
Des
couloirs verts pour sauver la biodiversité de Montréal
Une
grenouille, considérée comme disparue, refait surface
Faire
fausse
route
-
François Cardinal
La
peau de l'ours pourrait ne plus être vendue
Et si les deux crises que sont celles du climat et de la
biodiversité se trouvaient en fait à n'en former qu'une ?...
Qu'arrive-t-il
au caribou?
Et se pourrait-il donc qu'il reste toujours de l'espoir
pour notre planète ?...
Clean
Air Act - Les républicains sont en discordance avec les
Américains
Climat
et biodiversité - Des avancées qui se butent à
l'immobilisme politique
Filtering
out
the
climate-change
BS
-
Norman
Spector
Global
accord
on
climate
change
hailed
as
breakthrough
L’équipe
B
CO2:
la promesse d'Obama sera respectée
Les
25 ans du trou dans la couche d'ozone
Le
Jour de la Terre a 40 ans
En
bref - Deux motions contre les émissions de GES sont
adoptés à Ottawa
Canada, U.S. team up
to restrict auto emissions
Là
où ça va chauffer en 2010
Le
FMI suggère un «fonds vert» contre le réchauffement
climatique
La
Chine et l'Inde s'associent à l'accord de Copenhague
Le
transport collectif gagne du terrain
Le
FMI proposera de créer un fonds contre le réchauffement
climatique
Paris
promet une nouvelle taxe carbone pour l'été
Les
grands pays forestiers s'unissent contre la déforestation
L'ONU
réclame un traité contraignant en 2010
Une
entente au rabais à Copenhague
Blitz
de négociations de la dernière heure
Clinton
tend la main aux Chinois pour dénouer l'impasse
Al
Gore réclame un nouveau sommet sur le climat en 2010
Copenhague:
les négos changent de rythme, place aux politiques
Un
projet d’accord émerge « Tout est encore possible »
Climat:
l'UE va débloquer 7,2 milliards d'euros pour les pays
pauvres
L'UE
pourrait débloquer des fonds pour les pays pauvres
Obama
sera à la clôture du sommet de Copenhague
«Un
succès à Copenhague est en vue»
Sarkozy propose 10 milliards aux pays pauvres
Le
sommet du Commonwealth est dominé par le climat
Et pourtant, la partie n'est-elle pas loin d'y être gagnée
?...
Sables bitumineux: l'Europe recule sous la pression
d'Ottawa
La
France abandonne la taxe carbone
Cette "dernière chance" qu'était supposée être la Conférence
de Copenhague se serait-elle pourtant soldé par un échec
?...
La
montagne accouche d'un souriceau
Le miracle n'a pas eu lieu - Ariane Krol
Pauvre Canada vert
Une
entente au rabais à Copenhague
«Cette
entente est une coquille vide»
Steven
Guilbeault qualifie d'échec le sommet de Copenhague
Harper « très » satisfait, les écolos en
colère
La Conférence de Copenhague n'a-t-elle pas surtout démontré
la quasi incapacité qu'ont les différents États de
s'entendre sur quoi que ce soit ?...
En
bref - Climat: il y aura de l'action à Cancún
Le
premier rendez-vous post-Copenhague est respecté, mais...
L'avenir du monde reposerait-il donc sur l'issue du prochain
sommet pour l'environnement ?...
Le
sommet de la dernière chance
Les Danois évoquent déjà l'échec du sommet
Climat:
l'UE va débloquer 7,2 milliards d'euros pour les pays
pauvres
À
Copenhague, 12 jours pour changer notre monde
Le même éditorial publié sur tous les continents
CE
SOMMETSUR
LE CLIMAT EST CRUCIAL.MAIS POURQUOI, DÉJÀ ? -
François Cardinal
La
Conférence de Copenhague en cinq questions
Une entente au rabais à Copenhague
Blitz
de négociations de la dernière heure
Un
projet d'entente circule
Les
principaux points de discorde
Les
négociations dans l'impasse
La
présidente de la conférence démissionne
Obama à Copenhague: beaucoup de promesses mais peu de
concret
Un
texte d'entente, mais pas de cibles
Un
nouveau projet d'accord sans objectifs chiffrés
Le
protocole de Kyoto pourrait être enterré
Journée
de tensions à Copenhague
Prentice
ne croit plus à un traité officiel
Le
mercure monte dans la ville froide
Copenhague:
un projet d'accord avant les manifestations
Copenhague:
«pas d'argent, pas d'accord»
Négociations
tendues à Copenhague
Copenhague
bloque sur le financement
Copenhague: le Danemark suscite la controverse
Mais peut-on vraiment dire que cette question nous
indiffère, après tout ?...
Climat
: la police relâche la quasi totalité des 968 personnes
interpellées
Forte
mobilisation dans le monde pour le climat
Près de 1000 manifestants arrêtés à Copenhague
Des manifestants prennent d'assaut la conférence de
Copenhague
Les bonnes surprises existerait-elles encore,
même dans ce dossier ?...
Pleins gaz sur la «nouvelle» taxe
carbone de Sarkozy
Paris
promet une nouvelle taxe carbone pour l'été
Les
grands pays forestiers s'unissent contre la déforestation
Ban
Ki-moon salue l'action de la France avant Copenhague
Obama
sera à la clôture du sommet de Copenhague
Sarkozy
propose 10 milliards aux pays pauvres
Washington
doit investir dans les voitures électriques
Chine Les crédits de carbone
contribuent aux projets verts
Protectionnisme
environnemental
- Mathieu Perrault
Oui à la taxe verte -
Florence Junca -Adenot
Une « taxe » de 3,7 à 12,7 cents sur le litre
d’essence est envisagée
Chine
: L’opération séduction - Barthélémy
Courmont
Taxe carbone: la France va de l’avant -
Marc Thibodeau
Les
Québécois conscientisés par l'environnement
Voir aussi Le
moment
serait-il venu au Québec pour une nouvelle petite
Révolution, celle ne son propre financement ?...
... tout comme les mauvaises, par ailleurs ?...
Revers
cinglant
pour Sarkozy
Et si le fait d'opposer environnement et économie ne
représentait au bout du compte que la plus grossière des
aberrations ?...
Investir dans la lutte contre les changements climatiques
créerait plus d’emplois
Investir
dans la lutte contre les GES stimulerait la croissance
économique
Les
Nations unies appellent au verdissement de l'économie
mondiale
A
convenient excuse for climate inaction
Pas
d’impact
négatif
sur
l’économie
Et se pourrait-il que l'économie aille réellement de pair
avec l'environnement, par dessus le marché ?...
Des
arguments fallacieux
Bon pour l’économie!
Exporting bitumen to China would be environmentally and
fiscally detrimental
Alberta
needs
to
hedge
for
heavy
oil
-
Globe
editorial
Réduire
les
GES
et
s’enrichir?
Water:
Canada’s most valuable resource - Jeff Rubin
Pour
une économie de la biodiversité
Le
capitalisme écologique
Obama débloque 2,3 milliards pour le
secteur vert
Andrée-Lise
Méthot: la finance au secours de la planète
Marché
du carbone: loin derrière les Européens
Marché
climatique de Montréal: nouvel élan de Copenhague
GES: le parquet boursier au coeur de la lutte
L'énergie
propre sans frontières
Washington
doit investir dans les voitures électriques
Chine Les crédits de carbone
contribuent aux projets verts
Cette forêt chinoise qui rapporte
Protectionnisme
environnemental
- Mathieu Perrault
La machine à piastres - CLAUDE PICHER
Stockholm : "PÉAGE: UN SUCCÈS" -
François Cardinal
LE PÉAGE TIENT LA ROUTE -
Paul Daniel Muller
La
désertification coûte 1% de productivité chaque année
Une ville verte, qu’elle le veuille ou non
- MARIE-CLAUDE LORTIE
2
CRISES, 1 ÉCOTAXE - François Cardinal
LE RÉFLEXE BOIS - FRANÇOIS
CARDINAL
Voir aussi Se
pourrait-il
que la nouvelle économie ne puisse qu'être verte ?...
N'est-ce pas là d'ailleurs le principe même de ce
qu'on appelle le développement durable ?...
Vers des entreprises neutres en carbone
Vers
une
gestion
responsable
Des
produits
qui
respectent
vraiment
l’environnement
Et par ailleurs, peut-on mieux établir la valeur d'une
ressource qu'en lui fixant un prix ?...
The boreal forest: ours to preserve
Eau
et industries québécoises - Personne n'a calculé la valeur
économique de l'eau
Et si l'économie et l'écologie ne pouvaient tout simplement
pas aller l'une sans l'autre ?...
Places
of
the
heart,
not
the
wallet
Mais cela implique-t-il pour autant que l'arrimage de ces
deux réalités a la moindre chance de réussir si cela est
fait n'importe comment ?...
Québec inc. souffle le chaud et le froid
A
leap of faith for Ontario power consumers
When
it
comes
to
power
in
Ontario,
we’re
in
the
dark
Énergie
- Le coût de la stratégie verte de l'Allemagne
Et peut-on pourtant prétendre que l'on puisse emprunter
cette voie sans devoir faire face à des obstacles plus que
majeurs ?...
Des technologies propres
Et par ailleurs, les entreprises ne sont-elles pas les
premières à demander que l'on se dote d'une réglementation
environnementale plus claire, voire plus poussée, ne
serait-ce qu'afin de vraiment connaître les règles du jeu
?...
Les entreprises demandent des règlements plus stricts
Et existe-t-il vraiment un genre de développement qui ne se
fasse aucunement aux dépens de l'environnement ?...
Climat:
des experts du FMI prônent la prudence
Arrêter
les éoliennes par vent faible réduit de 60 % la
mortalité des chauves-souris
Et si en bout de ligne, le véritable changement ne pouvait
en fait venir que de l'économie ?...
Ces
"villes en transition" qui préparent
l'après-pétrole
Vive
le pétrole cher?
Réinventer
la société pour s'affranchir de l'or noir
Le
coût élevé du virage vers un parc automobile électrique
Un
baril à 300 $ - La transformation d'une économie
Alberta
needs
to
hedge
for
heavy
oil
-
Globe
editorial
The greener image
awaiting oil and gas
Pétrole:
plus rare, plus cher
C'est
le pétrole qui mène le monde, pas la finance
"LE
PÉTROLE SE REMPLACERA DE LUI-MÊME"
LA
FIN DU MONDE (TEL QU’ON LE CONNAÎT) EST PROCHE
- FRANÇOIS CARDINAL
DITES
AU REVOIR AU SHIRAZ AUSTRALIEN ET AU SAUMON DU PACIFIQUE -
FRANÇOIS CARDINAL
L'avenir du Québec selon Steven Guilbeault
L'époque
du pétrole facile à produire est révolue
Panne
sèche - ARIANE KROL
OUI,
JE VEUX UN SAC! - Claire Gagnon
Se pourrait-il donc que notre planète ne soit tout
simplement plus dans son état normal ?...
Les océans canadiens s’acidifient
Australia
flooding
considered
ominous
sign
of
disasters
to
come
Mass
bird and fish deaths stoke curiosity
LA
MÉTÉO
EN
CAUSE
?
2010
L’ANNÉE
DES
CATASTROPHES
And
now
the
weather:
nasty
and
brutish
Woman
swept
away
drowns
in
Australian
floodwaters
Se pourrait-il donc que le réchauffement climatique ne soit
tout simplement plus contestable, du moins d'un point de vue
moindrement scientifique ?...
Climat:
l'armée canadienne se prépare à intervenir
Notre planète serait-elle donc en train de se réchauffer ?
(Que se passe-t-il, au juste, avec notre planète
?...)
2011
est la 10e année la plus chaude depuis 1850
De
moins en moins de glace dans le Nord canadien
L’absence de réchauffement climatique expliquée
Climat
- 2010, année la plus chaude jamais enregistrée
Le
pire
d’ici
à
l’an
3000
La
science au-delà des gaz de schiste
Davantage
d’eau
douce
dans
les
océans
Le
mois de Juillet le plus chaud depuis 1955 à Montréal
Le mois de juillet le plus chaud depuis les années 50
Incontestable,
disent les scientifiques: la Terre se réchauffe
The
Earth
is
hotter
than
ever,
global
warming
is
real:
researchers
2010,
l'année la plus chaude jamais enregistrée
Les
5 premiers mois de 2010 ont été les plus chauds jamais
relevés
Malades
comme notre Terre
Le
déficit
de
la
planète
-
Jean Lemire
Un
hiver de tous les records
Un
ours de glace condamné à fondre
Le
pergélisol recule dans le nord de la province
L'été
tristounet a marqué 2009
2000-09:
la décennie la plus chaude
CE SOMMETSUR LE CLIMAT EST CRUCIAL.MAIS POURQUOI,
DÉJÀ ? - François Cardinal
20
bonnes raisons de tenir la Conférence de Copenhague
«Nous avons sous-estimé l'ampleur du changement
climatique»
Le
Climategate: un réel scandale? - François Cardinal
Des
icebergs
se
détachent
de
la
calotte
glaciaire
Le monde a perdu 75% de son patrimoine
alimentaire - Stéphanie Bérubé
Gare au méthane - Jean-David
Therrien
Et quel est donc le problème, au
fait ?...
Reducing the risk of climate catastrophe
Jour
de la Terre - Cul-de-sac écologique et économique
The
pollution
problem
we
can't
save
for
a
rainy
day
Sables
bitumineux: une étude contredit les chiffres de
l'industrie
L’ère stupide, ou comment l’humanité court à sa
perte - Mali Ilse Paquin
Les sables bitumineux canadiens, enjeu
électoral en Norvège
Voir aussi Des
sables bitumineux moins polluants
TOTAL
SA
Dans
les
sables
bitumineux
pour
de
bon
Grâce
au pétrole - Sébastien Dumais
Voir aussi Le
triomphe
de la banlieue - André Pratte
Et en quoi cela devrait-il donc nous concerner, au juste
?...
Chaleur
et pollution: un mélange nocif pour le coeur
Climate
scientists
forecast
more
heat,
fires
and
floods
Changements
climatiques: des soubresauts coûteux
La
culture du riz est menacée
L'eau
sale fait plus de morts que les guerres
Let's not fret over climate
migration
L'exil
annoncé des réfugiés climatiques
Et si les conséquences du réchauffement climatiques avaient
d'ores et déjà commencé à se faire sentir, en réalité ?...
Cinq
victimes du changement climatique
Environnement
- Les milieux marins côtiers de l'Europe sont menacés
Catastrophes:
courants atmosphériques en cause?
There’s a new world order in food
Inondations
au Pakistan - Plus de sinistrés que pour le tsunami et les
séismes du Cachemire et d'Haïti réunis
Inondations au Pakistan: une crise sans précédent
Un
iceberg gigantesque dérive dans l'océan Arctique
Les
catastrophes météo: des signaux d'alarme pour le futur?
Et si le problème devait en fait s'avérer encore pire que
l'on avait pourtant pu l'imaginer ?
Changements
climatiques
-
La
fonte
des
glaces
libère
l'héritage
toxique
de l'Arctique
Et jusqu'à quel point sommes-nous prêts à faire face à la
menace des changements climatiques, justement ?...
Exercice de feu
Et si la panique n'était pas pour autant la meilleure
réaction à adopter pour faire face à une telle menace, pas
plus d'ailleurs qu'elle ne peut l'être face à quelque menace
que ce soit ?...
Refroidir
le
climat
Et si la planète se meurt, les hydrocarbures en seraient-ils
les grands coupables ?...
L'économie
fantasmée
LA
MARÉE NOIRE DONT PERSONNE NE PARLE
Un baril à la mer!
BP spill, a year later: dying dolphins, deformed fish, and
still some oil
La
catastrophe
se
poursuit
It's
safety, baby, safety when drilling for oil
U.S.
oil spill probe blames bad management
Commission
d'enquête sur la marée noire - L'avarice de BP a causé la
catastrophe
Marée
noire aux États-Unis
Marée
noire - Un test sur le ciment a été omis, reconnaît
Halliburton
Les
effets de la marée noire sont toujours présents
BP
blâme ses sous-traitants
Deepwater
Horizon worker claims oil rig leaking weeks before
explosion
Whistle blower to testify on oil spill worst fear:BP
deliberately sinks oil with Corexit as cover up
Enquête
sur la marée noire - Les enquêteurs scrutent la chaîne de
commandement
Marée
noire - Abandonner les poursuites serait nécessaire pour
être indeminsé
Marée
noire - Un vaste nuage d'hydrocarbures est détecté dans
les profondeurs du golfe du Mexique
Près
de 80% du brut pourrait être encore dans l'océan
Marée
noire: des problèmes de santé à long terme
BP
crie victoire
La
faune marine du golfe du Mexique a été scrutée juste avant
la marée noire
BP
faces insider dealing probe as nears well kill
Marée
noire - La garde côtière est montrée du doigt
Marée
noire - BP et ses victimes devant les tribunaux
Mais
où est passé le pétrole?
De
Tony Hayward à «Tony la gaffe»
«Diabolisé»,
Hayward cède la place
Bouc
émissaire
La
langue française, victime de la marée noire
Une alarme sur la plateforme avait
été désactivée
Marée
noire: du pétrole s'échappe du couvercle
Une
fuite détectée près du puits
Marée
noire: les résultats du nouvel entonnoir «encourageants»
La
mer
qu'on
voit
danser
le
long
des
golfes
clairs
-
Stéphane Laporte
Pas
un tournant, mais une bonne journée pour Obama
Le
puits bloqué dès aujourd'hui?
L'Erin
Brockovich de la marée noire
Un
énième nouvel essai pour BP
U.S.
should stop BP from drilling in Beaufort
Plus
de 27 000 puits de pétrole abandonnés dans le golfe du
Mexique
Le
golfe du Mexique menacé de devenir une soupe à l’arsenic
Obama
has no solution to world's oil addiction
Presiding
over
disaster
Les
fous de Bassan sont menacés
Obama
part en «mission»
Marée
noire: les dividendes politiques
Quand
BP fait changer les mentalités
Marée
noire - Barack Obama se demande «à qui botter le derrière»
Searching for an ass to kick - Globe editorial
Offensive
médiatique: BP en terrain glissant
Les
dégâts du capitalisme - John R.
MacArthur
Une lueur d'espoir face à la marée noire
Marée noire: le Canada à la rescousse
How
the
gushing
oil
in
the
Gulf
will
ripple
around
the
world
British Petroleum: la
descente aux enfers
BP
siphons gushing oil as Obama defends actions
Marée
noire: un avertissement
Crude still leaking past BP cap on gushing oil well
BP
pose un entonnoir pour stopper la fuite
Une
explosion nucléaire pour stopper le pétrole? Pas question!
BP: nous sommes tous responsables
La
v.-p. démocrate égratigne Obama sur la marée noire
L'indépendance
de BP menacée
Technology,
complexity,
economy,
catastrophe
Marée
noire: BP s'effondre en Bourse
Le
merveilleux
-
Pierre Foglia
Un
désastre sans fin
U.S.
launches BP oil disaster probes
Le
«Katrina d'Obama»
Le film d'horreur se poursuit
Spewing
oil
doesn't
have
Obama
gushing
Marée
noire: Obama responsable?
Au salon de coiffure contre la marée noire
Marée
noire - La fuite est scellée, mais BP reste prudent
Obama
défend sa gestion de la crise
Top Kill: une technique hautement périlleuse
Government
can't do everything
Marée
noire - Washington mobilise ses experts
L'incompétence de BP
Irrité, Obama retourne en Louisiane
Marée
noire: «il n'y avait rien de prévu en cas d'accident»
From
the Top Down, Sloughing Off Blame for the Spill
With Oil Spill (and Blame) Spreading, Obama Will Visit
Gulf
Containing Oil Spill Is Still Mostly Talk
Oil fouls Mississippi River marshes, fires public anger
Les
leçons de la marée
Énergie
verte: la grande diversion
Le
pompage de la nappe de pétrole progresse
La
fuite serait dix fois pire que prévu
Marée
noire: Obama est en colère
Marée
noire: les entreprises se renvoient la responsabilité
Retour
à la case départ pour stopper la nappe de pétrole
La
marée noire en 14 questions
Des poils pour lutter contre le pétrole
Marée
noire: Waveland retient son souffle
Just how evil is oil?
Les premières berges touchées
Lueurs
d'espoir pour colmater la fuite de pétrole
Le couvercle destiné à reboucher la fuite a pris la mer
BP: la brèche médiatique colmatée
Pour
un moratoire sur le forage
BP
tente une opération sans précédent pour contenir les
fuites de pétrole
Marée
noire - BP promet de payer la note
Ottawa
maintiendra des normes strictes pour les pétrolières
La
marée noire prend de l'ampleur
Une
marée noire de 32 milliards pour BP
Marée noire: les assureurs pourraient débourser 1,5
milliard
La pire marée noire de l'histoire?
Obama: BP «paiera» pour la marée noire
Spill,
Baby,
Spill»
-
François Cardinal
Golfe du Mexique - Quand l'impossible survient
Le golfe du Mexique et nous et nous et nous - Marie-Claude Lortie
L'état
d'urgence décrété dans quatre États
Comment
arrêter la marée noire?
La marée noire atteint les côtes de la Louisiane
La
marée noire mine la loi sur le climat de Barack Obama
Le
nouvel ami des climato-sceptiques: Koch
La
Grande barrière de corail gravement endommagée
Cargo
échoué sur la Grande Barrière: des poursuites annoncées
Une
pétrolière à la base de la machine climato-sceptique
Un
déversement à Laval fait craindre le pire
Quoi ?...
Delta
du Niger: une tragédie permanente
Et en ce sens, comment pourrait-on s'avérer plus
contre-productif qu'en subventionnant l'industrie pétrolière
?...
Exporting bitumen to China would be environmentally and
fiscally detrimental
États-Unis
- Haro sur les subventions aux pétrolières
L’AIDE
FISCALE
AUX
PÉTROLIÈRES
REMISE
EN
QUESTION
Et plus précisément, se pourrait-il donc que notre
dépendance aux hydrocarbures commence peut-être à avoir fait
son temps, pour ainsi dire ?...
(Et si le véritable problème s'avérait surtout notre
dépendance aux combustibles fossiles en tant que telle ?...)
Frousse
dans le golfe du Mexique
When oil policy springs a
leak
Plaidoyer
pour un virage énergétique mondial
Forage
en mer: les avancées technologiques au détriment de la
sécurité
Les
subventions aux pétrolières suscitent des questions
La
tragédie
des
exportations
-
Claude Picher
Et dans ce cas, que dire des sables bitumineux ?...
Pipeline-altering lessons - Jeffrey Simpson
Exporting bitumen to China would be environmentally and
fiscally detrimental
Alberta
needs
to
hedge
for
heavy
oil
-
Globe
editorial
Démagogie,
à la puissance 2
Et si l'exploitation des sables bitumineux suggéraitsurtout
une incapacité de voir à long terme, ne serait-ce qu'au
niveau économique ?
Save
resource
money
for
the
future?
Nah,
says
Alberta
Même à court terme, les sables bitumineux représentent-ils
vraiment un investissement qui en vaille la peine ?
Les
sables bitumineux seraient un pari risqué pour les
investisseurs
Peut-on vraiment rêver de sables bitumineux qui ne soient
pas qu'une injure totale à l'environnement ?...
Incontournables
The
quest
for
truth
in
the
oil
sands
Pour
une exploitation responsable - Satia
Das
Et ceci dit, leur exploitation ne semble-t-elle pas ne
s'avérer pas moins incontournable ?
An argument for new pipelines - Neil Reynolds
Et la question est-elle tant d'empêcher la
commercialisation de l'essence bitumineuse que de
veiller plutôt à ce que l'on assume les coûts
environnemntaux associés à sa production, en commençant
notamment par cesser de subventionner cette dernière
?...
Canada should take advantage of China’s rise by fuelling
it
Et en attendant, l'interdiction pure et simple de
l'exploitation des sables bitumineux peut-elle vraiment
représenter une solution viable et raisonnable ?
Pipeline
to prosperity or channel to catastrophe?
Keystone XL pipeline -- key to prosperity
And
the winner in Keystone feud is… jobs and security
Et si la véritable question en était d'abord une de
régulation (et surtout de dérégulation) ?...
It's safety, baby, safety when drilling for oil
Entretien
avec une ancienne ministre et un juriste français - Les
pétrolières ont trop de pouvoir «sur le plan juridique
What
limitless greed and mindless deregulation bring
Lessons from the Gulf: Make and enforce rules
Le NPD veut prévenir un «désastre» dans la mer de Beaufort
Forage
au Canada: l'industrie veut des lois moins sévères
BP s'est battue contre les mesures de sécurité
Mais en bout de ligne, la marée noire n'est-elle pas surtout
en train de démontrer toute l'absurdité qui en est venu à
caractériser notre modèle de société ?...
The sleep of reason
produces monsters. Or at least oil-covered pelicans
La déresponsabilisation - François Cardinal
Comment se fait-il donc qu'en 2010 le Président des
États-Unis semble incapable d'appliquer une solution simple
à un problème connu ?...
Nuclear
Option on Gulf Oil Spill? No Way, U.S. Says
Nuclear Blast from
the Past Might Fix Oil Spill
Bill Maher Slams Obama, Oil Companies
After Gulf Coast Oil Spill (VIDEO)
US
rules out nuclear option against BP oil spill
Nuke the oil spill: Could nuclear bomb be answer
for huge leaks as at US Gulf coast?
Cloud
of
Death
followed
by
Tsunami
traveling
at
400-600
MPH
1/2
Menendez
& Lautenberg: Eliminate oil spill damage cap
How do you clean up an oil spill?
How are oil spills cleaned up?
How do you clean up an oil
spill?
A ban agains the use of all loose absorbant products on
the spill?
Why is B.P. Just Now Testing the Best Sorbents?
BP should use Poly
Eco Solutions/Enviro-Sorb Technologies
MOP Environmental Designated As Resource By BP, US Coast
Guard For Gulf Oil Recovery
MOP Environmental Designated as Resource by British
Petroleum (BP) and U.S. Coast Guard for Gulf Oil Recovery
Guardian Environmental Technologies Blog
We need to do more to keep our food safe
Obama Was Against
Oil Spill Clean Up Before He Was For It
Obama's Oil Spill
Bill Maher Slams Obama, Oil Companies
After Gulf Coast Oil Spill
Obama Can't Do Oil Spill Magic
Obama 'too slow to act against oil slick disaster'
threatening species along the coast
Can Obama Take Over the Oil Spill Response?
Criticism
mounts against Obama for government’s handling of the Gulf
oil spill
Quoi ?...
The conspiracy
theories behind the BP oil spill
Conspiracy Theories Behind BP Oil Spill in Gulf — From
Dick Cheney To UFOs
Goldman Sachs sold $250 million of BP stock before spill
BP CEO and Goldman Sachs sell BP shares before oil spill
BP chief Tony Hayward sold shares weeks before oil spill,
so did Goldman Sachs. And halliburton made sure they
bought a company that cleans oil and gas fires BEFORE
the spill…
Goldman Sachs beat oil spill debacle with BP shares
sell-off
Elites sell BP stock weeks before Oil Spill
Web of Evidence: What They Don't Want You To
Know
30 Facts Evidencing The Rothschild League Of Bankers
Planned The Gulf Oil Crisis
Charbon
Une solution de rechange sensée au charbon, soutient un
rapport du MIT
Et par ailleurs, quel genres de destruction environnementale
peut-il se produire en ce moment, et partout sur la planète
?...
It
came
from
beneath
the
sea
Haro
sur la «mafia» de la déforestation en Indonésie
Moratoire
ou pas, le trafic d'ivoire se poursuit
Les
plages mexicaines de la discorde
La fièvre de l'hévéa s'empare de la Côte d'Ivoire
La
mangrove «en danger d'épuisement»
Les changements climatiques auraient-ils
déjà commencé à nous affecter d'une façon on ne peut plus
réelle ?...
Moins de récoltes et des aliments trois fois plus
chers - Stéphanie Bérubé
Avons-nous seulement une chance de nous en sortir ?...
Taxe carbone: la France va de l’avant -
Marc Thibodeau
Une
planète
à réinventer - DAVID SUZUKI
Il
ne faut juste pas brûler tout ce qui reste !...
Et si ce n'était qu'ensemble qu'on pouvait vraiment changer
les choses ?...
Environnement - Pour une gestion concertée
Et si les choses ne pouvaient d'abord se changer qu'au
niveau local ?...
Environnement - Pour une gestion concertée
Comment lutter contre la
pollution ?...
Et peut-on vraiment concevoir l'avenir énergétique de la
planète sans se tourner au moins en partie vers les sources
d'énergie dites alternatives ?...
Rapport
du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du
climat - Les énergies renouvelables pourraient répondre à
80 % de la demande
En
bref - Vers une conversion totale aux énergies
renouvelables
Demandes
énergétiques: des tendances lourdes
Lester
Brown a fondé en 1974 le fameux World Watch Institute -
L'énergie du futur serait éolienne...
Conseil
mondial de l'énergie - «Nous devons oeuvrer ensemble au
bien-être de la planète»
Stratégie
de développement énergétique - «Il semble clair que le
Québec n'a pas de vision à long terme»
Ressources
et disponibilité - Il est temps pour la planète de se
tourner vers les sources d'énergie renouvelables
Avenir
énergétique du Québec - L'INM animera un débat public
région par région
Une
bataille sur plusieurs fronts
Le
bouquet énergétique de l'avenir
Et les alternatives énergétiues seraient-elles enfin
disponibles ?...
TRANSFORMER LA POUBELLE EN CARBURANT
Les
Rémillard
renoncent
à
produire
de
l’électricité
avec
leurs
déchets
L'IREQ
met au point une batterie qui dure...50 ans
Salon
de l'auto de Montréal - La motorisation électrique démarre
pour de bon
Le
projet de voiture électrique prend de l'ampleur à
Boucherville
Après
le Bixi, l'Autoxi...
Toyota
Prius
rechargeable:
la
révolution
tranquille
Gaz
de schistes: des solutions de rechange existent
Jean-Pol
Dodelet, Michel Lefèvre, Éric Proietti et Frédéric Jaouen
Des
voitures électriques lancées dans la course autour du
monde "la plus verte"
Des
hydroliennes dans le Saint-Laurent
L'éclairage
entame une nouvelle révolution
Electrique/hybride
rechargeable: 25% des conducteurs envisagent un achat
Les
voitures électriques rouleront au Canada d'ici deux ans,
promettent les fabricants
Un
projet
vert
et
réaliste
-
Lysiane Gagnon
Voitures
électriques: un autre petit pas du Québec
Can
an "all of the above" energy policy really work?
Révolution
verte en Ontario
Des
avancées majeures
Vers la deuxième génération d'éthanol
Une
production cinq fois plus importante dans dix ans
Électrifier
les transports: du rêve à la réalité
L'Indonésie,
terre de volcans, parie sur la géothermie
À
chacun sa petite éolienne
Pour
un développement harmonieux de notre électricité - De
l'éolien dans le paysage?
Une
nouvelle énergie verte testée au Québec
Hydro,
boulot,
auto
-
François Cardinal
Premier
vol réussi d'un avion à énergie solaire
Une
vigne
qui
pousse
dans
l'auto
-
François Cardinal
Les
Rémillard veulent «électrifier» les déchets
Washington
doit investir dans les voitures électriques
Hydro-Québec:
un appel d'offres qui tombe à plat
Les
centrales solaires d'Obama dans la ligne de mire des
écolos
Moteur
électrique : Hydro-Québec fait une importante découverte
Véhicules électriques : Des « investissements
importants » demandés au fédéral
La
voiture électrique vole la vedette
L’électricité « faite maison » en
Allemagne
La Chine a un grand potentiel éolien
Le Japon vise une voiture électrique à
18 000 $
Une éolienne s’arrime à Mon t réal -
FRANÇOIS CARDINAL
Voitures vertes : GM veut damer le pion à
Toyota - Amandine Ambregni
Hydro fait une entrée prudente dans le
transport électrique - Hélène Baril
L’Ontario
donne un coup de pouce aux acheteurs de voitures
électriques... allant jusqu'à 10 000 $ !...
La révolution électrique ANDRÉ PRATTE
LE
SOLEIL DE L’AFRIQUE POUR ÉCLAIRER L’EUROPE
Énergies Vertes Le PQ lance une pétition pour faire
pression sur Jean Charest
Maîtres
chez
nous, 2e acte - François Cardinal
Aucune
nation
n'est en meilleure position que le Québec pour réduire
sa dépendance au pétrole
LA VOITURE
ÉLECTRIQUE AU QUÉBEC : POSSIBILITÉ OU UTOPIE ?
ENTENTE FORD-HYDRO OUI À L’ÉLECTRICITÉ, MAIS
PAS AU MOTEUR DE TM4
Magna
rêve de fabriquer des véhicules électriques au Canada
Et leur développement en vaut-il seulement la peine ?...
Le Québec doit-il continuer d’investir dans les éoliennes
?
Et surtout, sommes-nous seulement prêts à accueillir ces
dernières ?...
La peur de l'auto électrique
Et se pourrait-il donc que certaines solutions s'apparentent
plutôt à de nouveaux problèmes ?...
UNE INDUSTRIEQUI MET TOUT SON POIDS DANS LA BALANCE
La
biomasse forestière, pas aussi verte qu’elle en a l’air
Et qu'est-ce qui retient justement ces dernières de prendre
leur essort ?...
Une
facture, une petite granule - Hélène Baril
... à part peut-être certaines lourdeurs bureaucratiques
?...
RMR: Rick and ZENN Car
Le vent se serait-il enfin mis à tourner en faveur de
l'éolien ?...
Redéfinir le paysage
Stop,
ou encore?
Énergie
éolienne: tout le Québec y gagne
50
idées reçues sur l'environnement
Les éoliennes tuent-elles les oiseaux ?
Bladeless windmills: A new source of
wind energy?
Do wind turbines kill birds?
Are
wind farms saving or killing us? A provocative
investigation claims thousands of people are falling
sick because they live near them
Adverse health effects of industrial wind turbines
Do wind turbines cause health
problems?
Hydro-Québec
- Les éoliennes soufflent les tarifs vers le haut
Solaire
Lettres
- L'architecture solaire dérange
Environnement
- Le Québec sous-exploite le solaire
Énergie
solaire: le Québec peut faire mieux
Et s'il était tout simplement illusoire de s'attendre à un
quelconque essor des sources d'énergie alternatives tant que
ne sera pas tout d'abord implanté un mécanisme consistant à
fixer un prix pour la pollution ?...
L’éolien plus rentable sous Hydro-Québec
Refroidissement
éolien
Le Québec ne serait-il pas sensé représenter le milieu
parfait pour ce qui est de favoriser l'éclosion et le
développement de la voiture électrique ?...
Développement
durable - Pourquoi recourir au pétrole quand le Québec
affiche des surplus d'électricité ?
Automobile
- Le moteur-roue japonais passe en tête
IDÉES
ÉLECTRISANTES
POUR
LE
QUÉBEC
L'IREQ
met au point une batterie qui dure...50 ans
Autos
électriques - Une occasion en or pour le Québec
Sondage
Senergis-Le Devoir - Les Québécois prêts à une petite
révolution verte
L'heure de la voiture propre aurait-elle donc enfin sonné
?...
How
does GM’s fabled EV1 stack up against the current crop of
electrics?
Le
blogue de Jacques Duval:
Me voilà converti!
La
voiture qui fonctionne a l'eau au japon
Tata
Motors en Inde, la voiture à air
Hiriko - voiture pliable.flv
Communauto prend le virage électrique
Voitures
électriques - Hydro jette les bases d'un réseau de bornes
de recharge
Des
voitures
100%
électriques
à
Montréal
Environnement
- Un crédit d'impôt à l'achat d'une voiture électrique ou
hybride rechargeable
Les
principaux modèles annoncés - L'ère de la voiture
électrique est arrivée
À moins que cette dernière ne soit tout simplement pas
encore tout-à-fait au point ?...
The shocking truth about electric cars - MARGARET WENTE
A-t-on oublié l’aéroport de
Mirabel ?
Véhicules
électriques: un début de parcours cahoteux
Les alternatives énergétiques ne pourraient-elles pas au
moins représenter ne serait-ce qu'une partie de la solution
?...
L’illusion électrique
Et en fait, comment pourrait-on vraiment repenser l'énergie
?...
Power
to
the
(other)
provinces
Comment sauver la Terre sans revoir d'abord notre façon de
la cultiver ?...
La résistance tranquille de Pierre Rabhi contre la
"frénésie" du monde
En
bref - Nouveau syndicat d'agriculteurs
Agriculture
- Secouer le monopole
Des
organismes craignent de voir le Livre vert de Claude
Béchard remisé
Terres
à louer
Terres
agricoles
à
vendre
-
François Cardinal
Politique
agricole - L'Union paysanne veut des crédits d'impôt pour
stimuler l'achat local.
Un
fromage politique mis sur la tablette
Les
pratiques commerciales de Monsato dénoncées
Le Québec perd 36 producteurs de porcs -
Stéphanie Bérubé
Moins de porcs, plus de diversité -
Stéphanie Bérubé
Un
nouveau
maïs OGM sème l’inquiétude - Stéphanie
Bérubé
Agriculture
:
Les concentrations d’ammoniac dans l’hémisphère nord
revues à la hausse
La dure loi du barbecue - ALAIN DUBUC
A-t-on abandonné la campagne?
Agriculture
: l’application du rapport Pronovost demandée
Trois anciens ministres appuient l’UPA
Agriculture bio : Les producteurs
québécois sont inquiets
PRIX DES TERRES AGRICOLES AU QUÉBEC UNE HAUSSE
RAPIDE ET PROBLÉMATIQUE - Vincent Brousseau-Pouliot
LES SPÉCULATEURS N’ONT PAS LE QUÉBEC DANS LEUR LIGNE
DE MIRE - Vincent Brousseau-Pouliot
L’UPA
VEUT SAUVER UNE ASSURANCE CLÉ POUR LES
AGRICULTEURS - Hugo Fontaine
Pour
une stratégie alimentaire canadienne
Voir aussi QUÉBEC
VA DE L’AVANT, MALGRÉ LES HAUTS CRIS DES
AGRICULTEURS - Maxime Bergeron
Voir aussi
Et d'ailleurs, s'il était plus que temps d'en finir avec
la gestion de l'offre ?
Peut-on vraiment réduire nos émissions de gaz à effet de
serre sans pour autant chercher à réduire la distance que
l'on fait parcourir à nos aliments, comme à tout ce que l'on
peut consommer, par ailleurs ?...
Manger
québécois : la grande illusion
Et que dire de la forêt ?...
La forêt ne peut pas servir de carburant, selon Greenpeace
Enflure
forestière
Nouveau
régime forestier - On jugera l'arbre à ses fruits
Prix
Michel-Jurdant - L'écologiste forestier avait raison
Forêt:
la surexploitation a cessé
L'enjeu
de la forêt boréale
Bidodiversité:
les Américains font campagne au Canada
Richard
Desjardins pourfend Greenpeace
Forêt
boréale: l'entente de préservation suscite le scepticisme
Forêt
boréale: les écolos et l'industrie s'entendent
La
forêt, même privée, reste d'intérêt public
La
«
révolution » destructrice
Et que penser au juste de l'hydroélectricité ?...
Un nouvel appui pour le projet de minicentrale
à Val-Jalbert
Hydro remains an environmentally sound power source
LA
MAL-
AIMÉE
Harnachement
de la rivière Romaine - Chercher le courant met à mal
Hydro-Québec
Libre
opinion - Permettre le développement des régions
Lettres
- Protégeons nos rivières
Retour
en force des petites centrales
Les
choses qu'on n'ose pas dire - Alain Dubuc
L'énergie propre sans frontières
Adieu
l’électricité bon marché - Gérard Bélanger
& Jean-Thomas Bernard
La poétesse, la rivière et les saumons -
Patrick Lagacé
Lendemain de crise à Hydro-Québec ANDRÉ PRATTE
Voir aussi Hydro
vise le Midwest et le Grand Nord - Hélène
Baril
Hydro
pourra doubler ses exportations vers la
Nouvelle-Angleterre
Gros
gloutons,
gros barrages - PATRICK LAGACÉ
Les États-Unis seraient-ils donc de retour dans la
partie ?...
Transport
automobile - Obama veut rattraper l'Europe
Pollution:
Obama cible les camions
États-Unis
- Un projet de loi sur l'énergie et le climat est déposé
au Sénat
É-U:
feu vert à la plus grande centrale éolienne en mer
En
bref - GES: le voisin américain fait mieux
Thomas
Friedman: ne jamais prononcer le mot «climat»
Obama
débloque 2,3 milliards pour le secteur vert
Clinton
tend la main aux Chinois pour dénouer l'impasse
Obama
veut un accord contraignant à Copenhague
Le
Sénat américain s'aligne sur la réduction de CO2 d'Obama
Obama
sera à la clôture du sommet de Copenhague
«Un
succès à Copenhague est en vue»
Coup
de pouce d'Obama à Copenhague
Obama
et le Sénat planchent sur le climat
Alstom
dévoile la plus grande installation de captage au monde
Obama
veut moderniser le réseau électrique américain
Les centrales solaires d'Obama dans la ligne de mire des
écolos
Obama
s'en prend aux sceptiques du réchauffement climatique
Ça bouge (un peu) à Washington - RICHARD
HÉTU
Sommet
du G8 : CONSENSUS SUR UN SEUIL DE 2 ˚C - Marc
Thibodeau
ÉTATS-UNIS
Vote historique du Congrès sur le climat - RICHARD HÉTU
La « prime à la casse » a permis la
vente de 700 000 automobiles
Obama veut prolonger la prime à la
casse - Laurent Lozano
La
révolution automobile d’Obama - ALAIN DUBUC
Washington
veut des voitures plus « vertes »
Les
États-Unis «prêts à rattraper le temps perdu»
Le
changement climatique, la priorité du Congrès
américain
Washington reconnaît l’impact du
changement climatique
Plan
d’établissement de trains rapides aux États-Unis
Les
États-Unis favorables à l'élimination progressive des HFC
Voir aussi Obama
et l'environnement
... Et y aurait-il donc encore de l'espoir ?...
Chine
: L’opération séduction - Barthélémy
Courmont
Sommet du G8 : CONSENSUS SUR UN SEUIL DE 2 ˚C
- Marc Thibodeau
La nouvelle économie serait-elle à portée de
main ?...
ÉTATS-UNIS
Le
berceau
de
l’automobile
parie
sur
les
emplois
verts
Héroux-Devtek
veut accroître sa présence dans l’éolien
Quand le vent, et même toute la planète, semblent tourner de
notre côté...
Les
centres de tri sortent de la crise -
Martin Vallières
Géothermie
Geothermal power coming
Ceci dit, n'y a-t-il pas encore loin de la coupe aux
lèvres, en réalité ?...
Le défi énergétique pourrait emporter le gouvernement
McGuinty
Environnement
- La Maison-Blanche renonce à revoir sa réglementation sur
la qualité de l'air
À
cause de l'inaction de Washington - Abandon du plus gros
projet de captage du CO2 aux États-Unis
Nouveau
SOS contre la déforestation
Écolassitude
Le marché du carbone bat de l’aile
Climat
et biodiversité - Des avancées qui se butent à
l'immobilisme politique
Centrales
thermiques aux États-Unis - Plus de 130 sites
d'enfouissement de cendres contaminent les nappes d'eau
Carte
blanche à l'inaction
Impuissance
pétrolière
Action
on global climate may drift for years
États-Unis
- Un gros échec environnemental
Le
G20 doit annuler les subventions aux pétrolières
Défaite
pour les écologistes et les indigènes en Amazonie - Le
barrage géant sera construit
Obama
relance l'exploration pétrolière
Whatever
happened
to
climate
change?
Sables
bitumineux: l'Europe recule sous la pression d'Ottawa
GES:
l'idée d'un régime nord-américain est abandonnée
Trois
groupes industriels quittent le partenariat pour le climat
La
collaboration entre le Canada et les États-Unis
menacée
Obama:
une année peu convaincante - François Cardinal
Obama,
pire que Bush ? - Jeffrey D. Sachs
Des
déchets à la mer!
Tuiles
sur Copenhague - André Pratte
Obama et l’APEC jugent « irréaliste » un
accord légalement contraignant
Cul-de-sac climatique - FRANÇOIS
CARDINAL
Sommet international sur le climat : Vers un échec à
Copenhague ?
RÉDUCTIONDES
ÉMISSIONS DEGAZ À EFFETDE SERRE Les
pays émergents refusent de s’engager sur des cibles
précises - Marc Thibodeau
Deux degrés qui font une différence ? -
François Cardinal
Sommet du G8 : CONSENSUS SUR UN SEUIL DE 2 ˚C
- Marc Thibodeau
Obama
redécouvre le pétrole bitumineux - François
Cardinal
Des
autos
plus efficaces… mais plus polluantes - FRANÇOIS
CARDINAL
RÉCHAUFFEMENT
CLIMATIQUE - Un lobby américain a sciemment menti
Les
pays développés et émergents ne s’entendent pas
L’air deMontréal moins bon en 2008
RECYCLAGE DE PILES USAGÉES Les écocentres
repoussent les commerçants - François Cardinal
Entrepreneurs tout-puissants
Les Conservateurs pourraient-ils pourtant démontrer leur
irresponsabilité de manière plus flagrante qu'à travers la
négligence, sinon le mépris qu'ils peuvent témoigner
envers l'environnement ?
Climat
- Échec lamentable
Le gouvernement conservateur ne fait-il vraiment que
toujours repousser toujours plus loin les limites du
je-m'en-foutisme environnemental ?...
GES:
le Canada n'imitera pas les nouvelles règles américaines
Les Conservateurs auraient-ils complètement laissé tombé
l'environnement ?...
Coûteuse,
dommageable et inefficace
Gaz
à effet de serre - Aveuglement coûteux
GES:
l'opposition dénonce l'inaction du gouvernement
The numbers say it
all: Canada is a climate-change miscreant - Jeffrey
Simpson
Et en persistant à se moquer de l'environnement, notamment
en laissant au pouvoir les Conservateurs, le Canada
n'est-il pas surtout en train de passer à côté de son
propre avenir ?...
Réduction
des gaz à effet de serre - Le Canada a tout à perdre à
attendre
Énergie
rime
avec
idéologie
-
François Cardinal
Énergies
vertes: le Canada manque le bateau, selon le Climate Group
Les Conservateurs auraient-ils besoin que le Canada se
retrouve avec sa propre marée noire pour cesser enfin
de se laisser contrôler par l'industrie
pétrolière ?...
L'industrie
pétrolière finance une réunion ministérielle sur l'énergie
La
sécurité
avant
les
profits
Don’t
talk about oil-spill risks, minister told after Gulf
disaste
Forages
pétroliers - Pas question d'interdiction
Eaux
canadiennes - Greenpeace exige des lois plus sévères en
cas de marée noire
À moins que la leçon ait finalement été comprise ?
Le
Canada reverra ses règles du forage extracôtier
Et en fait, l'asservissement du gouvernement envers
l'industrie pétrolière serait-il donc en train de menacer
la santé même des Canadiens ?...
En
bref - Eau potable en Alberta:les libéraux accusent Harper
Les Conservateurs peuvent-ils vraiment faire autrement
que de repousser toujours plus loin les limites de
l'inacceptable en ce qui a trait à l'environnement ?...
Colère à Environnement Canada
Canada
opposes
U.S.
effort
to
ban
polar
bear
trade
Un
gouvernement incompétent - André Pratte
La vraie sottise - Alain Dubuc
Pollution
automobile - Prentice provoque la stupeur du Québec
Vive
tension sur le climat entre Ottawa et Québec
«Sottise»: Charest réplique sèchement à Prentice
Copenhague:
Ottawa abaisse sa cible
Canada
moves to lower greenhouse target, critics say
Canada
outlines
greenhouse-gas
targets
Wait for the details on Canada’s Copenhagen submission -
Norman Spector
Les Conservateurs se seraient-ils donnés pour but
d'éteindre les forces vives de tout ce qui se rapporte à
la protection de l'environnement ?...
Tory
axe
hits
‘muscle
and
bone’
of
climate
science,
Elizabeth
May
says
Climat:
le fédéral coupe de moitié le financement de la recherche
En
bref - Le sort de la FCSCA préoccupe le monde scientifique
Le
centre sur le climat de l'UQAM au bord de la fermeture
Les
cerveaux du climat désertent le Canada
Des chercheurs songent à partir - François Cardinal
Les Conservateurs auraient-il carrément déclaré
la guerre à l'environnement ?...
Ottawa
abolit 776 postes en environnement
Climate-change
reputation
in
tatters?
Try
blustering
Charge contre les conservateurs - Denis
Lessard
Le
logo
de Greenpeace banni de la colline parlementaire
Et en fait, la guerre que semblent livrer les Conservateurs
à l'environnement n'est-elle pas en train de prendre des
proportions tout à fait ridicules ?
Canada’s commitment to ozone study
Les Conservateurs se moqueraient-ils tout
simplement de l'environnement ?
Les conservateurs boudent les groupes écologistes
Does
Peter
Kent
even
care
about
emissions?
-
Jeffrey
Simpson
A
changing climate – just not in cabinet - Jeffrey Simpson
Incurie
souriante
Ottawa
néglige la surveillance du climat - Un rapport interne
d'Environnement Canada sonne l'alarme
Changements
climatiques: trop peu, trop tard
Sables
bitumineux : Une plainte contre Ottawa est déposée à la
Commission de coopération environnementale
Ottawa
suspend le programme de rénovations écoENERGIE
Tories
curtail
key
environment
rules
How
the
Conservatives
dodged
the
climate
bullet
Ottawa
ne mettrait pas un sou dans la Maison du développement
durable
La
stratégie de développement durable se fait attendre
Budget
fédéral 2010 - L'environnement et le climat en deuil
Environnement
- Rien pour verdir le bilan des conservateurs
Les évaluations environnementales passent aux mains de
l'Office de l'énergie
Maxime
Bernier
has
'long
history'
of
climate-change
denial
La
Convention sur la biodiversité souhaite que le Canada
donne l'exemple
M.
Harper ne veut rien savoir - André Pratte
Les
conservateurs sommés de mieux financer la recherche en
environnement
Des
déchets à la mer!
Un
député conservateur sceptique des changements climatiques
Le
fédéralisme bitumineux - Alain Dubuc
Ottawa
et Québec accusés de financer les écosceptiques
La
réduction des cibles pour le secteur pétrolier sème la
consternation
GES:
Ottawa envisage des cibles plus faibles pour le secteur
pétrolier
Des
athlètes pressent Harper d'agir à Copenhague
Climat:
les villes réclament l'aide d'Ottawa
Greenpeace
dénonce l'inertie d'Ottawa
Harper,
Obama, même combat? - Alain Dubuc
Réchauffement:
le Canada n'est pas prêt - François Cardinal
Ottawa
reste de glace - François Cardinal
Des
manifestants ont occupé les bureaux de Jim Prentice
Climat:
le Canada n'est pas pressé d'agir
Ottawa
épinglé pour sa gestion des programmes verts
Un
nouveau maïs OGM sème l’inquiétude -
Stéphanie Bérubé
GES Rapport du commissaire à l’environnement
- Ottawa ne peut démontrer
l’efficacité de ses mesures
Les environnementalistes somment Ottawa
d’agir
Et les Conservateurs ne réussiraient-ils donc qu'à faire
la honte du Canada de par le mépris pur et simple que
ceux-ci peuvent témoigner envers l'environnement ?...
Canada’s
message: The world and its climate be damned - JEFFREY
SIMPSON
Le
Canada est au nombre des pires gestionnaires de gaz à
effet de serre
Kyoto
sans le Canada?
Attention, fragile! - François Cardinal
Pays
hôte - Le Canada doit donner l'exemple
Et lorsque le gouvernement conservateur s'engage à faire
quoi que ce soit pour l'environnement, se pourrait-il donc
qu'il ne se trouve en fait qu'à tout simplement se moquer
de la population en lui mentant de façon aussi arrogante
que grossière ?...
A coal-fired plant and the lie of the land
GES:
Ottawa
devra
décupler
ses
efforts
Les Conservateurs ne seraient-ils pas surtout en train
de nous isoler, en s'obstinant à ne vouloir que bloquer
tout avancement dans ce dossier ?...
Kyoto
et le Canada - Une position qui nous coûte cher
Environnement
- L'éthique élastique
A
convenient excuse for climate inaction
Le
lobbyisme
d’Ottawa
contraire
à
l’avis
d’Environnement
Canada
Voir aussi
Les Conservateurs
feraient-ils pâlir notre image ?
Climate change puts Conservative ‘knuckle draggers’ on hot
seat
Playing
a
dirty
game:
exporting
asbestos
-
Jeffrey
Simpson
Le ministre Prentice sous pression
Pourquoi
M.Harper était-il à Copenhague?
Harper
n'exclut pas une taxe sur le carbone... si les États-Unis
le font d'abord !...
Où
est Stephen? - Alain Dubuc
LE CANADA « FOSSILISÉ »
Harper
absent du podium
Le
Canada victime d'un canular à Copenhague
GES:
le Canada s'expose à des sanctions économiques
Palmarès
climatique: le Canada recalé
Pourquoi
s'acharner sur le Canada? - François Cardinal
Harper
devra en découdre avec Layton
Le
Canada, une menace contre la paix dans le monde?
Greenpeace
dénonce l'inertie d'Ottawa
Marché
climatique de Montréal: nouvel élan de Copenhague
Ottawa
n'entend pas faire de nouvelles concessions à Copenhague
Harper
rate le virage vert, selon Ignatieff
En
tête des opposants
Climat:
tous
les
pays
doivent
participer
à
un
accord,
dit
Harper
Le
Canada montré du doigt à Barcelone
Changements
climatiques : le ministre Prentice «dépasse les bornes»
CHANGEMENTS CLIMATIQUES Le ministre Prentice
s’attire les foudres de l’opposition -
Malorie Beauchemin
Les
libéraux sont divisés par une motion des conservateurs
« Le gouvernement ne veut pas voir d’entente à
Copenhague »
Le
Canada
essuie les critiques du GIEC - FRANÇOIS
CARDINAL
BULLETIN
ENVIRONNEMENTAL DUWWF Le Canada au dernier
rang
ENVIRONNEMENT
-
Ottawa
veut
ralentir
Washington...
et
Schwarzenegger !
Et d'ailleurs, les Libéraux semblent-il maintenant vouloir
vraiment faire mieux sur ce dossier ?...
Les libéraux sont divisés par une motion des conservateurs
Les Conservateurs ne pourraient-ils démontrer de
leadership que si de vrais leaders en démontrent avant
eux, les forçant ainsi à en "démontrer" eux aussi ?
Le resquillage climatique
Les
changements climatiques seront à l'ordre du jour du G8 et
du G20
GES:
Maxime Bernier défend l'attentisme d'Ottawa
GES:
l'idée d'un régime nord-américain est abandonnée
Pollution
automobile - Washington et Ottawa seront au diapason,
affirme Jim Prentice
Copier
les É.-U.? - André Pratte
Canada ties new
emissions-cuts targets to U.S. goals
Canada
moves to lower greenhouse target, critics say
Canada
outlines
greenhouse-gas
targets
Changements
climatiques: Harper change de ton
GES:
le Canada doit s'aligner sur les États-Unis, dit Prentice
Harper
en phase avec Obama sur le climat
M.
Harper va à Copenhague - André Pratte
Obama
y sera, Harper attendra
Climat: Harper plaide pour un accord global
CHANGEMENTS
CLIMATIQUES Pas de plan intérieur avant un plan
international, dit Prentice - Malorie
Beauchemin
Voir aussi En
fait, à travers la "gestion" qu'ils font de
l'environnement, et surtout à travers l'absence de cette
dernière, les Conservateurs ne sont-il pas en train de
dépouiller le Canada de sa propre souveraineté ?...
Et si le fait de de "s'aligner sur les États-Unis" ne
s'avérait en fait pas plus qu'un prétexte de plus pour ne
rien faire, après tout ?..
New U.S.
emission rules increases pressure on Harper government
Les États- Unis avancent, le Canada stagne
Les "politiques" des Conservateurs ne
seraient-elles en fait que des "écrans de fumée" n'ayant
d'autre but que de dissimuler leur propre inaction ?...
Énergie
- Un plan, lequel?
GES:
la stratégie d'Ottawa n'aura aucun effet
Changements
climatiques: trop peu, trop tard
Ottawa
veut assouplir les évaluations environnementales
Qualité
de l'eau du Saint-Laurent - Ottawa tarde à renouveler sa
stratégie pour le fleuve
Pour
protéger l'eau, Ottawa devrait s'attaquer aux changements
climatiques
RÉDUCTIONDESGAZ
À
EFFETDE
SERRE
Ottawa
veut
instaurer
des
crédits
compensatoires
Les Conservateurs ne seraient-il capables que de réduire
la question leur discours sur l'environnement à un faux
débat entre l'économie et l'écologie ?...
Ottawa veut réduire les GES sans renoncer aux sables
bitumineux
Les Conservateurs ne reconnaîtraient-ils la fonte des
glaces arctiques que lorsqu'il est question d'en profiter
pour s'enrichir, et même de ne le faire qu'en exploitant
toujours plus de pétrole ?...
As
the
sea
ice
melts,
so
melts
the
Arctic
-
Jeffrey
Simpson
On
the
bright
side,
the
PM
did
say
‘climate
change’
-
Jeffrey
Simpson
Cannon
amorce son séjour en Arctique
Les
écologistes dénoncent l'exploitation de l'Arctique
Arctique:
une autre épreuve de force entre le Canada et la Russie
La
géopolitique du climat au Canada - François Cardinal
Les sables bitumineux représenteraient-ils donc la honte
de notre nation ?...
Canada’s
‘ethical oil’ push gets tarred in British papers
Keep Alberta's oil in the ground
Obama
tracassé
par
la
«
nature
destructrice
»
de
l’industrie
Embrace,
don’t
fight,
harmony
between
the
sands
and
the
land
in
Alberta
-
Globe
Editorial
Des
émanations
de
CO2
sèment
l’émoi
Ni
verts
ni
sales
Ottawa
et l'Alberta contrôlent mal les sables bitumineux
Un
nouveau
rapport
alarmant
Why
the
OECD
tore
a
strip
off
Alberta
Sables
bitumineux: plus de plomb et de mercure dans l'air et
l'eau
Le
boycottage du pétrole albertain s'accentue
Audubon publie un article critiquant les sables
bitumineux
Et notre négligence systématique de l'environnement
peut-elle vraiment faire autrement que de compromettre la
crédibilité de tout projet futur, ne serait-ce qu'au niveau
environnemental ?...
Notre
Arctique
Se pourrait-il donc que les Conservateurs ne comprennent
tout simplement rien à l'environnement ?...
À peine nommé, Peter Kent est déjà dans l’embarras
Peter Kent’s green agenda: Clean up oil sands’ dirty
reputation
Y a-t-il encore de l'espoir pour le Canada en matière
d'environnement ?...
Sables
bitumineux: Paul Martin estime que les É.-U. ont une
responsabilité
Sables bitumineux: Washington devrait payer
Le Canada veut partager la facture avec les
É.-U.
Ottawa
s'engage à préserver la nature en Amérique du Nord
Cha ngements climatiques : Le Canada
doit d’abord restructurer son économie
... et en fait, le pays peut-il encore espérer ne serait-ce
que sauver la face à ce niveau ?...
«Les projecteurs seront fixés sur le Canada»
Gary
Doer chargé de redorer le blason du Canada
Le dossier environnemental ne se trouve-t-il pas surtout à
illustrer à quel point le gouvernement Harper est prêt à
mener des batailles d'arrière garde ?
Le
Parti
conservateur
a
maille
à partir avec une veuve d'une victime de l'amiante
Vers
la fin de l'amiante?
Even
the
dying
and
the
doctor
support
chrysotile
mining
in
Asbestos
Asbestos Exposure and Cancer Risk
Asbestos
as a cause of lung cancer
Information Sheet for Former Conwed Workers
Human
cost of asbestos is not worth the jobs
With asbestos, we are
the Ugly Canadians - Jeffrey Simpson
Canada
concedes science against asbestos is sound, but still
opposes export limits
Le
Canada
fait
cavalier
seul
au
sommet
de
Genève
Canada
moves to block listing of asbestos as 'hazardous'
Et par ailleurs, le gouvernement Charest ne se rend-il pas
encore plus ridicule en se permettant de critiquer le
gouvernement fédéral tout en étant pourtant loin de faire
mieux que ce dernier ?...
NO
EXTENSION FOR JEFFREY MINE
Appui
«
inquiétant
»
aux
sables
bitumineux
De
nouvelles
photos
gênantes
pour
l’industrie
de
l’amiante
Amiante
- Affaire de santé
Dumping
toxique
Editorial:
Stop promoting asbestos exports
L'amiantose
élevée au statut de secret d'État?
Amiante
- Un devoir moral - Bernard Descôteaux
The
Lancet
exhorte
Québec
à
ne
pas
soutenir
la
mine
d’amiante
Des
Asiatiques
en
appellent
à
la
conscience
des
Québécois
Des
Asiatiques
viendront
protester
au
Québec
L’amiante
sécuritaire
POUSSIÈRE
SUR
LA
VILLE
Le
paradoxe d'Asbestos
Amiante:
des photos embarrassantes pour une mine québécoise
Des
médecins jugent que l'utilisation sécuritaire de l'amiante
est une «chimère»
Amiante
- Une enquête journalistique montre le Canada et le Québec
du doigt
Investigation
slams asbestos industry
Des
faiblesses dans la gestion de l'eau mettent en danger les
écosystèmes québécois
Protection
des espèces aquatiques - Québec doit se mouiller
Algues
bleues - Québec a un problème de transparence
L'amiante
tue
-
François Cardinal
Amiante:
Khadir accuse Bolduc de manquer à ses responsabilités de
médecin
Énergie
verte: la grande diversion
Financement
des organismes environnementaux - Les groupes restent dans
le doute
Trop
tôt pour sauver les rainettes, dit le Ministère
Exportation
d'amiante: des scientifiques accusent Québec
d'«hypocrisie»
Une
coalition en faveur du chrysotile voit le jour
Les
groupes écologistes veulent des sous du Fonds vert
Crise
de financement dans les groupes environnementaux
Du
pétrole « sale » au Québec ?
Une
fibre québécoise - Le mystère politique de l'amiante
Les
libéraux refusent de débattre sur l'amiante
Amiante
chrysotile: des propos accablants pour le Canada
Lettres
- Merci M. Charest
Quebec
quietly
promotes
oil-sands
opportunities
Mission
commerciale en Alberta: Charest critiqué à Ottawa
Quand
c'est notre cochonnerie - Alain Dubuc
L'embarras
de Jean Charest en Inde
Lettres
- Bonne conscience
Amiante:
les travailleurs indiens critiquent Charest
Mission
Inde 2010 - Charest est rattrapé par les victimes de
l'amiante
Amiante:
l'image du Québec ternie
It
is deeply immoral for Quebec to sell asbestos
Les
gaz à effet de serre en hausse au Québec
Honteux
et indéfendable - Rima Elkouri
L'amiante rattrape Jean Charest
À l'Inde d'imposer des normes plus sûres, dit Jean Charest
Amiante
- Des travailleurs indiens accusent Charest d'être
irresponsable
Amiante:
l'Inde attend Charest de pied ferme
Amiante:
les travailleurs indiens critiquent Charest
La détermination de Charest pour l'environnement applaudie
en Inde
Notre
arrogance - André Pratte
Notre
leadership
- Line Beauchamp
Marianopolis:
Québec donne son accord au projet
Le
PQ accuse le PLQ de contribuer à l'échec de Copenhague
Agissons
ou taisons-nous - ANDRÉ PRATTE
Écolosol : La ministre Beauchamp justifie le retard
des audiences
Québec pourrait virer son capot sur l’amiante
- François Cardinal
Amiante: le Québec a la norme la plus permissive en
Occident
Amiante : Québec persiste et signe -
FRANÇOIS CARDINAL
Les algues bleu-vert persisteront malgré le
printemps frais Il faut voir à long terme,
dit la ministre Line Beauchamp
...Et seraient-ils pourtant les seuls à se draper de vert
afin de cacher leur statut de dernier de classe en la
matière ?...
Gilles Vaillancourt pris à partie -
Martin Croteau
LAVAL
Le discours écolo du maire dénoncé - Charles
Côté
En fait, le contraste n'est-il pas total, entre le
discours environnemental de nos "leaders", et le manque de
leadership que ceux-ci démontrent pour ce qui est de
justement faire passer ce discours à la réalité ?...
Incitatifs
gouvernementaux à l'achat de véhicules verts - Beaucoup de
bruit pour pas grand-chose...
Faites-nous
confiance... - François Cardinal
Et s'il peut nous rester quelque réputation
environnementale que ce soit, se pourrait-il donc que
celle si s'avère carrément surfaite ?...
De
possibles déversements dans les Grands Lacs inquiètent les
experts
Se pourrait-il d'ailleurs que nous ne soyions tous pas
vraiment aussi verts que nous aimerions le faire paraître
?...
Lutte
contre
les
changements climatiques - La part des transports reste
lourde
Les
rejets municipaux, pollueurs numéro 1
Climate change? Not in
this campaign - Jeffrey Simpson
En
bref - La toilette, cette poubelle
Un
rapport de l’ONU réprimande le Canada
Le
nouveau Plan Saint-Laurent néglige des pans du fleuve
Hazards
of
the
mighty
pesticide
wand
Des
faiblesses dans la gestion de l'eau mettent en danger les
écosystèmes québécois
Journée
compte-gouttes - Le Québec doit réduire sa consommation
d'eau, rappelle RÉSEAU Environnement
Le Canada incapable de
gérer son eau
Les
égoûts fuient dans tout le pays
En
bref - Lancement d'une campagne de publicité anti-Alberta
L'environnement,
priorité des Canadiens
Ni
rose
ni
vert
-
François Cardinal
Sommet
sur la biodiversité de Montréal - Montréal protège mal sa
biodiversité
En
bref - GES: le voisin américain fait mieux
Gaz
à effet de serre - Québec rate l'objectif de Koyto
Pollution
minière : des employés d'une filiale canadienne arrêtés en
Mauritanie
Fighting the
blue-green algae plague is blooming
complicated - Jeffrey
Simpson
Les
gaz à effet de serre en hausse au Québec
Des
déchets à la mer!
Récupérer?
Oui, mais... - Ariane Krol
Agissons ou taisons-nous - ANDRÉ PRATTE
Les Canadiens moins « verts » en
réalité - Catherine Handfield
Et aurions-nous donc même une petite tendance à revenir en
arrière ?...
Pourquoi?
Environnement
- Des voix multiples s'élèvent contre l'abolition de
Recyc-Québec
La
disparition
de
RecycQuébec
inquiète
l’industrie
du
pneu
recyclé
Serions-nous par ailleurs en train de nous livrer en douce à
l'élimination systématique de nos propres milieux humides
?...
Les milieux humides pourraient disparaître
Et quelles autres nouvelles mauvaises surprises trouve-t-on
encore le moyen de réserver à l'environnement, par ailleurs
?...
Une guerre de l'eau à Montréal
Et que dire du Parti Vert, pendant qu'on y est ?...
Elizabeth May should have been heard
Le
grand pari d'Elizabeth May
‘Vision
Green’
platform
includes
carbon
tax,
income-splitting
« La voix de la conscience et de la raison » , dit May
Elizabeth
May
sees
‘clear
two-way
race’
with
Tory
incumbent
Gary
Lunn
L'amour
en vert
Parti
vert du Canada - Remous internes autour du leadership
d'Elizabeth May
It's
a
tough
climate
for
Elizabeth
May
and
the
Greens
-
Lawrence
Martin
Elizabeth
May
takes
your
questions:
How
would
the
Greens
tackle
health
care?
Et jusqu'à quel point de telles mesures
sont-elles vraiment impressionnantes ?...
Marché
du carbone: le projet québécois comporte des failles
Québec inc. souffle le chaud et le froid
La
réforme sur la qualité de l'atmosphère - De l'air pour les
citoyens ou pour les industries ?
Québec
resserre les normes sur la qualité de l'air - Les règles
étaient restées inchangées depuis 32 ans
Véhicules
électriques - De la poudre aux yeux... verte
Taxons
l’énergivore
Offensive
pour les véhicules électriques - Québec tente de faire
oublier ses échecs
Compost : La ville centre ne paiera qu’en
partie - Éric Clément
Québec
veut réduire ses émissions de 20% en 2020
Pouf!
On a «éliminé» les déchets... - François Cardinal
Repenser
le déchet - Ariane Krol
Agissons
ou taisons-nous - ANDRÉ PRATTE
MONTRÉAL PREND LE LEED - François
Cardinal
Nouveau
plan pour les énergies vertes
Normandeau
annonce
un
premier
projet
éolien
Accord sur les émissions de gaz à effet de
serre Le Québec accepte un plafonnement
Et se pourrait-il pourtant que nos gouvernements eux-mêmes
soient parfois capables de certains bons coups ?...
En bref -
Vers des réfrigérateurs moins énergivores
Gaz
à effet de serre - L'enjambée du Québec
GES:
feu vert au plan de réduction
Les
entreprises devront élargir la récupération
Le
Québec
à
la
remorque
Les
sources d'eau potable protégées?
Québec
veut adopter un mode d'analyse plus complet des impacts
écologiques
Nouvelle
taxe sur l'essence dès samedi
Québec
imposera une redevance sur l'eau de 8,8 millions aux
industriels
Les
routes se vident des vieux «bazous»
Quebec
gets tougher on polluters - at last
Québec
appuie sur l'accélérateur électrique
Auto-emission
deal clears the air
GES
des
véhicules:
Québec
crie
victoire
Tremblay
veut appliquer la taxe d'accise sur l'essence avant l'été
Compostage
à Montréal: quatre lieux choisis d'ici mai
Paying
for packaging makes sense
La
facture du recyclage refilée aux entreprises
Les
maires demandent une hausse de la taxe sur l'essence
Une
annonce d'un demi-milliard
Gérald
Tremblay propose d'augmenter la taxe sur l'essence
Charest
veut électrifier tout le transport de la province
Québec
interdira l'enfouissement du papier, puis des déchets de
table
Six
projets d'usine de compostage sur les rails à Montréal
Des réactions positives à la nouvelle politique verte de
Québec
Les
États fédérés ont un rôle à jouer, plaide Jean
Charest - Richard Hétu
LeQGdes
écolos dumondeàMontréal
CONGRÈS
DES
JEUNES
LIBÉRAUX
Les
automobilistes
dans
la
ligne
de
mire
Jean
Charest sera à Copenhague
Les
fabricants
seront obligés de recycler - François Cardinal
Montréal aura bientôt son usine de
désinfection
Car après tout, pourquoi attendre que les gros
joueurs bougent plutôt que de soi-même décider d'aller de
l'avant ?...
Les villes et provinces exigent une place à la table des
négociations
Le
Québec et Copenhague - Alain Dubuc
Mais pourtant, pourquoi
le moindre changement semble-t-il ne jamais pouvoir ici
se faire
qu'à pas de tortue ?...
STM - Le réseau entièrement
électrifié en 2026 : Une première en Amérique du Nord
Le
Canada a réduit ses émissions de GES de 2,1% en 2008
Un
bac de compostage à la maison d'ici 2014 dans le Grand
Montréal
Un échec, le bac-sac? - François Cardinal
Repenser
le déchet - Ariane Krol
Vers une collecte des résidus de table -
Martine Letarte
EFFORTS À LA POUBELLE -
Philippe Sartre
L’île
de Montréal ratifie un plan de 240 millions -
Martin Croteau
Compostage
à
Montréal
:
L
e
nom
bre
de
foyers
desser
vis
triplera
Le
bac brun pour tous d’ici 2014 - Charles
Côté
Lancement d’un nouveau bac de
récupération
Un… euh… un machin de recyclage
- Marc Tison
Et à force d'avancer à force
d'initiatives personnelles et collectives, comment
pourrait-on ne pas y arriver ?...
NOUS? Samian (Integral) 67/76
L'agriculteur
qui défie Monsanto se confie
Je
fais pousser l’emballage du futur
While global climate
talks flounder, domestic initiatives advance
The green roofs of Montreal
Le
révolutionnaire
agricole
La
femme qui a fait chuter Chevron
Les
leçons
du
sac
en
plastique
Clean
energy: getting a pulse on Vancouver - Jeffrey Simpson
Voiture
en commun
Benoît
Robert, président de Communauto - Les deux mains sur le
volant
ADM
vend des crédits de carbone
Crédits
de carbone: de l'école à la banque
Voitures
électriques: un autre petit pas du Québec
Une
société aurifère à contre-courant
Des
déchets pour faire pousser nos légumes
ENVIRONNEMENT : Metro exigera 5¢ par sac distribué
Un frigo qui sauve la planète et coûte moins cher
Idéal,
le scooter électrique ? - FRANÇOIS CARDINAL
Et ne pouvons-nous pas faire nous-mêmes notre part ?...
À l’école sans ma voiture - François
Cardinal
Lundi sans viande - Stéphanie Bérubé
Et si tout commençait en fait par notre propre consommation
?...
Tempête dans l’assiette bio - Stéphanie
Bérubé
Et surtout, quels seraient les moins bons joueurs qu'il
vaudrait donc mieux ne pas trop encourager ?...
Le (bon vieux) catalogue: un dinosaure en voie de
disparition?
LA
FIN DU BOTTIN ? - François Cardinal
Des internautes partent en croisade contre les Pages
Jaunes - Martin Croteau
HARO SUR LE CATALOGUE SEARS
- François Cardinal
Les fournisseurs de cellulaire ne sont
pas « verts »
N'avons-nous pas qu'à suivre l'exemple de véritables leaders
?...
La Suède: un exemple de bonne stratégie
energétique
L’Irlande
passe au vert
En
bref - Taxe carbone en Australie
Crosscheck:
The
greenest
province?
APRÈS
LE
PC,
BILLGATES
S’ATTAQUEAUX
TOILETTES
Australia’s
PM shows political courage on climate change-Jeffrey
Simpson
GES:
l'Europe fait le pari de l'efficacité énergétique
Réduction
des gaz à effet de serre - Succès imprévu du bonus-malus
L’énergie
solaire
brille
dans
l’Ouest
américain
Bourse
du carbone - L'aviation civile prise de vitesse par
l'Europe?
ADM
vend des crédits de carbone
Crédits
de carbone: de l'école à la banque
Révolution
verte en Ontario
L'Indonésie,
terre de volcans, parie sur la géothermie
Automobile
- La France prend le virage électrique à pleine vitesse
Let’s
give
our
grandkids
a
powerful
legacy
Longueuil
n'achètera plus que des autobus hybrides
Ontario
takes
green
lead
with
record
$8-billion
energy
investment
Auto-emission
deal clears the air
Des
Américains payés pour économiser l'énergie
Deux
entreprises américaines boycottent les sables bitumineux
Seattle:
le secret d'une ville verte
Une population qui consomme vert
Course
aux investissements verts: l'Ontario décolle
TerraCycle lance le déchet commandité au Canada.
Des
Jeux verts, verts, verts... - Yves Boisvert
La Californie s’attaque aux écrans plats
énergivores - Nicolas Bérubé
Taxe carbone: la France va de l’avant -
Marc Thibodeau
La femme qui plantait des arbres -
Laura-Julie Perrault
Les
ours polaires protégés
Conçu pour ne pas durer... -
François Cardinal
Un devoir des entreprises -
Pierre-Marc Tremblay
COUSTEAU
: LE FILS DU COMMANDANT - Mathieu Perrault
GUY
LALIBERTÉ : CLOWN, PHILANTHROPE, ÉCOLO... ET
GrARDIEN DE L'EAU !...
Où
sont
nos
villes
vertes
?...
- FRANÇOIS CARDINAL
Le
virage vert de Monaco
Ne semblerait-il pas d'ailleurs que nous soyons aussi
capables d'avancer du moment que l'on s'y met pour de
vrai ?...
Le secteur du stade passe au vert - Éric
Clément
Comment rouler plus proprement qu'à vélo ?...
L'Amérique à vélo - François
Cardinal
Plus de vélos, moins d’accidents... -
François Cardinal
Pourquoi Montréal ne pourrait-elle pas devenir une nouvelle
capitale du vélo ?...
«
Montréal doit montrer la voie »
Bixi
sous la loupe du vérificateur
Le
Bixi arrive à Londres
Bixi
sur le chemin de la rentabilité
Opaque,
le Bixi
La
«saga des racks à bicycles»
Pédaler
dans la neige? - François Cardinal
25e TOUR DE L’ÎLE Montréal transformé en capitale du
vélo
Bixi
ira à Londres et à Boston - Sara Champagne
Des
Bixi à Ottawa, à Gatineau et peut-être à Seattle
Le Bixi étend son empire
Un loueur de vélos se dit pénalisé par
le Bixi
Le seul
problème avec le Bixi : il marche trop bien !...
Une quarantaine de Bixi disparus
Auto,
métro, vélo, boulot, dodo - FRANÇOIS CARDINAL
Dix idées pour améliorer le Bixi
ENVIRONNEMENT
-
Bixi: nouvelle bête de la jungle urbaine
Les
stations
Bixi suscitent plus de curiosité que d'enthousiasme...
La
leçon de Bixi - PIERRE FOGLIA
Bixi
: Montréal exporte son modèle en Amérique -
François Cardinal
Aux
vélos,
citoyens
!
Le
vélo BIXI de Montréal plus cher
voir aussi : Bixi,
blogue
et bullshit - PATRICK LAGACÉ
APRÈS LES BIXI, LESVOITURES LIBRE- SERVICE
Et pourquoi ne pas se doter d'un système de transports en
commun digne de ce nom, pendant qu'on y est ?...
Une idée géniale en péril
Donner avant d’enlever
Les
villes lentes, l'avenir de l'urbanité
Ils ont dit non aux bouchons
Le taxi collectif pour contrer les bouchons
Your Views: Problems with public transit
On s’y fait
QUÉBEC
RALENTIT LE RYTHME
Retour
vers
le
futur
Électrification
des transports collectifs: une «corvée» de 7 milliards
En
attendant
le
plan
d’ensemble
Comment
on
étouffe
une
ville
Une
décennie
de
revirements
Bouchons
maudits
Tarifer
au lieu de taxer
Plan
de transport: maigres moyens, maigres résultats
Lutte
contre les changements climatiques - Le Québec est bon
élève, sauf dans le transport routier
Build
it and they shall ride
Un pas à la fois - Nathalie Collard
Le
transport collectif gagne du terrain
S’inspirer de Londres - Adrien Pouliot
L'AMT serait «encadrée» par les municipalités
Le
métro chinois - Yves Boisvert
La STM refuse de se convertir aux roues d'acier
Renouvellement
des voitures du métro - La STM rejette l'offre chinoise
Métro
de Montréal: Québec doit rouvrir l'appel d'offres
Métro: une société chinoise prête à recourir aux tribunaux
La
Ville injecte 450 millions dans les transports en commun
La
STM peut faire mieux - Nathalie Collard
«Nous
vous avons entendus», jure l'AMT à ses usagers
Le
tramway est rentable, dit le maire de Bordeaux
Une ville verte, qu’elle le veuille ou non
- MARIE-CLAUDE LORTIE
Parlons transport - NATHALIE COLLARD
En attendant les grands projets... -
Bruno Bisson
Transports collectifs : Quelles sont les priorités
? - Florence Junca-Adenot
J’angoisse à l’idée de prendre l’autobus
et le métro pour aller travailler
Le prolongement du métro à l’étude -
Bruno Bisson
Prenez l’auto, le bus est plein... -
FRANÇOIS CARDINAL
OPUS : UNE CARTE À PROBLÈMES ? - Bruno
Bisson
Train Québec-Windsor : Construisez-le, et ils le
prendront...
Québec-Windsor, un couloir rentable -
FRANÇOIS CARDINAL
Hydro
fait une entrée prudente dans le transport
électrique - Hélène Baril
Le
bétail humain - Jean-Serge Baribeau
La
STM de Labrecque - NATHALIE COLLARD
L'AMT
électrifiera le réseau de trains de banlieue -
François Cardinal
Un pacte à trois pour prolonger le métro
Et si l'on commençait justement par offrir de véritables
alternatives à l'automobile plutôt que de ne chercher qu'à
punir les automobilistes ?...
Le « péage intelligent » peut- il sauver Montréal ?
Et que dire d'un éventuel TGV ?...
Faire
Québec-Montréal, à 250 km/h, suspendu dans les airs...
TGV: quel est le plan? -
Vincent
Marissal
Fast
train to New York is an enticing proposal
TGV
Montréal-New
York
-
Le
plus
lent
des
trains
-
Bernard Descôteaux
Le
mauvais TGV - André Pratte
Lettres - Un TGV avec Toronto serait anachronique
Et si l'on parlait un peu de nos milieux humides ?...
Milieux
naturels: le statu quo ne suffit pas
Certains
milieux humides seront moins protégés
... ou encore de l'étalement urbain ?
Le
vert et le blanc
Construire dans le potager
Contrer le désert agricole et embellir le Québec
Le trou de beigne
... ou carrément de surpopulation ?
As we reach 7 billion, good news and bad news
Ou ne serions-nous capables de nous montrer conscientisés
que lorsqu'il est temps de parler, plutôt que d'agir ?...
Les Québécois conscientisés par l'environnement
Dans le combat pour l'environnement, peut-on dire que tous
les coups sont permis ?...
Bataille navale en Antarctique
Comment être contre-productif...
« Nous assistons à un vol de l’eau par le privé
» - FRANÇOIS CARDINAL
LES
POUR ET LES CONTRE DE LA CONSIGNE - Martin
Vallières
Voir aussi Les
glaneurs
de la consigne - Mathieu Perrault
Tarifs
d'Hydro : une bataille d’arrière-garde - ALAIN DUBUC
OZONE : ON N’EN SORT PAS...
Défendre l'environnement est-il toujours éthique ?...
Un
essor inespéré
You
can
turn
off
the
lights
–
or
collect
solar
energy
in
space
Libre
opinion - L'or bleu du Québec
La
bataille
perdue
du
couvent
-
Michèle Ouimet
Attention,
votre poubelle vous regarde...
L'exploitation des gaz de shiste représente-t-elle une manne
ou une malédiction ?...
Gaz
de schiste - Du Québec à la Pennsylvanie
Un
cas de pollution embête l’industrie
L’évaluation environnementale va passer à côté de «
risques énormes »
Selon
le Collectif scientifique sur les gaz de schiste - La
pertinence de développer le gaz de schiste n'est pas
démontrée
Libre
opinion - Lucien Bouchard, Robert F. Kennedy Jr et nous
Bouchard
rejette l’idée d’enchères sur les permis d’exploration
Gaz
de schiste : les militants se disent bouleversés par leur
mission d'observation aux États-Unis
Charest
trouve l’idée « intéressante »
Soyons coactionnaires
Elvis et les schistes
Gaz
de schiste - Québec est dans le pétrin à La Présentation
Un puits fermé fuit toujours
Le
liquide
de
fracturation
néfaste
pour
la
forêt
L’industrie échappe au nouveau règlement sur la qualité de
l’air
Selon
un
rapport
européen
-
L'UE
devrait
attendre
avant
de
donner
son
feu
vert
au
schiste
Gaz
de
schiste,
une
bulle?
GES:
à court terme, le gaz de schiste serait pire que le
charbon
L’état de newyork entrouvre la porte
Gaz
de schiste - Vers une bulle spéculative?
L’industrie
exemptée
de
déclarer
ses
rejets
polluants
Gaz
de schiste: Prudence!
Le
Texas
resserre
sa
réglementation
Le
siège
des
citoyens
confié
à
un
professionnel
Gaz
de schiste - Une première preuve de la contamination
Schiste:
les écologistes exclus de l'évaluation
La
France interdit l'extraction des gaz de schiste
Le
gaz de schiste change la donne énergétique mondiale
Évaluation
des gaz de schiste - Il faut comparer avec les autres
types d'énergies, clament des scientifiques
Selon
une étude sur les émissions de GES - Les gaz de schiste
plus polluants que le charbon
Une
surveillance
inefficace
de
l’industrie
Gaz
de schiste: précipitation et laxisme
L'affaire
des 5 milliards perdus
Gaz et politique
L’industrie
se
dit
prête
à
passer
le
test
de
l’intérêt
public
L’effet Bouchard
Un
moratoire,
sans
le
nom
Le
BAPE recommande une vaste étude environnementale
Accommodement raisonnable
Le gaz ne s’échappera pas
Gaz
de schiste: Québec calme le jeu
Le
gaz de schiste inquiète encore aux États-Unis
Le
rapport du BAPE sur les gaz de schiste - Une rebuffade qui
laisse la porte ouverte à l'industrie
Gaz
de schiste - Un «collectif scientifique» aura Québec à
l'oeil
La
Régie
de
l’énergie
appelée
en
renfort
Gaz
de schiste - Le ministre Arcand recevra le rapport d'un
«BAPE parallèle»
Gaz
de schiste: Lucien Bouchard se voit comme un médiateur
Deux
mythes
Le
Québec a tout à perdre!
Les
ingénieurs
prônent
la
prudence
et
un
moratoire
Gaz
de schiste - Colmater les puits à long terme pourrait
coûter des milliards au Québec
Gaz
de schiste - Appel à la prudence d'un expert de
l'industrie minière
Un
éminent géologue sonne l’alarme
La
France met un holà au gaz de schiste
Gaz
de schiste - Des millions de litres de diesel injectés
dans le sol aux États-Unis
JE
ME
SENS
SEULE
Fuites
des puits de gaz de schiste - Un réél «bris de confiance»,
dit Équiterre
Le
négociateur
L’exploitation
contribue
au
smog
Le
temps
de
la
lucidité…
BOUCHARD
À
LA
RESCOUSSE
Le monde est petit
Bouchard
à la rescousse de l'industrie du gaz de schiste
Les
mérites
de
l’exploration
Lucien
Bouchard fera la promotion du gaz de schiste
Par
ici
la
sortie!
Québec ouvre la porte au moratoire
Potentiel exceptionnel
Le
Québec ne résistera pas au gaz de schiste, selon Alstom
Le gaz de schiste n’aidera en rien le climat, selon une
étude
11
puits
présentent
un
risque
potentiel
Gaz
de schiste: trop de risques non évalués, dit la Santé
publique
La Santé publique appelle à la prudence
Rien
de
rassurant
Gaz
de schiste - Laxisme et complaisance
La
plupart
des
puits
ont
des
fuites
Renverser
la
vapeur
Les
vertus
du
gaz
de
schiste
Les
sources d'eau potable protégées?
Une
nuit
pour
y
penser
Les
failles
d’un
modèle
Deux
villes,
deux
réalités
La culture du refus
C.-B.:
le monde rural bousculé par le boom gazier
Gaz de schiste: la parole d’un ministre
Les
vertus
du
gaz
contestées
Gaz
de schiste - Imiter la Norvège? Trop tard, dit un expert
Gaz
de
Chine
De
l’eau
dans
le
gaz
La
Pennsylvanie va restreindre l'exploitation des gaz de
schiste
Une
exploitation propre est-elle possible?
Un
frein à la ruée vers le gaz
Gaz
de schiste - «À quoi sert la loi de l'eau?»
Gaz
de schiste - Les réserves d'eau seraient menacées
Certaines
questions
restent
entières
Des risques réels pour l’environnement
Le
gouvernement
et
l’industrie
renvoyés
à
leurs
devoirs
Déjà
40
produits
chimiques
identifiés
Gaz
de schiste - La charrue devant les boeufs ?
Quebec's
drilling policy is full of holes
Gaz de schiste: le débat parti tout croche
Deux
filières, deux mesures
Les
déclarations de Normandeau ne s'appuient sur aucune étude
Faire
passer le Québec du pétrole au gaz d'ici 10 ans
Gaz
de schiste - L'exploitation rentable sans exportation
L'échec
de l'industrie gazière
Énergie:
l'effroyable complexité des choses
Gaz de schiste: dure soirée pour l'industrie à Bécancour
Équiterre réclame un moratoire sur le gaz de schiste
Gaz
de schiste: les incertitudes scientifiques justifient un
moratoire, selon Équiterre
Gaz
de schiste: Normandeau fait vibrer des cordes sensibles
Une
mission impossible
Gaz
de schistes: des solutions de rechange existent
Qui
sont les acteurs derrière les gaz de schiste?
Les
gaz de schiste - Et dire qu'on voulait importer
Comment
André Caillé est devenu la bête noire des écologistes
Gaz
de schiste: mission impossible pour le BAPE, selon une
experte
Un
moratoire partiel
Gaz
de schiste: a-t-on manqué le bateau?
Le
gaz du schisme
Marois right on gas
Gaz
de schiste - Un moratoire nécessaire
Boisclair
critique la position de Marois
Les
valises
Caution,
baby, caution on natural gas
Des
bénéfices pour qui?
Le
BAPE est nécessaire
Gaz
de schiste: 1435 infractions en Pennsylvanie
Exploration
gazière - Le Québec accuse un déficit de connaissances
Gaz
de schiste: les municipalités dénoncent «l'improvisation»
Gaz
de schiste: la pression monte
Les
oiseaux
de
proie
-
Pierre Foglia
Une
industrie exemptée de plusieurs lois
There's
no need to rush on natural gas
Gaz de shale: un vétéran de l'industrie parmi les
opposants
Moratoires demandés sur les forages
Prospection gazière: des leçons pour le Québec
Ne pas dormir au gaz - André Pratte
Le
Québec, pays de l'or noir?
Forer, forer, mais à quel prix?
Le gaz de schiste sème l'inquiétude
Pétrole
Un débat houleux s’annonce aux Îles- de- la- Madeleine
Québec
n'a pas décidé s'il encadrera l'industrie pétrolière
Un
projet pétrolier suscite des craintes
Laissons
aller Shell
Le
choix du pétrole - Philippe Faucher
Y aurait-il donc quelque chose qui cloche avec l'approche de
l'industrie, à la base ?...
Une
industrie
«violente»
Et en fait, ne peut-on pas d'ailleurs en dire autant de
l'approche des environnementalistes ?...
Les
pingouins
d’abord!
Terrorisme
environnemental
Le crime du président
Des
environnementalistes
«
sauvages
»
Et si l'heure avait maintenant sonné pour que l'on commence
enfin à gérer nos déchets n'une façon qui soit ne serait-ce
que moindrement logique ?...
Au
tour
du
bac
brun
Si les êtres humains ont des droits innés, alors pourquoi
les animaux n'en auraient-ils pas aussi ?...
Better animal-control system badly needed
La chasse au phoque ne devrait-elle plus représenter qu'un
vestige du passé ?...
L'industrie
canadienne du phoque a le feu vert en Chine
Un
seul bateau à l'ouverture de la chasse au phoque
Les
quotas pour la chasse aux phoques augmentent
Du
phoque au menu pour tous les partis politiques
It's
no longer worth fighting for the seal hunt
L’embargo européen fait mal aux
chasseurs de phoque - Sue Bailey
Du
gaspillage de fonds publics - Christine
Godard
L’Union
européenne
interdit les produits du phoque - Marc
Thibodeau
Phoque
et rephoque - PIERRE FOGLIA
Embargo
sur le phoque : anatomie d’une bonne cause - ALAIN DUBUC
Fini le
phoque en Europe
Seal
cull recommended for southern Gulf of St. Lawrence
Too Many Seals, Not Enough Sharks
... et tant qu'à cela, que dire du foie gras ?...
L’incident du foie gras
Il
était
un
foie
à
New
York
Luttes locales, luttes globales...
Luttes
locales,
lutte globale...
Plus
gros procès environnemental : Les actionnaires de
Chevron veulent savoir
Le Mont-Royal est-il à vendre ?...
Marianopolis:
le maire rejette le projet résidentiel
A
good plan for Mount Royal
Pour ne plus saccager la montagne
Convent
conversion makes sense
La
montagne
n'est
pas
à
vendre
-
Michèle Ouimet
La transformation du couvent Mont-Jésus-Marie ira de
l'avant
La
bataille
perdue
du
couvent
-
Michèle Ouimet
Couvent
Mont-Jésus-Marie: le conseil négocie jusqu'à une heure du
matin
Lettres
- Honte à l'UdeM
1420,
boulevard Mont-Royal - Baisser les bras
Couvent
Mont-Jésus-Marie: Harel mobilise la population contre le
projet
Condos
sur le mont Royal: un répit pour les opposants
Conversion
du couvent Mont-Jésus-Marie: séance houleuse en vue
Marianopolis:
Québec donne son accord au projet
L’agresseur du mont Royal n’est pas celui qu’on
croit - François Cardinal
Marianopolis : Le promoteur est prêt à
faire des compromis
Marrianopolis
: L’Office invite à réduire les hauteurs -
Sara Champagne
La montagne rétrécit - Marcel Côté
Propos désolants -
Jean-Pierre Morin
Non
à Marianopolis - MICHÈLE OUIMET
Non recevable - Phyllis Lambert
Ça fait pleurer les écureuils (mais pas
moi) - YVES BOISVERT
LA MONTAGNE ASSIÉGÉE
Helen Fotopulos évoque un rejet du
projet Marianopolis
La Ville demandera deux avis
à Québec
Le
projet
Marianopolis ne menace pas le mont Royal... selon les
principaux intéresssés !...
Pauvre
mont Royal ! - NATHALIE COLLARD
La peur d’aller de l’avant -
Pierre Pomerleau
L'environnement serait-elle la dernière préoccupation du
maire de Laval ?...
Les
milieux humides avalés par un trou noir
Forêt
rasée sans permission à Laval: pas de poursuites
Forêt coupée illégalement à Laval
Et que dire de ce qui peut se passer ailleurs dans la
province ?...
Projet d'hydrolienne de rivière à Baie-Comeau
Le
dépotoir de Lachute au coeur d'une bataille juridique
Déchets
de Longueuil enfouis à Lachute: le PQ porte plainte
Décontamination de l’ancien Technoparc « Un
problème plus complexe que prévu » - Martin
Croteau
CENTRE DE TRANSBORDEMENT DE DÉCHETS Un projet
à Longueuil provoque une levée de boucliers à
Lachute - Martin Croteau
Troisième centre de transbordement à Longueil :
Permis délivré malgré la promesse du maire -
Éric Clément
RCI
commence les travaux sans permis - Éric Clément
La
Ville écarte la gazéification des déchets -
Charles Côté
Un projet d'enfouissement non justifié - Charles Côté
Le terrain miné des mines...
La roche sexy
Les mines échapperont encore aux municipalités
Abitibi-Témiscamingue:
malaise autour des mines à ciel ouvert
Projets
miniers - La Cour suprême déboute Québec
Information
minière: vers des exigences assouplies
Projet
de mine dans le nord du Québec - Des diamants «verts»?
Une
entreprise minière canadienne au coeur d'une controverse
Projet
minier à Sept-Îles: Québec assure vouloir respecter la
volonté de la population
Le
Québec a la mine basse - Sophie Cousineau
L'industrie
minière au banc des accusés
Les
mines d’uranium appelées à faire partie du paysage
québécois
Le
BAPE vote en faveur du projet de mine d’Osisko
Voir aussi FEU
VERT
À OSISKO - Philippe Mercure
Des
résidants entendent se battre contre un projet de mine
pratiquement improvisé..
Des
compagnies minières qui paient à peine de redevances
?...
Voir aussi Et
que
dire des richesses de notre sous-sol national ?...
À moins que les choses ne soient pas toutes nécessairement
si noires, même dans le monde minier ?
Le jour et la nuit
Y a-t-il des idées pour faire toujours plus avancer ce
dossier ?...
La guerre contre l’eau en bouteille -
Mathieu Perrault
Valse verte pour marteau-piqueur -
Marie-Claude Lortie
Comment repenser notre société ?...
Le partage et le temporaire
LAVILLE
QUI
PLANTAIT
DES
LÉGUMES
EN
VERT
ET
AVEC
TOUS
Une serre géante aménagée sur un toit
Une
ferme sur le toit, sans pesticides ni OGM
Quand
la chaleur humaine remplace le chauffage
Construire
aujourd'hui la ville de demain
Des
idées pour le Québec - Réduire la pollution pour favoriser
l'économie
Sans
voitures ou sans vision?
Griffintown: un quartier sans voitures à Montréal?
Qu'est-ce
qu'un écoquartier?
Aux
quatre coins du monde, des écoquartiers prennent vie
It's
a continental trend: a chicken on every plot
Rosemont
pourrait dire oui aux poules
Un
verre
de
Côte-des-Neiges
avec
ça?
-
Marie-Claude Lortie
La
ville
un
peu
fermière
-
Marie-Claude Lortie
L'Église
tient un concile vert
Et
si Turcot devenait un parc suspendu? - Marie-Claude Lortie
Et comment repenser le repensement de la société ?...
Acupuncture
urbaine
Une occasion à saisir
Sans
ma voiture, pourquoi au juste?
Votre sapin de
Noël a été brûlé... - François Cardinal
Réduisons
le nombre de naissances, recommande l'ONU
Voir aussi Et
si il ne fallait pas non plus s'empêcher de vivre pour
sauver l'environnement ?...
Notre amie la densité urbaine -
Marie-Claude Lortie
Et comment repenser la protection de l'environnement en tant
que telle, pendant qu'on y est ?..
(Et s'il n'y avait pas beaucoup de sens à ne représenter le
dossier de l'environnement qu'en noir et en blanc ?...)
Le
parcours
d’un
produit
scruté
à
la
loupe
Le
kilomètre alimentaire, un mythe? - Alain Dubuc
Comment sauver l'environnement sans commencer à le faire
dans son propre environnement ?...
Éoliennes : un danger pour la
santé ?
Pas
de solaire dans ma cour - Mathieu Perreault
Et si il ne fallait pas non plus s'empêcher de vivre pour
sauver l'environnement ?...
L'entrevue
- Voyage au pays de l'antitourisme
Le
monde malade du tourisme
Poupons
et pollution - Lysiane Gagnon
Des
crédits de carbone pour la contraception
Et se pourrait-il donc qu'il puisse arriver que le discours
environnemental ne constitue ni plus ni moins qu'un frein au
développement ?...
Les Québécois d'accord
pour facturer l'eau potable
Compteurs
d'eau dans les résidences - Inefficace et inéquitable,
selon Eau Secours!
Et si l'on discutait tout simplement
d'environnement ?...
Propre,
l'ordinateur?
L'iPad:
un ami des arbres
Le
papier le moins vert du monde
«C'est
juste
bon
pour
les
autres,
le
recyclage?»
-
François Cardinal
Les valeurs
et le vote - Jean Lemire
Les glaneurs de la consigne - Mathieu
Perrault
Voir aussi LES
POUR
ET
LES
CONTRE
DE
LA
CONSIGNE
SANS BÂILLON
L’ère
stupide, ou comment l’humanité court à sa perte
- Mali Ilse Paquin
Le
dernier homme - Mario Roy
Home: un film en retard sur son époque
- François Cardinal
La
baleine boréale n’est plus une espèce menacée
Rouler pour rouler - Ariane
Krol
Une solution canadienne - André Pratte
Le
5¢
de
Loblaw
est-il
éthique
?
-
ENVIRONNEMENT
- FRANÇOIS CARDINAL
... ou tout simplement d'urbanisme ?
Le bulldozer de la modernité
Comment protéger l'environnement à travers chaque geste que
nous pouvons poser dans notre vie de tous les jours ?...
Rénover
les maisons serait plus rentable que de rénover Gentilly-2
The Gazette's View: An autumn resolution: Leave the car at
home
The green roofs of Montreal
The use and abuse of air conditioning - Globe editorial
Récupération
Common
sense
and
rare
earths
Initiatives vertes
Problèmes
environnementaux? Solutions vertes!
Et si le réchauffement climatique n'était qu'un
mythe ?...
Quand les climatologues appellent l'État à la rescousse
Une
pétrolière à la base de la machine climato-sceptique
The
science
isn't
settled.
Now
what?
La
science du climat désavouée... - François Cardinal
Le
«Climategate» sous enquête
Un
livre
torride
pour
le
patron
des
experts
de
l'ONU
The
great
global
warming
collapse
GIEC:
les limbes - Mario Roy
GIEC:
après les fleurs, le pot - François Cardinal
Climat
de méfiance - Ariane Krol
Moins
de pollution, plus d’effet de serre
... ou peut-être pas vraiment, quoi qu'on puisse en dire,
justement ?...
Coverup
caused the heat in Climategate scandal
La
Terre n'est pas plate
Climate-change
skeptics have it wrong, memo to minister says
Climategate: les scientifiques blanchis par une
enquête indépendante
Your
square-jawed
hero
is,
in
fact,
the
scientist
Une
arnaque, le réchauffement? - François Cardinal
La
Maison-Blanche ridiculise le «Climategate»
Mais cela signifie-t-il pour autant que le discours
environnemental n'aie pas besoin d'ajustements ?...
Climate panel needs some fine tuning
Coverup
caused the heat in Climategate scandal
Les
leçons
d'un
«scandale»
-
François Cardinal
Changements
climatiques - L'ONU fait valider les méthodes du GIEC
L'ONU
place le GIEC sous surveillance
Faut-il
changer le GIEC?
Évolution
du climat - Le GIEC est invité à se réformer pour
restaurer la confiance
Revenir à la science - André Pratte
Et par ailleurs, ces pauvres climato-spectiques
méritent-ils vraiment qu'on leur prête la moindre
attention ?...
Le nouvel ami des climato-sceptiques: Koch
Une
pétrolière à la base de la machine climato-sceptique
Climat:
la dissidence muselée
Et surtout, les excès du discours environnemental
justifient-t-ils pour autant que l'on prête moins
d'importance à la menace climatique qu'elle ne peut pourtant
en demander ?...
Sure,
worry
about
climate
change
–
but
not
too
much
-
Bjørn
Lomborg
Voir aussi
DES ACTIONS CONTRE LA CHALEUR URBAINE
Voir aussi CONSOMMATION
RESPONSABLE
|
Temps
de dégradation des produits courants
CO2,
climate and the case for wooden skyscrapers
Analyse - L'après-Copenhague
s'annonce laborieux
Près d'une espèce marine sur trois est
en voie de disparition - Poissons et crustacés
disparaîtront du menu d'ici 45 ans
Fruits et légumes
- Le Canada se montrera plus souple au sujet des
résidus de pesticides
- Fabien Deglise
THE GAZETTE
GLOBE AND MAIL
***
L'ACTUALITÉ
Quand passer à l'auto verte ?
Vivre sans pétrole
Du courant sur mesure
Le délire du «
Climategate »
AUTRES
LETTRE OUVERTE
COLLECTIVE pour la récupération des déchets électroniques
L'Internationalisation
de
l'Amazonie...
|
Common
Eco-Myth: Wind Turbines Kill Birds
Wind turbines taking toll on birds
of prey
PUTTING WIND POWER'S EFFECT
ON BIRDS IN PERSPECTIVE
What Kills Birds?
Total mercury and methylmercury levels in fish from
hydroelectric reservoirs in Tanzania
Issue of Mercury for Hydro-Québec
Fish mercury increase in Lago Manso, a new hydroelectric
reservoir in tropical Brazil
Chapter
5 - Potential Methyl Mercury Contamination in the Three
Gorges Reservoir
Methylmercury
Methylmercury poisoning
Offensive
pour les véhicules électriques - Québec tente de faire
oublier ses échecs
ZENN
electric car is Dead and EEStor’s EESU is Nowhere to be
Seen
ZENN Electric Car
ZENN Electric Car
ZENN Electric Car
Feed-in tariff
|
|
Une mesure essentielle - Nathalie de
Marcellis-Warrin & Mathieu Laberge
Sans système
de prix comme solution environnementale, le sommet de
Copenhague est voué à l’échec
Les auteurs sont respectivement professeure à l’École
polytechnique et vice-présidente Risque et Développement
durable CIRANO, et économiste et directeur de projet CIRANO.
Nul ne doute que d’ici la clôture du sommet de Copenhague, le
18 décembre, les leaders mondiaux prendront de nombreux
engagements en faveur de l’environnement et contre les
changements climatiques. Or, comme l’ont démontré les suites
du protocole de Kyoto, en l’absence d’unanimité sur les moyens
à prendre, le résultat obtenu est souvent loin des
engagements. Si l’on souhaite passer de la parole aux actes,
il faudra cette fois-ci utiliser les systèmes de prix comme
solution environnementale.
Il existe deux moyens pour intégrer le coût de la pollution
dans les prix auxquels les entreprises et les consommateurs
font face. Le gouvernement pourrait contraindre les
entreprises à acheter des crédits de carbone en imposant par
voie réglementaire la « carboneutralité » à leur processus de
production. Alternativement, il pourrait percevoir une taxe
sur les émissions polluantes. Les recettes de cette taxe
serviraient à acheter des crédits de carbone.
Chaque approche a ses forces et ses faiblesses. Néanmoins,
dans les deux cas, l’effet est le même: la demande pour les
crédits de carbone augmenterait, ce qui aurait pour effet d’en
augmenter le prix sur les marchés internationaux. Cela
inciterait les entreprises à choisir des modes de production
qui respectent l’environnement afin de minimiser la hausse de
leurs coûts de production liée à l’achat de droits de polluer.
Ces mécanismes de prix rendraient donc les alternatives
écologiques plus attrayantes pour les entreprises.
Puisqu’ils
sont les utilisateurs finaux des matières polluantes qui
entrent dans la composition de leurs biens, les consommateurs
auront nécessairement à assumer une part de ce coût
supplémentaire. Cette hausse de prix les encouragerait
cependant à modifier leurs choix de consommation vers des
produits ou des modes de production plus écologiques. Les
entreprises seraient conséquemment incitées à offrir des
produits qui répondent aux attentes de leurs clients, tant en
matière de prix que de rendement environnemental. D’un cercle
vicieux de la dépendance aux modes de production polluants, on
passerait ainsi à un cercle vertueux de la responsabilité
environnementale.
Àl’égard de l’impact environnemental des mécanismes de prix,
Copenhague semble être l’occasion d’apprendre des
Sans changement dans le prix des matières polluantes et sans
l’internalisation des coûts de pollution, il y a fort à parier
qu’il n’y aura pas de changement dans le comportement des
entreprises et des consommateurs. Espérons donc que Copenhague
sera un Kyoto où l’unanimité régnera et où ce qui manquait
dans le protocole précédent sera inclus dans la nouvelle
entente : l’utilisation du système de prix comme mesure
d’incitation le plus efficace pour réaliser des engagements
environnementaux audacieux.
CE SOMMETSUR LE CLIMAT EST CRUCIAL.MAIS POURQUOI, DÉJÀ
? - François Cardinal
La Conférence de
l’ONU sur le climat s’ouvre aujourd’hui, à Copenhague.
Grand-messe internationale sur l’état de la planète, ce sommet
est plus important que la plupart de ceux qui l’ont précédé. Il
réunira des représentants et des dirigeants de 200 pays, qui
tenteront d’élaborer un nouveau traité pour remplacer Kyoto.
Mais avant de se demander à quoi ressemblerait un tel traité,
posons-nous la question: pourquoi, au juste, tenir
un tel sommet?
La conférence deCopenhague, qui
se déroule jusqu’au 18 décembre, a pour but de créer un protocole
qui succédera à celui de Kyoto. Ce programme, ratifié par 175
pays, prend fin en 2012. Le nouvel accord international devrait
couvrir la période 2013-2017. Les participants doivent en arriver
à un accord international de lutte contre le réchauffement
climatique.
Chine Les crédits de carbone contribuent aux
projets verts
KUNMING — P r
oduire de l’électricité grâce à des éoliennes, des petits
barrages ou du biogaz issu d’une décharge : dans la province
du Yunnan, comme dans le reste de la Chine, les crédits de
carbone ont contribué à l’éclosion d’une myriade de projets «
verts ».
Le marché international de projets permet aux industries des
pays du Nord d’« effacer » une partie de leurs émissions de
gaz à effet de serre en investissant dans des projets «
propres » au Sud.
Il est considéré comme l’une des principales avancées du
protocole de Kyoto auquel le sommet de Copenhague, en
décembre, devra donner une suite pour tenter d’enrayer le
réchauffement de la planète.
La Chine, premier émetteur mondial de CO , est aujourd’hui, de
très loin, le premier utilisateur de ces « Mécanismes de
développement propre » ( MDP) : elle représente plus d’un
tiers des quelque 1900 projets enregistrés auprès de l’ONU,
loin devant l’ I nde et le Brésil, et fournit près de 60 % de
l’offre mondiale de crédits de carbone.
Les quelque 6
millions d’habitants de Kunming, capitale de la province,
génèrent chaque jour 3500 tonnes d’ordures ménagères,
réparties dans deux décharges. Sur l’une d’elles, dans
l’attente de la réalisation d’une usine d’incinération, une
unité de méthanisation qui permet de produire de l’électricité
a vu le jour.
Cette unité, dont la construction a coûté 15 millions de y
uans ( environ 2 , 4 millions CAN), doit permettre d’éviter
chaque année l’émission dans l’atmosphère de 64 000 tonnes de
CO . Ces réductions sont traduites en autant de crédits de
carbone qu’une entreprise italienne s’est engagée à racheter.
Pour l a seule province du Yunnan, une vingtaine de projets,
majoritairement hydrauliques, ont déjà été approuvés par
l’ONU, près de 200 autres sont en attente.
L’engouement est réel, mais la Chine, dont les réserves de
change dépassent 2000 milliards US, est-elle vraiment le pays
qui a le plus besoin des MDP – et de la manne financière
qu’ils représentent – pour assurer sa transition vers une
économie moins « carbonée » ?
« Le mécanisme reste bien sûr à améliorer, mais il fonctionne
: les règles du jeu sont les mêmes pour tout le monde et
l’exemple chinois peut être utile à d’autres pays », estime
Yan Tang, chargée de projet au sein de l’Agence française de
développement (AFD), qui soutient, par des prêts, des projets
MDP en Chine tels qu’une ferme éolienne à Dali, dans le Yunnan
également.
Protectionnisme
environnemental - Mathieu Perrault
Dumping environnemental
«Nous devrions envisager des frais de douanes.» Le projet de loi sur
les émissions de gaz à effet de serre qui est présentement envisagé
par le Sénat américain envisage d'ériger des barrières aux
marchandises produites dans les pays qui ne font pas leur part dans
la lutte à l'effet de serre -en d'autres mots, les pays en voie de
développement qui exportent des marchandises vers les pays riches.
Cette lutte au « dumping environnemental» pourrait compliquer les
négociations de Copenhague, selon The Economist.
La pollution visuelle devrait-elle être prise en compte dans les
projets d'énergie éolienne ou solaire? Faites-nous part de vos
commentaire.
Oui à la taxe verte - Florence Junca
-Adenot
Où est le plan
directeur régional intégré aux résultats conformes à la cible
de réduction des GES?
L’auteure est directrice du Forum Urba 2015 au département
d’études urbaines et touristiques de l’UQAM. Elle a été
présidente de l’Agence métropolitaine de transport de 1996 à
2003. Selon les experts du Groupe d’experts
intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), en
l’absence d’actions, le réchauffement climatique
représenterait quatre degrés additionnels d’ici 2100, un seuil
insupportable pour l’humanité. Pour le limiter à deux degrés,
les émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES)
devraient être réduites de 50% d’ici 2050 (25% d’ici 2020),
par rapport à 1990.
En prévision de la conférence de Copenhague, la ministre Line
Beauchamp tient une consultation du 22 octobre au 4 novembre
sur la cible de réduction des GES. Elle propose une taxe verte
sur l’essence, pour financer les mesures québécoises, variant
de 3,7¢ à 12,7¢, selon la cible.
Les milieux urbains québécois sont concernés. Le transport est
le principal émetteur de GES au Québec. Il dépend à 99% du
pétrole. En 2006, il fournissait 40% des GES, l’industrie,
33,5%, et le bâtiment, 12,5%. Le consensus existe sur la
nécessité d’agir. En cette période électorale, quels
engagements résoudront et financeront cet incontournable
problème de société?
En transport,
pour lutter contre les changements climatiques, il faut
accroître massivement les transports collectifs et actifs,
diminuer le nombre d’autos, utiliser des énergies propres,
revoir le transport des marchandises, limiter la capacité
routière, densifier les villes. Cet enjeu est fondamental pour
les villes et les gouvernements, pour protéger
l’environnement, la qualité de vie urbaine, la santé,
l’économie, l’équité sociale, la sécurité. Pour l’industrie et
l’immobilier, l’efficacité énergétique est ciblée.
La taxe verte proposée par la ministre est un choix avisé pour
les transports. Le prix du litre d’essence a cru de 60¢ (2001)
à 1,22$ (2008), sans que sa consommation ne chute. Cela a
profité aux pétrolières et non aux alternatives à l’auto solo.
Une taxe sur l’essence, pour être acceptable, doit alimenter
un fonds dédié aux mesures à implanter pour atteindre la cible
de GES en transport. Elle est équitable, car les véhicules y
contribuent, proportionnellement à leur consommation
d’essence, et incite à la réduire. Les automobilistes en
bénéficient, car l’usage des transports collectifs augmente.
La société gagne en développant l’économie québécoise des
transports avancés, un milieu de vie plus sain, une qualité de
vie pour l’avenir. La Colombie-Britannique affecte une taxe de
12¢ aux transports collectifs.
Pour la région montréalaise, baisser de 20% les GES d’ici
2020, signifie de réduire les kilomètres en auto solo de 5% à
7% annuellement. Les transports collectifs ne peuvent y
arriver seuls. En plus d’encourager financièrement la STM à
augmenter son achalandage, il faut aussi lutter contre les
îlots de chaleur, diminuer le nombre d’autos de 15%,
électrifier les transports, remplacer les combustibles
fossiles, revoir le camionnage, réorganiser les villes,
verdir, enlever des stationnements, du béton, de l’asphalte,
inciter les entreprises, penser aux mesures fiscales.

Depuis la création de l’AMT, en 1996, une taxe verte de 1,5¢
par litre est affectée aux transports collectifs. Elle a
généré 52 millions en 2008. Neuf cents rapporteraient 312
millions pour implanter les mesures en transport. Le système
de perception existe. Où est le plan directeur régional
intégré, aux mesures priorisées, aux échéanciers rigoureux,
aux résultats conformes à la cible de GES? Quels sont les
engagements des candidats aux élections? Pourquoi ne pas lier
l’octroi des permis de construction et des subventions
gouvernementales à leur contribution à réduire les GES de 20%
d’ici 2020? Quelle exemplarité par les administrations
publiques ? Ce projet collectif nécessaire est stimulant. La
taxe sur l’essence est sur la table. Le péage routier en
serait la solution de rechange. L’urgence est d’agir.
Une « taxe » de 3,7 à 12,7 cents sur le litre d’essence est
envisagée - Tommy Chouinard
QUÉBEC — Le
gouvernement Charest veut adopter bientôt une cible «
ambitieuse » de réduction des émissions de gaz à effet de
serre (GES) d’ici 2 02 0 : entre 10 % et 20 % par rapport au
niveau de 1990. Pour l’atteindre, il entend notamment hausser
la taxe verte sur l’essence et les autres hydrocarbures.
PHOTO LA PRESSE
Un ménage ayant un seul véhicule et
utilisant le chauffage électrique paierait en 2020 entre 75
$ et 255 $ de plus par année qu’à l’heure actuelle si le
plan de Québec entre en vigueur.
Cette hausse et le coût des futurs droits d’émission de GES
des entreprises feraient grimper le prix de l’essence de 3,7
cents, voire de 12,7 cents le litre selon la cible c hoisie, i
nd ique le do c ument de consultation rendu public hier par la
ministre de l’ Environnement, L ine Beauchamp.
« Le document est très clair. Nous indiquons quels sont les
prélèvements monétaires que nous voulons faire pour changer
les comportements », a-telle affirmé en conférence de presse.
« Plusieurs économistes, de façon indéniable, vont vous dire
que plus quelque chose coûte cher, plus on fait attention à
son utilisation. »
Line Beauchamp a annoncé la tenue d’une consultation publique
a fi n de f i xer la prochaine cible de réduction de GES pour
la période 2012-2020.
Québec est confiant d’atteindre en 2012 la cible prévue dans
le protocole de Kyoto, une réduction de 6 % par rapport à
1990. Les émissions de GES ont baissé de 4,7 % jusqu’à
maintenant.
Pou r l ’a p r è s - Kyo t o , la pér io de 2 01 2 -2 0 2 0 ,
L i ne Beauchamp propose de choisi r entre quatre cibles de
réduction des émissions de GES, toujours par rapport à 1990:
10 % (la cible du NordEst américain), 12 % (celle des États
américains et provinces membres du Western Climate I n
itiative), 15 % (la c ible adoptée par l’Ontario) ou 20 %
(l’objectif de l’ Union européenne). Les États-Unis ont une
cible de 18,5 % ; le Japon, 25 % ; le Royaume-Uni, 34 % ; la
Suède, 40 %.
Ottawa a fixé une cible « décevante » pour le pays, une
réduction de 3 % seulement, a souligné Line Beauchamp.
Son document
de consultation précise quelques mesures en vue d’atteindre la
prochaine cible. Québec augmenterait la redevance sur les
hydrocarbures, la taxe verte qui est fixée à 1 cent le litre à
l’heure actuelle. Il mise également sur la création d’un
système de plafonnement et d’échange de droits d’émission de
GES pour les entreprises. Avec ces mesures, Québec
engrangerait de 4,2 à 15,3 milliards de dollars de 2012 à
2020, selon la cible fixée.
Un ménage ayant un seul véhicule et utilisant le chauffage
électrique paierait en 2020 entre 75$ et 255$ de plus par
année qu’à l’heure actuelle – à moins de « changer ses
comportements», a noté Line Beauchamp. Pour un ménage avec
deux véhicules et chauffant sa maison au mazout, la facture
augmenterait de 237$ à 804$.
Pour atténuer les impacts et inciter les Québécois à changer
leu rs compor tements , Québec créerait des programmes d’aide
à l’utilisation de tech nologies vertes et des mesures en
matière d’efficacité énergétique, par exemple. Il investirait
davantage dans les transports collectifs.
Une réduction de 10% des émissions de GES ferait légèrement
augmenter le produit intérieur brut réel (0,04 %), alors que
le scénario de 20% se traduirait par une baisse de 0,16% (511
millions). La lutte contre les changements climatiques fera
croître le secteur des technologies vertes, ce qui aura un
effet bénéfique sur l’économie, a souligné Line Beauchamp.
La consultation publique se tiendra du 22 octobre au 4
novembre, en commission parlementaire.
L i ne B eauc h a mp veut annoncer la cible choisie avant la
tenue, en décembre, de la conférence de Copenhague, le sommet
international sur l’après-Kyoto. «À Copenhague, le Québec
pourra clairement se positionner comme un leader dans les
changements climatiques », a-t-elle affirmé.
L’é c olo g i s te S teven G u ilbeau lt , d’ Équ iter re,
demande au gouvernement d’adopter la cible de 20 %. « C’est
ça, une cible ambitieuse. On est tout à fait capables de
l’atteindre. Et je crois que ça permettrait au Québec de
continuer d’être un leader dans la lutte contre les
changements climatiques », a-t-il dit, soulignant le « manque
de sérieux » d’Ottawa dans ce dossier.
Pleins gaz sur la «nouvelle» taxe carbone de
Sarkozy
Sarkozy
relance son projet phare
PARIS — Le gouvernement français a relancé sa « taxe
carbone », fiscalité écologique voulue par Nicolas
Sarkozy, avec un nouveau dispositif présenté hier qui
prévoit cette fois de s’appliquer aux industries les plus
polluantes, comme l’exige le Conseil constitutionnel.
PHILIPPEWOJAZER,
REUTERS Nicolas
Sarkozy à bord d’une voiture électrique Renault,
avant-hier. Le président français a fait de la taxe
carbone une mesure emblématique de son engagement à
lutter contre les émissions de gaz à effet de serre.
L’institution, chargéedevérifier la conformité des lois
avec la Constitution, avait infligé fin décembre un revers
cinglant au président français en annulant son projet
phare au motif qu’il comportait trop d’exemptions pour les
gros pollueurs.
Nicolas Sarkozy a fait de cette taxe, censée inciter à
consommer des énergies vertes, une mesure emblématique de
son engagement à lutter contre les émissions de gaz à
effet de serre.
Le nouveau dispositif présenté hier en Conseil des
ministres par le ministre de l’Écologie Jean-Louis Borloo
conserve l’essentiel des dispositions initiales, notamment
pour les ménages.
Ils seront donc soumis à cette contribution à partir du
1er juillet, au lieu du 1er janvier, sur la base de 17
euros (25 $) la tonne de CO , comme
2 prévu. La taxe sera toutefois compensée, sous forme de
chèque vert ou de crédit d’impôt.
Exceptions
Certains
secteurs jugés « sensibles » continuent à bénéficier
d’exceptions : l’agriculture, la pêche, les transports
routiers.
Mais pour répondre au Conseil constitutionnel, le
gouvernement engagera à partir de février une concertation
sur les modalités d’une taxe carbone appliquée aux
entreprises les plus polluantes.
Cette concertation sera faite avec les industriels, les
syndicats, les organisations environnementales, a indiqué
Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, à l’issue du
Conseil des ministres.
Ces secteurs (sidérurgie, cimenterie, raffinerie, etc.) en
avaient été dispensés au motif qu’ils sont déjà concernés
par le système européen des quotas de CO, l’ETS (European
2 Trading System), qui couvre environ 40% des émissions de
CO de l’Union européenne.
2 Au moins jusqu’à fin 2012, les droits de polluer y sont
gratuits, ce qui induisait une inégalité avec de petites
entreprises qui, elles, seraient soumises à la taxe
carbone.
Cette fois, la taxe carbone s’appliquera aux entreprises
des secteurs soumis au système européen des quotas, «
jusqu’au 1er janvier 2013», indique le communiqué du
Conseil desministres.
Mais nombre de questions délicates restent à trancher, le
gouvernement évoquant «des dispositifs spécifiques» afin
de préserver la compétitivité des entreprises pour
«certains secteurs sensibles».
Taxe carbone: la France va de l’avant - Marc
Thibodeau
PARIS — La
France ira de l’avant avec l’imposition d’une taxe sur les
combustibles fossiles qui doit permettre, au dire du
gouvernement, de bâtir un « monde plus juste » en incitant
particuliers et entreprises à réduire leurs émissions de gaz à
effet de serre (GES).
PHOTO REUTERS
Le chef d’État français Nicolas
Sarkozy a précisé hier, lors d’une sortie attendue, les
principales dispositions d’une nouvelle « taxe carbone » qui
sera instaurée dès 2010.
Parlant d’une initiative « historique », le chef d’État
français Nicolas Sarkozy a précisé hier lors d’une sortie
attendue les principales dispositions d’une nouvelle « taxe
carbone » qui sera instaurée dès 2010.
« Notre monde est parvenu à un moment de vérité. Il faut
décider aujourd’hui si nous voulons créer un monde différent
d’avant la crise, plus respectueux de l’environnement... Cela
fait trop d’années qu’on repousse à demain les décisions qu’il
faut prendre maintenant en responsabilité », a déclaré le
président.
La taxe, inspirée d’une proposition de l’écologiste français
Nicolas Hulot, sera imposée directement sur le prix des
combustibles fossiles utilisés dans les transports et le
chauffage de bâtiments. Elle devrait se traduire par une
augmentation de l’ordre de quelques centimes d’euro du prix du
litre d’essence.
L’augmentation sera basée sur un prix par tonne de gaz
carbonique de 17€, qui doit être graduellement augmenté. Une
commission ayant planché sur le sujet avait recommandé au
gouvernement de considérer un prix initial de 32€ et de le
porter à 100€ d’ici 2030, mais le chef d’État français n’a
donné aucune indication précise hier sur la progressivité de
la mesure.
Les verts critiquent
Le parti des verts, qui appuie la taxe carbone, a prévenu à
plusieurs reprises qu’un prix trop bas n’aurait aucun effet
dissuasif sur les émissions de GES, alourdissant la facture
des familles pauvres sans « dissuader les comportements
énergivores » des familles riches.
Pour
l’instant, « on n’est pas dans une logique d’économie
d’énergie, on est dans une logique de recettes fiscales
supplémentaires », a déploré hier la secrétaire nationale de
la formation, Cécile Duflot.
Le Parti socialiste avait aussi insisté au cours des derniers
jours sur la nécessité d’adopter un prix assez élevé pour
assurer un effet dissuasif. Hier, son porte-parole en matière
environnementale a décrit la formule retenue comme étant «
écologiquement inefficace » et « injuste ».
Le gouvernement assure de son côté que la nouvelle taxe ne
changera rien à ses rentrées fiscales. « Pas un centime n’ira
dans les coffres de l’État », a assuré un porte-parole il y a
quelques jours.
Forte résistance
Les familles devant acquitter la taxe par l’entremise de leurs
achats de combustibles fossiles recevront une réduction
d’impôts ou un « chèque vert » devant servir à l’achat de
biens et services respectueux de l’environnement. Les
entreprises devront aussi payer la taxe, sauf si elles sont
déjà soumises au système de quotas européens en vigueur pour
les grands pollueurs.
« Nous voulons vous aider à changer vos comportements », a
plaidé hier Nicolas Sarkozy, qui demande à ses concitoyens de
« se sentir concernés par l’enjeu ».
Il fait face à une forte résistance dans la population,
craintive de toute initiative susceptible de réduire son
pouvoir d’achat. Dans un récent sondage Ifop, 65% des Français
se disent contre la taxe. Même les membres du parti au
pouvoir, l’UMP, y sont majoritairement opposés.
L’initiative
française, qui reflète celle de la Suède, survient à quelques
mois du sommet de Copenhague, en décembre. Ce sommet doit
permettre de conclure une nouvelle entente de réduction des
gaz à effet de serre pour remplacer le protocole de Kyoto à
son expiration en 2012.
Revers cinglant pour Sarkozy
— Le
président français Nicolas Sarkozy a été durement attaqué
hier par l’opposition, au lendemain d’un désaveu cinglant
infligé par le Conseil constitutionnel qui a annulé son
projet emblématique de taxe carbone, à deux jours de son
entrée en vigueur.
Les Français devaient commencer le 1er janvier à payer
cette taxe destinée avant tout à modifier leurs habitudes
de consommation, en les incitant à se tourner vers les
énergies les moins polluantes. La mesure devait par
exemple se traduire par une hausse de 4 centimes d’euro du
litre d’essence.
Deux semaines après l’échec du sommet de Copenhague, cette
« révolution fiscale », selon les termes de Nicolas
Sarkozy, se voulait aussi la démonstration que la France
et son président restent à la pointe du combat pour
réduire les émissions de CO .
L’opposition socialiste, à l’origine de la saisine du
Conseil constitutionnel, s’est réjouie de la censure d’une
taxe « particulièrement injuste », en évoquant, comme sa
dirigeante Martine Aubry, un «fiasco» personnel pour le
président français.
Le leader centriste François Bayrou, de son côté, a jugé
que cet épisode était « une parfaite illustration de la
méthode de Nicolas Sarkozy ». « On gouverne par effets
d’annonce, sans réfléchir, de manière désordonnée, sans
prendre en compte les conséquences ni même le droit »,
a-t-il dit hier.
Le
gouvernement a fait savoir qu’il présenterait le 20
janvier un nouveau texte, car Nicolas Sarkozy reste « très
déterminé » à imposer la taxe carbone, a indiqué à l’AFP
la secrétaire d’État à l’Écologie, Chantal Jouanno.
Autant que la décision-surprise du Conseil
constitutionnel, rendue mardi soir, c’est son
argumentation qui est particulièrement sévère pour Nicolas
Sarkozy et son gouvernement.
Iniquité
Les juges ont estimé que la nouvelle taxe comportait
beaucoup trop d’exemptions pour certains secteurs
énergétiques et des pans entiers de l’industrie. Ces
dispenses sont « contraires à l’objectif de lutte contre
le réchauffement climatique », ont-ils asséné.
Cette taxe carbone ne devait viser que la consommation de
gaz, de pétrole et de charbon, mais pas l’électricité qui,
en France, est très majoritairement d’origine nucléaire.
Même minoritaire, l’électricité fournie par des centrales
thermiques était épargnée par le projet gouvernemental.
Le Conseil constitutionnel a estimé que « moins de la
moitié des émissions de gaz à effet de serre aurait été
soumise à la contribution carbone » et que « 93% des
émissions d’origine industrielle, hors carburant »
n’auraient pas été taxées. Il se serait agi, selon lui,
d’une rupture du principe d’égalité devant l’impôt.
Harper « très » satisfait, les écolos en colère
- François Cardinal & Malorie Beauchemin
« Il n’y a
rien de contraignant pour les États-Unis, pas de cibles de
réduction des émissions de gaz à effet de serre et pas de
date de plafonnement des émissions mondiales. »
– Steven Guilbeault
COPENHAGUE — Le premier ministre canadien, Stephen Harper,
a applaudi à la conclusion de l’entente de principe entre
les plus importants pays réunis à Copenhague. Elle répond
en tous points, selon lui, aux ambitions qu’avait le
Canada pour cette conférence i nternationale sur le
climat.
Le premier ministre du Canada,
Stephen Harper, a donné un point de presse hier soir à
Copenhague, pour saluer un accord qu’il estime réaliste.
En revanche, les écologistes se sont dits « très déçus »
de ce qu’ils ne considèrent même pas être une entente,
mais un document permettant aux pays de continuer à
contribuer au réchauffement planétaire.
« Il n’y a rien de contraignant pour les États-Unis, pas
de cibles de réduction des émissions de gaz à effet de
serre et pas de date de plafonnement des émissions
mondiales, a tonné Steven Gui lbeault , au nom du Réseau
action climat Canada, qui regroupe les principaux groupes
écologistes du pays.
Pour sa part, M. Harper a affirmé que cet accord est un
excellent outil pour lutter contre le dérèglement
climatique. « Nous sommes où nous désirions être, a-til
indiqué. Nous avons un accord qui atteint nos objectifs et
respecte nos intérêts, a dit le premier ministre en point
de presse en fin de soirée à Copenhague. Avec cet accord,
les cibles des différents pays seront des cibles
réalistes, pragmatiques et harmonisées, pas seulement avec
les objectifs environnementaux, mais aussi avec leurs
objectifs économiques. »
M. Harper
s’est réjoui que l’accord inclue les principaux émetteurs
de la planète, ce que le Canada revendiquait depuis des
années.
Cibles « respectées »
Les cibles que le gouvernement canadien a mises de l’avant
– une réduction de 20% des émissions de gaz à effet de
serre d’ici 2020, avec 2006 comme année de référence –
sont «respectées» dans ce nouveau traité, a-t-il ajouté.
« Si les Américains ne font rien, ça limitera
considérablement notre pouvoir d’agir. S’ils prennent des
mesures, c’est absolument essentiel qu’on agisse de
concert avec eux », a dit le premier ministre.
Son de cloche tout à fait opposé du côté des
environnementalistes, qui disent comprendre pourquoi M.
Harper est tout sourire. « Les compagnies pétrolières vont
être totalement avantagées par ce texte, a dit M.
Guilbeault. C’est extrêmement décevant. »
Pendant ce temps, au sommet...
LE CANADA « FOSSILISÉ »
Cancre
parmi les cancres. C’est ainsi que le regroupement des
écolos internationaux a justifié sa décision de remettre
au Canada le prix « Fossile de l’année », récompensant
le pays ayant le plus nui aux négociations en 2009.
Remis à la suite d’un vote, l’honneur a été décerné lors
d’une cérémonie à Oeksenhallen, au centre de la capitale
danoise, au rythme d’une chanson de Céline Dion tirée du
film Titanic.
«CHAOTIQUE »
Rencontre sans précédent de chefs d’État, la
conférence sur le climat a fait sourciller certains
d’entre eux, pour le moins. Les leaders étaient furieux
d’avoir à faire ce que leurs négociateurs font
habituellement pour eux, avant leur arrivée. Le président
russe, Dmitri Medvedev, a déploré « le mauvais niveau de
préparation des documents » que les leaders ont dû «
rédiger euxmêmes », selon son conseiller. La situation a
même rappelé au président brésilien, Luiz Inacio Lula da
Silva, ses années de syndicaliste. « Je n’ai jamais
assisté (en tant que président) à une rencontre aussi
chaotique », a-t-il indiqué en début de journée.
LES CHINOIS CHIPOTENT
La Chine a été l’objet de vives critiques, durant ce
sommet. Perçu comme intransigeant, Pékin était vu par
plusieurs comme l’un des principaux obstacles à une
entente ambitieuse. Anecdote révélatrice: les Chinois ont
exigé, au début du sommet, que le logo de la conférence
soit modifié pour mieux représenter les différents
courants de négociations. Hier encore, en clôture, la
délégation est revenue à la charge, prévenant le Mexique à
l’avance de l’importance du logo, l’année prochaine.
PAS DE PHOTO DE FAMILLE
Il s’agissait de la plus importante réunion de chefs
de gouvernement jamais tenue à l’extérieur du quartier
général de l’ONU à New York et, pourtant, elle n’aura pas
été immortalisée en image. La photo de groupe des 119
chefs d’État a en effet été annulée, hier midi, en raison
du piétinement des négociations. L’histoire ne dit pas si
les leaders craignaient d’être associés à un échec, encore
possible au milieu de la journée.
UNE OCCASION « RATÉE », DISENT LES DANOIS
Des milliers de personnes ont fêté hier soir en
musique sur la place de l’hôtel de ville de Copenhague la
fin du sommet mondial sur le climat, tentant d’oublier
cette « occasion ratée » de sauver le climat de la
planète. Sur le parvis de la mairie, décoré par un sapin
de Noël et un globe géant diffusant des images des
conséquences du dérèglement climatique, un orchestre rock
danois tentait de réchauffer la foule frigorifiée par une
température glaciale. Se faufilant dans la foule, deux
jeunes déguisés en ours blancs étaient dépités. « On a
perdu une chance historique de protéger notre climat de la
catastrophe dans les décennies à venir », estime l’un
deux, Nikolaï Brandt, un étudiant de 21 ans de Copenhague.
Venue fêter « malgré tout » la fin de la conférence, Ini
Melby estime pour sa part « qu’il ne faut pas perdre
courage, et qu’il faut continuer à se battre pour protéger
mère Nature qui n’a jamais été aussi menacée ».
Un projet d’accord émerge « Tout est encore
possible », estiment des groupes canadiens
sont
montrés une fois de plus déçus par l’attitude du Canada
dans les négociations. Ils ont indiqué que, jusqu’à
présent, le Canada recommandée par le groupe d’experts du
climat de l’ONU et de 25 à 40%.
PHOTO LUKE MACGREGOR,
REUTERS
Un ours polaire a pris forme à
Londres, à Trafalgar Square, le jour de l’ouverture du
sommet de Copenhague, sous la main du sculpteur Mark
Coreth. Cette pièce de glace, qui aura fondu à la fin
des négociations, symbolise la vie menacée des ours
polaires, dont le territoire se réduit de plus en plus
sous l’effet du réchauffement climatique.
« Le
Canada a dit qu’on avait besoin d’une approche canadiens)
n’ont pas négocié sur les changements climatiques. Est-ce
que le Canada est intéressé à ce qu’il y ait un accord à
Copenhague ? de Kyoto, qu’il a signé en 1997. Steven Gui
lbeault a accusé le gouvernement conservateur de ne pas se
soucier des « pénalités » économiques guettant les pays
qui ne respectent pas ces objectifs. Des conséquences
auxquel les le Canada ne fera pas face. avant la fin de la
période d’engagement, en 2012.
« C’est une chose dont les conservateurs ne parlent
jamais. Pourquoi ? Parce que ce sera le problème de
quelqu’un d’autre. Ce sera "après moi le déluge". »
Stockholm : "PÉAGE: UN SUCCÈS" - François
Cardinal
La ville
par qui le péage est redevenu tendance dans le monde se
réjouit de son initiative. Une récente étude révèle en effet
que les embouteillages ont baissé de 18 % à Stockholm, en
Suède, depuis la mise en place du réseau de péages urbains,
en 2005. Même qu’on a multiplié par trois le nombre de
voitures vertes, dont les propriétaires n’ont pas à
acquitter le péage, selon le quotidien Dagens Nyheter,
traduit par le Courrier international.
LE PÉAGE TIENT LA ROUTE - Paul
Daniel Muller
Il serait
normal que les usagers des autoroutes assument une plus
grande part du coût de leur réfection
Qui n’aime pas jouir d’un bon service public, tout en
refilant la factu re à l’ensemble des contribuables, y
compris à ceux qui ne s’en servent jamais ? « Tout le
monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde »,
ironisait déjà Frédéric Bastiat au XIXe siècle.
PHOTO ARCHIVES LA PRESE
CANADIENNE
Quiconque a emprunté une autoroute
à Toronto (notre photo), aux États-Unis ou en France l’a
constaté : là comme dans beaucoup de pays avancés, le
péage est courant.
Réunis ce week-end en conseil général, les militants du
Parti libéral du Québec se prononceront sur le principe de
réintroduire le péage sur les autoroutes. Voilà une bonne
idée dont l’heure est arrivée.
En 20 07, le gouvernement du Québec a lancé un programme
de réfection et de construction de routes et d’autoroutes
qui coûtera plus de 10 milliards de dollars sur cinq ans,
entièrement financé par endettement. Le service de cette
dette et les dépenses d’entretien courantes sont financés
par les utilisateurs de toutes les routes, par le
truchement de la taxe sur le carburant et des droits sur
les permis et les immatriculations. Mais aussi par
l’ensemble des contribuables par le biais des taxes et
impôts généraux.
Du côté des bénéfices, une autoroute en bon état profite à
trois catégories de citoyens. D’abord, à ses usagers, qui
peuvent se déplacer plus rapidement que par les routes
ordinaires. Puis à l’ensemble des automobilistes, en
réduisant la congestion sur les autres rues et routes. Et,
finalement, à la société tout entière, en favorisant le
commerce et l’investissement industriel.
Par
conséquent, une autoroute devrait aussi être financée par
trois sources de revenus provenant de ces mêmes
catégories, idéalement dans les mêmes proportions que les
bénéfices qu’ils en retirent. Or, l’usage des autoroutes
étant gratuit, les gens qui en profitent le plus sont
subventionnés par les deux autres catégories. Cette forme
de redistribution est injustifiée.
C’est pourquoi il est souhaitable que les usagers des
autoroutes assument une plus grande part du coût de leur
réfection. Quiconque a emprunté une autoroute aux
ÉtatsUnis, à Toronto ou en France l’a constaté : là comme
dans beaucoup de pays avancés, le péage est courant.
Il y a quelques années, le produit de la taxe sur le
carburant (1,6 milliard) et des droits sur les permis et
les immatriculations (670 millions) pouvait dépasser le
budget alloué aux routes provinciales. Mais avec le vaste
programme de réfection en cours, ce ne sera bientôt plus
vrai.
Lorsqu’ils ont été abolis au Québec en 1985, les péages
ralentissaient la circulation. Maintenant, avec les
systèmes électroniques, c’est plutôt le contraire : le
péage modulé selon l’heure ou le jour pousse une partie
des automobilistes et des camionneurs à prendre la route
en dehors des heures de pointe. Donc, avantage pour les
navetteurs : moins de congestion le matin et l’après-midi.
Vrai, un retour des péages équivaudrait à une nouvelle
forme de taxation. Certes, pour éliminer son déficit, le
gouvernement ne doit pas seulement taxer davantage, mais
aussi et surtout couper, quitte à passer quelques vaches
sacrées à l’abattoir. Mais cet argument valide ne doit pas
servir à bloquer une bonne idée. Le retour du péage tient
la route, indépendamment de l’état désastreux des finances
publiques.
La désertification coûte 1% de productivité
chaque année
BUENOS AIRES
— La désertification coûte 1% de productivité par an à
l’échelle mondiale, selon des experts réunis à Buenos Aires
pour une conférence internationale sur ce phénomène qui
menace deux milliards de personnes.
«La perte de productivité est de 1% par an à l’échelle
mondiale», a déclaré à la presse William Dar, l’un des
experts participant à la neuvième conférence de la
Convention des Nations unies pour la lutte contre la
désertification (UNCDD).
Une autre s c i enti f ique, Maria Laura Corso, a donné en
exemple une étude sur la province argentine de Catamarca (
Nord-Ouest), où «en 10 ans, les producteurs de piment ont
perdu 30% de leurs revenus à cause de l’avancée de la
désertification».
Ces experts estiment nécessaire une mesure régulière et
fiable du coût économique de la désertification afin de
sensibiliser les responsables et les amener à prendre des
mesures.
Pendant
cette conférence qui durera jusqu’au 2 octobre, près de 300
scientifiques se retrouvent pour conseiller l es pays s ur
la f açon de combattre la désertification et t rouver des i
ndicateurs communs.
La désertification affecte directement 200 millions de
personnes, selon l’ONU.
Jusqu’à deux milliards – un tiers de la population mondiale
– vivent dans des zones arides menacées, en Chine, en Inde,
au Pakistan, en Asie Centrale, au Moyen-Orient, dans une
grande partie de l’Afrique et en Amérique du Sud (Argentine,
Chili, Brésil).
L’UNCDD a été adoptée à Paris en juin 1994 et compte 193
pays signataires.
Une ville verte, qu’elle le veuille ou non -
MARIE-CLAUDE LORTIE
Jeff Rubin
n’a pas exactement le profil du militant grano vert du type
que l’on rencontre dans les manifestations de Greenpeace ou
aux marchés bios parrainés par Équiterre.
Pendant près de 20 ans, il a été économiste en chef à
Marchés mondiaux CIBC. Les cravates de banquier, il connaît.
Et pour lui, s’il y a un principe crucial pour comprendre le
fonctionnement de nos sociétés, c’est bien la loi du marché,
ce qui fait de lui, en théorie à tout le moins, quelqu’un de
pas mal plus proche de Milton Friedman que de Steven
Guilbault.
Pou r ta nt , savez-vous ce qu’il conseille aux candidats à
la mairie montréalaise ?
« Il y a deux choses à faire, absolu ment pr ior it a i res
», dit ce Torontois qui vient de publier Why Your World Is
About to Get a Whole Lot Smaller, chez Random House. « Il
faut investir dans les transports en commun et rezoner la
ville pour permettre une plus grande densité urbaine. »
Vous avez bien lu. Investir dans le réseau de bus-trainmétro
ou toute autre solution qui utilise le moins d’énergie
possible pour déplacer beaucoup de gens au travail tous les
jours.
Oh, et il faut aussi arrêter de dépenser dans la création de
voies de circulation automobile – ponts, échangeurs et
compagnie. Et, surtout, cesser de se dire qu’il faut suivre
les tendances des dernières décennies et prévoir toujours
plus d’autos sur nos grands boulevards et nos voies rapides.
« D ’ici 10
a ns, il y au ra 20 % de moins de voitures sur les routes »,
tranche-t-il sans hésiter. Pourquoi tout cela ? Selon
l’économ iste spécialisé en énergie, le prix du pétrole va
augmenter et augmenter encore, au point où l’essence
deviendra un produit de grand luxe. Peu importe les
soubresauts causés par les récessions ponctuelles, la
tendance lourde, à long terme, dit-il, est sans équivoque.
Les ressources n’étant pas infinies et l’offre étant donc
limitée devant une demande toujours en ex pa nsion , le pr i
x du pétrole ne pourra que croître et croître encore.
Les prix à trois chiffres d ’ava nt la ré ce s sion vont
revenir sous peu, affirme-t-il. C’est là qu’on s’en va,
qu’on le veuille ou non. Et ça va monter encore plus que les
prix qui nous ont tous fait disjoncter à l’été 2008.
Résultat : il va falloir commencer à réorganiser les villes
en se disant que : a) l’essence va coûter tellement cher que
les gens ne voudront ou pourront tout simplement plus
prendre leur auto, ce qui va exercer une pression énorme sur
les réseaux de transport collectifs. Et b) le transport des
biens va coûter tellement cher qu’on va vouloir rapprocher
des villes une bonne partie de leur production, que ce soit
pour la nourriture ou les autres objets.
Ce qu’il appelle l’« éco - nomie barista », celle de la
génération café-au-lait, où les villes sont essentiellement
consacrées aux idées et aux services, ne pourra plus tenir,
dit-il. Il y aura une totale réorganisation urbaine avec
beaucoup plus de production concrète. Pensez A merican
Apparel, le fabricant de vêtements en plein centre-ville de
Los Angeles… Pensez Seattle, avec ses poules dans les
jardins des quartiers résidentiels… Pensez toits verts où
l’on cultive des potagers…
« Oui, l’agriculture devrait faire partie des discussions
élec tora les mu n ic ipa les », affirme M. Rubin, qui croit
notamment au potentiel des fermes urbaines faites de serres
superposées.
Pour comprendre la ville de demain, explique l’économiste,
il faut se tourner vers les modèles européens, où l’on a
appris à fonctionner avec des prix énergétiques plus élevés
que les nôtres depuis toujours, où les réseaux de transports
en commun sont généralement beaucoup plus développés et
performants qu’en Amérique du Nord. « L’Irlande n’a pas
exploité l’éolien parce que tout le monde là-bas est vert.
C’est le marché qui l’y a poussée… » Même chose pour
l’expertise danoise du côté de la biomasse, née par
nécessité, ce pays n’ayant pas d’autres ressources
énergétiques naturelles.
Oh, et vous savez ce que M . Rubin voit aussi da ns sa boule
de cristal ?
Parce que faire venir notre ail de Chine et notre raisin du
Chili coûtera trop cher, il voit ces terres autour des
banlieues actuelles, ces champs le long des routes où
s’entassent tous les VUS de ceux qui font la routine
boulot-bouchon, eh bien il voit tout plein de ces terrains
redevenir de grands potagers. Et parfois il y voit une piste
cyclable, une piste de ski de fond – sport devenu moyen de
transport – et des rails de trains ultralégers,
ultrarapides, ultraéconomes, qui nous feront découvrir notre
monde redevenu tout petit d’une façon totalement nouvelle.
2 CRISES, 1 ÉCOTAXE - François
Cardinal
Pour renflouer la Régie des rentes, rien ne serait plus
approprié que l’imposition d’une écotaxe, estime le Groupe de
recherche appliquée en macroécologie (GRAME), un groupe
indépendant de chercheurs québécois. Dans le contexte de la
réflexion collective entamée par l’Assemblée nationale pour
s’assurer que la Régie des rentes puisse répondre aux besoins des
futurs retraités québécois, le GRAME propose d’emboîter le pas à
la France et à la Colombie-Britannique, qui entendent taxer les
émissions de carbone. Cela aurait un double effet: diminuer les
gaz à effet de serre et remplacer partiellement les cotisations
sociales destinées à financer les régimes de retraite québécois,
comme cela se fait déjà en Allemagne.
LE RÉFLEXE BOIS - FRANÇOIS
CARDINAL
Il y a certaines choses que l’on tient pour acquises. Le
bois, par exemple. Matériau noble par excellence, il est à peu
près inutilisé dans la construction commerciale et
institutionnelle. Or, contrairement au béton, le bois est non
seulement réutilisable, il est aussi recyclable, fait valoir un
tout nouveau regroupement, la Coalition bois. En outre, il permet
d’encapsuler les émissions de CO , voire de les réduire – quatre
fois moins de GES que le ciment, huit fois moins que l’acier. Qui
dit mieux ?
Arrêter les éoliennes par vent faible réduit de
60 % la mortalité des chauves-souris
Ne pas faire
fonctionner les éol ien nes en ca s de vent faible permet de
réduire de 60 % la mortalité des chauves-souris, sans pour
autant avoir une grande incidence sur la production d’énergie,
a expliqué hier à l’AFP un c herc heu r de l ’ U n iver sité
canadienne de Calgary.
Le professeur Robert Barclay, biologiste à l’ Université de
Calgary (Alberta), et une équipe de scientifiques avaient
averti, l’an dernier, qu’une hécatombe causée par la
multiplication d’éoliennes pourrait menacer les chauves-souris
d’extinction, ce qui aurait un impact notable sur l’écosystème
car ces animaux se nourrissent d’insectes nuisibles aux
récoltes.
La cause principale de la mort des chauves-souris à proximité
des éoliennes est le brusque changement de pression engendré
par la rotation des pales, avait conclu en 2008 l’équipe
canadienne.
« Nous avons donc essayé d’y remédier », a ajouté M. Barclay,
dont les conclusions sont publiées dans l’édition de septembre
de la revue scientifique américaine The Journal of Wildlife
Management.
En coopération avec TransAlta, entreprise spécialisée dans
cette énergie renouvelable, les scientifiques ont étudié le
comportement des petits animaux dans un champ de 39 éoliennes
situé à environ 200 km au sud de Calgary.
Leur période d’étude s’est étalée du 15 juillet au 30
septembre en 2006 et 2007, c’est-à-dire pendant la période de
migration de ces mammifères vers le Sud.
Ils ont
constaté que lorsque la vitesse du vent est faible, les
chauves-souris manifestent une activité accrue, mais sont
également plus susceptibles de mourir autour des éoliennes.
«C’est logique: ce sont des animaux assez petits qui ne volent
pas bien lorsqu’il y a beaucoup de vent», a dit le professeur
Barclay. Or, les éoliennes produisent «la plus grande part de
leur énergie lorsque le vent est fort, c’est-à-dire lorsque
les chauves-souris ne volent pas», a remarqué le biologiste.
En conséquence, les chercheurs ont porté la vitesse de vent
déclenchant le démarrage des pales de 4 m/s (14,4 km/h) à 5,5
m/s (19,8 km/h). «Nous avons comparé ces turbines
expérimentales à celles fonctionnant normalement : la
mortalité avait chuté de 60%», a expliqué M. Barclay.
Ces résultats sont d’autant plus encourageants que la nouvelle
vitesse de référence n’engendre «qu’une chute relativement
modeste de la production d’énergie», affirme-t-il.
Dans neuf cas sur dix, les chauves-souris trouvées mortes près
d’éoliennes montraient des signes d’hémorragie interne
provoquée par un traumatisme résultant apparemment d’une chute
soudaine de la pression de l’air, avaient conclu dans leur
étude précédente les chercheurs de Calgary.
Bien qu’ils soient pourvus d’une sorte de radar leur
permettant de détecter les objets alentour, tels les pales,
ces animaux ne peuvent pas anticiper les variations de
pression.
Des
icebergs se détachent de la plaque glaciaire de Wilkins
Des icebergs commencent à se détacher de
la grande plaque glaciaire de Wilkins, à la suite de la rupture
début avril d'un pont de glace reliant le continent Antarctique
à l'île Charcot, a rapporté mardi l'Agence spatiale européenne
(ESA).
«Les images satellite montrent que les
icebergs ont commencé à se détacher de la face Nord de la plaque
glaciaire de Wilkins, montrant que cette immense plaque a
commencé à devenir instable», selon le communiqué de l'ESA.
Les données satellitaires montrent que les premiers icebergs se
sont détachés de la plaque, qui mesure 16.000 km2, le 24 avril.
«Une estimation grossière laisse penser que 700 km2 de glace de
la plaque Wilkins ont été perdus», selon l'ESA.
Contrairement au pont de glace, dont la rupture avait été
rapide, la perte de morceaux de glace devrait durer plusieurs
semaines. Elle est le résultat de zones de fractures qui se sont
formées sur la plaque de Wilkins au cours des 15 dernières
années.
«Huit plaques glaciaires le long de la péninsule antarctique ont
montré des signes d'amenuisement au cours des dernières
décennies. Il ne fait aucun doute que ces changements sont
imputables au réchauffement climatique de la péninsule
antarctique, qui a été le plus rapide de l'hémisphère Sud», a
expliqué David Vaughan du British Antarctic Survey, cité par
l'ESA.
Selon ce scientifique, la plaque Wilkins va fournir un
«laboratoire vivant nous permettant de comprendre comment la
banquise répond au changement climatique».
Grâce à l'utilisation conjointe des données du satellite radar
TerraSAR-X et d'images du satellite Envisat, la communauté
scientifique dispose aujourd'hui d'outils inégalés pour observer
ce phénomène.
Al Gore plaide pour les glaces
L'ancien vice-président américain Al
Gore, héraut de la lutte contre le changement climatique, a
lancé mardi à Tromsoe (nord de la Norvège) un appel pour une
action rapide en vue d'empêcher la fonte des glaces qui risque
d'être irréversible.
Intervenant lors de la première conférence
jamais consacrée à la fonte des glaces, à quelques mois du
sommet de Copenhague sur le climat, M. Gore, prix Nobel de la
paix 2007, a affirmé que, faute de mobilisation, la banquise de
l'Arctique risque de disparaître pour toujours.
«La glace est importante pour l'éco-système de la Terre pour de
nombreuses raisons mais l'une d'elles est liée à sa capacité de
réfléchissement», a-t-il dit.
La banquise renvoie 90% des radiations solaires dans
l'atmosphère alors que les masses d'eau sombres qui la
remplacent lorsqu'elle recule absorbent la chaleur, ce qui a
pour effet d'amplifier le réchauffement climatique.
«Alors que (la glace) disparaît, nous devons garder à l'esprit
qu'elle ne reviendra que si nous agissons assez rapidement», a
expliqué M. Gore.
«Parce que si l'on continue à augmenter la température
terrestre, la chaleur se propagera aux profondeurs plus basses
de l'océan Arctique et il sera impossible que la glace
revienne», a-t-il précisé.
La fonte des glaces de l'Antarctique et du Groenland, qui n'a
pas été incluse dans les modèles du panel pour le climat (Giec)
colauréate avec Al Gore du Nobel, et celle des glaciers auront
des conséquences dramatiques, a-t-il ajouté, affirmant que
chaque élévation d'un mètre du niveau de la mer provoquait 100
millions de réfugiés climatiques.
De même, la fonte des neiges de l'Himalaya, communément baptisé
«le troisième pôle», entraînera dans un premier temps des
inondations, puis des sécheresses, pour 40% de la population
mondiale, qui dépend de cette source d'eau douce pour sa survie.
Après la conférence, un panel sera mis en place pour rédiger un
rapport destiné à sensibiliser les décideurs internationaux à la
question lors du sommet de Copenhague en décembre.
Gare au méthane - Jean-David
Therrien
Tôt ou tard,
il devancera le CO
2 comme principal gaz à effet de serre
Alors que la conférence de Copenhague arrive à pas de géant,
les leaders du monde se démènent pour définir leurs cibles
de réduction de gaz à effet de serre. Une bonne partie de
leur temps est consacrée à la star du moment, le CO mais,
pendant ce temps, son grand frère pestiféré, le méthane,
plane sous les radars. Pourtant, le méthane est un gaz à
effet de serre très puissant qui nécessite lui aussi une
cure d’amaigrissement, laquelle peut être administrée, en
partie, par le public.
Laissez-moi vous présenter le méthane, CH4 pour les intimes.
S’il est moins charismatique que le CO, c’est peut-être à
cause de ses origines modestes, comme les marais humides ou
les sphincters des animaux. C’est peut-être aussi à cause de
sa fâcheuse tendance à prendre feu. Néanmoins, qu’on en
parle ou pas, la quantité de méthane continue à augmenter
dans l’atmosphère à chaque instant.
Des lecteurs renseignés sont probablement en train de se
demander : « Et alors? Le méthane est seulement responsable
de 20% de l’augmentation des températures! C’est bien moins
que le CO ! », et je ne peux qu’acquiescer. Par contre,
saviez-vous, chers lecteurs érudits, que les émissions de
méthane s’accroissent à plus de deux fois le rythme du CO ?
Cela veut dire que tôt ou tard, le principal gaz à effet de
serre sera bien le méthane. Voilà pourquoi il doit être
surveillé dès maintenant.
S’il y avait une « école pour les gaz à effet de serre »,
ses professeurs diraient sûrement du méthane qu’il est un
élève instable. Il est si instable, d’ailleurs, que sa durée
de vie dans l’atmosphère n’est que de huit à 12 ans. Banal,
pas vrai? Faux! Bien qu’il ne se fasse pas de vieux os, le
méthane a quand même le potentiel d’être nuisible, car, une
fois devenu un vieux croulant, il ne va pas se cacher au
cimetière! Il s’oxyde et se transforme en vapeur d’eau et,
surtout, en CO ! Une fois sous cette forme, le méthane
entame une retraite pouvant durer plus de 400 000 ans. De
plus, durant la période où il est sous sa forme originale,
le méthane ne chôme pas: kilogramme pour kilogramme, son
effet sur le climat est environ 24 fois plus grand que celui
du dioxyde de carbone.
Alors, d’où
vient cet indésirable? Sommes-nous, comme membres d’une
société de consommation, responsables de sa prolifération?
La réponse est oui, à plusieurs niveaux. En conduisant nos
grosses autos et en éclairant nos maisons comme une plage,
nous causons l’aggravation de l’effet de serre, ce qui
engendre la fonte du pergélisol à plus haute latitude, et ce
pergélisol est aussi riche en méthane que l’eau est
mouillée.
Le riz est une autre cause de la production de méthane.
Puisque le riz est une plante semi-aquatique, sa production
requiert l’inondation de terres arables, pleines d’herbes et
de matière biologique. Or, pour les bactéries méthanogènes,
celles qui transforment le carbone des plantes en méthane,
ces terres sont l’équivalent de condos en Floride avec des
buffets à volonté à tous les coins de rue! Notre
consommation de riz est donc en partie responsable
l’augmentation des émissions de méthane dans l’atmosphère.
L’élaboration d’une nouvelle méthode de culture du riz
pourrait alors constituer une façon dont nous pourrions
couper l’herbe sous le pied de méthanobactéries. D’ici là,
il nous reste nos bonnes vieilles patates.
Bien sûr, on ne peut parler de méthane sans mentionner
l’élevage bovin. Cette activité à la base de la civilisation
est bien chère à nos papilles gustatives, mais elle coûte
aussi très cher à la planète. Avec plus de 1300 millions de
bovins élevés dans le monde, chacun d’eux expulsant plus de
65 kg de méthane par année dans l’atmosphère, l’industrie
derrière votre steak tartare d’hier soir produit environ le
tiers de toutes les émissions de méthane liées à l’activité
humaine. Alors, qu’attendons-nous pour réclamer l’arrivée du
« MacTofu » ?

Le méthane est un gaz dangereux et il doit donc être
contenu. Alors qu’un meilleur traitement des déchets et un
plus grand contrôle de son extraction sont du ressort des
braves gens qui iront socialiser derrière des portes closes
à Copenhague en décembre, certains gestes, comme changer sa
diète, sont du seul ressort du citoyen. Peutêtre, avec un
peu d’efforts, pourrons-nous baisser le thermostat
planétaire avant nos chefs?
L’ère stupide, ou comment l’humanité court à sa
perte - Mali Ilse Paquin
Qui est
Franny Armstrong ? La militante est devenue la championne de
l’environnement en GrandeBretagne. Son film The Age of
Stupid, un docufiction coup de poing, sera présenté en
première mondiale à New York le 21 septembre. Al Gore et
Michael Moore n’ont qu’à bien se tenir.
LONDRES — «Nous avons une mission majeure, comparable à
l’abolition de l’esclavage et à la conquête de l’espace. »
C’est avec ces paroles que Franny Armstrong mesure le rôle
de sa génération, qu’elle surnomme la «génération MTV».
Pour la réalisatrice de The Age of Stupid ( L’ère stupide),
l’homme est le premier être vivant à mener sa propre espèce
à l’extinction en toute connaissance de cause. «Nous n’avons
plus que quelques mois pour renverser la vapeur», dit la
femme de 35 ans, en entrevue téléphonique.
Sans cette verve, le film, fina ncé à même le g ra nd
public, n’aurait jamais vu le jour. Il sera pourtant
présenté le 21 septembre prochain dans 45 pays en simultané
à l’occasion de la première mondiale, écolo bien sûr, à New
York. L’ancien secrétaire général de l’ONU Kofi Annan et le
chanteur de Radiohead, Thom Yorke, y participeront.
Franny Armstrong n’aurait pu choisir meilleure date. Le
lendemain de la première, les dirigeants du monde se
réuniront au siège de l’ONU pour se préparer à la conférence
de Copenhague. Ce sommet, tenu en décembre, décidera de
l’après-Kyoto.
Style de vie suicidaire
Le docufiction, acclamé à sa sortie britannique en mars
dernier, se déroule en 2055 sur une Terre
post-apocalyptique. Le dernier survivant, interprété par
Pete Postlethwaite ( In the Name of the Father), regarde des
archives datant de 2008 et se demande pourquoi les humains
n’ont pas freiné le réchauffement climatique lorsqu’ils en
avaient l’occasion.
« C ’est com me voi r des gens tou rner en rond su r une
plage, hypnotisés par le s g r a i n s de s a ble s ou s
leurs pieds, alors qu’un tsunami fonce vers eux », dit le
personnage central.
Après The Inconvenient Truth d’Al Gore ( Une vérité qui
dérange en français), le monde avait-il besoin d’un autre
documentaire sur les changements climatiques? C’est comme
demander si un autre film sur la guerre était nécessaire,
répond-elle.
« J’étais
un peu nerveuse qua nd son fil m est sorti , admet-elle
enfin. Mais nos approches sont très différentes. Son film
aborde la question scientifique alors que le mien
s’intéresse aux conséquences humaines de notre style de vie
suicidaire. »
Un peu comme une Obama de l’environnement, Franny A rmstrong
a fina ncé son documentaire grâce à une collecte de fonds
populaire. Plus de 200 personnes et organisations ont acheté
des parts, pour une enveloppe totale de quelque 800 000 $
CAN.
La pasionaria est tombée dans la soupe du militantisme quand
elle était petite. Son père, le documentariste Peter
Armstrong, parcourait le monde pour la BBC. Sa mère
travaillait auprès des sans-abri de son quartier.
Ses deux films précédents, McLibel et Drowned Out, ont été
vus par 55 millions de personnes. Sa notoriété pourrait
bientôt rivaliser avec celles de Michael Moore et d’Al Gore
aux ÉtatsUnis, où The Age of Stupid sera distribué dans 440
salles.
En Grande-Bretagne, elle n’a plus besoin de présentation. En
mars dernier, elle a convaincu le ministre de
l’Environnement, Ed Miliband, de faire marche arrière sur un
projet de centrale au charbon.
Aussi, elle a lancé le 4 septembre la campagne 10:10, dont
l’objectif est d’inciter la population à baisser ses
émissions de CO de 10 % en 2010. Il s’agirait du seuil
critique pour éviter la catastrophe climatique. Déjà 20 000
personnes, écoles et entreprises britanniques ont promis de
le faire.
Comment diable fait-elle ? « Ces jours-ci, je me sens
coupable si je passe cinq minutes sans militer, dit-elle. Je
vais prendre une pause d’un an après la sortie du film. »
On n’y croit pas une seconde.
Les sables bitumineux canadiens, enjeu
électoral en Norvège
On vote en
Norvège, mais les résultats pourraient se faire sentir
jusqu’en Alberta.
PHOTOOEYVINDHAGEN, AGENCE
FRANCE-PRESSE
Les investissements d’une compagnie
norvégienne dans les sables bitumineux albertains
suscitent la controverse. C’est que le pays scandinave se
fait un devoir de développer les énergies vertes : par
exemple, la première éolienne flottante a été inaugurée au
début de l’été.
Les Norvégiens iront aux urnes lundi, et des partis qui ont
une chance réelle de gouverner veulent que la grande société
d’État Statoil se retire des sables bitumineux de la
province canadienne.
La compagnie, détenue aux deux tiers par le gouvernement
norvégien, a investi des milliards de dollars dans la
prospection pétrolière au nord de l’Alberta, et son
implication a fait l’objet de débats au cours de la campagne
électorale.
Statoil a déboursé 2,2 milliards en 2007 pour louer un
territoire à exploiter près de Fort McMurray. De grands
travaux sont même à moitié achevés, au dire de la compagnie.
Mais cet investissement est depuis longtemps controversé en
Norvège, un pays qui se vante de ses préoccupations
écologiques.
Gunnar Kvassheim, du Parti libéral de la Norvège, dit
clairement qu’il veut mettre fin au projet canadien, qu’il
qualifie de très mauvais pour l’environnement et qui ne doit
donc pas être cautionné par une compagnie dont son
gouvernement est le propriétaire principal.
Cinq des
sept partis politiques norvégiens, de même que le plus
important journal du pays, estiment que cet investissement
était une erreur.
Dans un éditorial publié le 30 août, Aftenposten écrit que
Statoil n’a pas à profiter du désengagement du Canada à
l’endroit du protocole de Kyoto, accusant Statoil et le
gouvernement de participer à « un déni de responsabilités
collectif ».
Rôle positif
Le grand patron de Statoil, Helge Lund, s’est porté à la
défense de sa compagnie vendredi dernier. Il a affirmé que
l’industrie des sables bitumineux est encore jeune, qu’elle
est appelée à s’améliorer grâce à la technologie et que sa
compagnie peut jouer un rôle positif au Canada.
Le premier ministre albertain, Ed Stelmach, a déclaré qu’il
n’était pas au courant de l’agitation politique en Norvège
au sujet des sables bitumineux.
Tout ce qu’il sait, a-t-il prétendu, c’est que l’économie
mondiale est en train de sortir de la crise, qu’on assiste à
un regain d’intérêt pour les ressources naturelles de sa
province et que les investisseurs voient l’Alberta comme un
merveilleux endroit où investir.
TOTAL SA Dans les sables bitumineux pour de bon
Malgré la chute
dramatique des prix du pétrole et la mauvaise réputation des
sables bitumineux sur le plan environnemental, Total SA s’est
installée en Alberta pour y rester. Le géant français du
pétrole, qui vient d’échouer dans sa tentative d’acheter UTS
Energy pour accroître sa présence dans les sables bitumineux,
croit que les énergies fossiles continueront de jouer un rôle
dominant dans un avenir prévisible. Le directeur général
Exploration et Production de Total SA, Yves-Louis
Darricarrère, a répondu aux questions de La Presse Affaires.
QEst-
ce que le prix actuel du pétrole menace la rentabilité de vos
projets albertains ? R Nous nous a pprêtons à investir de 15 à
20 milliards au Canada au cours des 10 à 15 prochaines années
pour produire 250 000 barils par jour avec ce qu’on a déjà. On
peut espérer que le projet Joslyn soit mis en production en
2016-2017 et être en production jusqu’en 2034-2035.
L’important n’est pas le prix actuel mais le prix futur.
QTotal
a-t-elle l ’ i ntention de faire d’autres acquisitions au
Canada? R On veut surtout développer nos investissements en
Alberta et construire une position qui soit solide, mais qui
soit durable. Total cherche partout des occasions de s’étendre
et de grandir. QLes
énergies renouvelables vous intéressent-elles ? R Notre
mission est d’approvisionner la planète en énergie, donc de
produire davantage de pétrole et de gaz. Toutes les prévisions
des experts concordent : en 2030, les énergies fossiles
représenteront encore 75 % des besoins en énergie. Par
conséquent, le pétrole et le gaz ont encore un rôle important
à jouer dans l’approvisionnement énergétique de la planète.
Total croit au pétrole. On ne peut pas être partout. QPensez-
vous qu’on
va manquer de pétrole ?
RNon. La demande va continuer à croître et l’offre aura du
mal à fournir, mais on ne manquera pas de pétrole. Ce sera
un vrai défi d’approvisionner la planète. Il faudra des
avancées technologiques et des sources d’approvisionnement
autres comme les sables bitumineux, qui sont les
hydrocarbures de l’avenir. Et les prix vont être plus
élevés. QL’industrie
des sables bitumineux a une image désastreuse en matière de
protection de l’environnement, et ce type de pétrole
pourrait être de plus en plus controversé à l’avenir. Est-ce
que ça vous inquiète ? R L’exploitation des sables
bitumineux comporte un certain nombre de défis que les
autorités concernées et les entreprises doivent régler. Je
pense en particulier aux émissions de gaz à effet de serre,
à l’utilisation de l’eau et du territoire. On trouvera des
réponses qui satisferont tout le monde. Il y a de grands
défis dans lesquels nous sommes prêts à nous investir. QLe
raffinage intéresse de moins en moins certaines des grandes
compagnies pétrolières intégrées. Est-ce que Total veut
réduire ses activités de raffinage ? R Ça dépend du marché.
Nous sommes le premier raf f ineur en Europe, où la demande
d’essence est en décroissance. Mais nous venons de lancer
avec Aramco ( Arabie Saoudite) un projet de raffinerie de
400 000 barils par jour à Dubaï. Donc, nous continuons de
nous développer dans le raffinage, dans les marchés en
pleine croissance comme les marchés asiatiques.
Grâce au pétrole - Sébastien Dumais
Le « triomphe
» de la banlieue qu’évoque André Pratte ( La Presse, 22
juillet) n’a été possible que parce que le prix du baril de
pétrole est ridiculement bas. Tout notre mode de vie, en
particulier celui en banlieue, est absolument dépendant du
pétrole, une source d’énergie à haut rendement que rien ne
peut remplacer en ce moment. Avec l’épuisement des réserves et
le retard que nous avons dans la mise en place de solutions de
rechange, le prix de l’or noir ne peut qu’augmenter. Cette
hausse rendra impossibles l’établissement et le maintien de
communautés de densité aussi faible que la banlieue. Ce «
triomphe » n’aura pas la vie bien longue.
Pour une
exploitation responsable - Satia Das
Le Canada
ferait preuve d’une grave irresponsabilité s’il abandonnait
les sables bitumineux
Les Canadiens ont de la difficulté à assumer leur statut de
superpuissance énergétique. Les sables bitumineux de
l’Alberta, qui constituent le plus grand gisement
d’hydrocarbures au monde, seraient considérés comme une
bénédiction par beaucoup de pays. Et pourtant, ici, un grand
nombre de citoyens les voient comme un fardeau.
PHOTOALAIN ROBERGE,
ARCHIVES LA PRESSE
Les progrès technologiques et
l’instauration de meilleures pratiques de production
d’énergie pourraient-ils permettre de transformer les
sables bitumineux de l’Alberta en « pétrole propre » ?
Nous avons eu honte quand une campagne de sensibilisation à
l’environnement, mise en oeuvre par des leaders comme
l’ancien vice-président américain Al Gore, a décrété que le
pétrole issu des sables bitumineux était du « pétrole sale
». Un rapport publié en 2008 qui prédit que l’exploitation
des sables bitumineux causera la mort de millions d’oiseaux
migrateurs a suscité l’intérêt du public et bénéficié d’une
grande couverture médiatique mondiale.
Nous ne pensons pas à faire valoir que les progrès
technologiques et l’instauration de meilleures pratiques de
production d’énergie pourraient permettre de transformer le
« pétrole sale » en « pétrole propre », ce qui exigerait la
mise en place d’une vision politique solide et d’un cadre
réglementaire rigoureux. Avec l’administration Obama qui
fait la promotion d’une énergie propre, les Albertains, en
tant que propriétaires des sables bitumineux, et tous les
Canadiens doivent désormais apprendre à mener le jeu. La
géologie les force à le faire, et ils ne peuvent fuir cette
responsabilité qui leur incombe.
Nous avons, en dehors de l’aspect géologique de la question,
une obligation morale à voir au développement responsable et
à l’intendance de cette richesse incroyable que représentent
les sables bitumineux. À mon avis, abandonner les sables
pétrolifères et arrêter leur exploitation serait faire
preuve d’une grave négligence.
Des voix
importantes se font entendre en Alberta et ailleurs au
Canada en faveur de la solution de facilité que
représenterait l’abandon du « pétrole sale ». Ce serait une
erreur à tous les points de vue. Nous pouvons utiliser
l’immense richesse que constituent les sables albertains
pour servir le bien commun. Nous pouvons l’utiliser pour
financer la transition vers une énergie de remplacement qui
s’appuierait sur une production plus écologique
d’hydrocarbures.
Il n’est pas du tout paradoxal de considérer que
l’exploitation durable d’une ressource qui génère des
émissions élevées de carbone puisse accélérer le
développement d’une économie basée sur des émissions
réduites de gaz carbonique. En effet, l’exploitation des
sables pétrolifères peut nous donner les moyens d’investir
dans la recherche et le développement ainsi que dans la mise
en place d’un avenir vert. Je ne considère pas que ma vision
de la situation aille à l’encontre de mes valeurs
écologiques.
Je crois, dans mon for intérieur, que l’arrogance et la
prétention démesurée de notre espèce nous portent à ne pas
respecter et à abimer la beauté de la nature. Par ailleurs,
j’apprécie le style de vie moderne qu’une économie de marché
remarquablement prospère rend possible. Et je sais que cette
économie repose en bonne partie sur la consommation de
combustibles fossiles, qui sont la principale source de gaz
à effet de serre. Existe-t-il une solution miracle qui me
permettrait de garder mon style de vie sans pour cela devoir
dépouiller la planète?
C’est la véritable question qu’il faut se poser. Elle est
d’autant plus pertinente pour nous, les Albertains, étant
donné que nous sommes les propriétaires – et intendants –
des sables bitumineux, le plus grand gisement
d’hydrocarbures au monde. Si nous ne veillons pas à
exploiter cette ressource de la façon la plus responsable et
durable qui soit, nous allons continuer, et même accélérer,
la production de gaz à effet de serre.
Moins de récoltes et des aliments trois fois plus
chers - Stéphanie Bérubé
L’a g r ic u
lt u re s ou f f re de s changements climatiques. En
première ligne. Surtout dans les pays où l’alimentation
repose encore sur une agriculture paysanne, en manque de
moyens techniques. Des intempéries peuvent ruiner des
récoltes en moi ns de deux.
Et des intempéries, il y en a de plus en plus. « Le réc hau
f fement cl i matique multiplie les tempêtes, augmente le
niveau de la mer, les vagues de chaleur et favorise les
épisodes de sécheresse et de pluie », a expliqué hier le
phytologue Bert Drake, du Centre de recherches sur
l’environnement Smithsonian. Le scientifique a participé à
la Conférence sur la sécurité alimentaire de l’ Université
McGill. À ses côtés, ses collègues sont arrivés au même
constat : cette température qui joue aux montagnes russes
n’aura pas le même effet dans l’hémisphère Nord, où se
trouvent des pays à l’agriculture très solide, que dans
l’hémisphère Sud, où se trouvent des pays en développement
qui n’ont pas les moyens d’adapter leurs cultures à de
nouvelles réalités climatiques.
« C’est difficile de parler d’adaptation dans certains pays
où la priorité est de trouver de la nourriture pour la
consommer immédiatement », a expliqué Bano Mehdi, du Centre
en gestion des ressources en eau de l’Université McGill.
S elon el le, le s c ha nge - ments climatiques vont
inévitablement exacerber le s différences entre le Nord et
Sud. D’autant plus que, dans cer t a i n s pays nord iq ue s
, au Canada notamment, un réchauffement de la planète peut
être plutôt favorable, sur le plan de l’agriculture.
Quelques degrés de plus peuvent allonger une saison de
récolte, ce qui n’est pas pour dépla i re au x c u ltivateu
rs . Alors que dans certains pays du Sud, des cultures sont
à leurs capacités ma ximales avec la température actuelle.
Plus de chaleur, a expliqué Bano Mehdi, mènera à une
diminution des rendements.
Si on
ajoute à cela des épisodes d’intempéries extrêmes, on se
retrouve avec des récoltes compromises. On n’a qu’à voir ce
qui se passe actuellement avec la canne à sucre. La
sécheresse indienne de l’été vient d’être suivie
d’inondations records dans certains États. Ces intempéries
du bout du monde ont fait bondir le prix du sucre jusqu’ici.
La température n’est pas plus clémente au Brésil : il a tant
plu que la récolte de canne s’annonce très mauvaise. Ces
deux pays produisent plus de la moitié du sucre consommé sur
la planète.
Le prix des aliments pourrait tripler
La semaine dernière, une étude de l’Institut de recherches
internationales sur les politiques alimentaires s’est aussi
intéressée aux conséquences du réchauffement c l i m at ique
s u r l ’a s s i e t t e . Celle d’ici, mais surtout celle
des pays en voie de développement. D’ici 40 ans, le prix des
aliments pourrait tripler, a conclu l’étude. Il sera à la
hausse, réchau f fement de la planète ou non, mais les c ha
ngements c l i mat iques a gg r averont la sit uation .
L’Institut américain calcule une hausse de 194 % pour les
prix du blé et de 121 % pour celui du riz. Les rendements de
ces deux cultures baisseront de 30 % et 15 %,
respectivement.
Cette équation laisserait 25 millions d’enfants mal nourris
de plus sur la planète en 2050.
Selon l’auteur de l’étude, Gérald Nelson, des
investissements en agriculture, dans des régions ciblées,
pourraient prévenir ce scénario catastrophe : « Il faut
investir dans la recherche agricole, l’amélioration de
l’irrigation et dans des routes rurales pour permettre aux
agriculteurs pauvres de mieux accéder aux marchés. »
Une planète à réinventer -
DAVID SUZUKI
Les générations futures nous jugeront sur nos efforts pour
rétablir notre équilibre avec la nature
Chaque jour,
la dette écologique s’accroît. Et elle ne pourra jamais être
remboursée.
L’auteur est cofondateur et président de la Fondation David
Suzuki (www. davidsuzuki. qc.ca). Lors d’une conférence que je
prononçais dans une école deMontréal le 20 mai, un enfant de
12 ans s’est levé et m’a demandé: « M. Suzuki, est-ce que
l’air et l’eau redeviendront purs un jour? »
Un grand frisson a traversé la salle. Évidemment, comme
scientifique, j’ai dû répondre que oui, la nature peut être
généreuse avec nous si nous en prenons soin, mais que les
espèces qui disparaissent ne reviendront jamais. Comme père et
bientôt grandpère, j’en avais simplement le coeur brisé.
Comment faire vivre le rêve de cet enfant? C’est la question
que je me pose en cette journée mondiale de l’environnement.
Que ça nous plaise ou non, notre génération, soit tous ceux
qui vivent en ce moment sur la planète, partageons une
responsabilité sans précédent dans l’histoire de l’humanité.
Nous sommes la première génération à avoir le pouvoir de
radicalement modifier la prospérité et la qualité de vie de
ceux qui viendront après nous.
Nous avons largement outrepassé la capacité de la planète à
nous fournir les ressources requises pour nous maintenir en
vie dans le futur. Nous vivons à crédit. Nous empruntons la
prospérité et la qualité de vie des générations à venir pour
combler nos désirs immédiats.
Chaque jour, la dette que nous laisserons aux prochaines
générations s’accroît. Ce que cette dette écologique a de
particulier cependant, c’est qu’elle ne pourra jamais être
remboursée. Une fois les ressources disparues, le climat
bouleversé, les sources d’approvisionnement en eau épuisées,
il n’y aura plus de retour en arrière possible. Cet enfant de
12 ans le sait déjà et c’est pour cela qu’il m’interpellait.
Je suis persuadé que les générations futures nous jugeront sur
les gestes que nous aurons portés pour rétablir notre
équilibre avec la nature, ou sur l’absence de ceux-ci.
Allons-nous pouvoir relever le défi de notre génération avec
cette même vision spéculative, irresponsable et cette tendance
à l’endettement et au gaspillage qui nous ont menés à la pire
crise économique depuis les années 30? Non, je ne pense pas.
Nous avons besoin d’une révolution. Puisque nous créons chaque
jour le monde de demain, il est l’heure de nous réinventer
nousmêmes et de réinventer notre relation avec la planète. Il
est l’heure de penser à la richesse véritable et à la qualité
de vie de nos enfants.
Comment s’y
prendre pour réinventer notre planète? Souvent, nous avons
l’impression qu’il est déjà trop tard. Mais il est en notre
pouvoir d’imaginer un monde nouveau et de convaincre ceux qui
nous entourent qu’un monde différent est possible. Il faut dès
aujourd’hui semer nos rêves pour rendre un autre monde
possible. Permettez-moi d’essayer. › Imaginez un monde où
chaque enfant pourrait se baigner dans le cours d’eau le plus
proche.
› Imaginez des quartiers où vous pourriez vous rendre à pied
au travail ou à l’école, revenir dîner à la maison et passer
plus de temps en famille.
› Imaginez des villes sans voitures, sans embouteillages, et
des rues transformées en jardins et en parcs.
› Imaginez une baisse du taux de cancer et aussi des maladies
respiratoires chez les enfants et les aînés parce que nous
avons cessé d’empoisonner notre environnement et nous-mêmes.
› Imaginez que toutes les maisons sont énergétiquement
autonomes et qu’il n’y ait nul besoin de construire de
gigantesques centrales électriques.
› Imaginez que nous valorisons nos ressources et ne produisons
plus de déchets.
Ce n’est ni de la science-fiction ni une utopie. Des
communautés un peu partout dans le monde réussissent déjà à
accomplir cela. Pourquoi ne pourrions-nous pas?
Nous avons déjà fait de grands pas depuis quelques années. Ce
n’est certainement pas suffisant, mais un vent de changement
souffle dans le monde. C’est ce qui me donne espoir. Avec un
peu d’effort, nous pouvons bientôt faire basculer le monde
dans une nouvelle ère.
Il ne
faut juste pas brûler tout ce qui reste !...
Pour éviter un réchauffement irréversible de la planète,
l’humanité doit consommer deux fois moins de carburants fossiles
qu’elle n’en a déjà brûlé. Telle est la conclusion d’une équipe de
chercheurs de l’Université d’Oxford, publiée dans la revue Nature.
La moitié des réserves initiales de 1000 milliards de tonnes de
pétrole, de gaz et de charbon a déjà été extraite depuis le début
de l’ère industrielle, vers 1750. Les chercheurs ont estimé que,
pour limiter le réchauffement à 2°C et éviter des changements
irréversibles, il ne faut pas brûler tout ce qui reste. En se
limitant à 250 des 500 milliards de tonnes restantes, on aurait
trois chances sur quatre de se retrouver avec un réchauffement
inférieur à 2 °C. Au rythme actuel, ces 250 milliards de tonnes de
carburants fossiles dureront à peine 20 ans.
Des « investissements importants » demandés au fédéral
- Philippe Mercure
Au moment où
Zenn Motor annonce qu’il cessera d’assembler ses petits
véhicules électriques à Saint-Jérôme, l’industrie demande au
gouvernement fédéral de faire des « investissements importants
» afin de positionner le Canada dans ce créneau industriel.
Une
conférence internationale sur les véhicules électriques et
hybrides se déroule cette semaine à Montréal. On peut voir
ici quelques véhicules présentés au complexe Desjardins.
Selon Mobilité électrique Canada, regroupement d’entreprises
et de chercheurs du secteur, plus d’un demi-million de
véhicules électriques rouleront sur les routes du pays d’ici
2018. Le groupe est catégorique : la proportion de contenu
canadien dans ces véhicules sera plus importante que dans nos
bonnes vieilles voitures à essence. Mais il faut que le
gouvernement fédéral bouge, entre autres en incitant les
consommateurs à choisir ces nouveaux véhicules.
« I l y a de grands programmes aux États-Unis, en Angleterre,
en Allemagne, en Espagne, en Italie, au Japon, partout. Il est
temps que le Canada se rattrape », a lancé hier à La Presse
Affaires Al Cormier, directeur général de Mobilité électrique
Canada, spécifiant que plusieurs provinces ont, elles, annoncé
des mesures d’encouragement pour l e s c onsommateurs qui
achètent des véhicules électriques.
« Le fédéral a beaucoup de programmes qui aident à la
recherche et à la commercialisation de nouveaux produits, a
ajouté M. Cormier. Mais pour les acheteurs, il manque quelque
chose. »
Le groupe a profité de la conférence i nternationale sur les
véhicules électriques et hybrides qui se déroule à Montréal
cette semaine pour proposer une « feuille de route » destinée
à s’assurer que le Canada prenne sa place dans cette industrie
qu’on promet en plein essor.
Au menu : i nvest i r dès maintenant dans les technologies et
dans un réseau pour recharger les voitures, faire le ménage
dans la réglementation pour s’assurer que le pays puisse
développer son industrie sans anicroche et former les
ingénieurs, chercheurs et mécaniciens pour qu’ils comprennent
bien les nouvelles technologies.
Les acteurs
de l’industrie i nterviewés par La Presse Affaires affirment
qu’il faut oublier le rêve de la voiture électrique
entièrement fabriquée au Québec qui viendrait concurrencer les
grands constructeurs américains ou asiatiques.
« C’est un grand mythe », dit Pierre Lavallée, directeur
principal du Centre national du transport avancé et
porteparole de la conférence qui se déroule actuellement à
Montréal.
« L’important, ce sont les pièces et composantes qui pourront
être fabriquées par diverses entreprises au Québec »,
renchérit M. Cormier, qui souligne aussi que de « grandes
opportunités » se dessineront dans la conversion de vieux
véhicules à essence en véhicules électriques.
C’est exactement dans cet esprit que Zenn Motor, de Toronto, a
annoncé la semaine dernière qu’elle cessera d’assembler ses
petits véhicules électriques à basse vitesse à Saint-Jérôme
pour se concentrer sur la fabrication de transmissions
électriques. À moins que l’entreprise ne t rouve un autre
usage aux installations de Saint-Jérôme, qui emploient 15
personnes, celles-ci fermeront donc en 2010.
« Nous en sommes venus à la conclusion qu’il serait mieu x d ’
a pprov i s i on ner tous les grands manufacturiers
automobiles avec notre transmission plutôt que de devenir un
manufacturier nous-mêmes », a expliqué hier Catherine
Scrimgeour, directrice des affaires publiques de Zenn.
L’entreprise cherche actuellement un endroit pour installer
son nouveau centre de R&D, mais Mme Scrimgeour a confirmé
hier que le Québec ne figure pas dans les plans. Le choix se
ferait plutôt entre le Michigan et l’Ontario.
Pour Pierre Lavallée, du Centre national de transport avancé,
la nouvelle est loin d’être un électrochoc. « On a souvent
décrit la Zenn comme l’embryon d’une i ndustrie de la voiture
électrique au Québec, alors que ce n’est pas le cas. On parle
d’un véhicule à basse vitesse – un petit produit dans une
petite industrie qui a certes sa pertinence, mais sans plus »,
dit-il.
La voiture électrique vole la vedette
FR ANCFORT —
Au s a l on automobile de Francfort, les grands constructeurs
multiplient les annonces et les présentations de voitures
électriques, une technologie qui vise désormais le grand
public, mais suscite encore des interrogations sur son modèle
économique.
Renault, en pointe dans ce domaine, a dévoilé hier devant la
presse quatre prototypes de véhicules électriques, préfigurant
sa future gamme, qui arrivera sur le marché à partir de 2011.
Mais d’autres constructeurs sont également dans la course. PSA
Peugeot Citroën a ainsi montré à Francfort le prototype de la
future petite Peugeot électrique attendue en octobre 2010, et
Volkswagen a présenté la version électrique du concept Up ! de
voiture urbaine.
Renault avec la Twizy, une toute petite citadine, l’utilitaire
Kangoo, et les berlines Zoe et Fluence, a voulu faire la
démonstration que la « percée » de la voiture électrique était
en marche et que la marque au losange entendait bien «
conduire le changement », selon l ’expression de son patron
Carlos Ghosn.
« C’est le bon moment pour les émissions zéro » et « ce qui
est en jeu n’est pas une réduction de 20 à 30% des émissions »
de CO , a-t-il lancé, en allusion à la baisse obtenue par les
systèmes hybrides, rivaux des électriques. Une voie que
Renault n’a pas retenue. Et il a bien insisté sur les
investissements en cours : plus de 4 milliards d’euros avec
son allié Nissan.
Renault table sur une part de marché de 10 % pour les
véhicules électriques à l’horizon 2020, mais cette prévision
n’est pas partagée par tous. Pour PSA, la fourchette se situe
plutôt en 2020 « entre 5 et 10% ».
Ce dernier a présenté à Francfort l a Peugeot Ion, f uture
petite voiture électrique de la marque au lion développée avec
Mitsubishi, qui sera suivie par une autre similaire pour
Citroën.
En outre, Peugeot a dévoilé un prototype de minivoiture quatre
places baptisé pour l’heure BB1 : « Ce n’est pas un concept en
l’air », a assuré le patron de PSA, Philippe Varin.
Volkswagen a
aussi évoqué « une nouvelle époque » en présentant le
prototype Up électrique, « une voiture de série telle qu’on
l’imaginait pour 2013 » , selon Ulrich Hackenerg, responsable
du développement. Un constructeur pionnier des technologies
hybrides comme Toyota a aussi en prévision la sortie d’un
petit véhicule électrique urbain pour 2012.
Mais le facteur prix reste un enjeu décisif pour le
développement de ces véhicules. Renault veut proposer ses
voitures électriques à un prix équivalent à celui d’un modèle
diesel équivalent, en séparant le coût de la batterie qui sera
louée.
Assez cher
Le véhicule électrique est « assez cher ». « Il faut trouver
le modèle économique où la voiture devient rentable », a
souligné Jean-Marc Gales , di r e c t eur général marques de
PSA Peugeot Citroën.
« Il faut voir l’équation complète avec le prix d’achat ou la
location, le coût d’usage et la valeur résiduelle du véhicule
après trois ans. »
Un modèle auquel réfléchit donc PSA, qui envisage de proposer
« une location très attrayante et des services additionnels »,
sans exclure toutefois la vente.
En outre, pour amorcer le mouvement, un constructeur comme
Renault table sur le soutien des gouvernements ou des
collectivités, avec des primes ou des commandes, ainsi que des
énergéticiens pour la mise en place de réseaux de
distribution, l’autre problème à régler.
À cet égard, le groupe français a annoncé un partenariat avec
le groupe énergétique allemand RWE pour développer l’usage de
bornes de recharge pour voitures électriques dès l’année
prochaine en Allemagne.
Et il a aussi dévoilé un accord avec l’entreprise Better
Place, partenaire de Renault en Israël et au Danemark, portant
sur la commercialisation de 100 000 Renault Fluence électrique
dans ces pays d’ici 2016.
L’électricité « faite maison » en Allemagne
BERLIN —
Remplacer deux centrales nucléaires par des générateurs à gaz
installés dans des caves de particuliers: c’est le pari lancé
la semaine dernière par le fournisseur allemand d’énergies
renouvelables Lichtblick, associé au constructeur automobile
Volkswagen.
PHOTO NIGEL TREBLIN, AFP
L’objectif est de vendre 100 000 «
mini-centrales », des générateurs fonctionnant au gaz
naturel installés dans les caves des maisons, pour produire
autant d’électricité que deux centrales nucléaires.
Lichtblick, dont le siège se trouve à Hambourg, dans le nord
du pays, concurrence les géants du secteur de l’énergie en
vendant de l’électricité issue de sources renouvelables à un
demi-million de clients pour l ’ i nsta nt . El l e veut
maintenant passer à la vitesse supérieure.
Son idée: vendre en masse des générateurs fonctionnant au gaz
naturel, capables à la fois de fournir la maisonnée en
chauffage et en eau chaude et de produire de l’électricité qui
serait injectée dans le réseau.
L’objectif de Lichtblick est de vendre 100 000 «
mini-centrales », pour produire autant d’électricité que deux
centrales nucléaires, soit 2000 mégawatt, alors que l’abandon
de l’énergie atomique par l’Allemagne pourrait être remis en
cause après les élections législatives du 27 septembre, au
grand dam des écologistes.
Ces générateurs sont « comme un banc de poissons: de
nombreuses petites unités constituent une grande communauté
performante qui génère une multitude d’électricité », explique
le patron de Lichtblick, Christian Frieg.
Le pari « est
tout à fait possible si le projet atteint la dimension prévue.
À titre de comparaison, rien que l’interdiction des ampoules à
incandescence équivaut à supprimer une centrale nucléaire »,
note pour l’AFP Claudia Kemfert, experte de l’institut de
recherche DIW.
Ces générateurs « sont bien plus écologiques que des centrales
à charbon puisqu’ils produisent beaucoup moins de CO . Mais
aussi plus écologiques que des centrales nucléaires, qui
produisent de la chaleur qui est gaspillée », poursuit-elle.
Les générateurs de Lichtblick ont un taux d’efficacité
énergétique estimé à 92%, selon le groupe. Ce taux est
généralement évalué à entre 40 et 50% pour les centrales
nucléaires, par exemple.
« Le plus écologique serait de faire tourner ces
mini-centrales au biogaz » plutôt qu’au gaz naturel, souligne
encore Mme Kemfert.
Si ces générateurs de chaleur et d’électricité ne sont pas une
nouveauté en euxmêmes, le projet de Lichtblick se distingue
car il prévoit que l’opérateur garde le contrôle de ces
petites centrales. Les particuliers devront verser 5000 € (
7900 $ CAN) pour que l a s ociété hambourgeoise installe chez
eux le générateur et le système de chauffage associé.
En contrepartie, ils paieront un tarif avantageux pour se
chauffer et recevront un « loyer » pour l’accueil du
générateur ainsi qu’une prime de fin d’année, calculée en
fonction du revenu tiré des ventes de l’électricité produite.
La Chine a un grand potentiel éolien
PÉKIN — La
Chine pourrait rédui re ses émissions de dioxyde de carbone de
30% au cours des deux prochaines décennies en utilisant
l’énergie éolienne pour couvrir la moitié de ses besoins en
électricité, souligne une étude américaine publiée dans la
revue Science.
Les besoins
énergétiques de la Chine devraient doubler d’ici 2030, mais le
pays pourrait raisonnablement en couvrir la moitié grâce à
l’éolien, selon la nouvelle étude, réalisée avec l’Université
Tsinghua à Pékin. Les chercheurs, qui ont utilisé des données
météorologiques pour évaluer le potentiel de l’éolien en
Chine, précisent également qu’il pourrait en théorie couvrir
l’ensemble des besoins énergétiques du plus gros émetteur de
CO au monde.
Le charbon fournit aujourd’hui 80% de l’électricité en Chine,
et des centaines de centrales au charbon sont construites
chaque année pour faire face à la demande. Mais Pékin investit
également massivement dans les énergies renouvelables. La
Chine se classe déjà au quatrième rang mondial en termes de
capacité installée pour l’éolien avec 12,2 gigawatts.
Le Japon vise une voiture électrique à 18 000 $
TOKYO — Une
société japonaise, créée le 20 août par un spécialiste des
voitures électriques, a indiqué hier que sa technologie unique
de châssis à roues motorisées permettra de produire un modèle
offrant une autonomie de 300 km à « moins de 1,5 million de
yens » (18 470$CAN) en 2013.
La jeune entreprise SIMDrive, fondée par le Pr Hiroshi Shimizu
de l’Université Keio et soutenue par divers partenaires et
personnalités du Japon, va mettre ses technologies, son
savoir-faire, ses compétences à la disposition des
constructeurs d’automobiles, équipementiers et fabricants de
moteurs qui le souhaitent.
En échange, ces derniers devront apporter leur propre
expérience industrielle et une contribution financière à la
poursuite des travaux nécessaires en vue de la production de
voitures électriques.
« Il s’agit d’un modèle de développement ouvert et coopératif
», a expliqué en conférence de presse à Tokyo le Pr Shimizu,
reconnu pour ses 30 années de recherche dans les voitures
électriques et concepteur de huit prototypes fonctionnels.
« Je suis certain que grâce à notre technologie, il sera
possible de développer une automobile qui, produite en masse,
coûtera moins de 1,5 million de yens », a-t-il poursuivi. Ce
tarif ne comprend pas la batterie qui serait payée séparément
en plusieurs échéances comme l’est actuellement l’essence en
fonction de la consommation, a-t-il précisé.
M. Shimizu a
conçu une plateforme radicalement différente de celles des
véhicules actuels. Au lieu d’être mues par un moteur central,
les roues sont unitairement motorisées, ce qui, selon le
co-développeur du concept, Takashi Takano, « permet de diviser
par deux l’énergie requise ».
La combinaison de quatre, six, huit ou douze roues de
différentes puissances rend le système adaptable à tout type
de véhicule, de la mini-voiture à deux places au bus, en
passant par les bolides de sport et les traditionnelles
berlines.
Selon M. Shimizu, il devrait être possible de monter des
carrosseries de modèles existants sur sa plateforme motorisée.
SIM-Drive, qui ne construira pas ni ne commercialisera de
voitures mais se contentera de fournir sa technologie et son
savoir-faire, espère s’entourer dans un premier temps de 20
sociétés avant d’en retenir un nombre inférieur pour les
accompagner dans la phase de production.
La nouvelle firme bénéficie pour l’heure d’un investissement
de la maison de négoce Marubenietdedeuxpartenaires motivés par
la cause environnementale: Gulliver International
(distributeur de voitures) et Nano-Optonics Energy (composants
électroniques).
SIM-Drive est présidée par Soichiro Fukutake, un
entrepreneur-mécène plusieurs fois primé dans le domaine
culturel, et conseillée par Nobuyuki Idei (ex-patron de Sony)
et Jun Murai (spécialiste des questions environnementales de
l’Université de Tokyo).
Une éolie n ne s’arrime à Mon t réal - FRANÇOIS
CARDINAL
L’a r r o n d i s
s e m e n t d e S a i n tL au re nt s e pré pa re e n e f fe t
à i n s t a l l e r , d a n s l e s s e m a i n e s à ve n i
r, u n e é ol ie n n e à t r oi s p a l e s h a u t e d e 9 m
d a n s u n pa r c sit ué à m i-c he m i n e nt re u n s e c t
e u r r é s i d e n t i e l e t u n s e c teu r i ndu s t r
iel .
L’a r
r o n d i s s e m e n t d e S a i n t-L a u r e n t i n s t
a l l e r a d a n s l e p a r c P h i l i p p e - L a h e u
r t e u n e é o l i e n n e h a u t e d e 9 m .
L’obj e c t i f n ’e s t pa s de c o pie r c e q u i s e fa it
en ré g ion , où le s é ol ien ne s me s u rent ent re 4 5 m (
M a t a ne e t C a p - C h a t) e t 6 0 m ( R i m o u s k i e
t M u r d o c hv i l le) , m a i s p l u t ô t d e s e c o n t
e n - t e r d ’ a l i m e n t e r l e s y s t è m e d ’é c l a
i r a ge du pa r c P h i l ipp e - L a h e u r t e , o ù l ’é
o l i e n n e s e r a é r i g é e . D ’ u n e p u i s s a n c
e d e 2 0 0 0 W , e l l e p r o d u i r a u n e c h a r ge d
’é c la i r a ge de q uelq ue 8 0 0 W.
C e l a s e r a s u f f i s a n t , c r o i t - on , p ou r fa
i re fon c t ion ne r le s l a m pa d a i r e s q u i é c l a
i r e n t le s s ent ie r s pié ton n ie r s e t le s pi s - t
e s c yc l a bl e s , l e s t e r r a i n s d e ten n i s , de
ba ske tba l l e t de s o c - cer a i n si q ue la toute ré
cente s c u l p t u r e d e l ’a r t i s t e C l a u d e M i l
le t te , i n aug u ré e c e t é té .
« À p l u s d e 3 0 p i e d s d e h a u t e u r , c ’e s t p r
o b a b l e m e n t l a p r e m i è r e é o l i e n n e d ’ u
n e t e l l e e n v e r g u r e à M o n t r é a l , s e réj ou
it le m a i re de l ’a r ron - d i s s e m e n t e t r e s p o
n s a bl e d e l ’ e n v i r o n n e m e n t a u c o m i t é e
xé c ut i f , A la n D e S ou s a . I l y a e n o u t re t r è
s p e u d ’e x p é r ie n c e s d ’é ol ien ne s en m i l ieu
u rba i n , c e s e r a d o n c u n pr oj e t-pi lo t e i nté
re s s a nt à s u iv re . »
L e p a r c P h i l i p p e - L a h e u r t e o c c u p e l a
p o r t i o n s u d d u p r o j e t d o m i c i l i a i r e N
o u ve a u - S a i nt-L au rent (autou r de s r ue s E r ne
st-H e m i ng way, C avend i sh e t R a y m o n d - L a s n i
e r ) . P o u r le m a i re de l ’a r r ond i s s e me nt , A
l a n D e S o u s a , c e t t e z o n e - t a m p o n e n t r
e r é s i d e n c e s e t i n d u s t r i e s e s t l ’e n d r
o i t i d é a l p o u r é r ige r u ne é ol ien ne .
« D a n s
la v ie , i l ne faut pa s a v o i r p e u r d e p r e n d r
e d e s r i s q u e s , i n d iq u e - t-i l . C e pr o - j
e t - p i l o t e n o u s p e r m e t t r a d e ré p ond re
à bien de s q ue s t ion s : e s t-c e u n out i l a ppr o
pr ié p ou r n o t r e c o m m u n a u t é ? E s t - c e q u
e l ’é n e r g i e p r o d u i t e s e r a s u f f i s a nte
p ou r a l i menter tou s le s la m pa d a i re s ? Q uel i
m pa c t au r a l ’é ol ien ne s u r le s oi s eau x e t le
s c h auve s - s ou r i s ? »
I l f
a u d r a a u s s i v o i r s ’ i l y a s u f f i s a m m e
n t d e v e n t . À L o n g ue u i l , d ’a i l le u r s , l
’a d m i - n i s t r a t io n G l a d u a d é c id é d e ne
pa s é r ige r d ’é ol ie n ne s s u r s o n t e r r i t o i
r e , f a u t e d e ve n t . C e t te dé c i sion a é té pr
i s e à la s u ite d ’u ne é t ude de q uelq ue 4 0 0 0 0 $
, dé c r ié e pa r le s m a ir e s d e l a R ive - S u d p o
u r s o n c a r a c tè re fa r felu .
À Sa
i nt-L au rent , le coût tota l du projet est éva lué à 37 0
0 0 $ , ma is l’a r rond issement ne pa iera q u ’ u n p e u
m o i n s d u t i e r s d e c e t t e s o m m e . L’e n t r
e p r i s e E n seig ne Va lois , « pa r tena i re » du
projet , pa iera le reste.
L e d
o c u m e n t d e p r é s e n - t a t i o n p r é c i s e q
u ’ u n d e s o bj e c t i f s d u pr oj e t e s t d e voi r
s ’ i l e s t p o s s i bl e d ’é r i g e r d e s é o l i e
n n e s d a n s « l ’ e n s e m - b l e d e s s i t e s p o
t e n t i e l s d e l ’a r r o n d i s s e m e n t ».
C e l
a d é p e n d d e l ’ a s p e c t t e c h n i q u e d u p r
o j e t d ’é n e r - g i e r e n o u ve l a bl e , m a i s a
u s s i d e s e s a s p e c t s . . . h u m a i n s . L a vo
l o n t é d e s é l u s p o u r r a i t b i e n s e h e u r
t e r à c e r t a i n s o b s t a c l e s d a n s c e t a r
r o n d i s - s e m e n t d é j à t o u c h é p a r l e s nu
i s a n c e s d e l ’a é r o p o r t e t d e c e r t a i n e
s i n d u s t r i e s , c o m m e le d é m o n t r e u n e
le t t r e pu bl ié e d a n s l a d e r n iè r e l iv r a i
s o n d e s N o u v e l l e s S a i n t -
L a u
r e n t . « N o t r e a r r o n d i s s e m e n t ve u t q u
e n o u s s e r v io n s d e c o b aye s p o u r u n p r o j
e t - p i l o t e d ’é o - l ie n n e , s e d é s ole s o n
au t e u r e , J o s e t t e L i n c o u r t . C e n ’ e s t
p a s a u x c o n t r i b u a bl e s q u ’o n v e u t f a i
r e p l a i s i r , m a i s a u x c o n s t r u c t e u r s
d ’ é o l i e n n e s . R é ve i l lo n s - n o u s , le s
éle c t io n s s ’e n v ie n n e n t ! »
L’Ontario donne un coup de pouce aux
acheteurs de voitures électriques... allant jusqu'à 10 000 $
!...
JUSQU’À 10 000$
« Nous croyons
que les incitatifs pour acheter et conduire des autos
électriques signifient plus d’emplois pour les travailleurs
ontariens et que c’est bon pour notre environnement. »
Le gouvernement ontarien a annoncé hier un programme pour offrir
aux acheteurs de voitures électriques des incitatifs pouvant
atteindre 10 000 $, de manière à rendre ces véhic ules plus ver
t s dava ntage accessibles aux consommateurs ordinaires.
Ce programme s’inscrit dans les efforts de la province pour sti
muler le secteur automobile, qui en arrache, et pour se
positionner à l’avant-plan de la technologie émergente.
« I l est évident que le secteur automobile se dirige par là, a
indiqué une source gouvernementale. L’Ontario veut être un
leader. Nous croyons que les incitatifs pour acheter et conduire
des autos électriques signifient plus d’emplois pour les
travailleurs ontariens et que c ’est bon pour notre
environnement. »
Le premier ministre ontarien Dalton McGuinty a fait l ’ a nnonce
du nouveau programme chez un concessionnaire Chevrolet à
Toronto, et il était accompagné du ministre ontarien des
Transports, Jim Bradley. La Chevrolet Volt, une voiture hybride
électrique de General Motors, devrait faire son apparition sur
les routes l’an prochain, mais elle coûtera jusqu’à 40 000 $ US.
On prévoit que les incitatifs ontariens seront disponibles l’an
prochain.
20% du parc
gouvernemental
Des sources ont aussi indiqué que le programme annoncé hier
contient une promesse que les voitures électriques formeront
20 % du parc gouvernemental d’ici 2020.
M. McGuinty avait souligné en janvier dernier que sa province
cherchait des moyens de hâter l’arrivée de voitures
électriques sur ses routes, ajoutant que l ’ Ontario souhaite
t i rer parti de la formidable demande des c onsommateurs de
véhicules plus ver t s au moment où l ’ i ndust r i e
ontarienne de l’auto, qui est mal en point, a du mal à se
transformer.
À la même occasion, le premier ministre ontarien avait soutenu
le projet de construction de stations de recharge de batteries
dans la province, et il avait applaudi la décision de la
société californienne Better Place de bâtir un centre de
démonstration d’auto et d’éducation à Toronto, de même que la
mise en place d’un bureau dans la ville.
Les États-Unis ont affecté environ 25 milliards US à la
recherche et au développement d’une technologie verte
appliquée au secteur automobile, alors que le Canada
n’investit que 500 000 $ dans ce domaine annuellement.
La révolution électrique ANDRÉ PRATTE
L’industrie
automobile mondiale est peut-être en voie de subir la
transformation la plus importante de son histoire depuis le
modèle T. Si, comme l’espèrent autant les fabricants que les
écologistes, les modèles hybrides se vendent de mieux en mieux
au cours des prochaines années, on assistera à l’abandon graduel
de l’essence comme principal carburant des véhicules routiers. I
l s’agirait de rien de moins qu’une révolution. Une révolution
dont les impacts seraient considérables sur l’environnement,
l’économie et la santé humaine.
Tout est en place pour que ce changement se produise. Les
fabricants planchent tous sur de nouveaux modèles hybrides
rechargeables, dont la Volt de GM qui sera en vente dès l’an
prochain. Les gouvernements financent à coups de milliards la
recherche sur ces technologies et l’achat de véhicules
électriques. Hier, le gouvernement ontarien a annoncé une
subvention pouvant atteindre 10 000$ aux automobilistes qui se
procureront un véhicule hybride rechargeable.
À quelle vitesse se fera la révolution électrique ? Le
gouvernement McGuinty vise à ce qu’en 2020, un véhicule à
passagers sur 20 soit alimenté à l’électricité. De son côté,
l’Energy Information Agency (EIA) prévoit qu’en 2030, 40% des
nouveaux véhicules légers vendus aux États-Unis utiliseront
l’une ou l’autre des technologies hybrides.
Pour tous ceux qui rêvent d’un monde moins pollué et d’une
solution à la crise des changements climatiques, ce scénario
fait rêver. Toutefois, il est loin d’être certain qu’il se
déroulera tel qu’espéré. En effet, les incertitudes
technologiques et économiques sont très nombreuses.
Les
manufacturiers devront notamment vaincre le scepticisme des
automobilistes au sujet de la fiabilité et de la performance
des nouvelles voitures qu’on leur propose. Les consommateurs
s’interrogent notamment sur l’autonomie des automobiles
électriques, qu’ils trouvent par ailleurs très chères.
En ce qui a trait à l’autonomie des véhicules rechargeables,
on ne sait encore quelle technologie s’imposera. L’entreprise
américaine Better Place installe dans plusieurs pays, entre
autres au Canada (à Toronto), de stations modèles de
remplacement des piles. Suivant ce concept, lorsque la
batterie est déchargée, l’automobiliste n’a qu’à la faire
remplacer dans une stationservice (selon Better Place, cela
prend moins de temps qu’il en faut pour faire un plein
d’essence). Est-ce la voie de l’avenir? Doit-on plutôt espérer
que la recherche produira à court terme de meilleures
batteries?
L’obstacle le plus important est de nature économique. Peu
importent leurs préoccupations environnementales, les
consommateurs n’achèteront pas une automobile électrique si
elle coûte plus cher. Or, selon les estimations de l’EIA, même
si le prix de l’essence était élevé, les économies réalisées
grâce à la technologie hybride seraient moindres que le coût
supplémentaire à l’achat. « Les véhicules hybrides
rechargeables font face à un défi important », souligne
l’organisme.
Gouvernements, fabricants et consommateurs partagent la
responsabilité de faire en sorte que ce défi soit relevé pour
qu’advienne l’essentielle révolution électrique du transport
routier.
LE SOLEIL DE L’AFRIQUE POUR ÉCLAIRER L’EUROPE
AGENCE
FRANCE-PRESSE ET BLOOMBERG MUNICH— Douzeentreprises,
enmajorité allemandes, ontdonnéhier le coupd’envoi d’un projet
pharaonique de 400milliards d’euros (650 milliards CAN): un
vaste réseau de centrales solaires dans le nord de l’Afrique
et au Moyen-Orient pour alimenter l’Europe en énergie « propre
».
PHOTO BLOOMBERG NEWS,
PHOTOMONTAGE LA PRESSE
Un protocole d’accord a été signé à Munich pour la création
d’un bureau d’études. Parmi les sociétés participantes, qui
n’apparaissent ni comme des philanthropes ni comme des
fantaisistes : les géants allemands de l’énergie Siemens, EON
et RWE, le réassureur Munich Re, la banque Deutsche Bank, des
fabricants de technologie solaire comme l’espagnol Abengoa
Solar, l’algérien Cevital et la fondation porteuse de ce
projet, nommé Desertec.
Si le projet va de l’avant, il pourrait créer deux millions
d’emplois, maintiennent les promoteurs.
Le bureau d’études, qui sera créé d’ici à la fin d’octobre,
élaborera des plans d’investissement réalisables au cours des
trois prochaines années.
Sur le papier,
Desertec apparaît comme la solution à tous les grands défis
environnementaux et économiques actuels. Il promet de couvrir
à terme 15% des besoins énergétiques de l’Europe et « une part
considérable » de ceux des pays producteurs, de réduire la
production de CO , mais aussi de dessaler l’eau de mer pour
fournir de l’eau potable aux populations locales et contribuer
à leur développement.
Le principe : un réseau de centrales thermiques solaires
disséminées du Maroc jusqu’à l’Arabie Saoudite et qui serait
relié à l’Europe par le biais de câbles électriques
sous-marins.
« Aujourd’hui, nous avons fait un pas en avant » vers sa
réalisation, s’est réjoui Nikolaus von Bomhard, patron de
Munich Re, au cours d’une conférence de presse.
Questions en suspens
Mais de nombreuses questions ne sont pas résolues, comme les
lieux d’implantation de ces installations, leur date de mise
en service, le coût du courant produit, le bénéfice qu’en
tireront les pays africains et arabes, le manque de stabilité
politique dans certaines régions productrices et le
financement de ce projet, dont le coût est estimé à 400
milliards d’euros, soit 650 milliards de dollars canadiens.
C’est presque l’équivalent du plan de relance économique du
gouvernement américain ou encore de celui de la Chine.
Aucune réponse
claire n’a été apportée hier, les promoteurs de Desertec
arguant que c’est à présent le travail du bureau d’études d’y
répondre. Pour autant, ils ont défendu la viabilité du projet,
qui fait l’objet depuis plusieurs semaines d’un énorme battage
médiatique.
Selon Torsten J e wor r e k , membr e d u d i r e c t o i r e
d e Munich Re, il est judicieux de s’installer en Afrique car
« les sites de production sont plus ensoleillés » que dans le
sud de l’ Europe. Il a également rejeté les risques
terroristes, faisant valoir au contraire que l’apport de
Desertec au développement économique de ces régions pouvait
contribuer à leur stabilité politique.
Si ce projet devait voir le j our, ce ne sera pas demain. Ces
plans sont en effet conçus à l’échelle de 2050 (même si des
installations devraient être construites avant), la question
de son financement n’est pas réglée et il aura besoin du
soutien des politiques.
La
chancelière allemande, Angela Merkel, et le président de la
Commission européenne, José Manuel Barroso, ont déjà salué le
projet, mais Desertec n’échappe pas aux critiques.
Selon l e d é put é s o c i a l - démocrate allemand Hermann
Scheer, pas besoin d’aller en Afrique pour fournir de
l’énergie propre à l’ Europe. « Nous pourrions investir les
400 milliards d’euros ici », explique-t-il à l’AFP, défendant
l’idée d’un réseau décentralisé d’exploitants dans les
énergies vertes, plutôt que de le laisser aux mains d’un
monopole de grandes entreprises.
D’autres doutent des chances de développement pour les pays
producteurs et pensent que l’intérêt défendu est avant celui
de l’ Europe. Ce que le quotidien Handesblatt résume en un mot
: « éco-colonialisme ».
Énergies Vertes Le PQ lance une pétition pour faire pression
sur Jean Charest
Pour contrer le
refus des libéraux de mener au Québec la commission
parlementaire itinérante sur l’indépendance énergétique qu’il
réclame, le Parti québécois invite la population à signer une
pétition en ligne pour faire pression sur le gouvernement de
Jean Charest.
La chef du parti, Pauline Marois, a affirmé hier avoir bon
espoir que le gouvernement, à défaut d’écouter le point de vue
des députés péquistes, soit sensible aux demandes de la
population québécoise et qu’il agisse dans le dossier.
« Il faut
signer une pétition demandant la tenue d’une commission
parlementaire itinérante, car celle-ci permettrait d’évaluer ce
que nous devons faire pour changer nos modes de consommation,
mais aussi faire en sorte que nos investissements soient de plus
en plus importants dans tous les moyens qui vont nous permettre
de développer des énergies vertes », a-t-elle dit.
Les citoyens sont donc invités à signer d’ici l’automne la
pétition mise en ligne par le parti vendredi, à l’adresse
www.independanceenergetique.org, mais aussi à y suggérer des
solutions qui permettront au gouvernement d’établir un plan
d’action concret.
La souveraineté énergétique avait été proposée par le PQ dans
son Plan pour un Québec souverain.
Maîtres chez nous, 2e acte - François
Cardinal
La chose est
passée complètement inaperçue cette semaine et pourtant, elle
revêt une importance d’autant plus grande que nos vies
pourraient en être bouleversées. Jeudi, à l’Assemblée
nationale, les élus péquistes ont lancé l’idée d’une
commission itinérante du genre Bouchard-Taylor, dont le mandat
serait d’examiner la pertinence pour le Québec d’abandonner le
pétrole et, ainsi, d’atteindre l’indépendanceénergétique.
Leslibérauxontrefusé. Pour l’instant.
Car la pression dans ce dossier ne cesse de croître. L’an
dernier, alors que la Suède a décidé d’emprunter cette voie,
l’ancien premier ministre Bernard Landry et le Regroupement
national des conseils régionaux de l’environnement ont suggéré
que le Québec emboîte le pas.
Cette année, le Parti québécois, le Réseau des ingénieurs du
Québec, le collectif environnemental MCN21 ( Maîtres chez nous
21e siècle) ainsi qu’un expert des questions énergétiques de
l’Université de Montréal, Normand Mousseau, ont enfoncé le
clou à leur tour.
« Le Québec pourrait se sevrer presque complètement de sa
dépendance aux hydrocarbures en 10 à 15 ans, et ce, sans
difficulté majeure », écrit M. Mousseau dans un livre au titre
peu équivoque, L’avenir du Québec passe par l’indépendance
énergétique.
« Il ne manque qu’une direction politique claire et forte »,
précise-t-il.
Pour l’heure, le gouvernement Charest est occupé à bâtir une
offre énergétique visant à répondre aux besoins sans cesse
grandissants des Québécois et de leurs voisins. Soit. Mais
alors qu’une lueur point à l’horizon économique, les ouvrages
et reportages sur les lendemains de la crise financière
arrivent aux mêmes deux conclusions : 1) une hausse radicale
des prix du pétrole est inévitable; 2) personne n’est prêt à
faire face à une telle situation.
Or, s’il y a
un endroit qui pourrait espérer se mettre à l’abri de telles f
luctuations, c’est bien le Québec, dont 50% de l’énergie
provient déjà de sources renouvelables. « Le Québec, confirme
Normand Mousseau, est particulièrement bien placé pour devenir
la première grande économie à abandonner le pétrole. »
Selon le « Grand Plan » que propose ce dernier, l ’
indépendance énergétique passerait par le retour à des
technologies d’antan (tramway, trolleybus, train, aménagement
des villes), une réduction importance de notre consommation
d’énergie, une refonte du Code du bâtiment ainsi qu’une foule
d’autres initiatives.
Pour ne plus être à la merci du cours du baril, d’abord. Mais
aussi pour s’affranchir des pays dont la production de pétrole
conventionnelle est en déclin et pour renflouer la balance
commerciale de notre secteur énergétique, dans le rouge de
plusieurs milliards de dollars chaque année.
« C’est en quelque sorte la version XXIe siècle de ce que Jean
Lesage et René Lévesque ont initié en 1962 », note
l’écologiste et ancien candidat du NPD Daniel Breton, dans le
manifeste de MCN21.
Au cours des prochains mois, alors qu’Hydro-Québec planche sur
son prochain plan stratégique, la pression montera assurément
dans ce dossier, car pas moins de deux tournées nationales
sont prévues : l’une menée par le Regroupement des conseils
régionaux de l’environnement, l’autre par le collectif MCN21.
En out re , fait ra r issime , une député libérale, Maryse
Gaudreault, a rompu la solidarité de son parti jeudi,
s’abstenant de voter contre l’idée du Parti québécois, a
appris La Presse.
De là à dire que la graine est semée, non. Mais à tout le
moins, que le terreau est fertile.
Aucune nation
n'est en meilleure position que le Québec pour réduire sa
dépendance au pétrole
« On ne peut pas attendre que les Américains et les Européens
mettent des véhicules électriques sur le marché parce qu’ils
n’ont pas le même intérêt que nous à le faire. »
Detous les paysdumonde, le Québec est celui qui pourrait réduire
le plus rapidement sa dépendance au pétrole parce qu’il a une
solution de remplacement: de l’électricité propre, abondante et
pas chère.
« On ne peut pas attendre que les Américains et les Européens
mettent des véhicules électriques sur le marché parce qu’ils
n’ont pas le même intérêt que nous à le faire », estime Étienne
Couture, président du Réseau des ingénieurs du Québec, qui
présentait hier sa vision de l’avenir énergétique du Québec.
Aux États-Unis et en Europe, la migration vers les véhicules
électriques pose le problème de l’augmentation de la production
d’électricité, a expliqué l’ingénieur au cours d’une entrevue
avec La Presse Affaires. « Ils doivent se poser la question:
est-ce que cette électricité supplémentaire viendra du charbon,
du gaz naturel ou du nucléaire ? » illustre-t-il.
Au Québec, c’est tout bénéfice: la multiplication des véhicules
électriques ferait baisser la facture de pétrole importé, qui
atteint 14 milliards de dollars par année, et valoriserait la
ressource hydroélectrique, en plus de réduire les émissions
polluantes.
Mesures timides
Le gouvernement du Québec s’est déjà donné comme objectif de
réduire la consommation de pétrole de 10% d’ici 2015, mais les
mesures prises pour atteindre cet objectif sont bien timides,
pour ne pas dire inexistantes, constatent les ingénieurs
québécois dans leur état de la situation.
Les crédits d’impôt du dernier budget à l’achat de véhicules
hybrides ou tout électriques ne permettront pas à eux seuls
d’atteindre cet objectif, croient-ils.
Le secteur du
transport consomme la presque totalité du pétrole importé au
Québec. Ce qu’il faudrait, selon eux, c’est créer un pôle
industriel du transport électrique, à partir de ce qui existe
déjà, comme le camion léger tout électrique Nemo, conçu à Laval.
Le gouvernement peut aussi réduire la consommation de pétrole
dans les transports publics et dans les parcs de véhicules qui
lui appartiennent et dont une partie pourrait être remplacée
chaque année par des hybrides ou des tout électriques.
Parce qu’il regroupe à peu près tous les ingénieurs actifs du
Québec, le Réseau des ingénieurs du Québec préconise le
développement de toutes les formes d’énergie, y compris le
nucléaire. « Il faut conserver une expertise dans tous les
secteurs », justifie son président.
Les ingénieurs québécois sont toutefois d’avis que la meilleure
énergie, cel le qui coûte le moins cher, reste l’énergie
économisée.
À ce chapitre, il y a beaucoup à faire. Le Québec consomme plus
d’énergie – toutes sources confondues – que l’Ontario dont le
produit intérieur brut est pourtant deux fois plus élevé.
Étienne Couture croit que les prix relativement bas de
l’électricité au Québec expliquent la surconsommation, ce que
les clients d’Hydro-Québec ont souvent du mal à réaliser.
Il y va d’une suggestion: pourquoi ne pas inscrire sur la
facture d’électricité le prix que la même consommation d’énergie
aurait coûté au prix du marché?
ENTENTE FORD-HYDRO OUI À L’ÉLECTRICITÉ, MAIS PAS AU
MOTEUR DE TM4
Ford s ’ i
ntéresse au réseau d’Hydro-Québec pour faire l’essai de son
Escape hybride, mais pas au moteur électrique conçu par la
filiale de la société d’État, TM4.
Le moteur mis au point par Hydro-Québec est trop coûteux et
Ford préfère mettre au point sa propre technologie, a fait
savoir hier à Montréal la responsable des programmes de
véhicules hybrides du manufacturier américain, Nancy Gioia.
Ford s’est associé à HydroQuébec et à huit autres sociétés de
services publics d’électricité en Amérique du Nord pour en
savoir plus sur la façon d’intégrer ses véhicules hybrides
rechargeables au réseau électrique.
Même si le moteur de TM4 n’a toujours pas fait de percée sur
le marché, notamment en raison de son coût élevé, le ministre
des Ressources naturelles, Claude Béchard, rêve toujours de
voir le Québec produire un véhicule électrique. « On est au
bon endroit au bon moment », a-t-il dit.
Le ministre
est resté évasif sur le projet du manufacturier ontarien
Magna d’assembler une voiture électrique au Canada et sur
les efforts du Québec pour l’attirer sur son territoire. «
On parle avec différentes entreprises », s’est-il contenté
de dire.
Le gouvernement du Québec promet pour l’automne un plan
d’action pour faire la promotion du transport électrique
collectif et individuel et pour faciliter l’intégration de
véhicules hybrides rechargeables au réseau électrique.
Le réseau d’Hydro-Québec est déjà sollicité au maximum
pendant les grands froids de l’hiver, ce qui est le
principal problème à résoudre avant l’arrivée massive des
hybrides rechargeables sur le marché.
Si le quart du parc automobile actuel était composé
d’hybrides rechargeables, il faudrait l’équivalent de la
production de la centrale d’Eastmain-1, soit 3
térawattheures, pour les alimenter, selon le PDG d’Hydro,
Thierry Vandal.
Le Ford Escape hybride sera utilisé par Hydro-Québec et par
quelques-uns de ses clients pendant trois ans. La société
d’État en tirera des informations qui lui permettront
d’adapter son réseau de distribution à l’augmentation du
nombre de véhicules hybrides rechargeables sur les routes.
Hydro aura aussi accès à l’information recueillie par les
autres participants à l’étude.
Le
véhicule mis à l’essai au Québec par Ford est rechargeable
à l’aide d’une prise de courant ordinaire de 120 volts. La
recharge de la batterie lithiumion prend de six à huit
heures.
Le Ford Escape est un VUS dont la batterie a une autonomie
de 48 kilomètres. Passé ce cap, le moteur à essence prend
automatiquement le relais. Ford estime la consommation de
son Ford Escape à 2 litres au 100 kilomètres.
Le coût de l’électricité nécessaire à la recharge de la
batterie serait de l’ordre de 244 $ par année, soit six
fois moins que le coût en essence.
L’autre
avantage des hybrides rechargeables et des véhicules
électriques en général, impossible à comptabiliser, est la
réduction des émissions de gaz à effet de serre. Au
Québec, le secteur des transports est responsable de 42%
de ce type d’émissions.
En dépit de cet avantage sur le plan environnemental, une
association d’environnementalistes comme Équiterre croit
que la solution n’est pas la multiplication des véhicules
électriques, mais une réduction du nombre d’automobiles.
« Bien que la voiture électrique est l’une des solutions
qu’il faut mettre en place, l’objectif n’est pas de
remplacer les embouteillages d’automobiles sur l’échangeur
Turcot ou l’autoroute Laurentienne par des bouchons de
voitures électriques », a commenté hier dans un communiqué
un porte-parole d’Équiterre, Hugo Séguin.
Magna rêve de fabriquer des véhicules
électriques au Canada
— Frank
Stronach est catégorique : la voiture électrique est le
véhicule de l’avenir. Et le richissime homme d’affaires est
prêt à investir beaucoup d’argent pour que le Canada
devienne le leader dans ce domaine.
Frank Stronach, propriétaire de
Magna International, était de passage sur la colline
parlementaire hier afin de montrer le dernier prototype de
la voiture électrique: une Ford Focus bien silencieuse
alimentée par une batterie conçue par les ingénieurs de
Magna.
Rentré de Vienne dimanche soir, le propriétaire de Magna
International était de passage sur la colline parlementaire
hier afin de montrer le dernier prototype de la voiture
électrique : une Ford Focus bien silencieuse alimentée par
une batterie conçue par les ingénieurs de Magna.
L’objectif de cette visite à Ottawa : convaincre le
gouvernement fédéral de lui consentir un prêt pour qu’il
puisse accélérer les investissements nécessaires pour ouvrir
une première usine d’assemblage au Canada.
« Dans environ six ans, au moins 15% des voitures vendues
seront des voitures électriques ou des hybrides. Dans 12
ans, au moins 30% des voitures vendues seront électriques ou
des hybrides », a affirmé M. Stronach au cours d’une
conférence de presse.
« Magna a déjà investi plus de 200 millions de dollars dans
les produits de voitures électriques. Magna compte investir
100 millions de dollars de plus pour créer une usine de
fabrication de batteries. Nous aimerions établir cette usine
au Canada. Nous sommes déjà courtisés par plusieurs États
américains. Mais nous voulons faire nos investissements au
Canada », at-il ajouté.
En fin de semaine, Magna International a mis la main sur
Opel , f i l iale européenne de GM, au terme d’un marathon
de négociations. Magna détient maintenant 20% de
l’entreprise, la banque russe Sberbank 35%, GM 35% et les
salariés 10%.
Le président fondateur de Magna croit qu’il serait possible
de fabriquer des voitures électriques et des moteurs
compatibles à grande échelle d’ici trois ans. Mais il faut
que tous les ingrédients soient réunis pour que cet
échéancier soit respecté. Il a indiqué qu’il compte une
équipe d’ingénieurs au Canada, aux États-Unis et en Europe
qui travaillent sur cette voiture de l’avenir.
« Nous
voulons investir dans la const ruct ion de voitures
électriques de manière très sérieuse. J’ai confiance que
Magna sera l’un des leaders dans le monde dans la
fabrication de voitures électriques », a dit Frank Stronach.
« J’aimerais beaucoup que les premières usines de
fabrication des voitures électriques soient établies au
Canada. Si nous obtenons un prêt, nous savons que nous
pourrons accélérer les choses. Nous aurions ainsi la
certitude que ce serait au Canada », a-t-il ajouté.
L’homme d’affaires n’avait toutefois pas plus détails à
offrir aux journalistes au sujet de ses intentions. Combien
pourrait coûter une telle voiture ? Combien de voitures
compte-t-il fabriquer par année? Combien d’usines
d’assemblages au Canada? Le Québec pourrait-il accueillir
une usine d’assemblage? Autant de questions qui demeurent
sans réponses pour le moment.
« Nous n’avons pas de détails spécifiques encore. Nous
voulons juste faire savoir au gouvernement que nous sommes
très sérieux dans notre engagement et que nous aimerions en
discuter », a-t-il dit.
Cela dit, Frank Stronach a salué la décision des
gouvernements du Canada, de l’Ontario et des États-Unis
d’investir massivement – 40 milliards US – pour sauver GM.
La chute de cette entreprise aurait eu des conséquences
désastreuses pour l’économie nord-américaine.
Toutefois, M. Stronach a soutenu qu’il faut un changement de
mentalité majeur dans l’industrie de l’automobile en
Amérique du Nord. « Il y a trop de confrontation entre
l’employeur et les travailleurs. Il faut changer cela. Cela
va prendre quelques années, mais il faut changer cela »,
a-t-il commenté.
Par ailleurs, l’homme d’affaires d’origine autrichienne a
indiqué qu’il prévoit qu’Opel fera ses frais d’ici trois ans
et commencera à enregistrer des profits par la suite. Magna,
dont le siège social est situé au nord de Toronto, est le
plus important fabricant de pièces d’automobiles au Canada.
L’ent repr ise compte 74 0 0 0 employés répartis dans 25
pays.
Une facture, une petite granule
- Hélène Baril
Le
chauffage aux résidus de bois a la cote
L’an dernier à pareille date, le prix du pétrole battait
des records. Les Québécois qui chauffaient leur maison
au mazout se sont convertis massivement à l’électricité.
D’autres, un peu partout dans le monde, ont acheté un
poêle à granules.
Des granules, le Québec pourrait
en consommer beaucoup plus, ce qui soulagerait le
réseau d’Hydro-Québec soumis à un stress énorme
pendant les grands froids de janvier.
La demande pour les petits cylindres de résidus de bois
pressés utilisés pour le chauffage a donc explosé,
notamment en Europe, qui en importe des tonnes des
États-Unis et s’en sert pour générer de l’électricité.
Au Québec, le marché est en croissance, mais c’est loin
d’être la folie. « La capacité de production dépasse
largement les besoins du marché québécois », dit John
Arsenault, de la compagnie Energex, qui produit des
granules à Lac-Mégantic depuis 26 ans.
« Tous les producteurs du Québec doivent être des
exportateurs, explique John Arsenault. On a une capacité
de production de 200 000 tonnes par année et la
consommation totale est d’environ 50 000 tonnes. »
Si des détaillants ont manqué de granules l’hiver
dernier, c’est parce que les consommateurs de la
Nouvelle-Angleterre se sont rués sur les poêles à
granules en prévision de la saison froide. La production
québécoise a donc été plus rapidement écoulée et les
détaillants qui n’avaient pas acheté suffisamment de
granules ont eu du mal à se réapprovisionner.
Des
granules, le Québec pourrait en consommer beaucoup plus,
ce qui soulagerait le réseau d’Hydro-Québec soumis à un
stress énorme pendant les grands froids de janvier.
Le principal frein à l’essor des
sources alternatives de chauffage, les granules
comme les autres, ce sont les tarifs d’électricité
trop bas, selon John Arsenault.
À l’autre bout du Québec, à Saint-Félicien au
Lac-Saint-Jean, Ken St-Gelais est d’accord avec lui. «
La Norvège consomme 1 million de tonnes de granules par
année contre 50 000 tonnes au Québec, pour une
population équivalente », illustre le directeur
financier de Granules LG.
Contrairement à Énergex, qui exporte la plus grande
partie de sa production en Nouvelle-Angleterre, Granules
LG exporte très peu. « On a déjà exporté en Europe, mais
il est venu un temps où on ne pouvait plus fournir à la
demande du marché d’ici. On a fait le choix de desservir
le marché québécois en priorité », dit Ken St-Gelais.
Le marché des granules pour le chauffage résidentiel a
démarré au début des années 90, avec la mise en marché
de nouveaux équipements résidentiels pour brûler les
résidus de bois. Il a ensuite été alimenté par la hausse
des prix de l’énergie. « En Italie, en 2001, il n’y
avait aucun poêle à granules, souligne Ken St-Gelais. En
2007, il y en avait 1 million. »
Le
marché des granules est étroitement lié aux prix de
l’énergie, notamment ceux du mazout et du gaz naturel,
les deux principales sources d’énergie utilisées pour
le chauffage partout dans le monde, à l’exception du
Québec où 75% des maisons sont chauffées à
l’électricité.
Au Québec, malgré le prix relativement bas de
l’électricité, les granules seront de plus en plus
utilisées en tant que chauffage d’appoint, croit Ken
St-Gelais. « C’est un
combustible vert, qui n’émet pas de gaz à effet de
serre et qui est très efficace. »
Les villes qui, comme Montréal, ont interdit les
poêles à bois, ont donné sans le vouloir un bon coup
de pouce à l’industrie de la granule, reconnaît-il.
John Arsenault, lui, croit que le gouvernement
pourrait faire beaucoup plus pour favoriser
l’utilisation de la biomasse. La centrale d’appoint d’
HydroQuébec à Sorel-Tracy pourrait être alimentée aux
granules plutôt qu’au mazout, suggère-til. Les
résidants des Îles-de-laMadeleine, qui sont desservis
par une centrale au mazout, amélioreraient aussi leur
environnement en utilisant les granules.
Énergie renouvelable
Les granules ne servent pas uniquement à alimenter les
poêles au sous-sol des maisons. En Europe, elles sont
utilisées massivement et de plus en plus par les
producteurs d’électricité. À cause des règles de
l’Union européenne qui obligent les États membres à
utiliser 20% d’énergie renouvelable dans la production
d’électricité, plusieurs entreprises d’électricité ont
redécouvert la granule, a rapporté récemment le Wall
Street Journal.
La modeste granule est maintenant considérée comme une
source d’énergie renouvelable moins coûteuse que les
panneaux solaires et les éoliennes.
La seule limite à sa croissance, c’est la
disponibilité de la matière première, le bran de scie
et les résidus forestiers. Au Québec, où les scieries
ont réduit leurs activités en raison de la récession
américaine, les producteurs de granules ont dû
chercher d’autres sources d’approvisionnement.
Énergex utilise des copeaux, ce qui est plus coûteux,
et Granules LG a investi pour pouvoir récupérer le
bois brûlé et l’utiliser dans la fabrication de
granules.
Le Québec perd 36 producteurs de porcs -
Stéphanie Bérubé
« Plus
les producteurs seront nombreux à abandonner, plus il y
a de chances pour que ceux qui restent fassent de
l’argent. »
L’été dernier, le gouvernement fédéral a annoncé de
nouvelles mesures pour venir en aide à l’industrie
porcine. L’une d’elles proposait aux éleveurs
d’abandonner cette production. Les agriculteurs
canadiens ont été nombreux à répondre à l’appel – plus
que le programme ne le permet: 338 producteurs de porcs
au pays vont quitter l’industrie, dont 36 au Québec.
Toutes proportions gardées, c’est peu puisque le Québec
est la première province productrice, avec 3800
éleveurs. Environ le tiers du porc canadien est élevé au
Québec. « C’est un programme qui fonctionne par
soumissions, explique Jean-Guy Vincent, président de la
Fédération des producteurs de porcs du Québec. Les
soumissions les plus basses sont acceptées. Il s’agit
souvent de producteurs qui ne font pas uniquement du
porc. »
Les producteurs ontariens ont été les plus nombreux à se
voir attribuer ces enveloppes convoitées: 161
producteurs ont quitté l’industrie. Le Manitoba perd 59
producteurs et l’Alberta, 41. «Le taux d’endettement des
producteurs québécois est très élevé», rappelle
également Jean-Guy Vincent. Ce qui expliquerait que de
nombreux agriculteurs d’ici n’ont pas réussi à obtenir
une enveloppe du programme de transition, leurs
collègues voisins ayant demandé moins d’argent en
compensation.
Produire
un porc au Québec coûte environ 190$ pour 100kg
(poids/carcasse), alors que le prix du marché a été de
130$ en moyenne en 2009. Une assurance stabilisation,
payée en partie par les producteurs, mais en majorité
par Québec et Ottawa, verse une compensation au
producteur de porc qui doit vivre avec les réalités du
marché.
« Les programmes provinciaux au Québec sont très
généreux; le programme fédéral est donc moins
intéressant pour les producteurs de porcs, note aussi
Sylvain Charlebois, vice-doyen de l’école d’études
supérieures en politique publique Johnson-Shoyama de
l’Université de la Saskatchewan et de l’Université de
Regina. Ailleurs au Canada, certains producteurs
réalisent qu’il n’y a pas d’autre solution que de
laisser le porc. Plus les producteurs seront nombreux à
abandonner, plus il y a de chances pour que ceux qui
restent fassent de l’argent.»
Selon Jean-Guy Vincent, Ottawa devrait réévaluer son
programme. Sa popularité justifie déjà son existence,
dit-il. Ottawa avait prévu distribuer 75 millions de
dollars pour permettre aux producteurs de passer à autre
chose.
Moins de porcs, plus de diversité -
Stéphanie Bérubé
Petite
révolution dans les champs: Québec revoit son modèle
d’assurance pour les agriculteurs. Fini les chèques en
blanc pour les productions qui ne sont pas rentables.
Notamment, les producteurs de porcs, qui vivent une
crise après l’autre, devront diminuer la taille de leurs
élevages. À l’inverse, Québec propose maintenant une
couverture pour l’ensemble des secteurs agricoles.
Québec a décidé de revoir son
modèle d’assurance pour les agriculteurs. Résultat:
les éleveurs de porcs, notamment, devront réduire la
taille de leurs cheptels.
Cette nouvelle mesure pourrait inciter des agriculteurs
à se lancer dans des productions plus marginales, tant
végétales qu’animales, alors qu’ils n’osaient pas courir
un tel risque sans assurance. Le lapin, le canard ou les
petits fruits ne sont pas assurables selon le régime
actuel.
« C’est une mesure qui va avoir des effets positifs sur
la diversité de l’agriculture au Québec», constate le
président de l’Union des producteurs agricoles du Québec
(UPA), Christian Lacasse.
Le syndicat est en général satisfait du plan de
redressement dévoilé hier par le ministre de
l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du
Québec, Claude Béchard. La Financière agricole,
responsable de l’assurance des producteurs, accumulait
les déficits. Le ministre a annoncé qu’il lui accordait
une enveloppe annuelle de 630 millions de dollars
pendant cinq ans, mais il a précisé que cette enveloppe
était «bien fermée». Crise ou non.
«Notre objectif est d’améliorer la performance des
entreprises, d’accroître le soutien aux secteurs en
émergence et de favoriser la diversification de
l’agriculture», a déclaré Claude Béchard. Cette mesure
va dans le sens des recommandations du rapport Pronovost
sur l’avenir de l’agriculture au Québec. On y suggérait
de faciliter l’établissement des cultures émergentes.
Programmemaintenu
Le Programme d’assurance stabilisation des revenus
agricoles (ASRA) est maintenu, mais le calcul des
paiements sera modifié puisqu’on ne tiendra pas compte
d’une partie des entreprises non performantes et qu’on
imposera aussi un plafond aux agriculteurs.
Inévitablement, en cas de réclamation, des producteurs
recevront de plus petits chèques.
Ce point inquiète grandement l’UPA. Des agriculteurs en
difficulté ne pourront pas passer au travers, explique
Christian Lacasse. «Avant de les appliquer, il faudrait
bien mesurer quels seront les impacts de ces nouvelles
mesures dans certaines régions du Québec», précise-t-il.
Le cas du porc
Dans le
cas du porc, les choses se précisent. Comme Ottawa
l’avait fait à l’été, Québec demande à son tour aux
éleveurs de diminuer la taille de leurs cheptels et
réduit le nombre de porcs couverts par le programme.
Ce n’est pas normal, a dit le ministre Béchard hier, que
le nombre de porcs augmente au Québec alors que la
production n’est pas rentable.
Il était temps que le gouvernement fasse ce petit
ménage, croit Sylvain Charlebois, vice-doyen à l’École
d’études supérieures de politiques publiques
JohnsonShoyama de l’Université de la Saskatchewan, qui
était de passage au Québec hier. «On est au moins deux
ans en retard. Il y a trop de porcs au Québec», répète
cet observateur de l’industrie.
On a affaire à une industrie qui vit des cycles,
explique Sylvain Charlebois. L’ASRA, telle qu’elle est
appliquée actuellement, est un pansement, dit-il, mais
il faudrait plutôt s’attaquer à la maladie. «L’industrie
porcine doit s’adapter aux aléas du marché», explique le
professeur Charlebois.
Actuellement, la faiblesse du dollar américain fait mal
aux exportateurs. Et un porc sur deux quitte le Québec.
«Onmaintient artificiellement en vie une industrie.
Pourquoi? Pour l’exportation?» demande Sylvain
Charlebois.
Mais en plus des fluctuations du cours du dollar et de
l’alimentation des animaux, l’industrie porcine a fait
face à plusieurs crises, la grippe porcine étant la
dernière en date.
« Il faut être conséquent: on fait face à une crise sans
précédent, admet Jean-Guy Vincent. Comme tous les
secteurs qui vivent des crises, on devra s’adapter.»
Une quinzaine d’entreprises porcines québécoises ont
déjà déposé des demandes pour se retirer de la
production, selon le programme annoncé cet été par le
gouvernement fédéral.
Un nouveau maïs OGMsème l’inquiétude
- Stéphanie Bérubé
« Avec
le pollen qui se déplace, on ne pourra jamais assurer
qu’il n’y a pas de risque de contamination. »
Le Canada et les États-Unis ont simultanément donné le
feu vert la semaine dernière à l’arrivée dans les champs
d’un maïs transgénique nouveau genre. En plein été, avec
un bref texte pour expliquer cette décision. Plusieurs
groupes opposés aux OGM croient que, cette fois, le
gouvernement a franchement tourné les coins ronds.
D’autant plus que le nouveau maïs réuni huit gènes qui
permettent à la plante à la fois d’être tolérante à un
herbicide dont on l’aspergerait et de produire son
propre insecticide. Le Canada a plutôt l’habitude des
OGM qui ont l’une ou l’autre de ces propriétés. Dans sa
décision, l’Agence canadienne d’inspection des aliments
estime que le risque pour l’environnement est « minimal
».
« Ils ont résumé leur décision en 350 mots ! s’indigne
Éric Darier, directeur de Greenpeace pour le Canada.
Leur argument est de dire qu’il ne s’agit que d’un
croisement entre des technologies qui existent déjà,
donc il n’y a rien de nouveau. » Or, estime-til, on ne
peut pas présumer du comportement de plusieurs gènes mis
ensemble. Santé Canada, ditil, aurait dû étudier
l’innocuité de ce nouveau maïs qui risque de se
retrouver dans nos assiettes, ce qui n’a pas été fait.
Pour cette raison, Greenpeace, l’Union paysanne et le
Réseau canadien d’action sur les biotechnologies
demandent à Ottawa de revenir sur cette décision.
Le maïs
en question s’appelle SmartStax. Il est le fruit d’une
collaboration entre deux géants de la biotechnologie,
Monsanto et Dow Agrosciences.
Le professeur Joe Schwarcz, du département de chimie de
l’Université McGill, comprend que le caractère nouveau
du maïs SmartStax provoque un tollé, mais il estime que
la plante ne représente aucun risque pour la santé
humaine. La décision des experts d’Ottawa a été prise
sur la base des meilleures connaissances scientifiques
disponibles actuellement, dit-il. Il y a toutefois un
risque environnemental, concède le professeur Schwarcz.
« Avec le pollen qui se déplace, on ne pourra jamais
assurer qu’il n’y a pas de risque de contamination »,
précise le scientifique. Ainsi, un agriculteur qui
cultive du maïs biologique pourrait se retrouver malgré
lui avec des traces de maïs transgénique qui lui serait
arrivé naturellement d’un champ voisin. Ce risque de
contamination existe déjà, avec tous les OGM.
Monsanto et Dowcomptent commercialiser leur nouveau maïs
dès l’année prochaine avec des superficies de culture
prévues d’au moins 1,2 million d’hectares dès le
lancement, donc environ 12 000 km carrés. « Un lancement
d’une telle ampleur représenterait l’arrivée sur le
marché la plus massive de l’histoire de l’agriculture
pour un produit issu de la biotechnologie », indiquent
les promoteurs du nouveau maïs dans un communiqué.
Les concentrations d’ammoniac dans l’hémisphère nord revues à
la hausse
— Les
concentrations très polluantes d’ammoniac, dues
principalement à l’intensification de l’agriculture, ont été
sousestimées dans l’hémisphère nord, selon des observations
satellitaires interprétées par des chercheurs dans la revue
spécialisée
publiée hier. « Dans l’atmosphère, l’ammoniac (NH3) accélère
la formation de particules, réduisant la qualité de l’air »,
selon les chercheurs de l’Université libre de Bruxelles et
de l’Université Pierre-et-Marie Curie à Paris.
Grâce à l’interféromètre atmosphérique de sondage infrarouge
(IASI) du satellite les chercheurs sont parvenus à mettre
Nature Geoscience
Metop, en
évidence des concentrations d’ammoniac plus fortes que prévu
au-delà du 30e parallèle Nord.
Les régions touchées connues sont celles à forte densité de
population agricole, notamment l’Inde et la Chine.
Celles nouvellement mises en évidence sont notamment les
vallées du Po, en Italie, et de l’Ebre, en Espagne, les
régions de San Joaquin, en Californie, et de Snake River
Valley, dans l’Idaho, ainsi que la vallée de la Ferghana, en
Ouzbékistan.
L’ammoniac atmosphérique est principalement émis par des
déjections du bétail (39%), des sources naturelles (19%),
les engrais à base d’ammoniac (17%) et la combustion de
biomasse (13%).
La dure loi du barbecue - ALAIN DUBUC
Il n’y a pas
que l’industrie touristique à avoir été affectée par un été
exécrable jusqu’à tout récemment. La météo a également
malmené l’industrie du porc. Moins de soleil, moins de
barbecues. Moins de barbecues, moins de côtelettes.
La baisse de la demande a fait en sorte que le prix du porc
n’a pas augmenté comme d’habitude en saison estivale. Cela
s’est ajouté aux autres tuiles qui se sont récemment
abattues sur cette industrie déjà mal en point : l’impact de
la grippe porcine sur les exportations, la montée du dollar
canadien, de nouvelles règles d’origine dans l’étiquetage
aux États-Unis.
Les prix, d’environ 1,30$ le kilo, au lieu de monter à
1,50$, sont plutôt tombés à 1,06$, bien moins que les coûts
de production. Tout cela a mené le ministre canadien de
l’Agriculture, Gerry Ritz, à proposer un plan
d’intervention: campagne de marketing international, soutien
financier, et surtout, 75 millions pour encourager des
agriculteurs à abandonner la production porcine.
Est-ce que ce programme pourrait avoir un impact sur le
Québec? Très improbable, parce que le Québec vit sur une
autre planète. Dans l’ensemble canadien, à cause de toutes
ces difficultés, 3300 producteurs ont abandonné le porc
depuis 2006. Au Québec, depuis 2007, il n’y a eu que 9
départs!
Cette anomalie tient à la nature de nos politiques
agricoles. Le programme d’Assurance stabilisation des
revenus agricoles verse aux agriculteurs la différence entre
le prix du marché et le coût de production. Parce qu’ils
sont protégés quand une production n’est pas rentable,
ceux-ci sont insensibles aux messages du marché et n’ont
aucune raison d’abandonner la production porcine.
J’ai déjà
écrit là-dessus et j’y reviens. Parce que c’est une grosse
industrie. Au Québec, il y a plus de cochons que d’humains.
Et parce que son soutien nous coûte une petite fortune. Un
demi-milliard l’an dernier. Peut-être autant cette année.
Mais il est difficile d’en parler, parce qu’on s’attaque à
des vaches sacrées. Dans une chronique, fin mai, je
décrivais ce que je viens de résumer, en m’appuyant sur le
rapport remis au gouvernement Charest par Michel St-Pierre,
ancien sous-ministre de l’Agriculture, qui propose une
réforme radicale des mécanismes de soutien. Et je me suis
fait tomber sur la tomate par trois anciens ministres de
l’Agriculture, les péquistes Jean Garon et Rémy Trudel, et
le libéral Yvon Picotte, qui ont joint leurs voix pour
dénoncer les réformes proposées.
Dans une lettre d’un simplisme désolant (
les trois « ex » dénonçaient le « néolibéralisme débridé »,
affirmaient qu’on voulait la tête des agriculteurs,
suggéraient que la ville veut laisser tomber la campagne
etc. Bref, critiquer le modèle, c’est vouloir la mort des
agriculteurs.
En fait, j’avais commis une erreur. Quand un débat est
religieux, il faut faire des professions de foi. Redire que
l’agriculture est nécessaire. Rappeler qu’il faut la
soutenir, par solidarité, parce que les autres pays le font,
pour tenir compte de notre nordicité, parce que nous avons
besoin d’un secteur agricole fort. Le débat, ce n’est pas
s’il faut, oui ou non, soutenir les agriculteurs. Mais
plutôt comment il faut le faire. Comment s’assurer que les
sommes considérables que nous consacrons assurent
l’épanouissement de l’agriculture au lieu de contribuer à sa
sclérose.
Mais pour que les réformes nécessaires voient le jour, il
faudra du leadership. Rien ne changera tant que les
ministres de l’Agriculture ne seront que des porte-voix du
milieu, et du monopole corporatiste de l’UPA, dont la
fonction première semble être de récolter des voix dans les
comtés ruraux. Ce sera là le grand défi du nouveau ministre
de l’Agriculture, Claude Béchard.
L’agro-BS - ALAIN
DUBUC
(NDE : Haha !... C'est ce qui s'appelle fesser dans le tas !...)
La rigidité
de l’UPA montre à quel point ce lobby syndicalo-corporatiste
fait partie du problème.
L’Union des producteurs agricoles a sorti les gros canons
dans sa croisade contre les réformes que le gouvernement
Charest tente d’implanter dans le monde agricole. Elle a
obtenu l’appui de trois anciens ministre de l’Agriculture,
deux péquistes, Jean Garon et Rémy Trudel, mais aussi un
libéral, Yvon Picotte.
L’aide
aux
producteurs porcins a monté en flèche ces dernières années
: 253 millions en 2006, 361 millions en 2007 et 559
millions en 2008.
La bataille de l’UPA porte en partie sur des révisions
mineures au zonage agricole, mais bien davantage sur le
fameux rapport de la commission Pronovost, qui veut
dynamiser l’agriculture québécoise, et encore plus sur un
autre rapport, moins connu, celui de l’ancien sous-ministre
de l’Agriculture, Michel Saint-Pierre, qui propose de
repenser de fond en comble l’un des piliers du modèle
agricole québécois, en fait sa vache à lait, le Programme
d’assurance stabilisation des revenus agricoles.
Del’extérieur, le soutiende trois ministres semble montrer
que le monde agricole s’est mobilisé au grand complet. Il
n’en est rien. De nombreux agriculteurs appuient ces
réformes, notamment l’Union paysanne. Nous sommes plutôt en
présence d’un débat entre deux conceptions de l’agriculture.
Auquel se greffe un autre débat, sur la meilleure façon de
lui venir en aide.
Actuellement, le système agricole est encadré par deux
grands mécanismes, la gestion de l’offre et l’assurance
agricole, l’ASRA, financée en bonne partie par l’État, crée
pour assurer un niveau de revenu aux agriculteurs et les
protéger contre les fluctuations des prix. Mais ce système a
dérivé au fil des ans. L’existence de l’ASRA a façonné le
développement de l’agriculture québécoise et engendré un
véritable mode de vie, une sorte d’agro-BS, dont les effets
pervers sont majeurs.
Les agriculteurs ont eu tendance à privilégier les 17
productions soutenues par l’ASRA, – porc, veau, mais-grain,
etc. – parce que leurs revenus sont garantis, ce que les
banques et les caisses encouragent. Et parce que c’est
payant. Par exemple, on sème de l’avoine, même si ce n’est
pas rentable, pour avoir un chèque: l’ASRA remboursera en
effet la différence entre le prix du marché et le coût de
production.
Cette même
logique encourage des productions qui n’ont jamais été
rentables, comme le veau et l’agneau. L’ASRA qui devait
aider les agriculteurs les mauvaises années, devient alors
un coûteux organisme subventionnaire.
Ce système crée deux classes d’agriculteurs, les gras durs,
protégés par l’ASRA, et les autres qui doivent se
débrouiller seuls, comme les maraîchers, les bios, les
petites productions non standard. Pas étonnant que
l’agriculture québécoise ait du mal à se diversifier.
Enfin, il déresponsabilise les agriculteurs et les empêche
de percevoir les signaux des marchés. Le cas le plus fou,
c’est celui du porc: les prix baissent, les coûts grimpent,
les agriculteurs perdent de plus en plus d’argent pour
chaque porc, et pourtant, ils augmentent leur production.
Pourquoi? Parce que l’ASRA compense. Et c’est ainsi que le
coût de l’aide aux producteurs porcins amonté en flèche:
253millions en 2006, 361 millions en 2007 et 559 millions en
2008.
Le rapport Saint-Pierre documente tout cela de façon
convaincante, il propose de solutions sensées, non pas pour
réduire l’aide à l’agriculture, mais pour la repenser,
notamment en soutenant les fermes, peu importe leurs
activités, plutôt que les productions.
Pourtant, la réaction de l’UPA a été véhémente. Un refus en
bloc. Une dénonciation de la « désinformation ». Cette
rigidité montre à quel point ce lobby syndicalo-corporatiste
fait partie du problème, et constitue un frein important à
l’évolution nécessaire de ce secteur.
On pourrait bien sûr interpréter l’appui des trois
ex-ministres comme une caution morale à leur cause. J’y vois
plutôt un autre symptôme du même mal, le fait que l’UPA
contrôle à ce point l’agriculture au Québec que les
ministres de l’Agriculture deviennent moins des décideurs
que des courroies de transmission.
A-t-on abandonné la campagne?
(NDE : Bla, bla, bla...)
Les
producteurs agricoles ne sont pas des « BS »
La Financière agricole du Québec a dégagé des surplus pendant
cinq des sept dernières années.
Les auteurs sont d’anciens ministres québécois de
l’Agriculture. Ils répliquent à la chronique d’Alain Dubuc
intitulée « L’agro-BS », publiée le 27 mai.
Chaque
année, le territoire agricole est grugé par des autoroutes,
des centres commerciaux, des maisons et des ports
méthaniers, au détriment des producteurs agricoles.
Dans sa chronique, Alain Dubuc fait sienne une légende
urbaine: « Les producteurs agricoles sont tous des BS de
l’État. » Nous avions toutefois lancé la première pierre, le
lundi précédent, en affirmant qu’il y avait péril en la
demeure pour de nombreux producteurs agricoles dans toutes les
régions du Québec.
Nous avons posé ce geste parce que notre longue expérience au
gouvernement, tous partis confondus, nous indique qu’une
grande bataille va bientôt se dérouler en sol québécois pour
éviter l’effondrement des piliers de l’agriculture du Québec.
Le texte de M. Dubuc confirme nos craintes.
Que « les agro-BS » ne s’y méprennent pas, on veut leur tête
et les abatteurs peuvent compter sur toutes les forces
néolibérales, celles-là mêmes qui ont conduit au marasme
économique actuel! Le scénario va-t-il se répéter en
agriculture ? Accuser tous les agriculteurs d’être des « BS »
de l’État, ce serait comme accuser tous les employés du
conglomérat Radio-Canada/ La Presse d’être à la solde de Power
Corporation. Alain Dubuc et Joël Le Bigot même combat. Trop
fort ne casse pas!
On n’a qu’à observer ce qui est train d’arriver avec le
démantèlement de la Commission canadienne du blé à Ottawa. Le
Québec veut emprunter cette voie. Il le fait à pas feutrés
parce qu’il doit compter sur la droite économique et la
majorité urbaine pour y arriver sans trop de conséquences
désastreuses sur son électorat.
Le principe d’une assurance agricole est de procurer une
protection aux agriculteurs s’il se produit des accidents
climatiques, une épidémie ou d’autres accidents de même
nature. À cela, M. Dubuc oppose la légende urbaine qui veut
que les producteurs agricoles sèment de la folle avoine pour
toucher un chèque d’assurance.
Quand la
compagnie d’assurance doitpayerdesdédommagements, elle trouve
toujours ça trop cher. Quand elle collecte les primes, jamais
elle ne se plaint. La Financière agricole du Québec a dégagé
des surplus pendant cinq des sept dernières années. Voilà que
les mauvaises années arrivent et on veut démanteler le
programme pour réduire la couverture d’assurance. C’est ça, le
néolibéralisme débridé. On encaisse les bonnes années et on se
pousse quand l’assurance doit payer.
Le territoire agricole, quant à lui, est grugé peu à peu
chaque année. L’appétit des développeurs en région urbaine est
sans limites. « Que ces agro-BS aillent paître ailleurs! Nous
on est des développeurs d’autoroutes, de centres commerciaux,
de maisons, de ports méthaniers et on a besoin de terrain. Pas
n’importe lesquels. Les meilleurs pour des fins commerciales
et industrielles!»
La volonté que nous percevons, c’est d’assouplir la Loi
(langage politically correct, s’il en est) pour faciliter la
tâche des municipalités, d’ailleurs à l’origine de plus de 95%
des demandes de dézonage. La vérité, c’est que la ville veut
laisser tomber la campagne et envahir son territoire.
Quant au mouvement de solidarité de l’UPA. Trop fatigant. Trop
puissant. Trop bien organisé. On aimerait mieux une
négociation un contre un, et non pas une mise en marché
collective. La situation des agriculteurs aux États-Unis et en
Nouvelle-Zélande, par exemple, nous apprend des choses :
l’individualisme appauvrit. La solidarité, elle, protège les
petits d’abord.
Ou i , M. Dubuc , nous avons choisi notre camp. La leçon des
derniers mois à propos des institutions financières nous a
grandement aidés à choisir. Le vôtre n’est évidemment pas
celui de la solidarité. Appuyer votre position sur le
regroupement de l’Union paysanne confine à la mendicité
intellectuelle.
Nous ne croyons pas que les producteurs agricoles soient des «
BS ». Le terme est méprisant, et les faits ne militent pas en
ce sens.
Au moins , l a plume de M. Dubuc sert-elle à ceci: lever le
voile sur la pensée dominante et les enjeux à venir. La ville
a-telle laissé tomber la campagne? Le cas échéant, ces «
agro-BS » ne devront compter que sur euxmêmes pour progresser.
Or, le meilleur espoir – que ça vous plaise ou non – c’est
l’UPA, qui a claironné avec nous qu’elle attend son partenaire
à la table de discussion.
Agriculture
: l’application du rapport Pronovost demandée
EN BREF
Une importante coalition de producteurs agricoles,
d’environnementalistes, de groupes de consommateurs et de
spécialistes en alimentation demande à Québec de ne pas céder
aux pressions de l’Union des producteurs agricoles ( UPA) et
d’aller de l’avant avec les réformes proposées par le rapport
Pronovost. La coalition affirme que l’agriculture québécoise se
dirige vers un cul-de-sac si le gouvernement maintient le statu
quo, une conclusion à laquelle est parvenue la commission
Pronovost sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire.
La commission Pronovost, créée par le gouvernement Charest,
propose notamment de décentraliser et de diversifier
l’agriculture et de s’écarter du modèle axé sur les grandes
productions commerciales. Elle propose également que le soutien
financier et l’assurance agricole soient démocratisés et
accessibles aux plus petites fermes et aux productions
écologiques. Le rapport suggère aussi de favoriser la mise en
marché de proximité des productions locales pour soutenir
l’agriculture en région, d’ouvrir le zonage pour faciliter la
création de petites fermes et de briser le monopole syndical et
administratif de l’UPA. La coalition estime que le modèle actuel
de grandes cultures industrielles ne peut que mener au
dépeuplement des régions et à des difficultés croissantes
puisque le Québec ne pourra faire concurrence indéfiniment aux
pays émergents dont le climat favorise de meilleurs rendements.
Trois anciens ministres appuient l’UPA
Modifications
à la loi sur la protection du territoire agricole
QUÉBEC— Appelés en renfort par l’Union des producteurs
agricoles ( UPA), trois anciens ministres de l’Agriculture
demandent au gouvernement Charest de ne pas « mettre la hache
» dans un programme d’assurance et la loi sur la protection du
territoire agricole comme le recommandent selon eux deux
rapports récents.
On
craint que les villes n’aient une influence plus grande sur
la gestion du territoire agricole, elles qui ont plus
souvent tendance à favoriser la construction résidentielle
et industrielle.
En conférence de presse hier, les péquistes Jean Garon
(ministre de l’Agriculture de 1976 à 1985), Rémy Trudel (de
1998 à 2001), et l’ancien ministre libéral Yvon Picotte (de
1990 à 1994) ont plaidé pour que ces deux « piliers » de
l’agriculture québécoise demeurent à peu près intacts.
Commandé par le gouvernement, le rapport Ouimet propose
d’apporter des « ajustements chirurgicaux » à la loi sur la
protection du territoire agricole pour que les demandes
d’exclusion de lots protégés soient inscrites dans les schémas
d’aménagement des municipalités plutôt que d’être traitées «
au cas par cas ».
Jean Garon craint que les villes n’aient une influence plus
grande sur la gestion du territoire agricole, elles qui ont
plus souvent tendance à favoriser la construction
résidentielle et industrielle. « C’est remettre aux loups les
clés de la bergerie », a lancé le président de l’UPA,
Christian Lacasse. Selon lui, quelque 4000 hectares de terres
agricoles sont « dézonés » chaque année, l’équivalent de l’île
de Montréal tous les 10 ans.
De son côté, le rapport St-Pierre – aussi commandé par le
gouvernement – propose une vaste réforme du programme
d’assurance stabilisation des revenus agricoles (ASRA). Ce
programme créé en 1975 vise à combler l’écart entre les coûts
de production et le prix du marché. Son déficit cumulé frise
les 800 millions de dollars.
« Est-ce
qu’il faut tuer l’ASRA et repartir sur une autre base pour que
ça coûte moins cher? La réponse c’est non », a lancé Rémy
Trudel, plaidant que le secteur agricole vit des crises
successives depuis quelques années. « Quand le risque est
élevé, c’est le rôle de l’État de soutenir. »
Selon Yvon Picotte, « le gouvernement doit privilégier
l’agriculture de proximité, et ça ne se fait pas en coupant
dans des programmes. S’en remettre aux lois du marché et à
l’exportation, c’est un piège ».
Selon Rémy Trudel, avec les rapports Ouimet et St-Pierre, « il
y a péril en la demeure ». Jean Garon estime que le
gouvernement, qui fait la sourde oreille aux demandes de
l’UPA, « ne peut pas mettre la hache impunément dans un
héritage de 30 ans ».
Jusqu’à maintenant, Québec a envoyé des signaux en faveur des
recommandations des rapports Ouimet et St-Pierre, ce qui «
n’est pas rassurant », a souligné Christian Lacasse.
Après un discours devant l’industrie alimentaire canadienne
réunie en congrès à Québec, le premier ministre Jean Charest
n’a pas voulu répondre à la sortie des trois anciens ministres
sur l’avenir du secteur agricole. « C’est un long débat, un
grand débat », a-til affirmé aux journalistes avant de quitter
la salle.
Les producteurs québécois sont inquiets
Traité de
libre-échange biologique avec les États-Unis
La signature d’un traité de libreéchange des produits
biologiques entre le Canada et les États-Unis n’a pas fini
de faire des vagues au Québec : le milieu du bio québécois
prépare déjà sa réplique.
La Fi l ière biologique du Québec, une table de
concertation, a devancé sa prochaine réunion et ses
membres doivent se réunir dès ce matin pour analyser en
profondeur l’accord conclu mercredi dernier à Chicago. «
On se prépare à mobiliser nos troupes, parce qu’on ne peut
pas laisser les choses se passer comme ça », a affirmé
hier le vice-président de la Fédération d’agriculture
biologique du Québec et membre de la Filière biologique,
Robin Fortin.
Les producteurs affirment que le traité ouvre la porte à
une concurrence déloyale de la part des producteurs
américains, en permettant à ces derniers d’exporter leurs
produits au Canada sans contraintes additionnelles et en
utilisant le logo biologique canadien. « On ne peut pas
comparer nos produits avec ceux des États-Unis. Nos normes
sont beaucoup plus sévères: nous avons au moins 15 ans
d’avance sur eux et encore, je suis conservateur »,
soutient M. Fortin.
Parmi les
recours possibles, il envisage de demander à Québec de se
retirer de l’entente debut enblanc. «Sinon,
onassisteraàunnivellement inacceptable des produits
biologiques offerts aux consommateurs.»
Une marge de manoeuvre limitée
Le ministère de l’Agriculture n’a pas encore porté
publiquement de jugement sur les principes du traité, qui
fait encore l’objet d’analyse, mais il démontre aussi une
certaine inquiétude. « Nous devrons bien nous assurer que
le Québec ne soit pas pénalisé parce qu’on a toujours été
avant-gardistes pour encadrer les produits biologiques »,
a reconnu hier Sylvain Bourassa, porte-parole du ministre
Laurent Lessard.
Québec tempère toutefois les attentes des producteurs. «
La loi canadienne a préséance sur celle du Québec », a
noté hier M. Bourassa.
PRIX DES TERRES AGRICOLES AU QUÉBEC UNE HAUSSE RAPIDE ET
PROBLÉMATIQUE - Vincent Brousseau-Pouliot
« C’est
devenu trop cher à certains endroits, dit Isabelle Imbeault,
qui cultive des légumes bios dans la région de Lanaudière.
Les seules personnes qui peuvent acheter, ce sont les gros
producteurs qui ont déjà beaucoup de superficie. »
A près une vingtaine d’années à labourer sa ferme de S a i
nt-S é ba s t i e n , en Montérégie, Daniel Lavoie a décidé
qu’il en avait assez de cultiver du maïs et du soya. Il a
ainsi vendu ses 150 hectares (280 terrains de football !) de
terres agricoles. Une décision qui ne pouvait être prise au
meilleur moment. Selon un rapport de La Financière agricole,
la valeur des terres agricoles a augmenté de 10 % au Québec
en 2008. Statistique Canada, qui utilise des données
différentes, calcule plutôt une hausse de 7% entre janvier
et novembre 2008.
Dans un tel marché haussier, Daniel Lavoie a pu récolter 2,7
millions pour ses terres achetées environ 300 000 $ en 1984.
L’occasion était trop belle, d’autant plus qu’il devait
bientôt faire des investissements importants en équipement
et que la passion de l’agriculture n’était plus au
rendez-vous depuis quelque temps. « Il aurait fallu mettre
400 000 $ pour une moissonneuse neuve, dit-il. Les coûts de
semence et de fertilisants sont super élevés. J’en avais ras
le bol et je ne pense pas que le prix des terres agricoles
va rester où il est présentement. »
Pour des producteurs qui, comme Daniel Lavoie, ont fait le
tour du jardin, la récente hausse du prix des terres
agricoles est une chance inespérée de rentabiliser des
années de dur labeur. Pour les autres qui veulent continuer
leur vie dans les champs, c’est une autre histoire. « Nous
avons été un peu surpris (par la vigueur de la hausse), dit
Denis Bilodeau, deuxième vice-président de l’Union des
producteurs agricoles ( UPA). La valeur foncière augmente
plus vite que les revenus agricoles. »
La hausse de la valeur des terres québécoises pose plusieurs
problèmes aux producteurs agricoles. Le premier est d’ordre
fiscal. Habitués à se faire rembourser une bonne partie de
leurs taxes foncières sur leur déclaration de revenus au
provincial, ils sont de plus en plus nombreux à ne pas se
qualifier pour ce crédit d’impôt en raison de la hausse de
la valeur de leur propriété. « Seulement en 2008, il y a 18%
de producteurs de plus qui se sont vu refuser le crédit
d’impôt, qui rembourse jusqu’à 70% des taxes foncières »,
dit Denis Bilodeau, aussi producteur de maïs, de soya, de
porc et de bovin à ses heures dans la région de Warwick.
Le
deuxième problème est d’ordre générationnel : les terres
deviennent trop chères pour les jeunes producteurs qui ne
sont pas issus de familles agricoles. Ceux-ci n’ont
souvent pas le choix de louer des terres s’ils veulent
démarrer leur entreprise.
« Plus la valeur des terres va augmenter, plus les gens
vont être intéressés à les louer », dit Denis Bilodeau, de
l’UPA.
« C’est devenu t rop cher à certains endroits, dit
Isabelle Imbeault, qui cultive des légumes bios sur 2,5
hectares avec son conjoint depuis quatre ans sur ses
terres – achetées non sans chercher – dans la région de
Lanaudière. Les seules personnes qui peuvent acheter, ce
sont les gros producteurs qui ont déjà beaucoup de
superficie. Tu arrives dans un village et ils sont trois
ou quatre à détenir à peu près toutes les terres… »
Même si elle est en hausse, la location des terres est un
phénomène deux fois moins répandu au Québec qu’au Canada
et aux États-Unis. « J’ai l’impression ça va arriver aussi
ici, dit le producteur Daniel Lavoie. I l y aura moins de
propriétaires, mais ceux-ci auront encore plus de terres.
»
Même s’il a vendu sa ferme de Saint-Sébastien, Daniel
Lavoie ne quitte pas complètement le milieu agricole. De
la somme de 2,7 millions obtenue pour sa ferme, il a pris
1 million pour acheter un verger à Rougemont. Une
propriété plus petite – « seulement » 50 hectares –, mais
surtout avec moins de soucis. « Un verger, c’est plus
tranquille, dit-il. Le prix des pommes est plus stable. En
plus, j’avais besoin d’un autre style de vie. J’étais
tanné de jouer dans la boue alors je m’en vais jouer dans
le gazon. »
LA FAUTE DE L’ÉTHANOL… ET DES POLITICIENS
!
La cause de la hausse surprenante de la valeur des
terres agricoles ? L’éthanol, le carburant chouchou vert
de la classe politique canadienne et américaine. Aux
États-Unis, tous les candidats présidentiels qui se
prennent au sérieux ne jurent que par l’éthanol, produit
en grande partie en Iowa, l’un des États les plus
importants des primaires. Au Canada, le Parlement fédéral
a adopté l’an dernier une loi exigeant de hausser à 5% le
seuil minimum de carburants renouvelables comme l’éthanol
dans l’essence. « La production plus importante d’éthanol
a contribué à faire monter le prix des céréales. Comme le
prix des céréales est plus élevé, ça incite les
producteurs à agrandir en achetant d’autres terres », dit
Normand Johnston, vice-président au financement de La
Financière agricole du Québec. La montée du prix des
denrées alimentaires, influencée par la popularité de
l’éthanol, a surtout eu lieu durant la première moitié de
l’année 2008. Les cours du maïs et du soya ont augmenté
respectivement de 58% et 39% entre janvier et juin 2008 à
la Bourse de Chicago. Mais ces deux denrées ont terminé
l’année dans le rouge (-11 % pour le maïs et -19% pour le
soya), un résultat final qui n’a curieusement pas semblé
déranger le marché immobilier agricole.
LES SPÉCULATEURS N’ONT PAS LE QUÉBEC DANS LEUR LIGNE DE MIRE
- Vincent Brousseau-Pouliot
«
L’industrie agricole est très intéressante pour les
investisseurs. C’est un secteur très peu volatil dont
les rendements dépendent peu des marchés boursiers. »
Rus s i e . Ukra i ne . S o uda n . Éthiopie. Tanzanie.
Mali. Laos. I ndonésie. Nouvelle-Zélande. Brésil.
Argentine. Les firmes d’investissement agricole sèment
des millions de dollars sur les terres agricoles partout
sur la planète. Au Québec, la récolte est mince, pour ne
pas dire inexistante.
La plus grande firme d’investissement agricole au pays,
AgCapita, n’entend pas investir à court terme dans les
terres agricoles du Québec. « Ce n’est pas dans nos
plans », dit Stephen Johnston, l’un des trois associés
de cette firme de Calgary qui compte Jim Rogers, le
célèbre gourou des matières premières, au sein de son
conseil d’administration.
Depuis sa création en 2007, AgCapita a pourtant investi
18 millions de dollars dans l’achat de terres agricoles
au Manitoba, en Alberta et en Saskatchewan. Le concept
est simple : la firme se finance auprès d’investisseurs
(ceux-ci ont droit à une contribution REER), achète des
terres et les loue ensuite aux fermiers. « L’industrie
agricole est très intéressante pour les investisseurs,
dit Stephen Johnston. Elle n’est pas affectée par la
récession, la demande augmente de façon régulière de 2%
à 3% et l’offre est stable. C’est un secteur très peu
volatil dont les rendements dépendent peu des marchés
boursiers. Quand on disait ça aux gens il y a deux ans
avant la chute de la Bourse, ils ne nous écoutaient pas.
Maintenant, ils écoutent. »
AgCapita
prévoit faire une autre campagne d’investissement de 15
à 20 millions cette année dans l’Ouest canadien. La
firme mise surtout sur les terres agricoles de la
Saskatchewan, où le prix est six fois moins é l e vé
qu’au Québec s e l o n Statistique Canada. « Ce sont les
terres agricoles les moins chères de tous les pays
développés, dit Stephen Johnston. En plus, les terres de
la Saskatchewan sont plus propices à la production de
céréales et de grains, un marché mondial prévisible. Les
terres du Québec, elles, sont plus propices à la
production de fruits et légumes, un marché moins
intéressant à notre avis. »
Un autre obstacle, législatif celui-là, nuit à
l’industrie agricole de l a Belle P rov i nce : u ne loi
québécoise restreint l’achat des terres de plus de 4
hectares par des non-r é s i da nt s . La Commission de
la protection du territoire agricole du Québec a le
dernier mot sur une transaction et peut autoriser la
vente à des intérêts étrangers, mais le processus
effraie bien des investisseurs. De sorte « qu’il n’y a
pas de présence des fonds d’investissement qui achètent
pour spéculer », confirme Normand Johnston,
vice-président au financement de La Financière agricole
du Québec.
Selon Stephen Johnston, la Saskatchewan avait une loi
similaire au Québec avant de l’abolir en 2003. « Ce fut
une décision essentiellement démographique : les
fermiers de la Saskatchewan sont les plus vieux au
Canada, ils veulent prendre leur retraite et ils voient
que les mêmes terrains en Alberta valent trois fois plus
cher que les leurs ! » dit l’associé de la firme
AgCapita.
Le Québec ne serait toutefois pas délaissé complètement
par le milieu de la haute finance agricole. Selon
Stephen Johnston, la firme américaine John Hancock a
confié récemment lors d’une conférence avoir acheté des
terres pour cultiver des canneberges au Québec.
L’UPA VEUT SAUVER UNE ASSURANCE CLÉ POUR LES
AGRICULTEURS - Hugo Fontaine
Entre
sa ferme laitière et la table de négociation, le
président de l’ Union des producteurs agricoles (
UPA), Christian Lacasse, aura un été chargé. Son
organisme est en discussions avec le gouvernement afin
de sauver les bases d’un important programme
d’assurance de revenus pour les agriculteurs.
L’UPA demande à l’État
québécois de plus que doubler sa contribution à la
Financière agricole, l’institution par laquelle
passe le financement public du secteur agricole.
L’UPA demande aussi à l’État québécois de plus que
doubler sa contribution à la Financière agricole,
l’institution par laquelle passe le financement public
du secteur agricole.
Créé en 1975, le Programme d’assurance stabilisation
des revenus agricoles (ASRA) offre une compensation
financière aux agriculteurs lorsque les prix du marché
d’un produit sont insuffisants par rapport aux coûts
de production.
L’ASRA peut représenter jusqu’à 50% du revenu d’un
agriculteur (comme dans le domaine de l’agneau par
exemple), même si la proportion varie beaucoup d’un
secteur à l’autre.
« Toutes les productions sont soumises à des
fluctuations de prix dans le temps, explique le
président de la Fédération des producteurs de porcs du
Québec (membre de l’ UPA), Jean-Guy Vincent. C’est là
qu’on a besoin d’un soutien gouvernemental pour
maintenir nos fermes. C’est du vivant. On ne peut pas
arrêter de produire un matin et repartir tout ça dans
trois mois. On a besoin d’une assurance. »
L’ASRA est financée au tiers par les assurés, le reste
étant à la charge de la Financière agricole.
Or, le déficit de ce programme, offert en complément à
un programme fédéral, navigue autour de 780 millions
de dollars, soit un peu moins que la valeur totale des
compensations totales versées en vertu du programme
pendant l’année financière 2007-2008.
Depuis 2003, les besoins ont explosé, particulièrement
dans le secteur de la viande.
Afin de remédier à l’impasse f i nancière, le rapport
SaintPierre, commandé par Québec et publié en février
dernier, recommande de réduire progressivement la
portée de l’ASRA, puis de le remplacer par un
programme qui favoriserait l’autogestion du risque par
les agriculteurs.
Selon
l’interprétation qu’en fait Christian Lacasse, le
calcul du revenu garanti ne serait plus basé sur les
coûts de production.
« La baisse de compensation serait plus importante
dans les régions périphériques, calcule-til. Le
gouvernement serait bien mal venu d’aller en ce sens.
»
Selon M. Lacasse, les arguments de l’ UPA portent
leurs f ruits. « Dans les t ravaux du comité
bipartite, les représentants du gouvernement remettent
beaucoup en cause l’ASRA », dit-il.
Du côté du ministère de l’Agriculture, des Pêches et
de l’Alimentation (MAPAQ), Jacynthe Lafontaine,
conseillère en communications, n’a pas confirmé que
l’ASRA allait survivre. « Je ne peux pas m’avancer sur
ce sujet-là », a-t-elle dit.
L’UPA a mis de l’avant certaines propositions pour
mettre l’ASRA au goût du jour, notamment de moduler
les primes selon la taille des entreprises agricoles.
« Nos objectifs, c’est de rendre ces programmes plus
efficaces, de favoriser une meilleure utilisation des
fonds publics et de faire en sorte que ces programmes
soient plus défendables du point de vue de l’opinion
publique et des décideurs », dit Christian Lacasse.
Le MAPAQ n’a pas voulu se prononcer sur les
propositions de l’UPA, qui souhaiterait aussi que les
programmes de sécurité du revenu s’étendent au-delà
des 17 secteurs actuellement couverts.
L’ UPA estime aussi que le gouvernement provincial
sousfinance la Financière agricole, ce qui force
l’organisme à emprunter pour payer ses primes. « On ne
peut plus financer les programmes avec une enveloppe
de 305 millions, dit M. Lacasse. L’enveloppe
nécessaire est plutôt de 650 millions de dollars. »
« Ça prend une intervention à la hauteur de ce que le
Québec veut se donner comme agriculture », ajoute
Jean-Guy Vincent.
Les deux parties espèrent pouvoir en venir à une
entente au début de l’automne.
La
«
révolution » destructrice
Le nouveau régime forestier instaure de nouveaux obstacles à
la conservation et à la protection des forêts vierges
La
nouvelle Loi sur la forêt doit s’assurer de la présence
d’un réseau d’aires protégées représentatives, adéquates
et de dimension suffisante.
Les auteurs sont coresponsables de la campagne Forêt chez
Greenpeace. Ils signent une lettre ouverte à M. Claude
Béchard, ministre des Ressources naturelles et de la Faune
du Québec.
Nous sommes de ceux qui aspirent à une meilleure
foresterie. Ceux qui croient, comme des milliers d’autres,
en un régime forestier qui fait prospérer le Québec et les
Québécois, et non les multinationales, dans un profond
respect de la forêt.
Nous sommes de ceux qui ont participé activement à la
commission Coulombe, au Sommet sur l’avenir de la forêt
québécoise et aux consultations sur le Livre vert et qui
ont manifesté leur désaccord face à l’exploitation abusive
de la forêt.
Nous faisons partie d’un mouvement populaire, qui croit
que le temps est venu de faire les choses autrement, et
nous sommes convaincus que votre nouveau régime forestier,
votre « petite révolution », nous lance dans une dérive
environnementale majeure.
Dans les dernières décennies, nous avons alloué presque
l’entièreté de nos forêts productives à l’industrie et
avons coupé, fragmenté et perturbé plus de 85% de ces
forêts publiques. Sur ce même territoire forestier, on
retrouve un peu moins de 5% d’aires protégées. En outre,
il ne reste que près de 10% de forêts encore intactes en
zone commerciale.
S’il y a un enjeu forestier auquel le nouveau régime
forestier devra répondre, c’est bien celui de la
protection de nos dernières forêts vierges. Que ce soit en
Amazonie, au Congo, en Indonésie ou en Russie, tous sont
confrontés à la disparition et à la dégradation des
dernières forêts vierges de la Terre. Le Québec, et vous
M. Béchard, avez une grande responsabilité à honorer, tant
pour la province que pour le reste de la planète.
Or vous
avez complètement évincé cette question dans votre nouveau
régime « révolutionnaire » et instauré plutôt de nouveaux
obstacles à la conservation: zonage bloquant toute
possibilité de protection, réallocation mur à mur de la
forêt à l’exploitation, aucune marge de manoeuvre à la
conservation par le Forestier en chef.
Comment allez-vous plus que doubler la superficie d’aires
protégées (de 5% à la nouvelle cible de 12%) en forêt
commerciale d’ici 2015 sans vous donner les outils pour le
faire? Sans parler de la cible de 50% d’aires protégées
fixée par Jean Charest dans le cadre du Plan Nord, qui
touche la grande majorité de la forêt boréale commerciale?
Le nouveau régime propose la mise en place de zones de
sylviculture intensive sur 20% du territoire forestier,
l’équivalent de 150 fois la superficie de l’île de
Montréal. Monocultures, dilapidation et conversion des
forêts naturelles, espèces hybrides, vocation unique de
production ligneuse, aucune protection de la biodiversité,
indifférence face aux autres utilisateurs de la forêt,
etc.
L’application de telles mesures sur de si grandes
superficies représente une déchéance environnementale
témoignant de l’insouciance d’un ministre borné et aveuglé
par une industrie en crise. M. Béchard, nous sommes en
2009, pas en 1960! L’industrialisation agressive de nos
forêts publiques et la création de déserts biologiques ne
font pas partie de la solution.
Les marchés internationaux se conscientisent, les
consommateurs ne veulent plus encourager la disparition
des espèces et la destruction des forêts intactes. La
montée fulgurante de la certification FSC partout dans le
monde, et notamment au Québec, est un gage de ce
changement de mentalité. Or le nouveau régime que vous
proposez va complètement à l’encontre de cette mouvance,
et risque même d’imposer de nouveaux obstacles à la
certification FSC.
Pour assurer la pérennité du patrimoine forestier
québécois, nous vous demandons de faire les choses dans le
bon ordre. La nouvelle Loi sur la forêt doit renverser le
mode actuel de planification et s’assurer de la présence
d’un réseau d’aires protégées représentatives, adéquates
et de dimension suffisante AVANT toute nouvelle allocation
des forêts.
Il nous apparaît tout simplement scandaleux qu’après 10
ans de dénonciation, deux rapports indépendants, un sommet
de la société civile, une commission parlementaire, des
dizaines de mémoires et des centaines d’heures de
consultation, votre gouvernement ne se soit pas doté d’un
régime forestier qui inclut des obligations
environnementales à la hauteur des attentes des
générations actuelles et futures. M. Béchard, avec un tel
projet de loi, on ne peut que s’attendre à une autre levée
de boucliers!
Adieu l’électricité bon marché
- Gérard Bélanger & Jean-Thomas Bernard
Le
coût moyen des approvisionnements grimpe chez
Hydro-Québec
La société québécoise doit s’adapter à une nouvelle
réalité: la fin de la production de l’électricité bon
marché. Cette adaptation est d’autant plus difficile
que durant plusieurs décennies, le Québec s’est
démarqué par de faibles coûts dans la production de
l’hydro-électricité. Ce qui était vrai jusqu’à
aujourd’hui n’existe plus pour les projets futurs.
ARCHIVES LA PRESSE
Les approvisionnements actuels
en électricité reposent généralement sur des
centrales à faibles coûts, notamment en ce qui a
trait au contrat des chutes Churchill, qui est à
0,35 cent le kilowattheure (kWh).
Les approvisionnements actuels en électricité reposent
généralement sur des centrales à faibles coûts. Voici
quelques ordres de grandeur. Le contrat des chutes
Churchill, qui représente 12% de la puissance
disponible, est à 0,35 cent le kilowattheure (kWh) et
les centrales de la Baie-James, qui fournissent plus
du tiers de la puissance installée, ont un coût
d’environ 1,5 cent/kWh. Selon Hydro-Québec Production,
en 2008, le coût moyen du kilowattheure s’est établi à
2,2 cents.
L’abondance des sites hydrauliques, qui furent
exploités en commençant par ceux qui étaient plus
rapprochés et moins coûteux, a permis un coût moyen de
production relativement bas. Qu’en est-il des projets
futurs ?
En mai 2009, Hydro-Québec a entrepris la construction
d’un complexe hydroélectrique de 1550 mégawatts sur la
rivière Romaine. Les coûts anticipés de cette
électricité se situent aux environs de 10 cents/kWh.
Parallèlement, le récent appel d’offres de 2000MW en
énergie éolienne s’est soldé à un prix moyen de 10,3
cents/kWh. C’est donc un autre univers avec des coûts
de production qui s’éloignent énormément des coûts
moyens d’approvisionnement actuels.
Ces
nouvelles conditions de production débouchent sur la
question suivante : existera-t-il un marché à
l’exportation pour de l’électricité produite à 10
cents? La réponse se complique avec l’imprécision des
politiques environnementales qui modifieront les coûts
des différentes filières d’électricité. À cet égard,
il est utile de se rappeler qu’au milieu des années
60, des spécialistes entrevoyaient un engouement pour
l’énergie nucléaire à très bas prix. Cette attente ne
s’est pas réalisée.
Les développements récents portant sur une grande
disponibilité en Amérique du Nord de gaz naturel
provenant des schistes, et par conséquent sur
l’évolution de son prix, favorisent l’expansion des
centrales alimentées par ce combustible. Le coût se
situerait aux environs de 8 cents/kWh.
À un coût de production de 10 cents/ kWh, la source
hydraulique n’apparaît plus comme un choix
incontournable. Le Québec perd ainsi son avantage
relatif dans la production de l’électricité. Il est
normal qu’il en soit ainsi puisque les sites sont
développés par un ordre de coûts croissants.
Une importante question demeure : comment peut-on
faire comprendre à la population que l’époque de
l’électricité bon marché est révolue et que les
politiques de tarification, de développement
industriel et d’exportation devraient refléter cette
nouvelle réalité ?
La poétesse, la rivière et les saumons -
Patrick Lagacé
Au cours
des dernières semaines, notre chroniqueur est allé où
vont peu de Québécois : en Jamésie et sur la Côte-Nord.
Il nous présente ici une de ses chroniques estivales sur
le Québec du bout du monde.
EKUANITSHIT — Rita qui?
ILLUSTRATION ANDRÉ RIVEST, LA
PRESSE
C’est ce qu’on s’est demandé, n’est-ce pas, quand
JeanMarie Gustave Le Clézio, auteur français (
L’Africain, Ritournelle de la faim), Prix Nobel de
littérature 2008, a évoqué une « poétesse innue » en
torpillant dans Le Monde le projet d’Hydro-Québec qui va
scrapper la rivière Romaine?
Mestokosho, Rita Mestokosho. Auteure de Comment je
perçois la vie, grandmère (1995) et de La mer navigue,
le ciel vole, la terre marche et moi je rampe pour humer
la vie (2003).
C’est une belle brune de 42 ans. En ce début d’aprèsmidi
bizarrement ensoleillé, entre Sept-Îles et
Havre-SaintPierre, elle mange une salade César, pas loin
d’Ekuanitshit, le village innu dont elle est membre du
conseil de bande.
« J ’ étais sur la r ivière Romaine quand Le Clézio a
publié sa lettre dans Le Monde. J’ai passé quelques
jours dans une île avec des amis et des membres de ma
famille. À mon retour, j’avais des dizaines de messages
qui m’attendaient, grâce à sa lettre... »
La plupart des messages, dit Rita, provenaient de gens
qui voulaient savoir comment ils pouvaient l’aider à
freiner la construction de cette centrale
hydroélectrique de 1550 MW qu’Hydro a commencé à ériger
sur la rivière Romaine.
« La lettre a eu un impact... Si c’est trop tard pour
sauver la rivière ? Non. Je rêve. Je crois plus à la
Terre qu’aux hommes. Mais je rêve que les hommes
réalisent ce qu’on fait à la Terre. Peut-être que je
rêve trop... »
Quand elle parle, Rita Mestokosho est sérieuse,
appliquée, concentrée. Mais à la fin de ses phrases, on
dirait que la petite fille qu’elle fut prend le dessus :
elle finit toujours ses phrases en riant comme une
gamine, comme si elle se trouvait trop sérieuse...
« Il y a 20 ans, on a réussi, les Indiens, à stopper le
projet de Grande-Baleine. Mais l’unité autochtone était
plus forte. Aujourd’hui, ça travaille plus par
communautés. Il y a de l’esprit de compétition. Il y a
des entrepreneurs autochtones qui veulent avoir des
contrats. Il y en a qui veulent leur part des contrats
de la Romaine... »
Elle f i nit sa bouchée, échappe un petit rire,
redevient sérieuse.
« Je me dis qu’on sera toujours perdants là-dedans. On a
toujours considéré que ce territoire, c’était chez nous.
»
Attends,
Rita, une seconde, on va revenir sur la Romaine et Le
Clézio, parle-moi de Le Clézio: comment une poétesse
innue en vient-elle à inspirer un Prix Nobel de
littérature?
« Je l’ai rencontré en 1999, ditelle, au musée
Pointe-à-Callière, à Montréal. Je faisais une lecture
publique, il était là. Il m’a fait inviter au Festival
des étonnants voyageurs, à Saint-Malo. On a échangé des
courriels. Puis je l’ai perdu de vue. Après le Nobel, il
est venu à la Grande Bibliothèque, à Montréal; j’ai reçu
un courriel, il m’invitait à souper à Montréal... »
C’éta i t l ’ automne dernier. JMG Le Clézio et Rita
Mestokosho, accompagnés de Mme Le Clézio et de M.
Mestokosho, ont cassé la croûte au Café Cherrier. Ils
ont parlé de tout, de la vie, de littérature, du temps
passé depuis 1999. Et de la Romaine...
« Je cherchais l’appui de gens qui pourraient m’aider à
l’international, quelqu’un qui aurait la même
sensibilité que moi. Le Clézio connaît les Amérindiens,
il partage mes préoccupations face à la Terre... »
Le Clézio a réfléchi, a donné peu de nouvel les dans les
mois qui ont suivi. Puis, au début de l’été, Rita
Mestokosho a reçu la lettre que le romancier avait
préparée pour Le Monde. Elle l’a lue et a donné le feu
vert.
La lettre, publiée pendant une visite de Jean Charest à
Paris, en juillet, très critique pour Hydro, pourfendait
le saccage de l’environnement naturel des Innus. On a
retenu quelques erreurs de faits, quelques accès de
lyrisme, occultant le fond de la montée de lait de Le
Clézio: notre soif constante d’électricité.
Je lui dis que les Innus ont dit oui à la Romaine. Que
sa propre communauté d’Ekuanitshit a voté oui à 76%...
« Hydro-Québec nous l’a dit et répété: ça va se faire
avec ou sans votre accord. Nos propres avocats nous
l’ont dit. Les avocats ! Un avocat, c’est un avocat. Il
pense à lui-même. Ton avocat n’est pas ton ami. Ton
avocat veut un règlement. »
Je ne voyais pas trop où Rita voulait en venir. Cela a
dû paraître dans mon faciès. Elle a ri et a entrepris de
m’expliquer :
« Les avocats touchent un pourcentage sur les redevances
qu’Hydro verse. Nos avocats nous ont représentés : ils
ont touché un pourcentage. Mais il n’y a pas d’argent,
pas de pourcentage, pas de redevances quand tu défends
une rivière. Quand tu t’assieds avec Hydro, c’est pour
négocier une entente. Pas pour sauver la rivière. »
Le téléphone sonne au restaurant. C’est le conseil de
bande. Elle est en retard, très en retard à cause de ce
journaliste de Montréal, on la réclame. Il faut partir.
« Je mange du saumon de cette rivière. C’est ça, ma
relation avec la Romaine. C’est ce qui me fait le plus
mal: quand je pense aux saumons. Grâce à Le Clézio, je
suis connue. Mais ça ne change rien dans ma vie. Ça va
changer plus si la rivière est détruite... »
Lendemain de crise à Hydro-Québec ANDRÉ PRATTE
Après trois
années fastes, Hydro-Québec ressent les effets de la
récession. Dans son Plan stratégique 2009-2013, publié hier,
la société d’État a révisé à la baisse ses prévisions de
ventes et de bénéfices. De quelque 3 milliards et plus par
an de 2006 à 2008, le bénéfice net glissera à 2,7 milliards
en 2009 et à 2,4 milliards les quatre années suivantes.
Conséquemment, les dividendes versés au gouvernement du
Québec seront aussi en baisse, passant de 2,3 milliards en
2008 à 1,9 milliard cette année et à 1,7 milliard de 2010 à
2013. Ces centaines de millions manquants, le ministre des
Finances, Raymond Bachand, en aurait pourtant grand besoin!
Hydro-Québec ne pouvait évidemment pas échapper à la crise.
Ses ventes auxindustriesont chuté, notamment en raison des
baisses de production dans les secteurs des pâtes et papiers
et de l’aluminium. Il faudra un certain temps pour que ces
industries retrouvent leur rythme de croisière.
La rentabilité exceptionnelle d’Hydro-Québec au cours des
dernières années venait en bonne partie de ses exportations.
Or, la société n’est plus en mesure d’obtenir des prix aussi
avantageux. Le ralentissement économique a entraîné une
forte diminution de la valeur du gaz naturel, principal
concurrent de l’hydroélectricité.
La demande
ayant baissé, Hydro-Québec se retrouve avec des surplus
substantiels. Elle trouvera sans difficulté des acheteurs
en Ontario et aux ÉtatsUnis, mais les prix ne seront plus
ce qu’ils étaient.
Compte tenu de cette conjoncture, Hydro-Québec aurait-elle
dû mettre au rencart ou ralentir la réalisation des
nombreux projets qu’elle a dans ses cartons? Non. Avec
raison, les dirigeants de la société estiment que
l’Amérique du Nord se tournera inéluctablement vers les
énergies propres et que le Québec doit se mettre en
position d’en profiter au maximum. C’est pourquoi le Plan
stratégique compte parmi ses principales orientations
l’augmentation de la capacité de production
hydroélectrique. Les quatre centrales de la rivière
Romaine seront mises en service tel que prévu de 2014 à
2020. Les études ont commencé relativement à six autres
projets, représentant des investissements de plus de 10
milliards. Enfin, à long terme, Hydro envisage de
nouvelles centrales dans le cadre du Plan Nord.
La vision du PDG Thierry Vandal repose sur la conviction
que le transport automobile et les transports collectifs
délaisseront graduellement le pétrole en faveur de
l’électricité. En conséquence, Hydro-Québec s’est donné un
« plan d’action en matière de transport électrique ». En
collaboration avec les sociétés publiques de transport,
elle se penche sur des projets d’électrification des
transports en commun. Avec des fabricants ( Tata, Ford,
General Motors), elle mène d’importants travaux de
recherche sur les véhicules électriques.
Alors que la crise économique semble s’estomper, le Plan
stratégique d’Hydro-Québec est résolument tourné vers
l’avenir. Un avenir où l’hydroélectricité aura un rôle
considérable à jouer. La vision et la stratégie sont les
bonnes. Si elles se concrétisent, l’environnement en
profitera. Et le Québec en profitera.
Hydro pourra doubler ses exportations vers la
Nouvelle-Angleterre
Après avoir
lancé les travaux de La Romaine, Hydro-Québec obtient maintenant
le débouché espéré pour cette énergie supplémentaire. Le
principe du projet de construction d’une nouvelle interconnexion
entre le Québec et la Nouvelle-Angleterre vient d’être approuvé
par le gouvernement américain.
Cette interconnexion qui reliera la ligne Nicolet-Des Cantons et
le sud de l’État du New Hampshire permettrait à Hydro-Québec de
doubler ses exportations vers la Nouvelle-Angleterre.
La Federal Energy Regulatory Commission (FERC) a approuvé hier
la structure de financement du projet soumis par Hydro-Québec et
ses deux partenaires américains, NortheastUtilities et NStar. «
Le projet devrait réduire les émissions de gaz à effet de serre
de 4 à 6 millions de tonnes par année en remplaçant le gaz
naturel pour la production d’électricité », a souligné la régie
de l’énergie des États-Unis.
Selon son président , John Wellinghoff, le projet offre aux
consommateurs d’une région qui manque d’électricité un accès à
une énergie « propre et pas chère ».
La nouvelle interconnexion devrait coûter entre 700 millions US
et 1 milliardUS, qui seront assumés par les trois partenaires.
Par conséquent, la nouvelle interconnexion ne devrait pas faire
augmenter les tarifs d’électricité des consommateurs qu’elle
desservira. Cette structure de financement est une nouvelle
façon de procéder parce que, jusqu’à maintenant, les promoteurs
pouvaient se faire rembourser l’investissement requis par les
consommateurs d’électricité.
Le nouveau lien
pourra faire transiter 1200 mégawatts de plus du Québec vers les
marchés de la Nouvelle-Angleterre, soit deux fois plus
qu’actuellement. Sa construction pourrait commencer en 2011 et
les premières livraisons d’énergie sont prévues pour 2014.
Selon Hydro-Québec, la décision de la FERC n’est qu’une première
étape dans la réalisation du projet. Hydro-Québec et ses
partenaires américains peuvent maintenant s’asseoir pour
négocier les droits de transport et un contrat
d’approvisionnement à long terme, a expliqué une porte-parole
d’Hydro, Flavie Côté.
Les parties espèrent conclure un contrat d’approvisionnement
d’une durée de 20 ou 25 ans.
Si le projet se réalise, cette interconnexion sera la première à
être construite dans le nord-est des États-Unis depuis 20 ans.
En plus d’exiger des investissements considérables, ce genre
d’infrastructures suscite généralement une levée de boucliers
dans les communautés riveraines.
Un autre projet de ligne de transport, le New York Regional
Interconnect, vient d’être abandonné par ses promoteurs parmi
lesquels se trouvait Borealis, filiale de la caisse de retraite
canadienne OMERS.
Gros gloutons, gros barrages - PATRICK
LAGACÉ
Hydro-Québec
va donc construire ces quatre barrages sur la rivière Romaine.
Je devrais déchirer ma chemise et dire que c’est écoeurant,
qu’on détruit la nature, qu’on saccage le patrimoine pour
éclairer les maisons des Américains.
Pourtant, non. Je ne vais pas déchirer ma chemise.
Parce que c’est ma faute, ce barrage. Ma faute et la vôtre
aussi. Parce que nous sommes des gloutons énergétiques. Comme
tous les Occidentaux, ou presque, en cela. La croissance de la
demande énergétique des Québécois est consta nte et imparable
: 1% par année.
Ça n’a l’a ir de rien, mais c’est énorme. C’est 10% en une
décennie.
Je sais, je parle du Québec alors qu’il s’agit de vendre de
l’électricité aux Américains. Sauf qu’après la construction
des quatre barrages, l’électricité de la Romaine va éclairer
nos maisons.
À terme, nous sommes toujours rattrapés par ce foutu 1%.
À terme, nous sommes toujours rattrapés par nos téléviseurs 64
pouces au plasma (et celui de 32 pouces au sous-sol), par la
thermopompe, par le chauffe-piscine, le ventilateur, le
climatiseur, le frigo, le congélateur, le chauffe-eau,
l’ordinateur, les plinthes qui nous chauffent, les lumières de
Noël, les ampoules électriques qui nous éclairent (ou qui
éclairent nos pièces vides).
Traduction: nous sommes toujours rattrapés par tous les
cossins de la vie moderne qui fonctionnent magiquement quand
on les branche dans le mur. l’environnement. Ils sont parfois
moralisateurs mais, sur le fond, ils ont raison:
l’environnement n’est pas exactement en bonne santé. S’ils ne
déchirent pas leur chemise, qui le fera ?
Sauf que quand je les entends parler de la Romaine, j’ai de la
misère à les suivre.
D’abord, il y a eu ces déclarations de Daniel Green, selon
lesquelles l’hydroélectricité n’est pas une énergie verte.
C’est vrai… selon le fisc de 27 États américains qui
appliquent le RPS, ou Renewable Portfolio Standard, m’expl
ique JeanThomas Bernard, professeur titulaire de la chaire en
économique de l’énergie électrique de l’Université Laval.
Le RPS force les fournisseurs d’énergie à inclure, dans leur
offre d’électricité, une fraction produite par certaines
technologies vertes comme la biomasse, l’éolien et le solaire.
C’est une façon de stimuler ces industries naissantes.
« Et la grande hydroélectricité, qu’on trouve surtout au
Québec, n’est pas considérée comme une énergie verte par le
RPS », dit le professeur Bernard.
Sauf que l’hydroélectricité reste une énergie propre, très
propre, au palmarès des façons de produire de l’électricité.
« Avec les forêts détruites, le pourrissement des arbres, il y
a quand même des émissions de CO , selon Jean-Thomas Bernard.
Sauf que c’est minime, par kilowattheure produit, si on
compare au charbon. »
L’autre mantra des environnementalistes, dans l’opposition à
la Romaine, c’est dire que le Québec devrait mieux gérer
l’électricité qu’il produit avant d’en produire encore plus.
Miser sur les programmes d’économie d’électricité.
J’en suis. Sauf que ça n’arrivera jamais.
D’abord, l
’éle c t r ic ité, au Québec, ne coûte pas cher. On se fiche
de ce qui ne coûte pas cher. On le dilapide.
C’est un peu comme les radars photo. Pourquoi les gens
roulentils vite ? Parce que le risque de se faire pincer est
mince.
Pourquoi lèvent-ils le pied, dans les pays où un système de
radars photo est en place? Parce que le risque de se faire
pincer est grand.
Traduction: parce que, s’ils roulent vite, ils vont payer.
Idem pour l’électricité. Pour que l’économie d’énergie
fonctionne, il faudrait qu’elle coûte plus cher, cette
énergie.
Malheureusement, pour l’écologiste moyen, c’est plus facile de
taper sur Hydro que de dire aux Québécois qu’on devrait
augmenter le coût de l’électricité afin d’en utiliser moins.
Parce que quand on parle de hausser les ta rifs de l’Hydro,
que ce soit pour réduire la consommation d’électricité ou
s’enrichir collectivement en la vendant aux Américains, vaut
mieux revêtir son casque Joffa à grille : les roches viennent
vite…
Ensuite, l’Homo quebecus, dans le confort de son salon, quand
il regarde Occupation double, ne veut pas se faire embêter par
la conservation de l’électricité. Il ne veut pas se faire dire
qu’il devrait aller éteindre la lumière de la salle de bains,
où il est allé pendant la pause publicitaire. Et quand il part
travailler, il ne veut pas faire le tour de la maison pour
baisser le chauffage.
Parce que c’est compliqué, être moins énergivore. Dans son
quotidien, quand on est roi de son petit univers, empereur de
son grand bungalow, c’est emmerdant de modifier son
comportement de glouton énergétique.
C’est moins emmerdant de laisser l’État construire des
barrages monstrueux sur des rivières que 98% des Québécois ne
verront jamais de leurs yeux.
Je termine sur un extrait de la chronique d’hier de François
Cardinal, qui couvre l’environnement pour La Presse: « Le
Canada est 16e au palmarès Greendex du National Geographic. Le
pays se classe ainsi avantdernier d’une liste de 17 pays en
raison de la taille des maisons, de la consommation d’énergie
et, surtout, de la propension des Canadiens à se déplacer dans
des voitures toujours plus grosses. » Gros gloutons, gros
barrages. On n’en sort pas.
Mioum!
Le cinéaste québécois Xavier Dolan, dont le film J’ai tué ma
mère se retrouve à la Quinzaine des réalisateurs, à Cannes, a
été interviewé par Normand Provencher, du Soleil. On y trouve
la citation de la semaine: « J’ai toujours vu Cannes dans ma
soupe. »
J’adore quand les gens sont involontairement comiques. Ils
sont alors attendrissants, c’est fou. Surtout les jeunes
réalisateurs très intenses.
Erratum
Vendredi, quand j’ai évoqué le passage extraordinaire d’Anne
Robillard chez Isabelle Maréchal, j’ai parlé d’urinologie. Je
voulais parler d’urinothérapie, bien sûr. Pardonnez-moi, le
buffet ésotérique du charlatanisme est assez vaste, on y perd
parfois son mandarin.
Mes excuses aux gens qui boivent leur pipi pour se soigner.
Où est passée la
fierté? - ALAIN DUBUC
Il faudrait s’assumer. Le développement de nos ressources
hydroélectriques n’est pas une maladie honteuse.
Le Québec est parfois difficile à comprendre. En principe, les
Québécois sont fiers de leur hydroélectricité, une ressource
naturelle tout à fait unique, une source de richesse
collective importante, à l’origine d’un savoir-faire qui
rayonne dans le monde. Mais la fierté n’est plus là. C’est le
doute qui l’a remplacé.
Jean
Charest était à Havre-Saint-Pierre mercredi pour le
lancement du chantier de la Romaine.
On l’a vu cette semaine avec le déclenchement des travaux
d’aménagement de la Romaine. Un projet colossal. Un
investissement de 6,5 milliards, en plein coeur d’une
récession. Ce n’est pas rien. Et pourtant, à peu près aucun
média, sauf La Presse, n’a accordé à cet événement
l’importance qu’il méritait.
Pourquoi? Cela reflète certainement un malaise plus général.
Dans un monde où les grands projets font l’objet de grands
débats, il s’est installé une espèce d’incertitude
environnementale, on ne sait plus ce qui est bien et ce qui
est mal. On n’ose plus applaudir, de peur de faire un faux
pas, en oubliant que nos barrages ne sont pas des centrales
nucléaires ou des sables bitumineux.
Ce sont aussi nos vieilles bibittes sur l’économie qui
s’expriment. Elles le font avec plus de force quand il s’agit
de l’hydroélectricité, avec tout son bagage identitaire. Une
dépêche de la Presse canadienne qui m’a particulièrement
agacé, portant sur les réactions à l’inauguration de la
Romaine, expliquait que les écologistes étaient amers tandis
que les gens d’affaires se réjouissaient. Bref, c’est mauvais
pour l’environnement, mais c’est bon pour la «business». C’est
une vision réductrice de l’économie et simpliste de
l’environnement.
Il faudrait
s’assumer. Le développement de nos ressources hydroélectriques
n’est pas une maladie honteuse. Au plan environnemental, la
construction d’un ouvrage hydroélectrique majeur modifie de
façon importante l’environnement, avec ses réservoirs, ses
impacts sur le cours des rivières, ses effets sur la vie
animale, et parfois le mode de vie. Ce n’est certainement pas
neutre. Mais l’électricité produite, elle, est propre,
renouvelable, presque éternelle. Il faut mettre dans la
balance ce choc initial et les avantages pour les décennies
qui suivent. Il faut aussi tenir compte du fait que dans bien
des cas, cette énergie propre remplacera des énergies qui
émettent des gaz à effets de serre, par exemple le mazout pour
le chauffage ou surtout l’électricité produite avec du charbon
en Ontario ou aux États-Unis. Quand on fait le bilan net de
l’opération, et c’est la logique de développement durable,
l’effet environnemental est positif.
Il est vrai que si on gaspillait moins l’énergie, on aurait
moins besoin de nouveaux projets. Mais même si on en fait bien
davantage en économies d’énergie, ce qui est plus que
souhaitable, les besoins en électricité iront en grandissant,
parce qu’il faut remplacer les centrales thermiques
polluantes, et que l’électricité servira d’autres besoins,
comme l’auto électrique.
En plus, c’est très rentable. Les nouveaux projets créent des
emplois et augmentent les revenus d’une société d’État. Ça
crée de la richesse. Il ne faut pas en avoir honte. Il ne faut
pas non plus être gêné d’exporter cette électricité. C’est
encore plus payant, et cela joue un rôle très utile au plan
environnemental.
Bien sûr, on peut toujours rêver aux éoliennes. Mais elles ne
remplaceront pas les barrages. Cette énergie dépend du vent,
et cette imprévisibilité limite la part qu’elle peut occuper
dans la production. Et qu’il est illusoire de croire que
l’abondance de vent au Québec nous permettrait d’exporter de
façon massive aux Américains une forme d’énergie qu’ils
peuvent produire eux aussi.
Notre richesse, ce n’est pas le vent. Ça, il y en a partout.
Notre richesse, c’est l’eau. Profitons-en. Il faut miser sur
cet atout, l’exploiter intelligemment, lancer d’autres projets
hydroélectriques, et s’enrichir collectivement sans en être
gênés.
L’oeuvre d’Hydro-Québec - ANDRÉ
PRATTE
L’annonce des
travaux du complexe La Romaine a été accueillie dans
l’indifférence. Il y a pourtant lieu de s’en réjouir.
Les Québécois ne s’émeuvent plus en prenant connaissance d’un
nouveau projet hydroélectrique. L’annonce du début des travaux
du complexe de la rivière Romaine cette semaine a été
accueillie dans l’indifférence générale. Le même silence avait
marqué le début de la dérivation de la rivière Rupert il y a
deux ans. Pourtant, il s’agit de projets colossaux de génie,
de construction et de science. L’exploitation des ressources
hydrauliques reste l’une de nos belles réussites. Une réussite
dont, curieusement, on ne s’enorgueillit qu’au passé.
La population est souvent critique à l’égard d’Hydro-Québec.
La tarification, l’arrogance, la culture du secret, la
lourdeur administrative font régulièrement l’objet de plaintes
et de manchettes. Cette vigilance est de mise: le monopole de
la production d’électricité ne confère pas le monopole de la
vérité.
Cependant, il ne faut pas oublier qu’Hydro-Québec demeure une
irremplaçable source de richesse et de compétences pour le
Québec. Le projet de la Romaine en est le plus récent exemple.
Nous sommes ici au pays de Vigneault, de Natashquan et de la
rivière Mingan. L’embouchure de la Romaine est située près de
Havre-Saint-Pierre, quelque 225 kilomètres à l’est de
Sept-Îles. Sur cette rivière longue de 289 kilomètres,
Hydro-Québec va construire quatre barrages allant de 38 à 121
mètres de hauteur. Les quatre centrales cumuleront une
puissance installée de 1550 millions de watts, l’équivalent de
Manic 5.
Des
écologistes ont dénoncé le projet, estimant qu’il détruira une
des rares grandes rivières encore intactes de la province. Il
ne fait pas de doute qu’à la fin des travaux, la Romaine ne
sera plus du tout ce qu’elle est aujourd’hui. Sur l’essentiel
de son parcours, elle sera transformée en quatre immenses lacs
(les réservoirs), le plus grand faisant 140 kilomètres carrés.
Il reste qu’Hydro-Québec ne fait plus les choses comme au
temps du complexe La Grande. On limite le plus possible
l’envergure des zones inondées; des mesures sont prises pour
amenuiser l’impact sur la faune, en particulier dans ce cas-ci
le saumon et le caribou. La société d’État cherche aussi à
s’entendre avec les communautés autochtones concernées. Les
Innus de la CôteNord expriment encore de l’inquiétude et du
mécontentement; des accords ont néanmoins été conclus avec la
plupart d’entre elles. Ces accords prévoient des compensations
financières de plusieurs millions et ouvrent des possibilités
de formation et d’emploi, des occasions inespérées dans ces
villages où le décrochage et le chômage sont endémiques.
Après 2015, le complexe La Romaine fournira environ la moitié
de toute la production québécoise disponible pour des contrats
d’exportation à long terme. Pour le gouvernement du Québec,
cela signifie quelques centaines de millions de revenus
additionnels chaque année. Dans la mesure où Hydro-Québec
parvient à limiter le plus possible les impacts écologiques,
et nous croyons qu’elle y parvient, le Québec peut-il se
priver de ces ressources financières supplémentaires? La
réponse est non.
En somme, avec le projet de la Romaine, Hydro-Québec poursuit
son oeuvre de développement économique pour la province et de
développement durable pour le nord-est du continent. Il y a
lieu de s’en réjouir.
Les subventions au coeur du débat
Hydroélectricité
: ÉNERGIE VERTE OU PAS? - Martine Letarte
«L’énergie hydroélectrique est certainement une énergie
renouvelable, mais cela ne veut pas dire qu’elle est propre
pour autant.»
Il ne fait aucun doute que l’énergie hydroélectrique est
renouvelable, mais est-elle verte?
Les gouvernements de plusieurs États américains ont lancé le
débat lorsqu’ils ont refusé d’inclure les projets de grandes
centrales hydroélectriques dans leurs programmes mis en place
pour stimuler le développement de sources d’énergie propres et
renouvelables.
Est-ce des intérêts écologiques ou économiques qui se cachent
réellement derrière cette polémique qui hérisse certains
acteurs de l’industrie québécoise ?
« L’énergie hydroélectrique est certainement une énergie
renouvelable, mais cela ne veut pas dire qu’elle est propre
pour autant », affirme Éric Duchemin, professeur à l’Institut
des sciences de l’environnement de l’UQAM et vice-président de
Nature Québec.
« En fait, les réservoirs hydroélectriques ont des impacts
assez majeurs sur les écosystèmes et ils émettent des gaz à
effet de serre (GES), mais évidemment, ils en émettent
beaucoup moins que les centrales thermiques au charbon ou
celles au gaz naturel », explique-t-il.
Pour sa part, Pierre-Olivier Pineau, professeur à HEC Montréal
et spécialiste des politiques énergétiques, croit que tout ce
débat lancé par les ÉtatsUnis est davantage une question de
stimuler la recherche et le développement qu’une question
d’écologie.
« Plusieurs États américains ont adopté un Renewable Portfolio
Standard qui oblige les fournisseurs d’électricité à aller
chercher un certain pourcentage de leur énergie auprès d’une
source renouvelable. D’un État à un autre, la politique varie,
mais elle a toujours le même objectif : favoriser le
développement de petits projets locaux d’énergie verte »,
explique-t-il.
L’expert est
donc d’avis qu’il est tout à fait normal que l’énergie
hydroélectrique québécoise ne soit pas admissible à ces
programmes.
« Chaque État a son programme et même l’énergie verte créée
par de petits projets de l’État voisin n’est pas admissible.
C’est bien normal. La population est prête à payer un peu plus
cher pour une partie de son énergie si cela stimule la R&
D sur son territoire, mais pas sur le territoire de son voisin
», soutient-il.
Pierre-Olivier Pineau croit donc qu’il ne faudrait pas tirer
comme conclusion que les ÉtatsUnis ne considèrent pas
l’énergie hydroélectrique comme une énergie verte.
« D’ailleurs, plusieurs États ont des projets de petite
centrale hydraulique dans leurs sources d’énergie renouvelable
admissibles au programme », précise-t-il.
« C’est vrai, mais il faut savoir que généralement, ces
projets n’ont pas de réservoir, donc ils inondent très peu les
terres et causent moins d’impacts », nuance M. Duchemin qui a
été l’expert des réservoirs pour le Groupe d’experts
intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) pendant
plusieurs années.
Claude Béchard, ministre des Ressources naturelles et de la
Faune, coupe court au débat. « Aux États-Unis, la Federal
Energy Regulatory Commission a reconnu à la fin mai que
l’hydroélectricité du Québec était une énergie propre et
renouvelable. C’est ça qui est important pour nous. L’histoire
d’être admissible à leurs programmes de subventions, ça ne
nous intéresse pas. Il n’est pas question qu’on entre en
concurrence avec les petits projets d’énergie solaire et
éolienne. On n’a pas besoin de cet argent parce que de toute
façon, nous produisons notre énergie à un coût très
concurrentiel », dit-il.
Des impacts malgré tout
Ce qui chicote tout de même Éric Duchemin, c’est que, comme la
production hydroélectrique cause moins de dommages à
l’environnement que la production d’énergie fossile, on a
tendance à ne pas considérer ses impacts. « Les projets
hydroélectriques émettent des GES, que ce soit par les
réservoirs, la production de ciment et de métaux, les camions
utilisés pour la construction des l ignes de transport qui
nécessitent pour leur part de la déforestation, etc. Pourtant,
dans son inventaire de GES attribuables à la production
hydroélectrique, le gouvernement du Canada t ient seulement
compte des émissions des réservoirs, alors que les autres
émissions sont comptabilisées dans d’autres secteurs. Cela
laisse comme impression que la production d’hydroélectricité
émet moins de GES qu’elle ne le fait en réalité. »
Hydroélectricité : Québec appuie sur
l’accélérateur
Un important
projet hydroélectrique devancé
LAVAL— « LeQuébec se construira sur son or bleu », a lancéM.
Charest dans un discours passionné, à la clôture du premier
conseil général du PLQ depuis les élections de décembre
dernier. Les militants de son parti venaient de le couronner «
Grand Bâtisseur du Québec », un enthousiasme qui l’a un peu
plongé dans l’embarras – c’est le genre d’hommageréservé aux
politiciens qui tirent leur révérence. Or, fraîchement réélu,
Jean Charest a martelé qu’il était déterminé à rester en selle
pendant plusieurs années.
« Je
n’oserais jamais me comparer à Robert Bourassa », a lancé
Jean Charest, à l’issue du conseil général du PLQ au cours
duquel les militants l’avaient nommé « Grand Bâtisseur du
Québec ».
Devant 700 délégués, il a promis que son gouvernement
maintiendrait le pied sur l’accélérateur pour l’exploitation
de l’énergie renouvelable, de l’hydro-électricité et de
l’énergie éolienne.
Ainsi, bien que Québec vienne tout juste de mettre en chantier
le barrage de La Romaine, sur la Côte-Nord, on donne
immédiatement le feu vert aux études nécessaires au défi
suivant, un autre barrage sur la rivière PetitMécatina, dans
la même région.
En point de presse M. Charest est toutefois resté vague sur
l’impact de son annonce. Elle devance « d’un an ou deux » le
début de ce nouveau chantier, attendu pour 2017. Ce
devancement permettra d’éviter les « creux et les pointes »
dans le nombre d’emplois en relançant les activités au moment
où les travaux de La Romaine seront en phase finale. Avec ces
projets « synchronisés », le secteur énergétique québécois «
connaîtra le plein emploi pour une génération ». Déjà 2000
travailleurs sont à pied d’oeuvre à La Romaine ; il seront
3000 cet été.
Petit-Mécatina devrait fournir 1200 mégawatts d’énergie. C’est
un peu moins que les 1550 mégawatts de La Romaine, un projet
de 5 milliards de dol la r s qui donnera assez d’électricité
pour alimenter les 450 000 foyers de Longueuil, Gatineau et
Québec.
Le « Grand Bâtisseur » embêté
À l’issue de la rencontre, M. Charest a senti le besoin de
mettre un bémol à l’enthousiasme de ses troupes. Tout le
rassemblement portait sur le thème des « Grands Bâtisseurs du
Québec », et Jean Charest était présenté comme l’un d’eux, au
même titre que les Godbout, Lesage et Bourassa.
En fin de congrès, une présentation vidéo a fait tambour
battant l’éloge de M. Charest et de son Plan Nord à venir.
« Je
n’oserais jamais me comparer à Robert Bourassa. Il a légué au
Québec un héritage très important. Son retour en politique est
phénoménal. Dans mon cas, je suis bien loin du jour où on fera
le bilan. Qu’on puisse parler de l’héritage que je reçois,
c’est dans cet esprit que je m’inscris dans la suite logique
de mes prédécesseurs », a nuancé Jean Charest en conférence de
presse.
« Je vais rester. Je suis très heureux, j’ai le meilleur
emploi au monde et j’ai le goût de continuer encore très
longtemps », a-til répliqué aux reporters qui lui ont rappelé
que ce genre d’hommage était réservé aux politiciens qui
quittent la vie publique.
La ministre de la Culture, Christine St-Pierre, a soutenu que,
comme pour Robert Bourassa, la contribution de Jean Charest ne
serait appréciée qu’après son départ. Le chef libéral semblait
déjà mal à l’aise devant ces supputations quand un reporter
lui a demandé quel barrage il souhaitait voir nommer en sa
mémoire. « Merci d’y avoir pensé », a-t-il répondu du tac au
tac tandis que, prestement, son attaché de presse appelait la
question suivante. Plus tard, son porte parole a eu un silence
évocateur quand on lui a demandé si ce thème du « bâtisseur »
serait le leitmotiv du gouvernement dans les mois à venir.
Exporter
Devant lesmilitants, M. Charest a dressé une liste exhaustive
des décisions prises par son gouvernement depuis 2003 pour
favoriser l’exploitation des énergies propres. Avec le Plan
Nord, le gouvernement compte faire des régions nordiques « un
laboratoire des énergies renouvelables ». Les délégués ont
adopté une résolution exhortant le gouvernement à « faire du
Québec la première puissance mondiale des énergies propres et
renouvelables ».
« Nous mettons le cap vers l’exportation d’énergie propre », a
soutenu M. Charest. Les exportations d’Hydro en 2008 ont fait
entrer 1,9 milliard de dollars dans les coffres du
gouvernement. Avec 8% de sa production vendue à l’extérieur,
Hydro a réalisé 32% de ses profits.
Dans les prochaines semaines, a ajouté M. Charest, on mettra
en service une nouvelle interconnexion, la première en 20 ans,
vers l’Ontario. On vise ce marché, mais aussi celui du
Mid-West américain. La semaine dernière, a rappelé M. Charest,
la Federal Energy Regul a t o r y Commi s s ion a autorisé le
financement d’une ligne d’interconnexion entre le Québec et la
Nouvel leAngleterre pour remplacer les centrales au gaz par «
de l’énergie propre à bas prix », a soutenu le président de
l’organisme. On construit sans avoir l’assurance que les
ventes vont suivre, mais il faut être optimiste: « On voit les
besoins du côté américain et la vision du gouvernement Obama.
Aux États-Unis, on ne parle pas seulement d’énergie propre,
mais d’économie verte », relève-t-il.
En plus de l’hydro-électricité, Québec compte implanter les
premières éoliennes en milieu nordique et expérimenter les «
hydroliennes », qui permettront de returbiner l’eau au pied
des barrages – une technologie à peaufiner, en test l’an
prochain. L’économie d’énergie ne sera pas oubliée: on compte
réduire la consommation de 11 térawattheures entre 2007 et
2015, l’équivalent de la production de Manic 5. En 2012, le
Québec sera l’un des seuls États en Amérique du Nord à
atteindre la cible du protocole de Kyoto. On aura alors réduit
de 6% les émissions de gaz à effet de serre par rapport à
1990, a soutenu M. Charest.
HYDRO-QUÉBEC REDÉMARRE LA MACHINE
Où
serez-vous et que ferez-vous par un beau jour de juin en
2021? Personne ne peut évidement répondre à cette
question, à l’exception peut-être d’HydroQuébec, qui sait
déjà qu’elle sera un important exportateur d’électricité
et qu’elle encaissera cette année-là des revenus de 872
millions de ses quatre centrales de la Romaine, sur la
Côte-Nord, dont la construction ne sera terminée qu’en
2014.
C’est ce que la société d’État a expliqué au Bureau
d’audiences publiques sur l’environnement pour justifier
la construction de la Romaine, un mégaprojet de 6,5
milliards de dollars.
Pour un pari, c’en est tout un. Dans le secteur de
l’énergie, les prévisions à long terme sont toujours un
exercice de haute voltige.
Il y a moins d’un an, le baril de pétrole atteignait un
prix record de 147$ US et personne n’aurait pu prédire
qu’il dégringolerait à 32$ US six mois plus tard. Le
revirement a été si radical que plutôt que d’évoquer la
fin du pétrole, certains analystes commencent à prédire la
fin de la demande pour le pétrole.
C’est dans ce contexte extrêmement volatil qu’Hydro-Québec
vient de remettre en marche la roue de ses
investissements.
Après 10 ans de pause, la société d’État a lancé coup sur
coup deux mégaprojets d’expansion,
Eastmain-1-A-SarcelleRupert ( 893 mégawatts) et la Romaine
(1500 mégawatts).
En outre, le premier ministre Jean Charest vient
d’annoncer qu’un autre projet de développement
hydroélectrique, celui de la rivière Petit-Mécatina (1200
mégawatts), sera entrepris avant même la fin du chantier
de la Romaine. D’autres projets sont à venir, a-t-il dit.
Au total jusqu’à maintenant, plus de 16 milliards seront
investis pour augmenter la production d’électricité du
Québec.
Des milliards de kilowattheures
Hydro prévoit que les surplus disponibles pour être vendus
à l’extérieur du Québec seront de 6,6 térawattheures (ou
milliards de kilowattheures) en 2012 et qu’ils
augmenteront graduellement pour atteindre 15térawattheures
en 2021.
C’est beaucoup d’énergie. Hydro prévoit vendre ces 15
milliards de kilowattheures en Ontario, grâce à une
nouvelle interconnexion en construction, et en
NouvelleAngleterre, où une nouvelle ligne de transport
d’électricité pourrait être construite.
Risqué? Pas tant que ça, estime Pierre-Olivier Pineau,
professeur à HEC Montréal et spécialiste en énergie. « En
Ontario et dans le nord-est des États-Unis, on manque
d’énergie. C’est de l’énergie propre. Il y aura des
acheteurs », assure-t-il.
Il y aura des acheteurs, mais à quel prix? Chaque nouveau
kilowattheure coûte environ 10 cents à Hydro, qui doit
trouver des acheteurs prêts à payer ce prix.
Actuellement,
cen’estpas
du tout évident. À cause de la récession qui frappe fort
aux États-Unis, les prix de l’énergie sont déprimés.
Sur le marché américain, la valeur de l’électricité du
Québec est liée à celles des autres formes d’énergie
utilisées pour la production d’électricité, notamment le
gaz naturel. Comme le pétrole, le prix du gaz naturel est
tombé d’un sommet de 13$ US par BTU à environ 4$
aujourd’hui.
Il est possible de trouver des analystes qui prévoient que
les prix vont remonter vers de nouveaux sommets et
d’autres qui croient qu’ils s’enfonceront encore.
Contrats d’exportation
Dans ce contexte de montagnes russes, Hydro-Québec
pourra-telle signer des contrats d’exportation à long
terme rentables?
Pierre-Olivier Pineau n’est pas inquiet. « À court terme,
ce n’est pas évident, mais dans une optique de long terme,
c’est tout à fait possible. »
L’Ontario veut désespérément de l’énergie et les États de
la Nouvelle-Angleterre sont à la recherche d’énergie
propre, explique-t-il. Avec les contraintes qui seront
imposées tôt ou tard par les gouvernements pour réduire
les émissions de gaz à effet de serre, l’énergie duQuébec
prendra encore de la valeur, prévoit-il.
Les planètes semblent donc bien al ignées pour
HydroQuébec. Mais c’était la même chose lors de la
construction des centrales de la Baie James, qui ont quand
même généré des surplus colossaux qu’il a fallu vendre à
vil prix. Est-ce que la même chose pourrait se produire?
« Tout est possible », reconnaît le professeur. Mais pour
que l’hydroélectricité du Québec ne soit plus intéressante
sur les marchés, il faudrait une conjonction d’événements
assez improbable.
Il faudrait selon lui que la demande en énergie baisse,
que les émissions de gaz à effet de serre ne soient plus
préoccupantes et que le prix du gaz naturel ne remonte
pas. Hydro a toutes les chances de rapporter son pari.
Mais ça coûtera cher, souligne Pierre-Olivier Pineau. « On
aurait pu arriver au même résultat en économisant ces 10 à
15 térawattheures », estime-t-il.
Le plus grand risque que prend Hydro-Québec est celui du
transport de cette énergie vers les marchés, souligne un
ancien haut dirigeant d’Hydro-Québec.
« Construire une ligne aux ÉtatsUnis, c’est extrêmement
pénible », dit-il en connaissance de cause.
Hydro vient de faire approuver par les autorités
américaines le principe d’un nouveau lien entre le Québec
et New Hampshire.
C’est une première étape, mais le plus difficile reste à
venir.
Propre et renouvelable
Grâce à
l’hydroélectricité, le Québec a le plus faible taux
d’émissions de gaz à effet de serre par individu au Canada
Pour chaque projet, Hydro-Québec met tout en oeuvre pour
atténuer les effets sur la flore et la faune.
Les auteurs sont respectivement chef de l’expertise en
environnement et chargé du programme de programme de
recherche sur les GES chez Hydro-Québec.
PHOTO ARCHIVES LA PRESSE
En matière d’émissions de GES par
kilowattheure produit, l’hydroélectricité (ici, le
barrage de Manic 5) est l’une des meilleures filières de
production d’électricité.
C’est avec scepticisme que nous avons pr is connaissance
de récents propos mis de l’avant dans l’article « Énergie
verte ou pas ? Les subventions au coeur du débat » ( La
Presse, 4 juin), qui laissent planer un doute sur le
caractère propre et renouvelable de l’hydroélectricité du
Québec et son bilan en matière de gaz à effet de serre.
Le développement hydroélectrique, sous tous ses aspects,
est bien maîtrisé au Québec. Pour chaque projet,
l’entreprise met tout en oeuvre pour atténuer les effets
sur la flore et la faune. De plus, elle tient compte des
préoccupations des communautés concernées en les
impliquant dans la mise en place de diverses mesures
environnementales, sociales et économiques. Le suivi
environnemental, comme celui qui est en cours depuis 40
ans au complexe hydroélectrique La Grande, permet de
vérifier l’efficacité de nos mesures d’atténuation et
d’améliorer nos pratiques lors de projets subséquents.
Grâce à l’hydroélectricité, le Québec inscrit le plus
faible taux d’émissions de gaz à effet de serre ( GES) par
individu au Canada. C’est un bilan dont nous pouvons tous
être fiers. D’ailleurs, en matière d’émissions de GES par
kilowattheure produit, l’hydroélectricité est l’une des
meilleures filières de production d’électricité.
Hydro-Québec étudie depuis 1993, en partenariat avec de
nombreuses universités , le phénomène des émissions de GES
de ses réservoirs. En 2005, Hydro-Québec et ses
partenaires ont publié une synthèse de l ’état des
connaissances sur l’émission des GES des réservoirs. Une
synthèse qui a regroupé 63 chercheurs provenant de 13
universités, 6 centres de recherche et 6 entreprises.
Par ailleurs, depuis 2005, le projet des émissions nettes
de gaz à effet de serre (GES) au réservoir d’Eastmain-1
constitue une première mondiale ! En effet, c’est la
première fois que l’on mesure les émissions de GES avant
et après la mise en eau d’un réservoir.
Les résultats finaux seront connus à l’horizon 2010-2011.
On sait toutefois qu’en 2008, les émissions brutes des
réservoi rs ont ba i ssé pour une deuxième année
consécutive, soit une baisse de 44% par rapport à 2007, et
de 76% par rapport à 2006. Trois ans après la mise en eau,
les émissions brutes de CO sont comparables à celles des
milieux aquatiques naturels, ce qui indique que « l’effet
réservoir » dure moins de 10 ans.
Ce t t e é t ude de g r a nde envergur e , cof i na ncée
pa r Hydro-Québec et la Fondation canadienne pour les
sciences du climat et de l’atmosphère ( FCSCA), regroupe
des experts de diverses disciplines, d’entreprises
privées, d’agence gouvernementale et d’universités.
La solution au réchauffement cl imatique n’est pas simple.
El le nécessite à la fois des changements de
comportements, dava ntage d’ef f i c a c i t é
énergétique, de l’innovation technologique et le
développement de mult iples sources d’énergie renouvelable
– comme l’hydroélectricité et l’éolien – pour déplacer les
énergies fossi les, comme le charbon et le pétrole.
HydroQuébec continuera avec fierté d’oeuvrer en ce sens.
Voyage de Jean Charest en France Le projet de la Romaine
attaqué dans les pages du Monde
PARIS— Jean
Charest a dû défendre hier à Paris le mégaprojet
hydroélectrique de la rivière Romaine, sur la Côte-Nord,
qualifié de « monstrueux » dans l’influent quotidien Le
Monde.
L’écrivain Jean-Marie Gustave Le
Clézio, Prix Nobel de littérature 2008, a qualifié hier de
« monstrueux » le projet de centrale hydroélectrique sur
la rivière Romaine, sur la Côte-Nord.
Dans une lettre publiée dans le numéro d’hier du journal
avec mention à la une, l’écrivain JeanMarie Gustave Le
Clézio soutient que les quatre barrages projetés «
anéantiront la plus grande partie de la rivière » en plus de
priver de son milieu de vie « la tribu indienne » innue.
Prix Nobel de littérature en 2008, l’écrivain n’est pas
tendre à l’endroit d’Hydro-Québec, « une multinationale
caractéristique du grand capitalisme » qui s’est assurée du
concours « d’une partie de la tribu innue » en échange
d’indemnités et « de promesses ».
Le « monstrueux projet d’HydroQuébec », écrit M. Le Clézio,
produiradel’électricitéquisera « vendue directement aux
États-Unis ».
Cettesortievirulentecontrel’aménagement de la rivière
Romaine tombait bien mal pour le premier ministre du Québec
qui achevait hier un séjour en Europe. Pendant une semaine,
à Bruxelles, Munich et Paris, M. Charest n’a eu de cesse de
présenter le Québec comme un modèle de vertu écologique.
La
publication de la lettre était d’autant plus embarrassante
pour le premier ministre qu’il venait de rencontrer, hier
matin à Paris, le gourou du mouvement environnementaliste
français, Yann Arthus-Bertrand, réalisateur du film-choc
Home.
Au terme de son entretien avec M. Charest, le pamphlétaire
a prétendu ne rien connaître du mégaprojet de la Romaine.
Il a cependant estimé que les grands barrages « ne sont
pas la solution ».
« Je connais très bien l’impact des barrages et
aujourd’hui on sait que les grands barrages ne sont plus
la bonne solution », a-t-il dit.
Plus tard, en point de presse, le premier ministre n’a pas
cherché à nier les impacts environnementaux du projet de
la Romaine.
« Une des réalités de la vie, c’est qu’il n’y a pas
d’absolu dans le domaine de l’environnement. Il y a des
impacts à tout ce que fait l’homme sur la terre. Il n’y a
pas d’utopie. Et dans le cas de l’hydroélectricité, il y a
des conséquences », a convenu M. Charest.
Mais ces conséquences sont moins nocives que le charbon,
le pétrole et le gaz naturel, a-t-il dit. VOIR L’ÉDITORIAL
DE MARIO ROY EN PAGE A15
Critique de Jean-Marie Le Clézio contre le projet de la
Romaine Réactions divergentes chez les Innus
La sortie de l’auteur français JeanMarie Le Clézio contre le
projet hydroélectrique de la Romaine reçoit des accueils
contradictoires chez les Innus, ceux-là mêmes que le Prix
Nobel de littérature souhaitait défendre en dénonçant le
chantier de 6,5 milliards.
Jean-Marie Le Clézio, gagnant
du prix Nobel de littérature en 1998, est l’auteur
d’une lettre acerbe contre le projet de la rivière
Romaine.
Le chef de la communauté de Nutashkuan, François
Bellefleur, estime que l’auteur devrait faire plus de
recherches avant de présenter la rivière Romaine comme
« le domaine où nomadisent les Innus ». Ce partisan du
mégaprojet d’Hydro-Québec estime que la réalité des
autochtones n’a rien à voir avec celle que dépeint M.
Le Clézio dans les pages du Monde.
Dans une lettre ouverte publiée par le prestigieux
quotidien français, jeudi, M. Le Clézio dénonce le «
monstrueux projet » d’HydroQuébec. Les barrages «
anéantiront la plus grande partie de la rivière » et
priveront de son milieu de vie la « tribu indienne »
des Innus, écrit-il.
Mais, pour le chef Bellefleur, les problèmes sociaux
sont rampants chez les Innus. Pour lui, la
construction des barrages et le versement de
redevances aux autochtones permettront aux siens de
s’extraire de cette situation.
« On est dans un cercle vicieux où des gens sont aux
prises avec des problèmes de drogue et d’alcool, a
souligné M. Bellefleur. On a besoin de développer
notre fierté, on a besoin d’être autonomes, et c’est
ce qui nous est offert par le gouvernement. »
La communauté d’un millier d’habitants que dirige M.
Bellefleur, située à 400 km à l’est de Sept-Îles, a
voté par référendum en faveur de la construction de
quatre barrages sur la rivière Romaine. En échange,
HydroQuébec lui versera 43 millions d’ici 2070.
Cet argent permettra aux jeunes de Nutashkuan
d’étudier à l’extérieur de la réserve, de décrocher de
bons emplois, d’améliorer la qualité de vie de
l’ensemble de leurs concitoyens, a souligné François
Bellefleur. Des habitants de la communauté pourront
aussi travailler sur le vaste chantier.
Mais
tous les Innus ne sont pas de cet avis. Le chef de la
communauté Takuaikan Uashat mak Mani-Utenam,
Georges-Ernest Grégoire, est parfaitement d’accord
avec Jean-Marie Le Clézio.
« La façon dont on vivait avant, elle a été détruite,
a fait valoir M. Grégoire. Maintenant , il faut vivre
comme tout le monde, comme des Québécois ou des
Canadiens. Nous, on n’est pas habitués à cela. S’ils
veulent qu’on s’y habitue, qu’ils nous donnent les
munitions pour réussir comme tout le monde. »
Sa communauté s’est adressée aux tribunaux, début
juin, pour tenter de freiner le projet de la Romaine.
Ses dirigeants et Hydro-Québec ont été incapables de
s’entendre sur une compensation pour la construction
d’une ligne de transport électrique de 500 km sur
leurs terres ancestrales. La société d’État offrait 4
millions, et les Innus réclamaient 300 millions.
Charest critiqué
Le chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec
et du Labrador, Ghislain Picard, estime que le texte
de JeanMarie Le Clézio reflète l’histoire récente de
la communauté innue, même s’il convient que certains
passages peuvent « paraître un peu folkloriques ».
Mais M. Picard en a surtout contre la sortie de Jean
Charest en réplique à l ’ auteur. En réponse aux
inquiétudes soulevées au sujet des populations
autochtones, le premier ministre a brandi une lettre
de François Bellefleur, dont la communauté appuie le
projet.
Or, dit M. Picard, le premier ministre a omis de
mentionner que plusieurs autres communautés innues
sont opposées à l’exploitation de la Romaine. « En
réagissant comme il l’a fait, en accusant M. Le Clézio
de paternalisme, je juge qu’il en fait autant, a-t-il
dénoncé. Il essaie de dire que tous les membres de la
nation innue se rallient au projet. »
La courtepointe de Le Clézio
- Mario Roy
Est-il
opportun de noter qu’Hydro-Québec n’est pas exactement une
multinationale capitaliste, mais plutôt une société
d’État?
Les dernières heures du séjour en Europe du premier
ministre Jean Charest ont été aimablement saluées, hier,
par une sortie de l’illustre écrivain Jean-Marie Le Clézio
contre l’État québécois. Dans le quotidien le prolifique
auteur crucifie le projet hydroélectrique de la Romaine
qui, selon lui, est « monstrueux »
Le Monde, au point de vue environnemental et « condamne à
mort » les autochtones de la région.
Le Prix Nobel de littérature (2008) estime
qu’Hydro-Québec, une « multinationale caractéristique du
grand capitalisme », déclenche un « désastre écologique ».
Et ce, après avoir floué la « tribu innue » visiblement
incapable de discerner son véritable intérêt, devenant
ainsi victime de la « civilisation industrielle » et du «
monde technocratique moderne »... Ouf. Disons-le: cette
bulle tombant des plus hauts cénacles de la curie
littéraire française est extraordinairement irritante.
Dépouillée
de son lyrisme, elle apparaît en effet comme une
courtepointe de folklore rural, de banalité pseudo-rebelle
et de rousseauisme condescendant tricotée tellement serré
qu’on ne trouve plus le fil sur lequel tirer.
Faut-il d’abord signaler que la nation – et non la « tribu
» – innue n’a pas pour vocation première de fournir à
l’homme blanc du pittoresque ( Ah! La « rivière sacrée »
et son « gibier », ses « baies pour la collecte » et ses «
plantes médicinales ». ..) ? Que cette nation, loin d’être
impuissante, se débrouille fort bien dans la négociation
et la relation publique, y compris aux États-Unis et en
France? Qu’elle n’est pas, elle, repliée sur le folklore
et ne rejette pas en bloc la modernité ? Qu’au Québec,
d’autres nations autochtones ont, par le passé, su
brillamment profiter des retombées de projets comparables
à celui de la Romaine?
Est-il opportun de noter ensuite qu’Hydro-Québec n’est pas
exactement une multinationale capitaliste, mais plutôt une
société d’État, entière propriété de la population
québécoise? De noter aussi que l’hydroélectricité demeure
jusqu’à nouvel ordre la façon la plus verte de produire de
l’énergie en grande quantité ? Et que, éventuellement
vendue aux États-Unis ( pour la plus grande santé de notre
trésor public), elle y offrira une solution alternative au
charbon?
Enfin, est-il vraiment nécessaire d’expliquer que nos
cabanes au Canada sont surtout chauffées à l’électricité,
ce qui nous évite de geler comme des crottes lorsqu’il
fait moins 30 dans nos grands espaces?
De Tchernobyl à Sept-Îles -
Patrick Lagacé
Notre
chroniqueur est allé où vont peu de Québécois : en
Jamésie et sur la CôteNord. Il nous présente ici une
autre de ses chroniques sur le Québec du bout du monde.
— C’est l’histoire d’une ville qui dit non, non et non.
ILLUSTRATION PHILIPPE
TARDIF
Ça commence avec les écologistes, qui sonnent l’alarme
devant un projet de développement. Premier non.
Par la suite, les médecins s’informent du projet. Et ils
sont si outrés que 30 d’entre eux menacent de
démissionner s’il se réalise. Deuxième non.
Puis, prenant acte de cela, le conseil municipal adopte
une résolution demandant un moratoire sur ledit projet.
Troisième non.
La ville en question, c’est Sept-Îles. Elle est au coeur
de la résistance à un projet dont vous n’avez fort
probablement jamais entendu parler, parce que c’est
essentiellement une histoire de régions: l’exploitation
de mines d’uranium au Québec.
Le Québec est un paradis minier, le gouvernement Charest
s’en vante régulièrement. Les mines font travailler 50
000 personnes, de l’Abitibi à Natashquan.
Zinc, or, titane, argent, cuivre, fer : notre sous-sol
est riche. On y trouve même de l’uranium, le métal
radioactif qui sert à fabriquer des centrales nucléaires
et des bombes atomiques. Le Bouclier canadien regorge
d’uranium: le Canada est le plus grand producteur
mondial d’uranium.
Il n’y a pas de mines d’uranium au Québec.
Mais ça pourrait changer.
Ça pourrait changer et ça enrage Bruno Imbeault,
pneumologue et visage de la résistance des médecins de
Sept-Îles aux mines d’uranium dans la région. Il a
signé, avec une trentaine de collègues, une lettre
réclamant un moratoire sur l’uranium.
Ce qui inquiète les médecins? L’impact de l’exploitation
de l’uranium sur l’environnement immédiat et, par
ricochet, sur la santé des gens.
« Une chose est claire : quand des études sur les mines
d’uranium sont publiées par des gens qui font de la
science fondamentale, leurs conclusions sont
catastrophiques. Quand elles sont publiées par des gens
qui ont des liens avec l’industrie minière, ces études
constatent des effets... neutres ! »
L’uranium est unmétal difficile à aimer, disons.
L’uranium, c’est le nucléaire. C’est Tchernobyl, c’est
Hiroshima, c’est des bébés à deux têtes.
L’industrie minière est elle-même une industrie
difficile à aimer. Une sorte de mal nécessaire, parce
qu’elle fournit de bons emplois. Mais une mine, c’est de
la pollution au cube.
Mariez l’uraniumet l’industrie minière et vous avez, un
peu partout en Occident, une opposition farouche quand
une compagnie souhaite extraire ce minerai. En
Colombie-Britannique, depuis 1980, un moratoire frappe
l’uranium.
Et c’est l’Association médicale de la
Colombie-Britannique qui a porté le coup fatal à son
exploitation, à l’époque, avec un rapport coup-de-poing
sur l’impact des mines d’uranium sur la santé humaine.
Quand l’uranium dort incrusté dans le roc, il ne dérange
personne. Pour l’extraire, il faut creuser et l’extirper
de ce roc, à grands coups de jets d’eau. On entrepose
les résidus dans des bassins. Des résidus qui ont été en
contact avec l’uranium.
Mais qu’arrive-t-il si ces bassins fuient? S’ils
contaminent la nappe phréatique, les cours d’eau?
L’industrie, évidemment, se fait rassurante. Vante ses
méthodes sécuritaires.
Les
opposants, eux, citent le cas des Indiens Navajos du
Nouveau-Mexique, où des mines d’uranium ont contaminé
l’environnement. Citent l’étude des médecins de la
Colombie-Britannique.
« Quand on veut être responsable, dit le Dr Imbeault, on
fait des études avant d’autoriser les mines d’uranium. »
La Colombie-Britannique, l’Irlande et certains États
américains ont décrété des moratoires sur l’exploitation
de l’uranium, rappelle le pneumologue.
« Pourquoi, au Québec, on dit oui? »
Autour du lac Kachiwiss, près de SeptÎles, Terra
Ventures a percé 89 trous, pour un total de 30 000 m de
forage, afin de déterminer si le roc contient
suffisamment d’uranium pour y creuser une mine. La
minière de Vancouver semble optimiste.
Le simple fait que Terra Ventures ait obtenu les permis
pour mener des tests enrage les opposants, comme Marc
Fafard, chef de la résistance citoyenne à l’uranium, à
Sept-Îles.
Récemment, avec d’autres militants, Fafard a investi le
site de Terra Ventures, qui était désert, pour y
photographier ce que ces opposants considèrent comme des
infractions aux règles environnementales.
« Tiens, regarde ces photos. Tu vois ces trous? Ça
devrait être bouché avec du béton. Et regarde... »
Assis au restaurant Omer avec Marc et ses amis, je
regarde la photo. Un simple chiffon bouche le trou.
Marc est outré. Ses amis aussi. Pour eux, c’est la
preuve que Terra Ventures se fiche des normes
environnementales. Je ne sais pas s’il a raison. Je ne
sais pas si cette photo dit toute l’histoire. Je n’étais
pas là quand elle a été prise.
Ce que je sais, par contre, c’est que, plus largement,
l’encadrement de l’industrie minière au Québec est une
blague lugubre.
Le vérificateur général du Québec a sonné l’alarme au
printemps. Entre 2002 et 2008, 14 entreprises minières
ont fait un chiffre d’affaires de 4,2 milliards au
Québec. Les redevances qu’elles ont payées à l’État? Un
maigre 1,5%!
L’État pourrait réclamer 12% des profits de ces
minières. Mais d’allègements fiscaux en frais
d’amortissement, l’industrie parvient à réduire au
minimum les redevances qu’elle paie au fisc.
En plus de ces redevances « dignes d’une république de
bananes », selon la formule du député solidaire
AmirKhadir, les minières jouissent d’un autre bonbon
sucré à souhait, gracieuseté de l’État québécois: elles
n’ont pas à ramasser leur merde après avoir quitté une
mine.
Vous ne rêvez pas. Une minière n’a pas à payer la
décontamination d’un site qu’elle a exploité. Québec le
fait à sa place. Et paie la facture. Coût : 264 millions
de dollars en 10 ans pour nettoyer 345 sites contaminés.
Il paraît que la nouvelle Stratégie minérale du Québec
va mettre fin au régime des profits privés et du
décrassage public.
C’est dans ce contexte que les opposants à l’uranium se
battent. Dans un contexte où le sous-sol du Québec
ressemble à un bar ouvert pour les minières. Dans un
contexte où le ministre délégué aux Ressources
naturelles, Serge Simard, parle de « compétitivité »
quand on lui parle d’environnement.
Je ne sais pas si l’extraction de l’uranium est
dangereuse pour la santé.
Ce que je sais, c’est qu’à Sept-Îles, on dit non, non et
non. Malgré ce triple non de la population, des médecins
et des élus, on cherche encore de l’uranium à Sept-Îles.
« S’il y avait de l’uranium dans la région de Montréal,
dit le Dr Imbeault, pensez-vous qu’on l’exploiterait,
avec une opposition équivalente? La centrale thermique
du Suroît a été battue et c’est parce que c’était situé
près de Montréal. L’isolement joue en faveur de
l’exploitation. C’est clair. »
Un débat public sur la centrale Gentilly est
réclamé - FRANÇOIS CARDINAL
Endonnant le
feu vert encatimini à la réfection de la centrale nucléaire
Gentilly, le gouvernement Charest a carrément nié les
recommandations du Bureau d’audiences publiques sur
l’environnement (BAPE), estime le Parti québécois.
Ce dernier déposera en ce sens, cet après-midi, une motion à
l’Assemblée nationale, afin d’exiger la tenue d’une
commission parlementaire sur la question, a appris La
Presse.
En plein débat sur les déchets nucléaires, le porte-parole
péquiste en matière d’énergie, Sylvain Gaudreault, demandera
que toute la lumière soit faite sur la décision d’investir
près de 2 milliards de dollars pour rénover l’unique
centrale nucléaire du Québec.
« En prenant cette décision sans aucune transparence, le
gouvernement va à l’encontre d’une recommandation qui lui a
été faite par le BAPE en 2005, soit de faire connaître les
critères menant à une décision, avant que celle-ci ne soit
prise », explique-t-il.
I l demandera ainsi que la Commission de l’économie et du
travail puisse entendre le gouvernement ainsi que le
promoteur du projet, Hydro-Québec, afin que ceux-ci
justifient leur décision. Notons que le PQ n’est pas
défavorable à la rénovation de la centrale. Il souhaite
seulement que le bienfondé de la décision soit expliqué.
Enfouissement des déchets
Cela
survient en plein débat sur l’enfouissement des déchets
nucléaires, un dossier épineux qui a rebondi à Québec, hier.
En réaction aux textes de La Presse et du Devoir, le
ministre des Ressources naturelles, Claude Béchard, a
confirmé que les partis représentés à l’Assemblée nationale
sont solidaires et qu’ils refusent que les déchets
nucléaires produits à l’extérieur de la province soient un
jour enfouis ici. « Cela a toujours été clair depuis Robert
Bourassa: il n’est pas question de prendre au Québec les
déchets nucléaires des autres provinces », a-t-il indiqué en
entrevue.
Or la Société de gestion des déchets nucléaires (SGDN), qui
cherche un lieu où enfouir tous les déchets irradiés
canadiens, a clairement indiqué qu’une municipalité qui se
porte volontaire sans l’accord de sa province serait
désavantagée.
La Société fédérale, dont fait partie Hydro-Québec, a pour
mandat d’organiser le processus de sélection d’un lieu
d’enfouissement pour les quelque 2 millions de grappes
d’uranium radioactives qui ont alimenté les centrales
nucléaires du pays depuis 40 ans. Le Québec est responsable
de 3,8% de ces grappes.
Le Devoir révélait hier qu’un projet d’enfouissement de
carburant irradié était à l’étude à BlancSablon, sur la
Basse-Côte-Nord. Poussé par l’entreprise Securad, celui-ci a
toutefois peu de chance de voir le jour vu l’opposition
rencontrée à l’Assemblée nationale et la tiédeur de certains
maires de la région.
« (L’entreprise) peut bien regarder différents scénarios,
mais notre position est claire sur le sujet, a ajouté le
ministre. Et cela n’est pas que la position d’un parti,
c’est la position de tous les partis. »
Gentilly : visite au coeur de l’atome... - FRANÇOIS
CARDINAL
Demain s’amorce à
Montréal la portion québécoise des consultations sur un sujet
hautement controversé : l’enfouissement des déchets nucléaires
dans le bouclier canadien. Notre journalisteFrançoisCardinal a
étél’un des rares représentants des médias à visiter l’unique
centrale nucléaire de la province ainsi que ses silos de déchets
radioactifs. GENTILLY — On se croirait à la prison de
Guantánamo. Il n’y a pas âme qui vive à des kilomètres à la
ronde. Des gardiens de sécurité arborant M-16 et équipements
militaires patrouillent les lieux. Pas moins de six clôtures
métalliques surmontées de barbelés nous séparent de la centrale
nucléaire de Gentilly.
À l’intérieur du bâtiment d’accueil, l’enregistrement prend une
quinzaine de minutes et comprend une lecture optique de la main,
un détecteur d’explosifs, un détecteur de métal, un rayon X, des
tourniquets géants...
« Les temps ont bien changé, confie le Dr Michel Plante, médecin
à Hydro-Québec. Au début de l’exploitation de la centrale, on
pouvait entrer ici avec la famille pour faire visiter les
lieux... »
Une fois dans l’enceinte, deux réacteurs nucléaires nous font
face. À gauche, Gentilly-1, une vieille relique abandonnée il y
a 30 ans pour cause de défaillance... après seulement 183 jours
d’utilisation. Puis à droite, Gentilly-2, unique centrale en
exploitation, qui fournit au Québec 3% de son énergie.
À l’intérieur, cette dernière ressemble à n’importe quelle autre
centrale thermique. Des couloirs sans fenêtres, des tuyaux
surdimensionnés, des affiches donnant des consignes de sécurité,
des employés qui se déplacent rapidement, un vrombissement
constant.
La particularité des lieux se révèle toutefois au détour d’une
porte, où on a la curieuse impression de se trouver dans un
vaisseau de la Guerre des étoiles: il s’agit de l’immense sas
qui donne accès au bâtiment du réacteur.
Les Simpsons
Plus loin sur la gauche se trouve le bassin qui accueille le
combustible usé. C’est là qu’on immerge les grappes
radioactives, ces caissons métalliques dans lesquels sont
insérées plus d’un millier de pastilles d’uranium.
De la dimension d’une bûche, les grappes sont d’abord
introduites mécaniquement dans le réacteur, depuis la salle de
contrôle. Une salle qui nous rappelle étrangement le lieu de
travail d’Homer Simpson. Mais ici, personne ne dort ou ne mange
de beignes...
D’innombrables boutons et écrans permettent de voir le réacteur
et de diriger les robots. On peut ainsi remplacer à distance les
4500 grappes qui alimentent le réacteur. Chaque jour, on échange
une quinzaine de grappes usées, qu’on envoie ensuite dans le
fameux bassin.
« L’eau est un excellent absorbeur de rayonnements ionisants et
constitue ainsi un bon blindage naturel », précise le Dr Michel
Plante, expert du sujet à Hydro-Québec.
Chaque année, environ 5000 grappes de combustible irradié sont
ainsi plongées dans un bassin de la taille d’une piscine
olympique, et ce, pour une durée d’au moins sept ans. Elles sont
ensuite déplacées à l’extérieur du bâtiment.
En sortant de
la centrale, on aperçoit justement sept immenses silos de
béton alignés, dans lesquels dorment les grappes irradiées. La
durée de vie de ces blocs d’une hauteur de plus de 7 mètres ne
dépasse pas une centaine d’années, alors que le combustible,
lui, peut conserver sa toxicité chimique pendant des centaines
de milliers d’années.
D’où les consultations qui se tiendront à Montréal demain,
afin que la population ait son mot à dire dans la gestion à
long terme de ces déchets radioactifs dont on ne sait que
faire...
Grappes toxiques
Bien de l’eau lourde a coulé depuis l’accident de Three Mile
Island, en 1979, et la catastrophe de Tchernobyl, en 1986. En
pleine renaissance dans le monde, notamment au Canada,
l’industrie nucléaire a jusqu’à maintenant réussi à convaincre
une portion des élus et des citoyens que ses centrales n’ont
rien d’alarmant, à tort ou à raison.
En témoignent les résultats mitigés, à ce jour, de la campagne
Sortons le Québec du nucléaire. Certes, le mouvement a rallié
de grands noms à sa cause, dont plusieurs médecins, mais il
n’a pas encore réussi à créer une fronde d’envergure comme
celles qui ont permis de bloquer avec succès les projets de
centrale thermique du Suroît ou de privatisation du mont
Orford.
Cela dit, les partisans du nucléaire connaissent bien les
limites de leur propre discours: personne ne sait que faire
des millions de grappes hautement toxiques qui s’accumulent
chaque année dans des entrepôts temporaires, un sujet explosif
que l’on tente de pelleter en avant en attendant une
hypothétique solution permanente.
Au Canada seulement, on pourrait remplir six patinoires
jusqu’à la bande avec les déchets produits à ce jour. On
évalue le nombre de grappes en dormance à 2 millions, un
chiffre appelé à quadrupler dans un avenir proche.
Dans le bassin et les sept silos de Gentilly, il y a ainsi
plus de 100 000 grappes radioactives dont on ne sait toujours
pas ce qu’il adviendra.
« Nous ne voulons certainement pas laisser en héritage aux
générations futures le problème des déchets nucléaires. Le
temps d’agir est venu », estime la Société de gestion des
déchets nucléaires (SGDN), un organisme constitué des
producteurs nucléaires du Canada, dont Hydro-Québec.
L’objectif de la Société est de regrouper en un seul endroit
tous les déchets nucléaires du pays, afin de les entreposer
bien profondément dans le bouclier canadien, possiblement au
Québec, le temps qu’il faudra pour trouver une véritable
solution permanente. Un projet de plus de 20 milliards de
dollars qui pourrait prendre plus d’une décennie à voir le
jour.
Une fois enfouis, ces déchets toxiques attendront des percées
scientifiques pour être possiblement éliminés ou mieux,
recyclés. Bref, ils passeront d’un entrepôt temporaire à un
autre.
Pendant ce temps, à Gentilly, on planifie la réfection de la
centrale pour en poursuivre l’exploitation jusqu’en 2040, une
facture de 1,9 milliard de dollars. On rénovera ainsi les
installations, mais on construira aussi avec ces fonds une
dizaine de nouveaux silos, afin de pouvoir tripler la quantité
de déchets radioactifs qui s’y trouvent. En attendant...
ENFOUISSEMENT
DE DÉCHETS NUCLÉAIRES Le Bloc et le PQ refusent que
le Québec devienne la « poubelle » du Canada
Le processus de sélection d’un site où entreposer
l’ensemble des déchets nucléaires du pays n’est pas
commencé que, déjà, de nombreuses voix s’élèvent afin
d’exiger l’exclusion du Québec des sites potentiels.
Alors que s’amorce cet aprèsmidi à Montréal la portion
québécoise des consultations de la Société de gestion des
déchets nucléaires (SGDN), tant le Bloc que le Parti
québécois s’opposent avec véhémence à l’enfouissement
géologique de milliers de tonnes d’uranium usé en sol
québécois, a appris La Presse.
Bernard Bigras, porte-parole du Bloc en matière
d’environnement, présentera aujourd’hui un mémoire en ce
sens devant la SGDN, tandis que le Parti québécois a fait
parvenir une lettre à l’organisme.
La Société fédérale, qui inclut tous les producteurs
nucléaires – dont Hydro-Québec –, souhaite enfouir
profondément dans le Bouclier canadien les quelque 2
millions de grappes d’uranium usées qui ont alimenté au
cours des dernières décennies les centrales nucléaires du
pays. On pourrait le faire au Québec, en Ontario et au
Nouveau-Brunswick, où se concentrent les centrales
nucléaires, ainsi qu’en Saskatchewan.
« Le Bloc québécois croit que la désignation d’une
province comme potentiel hôte du dépôt géologique profond
devrait tenir compte de la quantité de déchets produits
sur son territoire », écrit M. Bigras dans son mémoire que
La Presse a obtenu.
Or, le Québec n’a produit à ce jour que 3,87% de
l’ensemble des déchets nucléaires canadiens, une
proportion appelée à diminuer avec le temps. Alors que
plusieurs projets nucléaires sont prévus dans le reste du
Canada, il existe au Québec un moratoire sur la question
depuis les années 70.
« Il nous semble profondément inéquitable que le Québec se
retrouve sur la liste des endroits potentiels alors que la
part relative de ses déchets ne peut que diminuer », note
M. Bigras.
Même son de cloche de la part du Parti québécois dans sa
lettre à la SGDN, que La Presse a également obtenue: «
Nous nous inscrivons en faux contre votre démarche qui
vise à inclure le Québec dans le processus de sélection
d’un site pancanadien d’enfouissement de déchets
nucléaires. »
Les sept députés signataires rappellent que l’Assemblée
nationale a voté à l’unanimité l’an dernier une motion
contre l’enfouissement de déchets et de combustibles
irradiés venant de l’extérieur du Québec.
Cela dit,
tant le Bloc que le Parti québécois soulignent la
possibilité que le Québec soit responsable des déchets
liés à l’exploitation des centrales Gentilly-1 (fermée en
1979) et Gentilly-2, qui y sont actuellement entreposés.
« Le Québec peut s’engager à gérer ses déchets nucléaires
de façon responsable, mais il doit demeurer le principal
décideur et éviter de devenir la poubelle nucléaire du
Canada, indiquent les députés péquistes. Il en va de notre
souveraineté territoriale face à des décisions qui
concernent une gestion s’étendant sur les prochains
siècles et même des millénaires. »
Des villes intéressées
Ce débat survient alors que des villes canadiennes
auraient déjà exprimé le souhait d’accueillir sur leur
territoire ces déchets irradiés, ont confié certaines
sources bien au fait du dossier.
Les autorités fédérales seraient en effet en possession
d’une liste de municipalités intéressées, même s’il s’agit
d’un projet à très long terme.
Bien que la SGDN ne soit pas en mesure d’accueillir
officiellement les propositions, de nombreuses villes
auraient déjà frappé à sa porte pour faire valoir leur
candidature. Il a été impossible de savoir si des
municipalités québécoises se sont manifestées.
« Il peut paraître curieux que des villes soient
intéressées par l’enfouissement, sur leur territoire, de
déchets radioactifs, a reconnu une source. Mais il faut
savoir que cela créera beaucoup d’emplois et la ville
choisie aura droit à certains dédommagements financiers. »
L’idée d’enfouir ce type de déchets est sur la table
depuis 1978 au Canada. Estimé à quelque 20 milliards de
dollars, le projet actuel est piloté par la SGDN, qui mène
une consultation pancanadienne sur les critères qui
mèneront au choix d’un processus, lequel mènera à la
sélection d’un site.
Tout cela prendrabiendes années puisqu’on ne commencera
pas à recevoir les candidatures avant 2012, après quoi de
nombreuses années pourraient s’écouler avant qu’un choix
officiel ne soit fait.
Notons que l’ensemble des documents de la SGDN n’existent
qu’en version anglaise, ce que déplore le Bloc.
ENFOUISSEMENT DES DÉCHETS NUCLÉAIRES Les provinces
auront leur mot à dire
L’an
dernier, l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité
une motion contre l’enfouissement de déchets et de
combustibles irradiés venant de l’extérieur de la
province.
Les provinces auront leur mot à dire dans le choix d’un
lieu d’enfouissement des déchets nucléaires canadiens,
ce qui diminue considérablement les chances que le site
se retrouve au Québec.
La Société de gestion des déchets nucléaires (SGDN), qui
a lancé hier la portion québécoise de ses consultations,
a indiqué que les provinces ne seraient pas consultées
comme telles, mais que leur refus d’appuyer la
candidature d’une municipalité sera assurément pris en
compte.
« Toute communauté qui se portera volontaire devra
démontrer de façon convaincante son consentement, en
plus de montrer qu’elle travaille avec toutes les
personnes touchées par le projet, a indiqué Ben
Belfadhel, de la SGDN. En ce sens, les provinces auront
leur mot à dire. »
Bien que cela ne réduise pas à néant les chances qu’une
municipalité québécoise soit choisie, cela les réduit de
façon importante, car l’an dernier, l’Assemblée
nationale a adopté à l’unanimité une motion contre
l’enfouissement de déchets et de combustibles irradiés
venant de l’extérieur de la province.
La Presse révélait hier que le Bloc et le Parti
québécois ont demandé à la SGDN de prendre en compte la
portion de déchets produite dans une province dans le
choix d’un site, ce qui exclurait d’emblée le Québec où
n’ont été produites à ce jour que 3,87% de l’ensemble
des grappes nucléaires canadiennes.
« Il n’existe pas un critère unique pour le choix du
site », précise cependant Ben Belfadhel. Son organisme a
en effet dressé une liste de conditions à remplir, comme
celle de posséder sur son territoire un site apte à
confiner et à isoler le combustible nucléaire irradié
pour de très longues périodes de temps. Mais d’abord et
avant tout, la ville doit être « informée et consentante
».
La
Société fédérale, composée des trois producteurs
nucléaires du pays – dont Hydro-Québec –, a pour
mandat d’encadrer le choix d’un lieu où seront
enfouies les quelque 2 millions de grappes d’uranium
usées qui ont alimenté les centrales nucléaires du
pays depuis 40 ans.
Évalué entre 16 et 24 milliards de dollars, ce projet
vise à transporter les grappes radioactives, de la
dimension d’une bûche, vers un site doté d’une
formation géologique appropriée ( Bouclier canadien ou
roches sédimentaires). Le combustible irradié serait
ensuite acheminé mécaniquement vers un trou en
profondeur, où il serait scellé pour une très longue
période de temps.
« Lors des consultations précédentes, les gens nous
ont dit être mal à l’aise avec l’idée d’enfouir tout
ça et de l’oublier, a indiqué M. Belfadhel. Nous avons
donc opté pour une méthode flexible qui nous
permettrait à l’avenir d’aller rechercher le
combustible si besoin est. »
Autrement dit, si la science réussit à mettre au point
une technique de recyclage de l’uranium économiquement
rentable, pa r exemple, les grappes pourraient être
récupérées à cette fin. Notons que les pays qui
utilisent de l’uranium enrichi, comme la France par
exemple, réutilisent une portion de leur carburant, ce
qui n’est pas le cas du Canada, qui utilise de
l’uranium naturel. Personne ne sait au juste quand,
précisément, ce projet verra le jour. Mais si tout va
bien, a indiqué Ben Belfadhel, cela pourrait se faire
après 2035.
Plusieurs autres pays sont également dans la course
pour enfouir leur combustible irradié, comme le Chine,
la Suisse, le Japon et l’Allemagne. La Finlande et la
Suède sont certainement les plus avancées, avec des
mises en exploitation prévues pour 2020.
Aux États-Unis, un projet similaire est en cours à
Yucca Mountain, au Nevada. Alors qu’on prévoyait que
le tout serait prêt en 2017, l’entrée en exploitation
se fera probablement bien après 2020 en raison
d’oppositions locales. Voyez comment fonctionne
l’enfouissement des déchets nucléaires sur cyberpresse
: cyberpresse.ca/nucléaire
Bhopal BILAN INCERTAIN
Le gaz
toxique qui s’est échappé de l’usine de Bhopal le 3
décembre 1984 a fait durant les trois premiers jours de
8000 à 10 000 morts parmi la population de cette ville
du centre de l’Inde, selon le Centre public de recherche
médicale (ICMR). Les chiffres officiels évoquent 3500
morts. Selon Amnistie internationale, de 22 000 à 25 000
personnes auraient succombé après des années
d’exposition aux déchets toxiques laissés aux abords de
l’usine d’Union Carbide.
Il y
aurait en outre quelque 100 000 personnes atteintes de
maladies chroniques dues à la contamination des nappes
phréatiques. – AFP
Les enfants infirmes de Corby - Mali Ilse
Paquin
GRANDE-BRETAGNE Quelque chose ne tourne pas rond à Corby,
ancienne ville industrielle britannique. Entre 1985 et 1999,
des dizaines d’enfants sont nés avec des mains et des pieds
difformes. Hasard? Ou conséquence de la poussière toxique
qu’a respirée leur
— Connor McIntyre, 12 ans, trop fier pour essuyer les
railleries sans broncher, passe son temps à se battre dans
les cours d’école.
À l’origine de son orgueil meurtri, son bras gauche,
interrompu par deux petites protubérances : deux orteils
qu’on a tenté en vain de lui greffer. Sa petite pince reste
inanimée.
Sa mère, Susan McIntyre, est convaincue que la municipalité
est responsable du handicap de Connor, né sans main gauche.
Comme beaucoup d’autres parents d’enfants infirmes dans la
région.
Dix-huit familles poursuivent la Ville de Corby, située à
100 km au nord de Londres. Les parents l’accusent d’avoir
bâclé le réaménagement d’un ancien site de sidérurgie entre
1984 et 1997. En clair, ils la soupçonnent de ne pas avoir
respecté les règles de sécurité dans le transport des
matières toxiques, ce qui aurait causé les malformations de
leurs enfants.
Les jeunes en question, âgés entre 9 et 22 ans, ont tous des
difformités aux mains et aux pieds. Ils sont nés pendant les
travaux de nettoyage du chantier, au cours desquels des
camions transportaient à découvert dans les rues de Corby
les déchets de métaux lourds.
Susan
McIntyre grimace en décrivant la poussière nauséabonde qui
se déposait chaque jour sur ses meubles. « Ces particules
s’infiltraient partout. À l’extérieur, elles collaient aux
roues du landau de mon fils aîné. Je devais les nettoyer
chaque soir à l’eau de Javel. »
Ce cocktail toxique comprenait du zinc, du cadmium, du
chrome et des dioxines, de l’aveu même de la municipalité de
Corby.
Le directeur général de la mairie nie que les opérations de
décontamination aient causé les malformations des
plaignants. « Depuis cinq ans, nous avons soigneusement
enquêté sur les cas de ces jeunes. Nous savons qu’il n’y a
aucun lien entre les travaux de réaménagement et leur état
de santé », a affirmé Chris Mallender au début du procès,
qui s’est terminé le 7 mai à la Haute Cour de Londres au
bout de 13 semaines.
De son côté, l’avocat des familles, Des Collins, a bon
espoir de remporter le premier procès du genre en
GrandeBretagne. Un ancien ingénieur municipal , Mark
Bosence, a confirmé en cour qu’on ne nettoyait pas les roues
des camions avant qu’ils quittent le chantier. Et une
experte, Louise Parker, a révélé que le taux de malformation
chez les bébés de Corby était à l’époque trois fois
supérieur à la moyenne de la région.
Si le jugement, attendu la semaine prochaine, leur est
favorable, les familles pourront poursuivre individuellement
la Ville de Corby. Des Collins espère une entente à
l’amiable. « Les enfants sont fatigués de se battre. Ils
veulent être entendus par la municipalité », dit l’avocat à
La Presse.
SusanMcIntyre veut des réponses. « Moi qui n’ai même pas
pris une aspirine pendant ma grossesse, je me suis sentie
coupable. On nous doit des explications. »
Station de
pompage de pétrole bitumineux à Dunham Les écologistes
récusent la recommandation de la CPTAQ
Une récente décision de la Commission de protection du
territoire agricole du Québec (CPTAQ), qui recommande la
construction d’une station de pompage à Dunham pour permettre
le transport de pétrole bitumineux de l’Alberta jusqu’à
Montréal, a suscité une levée de boucliers chez des groupes
écologistes.
Ils soutiennent que la décision rendue mardi n’a pas pris en
compte les risques de déversement dans la nature, ni les
impacts environnementaux du produit pétrolier réputé pour son
caractère polluant.
La construction d’une station de pompage à Dunhampermettrait à
la compagnie PipeLines Montréal Ltée d’inverser le flot d’un
pipeline reliant le Maine au Québec. Cette initiative est un
rouage essentiel du projet controversé Trailbreaker, qui vise
à acheminer du pétrole issu des sables bitumineux de l’Ouest
canadien vers les États-Unis.
Si ce projet se réalise, près de 240 000 barils de pétrole
pourraient être acheminés chaque jour vers les raffineries de
l’est de Montréal. Le tiers serait consommé au Québec. Le
reste serait ensuite acheminé vers les États-Unis.
« Dunham,
c’est la route des vins, pas la route du pétrole », lance Hugo
Séguin d’Equiterre. « On ne parle pas uniquement d’une station
de pompage, mais d’un choix de société, poursuit-il. Le
pétrole bitumineux produit trois fois plus de gaz à effet de
serre que du pétrole dit plus propre. Si le gouvernement du
Québec autorise la construction de la pompe, les efforts
effectués par les Québécois pour réduire leurs émissions de
gaz à effet de serre seront annulés. »
Plusieurs citoyens et agriculteurs de la ville de Dunham ont
témoigné contre le projet lors des audiences publiques de la
CPTAQ qui se sont tenues en janvier. À l’instar de plusieurs
résidents, Guy Durand, du Comité environnemental de Dunham,
est préoccupé de l’état du pipeline, construit au début des
années 40.
« Ils veulent pomper le pétrole au-dessus des monts Sutton,
explique-t-il. Pour le faire, ils vont devoir utiliser une
pompe très forte qui risque de fragiliser l’ensemble du
système. Qui va payer si un accident se produit? La compagnie
n’a pas prévu un fonds de compensation pour indemniser la
municipalité ou les citoyens en cas d’accident. »
La décision de la CPTAQ n’a pas force de loi. Ce sera au
gouvernement du Québec de trancher sur la question. Malgré les
demandes répétées de groupes de pression, Québec n’a toujours
pas exprimé sa position dans le dossier.
Obama débloque 2,3 milliards pour le secteur
vert
WASHINGTON
— Le président américain Barack Obama a annoncé hier le
déblocage de 2,3 milliards de dollars pour des incitations
fiscales destinées à stimuler la création d’emplois dans
la production d’énergie « verte » aux États-Unis, alors
que le chômage reste à un niveau très élevé.
Ces crédits, piochés dans le plan de relance massif de 787
mi l l i a r ds promulgué dès le début du mandat de M.
Obama il y a près d’un an, visent via des crédits d’impôt,
à créer « des dizaines de milliers d’emplois dans la
fabrication de technologies propres », selon un communiqué
de la Maison-Blanche.
Au total,
183 projets situés dans 43 des 50 États américains ont été
sélectionnés, dans des secteurs comme la fabrication de
panneaux solaires, d’éoliennes et de compteurs
d’électricité « intelligents » pour optimiser le réseau
électrique américain.
Ces crédits d’impôt, a souligné l’administration, «
constituent une étape importante pour parvenir à
l’objectif du président de doubler la quantité d’énergies
renouvelables utilisées par le pays dans les trois
prochaines années ».
« Élaborer un secteur robuste des énergies propres est la
façon dont nous allons créer les emplois de l’avenir », a
expliqué M. Obama, affirmant que les mesures annoncées
hier « aideraient à combler le fossé énergétique qui s’est
élargi entre les ÉtatsUnis et d’autres pays tout en créant
de bons emplois, réduisant nos émissions de carbone et
augmentant notre sécurité énergétique ».
Obama veut moderniser le réseau électrique
américain
ARCADIA,
Floride — Le président Barack Obama a annoncé hier la plus
grande modernisation jamais entreprise du réseau
électrique américain, un investissement de 3,4 milliards
US qui vise à faire entrer les ÉtatsUnis de plain-pied
dans les énergies renouvelables.
Le président a méricain a visité hier, à Arcadia, en
Floride, le plus grand centre de production d’énergie
solaire des États-Unis.
« Le moment est venu de const r uire une autoroute de
l’électricité qui permette d’acheminer cette énergie aux
Américains le plus efficacement possible, pour un coût
abordable et sans détériorer l’environnement », a déclaré
M. Obama devant un champ de panneaux solaires.
« C’est la raison pour laquelle je suis fier » d’annoncer
« le plus grand i nvestissement jamais engagé dans un
réseau électrique plus fiable et plus intelligent, pour un
total de 3,4 milliards US », a-t-il poursuivi.
« Nous
devons faire plus que d’ajouter des panneaux solaires au
réseau électrique » actuel, at-il ajouté, en précisant que
« ce réseau s’appuie sur une technologie centenaire ». Il
l’a ainsi comparé au réseau de transport qu’on trouvait
aux États-Unis dans les années 1920 et 1930.
« Ce réseau gaspille trop d’énergie, nous coûte trop cher
et fait peser un risque trop i mportant d’arrêt momentané
ou de panne générale », a-t-il dit.
Sa conseillère responsable de l’énergie et de la question
du changement climatique, Carol Browner, avait auparavant
indiqué que l’investissement annoncé allait « nous donner
une sorte d’impulsion pour changer nos façons de produire,
acheminer et consommer l’électricité ».
« Nous avons un système très vétuste dans ce pays. Nous
avons besoin de le moderniser, ce qui engendrera d’énormes
bénéfices pour les consommateurs et pour notre
environnement », avait-elle ajouté.
Une centaine d’entreprises, usines, services publics et
villes vont recevoir des subventions de 400 000$US à 200
millions US pour participer à la construction d’un «
réseau énergétique intelligent », réduire les coûts et
améliorer la fiabilité d’un système à bout de souffle.
Ça bouge (un peu) à Washington - RICHARD
HÉTU
Tout
compte fait, Barack Obama n’arrivera pas les mains vides
au sommet de Copenhague sur le climat prévu en décembre. I
l ne devrait cependant pas pouvoir ajouter à son bagage
une loi du Congrès pour réduire les émissions de gaz à
effet de serre.
Le président américain a démontré la semaine dernière sa
détermination à agir sur le dossier climatique en
autorisant l’Agence de protection de l’environnement (EPA)
à user de ses nouveaux pouvoirs réglementaires pour
limiter les émissions des plus importants pollueurs
industriels – raffineries, centrales électriques au
charbon et autres usines produisant au moins 25 000 tonnes
de CO par an.
À défaut de modernisation, ces pollueurs, qui sont
responsables de près de 70 % de la totalité des émissions
de gaz à effet de serre aux États-Unis, seront mis à
l’amende.
«Nous avons les moyens et la technologie pour aller de
l’avant et nous allons les utiliser », a déclaré la
directrice de l’EPA, Lisa Jackson, mercredi dernier.
L’annonce de l’EPA, qualifiée de «changement sismique» par
l’Environmental Defense Fund, a coïncidé avec la
présentation au Sénat d’un projet de loi destiné à
instaurer un marché du carbone aux États-Unis, avec
l’objectif de réduire les émissions de gaz à effet de
serre de 20% d’ici à 2020 par rapport aux niveaux de 2005.
Il y a plus de trois mois, la Chambre des représentants
avait adopté une première version un peu moins ambitieuse
de ce texte de loi, ayant fixé un objectif de réduction
des émissions de 17% d’ici à 2020.
Scénario improbable
Le président Obama aimerait bien pouvoir se présenter à
Copenhague après un vote du Sénat approuvant le projet de
loi parrainé par les sénateurs démocrates John Kerry et
Barbara Boxer, mais un tel scénario semble improbable. Le
Sénat peine déjà à s’entendre sur la réforme du système de
santé américain, le plus grand des chantiers de
l’administration démocrate. Et le texte de loi sur le
climat compte plusieurs opposants, dont certains sénateurs
démocrates.
Il est
d’ailleurs intéressant de noter que l’ex pression « cha
ngement climatique » n’apparaît pas dans le projet de loi
Kerry-Boxer. Le texte se contente de préciser que
l’énergie propre est « la condition d’une croissance
économique forte et durable et une question de sécurité
nationale ».
Barack Obama a lui aussi évité de parler d’environnement
en saluant le projet de loi du Sénat. « Mon administration
soutient ardemment l’élaboration d’une loi qui crée de
nouveaux emplois et encourage l’innovation en matière
d’énergie propre », a déclaré le président dans un
communiqué.
Le sénateur républicain John McCain, un des plus
progressistes de son parti sur la question du changement
climatique, a donné une idée des difficultés auxquelles le
président et ses alliés du Congrès feront face. « Bien sûr
que non », a-t-il répondu aux journalistes qui lui
demandaient s’il avait l’intention d’appuyer le projet de
loi présenté par les démocrates.
Et le sénateur de l’Arizona d’ajouter, au cas où sa
déclaration n’aurait pas été assez claire: «Jamais,
jamais, jamais.»
L’idée d’instaurer un marché du carbone est celle qui
suscite la plus grande controverse, non seulement chez les
républicains et les industriels, mais également chez
certains démocrates. Les opposants font notamment valoir
qu’un tel système ferait peser sur l’industrie des
contraintes qui provoqueraient une flambée des prix de
l’énergie.
Objectifs modestes
La vigueur de l’opposition au projet de loi sur le climat
tend à faire oublier que ses objectifs sont relativement
modestes. Le Japon, par exemple, a promis de réduire ses
émissions de gaz à effet de serre de 25% d’ici à 2020 par
rapport aux niveaux de 1990. Or, l’objectif du Sénat de
réduire les émissions des États-Unis de 20% d’ici à 2020
par rapport aux niveaux de 2005 signifie en réalité une
réduction de 4% par rapport aux niveaux de 1990, la
référence utilisée non seulement par le Japon, mais
également par l’ONU et l’Union européenne.
« Le projet de loi KerryBoxer est un pas de bébé dans la
lutte contre une catastrophe climatique », a déclaré
Kieran Suckling, directeur du groupe Center for Biological
Diversity.
Il
s’agit pourtant d’un pas dont Barack Obama aimerait bien
pouvoir se vanter à Copenhague.
Sommet du G8 : CONSENSUS SUR UN SEUIL DE 2 ˚C
- Marc Thibodeau
Loin du
faste qui accompagne traditionnellement les sommets du G8,
les discussions sur le climat, la relance économique et
l’Iran ont pour décor les ruines de la ville de L’Aquila,
ravagée par un tremblement de terre en avril. À l’image
des victimes du sé
« Nous n’allons pas sacrifier la croissance économique à
la seule fin de réduire les émissions » polluantes, a dit
le président russe.
— Les ONG environnementales espèrent que le sommet du G8
de L’Aquila ouvrira la voie à la conclusion d’un accord
mondial ambitieuxsur la réductiondesgazà effetdeserreavant
la findel’année. Mais l’exercice s’annonce difficile.
L’hôte du sommet , Si lvio Berlusconi, a indiqué hier que
les membres de l’organisation des pays industrialisés
étaient d’accord sur la nécessité d’engagements
substantiels mais qu’ils se butaient à la « résistance »
de pays émergents comme la Chine et l’Inde, réticents à
accepter des cibles susceptibles de freiner leur
croissance.
Dans une déclaration émise en soirée, les membres du G8
soulignent qu’ils souhaitent « partager avec les autres
pays » du monde l’objectif de réduire les émissions de gaz
à effet de serre de 50% pour 2050.
Ils disent vouloir réduire leurs propres émissions de 80%
mais ne précisent pas à partir de quelle année de
référence le pourcentage doit être calculé, ce qui limite
la portée de l’engagement.
Seuil critique
Les membres du G8 disent par ailleurs pour la première
fois à l’unisson qu’il faut plafonner le réchauffement à 2
ºC, seuil critique qu’ont déterminé les chercheurs.
Le premier ministre canadien Stephen Harper s’est félicité
en soirée que la déclaration soit plus « musclée » que par
le passé. Une évolution qu’il a attribuée à la nouvelle
orientation de l’administration américaine.
Le sujet du réchauffement climatique doit être discuté
aujourd’hui au sein d’un forum élargi de 17 pays qui
regroupe les États responsables de 80% des émissions de
gaz à effet de serre de la planète.
Il a été mis en place à l’initiative du président
américain Barack Obama, qui souhaite une entente
ambitieuse avant la rencontre prévue à Copenhague en
décembre pour rédiger un nouveau protocole de réduction
devant succéder à celui de Kyoto.
M. Harper a dit qu’il serait difficile de trouver un
consensus avec les pays émergents mais qu’il était dans
leur intérêt d’y parvenir puisqu’ils risquent d’être plus
touchés par le réchauffement climatique.
Le gouvernement canadien, qui ne montrait guère
d’enthousiasme à discuter des questions environnementales
à l’approche du sommet du G8, a souligné lundi soir, à la
veille de la rencontre, qu’il était d’accord pour tenter
de limiter le réchauffement planétaire à moins de 2 ºC
d’ici 2050.
Ottawa
cède à la pression
« Le Canada reconnaît le consensus scientifique existant
voulant que l’accroissement de la température par rapport
au niveau enregistré à l’époque pré-industrielle ne
devrait pas excéder 2 ºC », a souligné dans un courriel le
porte-parole de Stephen Harper, Dimitri Soudas, reprenant
sans l’évoquer la formulation de la déclaration à venir du
G8.
Lors d’un point de presse, hier, M. Soudas a assuré que le
pays avait adopté cet objectif « depuis longtemps » . Le
ministre de l’Environnement, Jim Prentice, avait abordé la
question en mars sans formuler d’engagement précis.
Clare Demerse, porte-parole de l’ Institut Pembina, ONG
environnementale, affirme que le Canada n’avait jamais
publiquement souscrit à cet objectif de température et
qu’il a finalement cédé à la « pression internationale ».
L’adoption du seuil de 2 ºC doit amener le pays à revoir
substantiellement à la hausse ses objectifs en matière de
réduction de gaz à effet de serre, à moyen et à long
terme, souligne-t-elle.
« Il y a une grande différence entre dire que l’on adhère
au consensus scientifique sur les effets néfastes de
l’obésité et dire que l’on va entreprendre un régime »,
indique Mme Demerse, qui parle d’un effort « mitigé » de
la part des pays du G8.
Le plan canadien prévoit réduire les émissions du pays de
20% en 2020 par rapport au niveau de 2006 et de 60 à 70%
par rapport à celui de 1990.
« Surprise » russe
À peine annoncé, l’objectif de réduction de 80% des
émissions de gaz à effet de serre a été dénoncé à la
surprise générale par la Russie qui l’a jugé «
inacceptable ».
« Pour nous, le chiffre de 80% est inacceptable et
probablement hors d’atteinte », a estimé devant la presse
russe le principal conseiller économique du président
Dmitri Medvedev, Arkady Dvorkovitch.
« Nous n’allons pas sacrifier la
croissance économique à la seule fin de réduire les
émissions » polluantes, a-t-il ajouté. Il
a toutefois refusé de préciser quel objectif lui
paraîtrait acceptable, jugeant la question prématurée.
« Les calculs sont en cours. Différents scénarios sont
possibles », a-t-il dit en évoquant une échelle de 20 à
60% de réduction d’ici 2050.
PHOTO SAUL LOEB, AGENCE
FRANCE-PRESSE
Le sujet du réchauffement
climatique doit être discuté aujourd’hui au sein d’un
forum élargi de 17 pays qui regroupe les États
responsables de 80% des émissions de gaz à effet de
serre de la planète. Il a été mis en place à
l’initiative du président américain Barack Obama, que
l’on voit ici en compagnie de ses homologues français
et allemand, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel.
ÉTATS-UNIS Vote historique du Congrès sur le climat -
RICHARD HÉTU
— Ce n’est qu’un
premier pas, mais il est historique : par 219 voix contre 212
(soit une seule voix de plus que les 218 nécessaires à son
adoption), la Chambre des représentants a accordé une victoire
courte mais importante à Barack Obama en adoptant un vaste
projet de loi qui prévoit une réduction des émissions de gaz à
effet de serre et la mise en place d’un marché du carbone.
PHOTO JOHN MACDOUGALL, AFP
Le 25 juin, des militants du groupe
environnemental Avaaz se sont déguisés en Wonder Merkel et
Super Obama afin de presser la chancelière allemande Angela
Merkel le président américain Barack Obama d’intensifier leurs
efforts pour combattre le réchauffement climatique.
L’impact de ce vote ne se fera pas seulement sentir aux
ÉtatsUnis, où le Sénat doit procéder à l’examen d’un texte de
loi semblable cet automne. La législation américaine est
également perçue comme un préalable essentiel au succès du
sommet de Copenhague sur le climat prévu en décembre prochain.
Elle aura également un impact certain sur les politiques
canadiennes.
« Le Canada suit de très près ce qui se passe au Congrès », a
déclaré à La Presse Dave Biette, directeur de l’Institut
canadien du centre Woodrow Wilson à Washington. « Dans le
dossier du climat, le Canada ne formule pas les politiques, il
les emprunte aux États-Unis. »
Le projet de loi de la Chambre des représentants constitue une
première étape vers la réalisation d’une des promesses
électorales les plus importantes de Barack Obama. Le texte
Waxman-Markey (du nom de ses auteurs) a notamment pour objectif
de réduire les émissions de gaz à effet de serre responsables du
réchauffement du climat de 17% en 2020 par rapport au niveau de
2005, et de 83% de ce niveau en 2050.
Un texte de loi de 1200pages
Pour y parvenir, un marché de droits d’émissions dit cap and
trade sera notamment instauré. Dans le cadre de ce système, ces
droits seront soit vendus, soit accordés gratuitement aux
industries les plus vulnérables. Une partie importante du
produit de la vente de ces « permis de polluer » servira à
protéger les consommateurs contre la hausse attendue des prix de
l’énergie.
Le texte de
loi de 1200 pages encourage également la mise en valeur
d’énergies propres. Les fournisseurs d’électricité devront
ainsi obtenir 15% de leur production en énergie renouvelable
(éolienne, biomasse, solaire, géothermique) d’ici 2020.
Le vote de la Chambre des représentants intervient après
plusieurs jours de pressions intenses exercées par Barack
Obama sur les élus récalcitrants de son parti, dont plusieurs
venaient d’États agricoles. Selon le président des États-Unis,
la nouvelle législation « déclenchera la mise en valeur des
énergies propres, réduira notre dépendance pétrolière et la
pollution au carbone qui menace notre planète ».
Le chef de la Maison-Blanche a également fait valoir que le
projet de loi créera des millions de nouveaux emplois « qui ne
peuvent être exportés » à l’étranger.
La grande majorité des républicains s’est opposée au texte
Waxman-Markey, cr it iquant notamment la mise en place d’un
marché du carbone. Elle voit dans le système de cap and trade
une taxe indirecte qui augmentera le coût de l’énergie et
forcera des entreprises à quitter les États-Unis.
Les partisans du projet de loi n’en sont pas tous satisfaits.
Certains d’entre eux trouvent qu’il ne va pas assez loin. Ils
ne le considèrent pas moins essentiel.
« Nousn’avonspas le luxed’attendre l’élaboration du texte
parfait », a déclaré Larry Schweiger, président de la Wildlife
National Federation. « Il est absolument essentiel de mettre
la machine en route. Car sans loi sur le climat, les
États-Unis ne seront pas en mesure de jouer leur rôle de
leader à Copenhague et nous n’aurons pas d’accord
international sur le climat. »
Obama veut prolonger la prime à la casse
- Laurent Lozano
— Le
gouvernement américain travaillait hier avec le
Congrèspourétendrelaprimeà la casse versée aux automobilistes
qui achètent une voiture neuve, après que le milliard de
dollars alloué au programme eut été épuisé bien plus vite que
prévu.
Le
concessionnaire Capitol City Buick Pontiac GMC de Berlin, au
Vermont, a trouvé une manière audacieuse de faire la
promotion du programme de prime à la casse du gouvernement
américain, le Car Allowance Rebate System (CARS), aussi
surnommé « Cash for Clunkers ».
Le programme, approuvé en juin pour aider une industrie en
déconfiture, offre jusqu’à 4500 $ aux automobilistes qui
mettnte au rancart leur ancienne voiture pour en acheter une
neuve qui consommera moins d’essence.
La Chambre des représentants a approuvé hier en mi-journée,
par 316 voix contre 109, une allocation de deux milliards de
dollars supplémentaires au programme. La mesure doit
maintenant être examinée par le Sénat, où son devenir est plus
incertain.
Mis en oeuvre par le gouvernement lundi, le programme était
censé durer jusqu’au 1er novembre ou jusqu’à épuisement des
fonds. L’argent a été épuisé en moins d’une semaine.
L e pr o g r a mme a é t é u n « immense succès » pour tout le
monde : les automobilistes, les concessionnaires et les
constructeurs d’automobiles, a dit le porte-parole du
président Barack Obama, Robert Gibbs.
« C’est quelque chose qui peut, qui doit être, et qui sera
étendu », a-t-il dit.
Des r e s p o n s a bl e s d e la Maison-Blanche, du ministère
des Transports et des parlementai r e s des deux c a mps
travaillaient hier pour trouver l’argent, a-t-il dit.
L’administration et le Congrès devaient s ’entendre sur l es
modalités d’une prolongation, comme la somme qui y serait
attribuée ou la durée.
Le
porte-parole de M. Obama a rejeté par avance les éventuelles
critiques contre de nouvelles dépenses publiques à un moment
où l’augmentation record du déficit fournit à l’opposition
républicaine l’un de ses principaux arguments contre la
majorité démocrate.
La prise de conscience du fait que le milliard de dollars
initial avait été consommé a déjà donné lieu à un accès de
confusion jeudi.
L’administration devait veiller à ce que des automobilistes
n’achètent pas de véhicule en pensant que la prime
s’appliquerait toujours alors que les fonds gouvernementaux
seraient épuisés.
Le porte-parole de M. Obama a assuré que les automobilistes
pouvaient se rendre aujourd’hui et demain chez les
concessionnaires et que les engagements pris seraient honorés.
Il a nié que les critères aient été trop peu rigoureux, ce qui
aurait favorisé un afflux de demandes. Il a fait valoir que
les concessionnaires avaient fait la publicité de cette prime
et que nombre d’acheteurs n’avaient au départ aucune intention
d’acquérir un nouveau véhicule.
La prime avait deux objectifs principaux : aider une industrie
dont deux des grands représentants américains, General Motors
et Chrysler, viennent d’échapper à la faillite avec l’aide
gouvernementale, et promouvoir les véhicules propres.
La prime est calculée en fonction de l’économie de carburant
réalisée.
Pour Himanshu Patel, analyste de JPMorgan Chase, le succès de
cette prime est révélateur d’une « i mportante demande latente
» de voitures neuves. Il a souligné que, lors des récessions
passées, les ventes de voitures avaient redémarré de quatre à
six trimestres avant le pic du chômage, ce qui correspondrait
à peu près à la période présente si le nombre de sans-emploi
devait culminer au deuxième semestre 2010.
La
révolution automobile d’Obama - ALAIN
DUBUC
Cette initiative affectera directement les Canadiens en tant
que consommateurs.
Barack Obama a annoncé cette semaine une initiative qui aura
un impact économique et environnemental considérable. Il
s’agit d’une entente avec l’industrie pour imposer de nouveaux
standards d’émissions des véhicules, qui réduiront de façon
significative la consommation d’essence et les émissions de
gaz à effet de serre.
Le
président américain Barack Obama.
Ce virage, que le président américain a décrit à juste titre
comme historique, a eu peu d’échos ici. Et pourtant, même si
elle a été décidée à Washington, cette politique nous
affectera autant que les Américains. Parce que les 20% de
l’industrie automobile nord-américaine qui se trouvent au
Canada devront se conformer à ces standards. Et parce que le
gouvernement canadien, à la remorque de Washington, sans
politique énergétique propre, a déjà laissé entendre qu’il
s’ajusterait à ces normes américaines. Cela veut dire que nous
serons directement affectés en tant que consommateurs.
Entre 2012 et 2016, les producteurs devront réduire les
émissions de dioxyde de carbone des véhicules du tiers, et la
consommation d’essence d’environ 30%. Pour les automobiles, la
consommation devra être, en moyenne, de 35 milles (48 km) au
gallon en 2016, soit environ 5,6 litres aux 100 kilomètres.
C’est une révolution.
Cet objectif extrêmement ambitieux a réussi à rallier le
gouverneur républicain de la Californie, Arnold
Schwarzenegger, dont les efforts pour imposer des normes
environnementales sévères dans son État avaient été bloqués
par l’administration Bush. Mais le tour de force du président,
c’est d’avoir réussi à faire accepter cette révolution aux
constructeurs automobiles qui, jusqu’ici, avaient résisté
farouchement. C’est sans doute là un des effets positifs de la
crise. L’industrie américaine, qui vit maintenant aux crochets
de l’État, n’est plus capable d’imposer sa logique.
L’impact environnemental sera significatif, si l’industrie
réussit à se conformer à ces normes. Cela équivaut, sur une
période de six ans et demi, à retirer 177 millions d’autos de
la circulation. Ces mêmes normes, qui s’appliqueront de ce
côté-ci de la frontière, auront un effet important, quand on
sait qu’au Québec, 31% des émissions des GES proviennent du
transport routier.
Ce sera tout
un choc pour l’industrie, qui devra faire des miracles pour
respecter ces cibles, modifier sa gamme de véhicules,
accélérer l’innovation technologique, investir des milliards
pour convertir les usines. Ce n’est pas rien. Les
consommateurs seront aussi touchés. Ces autos moins
énergivores coûteront 1300$ de plus, quand on additionne
l’effet des normes des administrations Bush et Obama. Cette
somme pourra toutefois être récupérée par le choix d’une plus
petite auto et par les économies d’essence.
Et pourtant, cette nouvelle politique, qui représente un des
gestes les plus significatifs pour réduire les émissions de
GES, n’a pas suscité ici les réactions qu’elle méritait. Parce
que c’est aux États-Unis? Parce que Barack Obama fait trop
d’annonces? J’ai une autre explication. J’y vois le reflet
d’une tension entre deux façons de résoudre les défis
environnementaux: l’approche pragmatique et l’approche
militante.
Cette réduction draconienne des standards des émissions sera
efficace, elle donnera des résultats. Mais elle s’inscrit dans
la logique du système; elle ne remet pas en cause la culture
de l’automobile, elle la rend plutôt moins nuisible, elle la
civilise.
La plupart des groupes environnementaux privilégient plutôt
une approche qui réduit la place de l’automobile, par le vélo,
les transports en commun, l’aménagement urbain. Des avenues
dans lesquelles il faut mettre toutes nos énergies. Mais
derrière les objectifs immédiats, les batailles
environnementales se mènent à un second niveau et s’inscrivent
dans un projet plus global qui cherche aussi à modifier les
comportements humains, à repenser le système socioéconomique.
Voilà pourquoi le projet américain ne suscite pas tant
d’enthousiasme. Les militants voudraient changer le système.
Ce que montrent les projets du président Obama, c’est que le
système peut changer.
Washington veut des voitures plus « vertes »
WASHINGTON—
BarackObama a annoncé, hier, le premier plan national aux
ÉtatsUnis destiné à réduire les émissions de gaz à effet de
serre des véhicules. Un dispositif qui met également l’accent
sur la construction d’automobiles moins gourmandes en carburant
pour réduire la dépendance du pays aux importations de pétrole.
Le président américain a présenté son plan comme un tournant
historique vers une « économie de l’énergie propre ».
« Alors que les États-Unis représentent moins de 5% de la
population mondiale, nous comptons pour environ un quart de la
demande mondiale de pétrole », a souligné M. Obama à la
Maison-Blanche, devant des responsables du Congrès et du secteur
automobile. « Et cet appétit a un coût gigantesque. »
En vertu du plan, les véhicules vendus aux États-Unis devront
rejeter environ un tiers de moins de dioxyde de carbone d’ici
2016. De nouvelles normes imposent également une baisse de 30%
de la consommation de carburant des automobiles.
Le dispositif a
été conçu en partie pour résoudre un conflit entre le
gouvernement fédéral et une dizaine d’États, dont la Californie,
qui ont déjà fixé des normes plus strictes que celles existant
auparavant sur le plan national.
L’industrie accepte le plan
Le nouveau plan, tout en mettant la législation nationale au
niveau de celle de ces États, donne du temps aux constructeurs
pour s’adapter. L’industrie automobile, qui avait combattu les
règles adoptées par les États, a accepté le plan parce qu’il
clarifie la situation et leur laisse six ans et demi pour s’y
conformer.
Grâce à cet accord, « nous économiserons 1,8 milliard de barils
de pétrole pendant la durée de vie des véhicules vendus au cours
des cinq prochaines années, a affirmé M. Obama. En cette période
de crise historique pour notre industrie automobile, cette
réglementation apporte la certitude claire qui permettra à ces
entreprises » de se préparer à construire les voitures du XXIe
siècle. »
Le président américain a précisé que le plan permettrait une
économie de carburant équivalant au retrait de la circulation de
177 millions de voitures sur les six ans et demi à venir. Ce qui
représenterait le volume de pétrole importé par les ÉtatsUnis en
provenance d’Arabie Saoudite, du Venezuela, de Libye et du
Nigeria en 2008.
Les États-Unis
«prêts à rattraper le temps perdu»
La secrétaire d'État américaine Hillary
Clinton a affirmé lundi que les États-Unis étaient «prêts à
mener» la lutte contre le changement climatique, à l'ouverture
d'une réunion internationale consacrée au climat réunissant les
principales économies à Washington.
«Les États-Unis sont prêts à mener (la
lutte) et décidés à rattraper le temps perdu», a dit Mme Clinton
lors de ce forum sur l'énergie et le climat organisé à
l'initiative du président Barack Obama pour préparer la
conférence de l'ONU sur le réchauffement climatique en décembre
à Copenhague.
«Le président et l'ensemble de son administration sont attachés
à s'occuper de ce problème et nous agirons», a dit Mme Clinton
lors de ce forum organisé au département d'État.
«Les États-Unis ne sont plus aux abonnés absents», a ajouté la
secrétaire d'État, faisant allusion aux reproches faits
fréquemment à l'encontre de l'administration George W. Bush pour
avoir minimisé la menace liée au réchauffement climatique et peu
agi pour y faire face pendant huit ans.
Pour Mme Clinton, la menace liée au réchauffement du climat est
bien réelle. Il s'agit, selon elle, d'une «menace mondiale par
sa portée, mais locale et nationale par son impact».
«Nous savons que le changement climatique menace des vies et des
moyens d'existence», a martelé l'ex-Première dame.
«La désertification et la hausse du niveau de la mer augmentent
la concurrence pour la nourriture, l'eau et les ressources», a
dit Mme Clinton.
«Mais nous avons aussi vu les dangers que ces tendances posent
pour la stabilité des sociétés et des gouvernements. Nous
constatons la façon dont cela peut mener au conflit, aux
troubles et aux migrations forcées», a-t-elle souligné.
«Donc aucun des problèmes auxquels nous sommes aujourd'hui
confrontés n'a de conséquences plus vastes à long terme ni un
plus grand pouvoir de dénaturer le monde pour les générations
futures», a dit Mme Clinton.
Le forum réunit Australie, Brésil, Canada, Chine, la Commission
européenne, France, Allemagne, Inde, Indonésie, Italie, Japon,
Corée du Sud, Mexique, Russie, Afrique du Sud, Grande-Bretagne,
États-Unis, Danemark et ONU.
Le changement climatique, la priorité du Congrès
américain
— Sous la
pression de l’administration Obama, le réchauffement
climatique est devenu une priorité brûlante au Congrès
américain, qui donne cette semaine le coup d’envoi de
discussions pour une loi sur « l’énergie propre ».
Le président Barack Obama a prévu de se rendre à Copenhague
pour la conférence des Nations unies sur le changement
climatique entre le 7 et le 18 décembre et il a besoin de
montrer au monde que les États-Unis ont pris la mesure du
dossier du climat.
Après un congé de deux semaines, le Congrès n’a pas le temps
de souffler et doit s’attaquer à ce dossier, car sa feuille de
route a été modifiée par l’administration Obama pendant les
vacances parlementaires.
En effet, l’Agence américaine de protection de l’environnement
(EPA) a déclaré vendredi dernier les gaz à effets de serre,
principalement le gaz carbonique (CO ), « dangereux » pour la
santé publique.
L’administration
met
donc une pression supplémentaire sur le Congrès en vue de
parvenir à un texte de loi avant la fin de l’année. « Le
Congrès travaille à une solution d’ensemble au réchauffement
climatique et je me suis engagée à soumettre une loi sur
l’énergie propre cette année », a déjà écrit vendredi la
présidente la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, dans un
communiqué.
Première étape de cet immense chantier: la commission de
l’Énergie et du Commerce de la Chambre examine la question à
partir d’aujourd’hui, jusqu’à vendredi. Son président, le
démocrate Henry Waxman, est l’auteur avec le représentant Ed
Markey d’un premier jet du futur texte de loi.
L’ambitieux projet prévoit notamment une réduction des
émissions de gaz à effet de serre de 20% d’ici 2020 par
rapport à 2005, puis de 42% en 2030 et de 83% en 2050.
La bataille au Congrès s’annonce rude. À la Chambre, les
responsables de la majorité espèrent un vote avant les
vacances parlementaires d’août.
Au Sénat, aucun calendrier n’a encore été annoncé.
Washington reconnaît l’impact du changement
climatique
— Les
effets du changement climatique se font déjà sentir aux
États-Unis et ce phénomène risque d’être largement
irréversible, a averti hier l’administration du président
Barack Obama, dans un rapport alarmiste qui tranche avec
le scepticisme de l’ère Bush.
Le réchauffement climatique s’est traduit par une
élévation des températures et du niveau des océans et par
la fonte des glaciers et des neiges hivernales, souligne
le rapport du Programme de recherche américain sur le
changement climatique, rédigé par plusieurs ministères et
la Maison-Blanche.
Sans une modification de la consommation d’énergie, la
hausse des températures va provoquer des vagues de chaleur
plus fréquentes, avertissent les auteurs de l’étude.
Les
ouragans, qui s’abattent régulièrement sur le Sud-Est,
vont devenir encore plus dévastateurs à mesure qu’ils se
renforcent en survolant des océans plus chauds.
Les régions qui ont déjà constaté une hausse des
précipitations vont probablement subir des pluies et des
chutes de neige plus abondantes à l’avenir, tandis que les
régions arides, comme celles du Sud-Ouest, devraient
connaître davantage de périodes de sécheresse.
Le réchauffement va avoir un impact sur l’agriculture du
fait de la hausse des températures et de la baisse des
précipitations dans le Middle West, le « grenier » du
pays. Il va aussi accroître la demande d’énergie par
l’utilisation accrue de systèmes de climatisation, selon
le rapport.
Plan
d’établissement de trains rapides aux États-Unis
« C’est un changement de cap radical. Barack Obama vient
d’affirmer que le développement économique ne passe plus par
l’automobile, mais par les transports écologiques. C’est sans
doute le geste le plus important fait pour l’environnement
depuis des décennies. »
Le nouveau plan de transport dévoilé jeudi par Washington
pourrait avoir un impact considérable sur le Québec. Barack
Obama a livré sur un plateau d’argent de nouveaux arguments aux
politiciens et aux écologistes en faveur de l’établissement d’un
train à grande vitesse (TGV) entre Québec et Windsor ou Montréal
et New York.
PHOTOALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA
PRESSE
André Lavallée,
vice-président du comité exécutif à la Ville et responsable du
dossier du transport, est ravi de la main tendue par le
gouvernement américai
Barack Obama a présenté jeudi un plan de 8 à 13 milliards
de dollars visant à doter les ÉtatsUnis de 10 nouveaux réseaux
de trains à grande vitesse, dont trois concernent directement ou
indirectement Montréal. Le plan Obama suggère que l’un des
corridors relie Boston et Albany en passant par Montréal. Puis
que deux autres lignes soient établies entre New York et
Buffalo, de même qu’entre Chicago et un chapelet de villes du
Midwest.
Si l’un des deux projets de TGV entre New York et Montréal,
ou entre Québec et Windsor (en passant par Montréal) venaient
enfin à se concrétiser, la métropole québécoise pourrait devenir
une plaque tournante importante du transport des marchandises
entre l’Europe (via le Port de Montréal), le Canada et les
États-Unis.
La Ville de Montréal est ravie. « Montréal n’avait pas la
capacité économique de mettre au point seule un train vers les
États-Unis, mais maintenant ils nous tendent la main. Les
occasions de développement sont extraordinaires », affirme André
Lavallée, viceprésident du comité exécutif à la Ville et
responsable du dossier du transport.
M. Lavallée croit qu’il est trop tôt pour préciser comment
ces projets pourraient se traduire concrètement. Mais le Canada,
dit-il, ne pourra rester les bras croisés. Le ton est donné. «
C’est un changement de cap radical. Barack Obama vient
d’affirmer que le développement économique ne passe plus par
l’automobile, mais par les transports écologiques. C’est sans
doute le geste le plus important fait pour l’environnement
depuis des décennies. »Le gouverneur de l’État de
New York et le gouvernement Charest ont annoncé le mois dernier
que des pourparlers étaient en cours au sujet de la construction
d’une ligne de TGV. « Puisqu’il y a aussi une volonté
présidentielle, il n’y a plus de raison de ne pas avancer »,
renchérit le chef de Vision Montréal, Benoit Labonté.
Chine : L’opération séduction -
Barthélémy Courmont
La Chine
cherche à devenir un modèle dans la lutte contre le
réchauffement climatique
L’auteur est professeur invité à l’UQAM et titulaire par
intérim de la chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques
et diplomatiques. Il vient de publier (avec Darko Ribnikar)
Les guerres asymétriques, aux éditions Dalloz, et sort
prochainement La grande séduction. Essai sur le soft power
chinois, aux éditions Choiseul.
Conséquence logique de sa croissance économique effrénée, et
rançon de sa population importante, la Chine est devenue
l’un des principaux pollueurs de la planète, et l’un des
principaux responsables du réchauffement climatique.
Ces dernières années, de nombreux rapports, souvent rédigés
aux États-Unis, l’autre grand responsable de ce danger, se
sont alarmés de la situation en Chine, pointant du doigt
l’absence de mesures efficaces. Mais Pékin ne l’entend pas
de cette oreille, et tandis que se profile le sommet de
Copenhague sur le climat, qui se tiendra en décembre, le
gouvernement chinois a annoncé à l’occasion d’une réunion
sur les enjeux climatiques, en marge de l’Assemblée générale
de l’ONU, des nouvelles mesures pour réduire les émissions
de gaz à effet de serre sur son territoire.
Réagissant à cette annonce, le responsable de l’ONU sur les
questions climatiques, Yvo de Boer, a même affirmé que la
Chine figurerait très prochainement parmi les pays en
première ligne dans la lutte contre le réchauffement de la
planète. Un modèle donc, mais de quelle nature, pour qui, et
pour quelles raisons?
Parmi les différentes mesures proposées par la Chine, figure
l’intention d’utiliser d’ici 2020 des sources renouvelables
pour produire 15 % de ses besoins énergétiques pharaoniques.
Un objectif ambitieux et louable, mais qui semble malgré
tout assez modeste compte tenu des immenses attentes qui
précédaient le plan chinois.
Un effet d’annonce plus qu’une réalité donc? Pour l’heure
indiscutablement, même si la prise de conscience est bien
là, et doit être saluée. En fait, en transformant son image
de premier pollueur de la planète en modèle dans la lutte
contre le réchauffement climatique, la Chine renoue avec la
tentation de prendre la tête des puissances émergentes,
statut que Pékin continue de revendiquer. En adaptant son
développement économique aux nouvelles exigences de la lutte
contre le réchauffement climatique, Pékin invite ainsi les
pays émergents à suivre son modèle, ce qui est à la fois un
acte politique fort et un pari sur les investissements
majeurs dans ce domaine, pour lesquels la Chine pourrait
être associée. Avec des retombées économiques à la hauteur
des projets. Une stratégie donc pour un pays qui étend un
peu plus chaque jour son emprise sur l’Asie du SudEst,
l’Afrique ou l’Amérique latine.
L’autre
stratégie de Pékin est de mettre Washington en difficulté.
En apparaissant comme un modèle dans la lutte contre le
réchauffement climatique, la Chine pourrait ainsi non
seulement contrer les attaques américaines sur un sujet pour
lequel elle s’est montrée jusqu’à présent peu performante,
et surtout renforcer sa crédibilité à l’échelle
internationale dans sa capacité à faire face à un enjeu
global, et sur lequel Washington reste un maillon faible.
Car si la Chine peut devenir un modèle sur ce sujet, la
situation est en revanche plus complexe à Washington, où le
poids du Congrès ralentit souvent les initiatives de
l’exécutif, et où la culture de la consommation ne joue pas
en faveur d’évolutions profondes des comportements.
Ainsi, face à des États-Unis souvent i ncapables de t ra n
sfor mer des actes de bonne volonté en des actions
politiques concrètes, et une Union européenne qui reste de
son côté encore trop inégale dans son traitement des enjeux
climatiques, la Chine impose sa voie, et pourrait
effectivement prendre de l’avance sur un sujet majeur.
Mais plus que les faits, tout est question de perception, et
Pékin en a conscience. La Chine soigne son image, et s’est
lancée dans une immense opération séduction, en mettant en
avant ses capacités de « soft power », en prenant notamment
place sur tous les terrains laissés vacants par les
États-Unis au cours des dernières années.
Le positionnement de Pékin dans la lutte contre le
réchauffement climatique serait donc une stratégie visant à
se substituer à la puissance américaine. Avec un résultat
payant, et que le sommet de Copenhague pourrait rapidement
confirmer.
ÉTATS-UNIS
Le berceau de l’automobile parie sur les emplois verts
— D’énormes
morceaux de métal posés sur le sol attendent d’être découpés.
Ils deviendront des moyeux d’éoliennes. Dans cette usine de
pièces détachées automobiles, comme dans tout l’État du
Michigan, on compte sur l’industrie « verte » pour sauver une
économie sinistrée.
L’usine
de
pièces détachées d’automobiles Dowding Industries, à Eaton
Rapids, espère sauver son avenir en se reconvertissant dans
la fabrication de pièces pour l’énergie éolienne.
À part la taille des pièces, monumentale, la construction
d’éoliennes n’est pas très éloignée de la fabrication des
pièces détachées siglées Dowding Industries. Si ce n’est que
l’entreprise pense que le vent, lui, a un avenir.
Avec l’industrie automobile, « on est mis sur la touche depuis
dix ans. On a compris que c’était plié », explique le patron
de la société, Jeff Metts. Le vent, par contre, est un secteur
« vraiment enthousiasmant », ajoute-t-il.
Les « métiers verts » créés dans les installations de ce type
pourraient bien assurer la survie de cette région, surnommée
la « ceinture de la rouille » à cause de sa pléthore d’usines
désaffectées.
Berceau des t r ois gra nds constructeurs américains ( Ford,
General Motors, Chrysler) mis à mal par la crise, le Michigan
est déterminé à capter le maximum de ces « jobs verts ».
Un pôle de production
Jennifer Granholm, qui gouverne l’ État, s’est rendue dans le
monde entier pour attirer les entreprises. Elle fait miroiter
l’expérience du Michigan en matière d’industries de pointe et
aussi sa localisation au coeur des Grands Lacs, qui le relie
aux grandes voies maritimes mondiales.
Objectif : devenir un pôle de production pour les entreprises
qui utilisent les énergies solaire, éolienne et géothermique,
l’hydrogène et les moteurs électriques ou hybrides.
« Nous avons les usines, les infrastructures qui peuvent
transporter les éoliennes, les fournisseurs qui sont prêts à
fabriquer les composants nécessaires et la main-d’oeuvre
adaptée », a-t-elle fait valoir lors d’une conférence sur les
« emplois verts » que l’État a organisée en mai.
Le Michigan
a déjà remporté des victoires. General Electric, Johnson
Controls et Ford ont annoncé qu’ils allaient investir dans
la région dans les logiciels ou les batteries. L’État compte
80 entreprises liées au vent et à l’énergie solaire.
Mais plusieurs contrats potentiels sont tombés à l’eau faute
de financement.
Concurrence
Et même si le Michigan a des atouts, il est confronté à la
concurrence des autres États, observe Mark Partridge,
économiste à l’Université de l’Ohio.
« Tout le monde recherche le Graal mais peu d’entre eux vont
y arriver, explique-t-il. Pour que l’énergie verte émerge,
elle doit être compétitive et ne peut donc pas générer un
grand nombre d’emplois. »
À Eaton Rapids, une petite ville proche de Detroit, Dowding
a dû récemment licencier près de la moitié de ses 265
employés en raison de la chute des commandes de pièces
détachées d’auto et de moteurs.
Et même si l’équipement de 10 millions de dollars pour la
fabrication d’éoliennes devait fonctionner à plein, il ne
remplacera jamais ces emplois, ni les centaines de milliers
d’autres qui ont été détruits dans le Michigan quand les
usines de voitures ont commencé à fermer.
Le président Barack Obama souhaite que l’énergie éolienne
génère à t e r me a u moi n s 20 % de l’énergie domestique.
Mais les bons de commande pour les éoliennes font défaut
chez Dowding.
Dowding a par ailleurs besoin d’un prêt de 100 millions de
dollars alors que les banques sont toujours ébranlées par la
crise et que les aides gouvernementales restent difficiles à
obtenir. En tout cas aux États-Unis. « La Chine nous a
appelés pour dire qu’ils financeraient tout le projet si on
venait s’installer chez eux », affirme M. Metts.
Héroux-Devtek veut accroître sa présence dans l’éolien
« Nul doute
que ces sociétés chercheront des partenaires locaux bien
établis afin de les épauler dans leur expansion et nous
disposons de nombreux atouts pour devenir un partenaire de
choix. »
Alors qu’il souhaite profiter de l’engouement du président
américain Barack Obama pour l’énergie éolienne,
Héroux-Devtek a amorcé des discussions avec deux des plus
importants acteurs du secteur afin de devenir l’un de leurs
fournisseurs.
L’entreprise de Longueuil est surtout connue pour ses
produits aéronautiques, mais elle possède à Cincinnati, en
Ohio, une usine spécialisée dans les composants de turbines
à gaz et d’éoliennes.
Pour l’instant, le fabricant fait principalement affaire
avec la division éolienne de GE Energy, mais il aimerait
participer à la percée américaine à laquelle travaillent les
géants européens Vestas et Gamesa.
« Nul doute que ces sociétés chercheront des partenaires
locaux bien établis afin de les épauler dans leur expansion
et nous disposons de nombreux atouts pour devenir un
partenaire de choix », a déclaré le président et chef de la
direction d’Héroux, Gilles Labbé, au cours de l’assemblée
annuelle des actionnaires de l’entreprise, tenue hier à
Montréal.
Les revenus du secteur éolien d’Héroux ont doublé au cours
de l’exercice terminé le 31 mars, mais ils ne représentent
encore que 2% des ventes totales.
Le marché vit actuellement une crise de croissance du fait
qu’à plusieurs endroits, l’infrastructure de transport n’est
pas en mesure de prendre en charge le volume additionnel
d’énergie provenant des éoliennes.
Il reste qu’à moyen terme, le secteur offre un « potentiel
considérable », selon Héroux-Devtek. L’administration Obama
s’est fixé comme objectif de combler jusqu’à 25% des besoins
énergétiques des États-Unis par le biais de sources
renouvelables comme les éoliennes et les panneaux solaires.
Résultats
Héroux-Devtek a par ailleurs publié hier des résultats en
baisse pour son premier trimestre, terminé le 30 juin 2009.
Alors que
les ventes de l’ent reprise ont f léchi d’à peine 0,5 %, ses
profits nets n’ont atteint que 4,5 millions ( 15 cents par
action), en baisse de 20,3 % par rapport aux 5,7 millions
(18 cents par action) dégagés pendant la même période de
l’an dernier.
Ces résultats sont en deçà des prévisions des analystes
financiers, qui s’attendaient en moyenne à un bénéfice par
action de 17 cents. Les investisseurs sont tout de même
restés cois, l’action clôturant à 4,59 $, en recul de 1,3 %,
dans un marché fortement baissier à la Bourse de Toronto.
Les ventes du trimestre se sont établies à 82,2 millions.
HérouxDevtek a pâti de la diminution des livraisons dans les
marchés de l’aérospatiale commerciale – des avions
d’affaires notamment – et des composants industriels, mais a
profité de la robustesse du secteur de l’aérospatiale
militaire. Il faut dire que la baisse de la valeur du dollar
canadien (par rapport à l’an dernier) a eu une incidence
favorable de 7,3 millions sur le chiffre d’affaires du
premier trimestre.
« La baisse de la rentabilité ref lète le ralentissement des
calendriers de production de même que de la composition des
ventes favorables dont nous avions bénéficié au premier
trimestre de l’exercice précédent sur le marché secondaire (
pièces et services) », a précisé M. Labbé.
Des annulations et des reports ont fait dégonfler le carnet
de commandes, qui s’établissait à 468 millions de dollars au
30 juin, contre 485 millions trois mois plus tôt.
Pour faire face à la situation, le fabricant a réduit les
horaires de travail de ses employés des usines de Laval, de
Dorval et de Montréal, sans toutefois toucher de manière
significative à ceux de ses installations principales,
situées à Longueuil, à Kitchener et au Texas.
Héroux doit d’ailleurs faire sous peu la première pelletée
de terre des travaux d’agrandissement de son usine texane,
qui coûteront environ 10 millions. C’est à cet endroit que
l’entreprise fabrique les composants destinés à l’industrie
militaire américaine, notamment ceux du Joint Strike Fighter
(F-35) de Lockheed Martin.
Gilles Labbé prévoit qu’Héroux-Devtek produira des
composants pour une vingtaine de F-35 cette année, une
trentaine l’an prochain et une cinquantaine en 2011.
L’entreprise compte tirer de ce programme des revenus d’au
moins 200 millions au cours des prochaines années.
Le fabricant a par ailleurs annoncé hier avoir décroché de
nouvelles commandes militaires américaines d’une valeur
totale de 11,3 millions pour la production de composants de
trains d’atterrissage.
Héroux ne prévoit pas enregistrer une augmentation
significative de ses revenus au cours de l’exercice en
cours. Pour croître, l’entreprise pourrait se remettre sur
la route des acquisitions : M. Labbé a indiqué que plusieurs
dossiers étaient actuellement à l’étude. La dernière
acquisition remonte à 2004.
Les
centres de tri sortent de la crise - Martin
Vallières
PRIX DES
MATIÈRES RECYCLÉES
« Les centres de tri ne sont plus en situation de crise
grâce à la remontée des prix des matériaux recyclables, même
s’ils demeurent fragiles financièrement. »
Les prix des matières premières se redressent à vue d’oeil,
soulevant aussi ceux des matériaux recyclables hors du krach
de l’automne dernier.
Conséquence : la crise de revenus qui menaçait la survie de
plusieurs des 38 centres de tri de collecte sélective au
Québec s’est largement résorbée, a constaté La Presse
Affaires.
Soulagement pour les intervenants de cette industrie encore
émergente, en particulier les quelque 1500 salariés directs
des centres de tri.
Mais aussi pour les contribuables, municipaux et
provinciaux, qui risquaient d’avoir à fournir des millions
de dollars en aide d’urgence pour maintenir un système de
premier plan en environnement.
« Les
centres de tri ne sont plus en situation de crise grâce à la
remontée des prix des matériaux recyclables, même s’ils
demeurent f ragiles financièrement », indique Réal Fortin,
directeur de l’expoitation au Groupe Gaudreau, un important
exploitant de centres de tri à Victoriaville et à Toronto.
De pl u s , M. F o r t i n préside l e Comité des centres de
tri à RéseauEnvironnement, le plus important regroupement
d’entreprises de ce secteur au Québec.
Exemple du redressement: le prix moyen des papiers et
cartons recyclables, qui composent 82% des quelque 900 000
tonnes a n nuelles de c ol l e c t e sélective selon
Recyc-Québec, a remonté à 55$US la tonne.
C’est encore à la moitié du sommet de 110$US atteint avant
le krach de l ’automne, « un prix surgonflé de toute façon »
selon M. Fortin.
Mais c’est tout
autre chose que le « prix négatif » d’environ 20$US la tonne
atteint au pire de la crise en début d’année.
PHOTO RÉMI LEMÉE, ARCHIVES
LA PRESSE
Encore ces temps-ci, le prix des
papiers recyclables demeure inférieur au coût moyen de
fonctionnement des centres de tri.
À ce moment, les centres de tri devaient payer pour se
débarrasser des papiers et cartons recyclables. C’est ce qui
a en forcé plusieurs à les accumuler pendant des mois,
plutôt que de s’en départir à coûts considérables.
Et encore ces temps-ci, le prix des papiers recyclables
demeure inférieur au coût moyen de fonctionnement des
centres de tri, qui voisine les 98$ la tonne, selon M.
Fortin.
Parmi les autres matériaux recyclables à plus haute valeur,
les fluctuations ont aussi été très fortes depuis un an.
Mais leur impact financier s’est avéré moindre pour les
centres de tri parce que ces matériaux, plastiques et métaux
surtout, composent moins de 10% de la collecte sélective.
Par exemple, le prix des plastiques s’est redressé à 400$US
la tonne. C’est trois fois mieux que le creux de 120$US
atteint en fin d’année, mais encore inférieur de moitié au
sommet de 900$US atteint en octobre 2008.
Scénario semblable avec l’aluminium, l’un des métaux les
plus prisés en recyclage.
Son prix s’est redressé autour de 1600 $ US l a tonne. C’est
deux fois mieux que le creux de 800$US d’il y a quelques
mois, mais encore inférieur au sommet de 2000 $ US la tonne
de l’avant-krach.
D’ailleurs,
selon M. Fortin, le rebond de l’aluminium recyclable motive
l’autre inquiétude des centres de tri : la prochaine
politique de recyclage du gouvernement du Québec, attendue à
l’automne.
« Les gestionnaires de centres de t ri appréhendent un
élargissement de la consigne des contenants à remplissage
unique, comme les bouteilles d’eau, explique-t-il.
« Un tel changement priverait les centres de tri d’une autre
quantité de matériaux recyclables de plus haute valeur,
comme l’aluminium et les plastiques, qui rapportent le plus
lors de la revente. »
Pourtant, cette consigne élargie est réclamée par l’Union
des municipalités du Québec ( UMQ), qui regroupe une i
mportante clientèle des centres de tri.
« Justement, nous savons que cette position de l’ UMQ va à
l’encontre des municipalités qui gèrent des centres de tri
(le tiers des 38 centres) parce qu’elles connaissent la
perte de revenus que provoque la consigne, avec l’aluminium
et les plastiques », soutient Réal Fortin.
Qua n t à l ’ a r g u ment d e l’ UMQ envers la réduction de
volume et, donc, des coûts de la collecte sélective, M.
Fortin l’estime trompeur.
« La plupart des contrats avec les centres de tri prévoient
que les municipalités comblent la différence entre le coût
du tri par tonne et le revenu moyen par tonne de matériaux
recyclables », explique M. Fortin.
Par conséquent, dit-il, si les municipalités réduisent le
volume en collecte sélective en y enlevant d’autres
contenants recyclables, elles réduiront d’autant les revenus
des centres de tri et gonfleront leur déficit à combler.
« En bout de ligne, les contrats de collective sélective et
de centres de tri coûteront plus cher aux municipalités, et
donc à leurs contribuables. »
Obama, pire que Bush ? -
Jeffrey D. Sachs
Si les
États-Unis ne poursuivent pas les négociations sur les
changements climatiques en 2010, le président aura fait
plus de tort que son prédécesseur
Deux ans de négociations sur les changements climatiques
viennent de se terminer en farce à Copenhague. Au lieu
de s’atteler à des questions complexes, le président
américain Barack Obama a choisi de déclarer que le
sommet était une victoire, conclu par une vague
déclaration de principes concoctée avec quatre autres
États. Elle a été présentée aux 187 autres pays comme un
fait accompli.
Les responsables de cedésastre sont multiples et variés.
Commençons par George W. Bush, qui a sciemment ignoré
les changements climatiques pendant les huit années de
sa présidence, gaspillant un temps précieux. Viennent
ensuite les Nations unies, pour leur pitoyable gestion
du processus de négociation ces deux dernières années.
Poursuivons avec l’ Union européenne, qui a persisté à
demander l’adoption d’un système global d’échange des
émissions de carbone, alors même qu’un tel système ne
convient pas au reste du monde.
N’oublions pas le Sénat américain, qui a négligé la
question du changement climatique pendant 15 années
consécutives, après avoir ratifié la convention-cadre
des Nations unies sur les changements climatiques. Il y
a enfin Barack Obama, qui a abandonné un plan d’action
sous l’égide d’une convention-cadre qui s’est révélée
trop problématique pour les politiques internes et le
pouvoir américain.
La déc i s ion pr i se pa r M. Obama de déclarer que la
conférence de Copenhague était un succès revient de fait
à saper le processus onusien en signalant que les pays
riches feront ce qu’ils voudront et n’auront plus à se
soucier des préoccupations « agaçantes » de plusieurs
pays plus petits et plus pauvres. Certains estimeront
que cette décision est pragmatique et qu’elle reflète la
difficulté à obtenir un accord entre 192 États membres
des Nations unies. La réalité est bien pire. La loi
internationale, aussi complexe soit-elle, a été
remplacée par les paroles hypocrites, inconsistantes et
peu convaincantes de quelques puissances, notamment des
États-Unis.
Du
point de vue d’une réelle réduction des gaz à effet de
serre (GES), l’accord conclu n’accomplira probablement
rien de tangible. Il n’est pas contraignant et
renforcera sans doute la position de ceux qui s’opposent
aux réductions partout dans le monde. Quel pays prendra
au sérieux les coûts supplémentaires d’une réduction des
GES en voyant à quel point les promesses des autres pays
sont vaines?
La vérité est que le monde attendra maintenant de voir
si les États-Unis feront des efforts sérieux pour
réduire leurs émissions, ce dont on peut sérieusement
douter. M. Obama n’a pas le soutien du Sénat, n’a montré
aucune intention de risquer un capital politique pour se
rallier le Sénat et n’obtiendra peut-être même pas un
vote du Sénat sur la question à moins de faire des
efforts bien plus grands dans ce sens qu’il n’en a fait
jusqu’à présent.
L’un des aspects les plus saillants du document avancé
par les États-Unis est qu’il n’est nulle part fait
mention de la poursuite des négociations en 2010, une
omission sans nul doute délibérée. Obama a coupé l’herbe
sous les pieds de la convention-cadre des Nations unies
sur les changements climatiques, déclarant en réalité
que les États-Unis feront comme bon leur semble et
qu’ils n’accepteront plus d’être empêtrés dans les
procédures compliquées des Nations unies sur le climat
en 2010.
Cette position a sans doute à voir avec les prochaines
élections de mi-mandat au Congrès. M. Obama ne souhaite
pas être prisonnier de négociations internationales
impopulaires au moment où ces élections se profilent à
l’horizon. Il a peut-être aussi l’impression que ce
genre de négociations ne mènera nulle part. Qu’il ait
tort ou raison, il semble bien que l’intention soit de
mettre un terme aux négociations. Si les États-Unis ne
poursuivent pas les négociations en cours, Obama aura
fait plus de tort au système international de loi
environnementale que son prédécesseur, George W. Bush.
À mon sens, l’image marquante de Copenhague est celle
d’Obama apparaissant à la conférence de presse finale
pour annoncer un accord dont cinq pays seulement avaient
pris connaissance, se précipitant ensuite à l’aéroport
pour rentrer en toute hâte à Washington où un blizzard
menaçait. Il a pris de graves responsabilités devant
l’Histoire. Si son action se révèle indigne, si les
engagements volontaires des États-Unis et d’autres se
révèlent insuffisants, et si les négociations futures
sont mises en échec, ce sera Obama, et lui seul, qui
aura, sur la question du changement climatique, troqué
la loi internationale contre les jeux de pouvoir entre
grandes puissances.
Obama et l’APEC jugent « irréaliste » un
accord légalement contraignant
SINGAPOUR — Barack Obama et les dirigeants des
pays du Forum de coopération Asie-Pacifique (APEC), dont
la Chine, ont jugé hier à Singapour « irréaliste »
d’envisager la conclusion d’un accord légalement
contraignant sur le climat au sommet de Copenhague en
décembre prochain, selon un conseiller du président
américain.
La déclaration finale des dirigeants de l’APEC ne
mentionne pas d’objectifs chiffrés de réduction des
émissions de gaz à effet de serre. Une première ébauche
rappelait l’objectif d’une réduction de moitié d’ici
2050 des émissions par rapport aux niveaux de 1990 dans
le monde, mais le communiqué final n’évoque qu’un
engagement à travailler pour un « résultat ambitieux »
au sommet de Copenhague.
«Les dirigeants ont estimé qu’il est irréaliste de
s’attendre à ce qu’un accord international légalement
contraignant puisse être négocié entre maintenant et
Copenhague, qui débute dans 22 jours», a expliqué à la
presse Michael Froman, conseiller de M. Obama pour les
questions d’économie internationale.
Le premier ministre danois Lars Loekke Rasmussen, hôte
du sommet de Copenhague sur les changements climatiques
prévu du 7 au 18 décembre, s’était rendu à Singapour
pour assister à la réunion de l’APEC. Il a proposé que
le sommet de Copenhague, à défaut de déboucher sur un
texte juridiquement contraignant, permette au moins
l’obtention d’un accord politique.
La
conférencedeCopenhaguene constituerait ainsi qu’une
étape et la conclusion d’un accord légalement
contraignant interviendrait à l’occasion d’une nouvelle
rencontre à Mexico en 2010. Le président Obama et les
dirigeants de l’APEC, a poursuivi Michael Froman, sont
d’accord pour cette approche à deux étapes.
L’Initiative mondiale pour le climat du WWF a exhorté de
son côté les responsables internationaux à prendre des
actions plus fermes. «Effacer au lieu de renforcer les
objectifs de réduction des émissions dans les
déclarations de leurs dirigeants, comme ils l’ont fait
ici à Singapour, ce n’est certainement pas une
solution», a expliqué Diane McFadzien, porte-parole de
l’ONG internationale de défense de l’environnement.
Le sommet de Copenhague est censé trouver un accord
prenant la suite du protocole de Kyoto sur la lutte
contre le réchauffement climatique, qui expire en 2012.
À moins d’un mois de cette conférence, la France et le
Brésil avaient affiché samedi leur volonté de parvenir à
un accord concret à Copenhague. À l’issue d’un entretien
à Paris, le président français Nicolas Sarkozy et son
homologue brésilien Luiz Inacio Lula da Silva ont
annoncé qu’ils avaient adopté une «bible climatique»,
fixant des objectifs «ambitieux » mais « raisonnables »,
et vont tenter d’y faire adhérer un maximum de pays
d’ici au sommet de Copenhague.
Cul-de-sac climatique - FRANÇOIS CARDINAL
Oubliez
le Ca nada . Oubliez l’Inde, la Russie. Oubliez même la
Chine. Si les négociations climatiques sont actuellement
dans l’impasse, la responsabilité incombe d’abord et
avant tout aux États-Unis.
Le sommet des chefs d’État tenu à New York, mardi
dernier, a complètement changé la dynamique des
discussions internationales, à moins de 70 jours de la
conférence de Copenhague. En ce sens, l’initiative du
grand patron de l’ONU a été un franc succès.
L’objectif était de donner un second souffle aux
négociations, particulièrement celles qui se tiennent au
sein du Major Economies Forum on Energy and Climate.
Réunis depuis cinq mois pour préparer le terrain en vue
de la conférence de décembre, les pays les plus
puissants achoppent toujours sur l’engagement des pays
émergents.
Or, le discours du président chinois, Hu Jintao, a
certes déçu nombre d’environnementalistes et
d’observateurs cette semaine, mais il n’en a pas moins
débloqué les pourparlers.
La Chine s’est engagée à adopter un plan vert
«contraignant», contenant de «nouvelles mesures» pour
réduire «de façon notoire» ses émissions, à l’aide de
cibles d’intensité, à l’horizon 2020. Elle a aussi
confirmé sa volonté de s’alimenter à 10% en énergie
renouvelable d’ici cinq ans, à 15% d’ici 10 ans.
Pas de cible précise, pas d’applaudissements, a répondu
le Center for InternationalClimateandEnvironmental
Research, entre autres.
Mais comment exiger immédiatement un engagement ferme
d’un pays dont une bonne partie vit dans la pauvreté, et
qui est somme toute peu responsable de la saturation de
l’atmosphère en CO , quand les États-Unis sont eux-mêmes
incapables de le faire?
Non
seulement le président Obama propose-t-il une cible fort
timide (retour au niveau de 1990), mais aucun objectif
n’a reçu l’aval des législateurs américains. Pis encore,
presque personne ne croit que le Sénat ratifiera le
projet de loi sur le climat, actuellement à l’étude,
avant la conférence de Copenhague.
Dans un tel contexte, l’absence de Stephen Harper au
sommet de New York, le manque de volonté du gouvernement
indien, voire la hauteur de la cible chinoise
apparaissent bien secondaires.
« Nous avons reçu des indications selon lesquelles la
Chine est prête à en faire beaucoup plus, si jamais les
négociations progressent de façon importante », a
soutenu l’ancien viceprésident américain Al Gore.
Traduction: si les États-Unis embarquent, la Chine
suivra. Il n’y a rien là de bien surprenant. Aucun pays
ne souhaite que son concurrent prenne une longueur
d’avance dans l’économie verte de demain. C’est pourquoi
le Japon s’est hissé de zéro à héros cette semaine, en
se fixant la plus ambitieuse cible de réduction
d’émissions des pays riches (25 %).
Faisons un parallèle avec l’industrie automobile :
Toyota s’est fait ridiculiser lorsqu’il a pris le virage
hybride, avec sa Prius. Aujourd’hui, aucun constructeur
n’est en mesure de s’approcher du géant j aponais, qui
possède une expertise unique qu’il pousse chaque année
un peu plus loin.
La Chine ne souhaite absolument pas se retrouver ainsi à
la traîne, que ce soit dans la mise au point de l’auto
électrique, des panneaux solaires ou de quelque
technologie environnementale que ce soit.
Il
ne s’agit donc plus d’un objectif uniquement
environnemental qui devra être officialisé à Copenhague,
mais aussi économique. Le président Obama le sait très
bien. Il reste maintenant à convaincre ses collègues du
Congrès, vers qui tous les yeux sont désormais tournés.
Sommet international sur le climatVers un échec à
Copenhague ? - François Cardinal
À moins
de 100 jours du prochain sommet international sur le
climat, les négociations entre pays riches et pauvres
tournent au ralenti, ce qui pourrait bien faire
dérailler la Conférence de Copenhague.
En entrevue à La Presse, le ministre canadien de
l’Environnement, Jim Prentice, a confié que les
discussions entre les 17 plus importantes économies au
monde progressent si lentement qu’une entente pourrait
bien n’avoir lieu qu’en 2010, voire en 2011.
Réunis au sein du Major Economies Forum on Energy and
Climate, à l’instigation du président Obama, les pays
les plus puissants ont pour mandat de préparer le
terrain pour la prochaine conférence de l’ONU, qui se
tiendra au Danemark en décembre.
Or ces négociations sont quasiment au point mort, selon
M. Prentice, du moins en ce qui a trait à l’engagement
des pays émergents comme la Chine et l’Inde, qui
refusent toute cible contraignante de réduction de leurs
émissions de gaz à effet de serre.
«Les pays en développement ont une vision très
différente de celle des pays développés et nous n’avons
malheureusement pas réussi à bâtir de ponts entre ces
deux positions, précise le ministre. Or il s’agit de la
question la plus cruciale de la future conférence de
Copenhague.»
E x perts et obser vateu rs répètent depuis longtemps
l’importance de s’entendre dès cette année, pour éviter
qu’il y ait un « trou » entre le protocole de Kyoto, qui
vient à échéance en 2012, et son éventuel successeur.
Rappelons qu’entre la signature de l’accord de Kyoto et
sa ratification , il s’était écoulé sept ans.
Or M .
P rentice soutient qu’une entente globale est bien
improbable en 2009. «Il y a toujours la possibilité
d’arriver à une entente partielle à Copenhague,
ajoute-t-il, laquelle ferait l’objet de plus amples
négociations par la suite, lors des conférences de 2010,
peut-être même de 2011.»
Habitué des conférences climatiques de l’ONU, Steven
Guilbeault donne raison au ministre lorsqu’il soutient
que toute entente f i na le devra, nécessairement,
contenir à la fois un engagement des pays industria
lisés et un engagement des pays en développement.
Par contre, il estime que le ministre se sert de cela
pour masquer son propre laxisme en matière climatique. «
Il me fait penser à Houdini, qui pouvait faire
disparaître un éléphant en attirant l’attention des
spectateurs ailleurs, indique le coordonnateur général
adjoi nt d ’ Équ iter re. P ou r avoir une entente avec
les pays émergents, il faut d’abord et avant tout que
les pays industrialisés se fixent une cible ambitieuse.
»
Pa r ailleurs, le ministre Prentice était de passage au
Québec, hier, pour rencontrer son homologue québécoise,
Line Beauchamp. Cela, dans le contexte des consultations
qu’il mène avec les provinces sur la position que le
pays défendra à Copenhague.
À ce sujet, il a répété être ouvert aux discussions,
mais fermé à l’idée de modifier ne serait-ce que d’un
iota la cible que le Canada s’est fixée pour 2020 : une
réduction des émissions de 20 %, sous le niveau de 2006.
Cela équivaut à une baisse de 3 %, sous le niveau de
1990.
À titre comparatif, l’Union eu ropéen ne propose u ne
diminution de ses émissions de 20 % (30 % si les autres
pays la suivent) et le GIEC, le groupe d’experts
scientifiques de l’ONU sur le climat, recommande une
réduction de 25 à 40 %.
RÉDUCTIONDES ÉMISSIONS DEGAZ À EFFET DE SERRE Les
pays émergents refusent de s’engager sur des cibles précises
- Marc Thibodeau
La deuxième
journée du sommet du G8 a été marquée par quelques accrocs.
Devant les doutes soulevés par la Russie et le Canada, les
pays émergents ont choisi de ne pas se commettre quant aux
ambitions climatiques du G8. Ils ont aussi reproché aux pays
riches leur indifférence envers les plus défavorisés. Même la
photo de groupe a été difficile : Stephen Harper avait encore
disparu. L’AQUILA — Malgré les pressions exercées par les
dirigeants du G8, les pays émergents ont refusé hier de
prendre des engagements précis en vue de réduire leurs
émissions de gaz à effet de serre.
Dans une déclaration commune à la suite de leur réunion à
L’Aquila, en Italie, les membres du Forum des principales
économies (FEM), qui regroupe les États du G8 et les
principaux pays émergents, s’engagent simplement à «
travailler pour identifier une cible globale » de réduction
pour 2050 en prévision d’une rencontre cruciale prévue à
Copenhague en décembre.
À défaut de cibles sur les émissions, les membres du FEM ont
approuvé l’idée que le réchauffement global ne devait pas
excéder 2 º C par rapport à la période pré-industrielle, le
seuil critique évoqué par la communauté scientifique.
« Nous avons fait un bon pas, mais progresser sur cet enjeu
(du réchauffement climatique) n’est pas facile... Il faut
résister à la tentation du cynisme », a déclaré à la sortie de
la rencontre le président américain Barack Obama,
reconnaissant que les progrès « historiques » enregistrés
n’étaient pas à la hauteur de ses attentes.
« Nous sommes encore loin d’un accord sur les cibles. Il y a
beaucoup de travail à faire avant la rencontre de Copenhague
», a confirmé le premier ministre canadien Stephen Harper.
Inde et Chine en tête
Les pays émergents, Inde et Chine en tête, refusent de prendre
des engagements susceptibles de freiner leur développement
économique. Plusieurs États réclament par ailleurs une aide
financière substantielle pour faire face à l’impact du
réchauffement climatique et contrôler leurs émissions.
Dans l’espoir de faire bouger les pays récalcitrants du FEM,
les mem-
bres du G8 avaient indiqué, dans une déclaration diffusée
mercredi, qu’ils entendaient réduire leurs émissions de gaz à
effet de serre de 80% d’ici 2050.
Ils n’ont pas précisé à cette occasion l’année de référence
pour le calcul de réduction des émissions, ce qui rend
l’engagement plutôt vague.
La détermination des pays du G8 a rapidement été mise en doute
lorsqu’un conseiller du président russe a déclaré que le seuil
de 80% était « inatteignable ».
Le Canada sème le doute
Le Canada a ensuite semé le doute sur ses propres intentions
lorsque le ministre de l’Environnement, Jim Prentice, a souligné
que la cible de 80% était un idéal plutôt qu’un engagement
précis.
Lors d’un point de presse en soirée, il a souligné que le Canada
entendait maintenir ses cibles actuelles, qui prévoient une
réduction des émissions de 60 à 70% en 2050 par rapport à 2006.
Il a précisé que d’autres pays du G8 pourraient aller au-delà de
80% de réduction de manière à ce que les émissions totales des
pays industrialisés atteignent ce seuil.
Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a
sévèrement critiqué hier les mesures retenues par le G8 et le
FEM, soulignant qu’elles n’étaient pas suf fisantes dans le
contexte.
« Le temps des délais et des demimesures est terminé. Le
leadership personnel de chaque chef d’État ou de gouvernement
est nécessaire pour saisir ce moment pour protéger la population
et la planète de l’un des plus sérieux défis auxquels l’humanité
ait été confrontée », a-t-il souligné, en précisant qu’il
entendait convoquer un sommet sur le réchauffement climatique le
22 septembre à New York.
Les ONG environnementales ont blâmé hier les pays du G8 pour le
refus des pays émergents, arguant qu’ils avaient compromis les
pourparlers en refusant de prendre de leur côté des engagements
chiffrés substantiels pour réduire leurs émissions à moyen
terme.
«
Encore une fois, nous avons eu beaucoup de paroles et peu
d’action de la part du Canada et du G8 », a souligné Dale
Martin, de Gree
Deux degrés qui font une différence ? - François
Cardinal
Si les
membres du G8 – responsables de 47% des émissions mondiales
– ne font pas leur part, comment exiger que les pays
émergents – responsables de 25% des émissions – fassent la
leur ?
Les écologistes ont la réputation de se plaindre un peu trop
souvent. Or cette fois, ils se sont peut-être réjouis un peu
vite…
Au lendemain de l’entente du G8 sur le climat, certains ont
af f i rmé que le Canada avait « cédé sous la pression » en
confirmant l’importance de contenir la hausse des
températures mondiales sous les 2 º C, d’ici la fin du
siècle. L’Institut Pembina y a même vu là « un pas en avant
significatif » pour la communauté internationale.
Pourtant, aux yeux du grand patron de l ’ ONU, Ban Kimoon,
les résultats du sommet de L’Aquila sont plutôt jugés «
insuffisants ». En effet, aucun dirigeant n’aura à modifier
ne serait-ce qu’une seule ligne de son plan vert pour
respecter sa signature.
La réaction du ministre de l’Environnement, Jim Prentice,
est d’ailleurs éloquente à ce sujet. Il dit n’avoir
aucunement l’intention de réviser les cibles canadiennes à
la lumière de cette déclaration, qu’il estime plus proche
d’un idéal que d’un engagement formel.
Le problème n’est donc pas que les pays riches se soient
fixé fait sien l’Union européenne… en 1996.
Il y a bien longtemps que les scientifiques répètent que
pour éviter tout changement climatique « irréversible » et «
dangereux » , la hausse des températures mondiales ne doit
pas dépasser les 2 º C (elle a atteint 0,75 º C au cours du
siècle dernier).
Au-delà d’une telle hausse, estime le GIEC, on pourrait
assister à l’effondrement de la
Voilà
pourquoi il y a consensus autour d’une réduction des
émissions mondiales de gaz à effet de serre de 25 à 40%
d’ici 2020, puis de 80% d’ici 2050.
Certes, la déclaration des grandes puissances fait référence
à cette cible de 2050. Mais d’ici là, il n’y a aucun
objectif intermédiaire. Or, il est facile d’imaginer ce
qu’il arrivera d’un obèse dont le but est de maigrir d’ici
les 40 prochaines années…
Le texte de l’entente, égaleun plafond de 2 º C, mais plutôt
qu’ils s’en tiennent à cela.
En reconnaissant cet import ant seui l c l i mat ique , les
membres du G8 ne font en effet qu’avaliser un consensus
scientifique datant d’une bonne dizaine d’années déjà, un
consensus qu’a d’ailleurs biodiversité, à la fonte de la
calotte glaciaire du Groenland et à la hausse du niveau des
mers. Au pays, cela pourrait notamment se traduire par une
recrudescence des incendies de forêt, des conditions
agricoles difficiles et une pénurie d’eau dans certaines
régions. ment, ne spécifie aucune année de référence, ce qui
ouvre la por te à toutes les interprétat ions . Le Canada en
sait quelque chose, lui qui base ses cibles sur le niveau
des émissions de 2006, plutôt que sur celui,
internationalement reconnu, de 1990.
Dans ce contexte, il ne faut pas se surprendre de la
réaction des pays émergents, qui se rebiffent. Si les
membres du G8 – responsables de 47% des émissions mondiales
– ne font pas leur part, comment exiger que les pays
émergents – responsables de 25% des émissions – fassent la
leur?
Pour se sortir de ce cercle vicieux, Sir David King,
l’ancien conseiller scientifique en chef du gouvernement
britannique, a récemment proposé d’exclure le Canada – et le
Japon – des négociations internationales.
Cette idée, évidemment, a bien peu de chances de se
concrétiser. Mais elle nous en dit beaucoup sur les
pressions qui seront exercées sur la communauté
internationale, particulièrement sur le Canada, pour qu’en
décembre, la conférence de Copenhague soit un plus grand
succès que le dernier sommet du G8.
BULLETIN
ENVIRONNEMENTAL DUWWF Le Canada au dernier rang
TORONTO — Le Canada occupe maintenant la dernière place dans le plus
récent bulletin de notes en matière d’environnement décerné aux pays
du G8 par le Fonds mondial pour la nature ( WWF) et le géant de
l’assurance Allianz.
Selon ce
rapport, le Canada est l’un des rares pays du G8 dont les
émissions de gaz à effet de serre continuent de croître, la
situation étant imputable à l’exploitation des sables
bitumineux.
Le WWF et Allianz affirment que les émissions canadiennes par
personne sont parmi les plus élevées au monde, ajoutant que
les objectifs à moyen et court termes du pays sont inadéquats.
Le Canada, tout comme la Russie, sixième, a « échoué au test
», est-il écrit dans le rapport.
Keith
Stewart, directeur du programme des changements climatiques du
WWF au pays, a indiqué que « le Canada se trouve maintenant
bon dernier parmi les nations du G8 en ce qui a trait à la
protection de notre maison commune face à la menace des
dangereux changements climatiques ».
L’Allemagne et le Royaume-Uni dominent la liste du G8 tandis
que les États-Unis sont passés au sixième rang grâce aux
récentes initiatives annoncées par l’administration du
président américain Barack Obama.
Les auteurs du rapport demandent aux membres du G8 de réduire
de façon substantielle leurs émissions de gaz à effet de serre
avant 2020, et de les faire chuter de pas moins de 95% d’ici à
2050.
Obama redécouvre le pétrole bitumineux -
François Cardinal
Le produit
était jugé trop polluant par l’administration Bush
Après quelques tergiversations, Barack Obama a finalement
décidé que les sables bitumineux du Canada feraient partie du
cocktail énergétique de son pays pour bien des années à venir.
Malgré
ce qu’il laissait entendre il y a un an, le président
américain Barack Obama a décidé de miser sur les sables
bitumineux albertains pour assurer la sécurité énergétique
de son pays.
Au sortir d’une courte rencontre à huis clos, lundi, avec le
premier ministre albertain, Ed Stelmach, le secrétaire
américain à l’Énergie, Steven Chu, a livré un plaidoyer en
faveur du pétrole bitumineux, tout en reconnaissant son
important impact sur l’environnement.
« Il s’agit d’une source d’énergie qui mérite d’être exploitée
d’une façon plus soucieuse de l’environnement », a-t-il
indiqué, précisant néanmoins nourrir beaucoup d’espoir en la
technologie, particulièrement la capture et le stockage des
émissions carboniques.
Cela tranche avec les propos tenus il y a un an par le
candidat Obama, qui promettait alors de rompre la dépendance
de son pays par rapport au pétrole « sale, en déclin et
coûteux ».
Si M. Obama n’avait pas fait mention des sables bitumineux
comme tels à l’époque, son conseiller à l’énergie d’alors,
Jason Grumet, avait osé franchir ce pas. « S’il s’avère que la
technologie n’évolue pas et que la seule façon d’extirper le
pétrole contribue aux changements climatiques, dans ce cas
cette source pétrolière ne cadrerait pas avec nos objectifs à
long terme », avait-il dit l’an dernier.
Or pour l’instant, aucun projet technologique n’est sur les
rails pour aboutir à de tels résultats. Même que le ministre
albertain de l’Environnement, Rob Renner, a indiqué mardi que
la part du lion des 2 milliards de dollars prévus pour
l’enfouissement du carbone était destinée à l’industrie du
charbon.
« J’espère qu’il y aura au moins un projet lié directement ou
indirectement aux sables bitumineux », s’est-il contenté
d’ajouter.
L’ouverture de
la Maison-Blanche au pétrole albertain tranche, ironiquement,
avec la position adoptée par la précédente administration. Le
président George W. Bush avait en effet mis des bâtons dans
les roues des pétrolières albertaines avant son départ,
interdisant à l’ensemble des agences fédérales d’acheter du
pétrole à la production trop polluante, dont celui provenant
des gisements bitumineux.
Pour certains observateurs, cela ne cadre pas du tout avec le
« dialogue sur les énergies propres », lancé conjointement à
Ottawa par M. Obama et Stephen Harper, il y a quelques mois.
Déjà miné par les pressions exercées par Ottawa sur la
Californie, afin que cette dernière élimine de son plan vert
les éléments ciblant négativement les sables bitumineux, le «
dialogue » n’a encore produit aucun résultat.
Cela dit, dès janvier, des signes provenant des États-Unis
laissaient présager un éventuel assouplissement de Washington
par rapport au pétrole albertain. Hillary Clinton parlait
alors de la sécurité énergétique des États-Unis et donc, de
l’importance de s’approvisionner auprès des pays plus stables.
La nomination de James Jones à titre de conseiller à la
sécurité nationale, aussi, allait en ce sens. Ce dernier, qui
a ses entrées à Calgary, était auparavant président du 21st
Century Energy, un organisme qui prône un rapprochement entre
le Canada et les États-Unis.
Le rapprochement entre Washington et Calgary survient au
moment où un important rapport scientifique sonne l’alarme sur
l’impact qu’ont déjà les changements climatiques aux
États-Unis. Émanant de ministères et d’organismes
gouvernementaux, l’étude dévoilée mardi révèle que sans une
modification de la consommation d’énergie, le réchauffement
s’accélérera dans ce pays.
Précisons enfin qu’un livre publié cette semaine à Calgary,
intitulé How Albertans Can Get Rich Saving the Planet, fait
couler beaucoup d’encre. Signé par Peter Silverstone,
psychiatre et membre de l’Edmonton Economic Development
Corporation, l’ouvrage propose au gouvernement de construire
pas moins de 100 centrales nucléaires pour réduire les
émissions polluantes issues de l’exploitation des sables
bitumineux.
Des autos plus efficaces… mais plus polluantes - FRANÇOIS
CARDINAL
Les autos n’ont jamais été aussi efficaces, aussi peu énergivores
qu’aujourd’hui. Les normes gouvernementales sont plus sévères et
la technologie, très poussée. Et pourtant, jamais les voitures
n’ont autant pollué qu’aujourd’hui.
Pourquoi ? Parce
qu’elles sont tout simplement plus grosses, plus lourdes et plus
puissantes, autant d’éléments qui annulent carrément les gains
en efficacité exigés par les autorités.
C’est dans ce contexte qu’il faut apprécier l’annonce faite
mardi par l’administration Obama, qui obligera les constructeurs
à modifier leurs véhicules afin qu’ils puissent parcourir 35
milles au gallon en 2016, plutôt que les 25 milles actuels.
Cette mesure, qui devance de quatre ans l’implantation des
normes attendues, s’étendra fort probablement au Canada, étant
donné l’intégration des deux marchés. Le cas échéant, les
véhicules consommeront 6,6 litres aux 100 kilomètres.
Une telle cible n’a rien de banal quand on sait que les
émissions polluantes des VUS, camionnettes et autres
fourgonnettes ont poussé à la hausse les gaz à effet de serre de
tout le secteur du transport ces dernières années.
Au Québec, par exemple, les émissions de GES des automobiles ont
diminué de 8% entre 1990 et 2007, mais celles des camions légers
ont fait un extraordinaire bond de 91%. Résultat : une hausse
globale de 11%.
Cela dit, tempérons l’annonce de la Maison-Blanche. Certes, le
fait que le président ait réussi à réunir écologistes et
constructeurs automobiles sur une même tribune montre que cette
annonce fait consensus… mais aussi – et surtout – à quel point
les États-Unis ne font que rattraper le temps perdu.
Mesurons
l’étendue du retard. On souhaite améliorer les véhicules pour
qu’ils parcourent 35 milles avec un gallon d’essence d’ici sept
ans. Au Japon, à titre comparatif, les véhicules parcourront 48
milles… dès l’année prochaine. En Europe, 44 milles. Et en
Chine, mieux encore, les véhicules parcourent actuellement 37
milles au gallon.
Au rythme où vont les choses, l’Amérique du Nord rejoindra les
normes européennes actuelles… en 2030, estime le professeur Lee
Schipper, de l’Université Stanford. L’annonce d’Obama équivaut
donc, ni plus ni moins, à déplacer les chaises sur le pont du
Titanic, a-t-il indiqué au New York Times.
Les vainqueurs, dans un tel contexte, ne sont donc ni les
citoyens ni les écologistes, mais plutôt les constructeurs, qui
ont réussi à repousser le plus longtemps possible l’implantation
d’une norme nationale plus sévère. Leur sourire, mardi, en était
la plus belle confirmation.
« L’industrie automobile atteindra en 2016 le niveau d’évolution
qu’elle aurait dû atteindre en 2002 ou en 2004 », a souligné au
Soleil George Iny, président de l’Association de protection des
automobilistes.
Les poursuites intentées à tout vent pour ralentir le processus
ont donc fait mouche : permettre aux constructeurs de gagner une
bonne dizaine d’années, de vendre le plus de gros véhicules
énergivores possible avant que l’inévitable ne survienne.
Un peu comme des enfants qui se dépêchent de mettre le plus de
bonbons possible dans leur bouche avant qu’un parent ne découvre
leur cachette…
D’ailleurs, en obligeant les constructeurs à se préparer à un
monde où le pétrole coûtera beaucoup plus cher, le président
Obama ne protège-t-il pas ces derniers contre eux-mêmes, comme
on le fait pour les enfants ?
ENVIRONNEMENT : Ottawa veut ralentir Washington... et Schwarzenegger !...
Malgré
l’ouverture d’un « dialogue sur les énergies propres » avec
Washington, Ottawa fait actuellement pression sur la
Californie afin qu’elle abandonne le plus important élément de
son plan de lutte contre les gaz à effet de serre.
L’ambassadeur
canadien
aux États-Unis, Michael Wilson, et la ministre des
Ressources naturelles, Lisa Raitt, ont envoyé des lettres
directement au gouverneur de la Californie, Arnold
Schwarzenegger (notre photo).
À mots à peine couverts, le Canada menace même de porter
plainte devant les instances de l’Accord de libre-échange
nordaméricain (ALENA), en raison de l’impact de la nouvelle
norme antipollution californienne sur les sables bitumineux.
Les intentions du gouvernement Harper ont été révélées hier
par le Parti vert du Canada, qui a mis la main sur deux
lettres émanant des plus hautes instances fédérales. Écrites
par l’ambassadeur canadien aux États-Unis, Michael Wilson, et
par la ministre des Ressources naturelles, Lisa Raitt, les
missives sont adressées directement au gouverneur Arnold
Schwarzenegger.
«Le gouvernement a d’importantes inquiétudes concernant la
sécurité énergétique des Californiens ainsi que l’équité et
l’efficacité des normes à l’étude sur la faible teneur en
carbone des carburants», note la ministre Raitt dans sa lettre
datée du 21 avril dernier.
Laministre fait allusion à la réglementation approuvée le 23
avril dernier (Low Carbon Fuel Standards) par le plus populeux
des États américains. Celle-ci vise une réduction des
émissions polluantes provenant des carburants automobiles de
10% d’ici 2020.
La législation exige aussi que les pétrolières diminuent le
niveau de polluant associé aux carburants qu’elles mettent en
marché sous un certain niveau, ce qui pourrait carrément mener
à l’interdiction de la vente d’essence provenant des gisements
bitumineux d’Alberta.
« Le
traitement inéquitable que pourrait imposer la réglementation
au brut canadien nous inquiète vivement, précise Lisa Raitt.
Cela pourrait être perçu comme des obstacles aux échanges
entre nos deux pays. »
Pour le Parti vert du Canada, cela ne constitue rien de moins
qu’une menace d’Ottawa à l’endroit de Washington, qui
représenterait la Californie advenant une plainte devant
l’ALENA ou l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
« Nous savons maintenant que le gouvernement conservateur
tente par tous les moyens d’empêcher les États-Unis de passer
à l’action », a commenté la chef des verts, Elizabeth May, qui
se réjouit qu’une bonne dizaine d’autres États américains
envisagent de suivre l’exemple de la Californie.
Pour le député bloquiste Bernard Bigras, l’intention du
fédéral est claire: affaiblir le plus possible la
réglementation américaine, afin de n’avoir rien à changer. «
Il faut se souvenir qu’en janvier dernier, le président Obama
a ouvert la porte à une action individuelle des États en
matière climatique, ceque le Canada tente de contrecarrer en
agissant tel un lobbyiste des pétrolières et des grands
manufacturiers d’autos. »
Dans sa lettre, Mme Raitt recommande à la Californie de
modifier ses calculs, afin que le pétrole bitumineux soit
considéré aussi polluant que le conventionnel, et ce, même si
Environnement Canada évalue que la production du bitumineux
est cinq fois plus polluante.
« Si la suggestion de Mme Raitt était retenue, le règlement
n’aurait plus lieu d’être, car il ne tiendrait plus compte de
l’impact environnemental des différents carburants. Or, il
s’agit précisément de son objectif! » note Matthew Bramley, de
l’Institut Pembina.
La Presse Canadienne citait dimanche l’avocat Simon Potter,
expert des questions de commerce international chez McCarthy
Tétrault, qui soutenait que les nouvelles normes
californiennes seraient fort probablement jugées «
discriminatoires » si une plainte était déposée devant l’OMC
ou l’ALENA.
RÉCHAUFFEMENT
CLIMATIQUE - Un lobby américain a sciemment menti
— Un puissant groupe américain représentant les industries
du pétrole, du charbon et de l’automobile qui affirmait que les
gaz à effet de serre ne participaient pas au réchauffement
climatique savait depuis des années que c’était pourtant le cas,
selon le Washington Post.
Ce groupe, la Global Climate Coalition (GCC), a assuré pendant
des années que les preuves scientifiques d’un lien entre
émissions de CO et réchauffement climatique étaient
insuffisantes pour justifier que les États-Unis ratifient le
protocole de Kyoto. Pourtant, a affirmé le quotidien dans sa
livraison d’hier, « en 1995, un résumé de la question rédigé par
ses propres scientifiques concluait que "les bases scientifiques
sur les gaz à effet de serre et l’impact potentiel des émissions
d’origine humaine (...) comme le CO sur le climat sont bien
établies et ne peuvent pas être contestées"». Selon le Post, ce
passage a ensuite été « effacé » avant publication.
Révélée vendredi
par le New York Times, cette information a été battue en brèche
par William O’Keefe, président de la GCC jusqu’en 2002, lors de
l’extinction du groupe. On a « l’impression que les entreprises
appartenant à la GCC ont volontairement induit le public en
erreur sur le rôle des hommes sur le climat », a-t-il déclaré au
Washington Post. « C’est de la fiction. Nous disions à l’époque
qu’il y avait suffisamment d’incertitudes sur l’ampleur de
l’influence humaine pour que Kyoto ne se justifie pas. »
Le sénateur démocrate John Kerry a estimé que la révélation de
ce passage effacé « soulignait le besoin d’être prudent sur les
analyses émanant des industriels qui vont être publiées » à
l’occasion du débat au Congrès sur le projet de loi sur
l’énergie.
Les pays développés et émergents ne s’entendent
pas
Réunion des
ministres de l’Environnement en Italie
OTTAWA — Malgré des progrès, d’importantes divergences de
position persistent entre les pays développés et en
développement quant aux moyens à prendre pour lutter contre
les changements climatiques, déplore le ministre canadien de
l’Environnement, Jim Prentice.
Jim
Prentice, ministre canadien de l’Environnement, participait
hier à une réunion de ses homologues du G8 et des pays
émergents, à Syracuse, en Italie.
Ce dernier participait hier à une réunion de ses homologues du
G8 et des pays émergents, à Syracuse, en Italie, qui vise à
mettre la table en prévision du sommet de Copenhague sur les
changements climatiques, qui se déroulera en décembre
prochain.
Pour l’occasion, le G8 ( ÉtatsUnis, Grande-Bretagne, France,
Allemagne, Italie, Canada, Japon, Russie) avait invité à la
table de discussions plusieurs pays émergents, dont la Chine,
l’Inde, le Brésil, l’Indonésie, le Mexique et l’Afrique du
Sud.
Selon M. Prentice, les 17 pays présents qui, ensemble, sont
responsables d’environ 85% des émissions de gaz à effet de
serre (GES) mondiales, s’entendent sur l’importance d’en
arriver à la signature d’un accord à Copenhague pour
l’après-Kyoto. Mais les conditions de l’entente sont loin
d’être réglées, a constaté le ministre canadien.
« Il existe toujours une profonde division entre les pays
développés et en développement, a dit M. Prentice en entrevue
à La Presse. L’argument des pays en développement, c’est
qu’ils ne sont pas responsables des plus grandes sources
d’émission de carbone des dernières décennies. Ce sont des
pays qui tentent d’améliorer leurs conditions de vie, ils
veulent continuer à se développer et s’attendent à une entente
qui respecterait leur contexte particulier. »
Ces pays,
notamment le Brésil, la Chine, l’Inde et l’Afrique du Sud,
veulent participer à l’effort mondial de réduction des
émissions de GES, mais voudraient en échange pouvoir profiter
des avancées technologiques des pays développés, a indiqué le
ministre.
« C’est toute la question d’avoir les pays développés qui
aideraient les pays émergents à éponger les coûts de tout ça »
qui n’est pas réglé, a souligné M. Prentice, ajoutant que la
réunion de Syracuse ne constituait pas une période de
négociations, mais bien d’échanges et de discussions afin de
connaître les positions de chacun.
Selon lui, l’actuelle crise économique mondiale ne devrait pas
empêcher les pays d’en arriver à une entente en 2009 dans la
lutte contre les changements climatiques. Les objectifs d’un
éventuel accord signé à Copenhague seraient pour la période
après 2011, argumente-t-il.
Par ailleurs, l’arrivée en poste du président Barack Obama et
le changement de direction de la nouvelle administration
américaine au sujet de l’environnement auront, selon M.
Prentice, une influence positive sur les négociations
internationales pour en venir à un accord pour lutter contre
les changements climatiques.
Àl’initiativeduprésidentObama, le ministre canadien et
plusieurs de ses homologues se retrouveront d’ailleurs à
Washington dès la semaine prochaine pour un forum de l’énergie
et du climat, annoncé par la Maison-Blanche en mars.
Ce forum se veut une autre étape visant à faciliter le
dialogue entre pays développés et pays émergents, toujours en
prévision de la Convention de Copenhague.
L’air deMontréal moins bon en 2008
Le nombre
de journées où l’air est nocif à Montréal a augmenté de
plus de 50% l’an dernier, selon un bilan rendu public hier
par les autorités municipales. Mais la qualité de l’air
est en voie de s’améliorer, assure le responsable du
dossier, Alan DeSousa, en grande partie grâce au nouveau
règlement sur les foyers au bois.
En 2008, l’air était de mauvaise
qualité une journée sur cinq à Montréal, une hausse de
50% par rapport à l’année précédente, selon les données
de la Ville.
La Ville a recensé 68 journées où l’air était de «
mauvaise qualité » en 2008 (soit une journée sur cinq),
selon le document publié hier par M. DeSousa, responsable
du développement durable au comité exécutif. Il y en avait
eu 44 en 2007.
Tous ces épisodes sont attribuables à une forte
concentration de fines particules polluantes, dont plus de
60% sont émises par des foyers au bois. La vaste majorité
de ces journées ont d’ailleurs été observées entre les
mois de novembre et avril, la période de l’année où les
Montréalais utilisent leurs foyers et leurs poêles.
Mieux dans l’industriel
Les concentrations de dioxyde de soufre et de benzène,
deux polluants industriels, ont pour leur part baissé du
quart dans l’est de l’île de Montréal. Et d’autres
substances nocives, comme l’ozone et le monoxyde d’azote,
sont restées à des taux stables.
« On constate qu’il y a eu des améliorations dans le
secteur industriel, a indiqué M. DeSousa. Maintenant, la
prochaine étape, c’est l’amélioration du taux de
particules fines. »
L’administration Tremblay a adopté l’hiver dernier un
règlement qui interdit l’installation de tout nouveau
foyer ou poêle au bois. Mais la mesure n’oblige pas les
propriétaires à remplacer les foyers existants par des
dispositifs qui carburent aux granules de bois, au gaz
naturel ou à l’électricité, une mesure que réclament les
écologistes.
Tant qu’un tel règlement ne sera pas en vigueur, dit le
directeur général du Conseil régional de l’environnement
de Montréal, André Porlier, les épisodes de mauvaise
qualité de l’air resteront fréquents.
« Les 68 journées de mauvaise qualité de l’air de 2008,
c’est en fonction des foyers qui sont déjà en place,
explique-t-il. Et le règlement de la Ville ne s’y attaque
pas encore. »
M. DeSousa appuie l ’ idée de remplacer chaque foyer sur
le territoire de la Ville. Mais un tel projet ne se
réalisera pas sans l’aide de Québec, précise-t-il.
« C’est une des raisons pour lesquelles on demande au
gouvernement du Québec de mettre en place un programme
pour inciter les 85 000 personnes qui ont un foyer ou un
poêle au bois à le remplacer par une technologie moins
nocive. »
La météo coupable
L’augmentation du nombre de journées où l’air est de
mauvaise qualité peut sembler spectaculaire, mais elle est
en grande partie attribuable à la météo. La pluie fait en
sorte que les particules polluantes sont précipitées au
sol. Lorsque l’été est pluvieux, comme c’était le cas en
2007, on compte moins de jours où la qualité de l’air est
mauvaise.
RECYCLAGE DE PILES USAGÉES Les écocentres
repoussent les commerçants - François Cardinal
EXCLUSIF
« J’ai actuellement pour 1000$ de piles usagées dans mon
magasin, tout ça parce que l’écocentre ne veut plus nous
voir. »
Bien qu’une infime partie des piles usagées soient
recyclées, les écocentres de Montréal ont décidé de
fermer leurs portes aux commerçants qui avaient pris
l’habitude d’y rapporter celles de leurs clients, a
appris La Presse.
Le taux de récupération des
piles non rechargeables est d’à peine 5,6% dans la
province.
Puisqu’il n’existe que très peu de lieux où déposer ces
déchets dangereux, les six écocentres de la Ville
acceptaient en effet, jusqu’à tout récemment, de
reprendre les piles domestiques des petits commerces,
même si ce n’était pas leur mandat.
« Comme le phénomène prend de l’ampleur, nous avons
cessé de reprendre les piles des commerces, institutions
et industries, car ce service est uniquement mis à la
disposition des citoyens », a précisé Valérie De Gagné,
porte-parole de la Ville.
C’est donc à regret que plusieurs propriétaires de PME
(petites et moyennes entreprises), telles les
quincailleries et les pharmacies, doivent maintenant
suggérer à leur clientèle de se débarrasser euxmêmes de
leurs piles.
« Les clients nous disent qu’ils vont aller magasiner
ailleurs parce qu’on ne reprend pas les piles qu’on leur
vend, déplore Manon, directrice d’une pharmacie Jean
Coutu de l’avenue du Mont-Royal. Mais ce n’est pas de la
mauvaise volonté de notre part. »
« J’ai actuellement pour 1000$ de piles usagées dans mon
magasin, tout ça parce que l’écocentre ne veut plus nous
voir », renchérit Yan Lamoureux, directeur de la
quincaillerie Rona DeLorimier.
Les commerçants joints hier se sont dits inquiets de
cette nouvelle orientation de la Ville, prédisant que
cela allait inciter bien des gens à jeter tout
simplement leurs piles domestiques à la poubelle, ce qui
aurait pour effet de réduire encore plus le nombre de
piles domestiques récupérées.
Or, selon Recyc-Québec, le taux de récupération des
piles non rechargeables est d’à peine 5,6% dans la
province, ce qui signifie que plus de 94% d’entre elles
prennent déjà le chemin du dépotoir, et ce, malgré leur
dangerosité.
En
effet, les piles sont considérées comme des résidus
domestiques dangereux, en raison de leur contenu en
métaux lourds et de leur potentiel de réactivité et de
corrosivité. En 2004, au Canada (il n’existe pas de
données québécoises similaires), on a ainsi enfoui
plus de 765 tonnes de plomb, 1670 tonnes de zinc et
0,4 tonne de mercure.
La situation est sensiblement la même pour les piles
rechargeables, recyclées à 6%. Toutefois, à Montréal,
il est facile de s’en débarrasser de manière
responsable, puisque les casernes de pompiers
participent toutes au programme de la Société de
recyclage des piles rechargeables.
Il s’est vendu au Québec, en 2006, 114 millions de
piles rechargeables et 6 millions de piles non
rechargeables. Cela signifie qu’en deux ans, les
ventes de ces produits ont grimpé de manière
importante, respectivement de 12,5% et de 22%.
En raison de la popularité des téléphones cellulaires
et des ordinateurs portables, Global Strategic
Analysts évalue que la demande canadienne pour les
piles augmentera d’environ 8% annuellement.
Projet de règlement
Notons que le gouvernement du Québec compte déposer
bientôt un projet de règlement visant à obliger les
fabricants de piles, notamment, à reprendre les
produits qu’ils vendent, une fois leur vie utile
terminée, afin qu’ils soient recyclés.
L’objectif, auquel souscrit la Ville deMontréal, est
d’instaurer la « responsabilité élargie des
producteurs », afin de contraindre ces derniers à «
élaborer, financer, mettre en place et opérer » un
programme de récupération de leurs produits. « Nous
appuyons la démarche du gouvernement, a indiqué
Valérie De Gagné, de la Ville. Nous attendons cela
pour donner un coup de main aux petits commerçants. »
N’y a-t-il pas des fournisseurs de piles qui acceptent
de reprendre leurs produits? « Oui, répond Yan
Lamoureux, mais ils nous obligent en contrepartie à
placer 12 pieds de produits dans notre commerce, ce
qui est impossible lorsque celui-ci est de petite
taille. »
« En attendant, nous sommes pris avec les piles », se
désole Gilles Sainte-Marie, directeur d’une autre
pharmacie Jean Coutu du Plateau Mont-Royal.
Entrepreneurs tout-puissants - Marie-Ève
Kirouac & Jonathan Carbonneau
Pourquoi
peuvent-ils raser tous les arbres alors que les citoyens
s’évertuent à protéger l’environnement?
Nous vivons à une époque où le citoyen se fait un devoir
de recycler tout ce qui est recyclable, de réutiliser ou
récupérer un objet qui peut encore servir, de faire du
compostage (même avec un petit bac placé dans une
armoire si on manque d’espace), d’apporter ses sacs
réutilisables à l’épicerie et de fermer l’eau pendant le
brossage de dents. Mais surprise, les entrepreneurs
peuvent défricher complètement les espaces qui serviront
à la construction résidentielle. Voilà ce qui se passe à
Mirabel et qui amène un certain questionnement.
Nous voilà déménagés à Mirabel depuis 3 ans et
propriétaire du terrain depuis 4 ans. Nous avons eu le
temps d’observer la façon d’agir du promoteur dans notre
secteur. Il rase tout. C’est pas grave, semble-t-il se
dire, la ville donne un arbre à chaque propriétaire
d’une nouvelle résidence!
À la suite de nos déplorables observations, nous avons
téléphoné au ministère de l’Environnement l’an passé
pour signaler que ce même entrepreneur avait déplacé un
ruisseau (qui ne ressemble plus maintenant à un ruisseau
après la touche destructrice de cet individu) et que
celui-ci s’apprêtait à raser la forêt derrière chez
nous, alors qu’il devait y laisser une grande bande
d’arbres entre les deux rues concernées.
Un représentant du ministère de l’Environnement est venu
visiter le site à deux reprises et il a fait son
enquête. Résultat: le ruisseau a bel et bien été déplacé
sans permission. Ses commentaires ont été dans le sens
de «si le ruisseau était à nouveau déplacé, il y aurait
davantage de dommages». Bravo pour le promoteur
délinquant qui réussissait à vendre un terrain de plus
en ayant déplacé le ruisseau.
Pour ce
qui est des arbres derrière chez nous, un endroit zoné
agricole, l’entrepreneur aurait réussi à faire modifier
le zonage de cet endroit et ses plans auraient été
acceptés par le Ministère. Les arbres seront donc tous
abattus et nous n’y pouvons rien. Mauvais exemple de la
part de nos dirigeants.
Le plus navrant dans tout ça, c’est que nous nous étions
regroupés entre voisins et avions proposé au promoteur
d’acheter une bande de terrain derrière nos maisons,
espace que nous aurions laissé zoné agricole… et, de
plus, cela aurait augmenté la valeur des terrains de
l’entrepreneur. À notre grande surprise, sans respect,
il a refusé. Ses plans avaient déjà été acceptés par le
Ministère.
Nous voudrions que quelqu’un nous explique pourquoi les
entrepreneurs ont tant de pouvoir, pourquoi le citoyen
doit faire tant d’efforts pour protéger l’environnement
et que ceux qui ont l’argent n’ont pas à en faire. Que
quelqu’un nous explique pourquoi dans la plupart des
villes, les entrepreneurs et les résidants n’ont pas le
droit de couper les arbres à moins d’obtenir un permis,
et qu’à Mirabel, une ville en pleine expansion
démographique, tout est permis, sans discernement?
La prochaine fois que vous demanderez à votre
municipalité un permis pour abattre un arbre chez vous,
pensez à tous ces entrepreneurs qui, eux, le font sans
rendre de compte à personne. Qui protège notre
environnement ? Pendant qu’on se questionne, depuis ce
matin, je les entends commencer à défricher…
Les environnementalistes
somment Ottawa d’agir
(NDE : encore une fois...)
Négociations sur les changements climatiques à Bonn
« Le Canada arrive à ces négociations avec zéro
crédibilité, a estimé Dale Marshall, analyste à la
Fondation David Suzuki. Ce qu’on voit au Canada, c’est
un manque total de leadership. »
— À la veille des prochaines négociations en prévision
d’un nouveau traité international sur les changements
climatiques, les environnementalistes somment le
gouvernement canadien de changer son fusil d’épaule et
d’accepter de contribuer financièrement pour aider les
pays en développement à réduire leurs émissions de gaz
à effet de serre.
En conférence de presse à Ottawa, les représentants de
plusieurs groupes environnementalistes réunis dans le
Réseau action climat ont dénoncé le « manque de
leadership » du gouvernement conservateur de Stephen
Harper ainsi que la nouvelle position du ministre de
l’Environnement, Jim Prentice, qui « attend Washington
» pour agir dans le dossier.
Le 1er juin débute à Bonn, en Allemagne, d’importantes
négociations où, pour la première fois, des textes
juridiques seront étudiés dans le but de conclure une
entente internationale à Copenhague, en décembre
prochain.
« Le Canada arrive à ces négociations avec zéro
crédibilité, a estimé Dale Marshall, analyste à la
Fondation David Suzuki. Ce qu’on voit au Canada, c’est
un manque total de leadership. Si on veut vraiment
jouer un rôle constructif, à l’égard des États-Unis
mais aussi sur le plan international, il faut qu’on
sente le besoin d’urgence, et ce n’est pas du tout le
cas. »
Le principal enjeu discuté à Bonn sera la contribution
financière des pays industrialisés aux efforts des
pays en développement pour s’adapter aux changements
climatiques et réduire leurs émissions de GES, à
l’aide notamment de transferts technologiques. La
question divise les deux camps.
L’Institut Pembina chiffre à entre 2 et 6 milliards de
dollars la « juste part » annuelle du Canada dans
l’effort international pour appuyer les pays en
développement.
Clare Demerse, de l’Institut Pembina, rappelle que le
Canada a pris l’engagement, même récemment, lors de la
signature du traité de libre-échange avec l’Union
européenne, de contribuer à l’effort financier
international.
Le
non-respect des engagements de Kyoto a terni la
réputation canadienne en matière de lutte contre les
changements climatiques, soutiennent les
environnementalistes.
« Tous les modèles économiques démontrent que plus on
attend longtemps avant d’agir pour réduire nos
émissions de gaz à effet de serre, plus ça va coûter
cher », a critiqué M. Marshall.
L’inaction a déjà un coût, a ajouté Mme Demerse:
l’Institut KofiAnnan calcule dans un récent rapport
que les changements climatiques causent pour 125
milliards de dollars par an de pertes économiques.
Jeudi, le ministre Prentice a affirmé que le Canada
attendrait la mise en application des mesures
américaines pour imposer des contraintes de réduction
d’émissions de gaz à effet de serre aux industries du
pays, soit pas avant 2012 à 2016.
« Ce qu’on a devant nous maintenant, c’est un
gouvernement qui n’a pas de stratégie, qui n’a pas de
politique, qui n’a pas de plan et qui s’apprête à
jouer un rôle de plante verte sur la scène
internationale et canadienne », a déploré hier le
critique du Bloc québécois en environnement, Bernard
Bigras. Le député conservateur de Langley, Mark
Warawa, s’est porté à la défense du ministre de
l’Environnement et a assuré que le gouvernement
fédéral faisait preuve d’un « leadership fort » sur la
scène internationale.
Le temps presse, notamment pour les pays les plus
pauvres de la planète, aux prises avec de plus en plus
de catastrophes naturelles.
« La terrible injustice des changements climatiques
est que les populations les plus pauvres sont les plus
touchées, mais ce sont elles qui ont le moins
contribué au problème », a souligné Mark Fried,
d’Oxfam-Canada.
GES
Rapport du commissaire à l’environnement -
Ottawa
ne peut démontrer l’efficacité de ses mesures
« Sans un système pour faire le compte des
réductions d’émissions résultant des mesures qu’il
aura adoptées, le gouvernement ne pourra informer le
Parlement sur leur efficacité. »
— Envi ronnement Canada est incapable de démontrer
si les mesures comprises dans son plan de lutte
contre les changements climatiques sont efficaces,
conclut le commissaire à l’environnement, Scott
Vaughan, dans un rapport rendu public hier.
Le commissaire à
l’environnement, Scott Vaughan (à gauche) et la
vérificatrice générale du Canada, Sheila Fraser,
en conférence de presse hier après avoir remis
leurs rapports respectifs.
« Sans un système pour faire le compte des
réductions d’émissions résultant des mesures qu’il
aura adoptées, legouvernementnepourra informer le
Parlement sur leur efficacité », a souligné M.
Vaughan en conférence de presse.
Environnement Canada a admis qu’il lui semblait
impossible d’avoir « un système permettant de
surveiller les réductions réelles d’émissions de GES
pour chacune des mesures déclarées dans les plans ».
Dans son rapport, le commissaire note une
contradiction entre les estimations de réductions
d’émissions et l’absence de mesures des progrès
réalisés. « Le Ministère n’a pas expliqué pourquoi
les réductions attendues d’émissions peuvent être
estimées à l’avance, alors que les réductions
réelles ne peuvent être mesurées après le fait »,
écrit M. Vaughan.
Bien que le gouvernement conservateur ait déjà
indiqué qu’il ne respecterait pas les objectifs du
protocole de Kyoto, il est toutefois tenu,
théoriquement, de suivre les exigences de la Loi de
mise en oeuvre du document, entrée en vigueur en
2007, grâce à un effort concerté des partis de
l’opposition. Conformément à cette loi, le
gouvernement a déjà présenté deux plans de lutte
contre les changements climatiques, en 2007 et 2008.
Ottawa est notamment tenu, par la Loi, d’inclure
dans ces plans la description et les mécanismes des
mesures prises pour réduire les émissions, la date
d’entrée en vigueur des mesures, ainsi que la
quantité de réductions d’émissions de gaz à effet de
serre réalisées ou anticipées. Or, le gouvernement a
omis de remplir plusieurs de ses exigences, estime
le commissaire.
M. Vaughan constate pa r ailleurs une « faiblesse
récurrente » et un « manque de transparence » dans
le calcul des prévisions de réductions dans les
plans gouvernementaux. Les réductions d’émissions
attendues dans l’élaboration du Cadre réglementaire
sur les émissions industrielles de gaz à effet de
serre sont « surestimées », selon le commissaire.
Or, cette mesure représente 80% de la réduction
totale attendue pour la période allant de 2008 à
2012.
Le
gouvernement mise sur le Fonds technologique pour
développer de nouveaux procédés verts et ainsi
contribuer à la réduction des émissions. Or, M.
Vaughan constate que cette mesure ne donnera pas de
résultats avant longtemps, « compte tenu du temps
nécessaire pour développer, déployer et adopter de
nouvelles technologies ».
Les objectifs du gouvernement pour 2012, déjà très
loin de ceux du protocole de Kyoto, ne seront très
probablement pas atteints, conclut donc le rapport.
« Vaste fumisterie »
Réagissant à la publication du rapport, le chef du
Bloc québécois, Gilles Duceppe, a qualifié de «
vaste fumisterie » les actions du gouvernement
conservateur, estimant qu’il ne fait que « gagner du
temps » au profit des pétrolières. Son porte-parole
en environnement, Bernard Bigras, a pour sa part
qualifié de « hors-laloi » le gouvernement en
matière de lutte contre les changements climatiques.
La Loi de mise en oeuvre du protocole de Kyoto
prévoit que le commissaire à l’environnement évalue
tous les deux ans les progrès réalisés par le Canada
pour mettre en oeuvre ses plans de lutte contre les
changements climatiques. Le Ministère doit présenter
son prochain plan d’ici la fin du mois de mai.
Le ministre de l’Environnement a rejeté les
critiques du commissaire et assuré que le Canada se
présenterait à la réunion internationale de
Copenhague, à la fin de l’année, comme un « joueur
majeur ».
« Nous avons une stratégie et nous faisons des
progrès. Nous travaillons sur les plans domestique,
continental et international, a dit le ministre
JimPrentice. J’ai déjà indiqué que d’ici à
Copenhague, nous aurons une politique pour chaque
source d’émission au Canada. »
Le ministre Prentice sous pression
OTTAWA — Le ministre de l’Environnement,
JimPrentice, dit sentir de la pression de la
part de la communauté internationale pour placer
les changements climatiques au haut ddu
programme politique des sommets du G20 et du G8
qui auront lieu cet été au Canada.
Même s’il n’est pas la personne la plus
convaincue de l’importance de cet enjeu, il n’a
pas non plus fermé la porte à la suggestion.
Ainsi, au cours d’une entrevue à La Presse
Canadienne, M. Prentice a souligné que le Canada
était dévoué à transformer l’accord de
Copenhague en traité international contraignant,
et ce, bien avant la fin de 2010.
Le
ministre a également ajouté que l’accord
reflétait les principes du pays et que tout ce
qui pourrait faire avancer le processus visant à
sa transformation en traité était important.
Mais Jim Prentice n’a pas été en mesure de dire
si les sommets du G8 et du G20, qui auront lieu
en juin, serviront à cet objectif, soulignant
que cela dépendra des pourparlers avant cette
date.
Le ministre a néanmoins assuré que le Canada
participera à la rédaction de la première
esquisse du traité international mais qu’il ne
sait pas encore à quelle étape sera rendue le
processus lorsque le G20 aura lieu.
L’accord de Copenhague est une déclaration de
principe de trois pages qui presse les pays de
limiter le réchauffement climatique, de prendre
des engagements pour limiter leurs émissions de
gaz à effet de serre et de promettre un
financement pour aider les pays en voie de
développement pour gérer les changements
climatiques.
LE CANADA « FOSSILISÉ »
Cancre parmi les cancres. C’est ainsi que le
regroupement des écolos internationaux a justifié
sa décision de remettre au Canada le prix «
Fossile de l’année », récompensant le pays ayant
le plus nui aux négociations en 2009. Remis à la
suite d’un vote, l’honneur a été décerné lors
d’une cérémonie à Oeksenhallen, au centre de la
capitale danoise, au rythme d’une chanson de
Céline Dion tirée du film Titanic.
CHANGEMENTS CLIMATIQUES Pas de plan
intérieur avant un plan international, dit
Prentice - Malorie Beauchemin
OTTAWA
— Après avoir promis un plan canadien, puis un
plan nord-américain, le ministre de l’
Environnement, Jim Prentice, estime maintenant
qu’il faut une entente internationale en matière
de c ha ngements c l i mat i ques avant de définir
un cadre réglementaire canadien.
Hier, à la sortie de la Chambre des communes, le
ministre Prentice a justifié sa décision de
reporter, de nouveau, l’adoption de règles
contraignantes de réduction d’émissions de gaz à
effet de serre pour les entreprises canadiennes en
rejetant la responsabilité sur l’échec des
pourparlers en vue de la Conférence internationale
de Copenhague.
« L’enjeu, c’est la préparation d’une entente
internationale, a dit le ministre Prentice. Pour
notre système de réglementation continentale ou
nationale, nous avons besoin d’une entente
internationale. C’est très important en raison des
implications pour notre système national. »
Or, il n’y a selon lui « pas de progrès » dans les
négociations vers Copenhague.
Au comité permanent de l’environnement, qui
entendait notamment des représentants de
l’industrie pétrolière, hier, le député
conservateur Blaine Calkins a j ugé que d’adopter
des objectifs clairs de réductions d’émissions –
comme le prévoit le projet de loi C-311, du NPD –,
serait l’équivalent de jouer au poker « en
montrant ses cartes ».
Une « promesse brisée »
L’argument ne tient pas la route, selon les
environnementalistes et les partis de l’opposition
à Ottawa.
«
Tous les pays ont leurs cibles ; l’Australie, le
Japon, la Nouvelle-Zélande, l’ Union e u r opéen
ne. I l s ont t ous u n obj e c t i f avec ou s
a ns Copenhague, et ils ont tous dit qu’ils
iraient plus loin s’il y a un accord à
Copenhague », a souligné Dale Marshall, de la
fondation David Suzuki.
Cette « nouvelle promesse brisée » des
conservateurs illustre selon lui que le gouver
nement « ne veut r i e n faire » pour lutter
contre les changements climatiques.
« Ils utilisent le manque de progrès à
Copenhague comme excuse pour ne pas avoir de
plan national. Pas avoir de plan, c ’est ça qui
nuit aux négociations », a conclu M. Marshall.
Le critique libéral en environnement, David
McGuinty, voit « une abdication de souveraineté
» dans les actions du gouvernement, qui selon
lui laisse d’autres pays décider du plan
canadien.
Aujourd’hui, le NPD de Jack Layton déposera une
motion pour forcer l’adoption rapide du projet
de loi C-311, qui prévoit des cibles
contraignantes de réductions d’émissions. La
semaine dernière, les conservateurs, aidés des
libéraux de Michael Ignatieff, ont réussi à
bloquer l’adoption hâtive de ce projet de loi,
jugeant qu’il méritait davantage d’analyses en
comité.
Par ailleurs, le NPD a été contra i nt de s e
dissocier, hier, d’u ne manifestation qui a
tourné au vinaigre, la veille, alors que des
milit ants environnementalistes ont perturbé la
période de questions, avant d’être escortés par
les forces de l’ordre à l’extérieur du
parlement. C’est que l’un des leaders de la
manifestation, Joe Cressy, est membre de
l’exécutif du NPD dans la circonscription du
député d’Ottawa-Centre, Paul Dewar, a menant l
es c onser vateu r s à s uggérer l’implication
des néo-démocrates de Jack Layton.
« On n’est pas associés à la manifestation, a
assuré M. Layton. M. Harper veut probablement
suggérer que c’est le cas, mais ce n’est pas la
vérité. »
CHANGEMENTS CLIMATIQUES Le ministre
Prentice s’attire les foudres de l’opposition
- Malorie Beauchemin
OTTAWA
— À l a veille de l a Jou r née i nter nationa l e
d’action pour le climat, l’admission, par le
ministre de l’Environnement Jim Prentice, qu’il c
r oit que le Canada devrait avoir des cibles de
réduction d’émissions moins contraignantes que les
pays européens a soulevé la colère de l’opposition
à Ottawa.
« Les déclarations du ministre de l ’ E nv i r o n
n e ment dépassent les bornes, a jugé le leader
parlementaire du Bloc québécois, Pierre Paquette.
C’est t ot a l e ment r i d i c u l e comme
approche et ça illustre la volonté du gouvernement
conservateur de saboter les négociations à
Copenhague. »
Da n s u ne e nt r e v ue a u Globe and Mail,
hier, le minist re Prentice a a f f i r mé que
compte tenu de sa structure industrielle
énergivore et de l a c r oissa nce soutenue de sa
population, le Canada ne devrait pas avoir des
objectifs aussi contraignants de réduction
d’émissions de gaz à effet de serre que, par
exemple, l’Europe ou le Japon.
À l’approche de la conférence internationale sur
les changements climatiques de Copenhague, en
décembre, les pays du monde entier entament un
dernier sprint afin de conclure une entente
commune pour remplacer le protocole de Kyoto, qui
vient à échéance en 2012. Mais déjà, Ottawa réduit
les attentes en affirmant que la conclusion d’une
entente historique est peu probable, faute de
temps pour négocier. Les pourparlers achoppent sur
plusieurs points, entre autres sur le fait que le
Canada réclame que les pays aient des objectifs de
réduction différents, plutôt qu’une cible commune.
« Il se rend à la plus importante rencontre
environnementale de l’histoire de notre pays et
essentiellement (le ministre Prentice) dit que
c’est peine perdue », a déploré le député
néo-démocrate Paul Dewar.
« Non seulement le Canada n’a pas respecté sa
signature au bas du protocole de Kyoto, mais il
n’a pas cessé de saboter les négociations pour la
suite », a critiqué, quant à lui, M. Paquette.
Le ministre du Commerce international, Stockwell
Day, a pris la balle au bond et rejeté une partie
de la responsabilité sur le précédent
gouvernement.
« Ce sont les libéraux qui ont signé l’accord de
Kyoto et ils n’ont rien fait. Nous avons fait
beaucoup de choses, a-til assuré. Nous avons mis
en place les niveaux et aussi les programmes pour
réduire les émissions. »
Manque d’ambition du gouvernement
Les partis de l’opposition et les groupes
environnementalistes reprochent depuis des
années au gouvernement de Stephen Harper son
manque d’ambition dans la lutte contre les
changements climatiques.
Pour l e c r i t ique l i béra l en envi r
onnement, David McGuinty, Ottawa se cache der r
i ère l ’ i dée d’u n pla n « continental », qui
n’existe pas, pour éviter d’aborder la question
de front.
« Nous ne sommes pas en train d’avoir un
dialogue énergétique avec les États-Unis, comme
pays indépendant. Maintenant, selon M. Prentice,
nous faisons partie d’un plan nord-américain
pour les changements climatiques. C’est une
nouveauté pour les Américains et les Mexicains,
a ironisé M. McGuinty. Où est ce plan
nord-américain pour les changements climatiques?
C’est une ruse pour cacher le fait que le Canada
n’a pas de plan domestique et que le ministre ne
veut pas voir d’entente à Copenhague. »
Le Parti vert du Canada s’est lui aussi insurgé
contre les propos jugés « décourageants » du
ministre quant à l’issue des négociations à
Copenhague.
« L’obstination du Canada à réclamer un
traitement de faveur signifie qu’une réussite
pour le pays sera un désastre pour la planète »,
a souligné dans un communiqué Adriana
Mugnatto-Hamu, porte-parole du Parti vert dans
le dossier des changements climatiques.
De nombreux groupes environnementalistes
participeront aujourd’hui à la Journée
internationale d’action pour le climat dans
plusieurs villes canadiennes. À Ottawa, un
groupe de manifestants entend se rendre très tôt
devant la résidence du premier ministre Stephen
Harper pour lui transmettre le message qu’il est
temps de « se réveiller » dans le dossier des
changements climatiques.
À Montréal, des membres de différents groupes
écologistes, dont Équiterre et Greenpeace, se
réuniront pour une « grande cacophonie » de 350
secondes, à l’aide d’instruments traditionnels
ou « imaginatifs ».
« Le gouvernement ne veut pas voir d’entente à
Copenhague » - Malorie Beauchemin
, dit David McGuinty
OTTAWA — Le gouvernement conservateur de Stephen
Harper « ne veut pas » que soit conclu un nouvel
accord international sur la lutte contre les
changements climatiques et c’est pour cette
raison qu’il fait obstruction aux négociations
en cours, soutient le critique libéral en
environnement, David McGuinty.
Le député ontarien a réagi ainsi à des propos
qu’a dits le ministre de l’Environnement, Jim
Prentice, au quotidien albertain Calgary Herald,
dans lesquels il affirme qu’il n’y aura
probablement pas d’entente conclue pendant la
conférence sur les changements climatiques, en
décembre prochain, en raison d’un manque de
temps pour s’entendre.
« Depuis quatre ans, on voit le Parti
réformiste-conservateur sous M. Harper essayer
de bloquer tout progrès à l’échelle
internationale, a estimé M. McGuinty. Le
ministre Prentice est en train d’annoncer que le
gouvernement conservateur ne veut pas voir
d’entente conclue à Copenhague. »
Au cours d’une rencontre à Bangkok, la semaine
dernière, la position du Canada de rejeter
l’inclusion du protocole de Kyoto à un nouvel
accord a été vivement critiquée par plusieurs
pays émergents, qui réclament des engagements
plus importants des pays industrialisés.
« C’est un effort systématique depuis quatre ans
de tout faire pour faire échouer les
négociations internationales », a souligné M.
McGuinty.
Plusieurs environnementalistes semblent du même
avis.
« C’est très troublant de voir le ministre dire
que ce n’est pas possible d’avoir un accord fort
à Copenhague parce qu’il a le pouvoir de changer
ça, a estimé Clare Demerse, de l’ I nstitut
Pembina. Jusqu’à maintenant le Canada a fait
partie du problème et non de la solution. »
« La route vers Copenhague est incroyablement
difficile. C’est vrai qu’il y a beaucoup à
faire, a renchéri Dale Marshall, de la Fondation
David Suzuki. Mais une des plus grandes raisons
pour lesquelles il y a beaucoup à faire, c’est
parce que le Canada bloque tout. »
L e Canada, dit-i l , s ’e s t notamment opposé,
il y a deux ans, à un accord pour une cible
collective pour tous les pays i ndustrialisés.
Ottawa était aussi le seul pays à refuser que
tous les pays utilisent la même année de
référence.
« À la f i n, est-ce que le Canada sera le seul
responsable s’il y a échec des négociations ?
Non. Mais est-ce que notre pays sera un des plus
responsables ? Absolument », croit M. Marshall.
Du côté du Bloc québécois, le député Bernard
Bigras estime que le ministre Prentice a baissé
les bras, « comme l’étudiant qui s’apprête à
passer l’examen et craint d’échouer parce qu’il
n’a pas été assidu dans ses devoirs ».
Sommet
sur le climat à l’ONU hier / Harper se défend d’être
sur la touche - RICHARD HÉTU
NEW YORK— Critiqué pour la position de son gouvernement
face aux changements climatiques, le premier ministre
Stephen Harper, s’est défendu d’être sur la touche dans ce
dossier qui a fait l’objet d’un sommet
« Le
Canada travaille de façon très étroite avec les
États-Unis », a-t-il déclaré en après-midi aux
journalistes après une rencontre à l’hôtel de ville
de New York avec le maire Michael Bloomberg. « Nous
avons des cibles et des approches très similaires. »
Le premier ministre Harper était l’un des 25
dirigeants invités par le secrétaire général de
l’ONU, Ban Ki-moon, à discuter d’environnement en
soirée, dans l’espoir de relancer la négociation
d’un nouvel accord sur le réchauffement à
Copenhague.
« Notre position est claire, a déclaré Stephen
Harper lors d’un point de presse impromptu. Nous
voulons une entente internationale efficace qui
inclut les grands émetteurs de gaz à effet de serre,
et nous sommes en train de développer une vraie
approche continentale avec l’administration Obama.
Nous partagerons notre expérience et notre
perspective ce soir. »
Mais les représentants de groupes écologistes
présents à New York ont jugé nettement insuffisante
la participation du Canada au sommet de l’ONU. Le
premier ministre Harper, ont-ils déploré, n’y a fait
aucune déclaration officielle, contrairement à
plusieurs dirigeants, dont les présidents américain,
chinois et français. Et il n’a pas pris part aux
tables rondes, auxquelles il a préféré déléguer son
ministre de l’Environnement, Jim Prentice.
« La Chine en fait plus actuellement pour lutter
contre les changements climatiques que le Canada, ce
qui est passablement gênant », a dénoncé Steven
Guilbeault, porte-parole et cofondateur de
l’organisation québécoise Équiterre.
La Chine, troisième puissance économique mondiale et
désormais premier pollueur, a en effet retenu
l’attention au sommet de l’ONU en s’engageant pour
la première fois à réduire « de façon notable » ses
émissions de CO d’ici à 2020
2
par rapport aux taux de 2005, par point de PIB.
Dans son discours à la tribune de l’ONU, le
président chinois, Hu Jintao, a également promis de
faire en sorte que la part des énergies non fossiles
dans son pays atteigne environ 15% en 2020.
Le nouveau premier ministre japonais, Yukio
Hatoyama, s’est également attiré les éloges des
écologistes en confirmant l’engagement de son pays,
deuxième économie mondiale, à réduire ses émissions
de C de 25% par rapport à leur taux de 1990 d’ici à
2020.
La réaction des observateurs au discours de Barack
Obama a été moins favorable. Le président américain
a appelé à une action internationale « rapide et
audacieuse » pour lutter contre les changements
climatiques et éviter une « catastrophe irréversible
».
Mais il n’a pas présenté d’initiatives susceptibles
de donner un nouvel élan aux négociations en
prévision de la conférence de Copenhague, qui doit
accoucher en décembre d’un nouvel accord
international sur la réduction des émissions de gaz
à effet de serre. Ce traité doit remplacer le
protocole de Kyoto, qui arrive à échéance en 2012.
« L’incapacité de conclure un accord global à
Copenhague serait moralement inexcusable, à courte
vue économiquement et malavisé politiquement », a
déclaré Ban Ki-moon en ouvrant le sommet sur le
climat.
Le Canada essuie les critiques du GIEC
- FRANÇOIS CARDINAL
Le
groupe d’experts sur le climat estime que le
gouvernement Harper est « isolé »
Alors que s’ouvre aujourd’hui à New York un
important sommet international sur le climat, le
Canada est vivement critiqué pour son manque de
volonté dans la lutte contre les changements
climatiques par nul autre que le président du Groupe
d’experts intergouvernemental sur l’évolution du
climat (GIEC).
PHOTO IVANOH
DEMERS, LA PRESSE
Le président du Groupe
intergouvernemental d’experts sur l’évolution du
climat, Rajendra K. Pachauri, estime que le Canada
devrait viser les mêmes objectifs de réduction des
gaz à effet de serre que les pays européens.
De passage à Montréal hier, Rajendra K. Pachauri,
lauréat du prix Nobel 2007 avec le GIEC, s’est fait
caustique à l’endroit du gouvernement de Stephen
Harper, « qui n’a pas reçu beaucoup de louanges de
la part de la communauté internationale ces
dernières années ».
« Le Canada est certainement isolé, il n’y a aucun
doute là-dessus, a-t-il déclaré en entrevue avec La
Presse. Je crois que le gouvernement devrait prendre
bonne note de cela, car il a toujours été perçu
comme un pays engagé, un ami de la communauté
internationale. Or, dans ce dossier, le Ca nada doit
clairement revoir sa position. »
Cette critique, de la part de l’un des hommes les
plus influents du monde dans le dossier climatique,
tranche avec les pa roles diplomatiques entendues
habituellement dans l’enceinte des Nations unies.
Le Dr Pachauri ne comprend tout simplement pas
comment Ottawa peut défendre une position aussi
timide dans les négociations internationales qui
doivent s’accélérer dès aujourd’hui, dans la foulée
du sommet organisé par le secrétaire général des
Nations unies, Ban Ki-moon.
À l’horizon 2020, le Canada entend ramener ses
émissions de gaz à effet de serre à 3 % sous le taux
de 1990. À titre comparatif, l’Europe se dit prête à
diminuer les siennes de 20 %, voire de 30 % si la
communauté internationale lui emboîte le pas.
Pour Rajendra K. Pachauri, le C a nada dev ra it i m
iter l’Europe, même si son économie est basée su r l
’exploit at ion de s re s s ou r c e s nat u rel les
. « Je recon na is cela , tout com me le fa it que
le Canada est un pays froid, dit-il. Mais en même
temps, il s’agit d’u n pays riche qui possède les
moyens tec h n iques pou r en fa i re beaucoup,
beaucoup plus. »
Un
certain optimisme
Le président du GIEC croit par ailleurs qu’une
entente surviendra au cours de la con férence de
l’ON U su r le climat, en décembre, au Danemark.
Contrairement au premier ministre britannique,
Gordon Brown, il ne croit pas que les difficiles
négociations entre pays riches et émergents se
solderont par un échec.
« Je nou r ris u n certa i n optimisme, même si
celui-ci n’est pas débordant, préciset-il. Je crois
qu’il y aura une entente pa rtielle dont certains
détails pourront être ficelés par la suite. »
I nd ien d ’or ig i ne , le D r Pachauri a d’étroits
contacts avec son gouvernement, mais aussi avec
Pékin. Il est donc bien placé pour commenter les
négociations entre pays du Nord et du Sud, qui sont,
selon son propre aveu, au point mort depuis un bon
moment, comme l’a précisé récemment le ministre
canadien de l’Environnement, Jim Prentice.
À son avis, les pays émergents devraient emboîter le
pas aux pays industrialisés dès que ceux-ci
s’engageront formellement à réduire leurs émissions
après 2012, date d’échéance du protocole de Kyoto.
Il estime cependant que la hauteu r des cibles
dépendra de ce que feront les États-Unis.
« J’espère que le président Obama ira plus loin (que
son objectif électoral, soit de ramener les
émissions américaines à leur taux de 1990 en 2020),
indique-t-il. Mais pour cela, il faudra lui laisser
du temps, car le projet de loi sur le climat est
actuellement bloqué au Sénat.»
Présent aux côtés du premier ministre Jean Charest,
hier matin, le Dr Pachauri s’est adressé à un
parterre de chefs d’entreprise et de c herc heu r s
u n iver sit a i re s dans le cadre d’un séminaire
sur les perspectives pour le Québec en Inde,
organisé par Manufacturiers et exportateurs du
Québec. Pour joindre notre journaliste :
francois.cardinal@ lapresse.ca
RÉDUCTIONDESGAZ À EFFETDE SERRE Ottawa veut instaurer
des crédits compensatoires
« C’est
insignifiant comme annonce », a estimé Sidney Ribaux,
coordonnateur d’Équiterre.
— Le gouvernement conservateur lance des consultations en
vue de créer un système canadien de crédits compensatoires
pour les gaz à effet de serre (GES), premier pas vers la
création d’un marché du carbone. Le ministre de
l’Environnement, Jim Prentice, a dévoilé hier à Ottawa deux
documents préliminaires qui serviront de cadre pour
réglementer un tel systèmede crédits compensatoires.
À terme, le système devrait prévoir un prix pour le carbone,
et les entreprises pourront acheter ou vendre des crédits,
selon qu’elles émetdans une allocution devant le Club
économique du Canada.
Les groupes, entreprises et autres intervenants ont 60 jours
pour formuler des commentaires au gouvernement sur le
système proposé.
Mais l’annonce faite en grande pompe par le ministre de
l’Environnement a été reçue avec scepticisme par
l’opposition à Ottawa et les environnementalistes.
« C’est
insignifiant comme annonce, a estimé Sidney Ribaux,
coordonnateur d’Équiterre. C’est un élément minuscule d’un
des morceaux – la Bourse du carbone – d’un plan de
réduction des gaz à effet de serre. C’est comme si on
achetait tent au-dessus ou au-dessous des limites imposées
par une réglementation qui n’a toutefois pas encore été
annoncée par le gouvernement.
Cet «élément important» du plan de lutte contre les
changements climatiques «nous aidera à réaliser nos
objectifs de réduction de gaz à effet de serre dans tous
les secteurs de l’économie », a souligné M. Prentice, une
poignée de porte avant même de décider quelle maison on
allait acheter, dans quel quartier, avec quel type de
porte et de quelle couleur. »
Matthew Bramley, de l’Institut Pembina, abonde dans le
même sens, estimant que ces crédits compensatoires
serviront surtout aux grands émetteurs de GES, qui
pourront ainsi éviter de s’acquitter de leurs obligations
de réduction des émissions. «Nous sommes inquiets qu’il y
ait un risque significatif qu’on finisse par octroyer des
crédits à des projets qui auraient eu lieu de toute façon
et de cette façon miner l’intégrité environnementale du
plafond futur, a souligné M. Bramley. Ce n’est pas un
mécanisme pour réduire les émissions. Le résultat, c’est
qu’on déplace les émissions, mais on n’a pas de réduction
nette.»
«M. Prentice n’a jamais démontré comment c’est possible de
procéder avec la réglementation et un système de permis et
d’échange sans aller vers des réductions absolues, a dit
David McGuinty, critique libéral en environnement. Nous
n’avons rien vu. Il n’y a pas de plan. Il n’y a pas de
réglementation. »
Une importante séance de négociations se déroule
actuellement à Bonn, en prévision de la conférence
internationale de Copenhague, qui doit préparer
l’après-Kyoto. Mardi, la coalition internationale
d’organismes environnementauxCAN(ClimateAction Network) a
décerné au Canada, ex aequo avec le Japon, le prix
«Fossile du jour», remis au pays jugé le plus enclin à
bloquer la progression des négociations en cours.
Charge contre les conservateurs - Denis
Lessard
QUÉBEC
— Il n’y a rien de surprenant dans l’accrochage entre le
cabinet de Stephen Harper et l’environnementaliste
Steven Guilbeault en pleine conférence de Copenhague. Le
différend illustre le mépris du gouvernement
conservateur pour les groupes environnementalistes,
estime Scott McKay, critique péquiste en matière
d’environnement. En prime, le gouvernement Harper
détourne l’attention sur un incident alors qu’il se
trouve au banc des accusés à la conférence
internationale sur les gaz à effet de serre. Selon M.
McKay, «on a vu le ministre Jim Prentice donner des prix
"air chaud" pour dénoncer l’inutilité des positions de
l’Institut Pembina. C’est la bonne vieille tactique de
discréditer les autres quand tu ne parviens pas à
rehausser ton image». Par ailleurs, à Copenhague hier,
le député péquiste a pesté contre la délégation
canadienne et le gouvernement Charest qui n’avaient pas
levé le petit doigt pour accréditer les membres
québécois de la délégation.
Le logo de Greenpeace banni de la colline
parlementaire
OTTAWA —
Les t-shirts aux couleurs de Greenpeace sont interdits
au Parlement, après que l’organisation écologiste eut
tenu une manifestation illégale sur la colline du
Parlement, plus tôt cette semaine.
Un
gardien de sécurité a affirmé hier à un journaliste de
La Presse Canadienne, qui tentait de visiter les
édifices du parlement vêtu d’un t-shirt de Greenpeace,
que l’interdiction découlait des «récents événements».
Le journaliste avait enfilé le t-shirt pour s’assurer de
la véracité d’informations selon lesquelles les
responsables de la sécurité fouillaient les visiteurs, à
la recherche de logos de Greenpeace.
Environ 20 militants de l’organisation ont été arrêtés
lundi après qu’ils eurent escaladé des édifices du
parlement pour dérouler des banderoles appelant les
politiciens canadiens à plus d’action dans la lutte
contre le réchauffement planétaire.
Le Canada veut partager la facture avec
les É.-U.
Les
États-Unis devraient couvrir une partie des coûts
environnementaux liés à l’exploitation des sables
bitumineux du Canada, a affirmé hier le ministre
canadien de l’ Environnement, Jim Prentice.
Dans une entrevue accordée à la chaîne de télévision
canadienne CTV à Copenhague, où a lieu le sommet de
l’ONU sur le changement climatique, le ministre a
affirmé que, si les consommateurs américains achètent
le pétrole canadien et le consomment aux États-Unis,
ces derniers devraient en assumer les coûts
environnementaux.
« C’est pour cette raison que nous travaillons si
étroitement avec les États-Unis pour avoir un système
harmonisé. Afin d’éviter que les coûts
environnementaux soient transférés aux Canadiens,
parce que ce n’est pas juste », a ajouté M. Prentice
au cours de l’entrevue.
Cette idée avait été évoquée plus tôt hier par
l’ancien premier ministre canadien Paul Martin. Cité
par le quotidien
The Toronto Star, M. Martin affirme que les coûts
environnementaux de l’exploitation des sables
bitumineux en Alberta devraient être partagés avec les
Américains, qui consomment une bonne par tie du pét
role qui en est extrait.
L’exploitation des sables bitumineux est beaucoup plus
polluante que celle du pétrole conventionnel , généra
nt trois fois plus de gaz à effet de serre.
Cha ngements climatiques : Le Canada
doit d’abord restructurer son économie
Un
rapport f i nancé par la Banque Toronto-Dominion
soutient qu’Ottawa devra entreprendre une restruct
uration fondamentale de l ’ é c o n o mie c a n a d i
e n n e pour atteindre ses objectifs qua nt a u x c ha
ngements climatiques.
L’étude, réalisée par l’ Institut Pembina, de Calgary,
et la Fondation David Suzuki, de Vancouver, f a i t
valoir que l’économie devra être r e s t r uc t u r é
e de manière à ce que la richesse passe de l’Ouest
vers le reste du pays.
Elle ajoute que l’objectif du gouvernement
conservateur de réduire les émissions de gaz à effet
de serre de 20% d’ici 2020 peut être atteint, mais
uniquement en limitant la croissance en Alberta et en
Saskatchewan.
Selon
le r apport, grâce à des impôts directs ou en
plafonnant les émissions et en forçant les compagnies
à acheter des droits, le gouvernement fédéral
recevrait environ 46 milliards ou plus en revenus,
qu’il pourrait redistribuer par des dépenses et des
réductions des impôts des particuliers.
La publication de ce rappor t survient t a ndis que
les pays se préparent à la rencontre de Copenhague où
l’on discutera des projets f uturs pour s’attaquer aux
conséquences des changements climatiques.
Le rapport ne manquera pas de créer des tensions e nt
r e l e s prov i nces qui comptent sur la production
de pétrole et de charbon, lesquelles devraient
sacrifier leur croissance économique pour que des
cibles réalistes puissent être atteintes, et le centre
du Canada, qui serait moins affecté par les mesures
préconisées et qui pourrait même en profiter.
Don Drummond, économiste en chef de la Banque
Toronto-Dominion, a dit que la banque n’a pas souscrit
à quelque cible que ce soit, bien qu’elle ait donné
son appui à une politique de plafond d’émissions à
l’échelle nationale.
Notre leadership - Line Beauchamp
Dans
un texte publié le 21 décembre, l’éditorialiste en
chef de André Pratte, réduit à rien les efforts du
Québec pour limiter ses émissions de gaz à effet de
serre. M. Pratte écrit : « Le gouvernement et bon
nombre de Québécois à sa suite sont fiers d’avoir un
bilan relativement bon en matière d’émissions de gaz à
effet de serre (GES). Mais quel mérite avons-nous?
Aucun. Quel sacrifice avons-nous fait? Zéro. Ce bilan
est essentiellement dû à la source de notre
électricité. Cette ressource, l’eau, nous a été donnée
par le destin.»
Dans un premier temps, M. Pratte oublie que c’est un
débat orageux qui a amené le Québec à choisir
l’hydroélectricité. Certains militaient contre ce
choix et pour d’autres filières énergétiques. Ce
n’était pas le «destin», comme le dit M. Pratte, mais
le fait d’un choix qui s’est avéré le bon.
En outre, lorsqu’il accuse le Québec « d’arrogance »,
il se trompe. L’arrogance aurait été de ne rien faire
en prenant le crédit pour les décisions passées. Il
faut voir aussi que si l’hydroélectricité améliore
notre bilan actuel, elle rend aussi tout progrès plus
difficile, puisque nous sommes déjà les plus faibles
émetteurs de GES au pays.
Mais plutôt que de chercher dans cette situation des
prétextes pour ne pas faire mieux, nous avons fait le
pari de l’ambition. Nous avons adopté un plan de lutte
contre les changements climatiques reconnu comme l’un
des meilleurs en Amérique du Nord. Il est doté d’un
budget de 1,5 milliard de dollars. Ce n’est quand même
pas rien. Nous développons les transports collectifs,
nous soutenons les technologies vertes, nous taxons
les hydrocarbures, nous facilitons l’achat de
véhicules hybrides, nous soutenons les constructions
écoresponsables, etc. Nous avons aussi adopté une loi
pour mettre en place un marché du carbone et joint le
Western Climate Initiative, qui rassemble les États et
provinces d’Amérique du Nord qui jouent un rôle actif
dans la lutte contre les GES.
Comme le spécifie l’environnementaliste Steven
Guilbeault dans son dernier ouvrage,
le Québec est le seul État en Amérique du Nord
susceptible d’atteindre la cible de Kyoto en 2012. Cet
objectif sera atteint en bonne partie grâce aux
efforts de notre secteur industriel qui ont été
encouragés par notre gouvernement. Un autre fait
qu’ignore M. Pratte.
Loin de s’asseoir sur ses lauriers, le Québec est
actif sur tous les plans. C’est pour cette raison que
nous sommes considérés comme des leaders en Amérique
du Nord. À la veille de la conférence de Copenhague,
nous avons annoncé que nos émissions de GES seraient
ramenées à 20% sous le seuil de 1990 au cours de la
période 2012-2020. C’est un objectif qui nous place
parmi les plus ambitieux au monde.
Le leadership du Québec est réel et il continuera
parce qu’il est arrimé à la volonté des Québécois.
Écolosol : La ministre Beauchamp justifie le retard
des audiences - Charles Côté
La
ministre du Développement durable, de l’Environnement
et des Parcs, Line Beauchamp, a affirmé hier à
l’Assemblée nationale que le promoteur du projet
d’enfouissement de terres contaminées à Mascouche,
Normand Trudel, n’était disponible ni en septembre ni
en octobre pour participer à des audiences publiques
du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement
(BAPE).
Et que c’est pour cette raison que les audiences
publiques sur ce projet de l’entreprise Écolosol se
dérouleront après les élections municipales du 1er
novembre. Et non pas pour favoriser le maire sortant
de Mascouche, Richard Marcotte, ex-candidat libéral et
ami de M. Trudel, luimême important donateur du Parti
libéral du Québec.
L a
sema ine dernière, M . T rudel avait a ffirmé à La
Presse qu’il avait écrit à la ministre pour lui
demander de tenir compte de la date des élections
municipales pour lancer les audiences du BAPE. «En
aucun temps, des considérations d’ordre partisan ou
encore reliées à des élections municipales
n’interviennent dans mes décisions», a assuré la
ministre Beauchamp.
Scott McKay, député péquiste de L’Assomption, s’est
montré sceptique. «Écolosol, une entreprise qui est
détenue en partie par Tony Accurso, a demandé à la
ministre qu’on retarde les consultations pour son
nouveau site d’enfouissement. Et, comme par magie, la
ministre tarde à déclencher les audiences. Toute une
coïncidence!»
Québec pourrait virer son capot sur
l’amiante - François Cardinal
Devant la pression croissante des scientifiques,
le gouvernement du Québec examinerait la
possibilité de revoir sa position dans le dossier
de l’amiante, d’ici la fin de l’année.
L es nombreu x rappor ts négatifs de l’Institut
national de santé publique du Québec (I NSPQ), la
lettre ouverte signée par une douzaine d’experts
ainsi que la volte-face récente du Parti libéral
du Canada inciteraient en effet le gouvernement
Charest à réexaminer sa politique d’utilisation
accrue de l’amiante chrysotile.
S elon les i n for mation s obtenues par La
Presse, une rencontre au sommet a eu lieu la
semaine dernière entre les trois intervenants
gouvernementaux les plus touchés par la question :
le ministre de la Santé, Yves Bolduc, le ministre
délégué aux Ressources naturelles, Serge Simard,
ainsi que le président de l’Institut national de
santé publique du Québec, Luc Boileau.
L’INSPQ, qui recommande au gouvernement depuis des
années de revoir sa position dans ce dossier, a
ainsi pu partager les conclusions des 13 rapports
publiés jusqu’ici sur les impacts de cette
substance cancérogène sur la santé publique.
Plus encore, l’équipe de l’Institut a révélé aux
ministres les conclusions d’une toute nouvelle
étude intitulée Rapport sur la présence de fibre
d’amiante dans l’air intérieur et extérieur de la
ville de Thetford Mines.
I l a été i mpo s sible de connaître les détails
de cette publication commandée en novembre 2007
par le directeu r de la sa nté publique de C haud
ière-A ppa lac he. L’Agence de la santé et des
services sociaux de la région nous a invité à
demander le document à l’INSPQ... qui nous a à son
tour renvoyé à l’Agence de la santé.
Selon des sources habituellement bien informées,
cette rencontre ferait partie d’une réflexion en
cours dans les officines gouvernementales au sujet
de la position québécoise sur l’amiante. Il a
toutefois été impossible d’avoir une confirmation
officielle à ce propos.
Au
cabinet du ministre Bolduc, on a reconnu qu’une
rencontre sur l’amiante a eu lieu le mardi 21
septembre dernier, mais on a préféré « s’abstenir
de tout commentaire », selon les mots de
l’attachée de presse, Marie-Ève Bédard.
Au cabinet du ministre Simard, on a précisé que la
réunion avait été organisée à la demande du
ministre Bolduc et que la santé était au coeur des
discussions. Et à l’INSPQ, on a ajouté que les
représentants de l’Institut avaient été convoqués
« en tant qu’experts », selon Nathalie Hudon,
porte-parole.
Pression accrue
Cela survient alors que la pression s’accroît sur
le gouvernement du Québec. Au cours du dernier
mois, l’Association canadienne médicale s’est
prononcée à 95 % contre l’exportation et la
production d’amiante, le chef du Parti libéral du
Canada, Michael Ignatieff, a retiré l’appui que
son orga nisation accordait à l’industrie
québécoise de l’amiante, et une brochette
d’experts québécois ont publié une lettre dans La
Presse intitulée « Cessons le mensonge ».
« L a preuve scientifique établ issa nt que l’a m
ia nte chrysotile cause l’amiantose et des cancers
mortels comme le mésothéliome et le cancer du
poumon est maintenant irréfutable », ont-ils
écrit.
« Da ns 11 rappor ts de recherche réalisés au
Québec depuis 2003, ont-ils ajouté, l’INSPQ a
aussi fait la preuve que son utilisation
sécuritaire, telle que prônée depuis 2002 par une
politique du gouvernement du Québec, éta it u ne v
ue de l ’e s pr it . Pendant ce temps, les cancers
mortels liés à l’amiante aug mentent ic i même au
rythme de 4 % par année. Et nous payons des
millions de dollars chaque année pour éliminer
l’amiante chrysotile des écoles et des hôpitaux du
Québec. »
Rappelons qu’Ottawa et Québec appuient depuis
toujours l’industrie de l’amiante, qui emploie
aujourd’hui un peu plus de 800 personnes. Le 22
septembre dernier, le prem ier m i n istre C ha
rest a d’ailleurs soutenu que le Québec allait
continuer à faire la promotion de l’amiante
chrysotile.
Amiante: le Québec a la norme la plus permissive en
Occident - François Cardinal
Les
autorités de la santé publique ont un nouvel allié
dans leur bras de fer contre le gouvernement Charest
dans le dossier de l’amiante. La France envisage de
resserrer la norme d’exposition à cette substance
cancérogène, même si elle est déjà 10 fois plus sévère
que celle en vigueur au Québec.
Cela accroît encore la pression sur le gouvernement
québécois, qui refuse depuis des années de réviser sa
propre norme malgré les appels répétés de l’Institut
national de santé publique du Québec ( INSPQ), qui la
juge trop permissive. À l’heure actuelle, pendant une
journée de huit heures, les travailleurs peuvent être
exposés à une concentration maximale d’amiante
chrysotile d’une fibre par millilitre d’air (1 f/ml),
selon la norme de la Commission de la santé et de la
sécurité du travail (CSST).
À t i t re compa r a t i f , la norme est 10 fois plus
sévère en France, en Angleterre et aux États-Unis (
0,1 f/ ml). Elle est même 100 fois plus stricte aux
Pays-Bas, en Allemagne et en Suisse (0,01 f/ml).
En fait, aucun pays occidental n’a une norme aussi peu
exigeante que celle du Québec, selon Louise De Guire,
médecin-conseil de l’ I NSPQ. C’est d’ailleurs
pourquoi l’ Institut recommande au ministère de la
Santé, depuis 2003, d’examiner « la pertinence de
réviser la norme actuelle d’exposition à l’amiante en
milieu de t rava i l , compte tenu du niveau de risque
élevé auquel les travailleurs sont exposés ».
La France invitée à plus de sévérité
C’est dans ce contexte que l’Agence française de
sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (
Afsset) recommande au gouvernement Sarkozy de réduire
de façon importante sa norme actuelle, dans un rapport
publié le 15 septembre dernier.
Bien qu’el le soit plus sévère qu’au Québec, la norme
française « fait courir un excès de risque (...) qui
ne peut être acceptable » pour les travailleurs,
estime l’Afsset.
«
Dans un premier temps et sans plus attendre », précise
l’Agence, la France devrait baisser sa norme à 0,01 f/
ml pour toutes les sortes d’amiante, afin de rejoindre
le groupe des pays les plus avancés en matière de
protection des travailleurs, soit l’Allemagne, les
Pays-Bas et la Suisse.
« Cela représente une diminution du risque d’un
facteur 10, ajoute l’Afsset. Cette valeur peut
constituer pour la France une étape pertinente dans le
progrès vers la réduction du risque d’exposition à
l’amiante ».
Pour la Dre De Guire, responsable de l’unité des
maladies respiratoires liées au travail à l’INSPQ, les
conclusions de l’Afsset confirment la justesse des
recommandations de son organisme. « Cela va dans le
sens de ce que recommande l’INSPQ, soit d’abaisser la
norme en vigueur au Québec » , précise-t-elle.
« Les recommandations de l’Afsset nous montrent que
cette substance est résolument dangereuse et
considérée comme telle », renchérit Pierre Auger,
spécialiste de médecine du travail à l’Université
Laval. Cela milite cer t a i nement pou r u ne
révision de la norme québécoise, comme le recommande
l’INSPQ. »
À la CSST, on reconnaît que la norme québécoise est
plus permissive, mais on soutient être « beaucoup plus
proactif » du côté de la prévention. « Nous sommes
beaucoup plus sévères quant à la présence d’amiante
dans les matériaux », indique Alexandra Reny,
porte-parole.
Une révision de la norme estelle néanmoins possible ?
« Le comité technique paritaire, où siègent les
parties syndicale et patronale, a le mandat de fixer
les priorités quant aux éventuelles révisions. Or, la
norme liée à l’amiante n’est pas une priorité à court
terme », ajoute-t-elle.
L’Afsset va plus l oin encore et précise : « Toutes
les variétés minéralogiques de fibres d’amiante
connues et commerc ia l isées sont susceptibles
d’induire un cancer chez l’homme par inhalation. »
Le cabinet du ministre de la Santé, Yves Bolduc, n’a
pas rappelé
Amiante : Québec persiste et signe -
FRANÇOIS CARDINAL
Le
gouvernement Charest persiste et signe : le Québec
continuera à faire la promotion de l’amiante
chrysotile, contre l’avis de nombreux scientifiques et
de l’Institut national de santé publique. En entrevue
hier matin, le premier ministre a réitéré que
l’amiante chrysotile ne pose aucun danger pour la
population lorsqu’elle est utilisée de façon
sécuritaire. « Le gouvernement du Québec défend cette
position depuis très longtemps. Nous y croyons. Le
gouvernement fédéra l également », a-t-il affirmé.
Les algues bleu-vert persisteront malgré le
printemps frais Il faut voir à
long terme, dit la ministre Line Beauchamp
Leprintempsabeauavoirétémoins ensoleillé et moins chaud,
ce n’est pas une garantie qu’il y aura moins d’algues
bleu-vert dans nos lacs cet été, prévient la ministre du
Développement durable, de l’Environnement et des Parcs,
Line Beauchamp.
« Il n’y a pas une seule cause à
la problématique des algues bleues. Il y a la
température, mais il y a aussi les comportements. La
vraie question est : réussit-on à diminuer l’apport en
phosphore dans nos lacs ? » a affirmé hier Line
Beauchamp, ministre de l’Environnement.
Interrogée à ce sujet hier, alors qu’elle participait à
une conférence de presse sur l’implantation du
secrétariat de la Campagne internationale action climat,
la ministre Beauchamp a rappelé qu’en matière de
cyanobactéries, il faut voir à long terme.
« L’amélioration va se faire sentir à long terme. On a
toujours dit que dans le cas de la problématique
d’éclosion d’algues bleues, c’est un phénomène qui
résulte de générations de comportements pas bien adaptés
à la réalité de nos lacs. Ça ne changera pas en un an ou
deux », a rappelé la ministre de l’Environnement.
Elle admet que le temps moins chaud et moins ensoleillé
des dernières semaines peut être un facteur propice à
l’amélioration de la situation, mais bien d’autres
facteurs influencent la qualité de nos plans d’eau,
notamment l’agriculture, la présence de phosphates et
divers comportements humains.
« Il n’y a pas une seule cause à la problématique des
algues bleues. Il y a la température, mais il y a aussi
les comportements. La vraie question est: réussit-on à
diminuer l’apport en phosphore dans nos lacs? » a-t-elle
affirmé.
Campagne d’information
Au cours des deux derniers étés, la question de la
présence des algues bleu-vert dans nos lacs avait
suscité bien de l’insatisfaction chez les
plaisanciers, les baigneurs et les vacanciers.
« Plusieurs dizaines de mesures », affirme Mme
Beauchamp, ont été mises en oeuvre depuis et des
campagnes d’information ont été menées.
Le ministère a d’ailleurs lancé sa campagne
d’information à la fin de mai. Il rappelle que les
citoyens peuvent faire leur part pour prévenir la
prolifération de ces algues nocives en utilisant des
savons et des détergents sans phosphate, en
entretenant correctement leurs installations
septiques, en restaurant l’aménagement végétal des
rives des lacs et cours d’eau ainsi qu’en évitant
d’utiliser des fertilisants.
Les algues bleu-vert ou cyanobactéries sont des
organismes microscopiques qui prolifèrent lorsque la
température de l’eau est élevée, lorsque le courant
est faible ou que l’eau stagne. D’après les
scientifiques, le principal responsable est l’excès de
phosphate.
Gilles Vaillancourt pris à partie -
Martin Croteau
La
découverte de la coupe illégale de 12 hectares de
forêt dans l’est de Laval relance le débat sur la
protection des forêts dans la troisième ville du
Québec. Des écologistes somment le maire sortant,
Gilles Vaillancourt, et les partis de l’opposition
de donner plus de mordant à la politique de
protection des forêts adoptée en février.
PHOTO ROBERT
SKINNER, LA PRESSE
Des travailleurs ont rasé
illégalement 12 hectares dans un bois de Laval.
Alerté par le Conseil régional de l’environnement
(CRE) de Laval la semaine dernière, Québec a ordon
né l ’a r r êt immédiat des coupes dans une forêt
située entre une carrière et une cour de ferraille
le long de la montée Masson. Des travailleurs ont
toutefois eu le temps de raser 12 hectares de
bois, dont 1,7 hectare de marécage. Au total,
c’est l’équivalent de 25 terrains de football qui
a été abattu.
Le Ministère a envoyé hier un avis d’infraction au
propriétaire du terrain. Jean-Guy Hamelin, qui n’a
pas rappelé La Presse, a jusqu’au 21 octobre pour
produire un « plan des correctifs » aux autorités.
Il s’expose aussi à des amendes.
La Ville de Laval, qui n’a ja mais été mise au
courant des t ravaux, compte également se mêler de
l’affaire. La porte-parole du maire, Amélie
Cliche, affirme que le propriétaire du bois devra
payer une amende et qu’il pourrait être poursuivi
en justice.
« Il ne nous a pas parlé, il ne nous a pas
consultés, il n’a pas demandé de permis, rien »,
at-elle résumé. Un travailleur croisé sur les
lieux de la coupe a indiqué à La Presse que la ter
re éta it surtout pla ntée de pommiers.
Le directeur du CRE, Guy Garand, estime que plus
de 30 0 0 0 0 a rbres peuplaient ce terrain boisé.
La Ville a beau s’être engagée en février à
investir 40 millions d’ici à 2020 pour protéger 9
% de son territoire, dit-il, la polit i que de l
’a d ministration Vaillancourt ne fonctionne tout
simplement pas.
« Les citoyens sont mûrs pour la protection des
milieux naturels à Laval, mais les élus n’en ont
que pour le développement économique », a-t-il
dénoncé.
Les
partis de l’opposition sont du même avis. Le chef
du Parti au service des citoyens, Robert
Bordeleau, s’engage à décréter un moratoire
immédiat sur la construction dans les milieux
humides et dans les forêts.
« M. Vaillancourt raconte depuis 20 ans qu’il ne
donne la permission à personne de déboiser, mais
depuis 20 ans, les milieux humides et les boisés
n’ont cessé de disparaître », a-t-il raillé.
Le Mouvement l avallois promet aussi d’en faire
davantage pour protéger les forêts. Son candidat
dans Auteuil, Alexandre Foisy, estime que la Ville
doit se doter au plus vite d’un plan d’urbanisme
pour mettre fin au problème.
« On a u ne politique qui n’a pas de mordant » ,
a-t-il affirmé.
Il est toutefois resté évasif sur les moyens
concrets qu’il compte utiliser pour corriger la
situation.
Le maire Gilles Vaillancourt dit s’opposer avec
véhémence à la destruction des terrains boisés. Il
promet de poursuivre la mise en oeuvre de sa
politique de conservation.
« Durant le dernier mandat, nous avons acquis plus
de 30 millions de pieds carrés de boisé, de berges
et d’îles, a expliqué sa porteparole, Amélie
Cliche. Nous croyons que c’est le meilleur moyen
de protection. Nous s ommes présentement e n
négociations pou r fa i re d’autres acquisitions.
»
582 $ d’amende pour avoir rasé 12
hectares de forêt - Martin
Croteau
Pour avoir rasé sans permission une forêt de
la taille de 25 terrains de football, un
propriétaire immobilier de Laval écope d’une
amende de moins de 600 $. La facture pourrait
grimper bien davantage, car la Ville
poursuivra le contrevenant. Mais les sanctions
prévues au règlement municipal sont «
ridicules », selon les partis de l’opposition.
Après avoir été alerté par un groupe
écologiste, la semaine dernière, le ministère
de l’Environnement a ordonné l’arrêt immédiat
des coupes dans un bois du secteur
Saint-François, dans l’est de la ville. Les
travailleurs ont toutefois rasé 12 hectares,
dont 1,7 hectare de marécage.
Le ministère de l’Environnement a envoyé un
avis d’infraction au propriétaire, Jean-Guy
Hamelin, et lui a donné jusqu’au 21 octobre
pour produire un plan correctif.
La Ville de Laval a aussi sévi. Elle a envoyé
au propriétaire un constat d’infraction
assorti d’une amende de 582$. Elle compte de
plus saisir la Cour supérieure de l’affaire, a
indiqué Marc Laforge, porteparole de la Ville.
«L’amende de 582$, c’est la première partie,
a-t-il résumé. La partie la plus importante,
c’est la Cour supérieure parce que, à ce
moment, on parlera de réparation.»
Sanction insuffisante
Mais la sanction est nettement insuffisante
aux yeux de l’opposition.
« Ce n’est pas sérieux, tranche David De
Cotis, président du parti Mouvement lavallois.
Les promoteurs n’ont pas peur. Ils se moquent
des amendes de quelques centa ines de dollars.
»
L e ca ndidat souligne d’ailleurs que ce n’est
pas le premier cas de mise en chantier
illégale à Laval. La Résidence Soleil,
complexe d’appartements pour personnes âgées,
a été mise en chantier illégalement en 2006.
Les sa nctions sont d’un « ridicule total »,
croit aussi le candidat Robert Bordeleau, du
Parti au service des citoyens. C’est pourquoi,
selon lui, les promoteurs se moquent des
règlements municipaux. « Ils savent que les
amendes sont de 500 $, a-t-il affirmé. C’est
quoi, 500$, pour eux? De l’argent de poche.»
La coupe illégale dans le secteur
Saint-François est un «cas d’exception »,
affirme le maire Gilles Vaillancourt. Mais il
se dit ouvert à la possibilité de donner plus
de dents à son règlement municipal.
« On va regarder, a-t-il indiqué hier. Si les
amendes ne sont pas suffisantes, on les rendra
plus sévères. »
Les deux partis de l’opposition proposent que
les amendes pour déboisement illégal soient de
plus de 20 000$.
LAVAL Le discours écolo du maire dénoncé -
Charles Côté
Le maire
Gilles Vaillancourt n’a pas fait depuis 30 ans les
gestes qui lui permettent de se draper de vert pendant
la campagne électorale, affirme Guy Garand, directeur du
Conseil régional de l’environnement de Laval.
L’écologiste voulait donner la réplique au maire
Vaillancourt, qui a soutenu plus tôt cette semaine, dans
une entrevue à La Presse, qu’il voulait faire campagne
sur le thème de l’environnement.
«M.Vaillancourt est là depuis plus de 30 ans, à titre de
conseiller puis de maire, en particulier dans des
dossiers environnementaux, a souligné M.Garand. S’il
avait été vraiment en faveur de l’environnement, Laval
serait bien différent aujourd’hui.
«On aurait de grands parcs naturels aujourd’hui, comme
il y en a à Montréal depuis les années 80, a dit
M.Garand. Actuellement, Laval arrive dernier au Québec
avec 0,8% d’aires protégées.
«En 1977, la Ville de Laval a créé le Comité
d’aménagement des berges et des rives, a rappelé
M.Garand. Il était présidé par Gilles Vaillancourt,
alors conseiller municipal. Peu de recommandations de ce
comité ont été suivies. Et ce comité est mort.
«Le
maire s’entête à ne pas attribuer de statut de
conservation, même aux terrains dont la Ville est
propriétaire, a poursuivi M.Garand. Par exemple, l’Orée
des bois, un écosystème forestier exceptionnel de huit
hectares, a été grugé en 2004-2005 par un projet
immobilier, alors que la Ville avait fait des sentiers
dans cette portion, ce qui laissait croire que c’était
un parc.»
Sur le principal dossier environnemental des dernières
années, la protection des trois grandes îles de la
rivière des Mille-Îles, le maire manque totalement de
leadership, après avoir ouvert la porte au lotissement
des îles, estime M.Garand.
Da ns son entrev ue à La Presse , M.Vaillancourt a
rappelé qu’il demandait à Québec de créer une réserve
foncière sur ce territoire, comme cela avait été promis
par les candidats libéraux des circonscriptions de Laval
aux dernières élections provinciales.
«Le maire a manqué une belle occasion d’ouvrir un
partenariat avec le gouvernement pour l’acquisition des
îles, a dit M.Garand. À Montréal, on n’a pas attendu le
gouvernement pour créer les grands parcs, comme
Cap-Saint-Jacques ou Pointe-des-Prairies.»
La gestion des déchets est un exemple de perte de
leadership de Laval, selon M.Garand. «En 1997, Laval a
été la première ville à instaurer la collecte à trois
voies pour 4000 résidences du quartier Champfleury, a
rappelé M. Garand. Laval a même gagné un prix pour ce
projet. Mais 12 ans plus tard, on est rendus à 6000
résidences. On était en avance, maintenant on est en
retard.»
Autre symptôme, selon M.Garand: le fait que le projet de
schéma d’aménagement de Laval ne soit toujours pas
approuvé par Québec. «Tout ça parce que la Ville veut
diminuer la zone inondable pour accélérer la
construction sur les rives», a conclu M.Garand.
La ville centre ne paiera qu’en partie -
Éric Clément
Le
comité exécutif de la Ville de Montréal a décidé,
mercredi, d’étendre la collecte des résidus
alimentaires dans l’île de Montréal. Des
arrondissements et des villes de banlieue pourront,
dès l’hiver 2010, collecter à la porte des
particuliers des matières organiques pour faire passer
de 1470 à 5000 tonnes par année la quantité de ces
matières valorisées par compostage.
La Ville veut faire passer de
1470 à 5000 tonnes par année la quantité de résidus
alimentaires qui sont ensuite compostés.
Mais la ville centre ne paiera qu’une partie des
coûts, ce qui risque de limiter l’intérêt pour cette
initiative déjà très relative en regard du volume de
matières organiques enfoui tous les jours.
Actuellement, seules quatre administrations locales
fournissent un tel service : les villes de
Côte-Saint-Luc, Pointe-Claire et Westmount, et
l’arrondissement du PlateauMont-Royal. Les trois
villes desservent 11 700 logements. Le
Plateau-Mont-Royal a eu un permis pour 3000 logements
mais n’en dessert que 1970.
La ville centre a proposé aux administrations locales
qui ont recyclé plus de 58% de leurs déchets en 2008,
et organisé au moins 12 collectes de résidus verts
cette année, de participer à cette collecte.
Dans le Plateau-Mont-Royal, les contrats déjà signés
avec des entreprises de collecte prévoient qu’elles
peuvent collecter la matière organique. « On veut
étendre la collecte à tous les logements, dit Mme
Duplessis. On a l’argent pour ça. On n’a qu’à dire à
l’entreprise de collecte que le mardi, par exemple,
elle ramasse dorénavant la matière organique. Mais
avant de desservir 7000 logements, ça prend du temps
pour convaincre les gens de participer.»
Mis à
part le Plateau, six arrondissements répondent aux
deux critères de la ville centre pour pouvoir ramasser
les matières organiques : Ahuntsic-Cartierville,
Côtedes-Neiges – Notre-Damede-Grâce, Rosemont– La
Petite-Patrie, Sud-Ouest , Verdun et Ville-Marie.
Avec le Plateau-Mont-Royal, Ville-Marie a enregistré
le plus haut taux de récupération de matières
recyclables en 2008, soit 68%. « On est intéressé par
cette collecte », dit Pierre Paiement, porte-parole de
l’arrondissement.
« On veut commencer la collecte à trois voies dans
NDG, dit de son côté Michael Applebaum, maire de
Côtedes-Neiges–Notre-Dame-deGrâce. On pourrait
remplacer une collecte de déchets par une de matières
putrescibles. On est en train de vérifier si on est
prêt à faire une demande au central. »
Dans Ahuntsic-Cartierville, on regrette que la ville
centre ne soit pas plus généreuse. Sans aide,
l’arrondissement n’ira pas de l’avant. « On est très
intéressé, dit Geneviève Dubé, porte-parole. On a déjà
un bureau de développement durable et un centre de
compostage pour tous les citoyens. Mais on m’a dit que
le coût du transport et l’achat des bacs bruns est de
notre ressort. On ne sera pas candidat à cause de ça.»
Dans Rosemont–La PetitePatrie, où on veut desservir
2500 portes, le dossier est déjà à la ville centre.
«Nous sommes candidats pour participer à ce projet»,
dit Serge Fortin, porte-parole de l’arrondissement.
Les résidus alimentaires, fibres souillées et résidus
verts représentaient 47% des déchets enfouis à
Montréal en 2006. «Moins du dixième des matières
organiques est actuellement récupéré à des fins de
compostage ou autrement valorisé», lit-on dans le Plan
directeur de gestion des matières résiduelles
2008-2012.
MONTRÉAL PREND LE LEED - François Cardinal
La chose
est passée inaperçue cet été, mais elle pourrait faire une
différence à long terme... ou peut-être pas. Montréal a
adopté en juin la politique de développement durable des
édifices municipaux, qui stipule que toute nouvelle
construction municipale (édifice, caserne, poste de
police, etc.) devra dorénavant être certifiée LEED Or
(LEED Argent pour les rénovations majeures). Il s’agit des
certifications intermédiaires du système d’évaluation
Leadership in Energy and Environmental Design,
mondialement reconnu. Le hic, c’est que Montréal est
«balkanisé», pour reprendre l’expression de Pierre
Bourque. Les arrondissement ne sont donc pas soumis à
cette politique!
Des sables bitumineux moins polluants
Royal
Dutch Shell et Exxon Mobil, les deux plus importantes
compagnies d’énergie au monde, font appel à une
technologie conçue pour éliminer les inconvénients
environnementaux de l’exploitation des sables bitumineux
au Canada.
PHOTO ADRIAN WYLD,
ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE
Shell et Mobil se félicitent
d’avoir conçu une nouvelle technologie, appelée
traitement par moussage à haute température, qui réduit
de 10 à 15% les émissions de gaz à effet de serre
produites lors de l’extraction du pétrole brut contenu
dans les sables bitumineux.
Un nouveau procédé appelé traitement par moussage à haute
température réduit de 10 à 15% les émissions de gaz à
effet de serre produites lors de l’extraction du pétrole
brut contenu dans le sable, a expliqué Brad Komishke, un
chimiste de Shell à la tête de 50 scientifiques qui
planchent sur de nouvelles techniques d’exploitation des
sables bitumineux à Calgary.
« Cela signifie une production moindre de la partie la
plus lourde et la plus sale de la charge d’alimentation de
pétrole brut et donc, moins de pollution », a indiqué M.
Komishke lors d’une entrevue dans les laboratoires de
Shell à l’Université de Calgary. « C’est une utilisation
plus efficace de l’énergie », a-t-il ajouté.
Shell et Exxon Mobil soutiennent que leur procédé fera en
sorte que l’exploitation des sables bitumineux ne sera pas
plus polluante que celle des puits conventionnels dans des
lieux comme le Texas et la mer du Nord. Si cela s’avère,
la nouvelle technique est susceptible d’affecter la
vendabilité du pétrole brut tiré des sables bitumineux
canadiens d’une valeur de plus de 1000 milliards US selon
les prix actuels sur le marché. Les sables bitumineux
forment le gisement de pétrole le plus important hors de
l’Arabie saoudite.
Environ 60 % du brut t i ré des sables bitumineux est
exporté aux États-Unis où des groupes environnementaux
tels que le Natural Resources Defense Council ( NRDC) ont
exercé des pressions sur les législateurs pour qu’ils
mettent en place des normes obligeant les producteurs soit
à réduire l’impact des émissions, soit à acheter des
crédits carbone. Le pétrole provenant des sables
bitumineux du Canada génère jusqu’à 40 % plus d’émissions
de gaz à effet de serre que les puits conventionnels,
soutient le NRDC. Pour sa part, l’Institut de la recherche
sur l’énergie de l’Alberta estime l’écart à 10 %.
Une
réduction de 15% des émissions ne rendrait pas les
nouveaux projets dans les sables bitumineux aussi propres
que le brut conventionnel, et cela ne contribuerait guère
à s’attaquer au problème du pétrole plus polluant tiré des
mines existantes, a soutenu Simon Mui, un scientifique du
NRDC à San Francisco. Selon lui, l’industrie du pétrole
doit en faire plus comme trouver des moyens de capter et
de stocker le dioxyde de carbone et de réduire l’impact
environnemental des mines nouvelles et anciennes.
La technologie mise au point par Shell, une compagnie
établie à La Haye, aux Pays-Bas, et par Exxon Mobil,
d’Irving, au Texas, consiste à soumettre le bitume, qui
ressemble à du goudron, à une mousse dans un réservoir
sous pression à des températures suffisamment élevées pour
déclencher des extincteurs automatiques. Shell et Exxon
Mobil ont refusé de fournir des données quant aux coûts de
leur nouvelle technologie applicable aux projets dans les
sables bitumineux.
À l’heure actuelle, la pratique veut que l’on chauffe à
répétition le sol contenant le bitume à une température de
400C dans des réservoirs de 60 mètres de largeur jusqu’à
ce que le pétrole brut et le sable se séparent. Dans le
cadre de l’agrandissement de son projet Athabasca, près de
Fort McMurray, en Alberta, une affaire de 13,7 milliards
US, Shell a procédé cette semaine à la construction de
deux réservoirs de 20 mètres de diamètre où les sables
bitumineux seront chauffés, sous pression, à 80 degrés
Celsius, ce qui créera une mousse riche en pétrole en une
seule étape.
« Si nous pouvons t raiter cette mousse à des températures
plus élevées, nous pouvons obtenir la séparation plus
rapidement, ce qui signifie des réservoirs plus petits et
moins d’énergie utilisée dans le procédé », soulignait
cette semaine Tim Wiwchar, un responsable de la mine
Athabasca, au cours d’une entrevue.
Shell, Exxon Mobil et d’autres producteurs comptent sur le
marché américain pour absorber la production des sables
bitumineux qui doublera presque au cours des six
prochaines années, selon Greg Stringham, viceprésident de
l’Association canadienne des producteurs de pétrole.
Charest discutera d’environnement avec
Schwarzenegger
Le
premier ministre Jean Charest discutera de réduction
des gaz à effet de serre aujourd’hui avec Arnold
Schwarzenegger, gouverneur de la Californie, l’un des
États américains les plus réputés en matière de
protection de l’environnement.
Le chef libéral amorce une tournée de trois jours à
Los Angeles, où il participera au deuxième Sommet
global des gouverneurs sur le climat. Ce matin, Jean
Charest aura une rencontre d’une demi-heure avec le
gouverneur Schwarzenegger. Il s’agit de la deuxième
rencontre officielle entre les deux politiciens.
« Il y a une mobilisation des États et des provinces
sur la question des gaz à effet de serre, dit Jean
Charest. Le gouverneur Schwarzenegger et nous croyons
que nous avons un rôle extrêmement important à jouer,
d’abord parce que de 50 % à 80 % des efforts de
réduction de gaz à effet de serre vont être faits par
les États et les provinces. »
L e premier ministre québécois prendra ensuite la
parole comme conférencier, aux côtés notamment de
l’ancien premier ministre britannique, Tony Blair, et
de Yvo de Boer, secrétaire de la conventioncadre de
l’ONU sur les changements climatiques.
Hausse de tarifs : pas de « révolution » à la Mike
Harris
Avant
de prendre l’avion hier en fin de soirée en direction
de Los Angeles, le premier ministre Charest a livré un
discours sur la nécessité de conclure un accord de
libre-échange avec l’Europe dans le cadre d’une soirée
organisée par l’Institut Fraser.
Le premier ministre québécois, qui cherche de
nouvelles sources de financement pour le Québec,
partageait la tribune de l’Institut Fraser avec
l’ancien premier ministre Mike Harris, dont la «
Révolution du bon sens » a connu des résultats mitigés
en Ontario au milieu des années 90.
Mike Harris était chargé de présenter aux convives son
« ami » Jean Charest, qui a tenu en retour à saluer
son courage politique. « Les choses ont changé en
Ontario avec Mike Harris », a-t-il dit.
Jean Charest et Mike Harris ont beau partager les
mêmes tribunes, le premier ministre québécois promet
qu’il ne s’inspirera pas des méthodes de son ancien
homologue ontarien afin de trouver une solution aux
problèmes financiers de son gouvernement. « C’était
une autre époque, un autre contexte, un autre
environnement, dit Jean Charest. En 1995, l’Ontario
était à un autre endroit, c’était la fin du
gouvernement néo-démocrate. Ce n’est pas du tout le
contexte que nous avons ici au Québec. »
Nouveau plan pour les énergies vertes
Québec
annonce un plan pour exploiter les technologies de
l’énergie verte, ainsi qu’une nouvelle équipe qui
conseillera la ministre à ce sujet, présidée par
l’écologiste Steven Guilbeault. Le plan sera doté d’un
budget de 8 millions sur deux ans, a annoncé hier la
ministre des Ressources naturelles et vice-première
ministre, Nathalie Normandeau, lors d’une conférence de
presse à Montréal. Le plan doit permettre de stimuler
les activités de recherche sur les énergies émergentes
et même sur les véhicules électriques. Le plan vise
l’énergie éolienne, hydrolienne, solaire, géothermique,
l’hydrogène, la bioénergie, ainsi que les véhicules
électriques. La ministre a souligné qu’il s’agissait de
nouveaux fonds, non de fonds attribués à d’autres
programmes.
Normandeau annonce un premier
projet éolien
La ministre des Ressources naturelles évoque la nécessité
d’ajustements
— La
ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, a
annoncé hier l’autorisation du premier d’une série de
projets éoliens qui doivent porter la capacité de
production du Québec à 4000 MW d’ici six ans, mais elle a
laissé entrevoir que des changements seront nécessaires
afin d’atteindre cet objectif.
Une quinzaine de projets éoliens
ont été retenus l’année dernière par Hydro-Québec. Ils
doivent permettre au Québec de devenir le plus important
producteur d’énergie éolienne au pays, selon Nathalie
Normandeau, ministre des Ressources naturelles.
En donnant le feu vert à un consortium formé de Boralex et
de Gaz Métro pour l’installation de 131 éoliennes qui
produiront 272 MW dans la région de Québec, Mme Normandeau
a annoncé l’annulation du projet de 68 MW à Sainte-Luce,
dans le Bas-Saint-Laurent, en raison des protestations de
la population.
Un projet de parc éolien sur la BasseCôte-Nord devra aussi
être déplacé, tandis qu’un autre devra être modifié en
Montérégie, a déclaré la ministre au cours d’une
conférence de presse.
Ces projets font partie des 15 retenus l’année dernière
par Hydro-Québec. Ils doivent permettre au Québec de
devenir le plus important producteur d’énergie éolienne au
pays.
Pas d’opposition
Mme Normandeau a déclaré hier que le projet de Boralex et
Gaz Métro, situé dans la municipalité régionale de comté
de la Côte-de-Beaupré, avait été facilement accepté par la
population locale, en raison notamment de son éloignement,
dans un secteur de 95 km carrés accessible par des chemins
forestiers.
De simples séances d’information, organisées par le Bureau
d’audiences publiques en environnement ( BAPE), ont suffi
à la population pour évaluer les impacts du projet.
Dans ce contexte, personne n’a réclamé d’audiences
publiques, ce qui a simplifié l’émission des autorisations
gouvernementales.
« C’est le premier projet qui est prêt pour le
gouvernement du Québec, a-telle dit. C’est évident, on va
se dire les vraies choses, que le fait qu’il n’y ait pas
eu d’audiences du BAPE, ça a facilité les choses. »
Mme Normandeau s ’est montrée confiante que les
changements aux projets retenus n’empêcheront pas le
Québec d’atteindre son objectif à temps.
« Non, pour moi, ce n’est pas inquiétant du tout, a-t-elle
dit. Dans le fond, ce qu’il faut retenir, c’est le succès
d’un projet comme celui qui est confirmé ce matin. »
À part le projet de la Côte-deBeaupré, situé à environ 60
km à l’est de Québec, aucun des nouveaux projets éoliens
n’a encore complété l’étape des séances d’informations du
BAPE.
Une
procédure décriée
Le porte-parole de l’opposition officielle en matière
d’énergie, le péquiste Sylvain Gaudreault, a soutenu que
plusieurs projets éoliens soulevaient des questions dans
la population parce que le gouvernement a permis aux
promoteurs de soumettre des offres sans avoir obtenu au
préalable des garanties minimales de la part des autorités
locales.
« La procédure du gouvernement a été de procéder à
l’envers, a-t-il dit en entrevue téléphonique.
C’est-à-dire de donner des autorisations à des promoteurs
avec la charge d’aller faire passer ça dans les
communautés. On s’aperçoit que ça ne passe pas bien
partout. »
Selon lui, le consortium de Boralex et Gaz Métro a procédé
de la bonne façon, mais il constate que ce n’est pas le
cas de tous les projets.
« L’ensemble de l’oeuvre du gouvernement dans le dossier
éolien est une erreur et ça boite, a-t-il dit. Le risque,
c’est que ça fasse en sorte de créer une allergie de la
population à l’égard des éoliennes. »
La présidente et chef de la direction de Gaz Métro, Sophie
Brochu, a déclaré que deux ans avant de déposer sa
soumission pour l’appel d’offres, le consortium avait déjà
commencé à discuter du projet avec les représentants
locaux.
« Le site sur lequel on est a plusieurs caractéristiques
positives, a-t-elle dit. C’est un gisement éolien
formidable, traversé par une grande ligne hydroélectrique
et qui est éloigné des zones de population, ce qui a
facilité d’autant son acceptabilité. »
Le projet du consortium, dont la mise en service est
prévue en 2013, nécessitera l’investissement de 800
millions de dollars par les partenaires financiers.
Les éoliennes seront installées sur 10% du territoire de
la seigneurie de la Côte-de-Beaupré, qui appartient au
Petit séminaire de Québec.
Au cours de la conférence de presse, Mme Normandeau a
affirmé que le projet de 80 MW d’Aguanish, sur la
BasseCôte-Nord, sera déplacé dans une région qu’elle n’a
pas voulu identifier.
En Montérégie, l’emplacement de trois éoliennes d’un
projet à SaintValentin pose problème actuellement, mais
Mme Normandeau a indiqué que cela ne compromet pas le
projet.
Celui de Sainte-Luce ne se réalisera pas, mais la ministre
a évoqué la possibilité qu’il soit pris en charge par des
regroupements régionaux de municipalités ou des
communautés autochtones.
Accord sur les émissions de gaz à effet de serre Le
Québec accepte un plafonnement
QUÉBEC
LeQuébecadûaccepter de baisser la barre en matière d’émission de
gaz à effet de serre, hier, afindemaintenir l’unanimité à
l’issue d’une conférence de la North American
SuperCorridorCoalition (NASCO), réunissant d’autres provinces
canadiennes et des États américains et mexicains.
Les
leaders réunis à Québec cette semaine pour la conférence
de la North American Supercorridor Coalition : le
gouverneur de l’État mexicain de Nuevo Leon, Gonzalez
Paras, le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Shawn
Graham, le premier ministre du Québec, Jean Charest, la
gouverneure de l’État mexicain de Zacatecas, Garcia
Medina, le premier ministre du Canada, Stephen Harper, le
gouverneur de l’État mexicain de Guanajuato, Olliva
Ramirez, le gouverneur de l’Iowa, Chet Culver, et le
premier ministre du Manitoba, Gary Doer.
Dans la déclaration de clôture de ce cinquième sommet des
leaders sur les relations nordaméricaines, les États membres
se sont engagés à « plafonner » les émissions de gaz à effet
de serre. On attend des gouvernements qu’ils promulguent des
législations pour atteindre cet objectif, à quelques mois de
la Conférence de Copenhague, en décembre prochain.
Il y a deux semaines, le premier ministre Jean Charest a
fait valoir que Québec était le leader nord-américain en
matière de lutte contre le GES, le seul État pour l’instant
qui s’était plié aux objectifs de réductions d’ici 2012
prévus par le protocole de Kyoto.
Il s’est défendu de voir un recul dans la déclaration
d’hier. « Je ne suis pas déçu, a-t-il expliqué. Il y a un
an, cette déclaration aurait été impossible. Le principe du
plafonnement, c’est un grand pas de franchi. » Une telle
formulation était inacceptable aux Américains, avant
l’élection de Barack Obama. De son côté, le gouvernement
Harper avait « des états d’âme » sur cette question
importante. Aussi les gouvernements ont-ils laissé ouverte
la question des redevances sur le carbone, une idée
qu’approuve le Québec. « On a réussi à avoir un fort
consensus là-dessus », a dit M. Charest.
Les trois pays ont aussi convenu de contribuer à leur
sécurité énergétique en renforçant les échanges dans ce
domaine.
Cinq États
mexicains étaient représentés à cette conférence annuelle,
à laquelle assistaient aussi les gouverneurs du Vermont et
de l’Iowa, qui sera l’hôte du prochain rassemblement l’an
prochain. Du côté canadien, le Manitoba et le
NouveauBrunswick étaient représentés par leurs premiers
ministres, Gary Doer et Shawn Graham. Terre-Neuve avait
envoyé son ministre du Commerce.
Les 15 ans de l’ALENA
La conférence marquant le 15e anniversaire du traité de
libreéchange nord-américain a permis de réitérer
l’engagement des trois pays envers la libéralisation des
échanges commerciaux.
Pour M. Charest, il est clair que les fonds publics
consentis aux programmes d’aide à l’industrie incitent les
électeurs à exiger qu’on protège les emplois plutôt que la
liberté de commerce.
L’accord de libre-échange doit être vu comme un processus
dynamique. Il faudra continuer de réduire les obstacles
administratifs et les disparités réglementaires qui
freinent les échanges, ont convenu les gouvernements
membres.
Montréal aura bientôt son usine de
désinfection
Le
maire de Montréal, Gérald Tremblay, jure qu’il se
baignera dans le fleuve Saint-Laurent d’ici quelques
années. Grâce à une aide financière qu’assurent Québec
et Ottawa, Montréal commencera bientôt la construction
de la plus importante usine de désinfection des eaux
usées à l’ozone dumonde.
Le projet, dans lequel les deux ordres gouvernementaux
se sont engagés hier à injecter 63,75 millions chacun,
devrait passer à la phase des appels d’offres dès
l’automne. La Ville de Montréal investira quant à elle
22,5 millions dans le projet, qui vise à éradiquer la
plus importante source de pollution dans le fleuve
Saint-Laurent.
Si tout va comme prévu, le processus d’ozonisation des
eaux usées devrait être fonctionnel en 2013. « C’est
le maire de SorelTracy, Marcel Robert, qui va être
content », a blagué hier le ministre des Affaires
municipales, Laurent Lessard, en annonçant le
protocole de partenariat liant les trois ordres de
gouvernement.
Construite il y a plus de 20 ans, l’usine
Jean-R.-Marcotte, dans l’est de la ville, qui traite à
elle seule 50% des toutes les eaux usées produites au
Québec, n’utilise aucun procédé de désinfection. Les
2,7 millions de mètres cubes d’eau qu’elle rejette en
aval chaque jour (l’équivalent du Stade olympique
rempli d’eau) contiennent des concentrations
dangereuses de virus, de bactéries ainsi que des
résidus demédicaments qui ne sont pas traités par le
procédé d’épuration des matières solides.
« Il suffit de voir en hélicoptère la marée brune qui
sort de l’usine (d’épuration), et ce, malgré tous les
efforts qui ont été faits au cours des dernières
années, pour constater à quel point (cela) cause des
préjudices très sérieux, notamment à Sorel-Tracy et à
Trois-Rivières » qui se trouvent en aval, a déclaré
hier le maire Tremblay.
« Les experts nous ont montré de façon très claire que
l’eau serait de meilleure qualité avec le procédé
d’ozonisation, a-t-il ajouté. Dans un certain nombre
d’années, j’en suis convaincu, nous pourrons nous
baigner dans le fleuve. »
Selon le ministre Lessard, les concentrations de
particules dangereuses rejetées dans l’eau grâce au
procédé d’ozonisation devraient être ramenées de 5
millions d’unités par 100 ml à 9000 unités par 100 ml.
« Il y aura une amélioration de la faune et de la
flore. On ne pourra pas boire l’eau à sa sortie de
l’usine, mais ce qu’on va relâcher dans la nature sera
acceptable et respectera les normes environnementales
», a-t-il assuré.
LeQGdes écolos dumondeàMontréal
Il
existait déjà des regroupements, comme Kyoto plus,
Power Up et le Réseau action climat, mais les
groupes environnementaux estimaient nécessaire de
mettre sur pied une coalition dont l’unique mandat
est d’encadrer le travail sur le terrain :
manifestations, mobilisation, etc.
Souhaitant mieux coordonner leurs effortsdans la
luttecontreleschangements climatiques, les groupes
environnementauxdelaplanèteont décidé de se
regrouper et de faire de Montréal l’épicentre de
cette nouvelle alliance internationale.
PHOTO MARTIN
CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE
« Le constat est qu’il
manquait quelque chose, à l’international, pour
s’assurer qu’il y ait un accord en décembre
(conférence de l’ONU sur les changements
climatiques), qu’il soit ratifié et mise en
oeuvre rapidement », a dit hier Steven
Guilbeault, d’Équiterre.
Le gouvernement Charest , Équiterre et Montréal
international ont annoncé hier la création du tout
nouveau secrétariat de la Campagne internationale
action climat (CIAC), dont le quartier général
s’établira dans la métropole.
Ce bureau, où ne travailleront que quatre
employés, aura pour mandat de coordonner certaines
des plus importantes activités militantes à venir
aux quatre coins de la planète dans la prochaine
année: Bangkok et Barcelone (rencontres
préliminaires sur le climat), Pittsburgh (G20),
New York ( Assemblée générale des Nations unies),
etc.
L’objectif est d’accroître la pression sur une
douzaine de pays connus pour leur timide
engagement en faveur d’une réduction des émissions
de gaz à effet de serre, afin qu’ils s’engagent à
ratifier un accord international ambitieux, lors
de la Conférence de Copenhague qui se tiendra du 7
au 18 décembre prochain.
Nommément, le Brésil, l’Inde, l’Arabie Saoudite,
la Pologne, le Japon et le Canada se retrouvent
dans cette liste.
« L’objectif est que ces pays s ’ entendent sur un
accord international, à Copenhague, a précisé la
ministre québécoise de l’Environnement, Line
Beauchamp. Pour cela, nous devons rejoindre
certains États clés, certains États stratégiques,
afin de les convaincre de l’importance d’une telle
entente. »
Idée d’Équiterre
L’idée de créer la Campagne internationale action
climat a été lancée par Équiterre en 2006. Le
Québec a ensuite accepté de verser 300 000 $,
l’année suivante, afin qu’elle se concrétise.
Après quoi la Principauté de Monaco, le
gouvernement britannique et certaines grandes
fondations internationales ont accepté de se
joindre à l’effort, qui se chiffre aujourd’hui à
environ 10 millions de dollars.
Le
gouvernement fédéral , pour sa part, n’a rien
versé, ce qui lui a d’ailleurs attiré certaines
critiques, lors du point de presse des différents
partenaires.
La création du secrétariat du CIAC s’inscrit dans
une vaste campagne appelée « tcktcktck » (à
prononcer tic, tic, tic, comme une horloge), qui
doit prendre de l’ampleur au fur et à mesure que
la conférence de l’ONU sur les changements
climatiques approchera.
Une vingtaine de groupes font partie de cette
coalition, dont Oxfam, Greenpeace, le Conseil
mondial des églises, Global Humanitarian Forum,
Union of Concerned Scientists et le Pew
Environment Group.
Il existait déjà des regroupements, comme Kyoto
plus, Power Up et le Réseau action climat, mais
les groupes environnementaux estimaient nécessaire
de mettre sur pied une coalition dont l’unique
mandat est d’encadrer le travail sur le terrain:
manifestations, mobilisation, etc.
« Le constat est qu’il manquait quelque chose, à
l’international, pour s’assurer qu’il y ait un
accord en décembre, qu’il soit ratifié et mise en
oeuvre rapidement », a précisé Steven Guilbeault,
d’Équiterre.
Les bureaux du secrétariat seront situés au
centre-ville et déménageront éventuel lement dans
la future Maison du développement durable, qui
sera construite rue SainteCatherine, à côté du
Théâtre du Nouveau-Monde.
Par ailleurs, Greenpeace a frappé un grand coup,
hier en Europe, en publiant à la fois une fausse
édition de l’International Herald Tribune (50 000
exemplaires, principalement à Bruxelles) ainsi
qu’un faux site web (iht. greenpeace. org), en
tout point pareil à celui du journal (on y
retrouve même de fausses publicités, à s’y
méprendre).
En manchette de cette édition datée du 19 décembre
2009, on aperçoit les chefs d’État de France,
Nicolas Sarkozy, et d’Allemagne, Angela Merkel,
tout sourire à la suite d’un accord ambitieux
survenu à Copenhague...
CONGRÈS DES JEUNES LIBÉRAUX Les
automobilistes dans la ligne de mire
— Les
jeunes libéraux proposent l’instauration de péages à
Montréal et sur les autoroutes de même qu’une hausse de
la taxe sur l’essence afin de renflouer les coffres de
l’État québécois.
Les automobilistes sont dans la ligne de mire de la
Commission-Jeunesse du Parti libéral du Québec, qui
plaide en faveur d’une vaste révision de la tarification
des services publics. « En matière de finances
publiques, si on ne prend pas un virage important
maintenant, on risque de terminer notre course dans un
mur. Maintenant qu’on (le Parti libéral) a les deux
mains sur le volant, on n’a aucune excuse pour ne pas
prendre ce virage », a affirmé hier son président,
Julien Gagnon. Il a dévoilé en conférence de presse le
programme du congrès des jeunes libéraux qui aura lieu
ce weekend à Sainte-Thérèse. Cinq cents militants sont
attendus et discuteront surtout de finances publiques et
d’environnement.
« On pense qu’il est impératif d’entreprendre une vaste
réforme d’assainissement des finances publiques qui
devra poser les fondements d’un New Deal écologique », a
souligné Julien Gagnon.
Pour la Commission-Jeunesse, des hausses tarifaires sont
inévitables si le Québec veut sortir de l’ère des
déficits puis accumuler des surplus. Dans son dernier
budget, le gouvernement Charest a prévu des déficits
totalisant 11 milliards de dollars au cours des quatre
prochaines années. Il a également annoncé des hausses
tarifaires à compter de 2011 – « un rattrapage important
et progressif » – , mais « il faut aller plus loin »,
estime la Commission-Jeunesse. Le déclin de la
population active surviendra d’ici à 2014 et la
population âgée de plus de 65 ans doublera dans les 30
prochaines années, ce qui pose des « défis sérieux » en
matière de finances publiques.
La Commission-Jeunesse suggère la tenue d’états généraux
sur la tarification des services publics, ce qui n’est
pas l’intention du gouvernement jusqu’à maintenant. Elle
croit qu’une nouvelle loi-cadre sur la tarification
devrait prévoir l’instauration de péages sur les
autoroutes à deux chiffres (10, 20, 40, par exemple),
donc de gestion provinciale. Elle propose également une
hausse des taxes sur les carburants « afin de refléter
leurs coûts sociaux et environnementaux ».
Elle
souhaite la création d’une « zone de congestion » à
Montréal, comme à Londres, par exemple. Les
automobilistes devraient payer pour entrer dans cette
zone. Cette mesure servirait exclusivement à financer
les transports collectifs. Les péages seraient en
vigueur du lundi au vendredi durant les heures de
pointe « afin d’encourager le covoiturage et les
méthodes alternatives de transport ».
Avec les péages, « on est capable d’aller chercher un
bon pactole, a dit Julien Gagnon. Ça peut correspondre
au coût de réparation des routes. L’objectif, c’est
que les automobilistes eux-mêmes financent la
réparation des routes et assument les coûts de leur
comportement. » Cette année, Québec dépense 3,7
milliards de dollars pour entretenir et aménager le
réseau routier.
Hausse des tarifs d’électricité
La Commission-Jeunesse estime que les tarifs
d’hydroélectricité devraient également être revus à la
hausse afin de diminuer la consommation d’énergie et
de financer la mise en place de projets éoliens, par
exemple. Une nouvelle grille tarifaire permettrait
toutefois de réduire la facture des consommateurs dans
certains cas, indique-t-elle. « Ceux qui n’acceptent
pas de changer leurs comportements, c’est leur liberté
la plus stricte. On n’entend pas les en empêcher, on
est libéraux, après tout. Par contre, on n’a
malheureusement plus les moyens de se payer le luxe du
gaspillage, et ces gens-là devront payer pour les
conséquences de leurs comportements », a affirmé
Julien Gagnon.
La Commission-Jeunesse propose de maintenir à 7$ par
jour le tarif des garderies subventionnées pour le
reste du mandat libéral, comme l’a promis le
gouvernement. Après avoir demandé l’année dernière de
tripler les droits de scolarité et d’instaurer un
impôt postuniversitaire, elle ne remet plus en
question la décision d’augmenter ces frais de 50$ par
trimestre jusqu’en 2012.
Julien Gagnon juge « nettement insuffisant »
l’objectif du gouvernement de retrouver l’équilibre
budgétaire en 2013-2014. Cette année-là, Québec doit
dégager un « surplus très substantiel », « beaucoup
plus élevé qu’un milliard de dollars », a-t-il dit. En
plus des hausses tarifaires, les jeunes libéraux
demandent de « stopper » la création de nouveaux
programmes, à l’exception de ceux qui seraient «
rendus urgents ou essentiels par la conjoncture
économique ».
Jean Charest sera à Copenhague
—
Après avoir mis la table pour une nouvelle partie de
bras de fer entre Québec et Ottawa sur les suites à
donner au protocole de Kyoto, le premier ministre Jean
Charest participera, pour la première fois, à la
conférence des Nations unies sur les changements
climatiques, a appris La Presse Canadienne, hier.
Le
bureau du premier ministre a indiqué que M. Charest
accompagnera la ministre de l’Environnement Line
Beauchamp à Copenhague, l’automne prochain. «La
conférence de Copenhague revêt une importance qui est
toute particulière étant donné que tous les
participants vont décider des suites à donner à Kyoto
après 2012, alors effectivement le premier ministre va
accompagner Mme Beauchamp», a déclaré l’attaché de
presse du premier ministre.
Les fabricants seront obligés
de recycler - François Cardinal
Produits électroniques Nouveau règlement du
gouvernement du Québec
ENVIRONNEMENT
LegouvernementCharestdéposera dans « les prochaines
semaines » un projet de règlement visant à obliger les
fabricants d’ordinateurs, de piles, d’ampoules et de
cellulaires à reprendre tous les produits qu’ils
vendent, une fois leur vie utile terminée, afin qu’ils
soient recyclés.
PHOTO BLOOMBERG
Selon Recyc-Québec, près de la
moitié des ordinateurs, cellulaires et autres
produits électroniques finissent leur vie dans un
dépotoir. Or, ces produits électroniques sont
remplis de produits toxiques comme le plomb, le
cadmium, le mercure et le béryllium, ce qui
contamine les milieux naturels.
La Presse a appris que les légistes du gouvernement
viennent tout juste de présenter à la ministre de
l’Environnement, Line Beauchamp, un projet de
règlement cadre qui pourrait bien être dévoilé
prochainement par le premier ministre Jean Charest.
L’objectif est d’instaurer la « responsabilité élargie
des producteurs », afin de contraindre ces derniers à
« élaborer, financer, mettre en place et opérer » un
programme de récupération de leurs appareils, afin de
les détourner de l’enfouissement.
Attendu depuis plus d’un an maintenant, ce document
législatif a nécessité plus de travail que prévu en
raison de sa complexité: on souhaite pouvoir y greffer
graduellement différents produits électroniques, af in
d’élargir tranquillement la liste des produits
concernés.
« Il y a eu certaines complications juridiques, a
reconnu en entrevue la ministre Beauchamp, car nous
souhaitons que le règlement cadre s’applique autant
aux produits informatiques qu’aux cellulaires et aux
ampoules fluocompactes. Mais là, je peux dire que le
dossier est très, très avancé. »
Cela signifie que « d’ici quelques semaines », le
dossier pourra cheminer dans l’appareil politique:
publication du règlement, 60 jours de consultation,
analyse des mémoires puis application. La ministre
estime que le retour des produits comme tel se fera «
dans quelques mois ».
Concrètement, cela signifie que les producteurs
devront mettre sur pied un point de collecte pour que
les consommateurs puissent y déposer leurs biens
électroniques désuets. Les entreprises pourront agir
seules, se regrouper ou donner ce service à forfait.
Qui
payera ?
Cela dit, d’autres éléments expliquent l ’ impor tance
du retard accumulé dans ce dossier, que l’on jugeait
de la plus grande importance il y a plus d’un an. Les
fabricants de produits élec t roniques comme Apple,
Dell et Sony, représentés par Recyclage des produits
électroniques Canada ( RPEC), ont fait des
représentations pour que des « frais environnementaux
» apparaissent sur la facture du client, une
suggestion refusée par la ministre.
Des études menées ces dernières années en Europe et
aux États-Unis ont révélé que la prise en charge des
ordinateurs par leurs producteurs s’est traduite par
une hausse moyenne de 1 à 3% du prix au détail
(environ 45$ pour un produit de 1500$).
Ensuite, toujours au sujet du retard, le gouvernement
Charest a jugé nécessaire de coller son prochain
règlement sur celui de l’Ontario, aussi en cours de
rédaction. « Le Québec et l’Ontario vont être sur la
même page, a précisé Mme Beauchamp. Ceci est
important, notamment pour les régions frontalières. »
Selon Recyc-Québec, près de la moitié des ordinateurs,
cellulaires et autres produits électroniques finissent
leur vie dans un dépotoir au Québec. Or, ce qu’on
appelle les technologies de l’information et de la
communication ( TIC) sont remplies de produits
toxiques comme le plomb, le cadmium, le mercure et le
béryllium, ce qui contamine les milieux naturels.
Un seul écran cathodique peut contenir jusqu’à 3,6 kg
de plomb et un écran plat, 5 mg de mercure (notons que
les téléviseurs ne feront pas partie du projet de
règlement).
En appliquant le principe de la responsabilité élargie
des producteurs, le Québec se fixe un objectif de
récupération de 35% de tous les appareils vendus, et
ce, dès la deuxième année d’application du règlement.
On espère ensuite que l ’ augmentat ion atteindra 15%
annuellement.
Déjà, au Québec, certaines industries sont soumises à
la responsabilité élargie : contenants et résidus de
peinture, huiles usagées, contenants d’huile et
filtres à huile usagés.
Vers une collecte des résidus de table
- Martine Letarte
Montréal est en retard sur bien des villes en
matière de collecte des résidus de table.
Mais, après des années de tergiversations, les
choses avancent.
« Nous n’avons j a mai s été si près du but »,
affirme Chantale Gagnon, directrice de l
’environnement et du développement durable à la
Ville de Montréal.
Moment pr a t i quement historique au Conseil
d’agglomération il y a quelques semaines : alors
que depuis 25 ans, les élus de l’île de Montréal
se battent en ce qui a trait à la gestion des
matières résiduelles, le Plan directeur de gestion
des matières résiduelles pour 2010-2014 a été
adopté à l’unanimité.
Les matières organiques représentent sans
contredit le plus grand défi de l’île concernant
la gestion des matières résiduelles.
« Déjà, le service de collecte de résidus
alimentaires dessert 30 000 foyers dans l’île et
nous venons de signer un contrat pour arriver à
nous occuper de 20 000 portes de plus en 2010, ce
qui fera que nous couvrirons 10 % du territoire de
l’île », précise Mme Gagnon.
Toutefois, l’objectif québécois de mise en valeur
des matières organiques dans les municipalités est
de 60 %.
Si on ne peut ra masser davantage de résidus de
table actuel l ement sur l ’ î l e de Montréal,
c’est qu’il manque encore des infrastructures de
traitement de la matière.
«
Le plan précise que nous construirons quatre
centres de valorisation de la matière organique.
Si tout va comme prévu, les sites devraient être
choisis l’a n prochain, les plans et devis
devraient être réalisés en 2011 et en 2012, puis
la construction devrait commencer pour que l’on
puisse traiter la matière le plus rapidement
possible », explique Mme Gagnon.
Grâce à l’énergie qui sera produite par le t
raitement de la matière organique, les villes et
les arrondissements souhaitent diminuer leur c
onsommat i on d’énergie fossile.
Lorsque l’île de Montréal réussira à traiter la
matière o r g a n i q ue , e l l e dev r a i t voi
r f ondre s on nombre de tonnes de matière
résiduelle desti nées à l ’ e nfouissement.
Actuellement, 47 % des déchets déposés en bordure
de rue par les Montréalais sont des matières
organiques.
Des dossiers plus avancés
Le traitement des résidus verts, comme les
feuilles, les arbres de Noël et les résidus de
jardin, est toutefois beaucoup plus avancé que
celui des résidus de table.
Chaque arrondissement a sa technique : certains
organisent un service de collecte alors que
d’autres demandent à leurs citoyens d’apporter
leurs résidus verts à l’écocentre. Les résidus
sont ensuite transformés en compost.
Enfin, l’objectif québécois de mise en valeur de
60 % de la matière recyclable dans les
municipalités est presque atteint à Montréal. En
2008, on avait atteint 53 %.
« Nous avons réalisé que bien des gens ne
recyclaient pas autant qu’ils l’auraient voulu pa
r c e qu’ i l s manquaient de place dans leur
petit bac vert ou bleu. Plus nous fournissons de
gros bacs de recyclage roulants, plus les gens
recyclent », explique Chantale Gagnon.
EFFORTS À LA POUBELLE -
Philippe Sartre
L’oubli des bacs de recyclage par les éboueurs
risque d’anéantir des années de sensibilisation
L’auteur réside dans l’arrondissement
Notre-Dame-de-Grâce. Voilà maintenant plusieurs
années que la sensibilisation des mentalités à
l’utilisation des bacs de recyclage a produit des
résultats notoires à Montréal, et notamment dans
l’arrondissement de Notre-Dame-deGrâce, où je vis
présentement.
Nos poubelles sont aujourd’hui bien moins pleines
que par le passé quand vient l’heure des deux
collectes hebdomadaires. Si peu pleines qu’il
conviendrait sûrement, à brève échéance,
d’inverser les processus actuels de ramassage de
déchets, et de ne proposer qu’une collecte
d’ordures, contre deux de recyclage chaque
semaine.
Lorsque je vois dans ma rue, les lundis et jeudis
matins (jour de collecte de déchets), le peu de
déchets déposés par mes voisins, et que je compare
ces quantités avec celles présentes dans les bacs
de recyclage (souvent deux ou trois contenants par
foyer) le lundi, je me dis que les pratiques
environnementales nous concernent désormais tous.
Afin d’éviter d’entasser une multitude de bacs
devant la maison chaque lundi, nous nous sommes
procuré, au mois de mars dernier, un grand bac de
recyclage de couleur bleue sur roulettes, en vente
dans tous les magasins de bricolage. Ce dernier
est très visible et identifiable grâce à un
gigantesque logo mentionnant sa vocation de
contenant de matières recyclables.
Nous plaçons chaque lundi nos deux contenants
(poubelle beige et contenant de recyclage bleu)
devant la maison et les séparons de plusieurs
mètres dans le but d’éviter que l’un ne soit pris
pour l’autre dans le cas où la personne
responsable du ramassage ne verrait pas l’immense
logo et ne ferait pas la différence entre les
couleurs bleue et beige.
Malgré toutes ces précautions, il arrive
fréquemment que notre contenant de recyclage soit
totalement oublié (volontairement ou pas) et que
nous devions vivre avec ce contenant plein à ras
bord jusqu’à la semaine suivante.
À trois reprises cette année, j’ai contacté le
service 311 de la Ville de Montréal dans le but de
faire une réclamation à ce sujet. Chaque appel que
j’ai fait au 311 a abouti en quelques secondes et
les personnes avec lesquelles j’ai communiqué ont
fait preuve d’un professionnalisme et d’une écoute
sans faille. Malgré ces plaintes en bonne et due
forme, mon bac de recyclage est toujours invisible
aux yeux de certaines équipes de ramassage.
J’envisage sérieusement la possibilité de remplir
à nouveau ma poubelle (vide la plupart du temps)
dans le but de réduire le contenu de mon bac de
recyclage et d’être certain que mes déchets
(recyclables ou non) seront ramassés. Je me
questionne aussi sur l’utilité du service 311, qui
semble n’avoir aucun effet dans le traitement de
certaines plaintes.
Tout le travail de sensibilisation aux pratiques
environnementales réalisé ces dernières années
risque de se voir réduit à néant par
l’incompétence de certains, qui ne font pas leur
travail correctement.
La force d’une chaîne doit être comparée à celle
de son maillon le plus faible, dit-on. J’espère
sincèrement que les maillons associés au ramassage
des déchets recyclables seront renforcés le plus
tôt possible, au risque, de provoquer chez les
citoyens un retour aux vieilles pratiques
consistant à tout mettre «à la poubelle».
L’île de Montréal ratifie un plan de 240
millions - Martin Croteau
Les
villes de l’île de Montréal ont convenu d’un plan de
gestion des matières résiduelles qui prévoit
l’arrivée du bac brun d’ici cinq ans. Le conseil
d’agglomération a ratifié la semaine dernière le
projet de 240 millions, dont les grandes lignes ont
été dévoilées en juin.
« C ’est u n pla n qu’on a mis des années à préparer
», a affirmé le responsable du développement du
rable à Montréal, Alan DeSousa.
L’agglomération peine déjà à atteindre son objectif
de récupérer 60 % des matières recyclables. Elle se
donne maintenant jusqu’à 2014 pour implanter la
collecte des résidus de table. Son plan prévoit la
construction de quatre usines pour traiter les
matières putrescibles, et de huit nouveaux
écocentres pour s’ajouter aux six qui existent déjà.
Mais
le projet n’ira pas loin sans l’aide de Québec. M.
DeSousa compte sur le gouvernement provincial pour
fournir de 85 % à 90 % du financement.
Karel Ménard, qui dirige le Front commun québécois
pour la gestion écologique des déchets, estime que
l’agglomération devrait mettre en branle la collecte
de compostage par elle-même, plutôt que d’attendre
le coup de pouce gouvernemental.
« Québec s’est commis, mais peut-être que la Ville
devrait montrer plus que de la simple volonté et
aller de l’avant avec des actions concrètes, a-t-il
indiqué. Autrement, ça pourrait stagner encore. »
Compostage à Montréal : Le nom bre de
foyers desser vis triplera - FRANÇOIS CARDINAL
A près
des mois de re c herc hes , l a V i l le d e M o n t r é
a l a e n f i n d é n i c h é u n e e n t r e p r i s e
d e compost age, ce qu i lu i per mett r a d e p o u r s
u i v r e l a c o l l e c t e d e s d é c h e t s o r g
a n iq u e s d a n s l ’ î le et de t r ipler rapidement
le nombre de foyer s desser v is .
C e s o i r , à s a s é a n c e m e n - s u e l l e , l
e c o n s e i l m u n i c i p a l d o i t a c c o r d e
r u n c o n t r a t d e plu s de 1 m i l l ion de dol la
r s à l ’e n t r e p r i s e R e c yc l a ge N o t r e -
D a m e a f i n q u ’el le t r a ite c h a - que a n
née, penda nt t rois a n s , plu s de 5 0 0 0 ton nes de
résidu s a l i ment a i res .
C e t t e d é c i s i o n p e r m e t à l ’a d m i n i s
t r a t io n T r e m bl ay d e pou sser u n soupi r de
sou lage - ment , c a r el le c ra ig na it d ’avoi r à
i n t e r r o m p r e e n t iè r e m e n t l a col le c
te de résidu s a l i ment a i res a c t uel lement of
fer te d a n s cert a i n s sec teu r s de l ’ î le .
L a q u ê t e d ’ u n e e n t r e p r i s e d e c o m p
o s t a ge a e n e f fe t é t é a rdue pou r la V i l
le, qu i ava it essuyé u n éc hec en ja nv ier dern ier
avec u n prem ier appel de sou m ission s . Si des ent
repr ises é t a i e n t b e l e t b i e n i n t é r e s
- s é e s , auc u ne n ’é t a it c on for me a u x e x i
g e n c e s d e l a V i l l e e t d u m i n i s t è r e
q u é b é c o i s d e l’ E nv i ron nement .
O r , s a n s e n t r e p r i s e p o u r r e c e voi r
e t t r a ite r le s dé c h e t s de t able, la col le c
te au ra it tout s i m p l e m e n t é t é s u s p e n d
u e , p e u t - o n l i r e d a n s u n r é c e n t d o
c u m e n t d ’ i n f o r m a t i o n d u c o m i t é e
x é c u t i f . A u c u n d e s sites de compost age de
l ’ î le n’a la c apac ité n i les autor isation s p o u
r r e c e voi r le s r é s idu s a l i - m e n t a i r e
s d e s c ol le c t e s fa it e s lo c a lement (les déc
hets seront t ra n s por tés à S a i nte - G enev iève
de B er t h ier) .
C o l l e c t e à t r o i s vo i e s
L ’ e n t e n t e a v e c R e c y c l a g e N o t r e -
D a m e p e r m e t t r a a i n s i de ma i nten i r la
collec te à trois voies là où elle est of fer te, soit
da ns le Plateau-Mont-Roya l , à Côte-Sa i nt-Luc , à
Poi nte-Cla i re e t à We s t m o u n t , m a i s a u s
s i de l ’é te nd r e à u n plu s g r a nd nombre de
foyer s , et ce, da n s les plus brefs déla is , selon A
la n DeSousa , responsable de l’env iron nement au com
ité exéc uti f.
« N ou s s ou h a iton s a g i r t rè s r a p i d e m e
n t » , a - t - i l i n d i q u é , r e c o n n a i s s
a n t q u e c e d o s - sie r a c c u s e u n c e r t a
i n re t a rd . D a n s l e s p r o c h a i n s m o i s
, d o n c ? « E n c o r e plu s v it e q ue c e l a , p
o s s ible m e n t . J ’a i v r a i - ment l ’i ntent
ion d ’a c célérer le déploiement de cet te col lec te
», a - t-i l répondu .
L e cont rat per met t ra de fa i re pa s s e r de 1 5 0
0 0 à 5 0 0 0 0 le n o m b r e d e f o ye r s d e s s e
r v i s . L a V i l l e n e s a i t p a s e n c o r e s
i el le c o n s ol id e r a l a c ol le c t e d e d é c
h e t s d e t a ble d a n s le s quat re com mu nautés
déjà des - ser v ies ou si el le of f r i ra plutôt l e
s e r v i c e d a n s d e n o u ve a u x a r rond
issement s .
« Nou s
pou r r ion s bien l ’étend r e à d e s c o m m u n a u
t é s o ù les t au x de rec yc lage ont déjà at tei nt l
’obje c t i f de 6 0 % , pré - c ise M . D eS ou s a . C
ela per mett ra it à cel le s qu i ont u n t au x plu s
fa ible de se concent rer su r le rec yclage, su r la
sen sibi l isa - tion des c itoyen s . »
H o r m i s l e s s e c t e u r s d é j à desser v is pa
r la col lec te à t rois voies , t rois a r rond
issements et t rois v i l les l iées ont dépa ssé la c
ible de 6 0 % e n 2 0 0 8 : S ud - O u e s t , R o s e m
o n t - L a P e t i t e - P at r ie, V i l le - M a r
ie, S en nev i l le, H a mpstead et B a ie - d ’ Ur fé .
L e s d é c h e t s o r g a n i q u e s ( r é s i d u s
d e t a b l e e t r é s i d u s ve r t s c o n f o n d u
s ) c o n s t i t u e n t pa s moi n s de 47 % de l ’en
sembl e d e s d é c h e t s d o m e s t iq u e s d e l
’a g g l o m é r a t i o n . L a p o l i - t i q u e q u
é b é c o i s e d e g e s t i o n de s m at ière s ré
siduel le s , dont l ’é c h é a n c e é t a i t l e m o
i s d e décembre 2 0 0 8 , f i xa it u n obj e c - ti f
de va lor isation de 6 0 % des dé c he t s or ga n iq ue
s . O r, p ou r l’heu re, le t au x ne dépa sse pa s 8 %
da n s l ’agglomérat ion , 6 % su r le ter r itoi re de
la V i l le de Mont réa l .
L’ent repr ise Rec yc lage Not re - Da me t ra itera
donc les déc hets de t able pou r u ne pér io de de t r
o i s a n s a u c o û t d e 6 5 $ l a ton ne. Cela se t
radu it pa r u ne fac t u re de 1 , 0 5 m i l l ion de
doll a r s p o u r l ’a g g l o m é r a t i o n d e Mont
réa l (v i l le et v i l les l iées) .
R appelon s que, en j u i n dern ier, l ’ad m i n ist
ration T remblay a dû revoi r son objec ti f d ’i mp l a
n t a t i o n d u c o m p o s t a g e à la g ra ndeu r
de l’ î le pa rce que l e s é c o l o g i s t e s l e j
u g e a i e n t i naccept able . Plutôt que 2 018 , la V
i l le entend a i n si l ’étend re dès 2 01 2 . P r è s
d e 15 0 0 0 f oye r s s o n t d e s s e r v i s d a n s
l ’a g g l o m é ra t io n :
P l a te a u M o n t-Roy a l : 30 0 0 f oye r s
C ôte -S a i n t-L u c : 50 0 0
Po i n te - C l a i re : 250 0
We s t m o u n t : 420 0
Lancement d’un nouveau bac de récupération
Le prototype
sera à l’essai dans trois arrondissements en juillet
Dans les trois prochains mois, 3000 familles montréalaises
pourront déposer leurs boîtes de conserve vides, journaux et
autres objets recyclables dans un bac vert plus ergonomique et
plus léger. Le prototype, dévoilé hier, permettra d’augmenter
le nombre de matières recyclées dans la métropole, promet le
responsable des dossiers de développement durable et
d’environnement à la Ville de Montréal, Alan De Sousa.
PHOTOROBERTMAILLOUX, LA
PRESSE
Le fait que le nouveau bac de
récupération est refermé sur le dessus empêchera les
matières recyclables de s’envoler au vent. Sur la photo,
Alan DeSousa, responsable des dossiers de développement
durable et d’environnement à la Ville de Montréal, Claude
Trudel ( Verdun), Michael Applebaum
(Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce) et Helen Fotopulos
(Plateau Mont-Royal) montrent le fameux bac.
Le nouveau réceptacle sera testé dans les arrondissements de
Côte-des-Neiges-Notre-Damede-Grâce, Plateau-Mont-Royal et
Verdun dès le 11 juillet.
Le récipient, qui ressemble à un panier à lessive, mais en
plus étroit, peut contenir jusqu’à 72 litres de matières
récupérables. Les bacs conventionnels ont une capacité de 55 à
64 litres.
« Nous voulions développer un outil plus facile à utiliser
pour le citoyen et le collecteur, a expliqué Alan De Sousa. Le
fait qu’il est refermé sur le dessus empêchera les matières
recyclables de s’envoler au vent, donc ça va améliorer la
propreté à Montréal. »
Si les essais sur le terrain sont concluants, la Ville de
Montréal pourrait produire jusqu’à 500 000 bacs d’ici 2011,
pour une facture totale de 6,7 millions de dollars. La
production de ce nouveau contenant coûtera environ 16 $
l’unité, alors que la fabrication d’un bac traditionnel se
chiffre entre 5 et 6$.
Deux fois plus
de bacs bruns à Montréal ?
En plus de l’apparition d’un nouveau type de bac de recyclage,
le nombre de foyers admissibles à la collecte de compost
pourrait également bientôt doubler.
Quatre arrondissements prennent déjà part à un projet pilote
de collecte de restes de table. Pour y arriver, Montréal a
signé un contrat avec un centre de collecte de matières
putrescibles de Berthierville pour récolter 5000 tonnes de
matières compostables.
Cette semaine, un appel d’offres pour amasser 5000 tonnes
supplémentaires sera lancé, a affirmé Alan De Sousa.
« On va y aller étape par étape, mais j’espère retourner
devant le comité exécutif cet été pour faire approuver des
budgets additionnels et ainsi élargir le territoire de
collecte. »
Sur le Plateau Mont-Royal, l’un des arrondissements qui
participent au projet, 59 tonnes de matières putrescibles sont
détournées des sites d’enfouissement depuis le lancement du
projet, en décembre 2008. Près de 1900 foyers sur les 2000
contactés ont décidé de participer au projet.
Un… euh… un machin de recyclage -
Marc Tison
L’IDÉE DE
DÉPART D’UN BAC DE RECYCLAGE SOUPLE A ÉTÉ RECYCLÉE À
RÉPÉTITION. JUSQU’À UN RÉSULTAT TOTALEMENT NOUVEAU… ET
ÉTONNANT.
La plus récente mouture du futur bac de recyclage montréalais
a été présentée aux médias lundi dernier. Au cours des
prochaines semaines, 3000 exemplaires seront distribués dans
quatre arrondissements.
En janvier 2008, le bureau du designer industriel Claude
Mauffette débordait de modèles de bacs de recyclage en toile
de plastique – des sacs à fonds rigides montés sur une
structure tubulaire.
Le
modèle actuel, injecté en une seule pièce. Le couvercle est
relié à la paroi par une ligne amincie, qui fait office de
charnière. Les courbures de la paroi et de l’arc du
couvercle se joignent en un pli dont la géométrie n’est
stable qu’en deux positions : ouvert ou fermé.
La semaine dernière, il était plutôt encombré de contenants en
plastique, à mi-chemin entre le cabas et le panier à lessive.
Malgré les apparences, l’un est l’ancêtre de l’autre. Entre
les deux, un an et demi d’anxiété et de travail acharné.
La plus récente mouture du futur bac de recyclage montréalais
a été présentée aux médias lundi dernier. Au cours des
prochaines semaines, 3000 de ces contenants semi-souples,
moulés par injection en polypropylène, seront distribués aux
résidants de quatre arrondissements, pour en tester les
performances. Le contenant de 72 litres pèse environ le même
poids qu’un bac classique de 55 litres, soit 1,7 kg.
Il montre une base elliptique et un sommet en arc de cercle,
fermé par un couvercle muni d’une poignée. Ce couvercle
s’articule autour d’une longue charnière continue, qui court
sur toute la longueur d’une paroi. C’est l’élément le plus
ingénieux du produit et il n’apparaissait pas sur les modèles
initiaux.
Il reprend le principe de la « boîte en forme d’oreiller »,
mieux connue comme emballage de chaussons aux pommes chez
McDonald.
La courbure de la paroi et l’arc du couvercle se joignent en
une charnière dont la géométrie n’est stable qu’en deux
positions : ouverte ou fermée. Pour passer de l’une à l’autre,
il faut induire une déformation qui agit comme un ressort.
Pour vider le bac, le collecteur le saisit par la poignée du
couvercle, le soulève et place son autre main dans une seconde
prise, creusée sous la base.
De son côté, le citoyen a le bénéfice d’une poignée de
transport percée au sommet d’une paroi.
Une longue métamorphose
Claude Mauffette avait remporté le concours organisé pour la
conception du nouveau bac de recyclage de la Ville de
Montréal. Son concept était audacieux mais avait séduit le
jury: plutôt qu’un bac rigide, il proposait un contenant
souple, haut et mince, portable d’une main dans les escaliers.
Un fermoir le pinçait à son sommet, pour éviter que son
contenu soit semé à tous vents. Pour le vider, le collecteur
le saisissait pas une poignée latérale, ce qui dégageait en
même temps le fermoir. Ce concept gagnant avait été présenté
aux médias en janvier 2008.
Un événement
heureux. Mais Claude Mauffette riait jaune. Il lui fallait
encore mettre la chose au point. « On était conscient que le
modèle avec lequel on avait gagné le concours avait plein de
qualités, mais que ce ne serait pas celui qui se retrouverait
en production, relate-t-il. Stressant. On avait beaucoup de
pression. »
Les faits lui ont rapidement donné raison. Quand il a demandé
à un manufacturier spécialisé dans les sacs une estimation des
coûts de fabrication, la guillotine est tombée : 60$ par
unité. Impasse.
Pour réduire les coûts d’une production en grande série, la
réponse typique est le moulage de plastique par injection.
Mais il s’agissait dès lors d’un tout autre produit.
Après quelques mois fiévreux, nouvelle présentation publique,
en novembre 2008. Cette fois, la toile tendue a cédé sa place
à deux parois ajourées, articulées sur leurs arêtes par deux
tiges. C’est avec ce modèle qu’est apparu le couvercle
elliptique. Le produit comptait six pièces différentes.
Claude Mauffette nourrissait alors deux préoccupations : la
prise au vent à vide et le rangement à plat. Le fond du
contenant montrait la même courbure en arc de cercle que le
couvercle, afin de se replier selon le même principe.
Pour tester la prise au vent, le CRIQ a fait des tests avec un
ventilateur de canon à neige. Surprise: le bac au fond plein
ne se comportait pas plus mal que celui au fond ajouré. Sur un
autre front, le comité de suivi de la Ville de Montréal a
relevé une conséquence imprévue du repliement à plat : dans la
rue, sous 4 cm de neige fraîchement tombée, le contenant
aplati « se transforme en crazy carpet, explique Claude
Mauffette. Ce qui semblait une qualité est ressorti comme un
empêchement majeur. »
Tous ces facteurs l’ont amené à faire un pas de plus : mouler
le bac en une seule pièce, avec un fond plat.
C’est ce dernier avatar qui sera testé au cours des prochains
mois.
Après avoir franchi tous ces obstacles, Claude Mauffette est à
peine moins nerveux. Il sait qu’avec un projet aussi
innovateur, il marche sur des oeufs. La longue charnière
intégrée doit résister aux épreuves du temps et du froid. Le
contenant doit avoir une durée de vie de sept ans.
Le designer connaît déjà certains des éléments à améliorer. La
« poignée du collecteur », au centre du couvercle, est trop
étroite pour les mains gantées des vigoureux travailleurs. «
Pourquoi on ne l’a pas prévu plus tôt ? Parce qu’on n’y avait
pas pensé », reconnaît-il.
Au finish – ou près du finish –, le résultat ressemble bien
peu à l’idée de départ. Mais l’esprit est demeuré, soutient
Claude Mauffette. « C’est ça, le processus de design
industriel. Et il y a en plus un côté inventif important: la
Ville a pris un brevet sur ce produit. »
ST-LOUIS
INDUSTRIES D’ACTON VALE Haro sur l’asphalte usé
Éric St-Louis
ne comprend pas pourquoi on ne recycle pas à leur juste
valeur les centaines de milliers de tonnes d’asphalte
excavées chaque année sur les routes du Québec. Selon lui,
chaque tonne remplacée coûte au minimum 100$. Sa solution :
réutilisons encore mieux l’asphalte recyclé.
PHOTO STÉPHANE CHAMPAGNE,
COLLABORATION SPÉCIALE
Éric St-Louis, président de St-Louis
Industries, affirme pouvoir recycler à leur juste valeur
les centaines de milliers de tonnes d’asphalte excavées
chaque année sur les routes du Québec.
M. St-Louis est à la tête d’une entreprise spécialisée dans
la fabrication d’équipements de recyclage d’asphalte. La
seule du genre au Québec, dit-il. Sa PME, St-Louis I
ndustries, à Acton Vale, est prête à bondir et n’attend
qu’une chose : que les gouvernements et les municipalités
reconnaissent enfin les nombreux avantages liés au recyclage
de l’asphalte.
Selon Recyc-Québec, le taux de récupération des résidus des
projets de construction, rénovation et démolition (CRD) de
nos routes atteint 69%. Ce qui n’est pas rien. « La plupart
des entreprises d’asphaltage récupèrent l’asphalte in situ
», explique Jeannot Richard, vice-président à la direction
des opérations de Recyc-Québec.
Cette statistique n’impressionne guère Éric St-Louis. «
L’asphalte récupéré est surtout utilisé pour faire du
remblai. Ça remplace en fait du gravier qui vaut environ 10$
la tonne. Mais après, pour rechausser les routes, on remet
de l’asphalte neuf qui coûte 100$ la tonne. Moi, ce que je
propose, c’est de l’équipement qui produit de l’asphalte à
10$ la tonne », dit-il.
Trois produits
St-Louis Industries fabrique trois produits : un «
chauffe-joint » (pour solidifier les joints pendant le
revêtement de la chaussée) ; un « t hermo-rapiéceur » (qui
sert à chauffer, un peu comme un grille-pain, une surface
d’asphalte donnée) et, bien sûr, un « recycleur d’asphalte
».
Ce recycleur est en fait une benne (dont les modèles ont une
capacité de 2 à 12 tonnes) dans laquelle le vieil asphalte
est chauffé puis broyé. Au bout de huit heures, il en
ressort un asphalte prêt à être utilisé comme revêtement.
« La matière première ne coûte rien. Ce qui coûte 10$, c’est
la quantité de combustible (propane ou gaz naturel) utilisé
», fait valoir Éric St-Louis, un gars de construction qui a
notamment travaillé à la Baie-James et à Churchill Falls.
Les
recycleurs d’asphalte de la PME coûtent entre 40 000 $ et
125 000$. Leur espérance de vie est d’environ 25 ans,
indique Éric St-Louis. « Et selon l’utilisation qu’on en
fait, un recycleur peut être rentabilisé en deux ans »,
dit-il. À ce jour, il en a notamment vendu à la Ville de
Gatineau et s’apprête à en livrer un à Terrebonne.
Le produit est déjà connu à l’étranger, car avant d’en être
l’unique dépositaire, Éric StLouis a travaillé pour
l’entreprise américaine qui a inventé le recycleur
d’asphalte. M. St-Louis se présente d’ailleurs comme le «
gardien de la recette », c’est-àdire de la technologie de
recyclage d’asphalte à l’infrarouge inventée dans les années
60 par l’Américain Anton Heller. En 2000, l’homme d’affaires
québécois a acheté l’usine américaine de M. Heller pour
ensuite en rapatrier les activités au Québec.
La PME ne compte que quat re employés en période de pointe.
Pour la fabrication de ses produits, elle fait appel à une
poignée de sous-traitants québécois. Les revenus de StLouis
Industries, qui a vendu son premier appareil en 2005, sont
actuellement d’environ 300 000$. L’objectif est d’atteindre
les deux millions sous peu. « Mon but ultime, c’est que
toutes les municipalités du Québec possèdent un de mes
recycleurs », affirme Éric St-Louis.
Contre les nids-de-poule
L’utilisation du recycleur d’asphalte serait
particulièrement efficace en hiver et au printemps, lorsque
les nids-de-poule font leur apparition sur les routes du
Québec.
« Les fabricants d’asphalte chaud ne sont pas encore ouverts
à cette époque de l’année. Le ministère des Transports et
les municipalités utilisent ce qu’on appelle de l’asphalte
froid, un produit temporaire. Nos équipements permettent de
fabriquer de l’asphalte chaud toute l’année », rappelle Éric
St-Louis.
Le président de St-Louis Industries n’est pas le seul à
s’intéresser au recyclage d’asphalte. Il existe ailleurs au
Canada une entreprise de recyclage basée à Halifax qui a mis
au point un procédé pour séparer d’anciens bardeaux
d’asphalte en deux produits. L’un de ces produits est une
poussière d’asphalte, qui peut être recyclée en revêtement
de chaussée.
La technologie de M. St-Louis dérange, dit-il. « Nos
équipements ont déjà fait l’objet de sabotage. Produire de
l’asphalte à un prix aussi bas, ça peut en déranger
certains. Mais je peux vous dire une chose: je ne lâcherai
pas tant que ma technologie ne sera pas reconnue »,
martèle-t-il.
ENVIRONNEMENT : Metro exigera 5¢ par sac distribué
Après Loblaw, au tour de Metro de faire payer ses clients pour les
sacs de plastique. Le géant de l’alimentation souhaite ainsi réduire
de moitié le nombre de sacs distribués dans ses magasins.
Les sacs
de plastique et de papier ne seront plus fournis gratuitement
dans les épiceries Metro et Super C du Québec et de l’Ontario.
La Presse a appris que Metro annoncera aujourd’hui qu’elle
emboîte le pas à son concurrent, en exigeant dorénavant 5¢ pour
chaque sac demandé dans l’ensemble de ses magasins du Québec et
de l’Ontario. La mesure sera implantée graduellement d’ici le
1er juin.
Metro inc. (Metro et Super C) est ainsi le deuxième des trois
grands groupes de l’alimentation à exiger un paiement pour les
sacs d’emplettes, après Les Compagnies Loblaw ltée (Loblaws,
Provigo et Maxi).
Notons queMetro va un peu plus loin en faisant payer également
les sacs de papier. Son objectif est de réduire de 50% le nombre
de sacs normalement distribués d’ici la fin de l’année 2009.
Le geste de Metro s’inscrit dans une tendance forte née il y a
quelques mois. Outre Loblaw, IKEA et Rona ont aussi décidé
d’exiger 5¢ pour les sacs, une mesure tremplin qui permettra
éventuellement à ces deux bannières de cesser carrément de
distribuer des sacs, comme le fait déjà la Société des alcools
du Québec (SAQ).
Parmi les gros acteurs de l’alimentation, Sobeys inc. ( IGA,
marchés Bonichoix et Tradition, Rachelle-Béry) est donc le seul
à continuer à donner ses sacs, une mesure qu’on n’a aucunement
l’intention de changer.
« Ce n’est pas dans notre lorgnette pour l’instant, a indiqué le
porte-parole, Alain Dumas. Nous croyons davantage à la
sensibilisation qu’au bâton pour influencer le comportement des
consommateurs. »
Sobeys a mis
fin l’an dernier à sa pratique consistant à donner 3¢ aux
clients pour chaque sac réutilisable qu’ils apportaient,
soulignant que selon ses sondages internes, cette mesure avait
peu d’effet.
En lieu et place, IGA met aujourd’hui à la disposition de ses
clients de gros contenants dans lesquels ils peuvent déposer
leurs sacs de plastique usagés, afin qu’ils soient recyclés. «
Nous préférons l’approche participative », a ajouté M. Dumas,
précisant que les recettes provenant des sacs réutilisables
sont versées au Jour de la Terre.
Quant à Metro, il versera une partie des recettes engrangées
par la vente des sacs de plastique à des projets
environnementaux, comme le fait Loblaw. L’entreprise créera à
cette fin le Fonds Éco École.
L’objectif est d’investir 2millions de dollars (1 million par
province) dans ce fonds, afin d’encourager les écoles « qui
font des gestes concrets en faveur de l’environnement et du
mieux-être collectif ». Plus précisément, l’entreprise offrira
des bourses aux institutions d’enseignement pour développer
des projets soumis autant par les élèves que par les
enseignants.
Quel l e appro c he e s t la meilleure? La taxe au sac, le
remboursement, ou l’offre de recyclage ? Bien difficile à dire
pour l’instant, car les entreprises commencent tout juste à
les appliquer.
Pour l’heure, précisons que Loblaw espère réduire d’un
milliard la quantité de sacs en plastique acheminés vers les
lieux d’enfouissement d’ici la fin de 2009. Metro compte
réduire de moitié le nombre de sacs distribués durant la même
période. Quant à IGA, il a noté une réduction de 25% des sacs
distribués depuis qu’il offre des sacs réutilisables.
Donnée intéressante : les magasins de la chaîne Loblaw qui ont
exigé ces derniers mois 5 ¢ par sac, dans le cadre de projets
pilotes, ont constaté une réduction de leur utilisation de 55%
à 75%. Ceux qui, en revanche, offraient un remboursement de
quelques sous pour chaque sac réutilisable ont noté une timide
réduction de sacs distribués d’à peine 4%.
En 2006, on évaluait qu’environ 2 milliards de sacs étaient
distribués chaque année au Québec, ce qui correspond à environ
cinq sacs par semaine par personne. On estimait alors que 87%
de ces sacs prenaient le chemin du dépotoir, où ils
représentent moins de 2% de l’ensemble des déchets
résidentiels.
Un frigo qui sauve la planète et coûte moins cher
Une entreprise
de Les Coteaux, à l’ouest de Montréal, pense avoir trouvé la
solution pour améliorer l’efficacité des réfrigérateurs
utilisés dans les supermarchés. Et pour augmenter la cadence
de production, elle est en train d’agrandir son usine,
d’ajouter de l’équipement et d’embaucher des employés.
« Si
tout va comme prévu, notre plus grand défi sera de fournir
la demande », estime Serge Dubé, président du Groupe CSC.
« C’est le système de l’avenir ! » lance Serge Dubé, président
du Groupe CSC.
Son nouveau
produit, l’Eco-System, combine à la fois la réfrigération,
la climatisation, la ventilation, la déshumidification, le
chauffage et les contrôles. L’entreprise possède des brevets
d’invention et des droits d’auteur mondiaux dans une
centaine de pays.
Ce comptoir réfrigéré, de 35 pieds de long sur 11 pieds de
large, permettrait de réduire de façon substantielle les
émissions de gaz à effet de serre dans l’environnement.
« Jusqu’à 3900 fois moins que les technologies actuelles qui
utilisent des réfrigérants synthétiques », précise le
dirigeant.
Un frigo qui sauve la planète et coûte moins cher
Mais, plus
encore, ce nouveau système abaisse significativement les
coûts d’exploitation et d’entretien des épiceries et des
marchés d’alimentation.
Ses technologies de récupération diminuent les frais de
consommation d’énergie. « Les coûts de réfrigération sont
réduits de moitié, dit M. Dubé. Pour un magasin de 50 000
pieds carrés, on parle de dizaines de milliers de dollars
par année. »
De plus, ce système éliminerait les coûts de chauffage.
Dans ce cas, les économies annuelles s’élèveraient à plus
de 60 000$ par supermarché, selon le président.
« La récupération de chaleur permet souvent de chauffer la
totalité du supermarché, incluant les allées, le portique,
l’arrière réservé aux employés, l’entrepôt, l’eau chaude
et les quais de réception », précise-t-il.
Sans compter, ajoute M. Dubé, que le système génère des
frais d’entretien 30% moins coûteux. Il utilise aussi cinq
fois moins de réfrigérants (et ils sont dix fois moins
coûteux). De l’intérêt pour le système Des magasins sont
déjà intéressés par cette nouvelle technologie. Des
ententes ont été signées avec IGA à Coteau-du-Lac, IGA
Quintal à Laval, IGA Gagné à Québec, Metro GP à Québec et
IGA Cookshire.
Le premier des cinq projetspilotes sera mis en service à
Coteau-du-Lac le mois prochain.
Pour être certain que tout fonct ionne bien, le Groupe CSC
a développé son produit en laboratoire. « On a simulé un
magasin de 25 000 pieds depuis un an, dit Serge Dubé. Je
suis très fier des résultats. Nous sommes en train de
faire une révolution dans le monde de l’alimentation. »
L’entreprise a de grands espoirs pour l’Eco-System. «
Notre but est de le commercialiser rapidement, dit le
président. D’ici cinq ans, on pense réaliser des revenus
de 100 millions (par rapport 20 millions aujourd’hui). »
Le marché canadien, à lui seul, compte 6500 détaillants en
alimentation.
« Notre système de dégivrage plaît aussi aux détaillants,
souligne Serge Dubé. Parce que la température varie moins,
on a une meilleure qualité de produits dans le comptoir
réfrigéré et dans les congélateurs. »
Un plus pour l’environnement
Pour répondre à la demande, le Groupe CSC investit 1
million pour faire un agrandissement de 17 000 pieds
carrés à son usine de 30 000 pieds carrés à Les Côteaux.
La fin de la construction est prévue cet été. L’entreprise
embauchera 30 nouveaux employés dans les prochains mois.
Elle prévoit doubler ce nombre d’ici la fin de 2010.
« Si tout va comme prévu, notre plus grand défi sera de
fournir la demande, avance le président. Il faudra aussi
bien former les employés. »
Serge Dubé est particulièrement fier de l’aspect
écologique du nouveau système. « C’est vraiment plaisant,
car nous sommes en train de présenter quelque chose qui
n’existe pas ailleurs dans le monde », dit-il.
Selon ses ca lculs , si les 6500 détaillants canadiens
utilisaient tous l’Eco-System, cela entraînerait une
baisse des gaz à effet de serre équivalant au retrait de
la circulation de 2 millions d’automobiles.
ENVIRONNEMENT -
Idéal, le scooter électrique ? - FRANÇOIS CARDINAL
Le scooter semble minuscule à côté du gros autobus. Et
pourtant, à l’intersection, c’est le plus petit qui attire les
regards. Curieux, le chauffeur de la STM ouvre même sa fenêtre
pour examiner le deux-roues. Puis son visage s’illumine: «
Hein!?! Il est vraiment tout électrique? »
Signe d’acquiescement. Sourire. Puis
le scooter file à vive allure dans un silence complet, sans
l’ombre d’un nuage polluant.
Fabriqué par une entreprise taiwanaise, l’EVT-168 ne possède pas
de bougies, de réservoir à essence, de catalyseur ni même de pot
d’échappement. Totalement électrique, il est plutôt doté d’un
ensemble de batteries et, ce qui le caractérise, d’un
moteur-roue (oui, oui, comme celui qu’a abandonné Hydro-Québec).
Oubliez donc les centimètres cubes, ce scooter est équipé d’un
moteur de 1500 W, la puissance la plus élevée de sa catégorie
(équivalent à 49 cm3). Unwatt de plus et le permis de moto est
obligatoire.
Il ne s’agit donc pas ici d’un vélo déguisé en scooter, comme il
y en a tant en ville, mais plutôt d’un réel cyclomoteur capable
d’atteindre près de 60 km/h en quelques secondes, d’emprunter
les ponts JacquesCartier et Victoria, de se faufiler dans la
congestion la plus lourde et de se garer presque n’importe où,
tout à fait gratuitement.
Mais bon, que valent tous ces avantages si le scooter tombe en
panne de courant après seulement quelques kilomètres? Qu’en
est-il donc de l’autonomie du bolide?
L’EVT-168 est doté d’un bouton qui vous permet d’alterner entre
deux modes de conduite: « économie » ou « puissance ». Entre les
deux, 10 km/h de différence... et toute une capacité électrique.
Vous vous maintenez à « économie » et acceptez ainsi de ne pas
dépasser 45 km/h (ce qui est loin d’être évident)? Vous
obtiendrez une autonomie d’environ 70 km, soit l’équivalent du
tour de l’île de Montréal à vol d’oiseau. Si, au contraire, vous
roulez constamment « dans le tapis », vous ne dépasserez pas les
30 km (40 kmselon le constructeur, mais croyez plutôt celui qui
a dû pousser le scooter après le 29e kilomètre...)
Bref,
l’autonomie varie entre 30 et 70 km, ce qui n’est pas suffisant
pour le « vendeur de commerce », il est vrai, mais qui l’est
amplement pour les navetteurs urbains, même ceux de la proche
banlieue. Surtout s’ils ont accès à une prise de courant au
bureau.
Car pour charger la bête, rien de plus simple. On la branche
dans une prise ordinaire. En une heure, la batterie est
rechargée aux deux tiers; en quatre heures, elle est pleine. Le
coût: moins de 10¢ la charge.
« Elle est finie, l’époque où les scooters électriques étaient
peu fiables, peu rapides et manquaient d’autonomie, estime David
Goldmann, propriétaire de la boutique Ecomoto, à Montréal. Mais
leur popularité est néanmoins limitée, car les gens ne font pas
encore la différence entre un vélo électrique et un scooter. »
Mais il n’y a peut-être pas que cela. Si le scooter électrique
jouit d’incontestables avantages, il compte aussi certains
désagréments: le fait qu’il n’y ait pas de bornes de recharge en
ville comme il en existe à Paris, la courte durée de la saison
de scooter et, surtout, son prix.
Doté de batteries au lithium, le EVT-168 se détaille 5000$, soit
le même prix qu’une Vespa italienne de bien meilleure qualité.
Suffit de rencontrer un nid-de-poule pour s’en convaincre... La
facture baisse certes à 3700$ avec des batteries au plomb, mais
ces dernières ne durent qu’un peu plus de deux ans (600$ le
remplacement).
« C’est vrai, mais pourquoi exiger d’un scooter ce qu’on ne
demande pas à une auto? s’interroge David Goldmann. Quand vous
achetez une voiture, demandezvous le prix des freins ou des
pneus d’hiver? »
Bonne question. Malgré les problèmes environnementaux qui
s’aggravent, nous exigeons encore aujourd’hui que les produits «
éco » soient au même prix que les produits nocifs pour
l’environnement, voire moins chers encore. Prenez la Prius, par
exemple: on ne l’achètera que si le prix de l’essence est assez
élevé pour « rentrer dans notre argent », même si on n’exige pas
la même chose d’une auto luxueuse, d’un VUS ou d’une voiture
sportive.
Comme si le faible impact environnemental d’un véhicule, qu’il
ait deux ou quatre roues, n’était pas en soi une valeur ajoutée.
Le bac brun pour tous d’ici 2014 -
Charles Côté
Montréal mise
sur le compostage des déchets de table
D’ici cinq ans, tous les citoyens de l ’ î le de Montréal
feront connaissance avec le « bac brun », cousin du bac de
recyclage, selon les termes du Plan directeur de gestion des
matières résiduelles, dont les grandes lignes ont été
dévoilées hier.
PHOTO IMACOM
La Ville de Montréal a l’intention
d’implanter la collecte séparée des déchets de table d’ici
2014.
L’agglomération montréalaise a en effet l’intention
d’implanter entre 2012 et 2014 la collecte séparée de déchets
de table et de construire quatre usines de compostage.
Il ne manque que la confirmation d’un financement provincial,
dans le cadre d’un programme annoncé dans le budget 2009.
Le but est de réduire la quantité de déchets enfouis, affirme
Alan DeSousa, membre du comité exécutif de Montréal et
responsable de l’environnement et du développement durable. «
Chaque personne produit une demi-tonne de déchets par année et
c’est beaucoup trop », affirme M. DeSousa.
Cela signifierait le passage de deux collectes d’ordures
hebdomadaires à une seule. Déjà, 50 000 personnes sont
desservies par la collecte de résidus de table dans l’île,
dans des parties du PlateauMont-Royal, de Côte-Saint-Luc, de
Pointe-Claire et de Westmount.
Le plan présenté par M. DeSousa doit être adopté par le
conseil d’agglomération au mois d’août. Ce conseil présidé par
le maire Gérald Tremblay regroupe toutes les municipalités de
l’île et représente 1,8 million d’habitants.
Le plan
prévoit des dépenses de 240 millions sur 10 ans. Huit nouveaux
écocentres s’ajouteront aux six existants. Celui de LaSalle
sera en chantier cet automne. Celui de Saint-Laurent suivra
l’an prochain. Les écocentres sont des endroits où les
citoyens peuvent porter leurs objets réutilisables, leurs
déchets dangereux et leurs débris de démolition.
L’agglomération peine toujours à atteindre l’objectif de
recycler 60% du métal, du papier, du verre et du plastique. Le
taux pour 2008 était de 53%. Mais on attend beaucoup de la
distribution déjà amorcée de bacs roulants de grande capacité.
« On vise 80% », affirme Chantal Gagnon, directrice de
l’environnement à la Ville de Montréal.
Le plan a beaucoup été amélioré depuis le projet présenté l’an
dernier, selon André Porlier, du Conseil régional de
l’environnement de Montréal. « Ils ont rapproché les
objectifs, dit-il. On ramène ça à 2012 au lieu de 2017. Ça
envoie un message très fort aux autres villes de la région. »
Paradoxalement, l’annonce de l’implantation des bacs bruns à
Montréal survient quelques heures après celle par Québec de
l’agrandissement des deux plus grands dépotoirs de la région.
En ef fet , la minist re du Développement durable, de
l’Environnement et des Parcs, Line Beauchamp, a annoncé coup
sur coup l’agrandissement du lieu d’enfouissement technique de
Waste Management à Sainte-Sophie, dans les BassesLaurentides,
et celui de BFI à Terrebonne. Au total, ces deux dépotoirs
pourront accueillir 2,7 millions de mètres cubes de déchets
par année, au cours des cinq prochaines années, soit
exactement pendant la période où Montréal implantera sa
nouvelle collecte. « Québec envoie un drôle de message »,
affirme M. Porlier.
Mais M. DeSousa n’y voit pas de contradiction. « Notre plan
est sérieux, dit-il. Nos cibles sont bien déterminées.
Peut-être même qu’un prolongement de la vie de ces deux sites
ne sera pas nécessaire. »
À l’école sans ma voiture - François
Cardinal
Àl’initiative
d’un
jeune de 5e secondaire, une centaine d’élèves de
l’académie Royal West se rendront à l’école à vélo,
mardi. Ils se rendront à Montréal-Ouest sur deux roues,
d’aussi loin qu’Ahuntsic, Baie-D’Urfé et L’Île-Bizard.
L’objectif est de souligner la journée En ville sans ma
voiture, mais, ce faisant, ces jeunes s’attaquent à un
problème qui sévit maintenant à longueur d’année: la
motorisation grandissante du transport scolaire.
Résumons la chose: plus il y a d’autos près des écoles,
plus les parents craignent que leurs enfants s’y rendent
à pied ou à vélo, plus ils choisissent l’auto pour les y
amener…
Si on met bout à bout les rares recherches sur la
question, on constate qu’en 1971, environ 80% des
Canadiens de 7 et 8 ans marchaient pour se rendre à
l’école. Dix-sept ans plus tard, au Québec, ils ne sont
plus que 34% (5 à 13 ans). Puis, en 2004, le taux chute
à 14,5% (6 ans).
Si l’on veut comparer des données comparables, il faut
alors raccourcir la période d’observation. De 1998 à
2003, dans la région de Montréal, la part des
déplacements à pied est passée de 41% à 34%, tandis que
celle de l’automobile a grimpé de 22% à 31%, selon une
enquête du groupe de recherche Ville et mobilité, de
l’Université de Montréal.
« (Cela) n’est pas sans conséquence sur le plan
environnemental et sur le plan de la santé », se
désolent les chercheurs.
Pourquoi
donc choisir l’auto? Les raisons sont nombreuses. Que
l’on pense à l’insécurité routière, à la réduction de la
densité, à notre gestion plus serrée du temps, ou
encore, à la popularité des écoles privées et à vocation
particulière, qui obligent les élèves à parcourir de
plus grandes distances.
Autant de raisons compréhensibles… et difficilement
réversibles. Inutile, donc, de rêver à un retour aux
taux des années 50 (qui devaient frôler les 100 %), mais
examinons ce qu’il est possible de faire pour réduire, à
tout le moins, le monopole de l’auto et ses
conséquences: sédentarité, obésité, diabète, perte
d’autonomie, etc.
À titre de milieu de vie privilégié des jeunes, l’école
devrait par exemple inciter les enfants à prendre la
bicyclette ou à marcher. Or, au contraire, on constate
qu’un nombre croissant d’écoles interdisent carrément
les déplacements à vélo, pour des raisons de sécurité.
Aberrant! Du côté des parents, le groupe de recherche
note que « la mobilité d’un élève du primaire est
fortement dépendante du contrôle parental». Autrement
dit, le mode de déplacement de l’adulte est celui de
l’enfant.
Les parents peuvent donc donner l’exemple… ou déléguer
cette responsabilité. L’idée du pédibus est séduisante.
Des voisins se réunissent et organisent une route qui
permet à l’un d’eux (en alternance, s’ils le souhaitent)
de passer prendre les enfants à pied, un à un, pour se
rendre à l’école et y revenir.
Pour réduire l’effort, on peut même demander l’aide de
retraités ou de jeunes, qui pourraient très bien, dès 11
ans, accompagner les plus petits. La Société canadienne
du cancer travaille d’ailleurs à l’implantation de
pédibus organisés par ses bénévoles.
Astreignant
?
Il semble que c’est le cas pour notre société hyper
individualiste. Et pourtant, imaginons les bienfaits
engendrés par un si petit effort.
Tempête dans l’assiette bio - Stéphanie
Bérubé
Si les
agriculteurs de la planète se mettaient tous à la
culture biologique, ce serait une catastrophe naturelle.
Une étude américaine démontre
que les aliments issus de l’agriculture biologique
sont équivalents, d’un point de vue nutritif, aux
aliments de l’agriculture conventionnelle.
L’affirmation lancée dans le New York Times a trouvé
écho. Évidemment, s’il n’y avait que le patron de
Syngenta, gigantesque firme d’agribusiness, pour faire
un tel calcul, on n’en ferait pas grand cas. Or, Michael
Mack est loin d’être le seul de cet avis.
Les gens se trompent en pensant que ce qui est naturel
est toujours mieux, conclut l’homme d’affaires. La
culture biologique demande 30% de plus de terre et c’est
un luxe que la planète ne peut s’offrir.
« Ce débat dans le bio n’est pas nouveau », tranche
Laura Telford, directrice de l’organisme Canadian
Organic Growers.
« Il faut regarder ça autrement, dit-elle :
l’agriculture biologique prend soin du sol. C’est bien
d’avoir des rendements extraordinaires en agriculture
conventionnelle, mais si nous épuisons nos sols et
qu’ils ne produisent plus rien dans quelques années,
nous n’avons rien gagné. » À long terme, l’agriculture
biologique serait plus productive en protégeant le sol
et sa biodiversité, plaide Laura Telford.
Efficacité énergétique et empreinte écologique
Un autre détail fait grincer des dents les défenseurs de
l’agriculture biologique lorsque l’on fait la
comparaison entre les deux types de production.
« Quand
on parle de l’efficacité énergétique et de l’empreinte
écologique de l’agriculture conventionnelle, il faudrait
tenir compte de la quantité majeure de gaz à effet de
serre nécessaire pour la production et le transport des
pesticides et des engrais », note Denis Lafrance,
coresponsable du Centre d’expertise et de transfert en
agriculture biologique et de circuit court du Cégep de
Victoriaville. Si on pouvait ajouter ces coûts dans les
dépenses de l’agriculture conventionnelle, la
comparaison serait plus juste, plaide-t-il.
Pa r ai l leur s , expl ique Denis Lafrance,
l’agriculture conventionnelle est largement pratiquée
sur la planète et l’on n’a toujours pas éradiqué le
problème de la faim dans le monde. Loin s’en faut.
« I l y a amplement de nourriture disponible dans le
monde aujourd’hui pour que tous mangent à leur faim,
ditil. La cause de la faim dans le monde est la
pauvreté. J’ai déjà demandé à un agriculteur indien, qui
se vantait de ses politiques sociales positives envers
ses employés, les salaires qu’il payait : 0,75 $ par
jour pour les femmes, 1,25 $ pour les hommes. Comment
manger à sa faim et payer des études aux enfants avec de
tels salaires ? »
On se trompe si on calcule que le bio prend une place
qui serait sinon réservée à d’autres cultures, affirme
aussi le professeur David Wees, du département de
sciences végétales de l’Université McGill. «Pourquoi
risque-t-on de manquer de nourriture? Certainement pas
parce que des tomates biologiques prennent trop de
place! dit-il. C’est un problème d’accessibilité à la
nourriture. »
Le modèle parfait n’existe pas, tranche Benoît Girouard,
président de l’Union paysanne. «Je crois que le bio peut
nourrir le monde, dit-il. Mais c’est vrai que le travail
du sol est plus mécanisé en agriculture biologique et
que, donc, on émet plus de gaz carbonique (CO ). »
L’Union paysanne
2 favorise une agriculture qui va boucler le cycle
énergétique en n’important pas les engrais. En
utilisant, le plus possible, les ressources locales.
Comme si les producteurs bios avaient besoin d’une autre
tuile, une étude publiée à la fin de l’été dans
l’American
concluait que les aliments biologiques
sont équivalents aux autres. Pas de preuve qu’ils
contiennent plus de vitamines et de minéraux. À
l’Université McGill, le professeur Wees a fait un test
de dégustation à l’aveugle entre des concombres et des
tomates biologiques et leurs cousins réguliers. Au grand
désespoir des étudiants qui avaient un préjugé pro-bio,
les légumes conventionnels sont sortis gagnants. De peu,
mais tout de même, les légumes bios ne leur ont pas été
préférés.
Les légumes écolos ne sont pas ceux que vous croyez
Parce que tout le
monde veut faire sa part pour la planète, les consommateurs
sont devenus très soucieux de la provenance des aliments
qu’ils mettent dans leur panier d’épicerie. Il vaut mieux
privilégier les légumes qui ont poussé près de la maison,
n’est-ce pas ?En fait, aussi surprenant que cela puisse
paraître, on émet parfois plus de gaz à effet de serre pour se
rendre à l’épicerie, en voiture, que le Yes, We Have No
Bananas, une synthèse des recherches publiées sur l’empreinte
écologique des aliments.
Le sujet est hautement émotif.
« C’est d’ailleurs ce qui explique la popularité de
l’alimentation locale, croit le chercheur canadien. C’est un
concept qui plaît beaucoup, mais qui ne résiste pas à
l’analyse. »Le transport ne compterait que
pour 11% des émissions à gaz à effet de serre imputables à
un aliment, dans son ensemble.
La grande
majorité de ces émissions est faite durant la production
de l’aliment. C’est pourquoi ceux qui veulent réduire
l’empreinte écologique de leur assiette devraient
s’intéresser davantage au mode de production qu’à la
provenance de l’aliment qu’ils cuisineront.« Par
exemple, si on fait venir une laitue de Californie par
camion, on fait fausse route, explique David Wees,
professeur au département de sciences végétales à
l’Université McGill. La laitue contient 99% d’eau et la
Californie a un climat semi-aride. La faire pousser a
demandé un important effort d’irrigation. Nous lui faisons
faire plus de trois jours de route avant de la trouver au
supermarché. Ça n’a aucun sens. »
De plus, il faut considérer que tous les types de
transport n’ont pas le même poids sur la balance de la
pollution. Le transport marin, par exemple, compte pour
65% de tout le kilométrage alimentaire, explique Pierre
Desrochers, mais c’est le moins polluant. Un al i ment qui
vient de loin, par bateau, sera plus vert qu’un autre qui
a moins voyagé, mais qui s’est rendu à l’épicerie par
l’autoroute.
De la complexité de l’épicerie
On n’aurait jamais cru que faire l’épicerie serait si
complexe.
« Quand on entre dans le concept du développement durable,
il y a beaucoup de choses à considérer », confirme Daniel
Normandin, directeur exécutif du Centre interuniversitaire
de recherche sur le cycle de vie des produits, procédés et
services (CIRAIG) installé à l’École polytechnique.
Le développement durable inclut des concepts
d’environnement, mais il y a également des considérations
de développement économique et social qui doivent être
calculées, explique-t-il. Doit-on favoriser de petites
entreprises à gauche et à droite ou un lieu de production
où l’on peut tout contrôler? demande le chercheur. « D’un
point d
vue strictement économique, on devrait produire là où
c’est le plus efficace de le faire », répond Daniel
Normandin.
aliment, il faut observer tout
son cycle de vie, explique le Pr Pierre Desrochers,
auteur de l’étude une synthèse des recherches sur
l’empreinte écologique des aliments.
Néanmoins, même s’il s’agissait d’un concept très
imparfait, le kilométrage alimentaire était un premier pas
qui méritait d’être franchi, estime-t-il.
Son collègue de McGill, David Wees, note aussi que tout le
mouvement de l’achat local aura eu le bienfait de
rapprocher les consommateurs des agriculteurs et de leur
faire se poser des questions sur la provenance de leurs
aliments.
Mais on sait maintenant que les choses sont autrement plus
complexes. Pour faciliter la vie des consommateurs, le
CIRAIG développe actuellement une étiquette qui se
retrouverait collée sur les produits dans le futur. Elle
donnerait un bon aperçu de l’empreinte écologique de
l’aliment, en calculant quatre indicateurs : les
changements climatiques, la santé des écosystèmes, la
santé humaine et son impact sur les ressources.
Les consommateurs sont-ils prêts pour cela? « Lorsque les
étiquettes nutritionnelles sont apparues, tout le monde
disait que c’était du chinois, dit Daniel Normandin. Sans
information, les consommateurs sont dans le néant. Nous,
on se dit que tant qu’à le faire, il faut le faire comme
il faut. C’est un exercice qui mérite d’être fait si on
croit à l’environnement. »
LA FIN DU BOTTIN ? - François Cardinal
Au moment où vous lisez ces lignes, des millions
d’exemplaires de l’annuaire téléphonique sont distribuées à
Montréal et ailleurs au Québec. Vous n’en voulez pas ? Eh
bien vous pouvez maintenant vous « désabonner ». Depuis juin
dernier, Groupe Pages Jaunes offre en effet aux
consommateurs résidentiels un nouveau « programme de
distribution personnalisée » qui permet de cesser d’en
recevoir... ou d’en demander plus d’exemplaires. Ceux qui
oublient de se désinscrire peuvent toujours déposer les
bottins dans leur bac de recyclage.
Des internautes partent en croisade contre les Pages
Jaunes - Martin Croteau
Des
internautes s’en prennent au bottin téléphonique. Un
Montréalais a lancé une campagne pour que les Pages
Jaunes cessent de lui être livrées chaque année. Et il
encourage les autres à retourner la brique à son
expéditeur.
F r u s t ré de re c evoi r u n annuaire chaque année
sans qu’il en fasse la demande, Frédéric Bohbot a lancé
un groupe Facebook. Selon lui, l’annuaire de plusieurs
centaines de pages n’est qu’un vaste gaspillage de
papier.
« Ça n’a pas de sens que je reçoive ça chaque année »,
soutient ce résida nt du Plateau-Mont-Royal, qui a vu
des dizaines de bottins déposés au bord de la rue au
cours des derniers jours.
Près de 200 personnes se sont jointes au groupe de
Frédéric Bohbot, qui n’est d’ailleurs pas seul à militer
pour cette cause. Un autre groupe Facebook appelant à la
fin de la distribution des Pages Jaunes a déjà attiré
946 internautes.
Le producteur de documentaires compte organiser une
manifestation au cours de laquelle les Montréalais
retourneront leurs annuaires à leur expéditeur. Mais
pour l’heure, dit-il, aucune date n’a encore été fixée.
Le
Groupe Pages Jaunes se dit conscient de l’impact
environnemental de la distribution d’annuaires. Mais
l’entreprise fait valoir qu’elle a adopté une série de
mesures au fil des ans pour le réduire.
« Tout ce qui entre dans la composition de l’annuaire –
que ce soit l’encre, la colle, le papier – est
entièrement recyclable, explique la directrice des
communications du Groupe Pages Jaunes, Annie Marsolais.
On peut donc mettre l’annuaire dans le bac à recyclage,
il n’y a aucun doute là-dessus.»
L’entreprise a placé son répertoire de numéros de
téléphone sur l’internet, explique-t-elle. Mais sept
clients sur 10 préfèrent toujours le bottin en papier.
Depuis juin, ceux qui ne veulent pas recevoir l’a
nnuaire en papier n’y sont plus obligés. L e Groupe
Pages Jau nes propose u n « pro - gramme de distribution
personnalisé » qui permet à sa clientèle de se «
désabonner » de la livraison.
Mais Frédéric Bohbot n’est pas satisfait pour autant.
«Ils mettent la responsabilité sur nous pour arrêter cet
envoi, alors que ça devrait être l’inverse, dit-il. Les
gens devraient les joindre pour leur dire qu’ils veulent
les Pages Jaunes. »
HARO SUR LE CATALOGUE SEARS
Après les mouchoirs Kleenex, qui ne sont plus
aujourd’hui fabriqués à partir d’arbres de forêts anciennes
ou menacées, au tour du catalogue Sears de s’attirer les
foudres des écologistes. Le groupe ForestEthics a lancé une
campagne visant à sensibiliser les consommateurs aux
pratiques de Sears Holding Company, jugées peu responsables.
Malgré les promesses faites dans le passé, les 425 millions
(sic!) de catalogues envoyés chaque année en Amérique du
Nord ne respectent aucune certification environnementale.
Pis, selon ForestEthics, ils proviendraient en partie
d’arbres coupés dans la fragile forêt boréale canadienne.
Les fournisseurs de cellulaire ne sont pas
« verts »
Une
nouvelle étude qui s’est penchée sur l’impact
environnemental des fournisseurs de téléphonie cellulaire
affirme que les entreprises canadiennes traînent loin
derrière leurs consoeurs américaines dans ce domaine.
La f i r me ABI Research accorde aux géants AT& T
Wireless, Sprint Nextel et Verizon les premières places en
Amérique du Nord. Le Mexique ne faisait pas partie de
cette étude. La canadienne Telus arrive en cinquième
place, tout juste devant Rogers sans fil et Bell Mobilité,
qui occupent les sixième et septième places
respectivement.
ABI dit avoir étudié l’impact environnemental des
technologies utilisées par les entreprises dans leurs
réseaux, leurs équipements et leurs téléphones, ainsi que
leurs efforts de recyclage de téléphones.
Elle accorde la première place au Canada à Telus parce que
la société a publié des renseignements sur ses efforts
environnementaux et la consommation énergétique de ses
bureaux, et qu’elle a mesuré s on empreinte carbone.
Mais ABI
préc i s e que, contrairement à AT& T et Sprint, ni
Telus, ni Rogers, ni Bell n’ont dévoilé suffisamment
d’informations au sujet de la consommation énergétique de
leur réseau cellulaire et de leurs infrastructures.
Selon l ’a nalyste Aditya Kaul, d’ABI, les fournisseurs
canadiens ne semblent pas avoir mis en place de mesures
pour réduire la consommation énergétique de leurs réseaux,
même si cela représente environ 80 % de la consommation
totale.
Rogers a i ndiqué avoi r l ’ i ntention de r éduire la
consommation de ses stations cellulaires, où se trouve l
’équipement de t élécommunications, mais n’a pas dévoilé
les mesures mises en place à ce jour. Bell semble ne rien
avoir prévu à ce sujet, ajoute M. Kaul.
Il a aussi souligné que Telus rapportait avoir recyclé 50
000 téléphones et prévoyait atteindre la barre des 90 000
d’ici la fin de l’année. En comparaison, dit-il, Sprint
s’est donné comme objectif de recycler 90 % des téléphones
qu’elle vendra d’ici 2017.
Ontario : Les ours polaires protégés
Les ours polaires de l’Ontario sont dorénavant
considérés comme une espèce menacée, afin de leur assurer
une meilleure protection. Robert Buchanan, de Polar Bears
International, se réjouit que l’Ontario suive ainsi
l’exemple duManitoba pour attirer l’attention sur la
diminution rapide du nombre d’ours polaires dans cette
province. Les glaces qui fondent dans le Grand Nord sont
devenues un problème majeur, dit-il. Le Canada compte 60%
des ours polaires sur la planète.
Conçu pour ne pas durer... -
François Cardinal
Les piles
de votre iPod ont lâché, la barre bleue de votre brosse à
dents a disparu, votre ordinateur vous signale qu’il est
temps de changer les cartouches de votre imprimante...
Que faire? Jeter et racheter. Jeter et racheter encore. Et
ce, même si l’objet à remplacer n’a pas vraiment atteint
la fin de sa vie utile: le iPod fonctionnerait très bien
avec une nouvelle pile, la brosse à dents est à peine usée
et la cartouche est encore au tiers pleine.
Du rasoir Gillette au début du XXe siècle jusqu’au
cellulaire aujourd’hui, l’industrie n’a cessé de
s’efforcer de fragiliser ses produits, de les rendre le
moins durable possible, perfectionnant toujours plus ce
qu’on appelle « l’obsolescence planifiée ».
Cela remonte au début de l’industrialisation, lorsque les
entreprises ont éprouvé des problèmes de surproduction.
Ils avaient alors le choix : moins produire ou vendre
plus... The rest is history, comme on dit.
« Lorsque les coûts de recyclage ne sont pas introduits
dans le plan d’affaires des fabricants, souligne
Recyc-Québec, il est avantageux pour eux d’abaisser la
qualité de leurs produits pour en vendre plus à moyen
terme. »
Voilà pourquoi un nombre croissant de gouvernements ont
décidé de contraindre les entreprises, particulièrement
celles du domaine de l’électronique, à reprendre puis à
recycler les produits qu’elles mettent en marché une fois
leur fin de vie utile atteinte.
Dernier en date, avec beaucoup de retard, le Québec
devrait déposer un projet de règlement en ce sens d’ici
quelques semaines. Les producteurs devront ainsi mettre
sur pied des points de collecte dans la province, afin que
les consommateurs puissent y déposer leurs objets
électroniques.
La chose existe déjà dans une quinzaine d’États
américains, dans la moitié des provinces canadiennes, en
Asie, dans l’Union européenne, et, malgré tout, l’industrie
se rebiffe.
Elle ne veut pas que le consommateur lui impute la
responsabilité des coûts supplémentaires qu’elle lui
chargera, inévitablement, pour éponger le coût de la
récupération. Elle souhaiterait plutôt qu’une nouvelle taxe
apparaisse sur la facture, comme en Colombie-Britannique,
afin que ce soit le gouvernement qui devienne la cible des
consommateurs mécontents.
« Inscrire les frais sur la facture du client est la manière
la plus transparente de faire », précise Recyclage des
produits électroniques Canada, organisme qui représente les
entreprises visées.
Bref, on parle ici de « responsabilité élargie des
producteurs » et la première chose que font les producteurs,
c’est se déresponsabiliser encore un peu plus des produits
qu’ils mettent eux-mêmes en marché.
Cette position est d’autant plus surprenante que
l’intervention des gouvernements est directement liée à leur
incapacité à mettre de l’avant des mesures volontaires de
récupération des produits.
En témoigne par exemple l’énorme écart qui sépare les États
américains qui ont décidé d’agir des autres. Il existe ainsi
près de 70 points de collecte dans le Minnesota et seulement
deux dans l’État de New York, pourtant plus populeux. Lequel
a mis l’industrie au pas?
Plus proche de nous, les statistiques contenues dans le
document de réf lexion du gouvernement québécois sur la
responsabilité élargie des producteurs parlent
d’elles-mêmes. On envoie à l’enfouissement 59% des produits
électroniques, 95% des lampes fluocompactes utilisées à la
maison, 93% des piles, etc.
Au r ythme de consommat ion actuel, la chose devient donc de
plus en plus intenable. Si elle ne l’est pas déjà.
La Californie s’attaque aux écrans plats
énergivores - Nicolas Bérubé
LOS
ANGELES — On les appelle les « nouveaux VUS ». Ces
écrans de télé plats, parfois grands comme des tables de
billard, qui consomment plus d’électricité qu’une
sécheuse ou un réfrigérateur.
En quelques années, ils sont devenus la norme. En
Californie, l’État américain le plus populeux, on en
trouve 35 millions d’unités. Aujourd’hui, l’État de la
côte Ouest entend être le premier à resserrer les
standards sur la consommation d’électricité des
télévisions, comme il l’a fait avec différents appareils
électroménagers durant les années 70.
Les nouvelles règles, qui pourraient être adoptées dès
cette semaine, auraient pour effet de réduire de 50% la
consommation d’énergie des télés d’ici 2013.
« Cette mesure sera non seulement bénéfique pour
l’environnement; elle permettra aussi une croissance
économique et entraînera la création de nouveaux emplois
dans les technologies vertes », soutient la commissaire
chargée du dossier à la California Energy Commission,
Julia Levin.
Actuellement, une télévision au plasma ou à cristaux
liquides ayant une diagonale de 132 cm (52 po) consomme
plus d’électricité que le plus gros modèle de
réfrigérateur domestique, note la commission.
Ces nouvelles télés « ont dépassé les appareils
électroménagers au chapitre de la consommation
d’électricité, pour devenir les appareils les plus
énergivores présents dans les foyers américains ».
Selon l’ État, les nouvelles normes feraient économiser
30$ par année aux consommateurs en frais d’électricité.
Cela permettrait d’éviter la construction d’une centrale
au gaz naturel au coût de 600 millions de dollars, a
calculé le L.A. Times.
Le
gouverneur Arnold Schwarzenegger appuie l’initiative. «
Nous devons aller dans cette direction. Nous devons
encourager les fabricants à emprunter cette voie, car la
technologie est disponible », a-t-il dit récemment.
Les représentants de l’industrie, eux, se battent contre
ces nouvelles normes. « Les efforts volontaires des
manufacturiers portent leurs fruits, note Doug Johnson,
directeur de la Consumer Electronics Association. Trop
d’ingérence du gouvernement pourrait avoir des effets
négatifs sur l’industrie, faire grimper les prix au
détail et freiner l’innovation. » Selon l’association,
les nouvelles normes nuiraient au chiffre d’affaires des
commerces au détail et feraient perdre 50 millions de
dollars en taxes à l’État.
C’est dans les années 70 que la Californie a commencé à
resserrer les normes de consommation d’énergie.
Aujourd’hui, l’ État produit 50% de moins d’émissions de
gaz à effet de serre par dollar d’activité économique
que la moyenne des autres États américains. La
Californie attire à elle seule près des trois quarts des
entreprises spécialisées dans les énergies
renouvelables.
Les efforts de l’État pourraient avoir des conséquences
ailleurs, les fabricants choisissant souvent d’étendre
les nouvelles normes à tous leurs produits. Sur le plan
mondial, les appareils électroniques représentent 15% de
la demande en énergie des foyers, une proportion qui est
appelée à tripler au cours des 20 prochaines années,
selon l’Agence internationale de l’énergie. > Nombre
moyen d’appareils électroniques dans
les foyers américains en 1980: 3 > Nombre moyen
d’appareils électroniques dans
les foyers américains en 2009: 25 > Pourcentage de la
facture d’électricité qui sert
à faire fonctionner la télé : 10%
La femme qui plantait des arbres -
Laura-Julie Perrault
Wangari
Maathai, lauréate du prix Nobel de la Paix, était à
Montréal hier
Il reste deux mois avant le début de la conférence de
Copenhague sur les changements climatiques et Wangari
Maathai, lauréate du prix Nobel de la paix, est une femme
en croisade. « Il faut changer le climat dans lequel nous
parlons des changements climatiques », a-t-elle dit la
semaine dernière au président Barack Obama et aux leaders
du monde entier qui étaient réunis à New York pour parler
de la question. La Presse l’a rencontrée, hier, lors de
son passage à Montréal.
En remettant en 2004 le prix Nobel de la paix à la kényane
Wangari Maathai pour avoir mis sur pied un large mouvement
de reforestation de son pays natal, le comité de sélection
reconnaissait une chose : la stabilité politique de la
planète est intimement liée à sa santé. À l’approche de la
Conférence de Copenhague, la première Africaine à avoir
remporté la prestigieuse décoration ne pourrait être plus
d’accord.
PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA
PRESSE
Wangari Maathai parle de l’état du
monde en arborant un immense sourire qui lui donne l’air
d’une gamine.
« Il n’y a pas de doute que les pays développés vont être
les premiers à se tourner vers des énergies alternatives
pour assurer la sécurité de leurs citoyens. Cependant, ils
ne peuvent pas se per mettre d’ignorer le reste du monde,
sinon ce reste du monde va venir à eux. Les changements
climatiques créent de la migration et de la
déstabilisation politique. On le voit déjà dans les pays
où il y a des inondations et des sécheresses. On le voit
dans mon pays, le Kenya », met en garde celle qui sauve la
grande forêt du Congo, un arbre à la fois, depuis qu’elle
a mis sur pied en 1977 le Green Belt Movement.
Déforestation et pauvreté
Malgré les quelque dix milliards d’arbres qu’elle a aidé à
planter, la docteure en biologie rappelle que la
déforestation est responsable à 20 % des changements
climatiques et d’autant plus de pauvreté en Afrique, en
Amérique latine et en Asie.
La semaine dernière, quand elle a été choisie pour
représenter la société civile lors du Sommet des Nations
unies sur les changements climatiques , Wa nga r i M a at
ha i a été heureuse d’entendre plusieurs chefs d’État,
dont Barack Obama, prononcer des discours « positifs » sur
les actions à adopter pour contrer le réchauffement
climatique.
« Plusieurs gouvernements, dont la Chine, les États-Unis,
le Japon et la Norvège, ont utilisé les bons mots, mais le
vrai défi sera de s’asseoir à table pour établir les
nouveaux objectifs de chacun (en matière d’émissions de
gaz à effets de serre », note-t-elle.
C ra
int-elle u n autre Kyoto, mis au rancart par les
Américains, puis par le reste du monde ? « Cette fois-ci,
ça doit arriver, sinon, nous plaisantons. Sinon, nous
n’avons rien à faire de la vie des gens », plaide celle
qui voyage de pays en pays pour parler d’environnement,
d’objectifs mondiaux à atteindre, mais aussi d’efforts
individuels à fournir pour remettre la planète sur pied
et, du coup, améliorer la vie des populations les plus
vulnérables du monde. C’est le message qu’elle a
d’ailleurs livré aux quelques centaines d’étudiants de l’
Université Concordia qui étaient venus l’entendre hier.
Des combats à la tonne
Wangari Maathai a beau parler de l’état du monde en
arborant un immense sourire qui lui donne l’air d’une
gamine, elle ne cache pas que selon elle, le réchauffement
de la planète est le plus grand défi auquel l’humanité ait
eu à faire face.
Et en matière de défi, cette petite femme de 69 ans, en a
vu d’autres. Née dans une famille pauvre du Kenya rural,
fille d’un agriculteur qui travaillait en quasi-esclavage
pour un propriétaire terrien blanc, elle a réussi par
miracle à aller à l’école. Boursière du même programme que
le père de Barack Obama, son compatriote, elle a pu faire
son baccalauréat et sa maîtrise aux États-Unis.
À son retour au Kenya, elle a été la première femme de
toute l’Afrique de l’Est à recevoir un doctorat. Nommée
professeure d’université, elle a dû se battre pour
recevoir le même salaire que ses collègues masculins.
Ses combats ne faisaient que commencer. Dans les années
qui ont suivi, elle a été mise deux fois en prison. Une
fois pour avoir critiqué la justice kényane qui avait
accordé à son mari un divorce injuste. Une deuxième fois,
pour avoir tenu tête au président kényan, Daniel Arap Moi,
qui voulait raser le plus grand parc de Nairobi pour y
faire pousser une tour.
Chaque f o i s , Wa n g a r i Maathai est sortie vainqueur
de ses affrontements. Chaque fois, elle en a profité pour
planter des arbres.
Un devoir des entreprises -
Pierre-Marc Tremblay
Les
sociétés doivent faire pression sur le gouvernement
Harper pour qu’il lutte contre les changements
climatiques
Le Sommet mondial sur les c ha ngements climatiques qui
se tiendra en décembre à Copenhague est loin de faire
l’unanimité au pays. Le Canada, qui fait partie des 10
plus grands pollueurs de la planète, s’y présentera sans
position véritable et sans détermination.
D’ailleurs, dans les rencontres internationales sur
l’environnement, le Canada est désormais perçu comme un
empêcheur de tourner en rond. Le gouvernement Harper
serat-il l’artisan d’un autre échec à la lutte contre le
réchauffement climatique?
Heureusement, le Québec semble davantage sensibilisé à
la question. Mais est-ce suffisant pour être entendu
dans tout le Canada ? Est-ce suffisant pour influencer
la rédaction d’un accord international a mbitieux à
Copenhague ? Nous devons faire pression sur le
gouvernement canadien pour qu’il développe une position
viable face aux changements cli matiques. C’est notre
meilleur moyen d’agir. On ne peut rester insensible aux
impacts catastrophiques des changements climatiques chez
les populations les plus pauvres de la planète. Et on ne
peut oublier que notre tour viendra, plus tôt que tard,
si nous n’agissons pas maintenant.
J’étais présent lorsque l’ancien secrétaire général de
la l’ONU, Kofi Annan, a lancé le mouvement mondial Time
for Climate Justice. Il a beaucoup insisté sur
l’importance des gestes individuels et il a lancé un
appel vibrant aux entreprises à se joindre au mouvement
pour sensibiliser les États les plus riches à l’impact
des changements climatiques.
J’ai été profondément touché par son message et j’ai
tenu à m’engager comme personne et comme entrepreneur.
J’ai donc décidé de m’investir et de prendre le relais
du mouvement pour la justice climatique au Québec,
notamment avec l’appui d’Équiterre.
J’invite
toutes les entreprises et tous les Québécois préoccupés
par le présent et l’avenir de notre planète à faire
entendre leur voix en participant à la pétition vidéo
sur le commensal. com. Constituée d’une succession de
miniclips d’une seconde montrant chaque participant
simuler le tic des aiguilles d’une horloge, cette
pétition vise à démontrer que les changements
climatiques ont un visage humain et que le temps presse.
Cette horloge humaine québécoise sera envoyée au premier
ministre Stephen Harper, avant son départ pour la
capitale danoise, pour lui signifier que le Canada doit
s’engager activement dans la lutte aux changements
climatiques. De plus, l’horloge québécoise sera ajoutée
à l’horloge mondiale et remise aux leaders
internationaux lors du Sommet de Copenhague.
Pourquoi une entreprise privée s ’ i nvestit-el le dans
une démarche semblable? Un coup de marketing ? Un
nouveau truc ? Non. Parce que ça fait partie de ses
valeurs, des valeurs de ses employés et de ses clients.
Parce que c’est un devoir pour les entreprises d’aider
la société dans laquelle elles évoluent. Les entreprises
et leurs dirigeants ne peuvent se désolidariser de
celles et ceux qui les entourent.
Mais quand c’est le cas, ce sont les consommateurs qui
ont désormais le pouvoir de faire avancer les choses. En
effet, en choisissant d’appuyer les entreprises
solidaires et socialement responsables, ils exercent une
pression sur les autres entreprises pour qu’elles posent
aussi des gestes concrets.
Si une entreprise obtient du succès auprès de ses
clients et fait de meilleures affaires en agissant de
façon responsable, il y a fort à parier que ses
concurrents emboîteront le pas. Plus que jamais, le
monde a besoin de cet effet d’entraînement. Le jour où
toutes les entreprises utiliseront une part i mportante
de leur budget marketing pour des initiatives sociales
et environnementales, comme le suggère Kofi Annan, la
planète et les gens qui l’habitent se porteront beaucoup
mieux.
Le Québec, en s’inscrivant da ns ce mouvement, peut
servir d’exemple aux autres régions du monde et affirmer
son leadership dans la lutte aux changements
climatiques. À compter de maintenant, chacune et chacun
de nous dispose d’une seconde pour dire aux leaders de
la planète qu’il est urgent d’agir. Une seconde pour
faire la différence.
COUSTEAU : LE FILS DU COMMANDANT -
Mathieu Perrault
Jean-Michel
Cousteau est de passage cette fin de semaine à l’aquarium de
Québec pour présenter un film IMAX sur les dauphins et les
baleines qu’il a produit et qui sera présenté jusqu’à la fin
de l’été. Le fils du célèbre commandant Cousteau, qui a fait
s
QVous
Jean-Michel Cousteau devant son
bateau, Le Searcher, il y a quelques années. Il est de
passage à Québec ce week-end, pour y présenter son film
sur les dauphins et les baleines.
venez présenter à Québec un film sur les baleines et les
dangers qui les menacent. Comment jugez-vous l’état des
pêches mondiales ? R Il y a deux choses. Plusieurs des
mammifères marins sont mal en point. Il y a des abus,
particulièrement en Asie, très spécialement au Japon où on
offre de la chair de baleine et des ailerons de requin dans
les écoles. Pour les pêches en général, 80% des espèces ne
sont plus disponibles commercialement. Le thon rouge va
disparaître d’ici cinq ans. On offre des poissons qui
étaient considérés de mauvaise qualité dans ma jeunesse. QEt
qu’en est-il de la chasse au phoque pratiquée au Canada? R
On ne devrait pas appuyer la chasse au phoque avec de
l’argent public. Les phoques ont toujours mangé des
langoustes. Les indigènes avant savaient ce qu’ils
faisaient, ils utilisaient la peau pour se vêtir. Mais
aujourd’hui on peut très bien faire la même chose sans
utiliser les phoques. QL’aquaculture
surpêche? R Sur la terre on cultive des graines et des
animaux végétariens, mais pour les poissons, on est
complètement malade. Un kilo de saumon de culture nécessite
2,2 kilos de poissons sauvages. C’est en train de ravager ce
qui reste de poissons dans les océans. Et en plus, il y a
les antibiotiques, les colorants et les parasites qui
contaminent les saumons sauvages. Tout ça pour un marché de
luxe. QL’humanité
devra-t-elle se résoudre à manger des poissons d’aquaculture
d’eau douce, herbivores, qui nourrissent déjà une bonne
partie de l’Asie, plutôt que des poissons marins comme le
thon ou le saumon? R Moi, je suis du côté des pêcheurs.
Malheureusement, ils sont en train de perdre leur travail.
La nature, c’est comme les affaires. Le capital est mis à
notre disposition gratuitement, mais il faut le gérer en ne
prélevant que les intérêts. Ce n’est pas ce que nous
faisons. En ce qui concerne l’aquaculture, c’est vrai, il
faut faire pousser des herbivores. QOn
parle beaucoup des menaces sur les réserves d’eau douce.
Comment jugez-vous la performance du Canada? R À mon avis,
le Canada a tellement d’eau douce qu’il la gaspille. Il est
gâté par la nature. Mais il est important sur le plan
éducatif de sauvegarder l’eau. Sur le plan moral, il est
important de partager. Le Canada a un privilège qu’il lui
faut partager avec le reste du monde. QQue
pensez-vous
de la question de l’exportation de l’eau? R Vous avez des
régions très proches de vous, aux États-Unis, qui en
manquent. Il va falloir que vous exportiez de l’eau, par
exemple au Midwest américain. Vous allez gagner de l’argent.
Je garde mon eau et je la gaspille, ça ne pourra pas durer.
Et s’il faut
est-elle une solution à la exporter de l’eau avec des
citernes, pourquoi pas ? QQuelle
est votre opinion sur les barrages hydroélectriques
planifiés au Québec ? Doit-on considérer l’hydroélectricité
comme une énergie polluante parce qu’elle altère de grands
cours d’eau? L’hydroélectricité fait-elle partie des
solutions pour lutter contre l’effet de serre ? R Les
barrages, sur le plan de la pensée futuriste, c’est une
chose du passé. Si ces barrages interfèrent avec la vie
naturelle, par exemple les saumons, ça ne va pas. Mais il ne
faut pas critiquer le passé, mais voir les solutions
d’avenir, des jeunes. En Floride, il y a des projets de
turbines qui fourniraient 40% des besoins d’électricité de
l’État tout en tournant trop lentement pour endommager les
poissons. QQue
pensez-vous des éoliennes marines et des centrales
marémotrices ? Ces deux types d’énergie font face à beaucoup
d’opposition de la part des populations côtières. R Il y
aura toujours de l’opposition. Quand il n’y en a pas, c’est
que quelque chose ne va pas. QVous
avez fait des études d’architecture pour construire des
villes sous-marines. On parle de plus en plus d’exploiter
les ressources minérales et pétrolières des fonds marins.
Pensez-vous que votre rêve deviendra réalité de votre
vivant, à tout le moins pour des besoins industriels ? R Sur
le plan industriel, sûrement. Les villes sous-marines,
c’était une erreur de jeunesse. Par contre, de plus en plus
de visiteurs vont sur les mers, alors pourquoi pas avoir des
sous-marins de tourisme comme des paquebots ? QÀ
la fin de son mandat, le président américain George W. Bush
a mentionné votre nom en créant d’immenses zones protégées
autour d’îles américaines dans le Pacifique. Êtesvous à
l’aise d’être associé à un président aussi controversé ? R
Pas du tout. Ce président était effectivement très
controversé, 73% de la population était contre lui et j’en
faisais partie. Mais mon métier est de travailler avec les
gens qui ont été élus. À partir dumoment où on voulait
résoudre des problèmes, il y avait le président Bush et la
gouverneure de Hawaii, une républicaine modérée. J’ai réussi
à les convaincre. On a obtenu une zone plus grande que la
grande barrière de corail d’Australie. QVos
relations avec votre célèbre père n’étaient pas faciles.
Cela a-t-il influencé vos relations avec vos propres enfants
? R Quand j’étais très jeune, mon père était inconnu, mais
j’ai par contre eu le privilège d’être dans l’eau tout le
temps. À 7 ans je suis devenu plongeur. Tout ce qui a été
écrit sur son insatisfaction à propos de mes projets est
faux. La seule chose vraie, c’est qu’en 1998, concernant une
entreprise commerciale aux îles Fiji, il y a eu un début
d’action juridique. Elle s’est terminée rapidement, j’ai
signé un document stipulant que j’étais obligé de mettre mon
prénom sur les annonces avec la même taille de caractères
que le nom Cousteau. Mais nous avions tous deux le même
souci de montrer que des projets peuvent être à la fois
écologiques et économiquement viables.
GUY LALIBERTÉ : CLOWN, PHILANTHROPE,
ÉCOLO... ET GrARDIEN DE L'EAU !...
Lancée sans
tambour ni trompette il y a quelques jours, l’exposition Aqua
ouvrira officiellement ses portes le 15 mai au Centre des
sciences de Montréal, après avoir subi certaines retouches.
Cette « expérience multisensorielle », qui s’adresse surtout
au
Aujourd’hui, je rêve du jour où 6 milliards de personnes
auront leur verre d’eau chaque jour. Aujourd’hui, c’est tous
pour l’eau. Dans 25 ans, j’espère que ce sera l’eau pour tous.
comme d é f i ? QPou
Guy
Laliberté n’est pas seulement un talentueux homme
d’affaires. Il a aussi une âme de philanthrope. Son «bébé»:
la fondation One Drop, qui se préoccupe du problème de l’eau
potable, de plus en plus aigu à travers le monde, et plus
particulièrement dans les pays du tiers-monde.
r quoi R Au départ, j ’étais inspiré par l ’eau comme source
de vie, j’étais touché par l’eau parce qu’un enfant meurt aux
huit secondes en raison du manque d’accès à une eau potable. À
partir de là, j’ai vite compris que l’eau va devenir le défi
le plus important auquel l’humanité fera face dans un proche
avenir. QL’eau R Déjà, les problèmes liés à l’eau sont la
cause de mortalité la plus importante dans le monde. Mais à
plus long terme, il y aura crise si l’on ne fait pas
rapidement les gestes nécessaires. Le manque d’eau risque de
causer, d’ici à 25 ans, d’importantes migrations. Est-ce que
les pays voisins accepteront ces gens? Historiquement, on voit
bien que ces gens-là ne sont pas accueillis à bras ouverts.
Donc on risque d’assister à d’énormes guerres en lien avec
l’eau. QComment
renverser la vapeur ? R Il va falloir qu’il y ait des
changements de politique, qu’il y ait un engagement de la
population entière, qu’il y ait des efforts communs de tous
les ordres de gouvernement et dans l’entreprise privée, mais
aussi au plan individuel. QLe
Canada fait-il partie du problème ou de la solution ? R Nous
disposons de la plus grande réserve d’eau potable au monde.
Nécessairement, nous devons mettre en place des mesures qui
vont faire du Canada un leader sur la scène internationale.
Or, nous ne le faisons pas. Pour l’instant, nous allons dans
la mauvaise direction; j’ai même l’impression que nous
régressons. QQue
voulez-vous dire ? R Je suis un voyageur. Je suis parti de
chez moi très tôt. Je me souviens comment, à cette époque, le
Canada était perçu: comme un pays qui faisait la promotion de
la paix, qui était au coeur de la médiation lors de conflits.
D’ailleurs, fait significatif, le passeport canadien était
alors le plus cher sur le marché noir avec le passeport
suisse... Aujourd’hui, nous sommes en train de perdre tout ça.
l ’e a u ? QQue
devrait faire le Canada? R Je rêve que mon pays soit un chef
de file sur la scène internationale, qu’i l montre l’exemple.
Cela parce qu’il possède d’énormes réserves d’eau, parce qu’il
sera probablement une terre d’accueil en cas de guerre de
l’eau, etc. Mais je rêve aussi que la population canadienne,
que mes concitoyens changent leurs habitudes de consommation
d’eau. Nous sommes parmi les plus grands gaspilleurs d’eau au
monde. QEn
quoi la
Fondation One Drop peut-elle aider ? R Nous, à One Drop, moi,
Guy Laliberté, nous avons pris divers engagements en lien avec
l’eau. Nous menons des actions concrètes sur le terrain dans
les pays du Sud. Nous croyons énormément à l’importance des
projets d’éducation et de sensibilisation, comme celui de
l’exposition Aqua. Car c’est souvent par naïveté, par une
fausse impression d’abondance de la ressource que nous
gaspillons. QEt
vous, personnellement, vous avez changé des choses ? R
Certaines décisions prises dans le passé n’étaient pas
nécessairement cohérentes avec ce que je prêche aujourd’hui,
c’est vrai. Mais depuis, il y a eu une consigne pour analyser
tout ce qui pourrait être fait pour préserver l’eau et
l’énergie, tant au Cirque qu’à la maison. Il n’y a plus de
bouteilles d’eau en circulation au Cirque, par exemple. Nos
employés ont des verres ou des bouteilles réutilisables. Nous
avons installé des filtres. Nous faisons la captation d’eau
usagée. Même chose à mon domicile, où nous n’avons plus de
bouteilles d’eau. QIl
est vraiment possible d’être classé dans le palmarès Forbes
des plus riches de la planète et d’économiser l’eau ? R La
question est pertinente, et je savais qu’on allait me la poser
un jour... Je ne peux pas prétendre que je suis 100% parfait.
Mais depuis quelques années, tous nos projets, au Cirque et à
la maison, passent par une réflexion écologique. J’ai même
pris la décision de ne pas faire de piscine intérieure dans ma
nouvelle résidence. J’ai aussi mis en place les derniers
appareils, tant pour la préservation de l’énergie que pour la
consommation d’eau. Tout a été étudié pour que les machines
les plus performantes soient choisies. En même temps, soyons
francs, ma résidence a tant de pieds carrés. C’est clair que
je consomme probablement plus d’eau que la moyenne. Mais j’ai
aussi plus d’enfants (cinq) que la moyenne... (rires) QCe
que vous êtes devenu, vous le devez beaucoup au Québec, qui
vous a donné votre premier contrat. Vous êtes-vous demandé si
votre fondation ne devait pas profiter d’abord au Québec, où
certains Autochtones n’ont pas accès à l’eau, par exemple ? R
Je ne connais pas beaucoup de compagnies au Québec qui
accordent chaque année autant d’argent en philanthropie.
Aussi, quand nous avons fait le choix de nous installer ici,
dans le quartier Saint-Michel, au deuxième rang des quartiers
les plus pauvres du Canada, nous avions d’autres propositions
beaucoup plus glamour. Et nous nous sommes tout de même
installés ici pour grandir, pour partager. QPour
régler bien des problèmes sur la planète, certains estiment
qu’individus et entreprises devraient verser en don 1% de
leurs revenus ou de leurs profits. Vous y croyez ? R
Certainement. L’ensemble des membres de la direction versent
au moins 1% de leur salaire à One Drop. Nous menons aussi une
campagne annuelle auprès de tous les employés pour qu’ils
versent 1% de leur salaire. Actuellement 28% de nos employés
participent. Et moi personnellement, Guy Laliberté, je suis
pas mal au-dessus de 1% de mes revenus... QMicheline
Lanc tôt a déploré à Tout le monde en parle que bien des
fondations orientent leurs fonds vers des causes particulières
au détriment du fisc, au détriment des priorités sociales et
collectives de l’État... R Elle peut dire ce qu’elle veut;
moi, je sais ce que je fais. J’ai déjà averti mes enfants que
80% de mes avoirs iraient à l’humanité, à la philanthropie.
Mes causes sont claires : les jeunes de la rue, Cirque du
monde, One Drop et la fondation Guy Laliberté pour l’aide à la
pauvreté. Et je peux vous dire que, dans mon cas, cela n’a
rien à voir avec la fiscalité. J’étais dans la rue et je
donnais parfois plus que ce que j’avais dans mon chapeau !
Cela dit, je peux comprendre ce que Micheline a dit, car moi
aussi j’ai constaté cette hypocrisie dans d’autres grandes
entreprises. QOne
Drop est née au moment où le Cirque fêtait ses 25 ans. Qu’aura
permis la Fondation dans 25 ans ? R J’ai déjà parlé de
l’avenir du Cirque en disant que je rêvais du jour où 6
milliards de personnes porteraient un nez de clown.
Aujourd’hui, je rêve du jour où 6 milliards de personnes
auront leur verre d’eau chaque jour. Aujourd’hui, c’est tous
pour l’eau. Dans 25 ans, j’espère que ce sera l’eau pour tous.
DEUX RÊVES
Fondateur du Cirque du Soleil, en 1984, Guy Laliberté guide
aujourd’hui l’équipe de concepteurs dans la création de chacun
des spectacles de la troupe. Le Cirque, qui fête cette année ses
25 ans, est présent partout sur la planète. En 2007, Guy
Laliberté a réalisé son «deuxième grand rêve» en créant la
Fondation One Drop, dont la mission est de contrer la pauvreté
en favorisant l’accès durable à l’eau potable. Le Cirque et One
Drop sont basés, selon Laliberté, sur la même conviction: ce que
l’on donne à la vie nous revient et chaque geste individuel peut
faire une différence.
Où sont nos villes
vertes ?... - FRANÇOIS CARDINAL
Les villes ont besoin d’un lifting ANALYSE
Célébré partout
sur la planète aujourd’hui, le Jour de la Terre a pour thème
cette année, au Québec, l’économunicipalité. Posons donc la
question : les villes québécoises sont-elles vertes ? Ou se
contentent-elles de se dire vertes ?
« Il n’existe au Québec aucun bon exemple de ville verte,
pas plus qu’il n’existe de quartiers modernes à forte densité,
dotés d’une mixité de fonctions et d’un aménagement intelligent
centré sur les établissements publics et les services de
proximité. »
Amqui se dit verte, parce qu’elle s’est attaquée aux sacs de
plastique. Terrebonne aussi, parce qu’elle s’est dotée d’un plan
environnemental. Baie-Saint-Paul, parce qu’elle a entamé des
démarches de développement durable. Lantier, pour son travail à
la protection des cours d’eau...
Le Plan
de transport de Montréal mise sur la création de « quartiers
verts ». De concert avec la population et les arrondissements,
des experts contribueront à élaborer pour chaque quartier une
sorte de lifting, un plan pour penser et refaire les rues
selon des choix écologiques.
Tout est vert dans le plus vert des mondes, donc ? Ou n’est-ce
que le fléau du marketing qui sévit en cette année électorale?
« Il n’existe au Québec aucun bon exemple de ville verte, pas
plus qu’il n’existe de quartiers modernes à forte densité, dotés
d’une mixité de fonctions et d’un aménagement intelligent centré
sur les établissements publics et les services de proximité »,
tranche Alexandre Turgeon, président de l’organisme Vivre en
ville.
Certes, d’intéressantes initiatives voient le jour
régulièrement, mais elles ne sont pas à la hauteur de ce qu’on
appelle une « ville verte », c’est-à-dire un endroit où la
marche et le vélo sont favorisés, où les transports en commun
sont accessibles et où la circulation automobile est lente et
restreinte aux déplacements locaux.
Le quartier Vauban à Fribourg en est, de même que Hammarby
Sjöstad à Stockholm, Granville Island à Vancouver et Pearl
District à Portland. Mais au Québec, malheureusement, les
mesures adoptées sont trop souvent sans effet, car neutralisées
par des mesures contraires.
Prenons seulement l’exemple du Plateau Mont-Royal qui, malgré un
grand potentiel, est miné par la grande quantité d’espaces de
stationnement qu’on y retrouve, les déplacements de camions, la
vitesse des véhicules, l’étroitesse des trottoirs, etc.
Et quand les mesures ne sont pas carrément antinomiques, elles
sont trop souvent secondaires. Il est bien mignon de vouloir
s’attaquer aux sacs de plastique, de faire partie des « villes
fleuries du Québec » ou de former les cols bleus à
l’écoconduite, mais tout cela n’aura qu’une portée limitée tant
que les villes continueront de se développer autour de l’auto,
plutôt que de l’individu.
L’Union des municipalités du Québec, qui représente 275 villes,
a adopté l’an dernier une Politique de mobilité et de transports
durables avec mentale, que plusieurs dirigeants municipaux se
sont approprié le discours des urbanistes les plus
progressistes. Ce qui constitue un grand pas en avant, même si
les résultats se font attendre.
Les annonces qui seront faites aujourd’hui le confirmeront
d’ailleurs. L’équipe du Jour de la Terre dévoilera un tout
nouveau site web ( EcoMunicipalite.org) qui permettra aux villes
d’échanger des informations et qui apportera un soutien à celles
qui souhaitent élaborer leur propre politique verte.
« Le programme
va aussi proposer aux villes 12 actions, sur le modèle du Défi
climat ou des 12 gestes du Défi Suzuki, explique l’objectif
d’enrayer le « cercle de la dépendance à l’automobile ».
Douze mois plus tard, la « révolution » promise est-elle au
moins entamée? « Le discours a fait son chemin, confirme le
directeur du Centre d’écologie urbaine de Montréal, Luc Rabouin,
mais les gestes concrets ne suivent toujours pas. »
Reconnaissons en effet, en ce jour de célébration
environnePierre Lussier, directeur du Jour de la Terre. Les
villes pourront s’engager à en réaliser trois, cinq ou plus,
afin de les encourager à en faire plus. »
L’intérêt des villes du Québec est si grand, qu’une rencontre
aux deux ans consolidera le tout.
Le Plan de t ranspor t de Montréal, lui aussi, prouve que les
élus ont la volonté d’agir, même si l’on en attend encore les
fruits. Celui-ci mise notamment sur la création de « quartiers
verts ».
Premier pas en ce sens, le Centre d’écologie urbaine de Montréal
vient de dévoiler le nom des deux premiers quartiers qui
profiteront d’un tel lifting : Parc-Extension et Mercier-Est. De
concert avec la population et les arrondissements, des experts
de tous horizons contribueront à élaborer pour chacun d’eux,
d’ici la fin de l’année, un « plan de quartier vert ».
Et après ? « Nous savons très bien que les arrondissements ont
très peu de moyens, note Luc Rabouin. Au minimum, nous nous
attendons à ce qu’ils se servent de cette vision au moment où
ils procéderont à des travaux. »
Une canalisation éclate et la rue doit être reconstruite?
L’arrondissement pourra se munir de son « plan de quartier vert
» pour refaire la rue de manière plus sensée: ajouter des arbres
ici, élargir des trottoirs là-bas, implanter des dos d’âne, etc.
Cela confirme qu’il y a de la lumière au bout du tunnel. Même si
elle semble parfois s’éloigner à mesure que l’on avance.
Le virage vert de Monaco
Parmi les
villes européennes ayant pris le virage écolo, Monaco a de
quoi être cité en exemple. En particulier parce que le prince
Albert II a décidé d’afficher ses couleurs... résolument
vertes.
« Je pense que les initiatives gouvernementales peuvent être
une vraie solution aux problèmes actuels. »
Hôtels verts
Chaque
année, de 4 à 5 millions de personnes viennent passer leurs
vacances sur le rocher monégasque, entre autres célèbre pour
son casino. Depuis trois ans, le prince Albert de Monaco
soutient que l’écologie doit être partout et prend des
mesures pragmatiques pour résoudre les problèmes liés à
l’environnement.
COLLABORATION SPÉCIALE Monaco a pris le virage écolo depuis
qu’Albert II a pris les rênes du pouvoir au décès de son père,
il y a trois ans.
Fils unique de la princesse Grace Kelly et du prince Rainier,
Albert Grimaldi, de son vrai nom, est un prince monégasque qui
opte pour des solutions pragmatiques liées aux problèmes de
l’environnement.
« Je pense que les initiatives gouvernementales peuvent être
une vraie solution aux problèmes actuels », affirme Albert de
Monaco, lors d’une rencontre accordée au Palais princier.
En étroite collaboration avec des conseillers qui, autrefois,
étaient plus soucieux de l’expansion économique de Monaco que
de la préservation de la nature, le prince Albert soutient que
l’écologie doit être partout.
Une tâche d i f fici le, mais accomplie avec dévouement. Car
depuis, le Monégasque écologiste est né: il prend le bus
plutôt que l’auto, et s’il en a une, elle est hybride.
« Nous avons voulu mettre l’accent sur les transports et le
covoiturage, afin d’obtenir une meilleure fluidité de la
circulation. Nous avons augmenté la fréquence des transports
en commun en bus, réduit le prix d’un billet de bus à 1 euro,
et constaté une progression de 30% de la fréquentation »,
explique Albert de Monaco.
Dans le
registre de cette économie verte, certaines solutions
On parle d’écologie hôtelière, avec ses green managers qui
recyclent tout, allant du moindre bouchon en plastique, au
verre, quotidiennes vont même plus loin, car toute la
consommation est repensée pour ce nouveau Monégasque écolo. Et
la ville s’engage à lui offrir un gisement d’emplois verts
dans quasiment tous les secteurs. aux piles, aux cartouches
d’encre et à l’huile de friture. Écologie industrielle: les
voitures de sport vont prendre un tournant vert; leurs
constructeurs travaillent présentement sur de nouveaux modèles
écolos.
Écologie culturelle, que l’on retrouve au Forum Grimaldi – le
centre des congrès de l’endroit –, qui fait signer à ses
employés des chartes d’éco-responsabilité.
Mais le centre ne se limite pas aux chartes, il utilise l’eau
de mer pour ses systèmes de climatisation et de chauffage. « À
cela, 11 000 ampoules ont été remplacées par des ampoules LED
(peu énergivores). Le tri de déchet est sélectif et nous nous
chargeons de fournir du matériel recyclable pour nos salons et
congrès, allant de la moquette aux signalétiques d’indication
des stands. Sans compter l’utilisation de papier recyclé pour
nos brochures et de produits de nettoyage éco-labellisés »,
explique Hervé Zorgniotti, directeur des communications du
Forum Grimaldi.
Profs et élèves écolos
Dans les écoles, même scénario, avec l’Éco-école. La plupart
des établissements scolaires doivent réaliser un projet
environnemental complet, allant de la mise en place de tri
sélectif à la construction de composteurs. Les acteurs? Profs
et élèves, qui s’engagent à faire l’apprentissage de gestes
écolos et des actions menées au quotidien.
« Les chantiers sont immenses, et beaucoup de gens ne mesurent
pas encore l’importance de l’action. Il y a encore beaucoup de
gens à convaincre, mais je pense que ça passe par
l’implication de tous, car si on arrive à impliquer tous les
acteurs de la société civile, de l’économie, des dirigeants
des pays, des scientifiques, ce rassemblement de toutes les
forces permettra d’envisager l’avenir positivement », dit
Albert de Monaco.
Sur ce Rocher conquis sur la mer, qui connaît un taux de
concentration immobilière digne de l’Asie, ce réveil de
conscience est salutaire.
Plus de vélos, moins d’accidents... -
François Cardinal
Montréal
est une véritable jungle urbaine pour les cyclistes, dont
la vie est plus menacée que jamais... Du moins, voilà ce
que prétendent médecins et chauffeurs d’autobus qui,
manifestement, ne roulent pas souvent à deux roues en
ville.
Quiconque s’est habitué à circuler à vélo à Montréal ces
dernières années vous le dira : l’augmentation du nombre
de cyclistes, le prolongement des pistes cyclables ainsi
que la présence accrue des policiers ont plutôt rendu la
pratique du vélo plus sécuritaire.
Sceptique ? Les statistiques le prouvent pourtant : le
bilan routier cycliste s’améliore d’année en année, selon
les données 2004-2008 du Service de police de Montréal
(les chiffres de 2009 ne sont pas disponibles).
De façon générale, depuis cinq ans, on constate en effet
que le nombre d’accidents mettant en présence un cycliste
est en nette diminution: de 818 en 2004, il est passé à
701 en 2008. Certes, il y a eu une légère hausse des
blessés mineurs en 2007, mais la réduction sur cinq ans
atteint néanmoins un impressionnant 15%. Une hécatombe,
vous dites?
Le nombre de morts ? Il a augmenté de 2004 à 2006, passant
de deux à cinq. Mais depuis, il est retombé à deux
annuellement. On stagne, donc. Les médecins déchiraient
pourtant leur chemise dans un texte publié samedi dernier
dans La Presse, parce qu’il y a eu cette année... trois
morts. Malgré l’apparition du Bixi, on reste tout à fait
dans la moyenne.
L es blessés g raves sera ient-i ls davantage en cause,
comme le soutient le Dr Faramarze Dehnade, chef du Service
d’orthopédie du CHUM ? « Il y a une augmentation des cas
en général, soutient-il. Depuis quelques années, on le
voit. »
Or encore
une fois, les statistiques vont dans le sens contraire. De
2004 à 2008, le nombre de blessures graves est passé de 52
à 34, une baisse de 35%! Vrai, on a assisté à une hausse
de 26% de 2007 à 2008. Mais cela n’est attribuable qu’aux
données anormalement basses de 2007, alors que le nombre
de blessés graves a atteint un creux historique, à 27.
Rien d’étonnant à ce que l’on constate une hausse l’année
suivante!
« Les cyclistes ont une sorte d’immunité totale. Ils font
ce qu’ils veulent comme s’ils avaient tous les droits»,
lance le Dr Dehnade, faisant ainsi écho à l’impression
générale que les accidents très médiatisés de Toronto,
Ottawa et Montréal nous ont laissée ces dernières
semaines.
Or s’il est vrai que les cyclistes sont plutôt
indisciplinés à Montréal (de grâce, excluons de la
réflexion les courriers à vélo, qui donnent une bien
mauvaise réputation à l’ensemble des cyclistes malgré leur
faible nombre), ils ne sont pas en cause dans plus
d’accidents. Et ce, même si le nombre de vélos en ville
est en hausse fulgurante !
Cela confirme ce que les experts ont observé cet été dans
plusieurs villes où la bicyclette gagne du terrain, comme
Lyon, Strasbourg et Paris (55% plus de cyclistes, 8,5%
moins d’accidents). On appelle cela la théorie du «
strength in numbers »: plus il y a de cyclistes, moins il
y a d’accidents mettant en présence des cyclistes.
Voilà pourquoi vous avez huit fois plus de risques d’avoir
une collision avec une auto à vélo en Amérique du Nord
qu’en Europe, même si les cyclistes constituent ici une
part moins importante des usagers de la route.
Les cyclistes, on le voit bien, ne sont pas à l’origine
d’un plus grand nombre d’accidents, seulement d’un
agacement grandissant.
Le secteur du stade passe au vert - Éric
Clément
Cinq
institutions montréalaise profiteront d’un investissement
de 189 millions pour un « quartier de la vie » dans
Hochelaga-Maisonneuve
La Ville de Montréal, les Muséums nature de Montréal ainsi
que les gouvernements fédéral et provincial lanceront en
septembre un ambitieux projet à la fois touristique,
muséal et écologique appelé le Quartier de la vie, a
appris La Presse. Le secteur du Jardin botanique et les
abords du Stade olympique seront reliés par une « immense
place publique interactive ». Le projet total est évalué à
189 millions de dollars.
PHOTO DAVID BOILY, LA
PRESSE
En plus de la Ville, la Régie des
installations olympiques prendra aussi des initiatives
dans le secteur. « C’est trop bétonné à notre goût, dit
Sylvie Bastien, porte-parole de la RIO. Ça pourrait
faire un lien visuel vert. » Avec l’apport de la RIO, le
projet dépassera les 200 millions d’investissements.
Cinq institutions en feront partie: le Biodôme, le Jardin
botanique, le Planétarium et l’Insectarium, de même que le
futur Centre sur la biodiversité. Le Quartier de la vie
aura pour but de prolonger la mission des quatre muséums,
soit de faire connaître et apprécier les sciences de la
nature et la nature elle-même aux générations présentes et
futures. Ces quatre muséums représentent déjà le plus
grand complexe muséal de sciences naturelles au Canada.
Le Quartier de la vie sera une expérience sociale et
environnementale inédite pour le visiteur. « Rien à voir
avec du show-business ou des activités commerciales
habituelles, nous dit une source proche du concepteur. Les
activités seront en phase avec les valeurs fondamentales
des gens, pour qu’ils se reconnectent avec la nature et
pour que, à terme, un citoyen qui trouve un papier par
terre le ramasse même si ce n’est pas le sien. »
La place publique qui sera créée partira de la station de
métro Viau et se prolongera près du Biodôme et du nouveau
Planétarium, qui sera construit d’ici à l’été 2011 au pied
de la tour du Stade olympique. Elle se rendra ensuite
jusqu’au Centre sur la biodiversité, près du Jardin
botanique, en passant sous la rue Sherbrooke. « Il s’agira
de la première place publique mondiale dédiée à l’humain
et à la nature », nous dit la même source.
Ce ne sera pas une place comme les autres. On n’y trouvera
pas de parasols, de tables ou de chaises en plast ique. Le
l ieu rendra hommage à la nature, et les citoyens pourront
l’aménager à leur façon, par exemple… en déplaçant des «
arbres sur roulettes » ou en érigeant des bâtiments
écologiques. Le touriste pourra s’approprier les lieux et
participer au façonnement de la place, qui évoluera dans
le temps au gré des initiatives et des réalisations des
visiteurs.
Parmi les
aménagements qui pourraient être bâtis, on pourrait, par
exemple, construire des restaurants sur pilotis en bambou,
pour que même les concessions alimentaires soient
conformes à l’esprit des lieux. « La facture sera toujours
inusitée et audacieuse », nous dit-on.
On prévoit que 2,7 millions de personnes participeront
chaque année à l’expérience. Le projet l ancé pa r le s
Muséums nature est coordonné avec la Régie des
installations olympiques puisqu’il s’agit de ses terrains.
La RIO prendra aussi des initiatives dans le secteur.
L’esplanade de béton située au coin du boulevard Pie-IX
deviendra verte dans la deuxième phase du projet. « C’est
trop bétonné à notre goût, dit Sylvie Bastien,
porte-parole de la RIO. Ça pourrait faire un lien visuel
vert. » Avec la RIO, le projet total dépassera les 200
millions.
L’investissement consenti par la Ville, soit 189 millions,
proviendra du programment triennal d’immobilisations et de
subventions fédérales et provinciales. La somme comprend
les coûts de construction du Planétarium (33 millions) et
du Centre sur la biodiversité (24,5 millions), la création
de la place publique (30 millions) et les coûts liés à la
mise aux normes et à l’amélioration des muséums nature.
Ainsi, on créera au Biodôme un nouvel écosystème consacré
à l’humain, « une espèce en équilibre avec la nature,
essentielle à sa survie ». À l’Insectarium, les visiteurs
pourront défier leurs peurs et vivre des expériences «
d’immersion entomologique » afin d’apprendre à mieux vivre
avec les insectes.
La création du Planétarium est financée par Québec,
Ottawa, Montréal et Rio Tinto Alcan, qui donnera son nom à
l’édifice moyennant 4 millions. Quant au Centre sur la
biodiversité, les travaux de construction commenceront ces
jours-ci près du Jardin botanique. Le bâtiment, voué à la
recherche scientifique, à la conservation et à la
valorisation de collections biologiques, à la promotion de
la préservation des espèces et au transfert des
connaissances, sera inauguré l’an prochain.
Les élus du comité exécutif ont découvert le projet du
Quartier de la vie la semaine dernière et l’ont bien
accuei l l i . « C’est un projet extraordinaire pour le
développement de Montréal, nous a dit, hier, un membre de
l ’administration municipale. Il va permettre la mise en
valeur de tout un quar t ier, au coeur de l’arrondissement
MercierHochelaga-Maisonneuve, et va grandement contribuer
à améliorer la stature internationale de Montréal. »
25e TOUR DE L’ÎLE Montréal transformé en capitale du
vélo
« On est
partis, il y a 25 ans, d’une toute petite activité organisée
en six semaines à peine, et maintenant on attire des
touristes de partout. Faire du vélo, ce n’est plus marginal,
c’est une culture solidement implantée dans la ville. »
Certains sont venus d’aussi loin que du Danemark, d’autres
n’ont eu que quelques pas à franchir pour atteindre la ligne
de départ… Le 25e Tour de l’île de Montréal a attiré une
foule bigarrée de 35 000 personnes hier, bien au-delà des
attentes des organisateurs. De quoi leur faire dire que
Montréal est bel et bien devenue en un quart de siècle la
capitale du vélo de l’Amérique du Nord. Rien de moins.
Le Tour de l’île de Montréal a
attiré une foule bigarrée de 35 000 personnes, hier, bien
au-delà des attentes des organisateurs.
Charles Breton fait partie des irréductibles qui n’ont
jamais raté un seul Tour. À l’automne 1985, quand il a vu le
flot de cyclistes défiler devant chez lui, il n’a fait ni
une ni deux et a enfourché sa petite reine. Il avait 57 ans.
Il en a maintenant « 82 et demi », et le mollet toujours
bien ferme. « Le Tour, c’est ce qui m’a gardé aussi en
forme. Je m’entraîne chaque semaine en pédalant 200, 250 km
pour être sûr de pouvoir y participer chaque année »,
lance-t-il fièrement à l’arrivée, où il était parmi les
premiers.
« Le circuit n’était pas trop dur, cette année, il n’y avait
pas trop de côtes et il faisait beau », ditil comme pour
s’excuser de son exploit.
Il est vrai qu’il y avait une différence appréciable avec la
météo glaciale de la première année du Tour, qui avait eu
lieu en octobre par un frisquet 10° et sous un ciel mouillé.
Le Tour a aussi perdu quelques longueurs au fil des ans,
passant d’un peu plus de 70 km à 52 km hier, histoire
d’attirer davantage de familles.
« Nous ne sommes pas là pour convaincre les gens de faire du
vélo envers et contre tout, mais pour leur donner le goût
d’en faire en ayant du plaisir », dit Joëlle Sévigny.
présidente de Vélo Québec.
Un plaisir qui, visiblement, se communique, à entendre
toutes les histoires de cyclistes qui affirment avoir été
entraînés par un frère, un ami, un collègue et même une
grand-mère de… 79 ans. Huguette Wilson a pédalé hier son 20e
Tour avec son fils, sa petite-fille et ses deux
arrière-petits-enfants ! « J’aime tout! La fierté d’avoir
accompli un exploit, les encouragements des bénévoles à
chaque coin de rue, les applaudissements des passants et ce
moment unique avec les membres de ma famille. »
Denise
Turgeon, de Sherbrooke, se donne le défi d’enrôler chaque
année une personne de plus dans l’aventure. Louise
Lafrance, elle, n’a tout simplement pas donné le choix à
ses cinq frères et soeurs: elle leur a glissé un dossard
sous le sapin de Noël. La joyeuse bande, de 51 à 66 ans, a
commencé à s’entraîner il y a deux mois. « C’était le
cadeau idéal : on veut tous que nos proches soient en
santé, et on aime tous passer de bons moments ensemble. »
Une seule ombre est venue ternir cette journée : un homme
de 72 ans a dû être transporté d’urgence à l’hôpital à la
suite d’un malaise cardiaque. Le reste de la journée s’est
déroulée sans anicroche majeure, avec son petit lot de
crevaisons et de genoux écorchés. Le départ, animé par des
artistes du Cirque du Soleil, a été donné à l’heure pile.
L’arrivée a été couronnée par un spectacle de Daniel
Bélanger. « On est partis, il y a 25 ans, d’une toute
petite activité organisée en six semaines à peine, et
maintenant on attire des touristes de partout. Faire du
vélo, ce n’est plus marginal, c’est une culture solidement
implantée dans la ville », affirme Joëlle Sévigny.
Alors oui, bien sûr, le Tour aura lieu encore l’an
prochain.
Le Tour à Bixi
Le moins que l’on puisse dire, c’est que Bernard
Saint-Pierre n’est pas passé inaperçu sur la ligne de
départ à côté des vélos de compétition des grands coureurs
ou de ceux, bichonnés pour l’occasion, des promeneurs du
dimanche. Il a enfourché hier matin une bécane qui n’est
nullement destinée aux longues randonnées: un lourd et
robuste Bixi.
Le nouveau réseau de bicyclettes en libre-service de
Montréal a sauvé son Tour. « On m’a volé mon vélo il y a
deux jours. J’ai essayé d’en emprunter un, mais aucun
n’était disponible. » Ni aussi confortable, assurait le
jeune homme avant de parcourir les 52 km du circuit… « Je
n’ai pas eu de mal à me rendre jusqu’au départ alors je ne
crois pas que j’aurai la vie plus difficile qu’avec un
autre vélo. » L’un des promoteurs du Bixi, le conseil ler
municipal André Lavallée, a tout de même reconnu hier que
la côte Berri n’avait pas été de tout repos à grimper en
Bixi… « Disons qu’à certains moments j’aurais profité
d’une quatrième ou d’une cinquième vitesse. Mais ce n’est
pas un vélo conçu pour les longues distances ! » a-t-il
rappelé.
Ne ratant pas une occasion de faire la promotion du
service, André Lavallée a aussi fait le Tour de New York
en Bixi le mois dernier. « Là, c’était vraiment le vélo
idéal. Il pleuvait des cordes, les autres cyclistes ont eu
des problèmes de mécanique, mais pas mon Bixi, très
robuste. » Et surtout, il lui a valu un article dans le
New York Times…
Le BIXI a été utilisé un million de fois
Le
BIXI, le système de vélo en libre-service montréalais,
célèbre un nouveau jalon : il a été utilisé un million
de fois depuis que le premier vélo a commencé à rouler
dans les rues de la métropole.
Ce millionième déplacement en BIXI a été effectué le
22 octobre.
Le président de la société de vélo libre-service,
Alain Ayot t e , a déc l a r é que la popularité du
BIXI a dépassé les attentes, lors de sa toute première
saison. Pou r lui, c ’est un signe que les Montréalais
s e s ont r apidement approprié le BI XI, un bien
public, et qu’ils le considèrent comme tel.
I l est désormais possible de trouver 5000 vélos dans
400 stations réparties dans 8 arrondissements de la
Ville de Montréal. Pas moins de 30 0 vélos avaient été
mis en service lors de la phase i nitiale. M. Ayotte a
i ndiqué que, vu le succès connu par ce moyen de
transport, la Ville de Montréal avait devancé à
juillet l’implantation de la phase 2.
L e
mai r e de Montréa l , Gérald Tremblay, a déclaré pa r
voie de c ommuniqué que l e BI X I c ont r i bue à
améliorer la qualité de vie des Montréalais, à faire
de Montréa l u ne mét r o pole du r a ble e t à a s s
u r e r s on r a y o n n e ment a u n i v e a u
international.
Les vélos BIXI seront retirés graduellement des rues
de la ville à partir du 1er novembre, en commençant
par les stations les moins populaires. Le reste des
vélos ira hiverner d’ici la fin du mois de novembre.
Pendant la saison hivernale, les responsables du
système feront le bilan et réfléchiront aux prochaines
améliorations possibles.
Selon M. Ayotte, l’objectif du système est d’atteindre
l’autofinancement en trois ans. Il a indiqué que le
système est en voie d’y arriver.
Bixi ira à Londres et à Boston - Sara
Champagne
Le
vélo BIXI débarquera dans les rues de Londres et
Boston. L’administration du maire Gérald Tremblay a
réussi l’exploit de vendre à ces deux villes le
nouveau concept de bicyclettes en libre-service. Et
d’autres grandes villes, comme New York, pourraient
bientôt emboîter le pas.
PHOTO ANDRÉ PICHETTE,
LA PRESSE
Verra-t-on des courses de Bixi
dans les rues de la City comme on a pu en voir une
aux mardis cyclistes de Lachine, la semaine
dernière?
En point de presse hier midi devant l’Hôtel de Ville,
rue Notre-Dame, le maire de Montréal et le responsable
du Plan de transport, André Lavallée, n’étaient pas en
mesure de chiffrer les retombées des ententes. Mais
ils ont affirmé que 45 emplois permanents seraient
créés à Montréal grâce à Boston. Sans compter tout le
« rayonnement » engendré par ces rejetons du modèle
BIXI.
« Montréal est une ville modèle du transport actif, a
dit Gérald Tremblay, visiblement heureux de parler
d’autre chose que de la controverse autour des
festivals d’été. On devient reconnus
internationalement grâce au BIXI. Même le Time
Magazine l’a confirmé en plaçant le concept au 19e
rang des innovations », a-t-il rappelé.
À Londres, la nouvelle n’a pas tardé à faire la
manchette des grands quotidiens, hier. Même si
certains médias n’ont pas manqué de mettre en lumière
les ratés du système montréalais, implanté au
printemps dernier, et le vandalisme dont il est la
cible. En entrevue avec le London Telegraph, le maire
Boris Johnson a prédit que, grâce au service, sa
métropole ferait bientôt « l’envie du monde entier ».
Au total, 6000 vélos seront mis en service à Londres
d’ici à 2012. En comparaison, il y en aura 5000 à
Montréal d’ici à la fin de l’année.
En ce qui concerne l’exploitation, la société «
Transport for London » (TfL), le pendant de la Société
de transport de Montréal (STM), a signé avec la firme
britannique Serco un contrat de 245 millions de
dollars canadiens pour qu’elle assure le service
durant six ans, avec possibilité de prolongation de
deux ans. Les vélos seront adaptés à la conduite
londonienne – les freins seront inversés – et la
couleur sera probablement différente.
ÀBoston, l’entente est encore plus exceptionnelle
parce que Montréal devient aussi maître d’oeuvre du
projet, avec possibilités de déploiement dans des
villes limitrophes. Au départ, 2500 vélos, 290
stations et 3750 points d’ancrage seront installés
dans le centreville de Boston. Le nombre de vélos est
appelé à doubler en fonction du succès de l’affaire.
Boston entend aussi bénéficier du centre d’appels
centralisé de Montréal pour les défectuosités.
« À ce moment-ci , je ne peux pas vous dire si les
vélos seront baptisés BIXI, mais ce qui est certain,
c’est qu’on saura avec précision qui sont le père et
la mère des bicyclettes », a ajouté avec humour Roger
Plamondon, président du consei l d’administration de
la Société de vélo en libre-service.
À Times Square
Sans vouloir s’aventurer trop loin, André Lavallée,
responsable du Plan de transport et vice-président au
comité exécutif, a par ai l leurs annoncé que le BIXI
serait prochainement en démonstration à Times Square,
à New York, secteur devenu piétonnier cet été.
D’autres pourparlers seraient en cours avec d’autres
villes, dont Vancouver, a appris La Presse.
Quant à l ’ implantat ion prochaine de 2500 nouveaux
BIXI à Montréal, on a expliqué que les vélos sont en
cours de fabrication dans les usines de la compagnie
Devinci , dans la région de Chicoutimi. Selon M.
Lavallée, le système a été revu pour éviter les vols
et le vandalisme. Quant aux tarifs, il n’est pas
question de baisse pour l’instant. À Londres, les
profits du service seront versés à TfL.
Des Bixi à Ottawa, à Gatineau et
peut-être à Seattle
Les Bixi de Montréal font des petits. Les villes
d’Ottawa et de Gatineau ont choisi d’expérimenter Bixi
pour un projet démonstrateur de vélo en libre-service,
devenant les deuxième et troisième villes au Canada à
l’expérimenter. « Nous sommes présentement en discussion
avec la Ville de Seattle qui a été séduite par Bixi »,
ajoute André Lavallée, vice-président du Comité exécutif
de la Ville de Montréal et responsable du Plan de
transport. Nous sommes extrêmement fiers du rayonnement de
Bixi dans le monde et de constater que plusieurs autres
villes pourraient emboîter le pas à Montréal. »
Le Bixi étend son empire
Quelque 100 stations et 2000 vélos seront ajoutés
Le nombre de vélos Bixi est en voie de doubler dans
les rues de Montréal. À la demande générale des
citoyens, l’administration du maire Gérald Tremblay a
décidé d’accélérer le déploiement du système de vélos
en libre-service.
Pour la première fois, le
service de location de vélos sera offert dans quatre
arrondissements : Mercier–HochelagaMaisonneuve,
Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce,
Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, de même que
dans le Sud-Ouest.
D’ici quelques semaines, 2000 Bixi seront ajoutés,
avec 100 nouvelles stations, portant le nombre total
de vélos à 5000 pour 400 stations. Par ailleurs, le
service sera nouvellement offert dans quatre
arrondissements : Mercier– Ho c he l a ga-M a i s on
neuve , Côte-des-Neiges– Notre-Damede-Grâce, Villeray–
Saint-Michel– Parc-Extension, de même que dans le
Sud-Ouest.
Les nouveaux vélos permettront entre autres de
desservir la clientèle de l’Université de Montréal et
les usagers aux abords du marché Atwater, du Stade
olympique, des installations du Biodôme, du Technopôle
Angus et du cégep du Vieux-Montréal. Avec ses 6300
abonnés au service et 220 000 déplacements en sept
semaines, le responsable du Plan de transport, André
Lavallée, estime que Bixi s’autofinancera d’ici trois
ans, même s’il est trop tôt pour dévoiler les revenus
générés depuis son lancement.
À ce jour, l’implantation des 3000 premiers Bixi a
nécessité des investissements de 15 millions. La
deuxième phase de déploiement est évaluée à 7 millions
par l’administration municipale, pour une dépense
totale de 22 millions. Et le lancement d’une troisième
phase n’est pas écarté, peut-être l’an prochain, a
laissé entendre la Ville.
« Le service Bixi est le deuxième en importance au
monde après celui de Paris, a indiqué M. Lavallée, non
sans cacher sa fierté, lors d’un point de presse pour
annoncer la mise en service de la deuxième phase.
Depuis que notre service a été lancé, on estime que
1,3 million de kilomètres ont été parcourus, soit
l’équivalant de 35 fois le tour de la terre. »
Vols
et vandalismes
En ce qui concerne les vols et les tentatives, de même
que le vandalisme perpétré sur une cinquantaine de
vélos Bixi, durant le congé de la fête de la
Saint-JeanBaptiste, la société en commandite
Stationnement de Montréal a annoncé que 16 personnes
ont été prises sur le fait. Des plaintes ont été
faites auprès de la police de Montréal et des
accusations, notamment pour dommages au domaine
public, ont été portées contre les malfaiteurs.
Les vols de Bixi auront au moins eu ceci de bon que
Stationnement de Montréal a renforcé le système
d’ancrage des stations de vélos pour rendre
pratiquement impossibles d’autres méfaits. Michel
Philibert, directeur des communications pour la
société, explique qu’il fallait « une force excessive
pour sortir les vélos de leur ancrage », mais qu’avec
le système solidifié, ce « ne sera plus possible ».
« Nous avons conçu un prototype et les essais sont
concluants », a-t-il ajouté.
Les nouveaux Bixi sont actuellement assemblés par la
même compagniequi a livré les 3000premiers, à savoir
B3CG, dont l’usine est située à Saint-Eustache, dans
la région de Deux-Montagnes. La conception du vélo est
de Cycles Devinci, et le design de Michel Dallaire,
également derrière la conception des bancs de parc au
centre-ville et dans le Quartier international de
Montréal.
Un loueur de vélos se dit pénalisé par le
Bixi
Les
Montréalais ont vite adopté le Bixi, comme en témoignent
les 3000 déplacements enregistrés chaque jour, mais les
nouveaux vélos en libre-service ne font pas que des
heureux. Ils fournissent une concurrence inattendue à un
entrepreneur qui loue des bicyclettes dans le
Vieux-Montréal.
Depuis que des bornes Bixi ont été
installées tout près de sa boutique de location de vélos
dans le Vieux-Port, AndréGiroux dit avoir perdu des
clients.
Propriétaire de la boutique Ça roule, rue de la Commune,
André Giroux précise qu’il est favorable au nouveau
programme. Mais depuis que deux bornes Bixi ont été
installées à quelques mètres de son commerce, il a perdu
plusieurs clients.
« Ce ne sont pas des pertes qui mettent l’entreprise en
danger pour le moment, affirme-t-il. Mais avec la
récession en même temps, ce n’est pas génial. »
André Giroux, qui tient boutique depuis 15 ans, possède
une centaine de vélos qu’il loue aux visiteurs qui
souhaitent explorer le Vieux-Port. Or, le Bixi, en
principe conçu pour les déplacements courts, semble avoir
été adopté par les promeneurs.
«
Pensez-vous que ces genslà vont du point A au point B?
demande-t-il en montrant une mère et son fils qui roulent
en Bixi. Ça m’a plutôt l’air de gens qui font de la
randonnée. Ça, ce sont des clients qu’on aurait eus
normalement. »
Stationnements de Montréal, l’organisme public qui gère
les Bixi, reconnaît que le cas d’André Giroux n’est pas
isolé. Un autre loueur de vélos, du PlateauMont-Royal
celui-là, s’est plaint d’avoir perdu des clients, selon le
porte-parole de l’organisme, Michel Philibert.
« La clientèle qu’on vise, c’est surtout les Montréalais,
dit M. Philibert. On ne vise pas directement les
touristes. Le Bixi n’est pas conçu pour faire de grandes
randonnées, la tarification n’est pas conçue pour ça non
plus. »
Stationnements de Montréal a donc déplacé une borne Bixi
qui se trouvait à une quarantaine de mètres de la boutique
Ça roule. André Giroux souhaite que l’organisme fasse de
même avec un autre poste, situé à l’angle de la rue de la
Commune et de la place Jacques-Cartier.
L’organisme n’entend pas se rendre à cette demande. En
revanche, il posera, à ses frais, des panneaux
publicitaires sur la borne pour inviter ceux qui
souhaitent faire une randonnée plus longue à visiter la
boutique Ça roule. André Giroux, lui, compte prendre le
taureau par les cornes pour faire face à son nouveau
concurrent. Il achètera bientôt 10 vélos costauds
semblables aux Bixi et les louera 5$ l’heure.
Le seul problème avec le Bixi : il marche trop bien !...
Déjà plus de 2000 trajets en Bixi chaque jour
Victime de
son succès, le service connaît des pénuries
Même le mauvais temps ne freine pas la lancée du Bixi.
Malgré la pluie qui est tombée cette semaine, les vélos en
libre-service ont passé le cap des 2000 trajets quotidiens.
« En général, on est très satisfaits », dit Michel
Philibert, porte-parole de Stationnement de Montréal, qui
gère le système.
Cela n’empêche pas le nouveau chouchou des citadins de
connaître des maux de croissance, deux semaines après son
lancement. Des usagers peinent parfois à trouver une borne
libre pour rendre leur Bixi. Dans d’autres cas, c’est
l’inverse: pénurie de Bixi à louer.
À propos des problèmes de stationnement, des ajustements
seront apportés. « Les stations ne sont pas complètes, dit
M. Philibert. Certaines vont augmenter de taille, comme
celles qui sont toujours pleines, par exemple au métro
Mont-Royal. »
Actuellement, il y a plus de deux places pour chacun des
vélos déployés (plus de 1700 places pour 824 vélos dans 154
stations). Ce rapport se maintiendra pendant tout le
déploiement, qui se poursuivra jusqu’à ce que l’objectif de
300 stations et 2400 vélos soit atteint.
Des
phénomènes prévisibles sont déjà observables: les Bixi et
leurs utilisateurs ont tendance à descendre les côtes
ensemble, mais à les remonter séparément!
« C’est typique, dit M. Philibert. Il y a des gens qui
partent en haut de la côte Berri, descendent dans le
Vieux-Port et laissent leur vélo là. Ils remontent en métro
ou autrement. On a un camion qui prend des vélos et qui les
rapporte en haut. »
« On est en train d’apprendre quels sont les déplacements
naturels des gens, ditil. Pour les deux premiers mois, on
est en rodage. On constitue une banque de données. »
Il ne signale pas encore de vol – en tout cas, aucun usager
ne s’est encore vu réclamer les 1000 $ prévus en cas de
disparition d’un Bixi. Il avertit toutefois les usagers
d’être prudents au moment de rendre leur monture. « Il faut
attendre le voyant vert et le signal lumineux, sinon
quelqu’un d’autre pourrait partir avec le vélo. »
Le système Bixi doit s’autofinancer en trois ans, dit M.
Philibert. Bixi comptait hier 2359 membres ayant payé
l’abonnement annuel de 78$ ou le mensuel de 28 $.
Stationnement de Montréal, une filiale de la chambre de
commerce du Montréal métropolitain, gère les parcomètres et
les stationnements municipaux depuis 1995.
Une quarantaine de Bixi disparus
Le service
a été assailli par des vandales durant les festivités de
la Fête nationale
« Il y a eu plusieurs cas de vandalisme, a déploré le
porteparole de Stationnement de Montréal, Michel
Philibert. Les gens ont probablement voulu se rendre au
parc Maisonneuve ou en revenir. »
Le Bixi connaît un succès boeuf auprès des Montréalais,
mais le nouveau vélo en libre-service commence à être
populaire auprès d’une clientèle beaucoup moins enviable :
celle des vandales et des voleurs. Quelques douzaines de
bicyclettes sont portées disparues, selon les autorités.
Et la vaste majorité des larcins se sont produits durant
la dernière semaine, en marge des festivités de la Fête
nationale.
Pour empêcher les malfaiteurs de
sévir de nouveau, la Ville changera bientôt les ancrages
des bornes.
Une quarantaine de vélos sont « portés disparus », selon
Stationnement de Montréal, l’organisme paramunicipal qui
gère la flotte de 2000 bicyclettes. On avait déjà observé
quelques actes de vandalisme au cours des six premières
semaines, mais il s’agissait de cas isolés. Or, pendant la
Fête nationale, le service a été assailli par des vandales
qui ont arraché les vélos de leurs bornes et pris la
fuite.
« Il y a eu plusieurs cas de vandal isme, a déploré le
porte-parole de Stationnement de Montréal , Michel
Philibert. Les gens ont probablement voulu se rendre au
parc Maisonneuve ou en revenir. »
Il est impossible de savoir combien coûtera cette flambée
de vandalisme, puisque Stationnement de Montréal refuse de
dévoiler le coût exact d’un vélo Bixi.
Chose certaine, la station située près du métro Berri-UQAM
a été particulièrement touchée, tout comme celle qui se
trouve à côté de la Maison des cyclistes, au
Plateau-Mont-Royal. Pour empêcher les malfaiteurs de sévir
de nouveau, la Ville changera bientôt les ancrages des
bornes.
Le responsable des transports au comité exécutif, André
Lavallée, ne s’inquiète pas outre mesure de cette flambée
du vandalisme dans le réseau Bixi. « Il y a eu un peu de
vandalisme, mais ça reste très marginal », assure-t-il.
Succès
Selon M. Lavallée, le Bixi est encore plus populaire que
prévu. Plus de 5820 Montréalais se sont inscrits au
service, selon les dernières statistiques de Stationnement
de Montréal, qui a recensé 175 000 déplacements depuis
l’apparition des vélos, le 12 mai dernier. On estime que
les utilisateurs du Bixi ont parcouru au total 1 million
de kilomètres.
L’administration Tremblay a investi 15 millions pour
mettre le service sur pied, et elle s’est donné trois ans
pour amortir cet investissement à même les recettes du
Bixi. Cette somme pourrait être amassée plus vite que
prévu, a indiqué M. Lavallée. Car plusieurs villes
pourraient verser des redevances à Montréal si elles
décident d’importer le concept breveté chez elles.
« On a plus de membres et d’utilisateurs que prévu, a-t-il
indiqué. Il y a des recettes qui entrent plus vite. Il y a
aussi un très grand intérêt des autres villes. Il pourrait
y avoir des avancées rapidement. »
Seattle organisera bientôt une démonstration du Bixi. Des
élus de New York ont également séjourné à Montréal pour
étudier le concept au cours des derniers jours.
Entre-temps, Montréal poursuit le déploiement du projet.
On construira une trentaine de stations supplémentaires
d’ici à la fin de l’été, et on ajoutera 1000 vélos. Le
service pourrait être étendu à d’autres arrondissements
l’an prochain.
Auto, métro, vélo, boulot, dodo - FRANÇOIS
CARDINAL
Bien qu’elle
soit chiche, l’entente Bixi-STM est un élément capital du
cocktail transport.
En poste depuis janvier, le grand patron de la STM fait mentir
l’adage selon lequel plus on monte dans la hiérarchie, moins on
monte sur son vélo pour se déplacer…
Michel Labrecque est en effet toujours aussi fidèle à son
deux-roues qu’à l’époque où il dirigeait Vélo Québec, dans les
années 90. Mais est-il aussi fidèle à la vision du transport
urbain qu’il avait élaborée à l’époque ?
Nous avons eu un début de réponse mardi dernier, lors de
l’inauguration du Bixi. La Société de transport de Montréal a
alors annoncé que ses clients profiteront d’une réduction de
moitié du coût de l’abonnement au réseau de vélos en
libre-service.
Plutôt chiche (le client qui saute un seul mois de CAM pour
cause de vacances n’y a pas accès), l’entente Bixi-STM n’en
constitue pas moins un élément capital de la vision de Michel
Labrecque, qui se résume en une expression qu’il a inventée en
1997: le cocktail transport.
Il s’agit, selon ses mots, d’un « maillage » entre les grandes
entreprises de transports en commun (métro, bus, train de
banlieue) et les moyens de transport privés (vélo, taxi,
location d’auto, auto-partage, covoiturage).
En un mot, le citoyen a accès à une vaste palette de moyens de
transport et il choisit, au gré des jours et de ses besoins,
l’auto, le bus, le taxi, le covoiturage, le vélo, ou une savante
combinaison de ceux-ci.
D’où l’entente
entre la STM et Bixi. En entrevue, Michel Labrecque reconnaît
que l’entente est insuffisante, qu’il doit travailler encore
pour la bonifier.
À ce titre d’ailleurs, il confie que la vaste campagne de
marketing et d’amélioration du service qui sera lancée cette
semaine permettra justement d’embrasser plus largement le
concept du cocktail transport, afin d’accroître l’affluence du
transport en commun de 8% d’ici 2011.
« Nous sommes actuellement à signer des ententes bilatérales,
comme celle avec Bixi et une autre avec Communauto
(auto-partage). J’aimerais le faire aussi avec les locateurs
d’autos, les taxis, Vélo Québec, etc. Parallèlement, nous
montons un modèle d’affaires qui, prochainement, nous permettra
d’harmoniser tout ça autour d’une carte cocktail transport »,
souligne-t-il.
Une « car te cocktai l transport » ? Sorte de super carte Opus,
cette dernière devrait servir à un moment donné à faire le lien
entre les différents modes.
Armé de sa carte à puce qu’il pourrait payer sur une base
annuelle, l’usager aurait ainsi accès à un stationnement
incitatif, d’où il prendrait le métro. À destination, il
emprunterait un Bixi pour se rendre au bureau. Et le soir venu,
épuisé, il appellerait un taxi pour lequel sa carte à puce lui
consentirait un rabais. Le week-end, il profiterait de certains
privilèges lors de la location d’une auto ou de la réparation de
son vélo.
Revenons donc à la « machine », la STM. Suivra-t-elle, donc?
Michel Labrecque est persuadé que oui. En tout cas, il promet
qu’il fera tout en son pouvoir pour l’amener là où il la voit
depuis bon nombre d’années déjà.
Seul ennui: l’homme ne sait toujours pas s’il se représentera en
novembre prochain. Or, neuf mois à la tête de la STM, c’est bien
peu pour laisser sa marque, encore plus pour révolutionner les
transports collectifs…
Dix idées pour améliorer le Bixi
I l y aura
bientôt un mois que Montréal a été pris d’assaut par les Bixi,
ces vélos en libre-service dont la popularité, avec plus de
3000 déplacements quotidiens, ne se dément pas. Une telle
croissance, évidemment, ne peut se faire qu’au prix de
quelques pépins, nous rappellent quotidiennement les courriels
de lecteurs. Rien de majeur, remarquez. . . Mais ces
désagréments, les cyclistes s’en passeraient bien
Voici 10 idées pour améliorer ce tout nouveau moyen de
transport dont les Montréalais sont déjà amoureux. 1 –
AFFICHAGE Une Torontoise qui a profité du réseau Bixi à la
mi-mai est repartie chez elle avec le sourire... jusqu’à ce
qu’elle consulte son relevé de carte de crédit. Plus de 63$
pour quelques heures de vélo en une seule journée. Apposer un
autocollant clair et simple sur chaque borne. Simplifier les
consignes à l’écran, qui s’étirent sur 50 pages! 2 –
CONFIRMATION Un habitué s’est fait refuser l’accès aux Bixi
parce qu’on l’accusait de ne pas avoir rapporté son vélo la
veille. Il avait pourtant vu le voyant vert s’allumer, unique
preuve de son geste. Stationnement de Montréal ne le croyait
pas, jusqu’à ce qu’il retourne à la station où son Bixi de la
veille était sagement verrouillé. Imprimer systématiquement un
reçu de confirmation lors du retour d’un vélo. Aumoins sept
personnesnous ont raconté avoir attendu en vain le reçu
indiquant le numéro de réservation qui sert à libérer le Bixi:
il y avait pénurie de papier. Embaucher plus d’employés afin
d’alimenter régulièrement les bornes. 4 – FIABILITÉ Vous êtes
en retard à votre rendez-vous. Vous pédalez plus vite. Une
fois à destination, vous cherchez une station... qui refuse de
reprendre le vélo. Vous avez beau forcer, le Bixi ne se
verrouille tout simplement pas. Que ce soit la cassette, la
station ou le système électronique, les défectuosités
surviennent souvent, trop souvent. Corriger les nombreux
problèmes électroniques des stations avant que les usagers ne
se lassent. 5 – AJUSTEMENT L’auteur de ces lignes a déjà dû
visiter quatre stations Bixi avec sa clé d’abonné avant de
pouvoir libérer un vélo. Stationnement de Montréal explique
que, chaque fois qu’une personne appuie, volontairement ou
pas, sur le bouton « réparation » ( petite clé à molette), le
Bixi se verrouille jusqu’à ce qu’on vienne le réparer. Enlever
cette fonction et fournir plutôt un numéro de téléphone où
demander de l’aide. 6 – TARIFS Les habitués du réseau de
transports en commun de Montréal peuvent bénéficier d’un
rabais sur leur abonnement à Bixi. Or, il faut acheter 12
cartes mensuelles pour bénéficier d’un rabais de... 38$. Vous
partez un mois en vacances? Oubliez le rabais. Revoir les
rabais afin qu’ils soient plus intéressants, plus accessibles
et que les acheteurs de la TRAM (train-bus-métro) puissent en
bénéficier. 7 – MULTIMÉDIA L’entreprise Sparko a créé une
application iPhone qui permet de connaître en temps réel le
lieu des stations et le nombre de vélos qui s’y trouvent.
Stationnement de Montréal, qui n’a toujours pas de système
similaire, n’a pas félicité l’entreprise. Elle lui a expédié
une mise en demeure. Offrir un tel service en ligne, main dans
la main avec Sparko. 8 – DÉPLACEMENTS Un usager du site
internet Twitter a raconté avoir dû visiter neuf stations avec
son Bixi avant d’en trouver une qui n’était pas pleine. Neuf.
Revoir dès maintenant l’emplacement et la taille des stations
afin d’optimiser le réseau et de diminuer les frustrations
potentielles. 9 – STATIONS Devant La Presse, la station Bixi
rogne d’environ deux mètres une place de stationnement. La
nature ayant horreur du vide, les automobilistes s’acharnent
néanmoins, quotidiennement, à faire entrer leur grosse auto
dans cet espace tronqué. L’un d’eux a même reculé sur un Bixi
la semaine dernière. Mieux protéger les stations Bixi avec des
bacs à fleurs en béton, comme à Paris. 10 – IMPLANTATION
Combien d’usagers ont consulté la carte du réseau pour
s’apercevoir, une fois à destination, que la station qu’ils
avaient repérée n’était pas encore implantée ? Achever
rapidement l’installation des 300 stations et mettre en
service les 3000 vélos. COURRIEL Pour joindre notre
journaliste : francois.cardinal@lapresse.ca
ENVIRONNEMENT
-
Bixi: nouvelle bête de la jungle urbaine - François Cardinal
En Bixi, la voie publique nous appartient. Comme ce vélo
est conçu pour la ville, on se sent mieux accueilli en pleine
rue qu’avec un vélo de course ou de montagne. Il nous confère
aussi une soudaine légitimité urbaine, jusqu’alors réservée
aux automobilistes.
Bref, le vélo n’est plus, désormais, confiné aux seules pistes
cyclables à Montréal.
Le Bixi transformera-t-il la ville en profondeur ? Tout
dépend, évidemment, de sa popularité. Les essais réalisés
cette semaine par La Presse nous laissent croire que les
Montréalais aimeront... mais peut-être un peu moins lorsqu’ils
seront en auto.
Résumons le Bixi en trois mots: simple, robuste et... cher.
Simple, parce qu’il suffit d’un abonnement ou d’une carte de
crédit pour partir avec une bicyclette en quelques secondes.
L’abonné insère sa clé, le non-abonné paye 5 $ pour 24 heures,
et tous deux ont le droit de pédaler à volonté, à condition
qu’ils retournent à une station toutes les demi-heures pour
éviter de payer une pénalité.
Robuste, parce que le designer Michel Dallaire a conçu avec
Devinci une merveille de technologie enrobée d’un cadre
d’aluminium solide et non corrosif (contrairement à toutes les
autres villes du monde, dotées de vélos d’acier).
Cher, il faut
le dire, parce que la tarification en rebutera plusieurs.
L’abonnement « annuel » à 78 $ sera l’apanage des purs et
durs. L’accès ponctuel à 5$ pour 24 heures, le moins cher des
forfaits, est tout de même le double du prix d’un billet de
bus, ce qui fera sourciller ceux qui veulent se balader. Et
contrairement à Paris, les titulaires d’une carte mensuelle de
la STM ne jouiront d’aucun privilège.
Cela dit, c’est à l’usage que le Bixi méritera – ou non – les
honneurs. Y aura-t-il suffisamment de vélos? Ou y en aura-t-il
trop, obligeant les usagers à se promener de station à station
pour rendre leur Bixi ? Les bornes seront-elles bien situées ?
La technologie tiendra-t-elle la route? Et surtout, le Bixi
réussira-t-il à se tailler une place non seulement dans le
coeur des Montréalais, mais aussi dans la ville?
La jungle urbaine étant déjà passablement bondée (et
indisciplinée) à Montréal, la venue d’une nouvelle bête
exigera en effet des concessions de bien des gens. Les
automobilistes, qui devront partager la voie avec ces
cyclistes du dimanche. Les chauffeurs de taxi, qui verront
leurs recettes diminuer. Les chauffeurs de la STM, qui devront
zigzaguer autour des stations Bixi.
En quelques heures jeudi, d’ailleurs, La Presse a pu constater
à quel point les stations installées dans le Vieux-Montréal
incommodaient les automobilistes. Certains se garaient
carrément devant. D’autres tentaient péniblement de les
contourner sans les heurter. Et d’autres encore pestaient
contre ce nouveau mobilier urbain qui ose leur piquer une
centaine de places de stationnement en ville.
Cela dit, avant de prévoir une révolution dans les rues de
Montréal – ou même un affrontement –, il reste à voir si le
vélo en libre-service sera aussi populaire ici, toutes
proportions gardées, qu’en Europe. Ou s’il demeurera une belle
pièce de mobilier urbain.
Montréal, ville de vélo? La réponse au coin de la rue.
Les stations
Bixi suscitent plus de curiosité que d'enthousiasme...
Montréal
inaugure 65 stationnements de son réseau de vélos en
libre-service
Les Montréalais ont préféré approcher ces vélos avec
circonspection, plutôt que de prendre les stations d’assaut.
Montréal a mis en fonction son tout nouveau réseau de vélos en
libre-service, hier matin. Hormis le site internet du Bixi,
victime de sa popularité pendant une partie de la journée, le
lancement du système semble s’être fait en douceur.
Le
lancement du service de vélos urbains Bixi s’est fait devant
l’hôtel de ville de Montréal, hier. À terme, quelque 300
stations devraient être installées à Montréal pour
accueillir les 3000 Bixi prévus.
Les Montréalais, pour leur part, ont préféré approcher ces
drôles de vélos avec circonspection, plutôt que de prendre les
stations d’assaut. La curiosité a ainsi pris le pas sur
l’enthousiasme, selon les observations de La Presse.
Après une inauguration officielle à la station Bixi de l’hôtel
de ville, courue par bon nombre de journalistes, dont celui du
New York Times, les autorités ont mis en service les 65
stationnements installés ces dernières semaines dans trois
arrondissements (224 vélos disponibles).
« C’est à vous, Montréalais, de nous dire maintenant si vous
allez l’utiliser, comme moi je l’utiliserai », a lancé le
maire de Montréal, Gérald Tremblay, avec grand enthousiasme.
L’ensemble des 300 stations devrait être installé « le plus
tôt possible », selon le maire, pour accueillir les 3000 Bixi
prévus. Pour l’instant, la soixantaine de stations se
concentrent dans les arrondissements du PlateauMont-Royal, de
Ville-Marie et de Rosemont-La Petite-Patrie. Out remont ,
Sud-Oues t et Villeray— Saint-Michel— ParcExtension seront les
prochains.
Les stations seront toutes situées, à terme, dans un
quadrilatère formé de la rue Jean-Talon au nord, du mont Royal
et de la rue Atwater à l’ouest, du fleuve au sud et de la rue
d’Iberville à l’est.
Le service vise à offrir aux citoyens et touristes un moyen de
transport d’appoint, d’où la proximité des stations qui sont
situées en moyenne à quelque 300 mètres les unes des autres.
Il est possible de s’y abonner pour un an ( 78$) ou 30 jours
(28$) par l’internet, ou de payer pour des utilisations de 24
heures (5 $).
L’abonné ainsi que l’usager ponctuel ont ensuite accès à la
même grille de tarif: ils ont droit à autant de 30 minutes
gratuites qu’ils le désirent, à condition de revenir à une
station chaque demi-heure pour remettre le compteur à zéro.
Sinon, il leur en coûtera 1,50 $ pour la première demi-heure
supplémentaire, 3 $ pour la deuxième et 6 $ pour la troisième.
STM + Bixi
Hier, la STMa confirmé qu’elle offrait dorénavant à ses
clients les plus fidèles une réduction de moitié du coût de
l’abonnement au service Bixi, à condition qu’ils achètent 12
titres mensuels. Tout comme les abonnés du service de
covoiturage Communauto, ils payeront ainsi 38 $ par année,
plutôt que les 79 $ normalement exigés.
S’ils se félicitaient de l’inauguration du Bixi, les
représentants de Vélo Québec et d’Équiterre avaient toutefois
certaines réserves sur le rabais offert par la STM. « Dès
qu’un usager se paye un seul titre mensuel, il devrait avoir
accès au rabais, estime Sidney Ribaux, d’Équiterre. L’intérêt
du Bixi est précisément d’être une extension du réseau de
transports en commun. »
« La STM devrait revoir le système de rabais, afin qu’il
profite aussi à ceux qui achètent quelques titres mensuels
chaque année », a renchéri Suzanne Lareau, de Vélo Québec.
Elle a ajouté qu’elle travaillait à une entente similaire pour
les membres de son organisme.
I nter rogé à ce propos, le maire Tremblay a reconnu du bout
des lèvres que la STM pourrait en faire plus, lorsqu’on a lui
a rappelé que certaines personnes n’achetaient pas de titre
mensuel durant le mois où elles partent en vacances, par
exemple.
« Il faut en effet s’assurer de ne pas pénaliser les gens qui
prennent des vacances, a-t-il dit. Nous allons regarder cela.
»
Conçu par Michel Dallaire, le Bixi a été construit en
collaboration avec l’entreprise du Saguenay Devinci ainsi
qu’avec Rio Tinto Alcan. Il s’agira du cinquième réseau en
importance en libre-service, après ceux de Paris, Lyon,
Barcelone et Shanghai.
« C’estunepremièrenord-américaine, a précisé M. Tremblay. Nous
avons avec Bixi une véritable vedette internationale. Même le
maire de Paris, Bertrand Delanoë, a dit qu’il était mieux que
le Vélib’. »
La leçon de Bixi
- PIERRE FOGLIA
Je sais: 18
756 articles ont déjà été écrits sur le Bixi. Vous avez dû les
lire trop vite si j ’en juge par les questions que vous m’avez
posées après mon premier essai, jeudi. Tiens, les gens chez
qui j’étais: Comment t’es venu? Avec le Bixi. Hein! Il est en
bas? Ben non. Je l’ai remis à la station la plus près d’ici.
Ce n’est pas un vélo qu’on garde avec soi. Cher? Les avis sont
partagés. D’abord, l’abonnement obligatoire : 78 $ pour
l’année. Ou 28$ pour la semaine. Ou 5 $ pour la journée. Dans
tous les cas de figure, beaucoup plus cher qu’à Paris.
Beaucoup, beaucoup plus cher qu’à Lyon ou Barcelone.
S’ajoutent à cela des frais d’utilisation chaque fois qu’on
garde le Bixi plus d’une demi-heure. Moins de 30 minutes :
gratuit. Soixante minutes : 1,50 $. Une heure et demie : 6$.
Passé une heure et demie, chaque demi-heure supplémentaire
d’utilisation : 6 $. Vous criez ? C’est parce que vous n’avez
pas compris le concept. Le Bixi, c’est pas pour aller
piqueniquer avec sa blonde au lac aux Castors.
Bixi = transport. Pas promenade. Pas loisir. Transport. Une
destination précise. Classico: de la maison au bureau.
Allons l’essayer. Il y a une station Bixi rue Saint-Jacques,
juste en face de l’entrée de La Presse. J’entre ma carte de
crédit dans la borne de la station. Rien ne se passe. Je la
vire de bord : rien. Tourne et retourne. Pitonne et repitonne.
Rien. Je retraverse la rue pour lancer un S.O. S. à mon
collègue François Cardinal, utilisateur de la première heure :
Hé, François, viendrais-tu m’aider ?
François introduit ma carte. Zigone et rezigone. Rien. Ça ne
fonctionne pas, constate-t-il. Et de me confier que, le matin
même, il a eu lui aussi des problèmes avec sa clé d’abonné
annuel. Pas des gros problèmes, mais ça n’a pas fonctionné du
premier coup. Il réessaie avec ma carte une dernière fois. Yes
! C’est parti.
N’empêche, si François n’avait pas été là, fuck le Bixi,
j’aurais pris un taxi. Plus tard, j’apprendrai qu’une autre
collègue (Judith Lachapelle), qui est venue travailler en Bixi
le même jeudi, a éprouvé le même problème à la station
Coloniale, où elle tentait d’acheter un abonnement pour la
journée. Elle a dû changer de station, aller à celle du métro
Mont-Royal.
Judith ne s’en est pas formalisée : c’est la première semaine,
donnons-leur une chance de s’ajuster. Je vois la chose
autrement. Ça fait un an qu’on nous dit et redit que le génie
du Bixi est dans sa technologie « à puce », qui en simplifie
l’utilisation. C’eût été une très bonne idée de s’ajuster
avant de commencer. J’étais en situation réelle d’utilisation.
J’allais à un rendez-vous. Ça m’a pris 20 minutes pour sortir
un vélo de son rack.
Combien de clients, jeudi, ont zigoné comme Judith, François
ou moi ? Combien ont répété à leurs amis que c’était pas
évident, ce truc-là ? C’est bien beau d’inventer des faux
blogues pour bullshiter à tout va ; au minimum, faudrait que
l’intendance suive.
Je remonte la
rue SaintLaurent. Il pleut un peu. Pas mal, même. Je ne
déteste pas. Je suis en habits de ville, pas de problème :
grâce au garde-chaîne du pédalier, même pas besoin de
retrousser mon pantalon.
Trois vitesses. La plus facile est même trop facile pour
monter la petite côte qui te dépose rue Sherbrooke. On m’avait
dit que j’aurais les genoux dans le menton. Pas du tout. Bien
assis. Impression générale de l’engin: solide et lourd. Un
petit tracteur à pédales. Pour 200 piastres, tu peux trouver,
d’occasion bien sûr, un vélo de ville pas mal plus affûté,
plus maniable.
Je m’alignais sur la Maison des cyclistes, rue Rachel. De là,
j’aurais pris un autre vélo pour aller au métro Rosemont. De
là, j’étais à 10 minutes à pied de ma destination. J’avais
vérifié sur le Net avant de partir; il m’avait pourtant bien
semblé que la carte temporaire montrait des stations
opérationnelles rue Rachel et boulevard Rosemont. J’ai demandé
aux filles du café de la Maison des cyclistes : elle est où,
la station Bixi ?
Y en a pas! Pas encore installée ! La plus proche est au métro
Mont-Royal.
Vous auriez pu être plus clairs sur votre site. J’aurais
apporté mon vélo.
Anyway. Je ne suis pas sûr du tout qu’on soit devant une
révolution, comme titrait mon journal l’autre jour à propos du
Bixi. La révolution cycliste a déjà eu lieu à Montréal,
probablement une des villes les plus pédalables et les plus
pédalées d’Amérique, sinon du monde, quoiqu’on soit encore
loin d’Amsterdam et de la plupart des grandes villes
allemandes, dont Berlin.
Franchement, je ne vois pas très bien ce que le Bixi va
ajouter à cette révolution déjà accomplie. Je ne suis pas
contre. C’est seulement que je me demande à qui il s’adresse
au juste. Je n’arrive pas à me faire une idée du client type
du Bixi. Celui qui va travailler en vélo sur une base
régulière ? Me semble que celui-là va finir par s’en acheter
un, un vélo de ville, non? Le touriste ? Ne vient-on pas de
dire que ce n’était pas un vélo pour se promener ?
Alors?
Alors je suis perplexe, mon vieux. Et même un peu dubitatif.
Bixi :
Montréal exporte son modèle en Amérique - François
Cardinal
Les stations
du vélo en libre-service s’installent en 20 minutes
Avant même que le Bixi ne roule dans les rues de la métropole,
plusieurs villes dans le monde songent à importer le concept
montréalais, dont Londres, Toronto et Lisbonne. Minneapolis a
même déjà conclu une entente en ce sens avec Montréal.
Le
maire Gérald Tremblay a invité les journalistes à
l’installation de la station Bixi de l’hôtel de ville, hier.
Les nouveaux vélos en libre-service feront leur apparition
dans les rues de Montréal mardi prochain. Déjà, plusieurs
villes se montrent intéressées par le vélo conçu par le
designer Michel Dallaire.
Selon les informations obtenues par La Presse, la Ville de
Minneapolis a déjà choisi d’implanter sur son territoire le
concept Bixi, mais elle attend de trouver le financement avant
de parapher un contrat officiel avec Stationnement de
Montréal, propriétaire du brevet.
Parallèlement, des négociations se poursuivent avec de grandes
villes européennes et américaines, qui ont récemment lancé des
appels d’offres pour se doter, elles aussi, d’un réseau de
vélos en libre-service.
Le brevet du Bixi a ainsi été proposé à Toronto, New York et
Los Angeles, à la demande de ces dernières ou à l’initiative
de Montréal. Il a aussi réussi à franchir la présélection à
Lisbonne et à Boston, tandis qu’il fait partie des cinq
entreprises finalistes à Londres.
« Si le Bixi est retenu dans ces villes, cela nous permettra
d’augmenter l’offre ici même à Montréal, en plus de réduire
les coûts du réseau », a indiqué Alain Ayotte, vice-président
de Stationnement de Montréal. Les villes qui importeront le
concept Bixi devront payer Stationnement de Montréal pour
avoir le droit d’utiliser le brevet.
Le Bixi étant fortement inspiré du vélo’v de Lyon et, dans une
moindre mesure, du Vélib’ de Paris, pourquoi des villes
voudraient-elles débourser pour utiliser le Bixi ? En raison
de certaines des caractéristiques novatrices de ce vélo conçu
par le designer Michel Dallaire, explique Alain Ayotte.
Beaucoup plus
robustes que leurs cousins de Lyon et de Paris, les vélos sont
moins susceptibles d’être vandalisés, par exemple. Alimentées
par des panneaux solaires, les stations s’installent en 20
minutes, alors qu’ailleurs, les vélos doivent être reliés par
des câbles électriques souterrains. Le design unique du Bixi
le rend moins intéressant aux yeux des voleurs.
« Il y a plusieurs demandes d’information et de participation
(à des appels d’offres) qui nous sont faites, a confirmé hier
AndréLavallée, responsable du transport à la Ville de
Montréal. Cela n’est pas étranger à la nomination du Bixi
parmi les meilleures inventions du Time et des Edison Awards.
»
Cet intérêt survient au moment où, un peu partout dans l’île,
sont installées les toutes nouvelles stations qui
accueilleront les vélos Bixi dès mardi prochain, le 12 mai. La
moitié des 300 stations et des 3000 vélos seront alors
disponibles. Le reste devrait être déployé d’ici la fin du
mois.
Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a d’ailleurs invité les
journalistes à l’installation de la station de l’hôtel de
ville, hier. « Le Bixi est une conception et une technologie
québécoise brevetée que nous pouvons exporter en Amérique du
Nord », s’est-il réjoui.
Conçu par Michel Dallaire, le Bixi a été construit en
collaboration avec l’entreprise du Saguenay Devinci ainsi
qu’avec Rio Tinto Alcan. Il s’agira du cinquième réseau en
importance en libre-service, après ceux de Paris, Lyon,
Barcelone et Shanghai.
Hier, André Lavallée a réagi aux critiques liées au prix du
Bixi, dont un abonnement annuel se détaille 78$. Il a fait
remarquer que la location d’un vélo pour une heure, à l’entrée
de Central Park à New York, coûtait plus de 15$. Pour l’heure,
le Bixi compte environ 600 abonnés.
Au vélo,
citoyens !
ENVIRONNEMENT
Montréal est de retour « sur la map ». Après s’être vantée pendant
10 ans d’avoir été citée parmi les villes les plus accueillantes
au vélo par le magazine Bicycling, la métropole renoue avec les
honneurs, enfin.
Enfin, parce qu’il était devenu quelque peu lamentable d’exhiber,
encore aujourd’hui, un titre vieux d’une décennie, qui ne servait
plus qu’à masquer le laxisme politique en matière cyclable à
Montréal.
Les amateurs du deux-roues commençaient en effet à manquer de
pignons sur leur roue libre pour compter le nombre d’années qui
les séparaient du dernier investissement majeur fait dans le
réseau. Puis soudainement, avec l’adoption d’un plan de transport
fortement teinté de vert, la métropole est de retour dans les
bonnes grâces cyclistes.
Le prestigieux magazine Forbes le confirme, en plaçant Montréal au
quatrième rang des villes nord-américaines les plus accueillantes
à la bicyclette. Le magazine Time aussi, en classant le Bixi, le
futur service de vélo en libre-service de Montréal, parmi les 50
meilleures inventions de 2008.
Et la liste se poursuit : la revue canadienne Green Living
actuellement en kiosque fait mention de Montréal dans son palmarès
des villes vertes de demain; les Edison Awards ont tout récemment
classé le Bixi parmi les inventions les plus remarquables de
l’année.
Reconnaissons-le donc: avec l’ouverture du réseau cyclable,
mercredi dernier, une nouvelle ère pour les cyclistes a commencé.
« Cette année constitue un pas important vers l’atteinte de notre
objectif ultime : doubler la longueur du réseau en sept ans, afin
d’atteindre 800 kilomètres », a fièrement lancé mercredi le
responsable du transport à la Ville, André Lavallée.
On peut bien se plaindre que certaines pistes ne sont que de
vulgaires coups de pinceaux sur le sol, qu’il n’y aura pas
suffisamment de stations Bixi, que ce dernier sera trop cher ou
encore que les stationnements sécuritaires sont inexistants en
ville, une chose demeure : on en fait plus que jamais pour
satisfaire ceux qui souhaitent délaisser leur auto au profit du
vélo.
Intéressante en soi, la nouvelle attitude de l’administration
municipale l’est d’autant plus qu’elle s’inscrit dans une période
de changements de comportement des citoyens. Il n’y a qu’à se
promener à Montréal pour constater la popularité grandissante des
moyens de transport autres que le « char », que ce soit le vélo,
la marche, le transport collectif ou encore le scooter.
Il faudra attendre quelques années avant que les chiffres ne
confirment cette intuition. Mais une récente étude de Statistique
Canada révèle qu’une telle tendance se dessine. Entre 2001 et
2006, la proportion de navetteurs de la génération des 25-34 ans
ayant opté pour le « transport durable » a grimpé de manière
significative, passant de 29,5% à 32,9%.
Cela dit, il est vrai que le vélo demeure marginal dans le
cocktail transport des Montréalais, puisqu’il ne constitue encore
que 1,6% des déplacements. Pour que ces investissements ne
demeurent pas, en cette année électorale, un habile coup de
marketing politique sans lendemain, les citoyens devront donc
aussi faire leur part, ils devront s’accaparer ces nouvelles
infrastructures, les utiliser, les user.
C’est encore la meilleure manière de donner raison aux élus... et
peut-être même de les inciter à remplacer les bandes peintes sur
le sol par de réelles pistes cyclables.
Le vélo
BIXI de Montréal plus cher
« Le but du vélo en libre-service est de faire de courts
déplacements, c’est un complément aux transports en commun. Pour
une randonnée, il faut louer un vélo chez un loueur de vélos
traditionnel. »
La publication, le 15 avril dans La Presse, des coûts
d’utilisation du vélo en libre-service, BIXI, qui sera lancé le
mois prochain, a suscité bien des réactions. Certains lecteurs et
internautes jugent que les tarifs proposés sont trop élevés.
Stationnement de Montréal, qui gère le projet, rétorque que BIXI
est unmoyen de transport pour des déplacements de courte durée.
PHOTO FOURNIE PAR LA VILLE DE
MONTRÉAL
Des usagers potentiels du vélo
en libre-service estiment que les tarifs proposés pour
l’utilisation de BIXI sont trop élevés.
Vendredi, un internaute écrivait sur Cyberpresse que BIXI est
« trop cher comparé à l’achat d’un vélo ». « Expliquez-moi en quoi
c’est pratique de payer 78$ par année (d’avril à novembre), plus
l’utilisation, plus l’obligation de rapporter le vélo à des heures
précises? écrivait-il. Achetez-vous un bon vélo usagé à 75-100$,
gardez-le cinq ans et le BIXI ne sert plus à rien. Il faudrait un
abonnement de 50$ max et une possibilité d’utiliser le vélo à 1$
par jour “à la carte” pour que je décide d’utiliser ce système. »
Jean-Guy Vallée, un lecteur de La Presse, a fait le calcul de
ce que devrait payer une personne qui utiliserait de mai à
novembre BIXI durant 45 minutes, deux fois par jour. « Avec
l’abonnement, on arrive à 459$ », dit-il.
La Presse a consulté les tarifs en vigueur en Europe d’où
vient cette idée de vélos en libre-service. Comme l’indique le
tableau cicontre, BIXI coûte plus cher qu’à Paris, Munich,
Barcelone ou Lyon. Dans ces villes, les locations ont leurs
caractéristiques propres mais en fin de compte, l’utilisateur paie
moins cher.
Le direc teur des communications et du marketing de
Stationnement de Montréal , Michel Philibert, dit que le mode
d’exploitation de ces vélos est différent à Montréal, ce qui
explique la différence de prix. Il n’y a pas ici de financement
par le biais d’un contrat d’affichage comme c’est le cas à Lyon ou
à Paris, où l’entreprise JC Decaux gère le service en échange
d’une entente de monopole publicitaire avec les municipalités.
« Nous, on a un système qui est plutôt citoyen, affirme-t-il.
La Ville voulait être indépendante et conserver ces revenus-là.
Avec nos études de marché, on arrive avec ces prix-là et c’est
notre prix coûtant pour nos opérations.
S’inspirer de Londres - Adrien Pouliot
Il est
possible d’augmenter la fréquentation des usagers de la
STMtout en contrôlant les coûts
Une étude du Conference Board laisse croire que la Ville de
Montréal n’en a pas pour son argent avec la STM.
La Ville de Montréal a annoncé dans son budget 2 010 une
augmentation de dépenses près de six fois plus élevée que le
taux d’inflation de 2009. Une des causes de cette augmentation
est l’accroissement faramineux de 17,3% de la contribution à
la Société de transport de Montréal. Rappelons que
l’achalandage de la STM n’a augmenté que de 8,3% depuis cinq
ans alors que ses dépenses, elles, ont connu un rythme de
croissance de 30%. Pour la seule année 2009, la STM prévoyait
dans son budget une augmentation de dépenses de 10,4%, mais
une maigre augmentation des déplacements de 1,8%.
Il est possible d’augmenter la
fréquentation des usagers des transports collectifs à
Montréal tout en contrôlant les coûts par une délégation
intelligente et contrôlée de l’exploitation des routes des
autobus à des entrepreneurs privés.
Compte tenu de ses finances précaires et de l’augmentation de
la ponction fiscale de 233 millions qu’elle imposera à ses
citoyens, la Ville ne devrait-elle pas se demander si elle en
a pour son argent avec la STM?
Une étude du Conference Board du Canada (1) nous laisserait
croire que non. Cette étude confirmait que les industries
canadiennes du transport ferroviaire, aérien et du camionnage
ont connu une forte augmentation de leur productivité depuis
les années 80, en grande partie parce qu’elles ont été
privatisées.
La forte croissance de la productivité a pour avantage de
faire baisser les prix à payer par les utilisateurs. Les
expéditeurs de marchandises par voie ferrée ont vu baisser les
tarifs de 79% en moyenne en termes réels entre 1981 et 2006.
Les tarifs aériens ont diminué de 25% au cours de la même
période et le camionnage de plus de 30% entre 1981 et 2003.
La forte croissance de la productivité dans ces secteurs est
attribuable à trois facteurs :
> Les modifications apportées aux structures de gouvernance
et de propriété par la privatisation de sociétés d’État et le
transfert d’installations placées sous le contrôle direct de
l’État à des organismes indépendants et autofinancés ;
> La
déréglementation des prix des transports par avion, chemin de
fer et camion;
> Une mise en concurrence accrue des entreprises.
L’étude a aussi porté sur la productivité des transports en
commun au Canada. Celle-ci a diminué en moyenne de 1,2% par an
entre 1986 et 2006, donc de 24%, encore que le rythme ait été
moins rapide ces dernières années – ce qui coïncide avec la
création d’agences régionales intégrées de planification des
transports à Montréal, Toronto et Vancouver.
En conséquence, les tarifs moyens des transports en commun ont
augmenté d’environ 1,7% par an entre 1986 et 2006, soit au
total 34% – mais moins rapidement ces dernières années. Une
autre étude, celle-ci de l’Institut économique de Montréal (2)
, confirme le même manque de productivité à la STM.
L’expérience de Londres, documentée dans les deux études, est
instructive. Le réseau de Londres est un des plus grands au
monde, avec 8000 autobus ayant transporté en 2006-07 près de
1,8 milliard de passagers. La société de transport de Londres
(STL) a mis aux enchères publiques des franchises exclusives
pour desservir 700 routes pendant une période de 5 ans. Il ne
s’agit pas d’une privatisation. La STL définit les routes, les
niveaux minimums de service et les tarifs et assume les
risques des revenus. Par contre, les 15 partenaires privés
exploitent les véhicules et assument le risque des coûts. Les
entrepreneurs reçoivent un incitatif pour moderniser leur
flotte de véhicules. Les frais d’administration sont minimisés
par un processus de mise aux enchères unique et un contrat
d’exploitation standard pour les 15 entrepreneurs.
Le nombre de kilomètres parcourus à Londres a augmenté de près
de 30% en 10 ans alors que le coût a baissé de près de 40%.
On
peut conclure que, tout comme on l’a fait en transport aérien,
ferroviaire ou par camion, il est possible d’augmenter la
fréquentation des usagers des transports collectifs à Montréal
tout en contrôlant les coûts par une délégation intelligente
et contrôlée de l’exploitation des routes des autobus à des
entrepreneurs privés.
Aucun lien entre les incidents, dit la
STM - Bruno Bisson
La ligne 2
(orange) du métro, la plus sollicitée de tout le réseau, a été
frappée de quatre interruptions de service majeures en pleine
période de pointe au cours des deux derniers jours, à la suite
de problèmes d’origine électrique n’ayant pas de relations
entre eux, selon la Société de transport de Montréal (STM).
La STM a confirmé hier, à La Presse, que deux pannes
distinctes, qui ont duré chacune plus de 20 minutes, ont
paralysé le service sur cette ligne de métro en pleine pointe
du matin.
Une perte de traction a d’abord entraîné une interruption du
service, entre Laval et Montréal, de 7h48 à 8h08, sur cette
ligne névralgique du métro.
Puis, deux minutes plus tard, une autre panne de traction a
aussi entraîné la fermeture de tout le tronçon
BonaventureSnowdon, coupant tout lien entre le centre-ville et
des quartiers du sud-ouest et de l’ouest de Montréal, et ce,
au plus fort de la pointe matinale, entre 7h50 et 8h13.
La veille, mercredi matin, en ce jour du 43e anniversaire de
l’inauguration du métro de Montréal, une autre panne
électrique a touché la ligne orange durant 11 minutes, en
raison d’une surcharge sur un relais temporaire du poste
d’HydroQuébec qui alimente le tronçon.
« Des travaux planifiés, en cours depuis plusieurs jours, font
en sorte que le poste électrique qui alimente cette région
reçoit deux alimentations d’HydroQuébec au lieu de trois, en
temps normal », a expliqué la STM, dans un courriel à La
Presse reçu tard hier soir.
Seconde
panne majeure
Quelques heures plus tard, vers la fin de l’après-midi, alors
qu’une véritable marée humaine quitte le centre-ville en
direction de l’ouest et du nord de la ville, la ligne orange,
qui dessert ces secteurs, a été arrêtée pendant 41 minutes par
une autre panne de courant entre les stations Snowdon, dans
l’arrondissement de Côte-des-Neiges-NotreDame-de-Grâce, et
Côte-Vertu, à Saint-Laurent.
Cette seconde panne majeure, dans la journée de mercredi, a
été causée par les mêmes problèmes d’alimentation que celle du
matin. Depuis cette panne, a précisé hier la STM, « des
mesures palliatives ont été mises en place». La STM prévoyait
un retour complet à la normale au cours de la nuit dernière.
Le 6 octobre dernier, une panne d’alimentation électrique a
aussi jeté dans le noir complet plus de la moitié du réseau,
de Laval à Longueuil, et d’Hochelaga-Maisonneuve dans l’est de
Montréal jusque dans le sud-ouest de la ville. Il s’agit d’une
des pannes de réseau les plus importantes des dernières
années.
La STM a mis plusieurs jours à déterminer la cause de la
panne, qui a forcé l’évacuation des passagers de plusieurs
rames, dans les tunnels, et qui a frappé les trois lignes les
plus sollicitées du réseau (lignes 1-verte, 2-orange et
4-jaune) durant plus d’une heure, vers 18h20, peu après la
période de pointe du soir.
Cette panne, qui était aussi d’origine électrique, aurait été
en fait provoquée par un pépin informatique comme la société
n’en avait ja mais connu en 43 ans d’exploitation.
Parlons transport - NATHALIE COLLARD
Les sondages
publiés la semaine dernière montrent que les électeurs de la
région montréalaise sont vivement intéressés par la question
des transports collectifs. Ils souhaitent des services
étendus, efficaces, à l’heure. Ça tombe bien, ce ne sont pas
les idées qui manquent. Le problème, c’est que ces projets
avancent plus lentement que la 55 lorsqu’elle est coincée sur
le boulevard Saint-Laurent à l’heure de pointe.
Prenons le tramway. L e m a i r e Tremblay en parle depuis le
début des années 2000. Or nous en sommes encore à l’étape des
études de préfaisabilité. Quant aux nombreux projets contenus
dans l’ambitieux plan de transport mis de l’avant par son
administration, seuls les cyclistes en profitent pour
l’instant.
Pour que
Montréal sorte de son marasme, il faut deux choses. La
première, c’est un engagement sans équivoque en faveur des
transports collectifs. Pour l’instant, la volonté est là, mais
elle est trop timide. Oui, les Montréalais veulent un réseau
de métro et d’autobus efficace, mais ils voudraient également
pouvoir circuler en auto à n’importe quelle heure de la
journée sans rester prisonnier de la circulation. Ils exigent
des voies réservées aux autobus, mais il ne faudrait pas que
cela les empêche de se déplacer rapidement au centre-ville.
Ces exigences sont incompatibles. Si on veut que Montréal
devienne une véritable métropole du XXIe siècle où les
transports collectifs sont mis de l’avant, il faut faire des
choix qui ne feront pas nécessairement plaisir aux
automobilistes.
L’autre problème de Montréal en est un de gouvernance. À
l’heure actuelle, il y a trop de spécialistes penchés sur le
malade. L’A MT, la STM, le conseil d’agglomération, la CMM et,
par-dessus la mêlée, le ministère québécois des Transports ont
tous leur mot à dire quand il est question de planifier les
déplacements à Montréal. D’où une vision complètement
incohérente qui oppose les intérêts provinciaux, régionaux et
locaux. L’échangeur Turcot en est l’exemple le plus flagrant:
Montréal doit littéralement se battre pour faire entendre ses
priorités dans ce dossier alors que l’infrastructure traverse
son territoire. C’est aberrant.
Quel modèle adopter? Voilà qui doit être débattu. À Por tla nd
, pa r exemple, ce sont des élus régionaux qui planifient le
développement du réseau financé par une taxe sur la masse
salariale. À Vancouver, c’est le gouvernement provincial qui a
le dernier mot. La récente réforme de l’organisation du
transport s’est traduite par une perte de pouvoir pour les
élus locaux. Il n’existe pas de formules parfaites et Montréal
devra trouver la sienne. Idéalement, l’organisme responsable
des transports collectifs devrait également planifier
l’aménagement du territoire. Cet organisme devrait avoir une
vision régionale du transport, mais prioriser les besoins de
la métropole. Ses choix devraient contribuer à limiter
l’étalement urbain, non à l’encourager. Tant que cette
question de gouvernance ne sera pas réglée, les transports
collectifs montréalais se développeront à pas de tortue.
En attendant les grands projets... - Bruno
Bisson
Peu de
nouveaux services de transports collectifs cet automne
Des voitures de métro neuves, une navette express entre
l’aéroport de Dorval et le centre-ville de Montréal, des
tramways, des trolleybus, des trains de banlieue, des
trains légers, des trains électriques... Il y en a, des
projets de transports en commun dans la métropole.
Ce matin, les centaines de milliers d’habitués qui
s’entassent dans les autobus, les trains de banlieue ou
les voitures de métro pour se rendre à l’usine, à l’école
ou au bureau n’ont peut-être pas senti la différence, mais
les transports collectifs sont à la mode et font l’objet
de vastes études, ces temps-ci.
Dans un contexte très favorable
aux transports collectifs, les nouveaux services
proposés cet automne peuvent paraître relativement
modestes.
Et à la veille d’une énième journée « En Ville sans ma
voiture », le public répond avec enthousiasme à
l’invitation. En 2008, dans l’ensemble du territoire de la
métropole, la clientèle des transports en commun a
augmenté de 4,1 % – et de 7,6% dans la couronne nord et la
Rive-Sud.
Dans un contexte aussi favorable, les nouveaux services
proposés cet automne peuvent paraître relativement
modestes. Les grands projets ne sont pas au rendez-vous
cette année. Et ils n’y seront pas de sitôt. À l’exception
des voitures neuves qui seront mises en service sur la
ligne de train de Mont-Saint-Hilaire en novembre, les
trains de banlieue et le métro n’offriront pas de nouveaux
services aux usagers cette année.
À Montréal, la mise en service d’une voie réservée aux
autobus sur le boulevard Saint-Michel, dans l’est de la
ville, et l’arrivée, en novembre, des premiers autobus
articulés pour l’Express 467 (aussi sur le boulevard
Saint-Michel) sont les faits saillants de la rentrée.
À Laval, après avoir augmenté son offre de service de 28 %
depuis l’ouverture du métro, la Société de transport de
Laval (STL) a décidé de bonifier ses services hors pointe
en doublant la fréquence de passage des bus sur 12 de ses
44 circuits.
À Longueuil, une nouvelle ligne directe amènera les
travailleurs vers les entreprises du Vieux-Longueuil à
partir de Boucherville, et des autobus seront ajoutés à
l’heure de pointe pour mieux desservir la clientèle de
Brossard.
Pendant ce
temps, à Montréal, le métro vieillit. Les autobus sont de
plus en plus bondés. Dans les deux premières semaines de
septembre seulement, l’Agence métropolitaine de transport
(AMT) a enregistré sept pannes majeures (retards de 30
minutes et plus, départs annulés, etc.) des trains
Dorion-Rigaud et Saint-Jérôme-Blainville.
Des rêves à l’étude
L a semaine dernière, la création d’un bureau de projet,
doté d’un budget de 12 millions pou r étudier du ra nt
trois ans le prolongement du métro à Montréal, Longueuil
et Laval, s’est ajoutée aux nombreux autres projets « à
l’étude » depuis des lustres, dont l’aboutissement semble
toujours repoussé de mois en mois, d’année en année.
Le tracé de la navette ferroviaire entre l’aéroport
Trudeau et le centre-ville est toujours à l’étude, et des
recommandations définitives ne devraient pas être rendues
publiques avant la fin de 2009 ou le début de 2010. Le
projet, qui pourrait coûter j usqu’à 800 millions de
dollars, pourrait se réaliser, au mieux, pour 2014 ou
2015.
L es projets de trains à Repentigny et Mascouche ont été
refondus en un seul projet de 400 millions, le train de
l’Est, dont la réalisation est actuellement ralentie par
le fait qu’une usine d’armements se trouve à proximité de
son tracé. Les plans et devis du projet ne sont pas très
avancés. Une mise en service à l’automne de 2010 n’est
plus improbable ; elle est devenue impossible.
Le projet de faire passer un train léger sur l’estacade du
pont Cha mplain entre Montréal et la Rive-Sud est
virtuellement mort, en attente d’une décision fédérale, en
principe l’an prochain, quant à la reconstruction du pont.
Transports collectifs : Quelles sont les priorités ?
- Florence Junca-Adenot
Montréal
pourrait vite implanter des mesures efficaces à un prix
raisonnable pour améliorer ses transports collectifs
Tout au long de la campagne électorale qui s’amorce à
Montréal, Mme Junca Adenot et Daniel Gill, professeur à
l’Institut d’urbanisme de l’Université de Montréal, publieront
régulièrement leurs réflexions dans nos pages. L’auteure est
directrice du Forum Urba 2015 au département d’études urbaines
et touristiques de l’UQAM. Elle a été présidente de l’Agence
métropolitaine de transport de 1996 à 2003. Dans une rare
unanimité, citoyens et entreprises s’entendent enfin pour
diminuer la place de l’automobile dans les quartiers urbains
et sur le réseau routier. Il s’agit du principal moyen pour
lutter contre la congestion coûteuse, améliorer
l’environnement, diminuer les gaz à effet de serre et les
îlots de chaleur, créer une qualité de vie qui encourage à
vivre en ville et à investir. La Ville de Montréal s’est
d’ailleurs dotée d’un plan de transport aux 21 chantiers
audacieux, mais non priorisés.
PHOTO PATRICK SANFAÇON,
ARCHIVES LA PRESSE
Les sociétés de transports ont accru
de 4 % à 7 % leur achalandage en 2008 ; il faut accélérer.
Développer les transports collectifs et actifs est prioritaire
et urgent, ici comme dans les grandes métropoles, et force à
travailler localement et régionalement autour de projets
rassembleurs. Pour ce faire, l’amélioration des services
requiert, en premier lieu, plus de services locaux, adaptés
aux besoins, plus de fréquence, plus de places, de confort,
des équipements rénovés, des voies réservées pour éviter que
les autobus stagnent dans la congestion.
Les sociétés de transports ont accru de 4 % à 7 % leur
achalandage en 2008 ; il faut accélérer. À quand les voies
réservées aux bus et au covoiturage sur toutes les artères
routières ? Quand bénéficiera-t-on de plus de stationnements
incitatifs ? À quand des rues piétonnes sur la rue
SainteCatherine, dans le Vieux-Montréal, dans les quartiers,
pour redonner la rue aux citoyens? À quand une meilleure
utilisation des voies ferrées sillonnant Montréal et la région
? Ces mesures efficaces s’implantent à court terme à un prix
raisonnable, et ne nient pas les grands projets qui font
rêver.
Dans la
région de Montréal, les décideurs en transports sont nombreux.
De multiples structures existent dans toutes les métropoles.
Pourtant, des projets porteurs pilotés par des leaders
passionnés surgissent et s’implantent. Gouverner, c’est
prioriser, agir en intégrant les structures et avis
divergents, et trouver les ressources. Le succès du BIXI est
un bel exemple. À quand la réouverture de l’importante voie
réservée de l’avenue Pie-IX, fermée en 2002, étranglée dans
des querelles de structures ? À quand une navette ferroviaire
entre l’aéroport et le centre-ville dont le meilleur tracé est
connu depuis 20 0 0, et la gare déjà construite ? Toronto a sa
navette depuis 15 ans. À quand le train de l’Est? À quand un
arbitre du corridor Dalhousie dédié aux transports collectifs
dans le réaménagement de l’autoroute Bonaventure et le SLR
Champlain? À quand un nouvel échangeur Turcot qui intègre les
objectifs de Montréal de limiter les voitures ?
La période électorale est propice pour que les futurs élus se
prononcent sur des actions réalistes et efficaces pour les
cinq prochaines années. Vingt kilomètres de métro, des réseaux
de tramways, de trolleybus coûtant plusieurs milliards, sont
des rêves à long terme qui s’ajoutent aux rénovations urgentes
aux routes et matériels roulants.
Mais
en attendant, comment améliorer le quotidien des Montréalais
et de tous ceux qui viennent matin et soir à Montréal ?
Comment diminuer le nombre de véhicules dans les quartiers et
sur les routes, par quels nouveaux services ? Quelles sont les
vraies priorités et qui s’engage à décider ? C’est ce que de
nombreux citoyens voudraient justement savoir.
J’angoisse à l’idée de prendre
l’autobus et le métro pour aller travailler - Denis
Bergeron
Bloqués par le trafic - Denis Bergeron
J’angoisse à
l’idée de prendre l’autobus et le métro pour aller travailler.
Maintenant que les étudiants ( petits et grands) sont de
retour, les autobus sont encore pleins. Combien de fois
devrai-je laisser passer des autobus à mon arrêt avant que je
puisse monter ? Un parcours qui me prendrait 15-20 minutes en
voiture me prend 60-75 minutes avec les transports en commun.
Prendre mon vélo? Hum… il y a trop des gens impatients
derrière leur volant. Trop risqué. Bon, je prends l’autobus et
j’arriverai en retard.
Le nombre de véhicules motorisés (voitures et camions) ne
cesse d’augmenter dans les rues montréalaises. Avec le nombre
croissant de vélos, les rues deviennent de plus en plus
dangereuses pour les piétons.
Quand j’entends la STM clamer que le service a été grandement
amélioré avec l’ajout de départs (donc, plus de véhicules) et
l’arrivée des nouveaux autobus articulés, la Ville de Montréal
ne fait que contribuer à l’augmentation du trafic, de la
pollution de l’air, de la pollution du bruit et, bien sûr, du
risque d’accident dans les rues de Montréal.
En novembre
20 0 0, la conseillère municipale Helen Foutopulos approuvait
l’élaboration d’un plan de circulation pour le Plateau
Mont-Royal. Je précise « plan de circulation », et non pas un
plan de transport. Nous voici en septembre 2009 et je n’ai
jamais encore lu ou entendu parler de ce fameux plan de
circulation. Le problème est toujours là, non seulement sur le
Plateau, mais aussi dans Ville-Marie et certainement ailleurs
à Montréal.
Les autobus sont souvent bloqués par le trafic (trop de
véhicules, mauvaise signalisation, chantiers de construction).
Le service des transports en commun de la STM demeurera
inefficace tant aussi longtemps que la Ville de Montréal ne
réglera pas le problème de la circulation. Je ne vois pas
comment l’augmentation des autobus sur le réseau et l’arrivée
des autobus articulés va rendre notre ville plus verte quand
le nombre de voitures et camions augmente sans cesse.
La Ville de Montréal et sa nouvelle administration (dès
novembre) doivent agir comme souhaitent les Montréalais en
rendant la ville plus verte et plus sûre, en réglant les
problèmes de circulation par des gestes concrets, tout en
étant à l’écoute de ses citoyens.
Le prolongement du métro à l’étude - Bruno
Bisson
(NDE : Et quel est l'objectif de prolonger quelque chose qui
déjà n'est même pas capable de correctement fonctionner ?...
Et si on adopte de telles mesures spectaculaires plutôt que de
régler les véritables problèmes, à quoi cela revient-il, sinon
de justement jeter une fois de plus de la poudre aux yeux des
gens, enfin qu'on puisse surtout continuer à se mettre la tête
dans le sable ?...)
Au moins
12 stations s’ajouteraient à Montréal, Longueuil et Laval
d’ici à 2019
L e prem ier m i n istre du Québec, Jea n C ha rest, a
annoncé hier la création d’un bureau de projet doté d’un
budget de 12 millions de dollars pour trois ans, qui doit
réaliser les études nécessaires à la construction de trois
nouveaux tronçons de métro à Montréal, Longueuil et Laval.
Les travaux de prolongement du
métro vers Laval, d’une longueur de 5,3 km, ont duré
cinq ans (entre 2002 et 2007) et coûté 745 millions de
dollars, soit une moyenne d’environ 143 millions le
kilomètre. L’ajout d’environ 20 km au réseau actuel
pourrait donc coûter jusqu’à 3 milliards. Sur la photo,
une vue de la station Montmorency, à Laval.
« C’est une étape extrêmement importante que nous f ra nc
h issons aujou rd ’hu i , puisque c’est la réalisation
d’un projet commun, présenté par les trois maires des
trois grandes villes de la métropole. Et c’est également
une vision qui rejoint tous les Montréalais », a déclaré
le premier ministre.
À Montréa l, la l ig ne 5 (bleue) serait prolongée de plus
de 5 km vers l’est et compterait cinq stations de plus
jusqu’à Anjou.
À Laval, le tronçon actuel serait prolongé vers le
sudouest pou r rejoind re, à Montréal, le tronçon ouest de
la ligne 2 (orange). La ligne 2-ouest, qui s’arrête à
CôteVertu, dans l’arrondissement de Saint-Laurent, serait
elle aussi prolongée de deux stations jusque dans le
secteur de Cartierville.
Enfin, Longueuil propose de prolonger la ligne 4 (jaune)
de 8 km, jusqu’aux abords de l’aéroport de Saint-Hubert.
Le nouveau tronçon compterait six stations.
L’ouverture de ces nouvelles stations n’est toutefois pas
pour demain. Des trois projets, un seul, celui de
Montréal, pourrait être mis en chantier avant la fin du
mandat du bureau de projet, en 2012, a précisé hier la
ministre des Transports du Québec, Julie Boulet.
De plus,
chacun des nouveaux tronçons, qui font tous plus de 5 km,
devrait nécessiter au moins cinq ans de travaux. En
admettant que les travaux de prolongement de la ligne 5
(bleue) commencent dès l’an prochain, le métro ne se
rendra pas à Anjou avant 2015.
Les travaux de prolongement du métro vers Laval, d’une
longueur de 5,3 km, ont duré cinq ans (entre 2002 et 2007)
et coûté 745 millions de dollars, soit une moyenne
d’environ 143 millions le kilomètre. L’ajout d’environ 20
km au réseau actuel pourrait donc coûter jusqu’à 3
milliards.
La réalisation des études ne garantit pas, non plus, que
le projet va se concrétiser. Le prolongement de la ligne 5
(bleue) à Montréal a déjà fait l’objet d’un décret de
réalisation et d’études approfondies au début des années
2000.
En 2002, une commission de consu lt ation publ ique
dirigée par l’ingénieur Roger Nicolet, sur les problèmes
de transport entre Montréal et la Rive-Sud, avait pour sa
part mis en doute la pertinence du prolongement du métro à
Longueuil au motif qu’il n’attirerait pas suffisamment
d’usagers supplémentaires pour justifier ses coûts.
« Le bureau de projet, a ex pliqué h ier la m i n istre
Boulet, aura le mandat d’effectuer les études et de
procéder à l’analyse de l’ensemble des coûts et des
bénéfices d’un tel projet. »
Plus particulièrement, le bureau devra décider des études
à réaliser ou à réaliser, définir les tracés et préciser
le nombre et l’emplacement des stations dans chacune des
trois villes. Le nombre de rames nécessaires à un réseau
prolongé de 20 km sera aussi évalué. Le bureau devra enfin
produire des études de coûts détaillées et fournir des «
hypothèses de calendrier réaliste de réalisation, sur 10
ans ».
Prenez l’auto, le bus est plein... - FRANÇOIS
CARDINAL
C’est avec des
pantoufles aux pieds que la journée En ville sans ma voiture
revient pour la septième année. L’Agence métropolitaine de
transport a beau qualifier le happening du 22 septembre de
«revendicateur», l’événement laisse plutôt entendre un ronron
qui ne dérange plus grand-monde.
Le périmètre est le même que les années passées et les heures
de fermeture des rues (9h30 à 15h30) permettront encore aux
automobilistes de se rendre au boulot et d’en revenir, sans
changer leurs habitudes.
«Vrai, reconnaît le grand patron de la Société de transport de
Montréal, Michel Labrecque. Mais il faut savoir que le réseau
est déjà à pleine capacité. Il n’aurait donc pas été adéquat
de penser ajouter plus de monde encore.»
Cette phrase a fait bondir bien des lecteurs, qui se demandent
à quoi peuvent bien servir, dans ce cas, cette journée et
toutes les campagnes de sensibilisation qui s’y rajoutent.
«Pourquoi nous bombarder constamment le même message, si de
l’aveu même du président de la STM, le réseau n’est pas en
mesure d’accepter plus d’usagers?» s’interroge par exemple
Guillaume Bernier.
Bonne question. Les sociétés de transport ont beau se réjouir
tant et plus des récentes hausses de fréquentation, elles
n’ont toujours pas ajouté de bus ou de voitures de métro pour
répondre à cet afflux. Et par-dessus le marché, la STM et
l’AMT comptent hausser les tarifs en janvier prochain. Encore!
Le service a été grandement amélioré, clament-elles. Certes,
la STM a prolongé l’heure de pointe jusqu’à 10h. L’AMT a
ajouté des départs pendant la journée. La carte OPUS a vu le
jour. Des ascenseurs ont été installés dans certaines
stations...
Mais rien
pour l’usager qui voit le métro bondé lui passer sous le nez à
8h12, un inconvénient devenu la norme depuis le prolongement
du réseau à Laval.
Pour utiliser une analogie, c’est comme si on avait refusé
d’agrandir la maison pour accueillir la belle-famille, se
contentant de déplacer les meubles pour faire de la place!
Patience! nous disent organismes et gouvernement, les
investissements ont peut-être été faits trop tard, mais au
moins ils ont été faits. Ce que devraient commencer à
constater les usagers au printemps.
La STM commencera à recevoir ses 58 nouveaux autobus articulés
d’ici la fin 2009. Plus de 140 autres suivront au cours des
deux prochaines années. Sur la même période, quelque 400
citrons à planchers surbaissés seront remplacés par des bus
plus spacieux, complètement neufs.
En banlieue, on commencera à voir rouler de nouveaux trains
dès novembre. Une rame de train sera ensuite ajoutée chaque
mois, pendant un an et demi. En comptant l’attrition, on
passera ainsi de 200 à 280 voitures, dont plusieurs à deux
étages. Une augmentation de la capacité de 70 %.
Dans le métro aussi des changements viendront, mais il faudra
s’armer de patience dans ce cas. De 2012 à 2014, seront
remplacées par 336 voitures 342 nouvelles autres (à condition
que Québec donne le feu vert). L’interconnexion entre les
voitures permettra à 16% plus d’usagers d’embarquer.
Bref,
on promet que la table sera mise dès l’an prochain pour
accueillir plus d’usagers. Il n’y aura alors plus d’excuses
pour ne pas donner enfin une nouvelle ampleur à la journée
sans voiture.
OPUS : UNE CARTE À PROBLÈMES ? - Bruno Bisson
Les cartes CAM
magnétiques ne sont déjà plus qu’un souvenir et la Société de
transport de Montréal (STM) n’accepte plus les petits billets
de carton depuis ce matin. La carte OPUS s’impose désormais
comme le moyen de payer pour ses déplacements dans le métro et
dans les autobus de la STM. Après seulement un an
d’implantation, la carte OPUS a-t-elle conquis les coeurs de
ses usagers ? Un appel à tous auprès de nos lecteurs nous a
permis de constater qu’elle ne fait pas l’unanimité.
Les cartes OPUS se brisent facilement. Parfois, elles se
vident mystérieusement de tous leurs titres ou elles
deviennent tout bonnement illisibles. Les distributrices
automatiques de titres (DAT) dans les stations de métro sont
souvent en panne. Le premier jour du mois, les files d’attente
sont toujours aussi longues aux guichets que dans le bon vieux
temps de la CAM magnétique et des tickets de carton. Et les
bornes de lecture des autobus sont si lentes et si souvent
défectueuses que l’embarquement des passagers est encore plus
long qu’avant.
PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA
PRESSE
Si on mettait bout à bout les critiques négatives, les
commentaires amers, les anecdotes cocasses, les incidents
ennuyeux et les cas bizarroïdes rapportés à La Presse au cours
des dernières semaines à propos de la carte OPUS, il serait
aisé de conclure que l’implantation de ce nouveau titre de
transport électronique de la Société de transport de Montréal
(STM) a été une véritable calamité depuis l’an dernier. Ce
n’est pas le cas.
Mais ce n’est pas non plus le parfait bonheur et le grand
succès que claironne la STM, à en croire les lecteurs qui ont
participé récemment à un appel de La Presse et de Cyberpresse
afin de partager leur expérience sur la carte OPUS. En 24
heures, près de 120 usagers d’OPUS de tous les âges, anciens
et nouveaux, ont répondu à cet appel pour témoigner soit de
leur impatience et de leur irritation devant les ratés
multiples du système, soit de leur appréciation des avantages
liés à cette nouvelle carte de transport (transactions par
guichet, par carte de crédit, remplacement avec
enregistrement, etc.).
La nette majorité des témoignages reçus était clairement
défavorable au nouveau système de perception. Les récits
détaillés de défaillances (carte brisée ou illisible, billets
volatilisés , files d’attente, fiabilité des distributrices),
ou des refus de la STM de remplacer les cartes sans frais pour
cause « d’utilisation abusive ou inappropriée », livrés par
des dizaines d’usagers, démontrent avec éloquence que la carte
à puce de la STM et l’ensemble du système de perception sont
toujours mal compris et mal-aimés pa r u ne pa rtie i mporta
nte de sa clientèle.
G loba lement , qu’i ls se disent favorables ou pas au système
de perception électronique, les usagers demandent une carte
plus résistante, des guichets plus fiables, un service plus
souple permettant d’acheter des titres de n’importe quelle
société de transport à partir de n’importe quel guichet
(chaque transporteur vend ses titres dans ses DAT), et des
bornes de lecture plus nombreuses pour vérifier la validité
des titres stockés sur leur carte.
« Qui n’a pas eu de problème avec la carte OPUS ? » résume un
usager de la première heure, Martin Labonté, qui a dû fa i re
quelques détours par le centre de services de la station de
métro Berri-UQAM pour régler des ennuis de « lecture », et qui
a même dû marcher jusque chez lui en plein hiver, parce qu’un
chauffeur a refusé de le laisser monter dans son autobus à
cause d’une carte illisible.
Pratique
En fait, en réponse à la question de M. Labonté, beaucoup de
gens n’ont pas de problèmes avec leur carte OPUS. Ils
profitent à plein des avantages que procure le système de
paiement électronique, qui permet d’acheter les titres à
l’aide d’une carte de guichet automatique ou d’une carte de
crédit, au moment voulu par le consommateur.
Dans un bilan publié le 28 mai dernier, un an après le
lancement d’OPUS, la STM affirme que la nouvelle carte
recueille un taux de satisfaction de 90 % au sein de sa
clientèle.
Depuis le
printemps 2008, la S T M a ém is plu s de 900 000 cartes à
puce. Le tiers de ces cartes ont été enregistrées (avec photo)
par des personnes âgées ou des étudiants (du primaire à
l’université), qui ont ainsi accès aux tarifs réduits, et qui
peuvent bénéficier d’une garantie de remplacement en cas de
perte ou de vol. Un privilège qu’on entend maintenant, dans un
avenir rapproché, étendre à l’ensemble des usagers qui
choisiront d’enregistrer leur carte OPUS.
Chaque j our, les réseaux de la STM enregistrent en moyenne 1
million de passages, validés à l’aide d’une carte OPUS, dans
le métro ou les autobus.
« En conclusion, un beau succès ! » soutient la STM , après
cette première année d’activité.
« Je la trouve très pratique, dit l’usager Yva n Signori, et
les guichets sont faciles d’utilisation. Très bon choix
technologique. »
« Vu mon âge, écrit Madeleine Robichaud, une usagère de
Boucherville, j’ai la carte à prix réduit. Je trouve ça
formidable de ne pas avoir à faire la queue au guichet. Je
suis vraiment enchantée. »
Irritante
Ces témoignages de satisfaction à l’égard du nouveau système
de perception de la STM demeurent toutefois l’expression d’une
minorité. Ainsi, à la lecture de près de 50 réponses plutôt
favorables à OPUS reçues par La Presse, les bémols face aux
problèmes techniques éprouvés par les usagers sont aussi
fréquents que chez les usagers mécontents.
« J ’a i me bien l’idée de la ca rte OP US , v ra i ment
excellente, souligne un de ces usagers, J.-Philippe Boucher.
Mais à chaque fois que je vais y recharger ma carte ou
presque, soit j’ai un problème, ou une personne devant moi
semble avoir un problème. Ça m’est arrivé encore hier, et
j’utilise la carte depuis le tout début. On dirait qu’encore
une fois, on avait une bonne idée, mais on a créé un système à
problèmes.»
La STM affirme pourtant qu ’a prè s u ne pér io de de « rodage
» difficile, l’an dernier, « le taux de disponibilité des
distributrices automatiques de titres (DAT) dépasse 95 % »
depuis le début de 2009, contredite en cela par une multitude
de témoignages reçus par La Presse.
La STM nie de même que sa carte soit fragile – un des
reproches les plus souvent soulevés, avec la fiabilité des
DAT, même chez les usagers d’OPUS qui se disent satisfaits du
nouveau système de perception. La STM s’étonne même que des
usagers rapportent en être à leur troisième ou quatrième
carte, en un an seulement, alors que sa durée de vie «
théorique » devrait être de… sept ans.
La STM répond
1. Une carte
fragile
Les distributrices automatiques de
titres sont souvent en panne, affirment plusieurs usagers.
Faux, répond la STM, selon qui le taux de disponibilité
des équipements dépasse 95 %.
QD e
nombreux usagers disent avoir dû remplacer trois ou quatre
fois l eur carte OPUS en seulement un an. Pourquoi est-elle
si fragile ? Pou rrait-on e n a m é liore r la durabilité ?
RLa carte OPUS n’est pas f ragile. L a S T M a u n taux de
retour semblable à ce que l’on peut observer a illeu rs da
ns le monde. Nous sommes dans les normes. La cause
principale de remplacement de la ca r te est le bris de
celle-ci dû à une mauvaise manipulation ou à un mauvais «
entreposage ». Il est fort étonnant que la même personne ait
eu à changer trois ou quatre fois sa carte : nous croyons
qu’il s’agit vraiment d’une uti l isation abu sive ou
inappropriée.
Q Comment
se fait-il que des cartes OPUS, fraîchement rechargées, se
vident au bout de seulement deux jours après deux ou trois
utilisations ? Ces incidents sont-ils fréquents ?
RAucun cas de cette nature ne nous a été rapporté par des
clients de la STM. Une carte correctement chargée ne se
«videra» pas. Nous recommandons donc aux clients de
s’assurer que leur carte est bien chargée. Il suffit de
demander le reçu de vente au moment de la transaction. Ce
reçu de vente est remis lorsque la transaction est
complétée, c’est-à-dire lorsque la carte est bien encodée.
2. Recharger
OPUS
Q Pourquoi
les
distributrices automatiques de titres (DAT) sont-elles si
souvent en panne?
RLes DAT sont en opération depuis le lancement de la carte
OPUS, le 28 avril 2008. Au début, nous avons dû apporter
quelques ajustements. Depuis le début de 2009, nous pouvons
affirmer que le taux de disponibilité des équ ipements
dépasse 95%. Q Pourquoi
est-il impossible de charger des titres du RTL ou de la STL,
quand on se trouve à Montréal, ou d’acheter un titre de la
STM dans une gare de train de la Rive-Sud ? Pourquoi ne
peut-on pas acheter n’importe quel titre peu importe où l’on
se trouve, si tous les transporteurs de la métropole
utilisent la même carte ?
RChaque société de transpor t qu i pa r tic ipe au projet OP
US a acheté les équipements en fonction de son propre volume
d’affaires. Toutes les autorités organisatrices de transport
(AOT) ont donc conjointement décidé de n’offrir – pour le
moment – que les titres de leur propre réseau. Q Es t-
il vrai que, si j’ai des billets individuels sur ma carte,
et que j’y charge un titre mensuel, l a carte débitera les
billets individuels jusqu’à épuisement avant que le titre
mensuel soit sollicité, et ce, même si le mois couver t par
ce titre est commencé?
RC’est faux. Le système effectuera toujours la perception de
titre la plus avantageuse pour le client. Il puisera donc
sur la carte mensuelle avant de toucher aux titres
individuels (ou achetés en lisière). Cela vaut aussi pour le
cas où la carte est chargée d’un titre hebdomadaire et de
titres individuels.
3. Bizarreries
QI l
n’existe aucun titre de transport unique pour voyager dans
le métro entre Montréal et Laval, parce que les tarifs sont
différents des deux côtés de la rivière des Prairies. Il
faut deux cartes OPUS pour stocker deux types de billets qui
ne sont pas compatibles sur la même carte. Pourquoi une
telle situation ?
RC’est
faux.
La situation décrite était vraie au tout début du
déploiement, mais ce n’est plus le cas. Tous les titres
peuvent cohabiter sur la même carte.
Construisez-le, et ils le prendront... -
FRANÇOIS CARDINAL
La rivalité
Québec-Montréal s’est trouvé un nouveau champ de bataille: le
couloir ferroviaire qui relie les deux villes. La capitale a
jeté son dévolu sur un TGV, alors que la métropole préfère le
projet de train rapide VIAFast.
Deux villes, deux projets. Mais un objectif : accélérer le
tortillard qui dessert la ligne Québec-Windsor.
Il faut avoir emprunté l’un de ces trains de passagers pour
saisir le retard tiers-mondiste qu’accuse le pays en cette
matière. On retrouve dans ce petit couloir de 1000 km près de
60% de la population canadienne et pourtant, la marchandise a
priorité sur les deux voies ferrées qui le parcourent.
Or cela signifie deux choses pour les passagers : très peu de
départs, et des trains qui doivent fréquemment s’immobiliser à
la faveur de convois transportant, la plupart du temps, du
pétrole.
Bref, la priorité va au train qui transporte le carburant...
des véhicules qui le dépassent à vive allure. Comme symbole,
on ne fait pas mieux.
Les villes ne le savent que trop bien. Montréal et Québec ont
ainsi décidé de faire de ce dossier l’un des principaux sujets
de négociations avec le fédéral. Le problème, c’est qu’elles
ne sont pas sur la même longueur d’onde.
L’administration
Labeaume
a pris fait et cause pour le train à grande vitesse,
commandant une étude à la SNCF, multipliant les appuis
politiques, augmentant la pression sur Ottawa.
L’administration Tremblay, elle, ne semble pas trop croire à
ce projet de plusieurs dizaines de milliards de dollars. Bien
qu’elle assure une partie de la facture de l’étude de la SNCF,
elle a discrètement donné à ses fonctionnaires le mandat de
dépoussiérer le projet VIAFast, qui est passé à un cheveu de
se matérialiser il y a sept ans. Un projet moins rapide, mais
moins cher.
Piloté par l’ancien président de VIA Rail et ancien chef de
cabinet de Jean Chrétien, Jean Pelletier, ce projet avait reçu
l’appui du CN, du CP et même d’Ottawa. C’est Paul Martin qui a
tout enterré lors de son accession au pouvoir, en 2003.
La Ville de Montréal peut bien prétendre qu’elle appuie les
deux projets, cela ne tient pas la route. Bien que certains
estiment cela possible, VIAFast peut difficilement être une
étape vers l’implantation d’un TGV. Il s’agit d’un projet en
soi, qui consiste en trois choses: réserver une ligne aux
passagers, optimiser l’emprise, puis implanter un train rapide
du type Acela (à ne pas confondre avec les TGV).
Une fois les quelque 3 milliards investis à cette fin, il est
improbable qu’on en dépense des dizaines supplémentaires pour
implanter une autre technologie. Du moins dans un horizon de
quelques décennies.
Le gouvernement Harper a donc désormais le choix entre un
projet coûteux et très rapide pour plus tard, ou un projet
abordable et un peu moins efficace tout de suite.
Pour
leur part, les habitués du couloir
QuébecMontréal-Ottawa-Toronto peuvent se réjouir que la
pression politique ait augmenté d’un cran, ou se désoler qu’un
différend entre deux villes puisse retarder – encore – ce
projet d’une grande importance.
Québec-Windsor, un couloir rentable - FRANÇOIS
CARDINAL
La SNCF croit
à l’implantation du TGV au Canada
Pou r la S NC F, l’u ne des plus importantes entreprises
ferroviaires au monde, l’implantation d’un TGV dans le couloir
Québec-Windsor est totalement justifiée, car toutes les
conditions de rentabilité financière, sociale et
environnementale sont réunies pour en faire un grand succès.
Dans un avis obtenu par La Presse, la Société nationale des
chemins de fer français (SNCF) va même j usqu’à comparer
avantageusement ce couloir à ses lignes à grande vitesse les
plus rentables de l’Hexagone, soient les TGV Rhône-Alpes,
Méditerranée et Atlantique.
« Tous les critères théoriques et empiriques de succès de la
mise en service d’un tel réseau déterminés par la SNCF, via
son expérience de l’ensemble des projets de grande vitesse
ferroviaire dans le monde, sont remplis par le corridor
QuébecWindsor», estime-t-elle.
Voilà la conclusion d’une «étude prospective» contenue dans la
«proposition technique et financière » que l’entreprise a
remise en juin dernier aux maires des six grandes villes
concernées par ce projet.
Il s’agit en quelque sorte d’une soumission bonifiée, dans
laquelle la SNCF offre ses services, à la demande de la Ville
de Québec, pour mener une étude plus approfondie sur les
aspects socio-économiques, environnementaux et financiers du
projet, ainsi que sur son trafic potentiel, ses recettes et
ses coûts d’exploitation.
«La densité de la population du corridor Québec-Windsor et les
distances entre ses principaux pôles de population ainsi que
ses caractéristiques économiques et socio-économiques
constituent autant d’arguments forts en faveur de la mise en
service d’un réseau ferroviaire à grande vitesse desservant
les aires urbaines de Québec City ( sic), Montréal, Laval,
Ottawa, Toronto, Kitchener, London et Windsor.»
Officialisé
en juin dernier par la Ville de Québec, le contrat de service
accordé à la SNCF prévoit que le rapport final sera produit
d’ici au mois de novembre. La Ville de Montréal, qui partage
la facture de 375 000$ avec Québec et les autres villes
concernées, devait approuver le contrat à la séance du conseil
municipal qui s’est tenue hier soir. «Cette étude nous
fournira les éléments pédagogiques qui nous permettront de
mieux expliquer le projet à la population, a expliqué le maire
de Québec, Régis Labeaume, en entrevue téléphonique. Nous
sommes très en retard à ce chapitre. Même le président
américain est plus avancé que nous, ce n’est pas drôle!»
À mots à peine couverts, M. Labeaume accuse Stephen Harper, de
traîner les pieds dans le dossier du TGV qui relierait Québec,
Montréal, Ottawa, Toronto, Windsor et, possiblement, Chicago.
« Tout est fonction des politiciens, dit-il. J’ai l’appui de
Michael Ignatieff, de Jack L ayton , de Gilles Duceppe, de
Jean Charest et de Pauline Marois. Il ne manque que M.
Harper.»
Deux études pour un projet
Parallèlement à l’étude de la SNCF, les gouvernements du
Canada, du Québec et de l’Ontario ont confié à un consortium
dirigé par la firme Dessau le mandat de mettre à jour les
études menées entre 1992 et 1995 à ce sujet. Évaluée à 3
millions, cette étude devrait être terminée au printemps 2010.
Pour l ’a d m i n i s t r a t i o n Tremblay, il importera
alors de regarder les deux études pour juger de la réelle
pertinence du projet. «Dans la théorie, c’est très
intéressant. Mais il faut d’abord savoir combien de personnes
embarqueront et combien ça va coûter», précise André Lavallée,
responsable du transport à la Ville de Montréal.
Cela dit, la SNCF estime déjà que ce projet, s’il voit le
jour, aura un brillant avenir. Elle va même plus loin,
intégrant le futur couloir Québec-Windsor aux projets
américains de trains à grande vitesse. «Ces perspectives et
synergies potentielles renforcent encore les enjeux de la mise
en service d’un réseau ferroviaire à grande vitesse dans les
provinces de Québec et de l’Ontario jusqu’à Chicago», note la
Société nationale.
Et d’un point de vue plus personnel, la SNCF ne cache pas que
cette volonté d’étendre le réseau ferroviaire «constitue pour
les entreprises françaises une opportunité de consolider et de
développer leur position sur le marché nord-américain».
Hydro fait une entrée prudente dans le transport
électrique - Hélène Baril
Hydro-Québec
contribuera aux gigantesques investissements qui seront
nécessaires pour électrifier les réseaux de transports
collectifs, à commencer par les trains de banlieue de Montréal
qui fonctionnent encore au diesel au royaume de l’électricité.
PHOTO ANDRÉ PICHETTE,
ARCHIVES LA PRESSE
Électrifier les différents réseaux de
transports collectifs sera onéreux, à commencer par le
réseau de trains de banlieue. Hydro-Québec a annoncé son
intention de le faire, mais lentement.
La décision de franchir le pas entre un statut de fournisseur
d’électricité et celui d’investisseur a été officialisée dans
le plan stratégique rendu public la semaine dernière et qui
précise les projets de la société d’État pour les cinq
prochaines années.
L’électrification des transports publics fait partie de ces
projets, mais Hydro y met le pied avec beaucoup de prudence.
HydroQuébec Distribution, qui sera responsable de ces
nouvelles initiatives, soumettra tout projet d’investissement
à la Régie de l ’énergie pour examen et approbation.
Le montant des i nvestissements prévus n’est pas précisé et ne
le sera pas avant que des projets concrets soient mis en
marche, a fait savoir hier la porte-parole Flavie Côté.
Hydro s’est déjà engagée à débourser quelques centaines de
milliers de dollars dans des études préliminaires pour
l’implantation d’un t rolleybus à Laval et pour
l’électrification du réseau de trains de banlieue de
l’Association métropolitaine de transport.
L’AMT a déjà entrepris d’électrifier son réseau, mais les
investissements nécessaires sont tels qu’elle ne prévoit pas y
parvenir avant 15 ou 20 ans, a fait savoir son porte-parole,
Pierre-Luc Paquette.
Le réseau de trains de banl ieue de l ’A MT est long de 217,4
km, dont seulement 30 sont électrifiés. L’électrification d e
c e s 3 0 k m, le tronçon Montréal– Deux-Montagnes, a coûté
300 millions. C’est 10 millions par kilomètre, ou près de 2
milliards pour électrifier le reste du réseau, sans compter
son prolongement de 30 km vers l’est, qui devrait être en
service à la fin de l’année prochaine.
En réalité,
ce sera beaucoup plus que 2 milliards, estime le porte-parole
de l’A MT, parce que les travaux de la ligne DeuxMontagnes ont
été réalisés il y a presque 15 ans. Il refuse toutefois
d’avancer un chiffre. « Les études que nous avons commandées
nous le diront », a-t-il dit.
L’AMT dépense 7,2 millions par année en carburant.
La Société de t ransport de Montréal, pour sa part, dépensera
44,2 millions en carburant cette année. Pour diminuer cette
facture et réduire ses émissions de gaz à effet de serre, la
STM a mis à l’essai huit autobus à motorisation hybride.
L’essai s’est révélé concluant, avec une économie de 30 % sur
les coûts de carburant, et les hybrides ont été intégrés au
parc d’autobus.
Selon François Chamberland, de la STM, les véhicules hybrides
seront le passage obligé vers les véhicules tout électriques.
« C’est notre objectif ultime (les tout électriques) mais, en
raison des problèmes de faible autonomie des batteries
existantes, on nous dit qu’il ne faut pas y penser avant 2025,
au mieux », a-t-il indiqué.
L’amélioration de l’efficacité des batteries est un autre
chantier pour Hydro, mais personne ne peut dire si ses efforts
porteront leurs fruits à court terme.
Le transport électrique sous toutes ses formes est maintenant
considéré par Hydro comme un secteur d’expansion, que son
réseau peut facilement soutenir. « L’électricité peut prendre
le relais du pétrole sans grande difficulté, affirme le plan
stratégique. La conversion à l’électricité de l’ensemble des
automobiles en Amérique du Nord réduirait la consommation
d’essence de 70 % et n’augmenterait la consommation
d’électricité que d’environ 15 %. »
Au Québec, si l’on remplaçait 25% du parc automobile actuel
par des voitures électriques, soit 1 million de véhicules, la
consommation supplémentaire d’électricité serait de moins de
2% des ventes totales d’Hydro.
Le bétail humain - Jean-Serge
Baribeau
L’auteur est
sociologue. Il y a cinq ans, ma compagne et moi avons décidé
de ne plus avoir d’automobile. Vivant à Montréal, nous nous
sommes dit qu’il y a la marche, la bicyclette, les transports
en commun, les taxis et la possibilité de louer
occasionnellement des bagnoles.
On en
voit de toutes les couleurs dans les autobus de la STM.
Depuis plusieurs mois, nous nous interrogeons sur notre choix.
En effet, quoi qu’en disent des politiciens des divers niveaux
de gouvernement, les transports en commun ne progressent pas!
Ils régressent ! Et ils régressent dangereusement!
Vivant dans le quartier Côte-des-Neiges, nous prenons assez
souvent l’autobus 165 (Côte-des-Neiges), l’autobus 161 ( Van
Horne) et l’autobus 129 ( Chemin de la CôteSainte-Catherine).
Je dirais qu’au moins une fois sur trois ces autobus sont
bondés, plus que bondés. Je dirais que, de manière régulière,
surtout pendant les grandes froidures hivernales, ces autobus
sont en retard ou ne passent pas.
Et comme le
civisme et la civilité ne sont plus la norme, rares sont les
jeunes et bien-portants qui cèdent leur place aux « autres ».
Samedi dernier nous avons pris l’autobus 165, près de la rue
Van Horne. Il était bondé et à chaque arrêt dix ou quinze
nouveaux passagers ymontaient. La moyenne d’âge était élevée.
Nous avons remarqué que les places assises étaient occupées
par des jeunes et que de nombreuses personnes âgées ont dû
rester debout jusqu’au métro Guy-Concordia. Une jeune fille
voilée a eu la prévenance de demander à ma compagne si elle
voulait bien prendre sa place.
En fait, je pourrais quasiment écrire un livre de 200 pages
sur tout ce qui se passe dans les transports en commun,
surtout dans les autobus. J’ai assisté à des incidents raciaux
(et racistes) qui auraient pu dégénérer, j’ai noté la
prédominance de l’anglais et j’ai failli me faire casser la
figure (ou poignarder) pour des raisons linguistiques ( je
suis un « maudit » French Canadian).
Je ne veux plus jamais entendre un seul politicien qui aurait
l’audace de nous parler du virage en faveur des transports en
commun!
Pour son argent -
NATHALIE COLLARD
Dans un monde idéal, le prolongement du métro comme le
souhaitent les villes de Laval, de Longueuil et de Montréal
serait une excellente idée pour la grande région
métropolitaine. Cela désengorgerait le réseau routier,
améliorerait le service aux usagers, tout en permettant aux
principaux maires de la région de montrer qu’ils sont capables
de s’asseoir à la même table et de concevoir une vision
commune. Ce qui n’arrive pas souvent, il faut l’admettre.
Nous ne sommes malheureusementpasdansunmondeidéal: nous
traversons une période économique difficile. Dans ce contexte,
il faut donc se demander si le prolongement du métro est la
meilleure façon d’investir l’argent public.
La réalité, c’est qu’il serait beaucoup plus prudent de
maximiser les milliards de dollars en investissant dans les
transports de surface, beaucoup moins chers que le métro.
La nécessité de poursuivre la ligne bleue vers l’est a déjà
été démontrée. On en parle depuis les années 70. Mais elle
pourrait très bien s’arrêter au boulevard Pie-IX, où on nous
promet depuis des lunes une éventuelle voie réservée pour un
service de bus rapide.
Même obse r vat i on pou r Longueuil et Laval. Le métro
représente-t-il le meilleur investissement possible?
À Longueuil,
les transports en commun en surface sont déjà bien développés.
Pourquoi ne pas les bonifier avec un tramway?
Même questionnement pour Laval, qui pourrait être desservi par
un excellent service de bus rapide et de trolleybus. À
condition, bien entendu, d’avoir le courage de réserver des
voies aux transports en commun.
Le Plan de transport deMontréal, qui célébrera son deuxième
anniversaire cette année, énumérait 21 priorités. Le maire
Tremblay a déjà convenu qu’il serait difficile de trouver les
8 milliards de dollars nécessaires pour le concrétiser. Et on
parle d’investir des milliards dans un seul projet?
La prudence, nous l’avons dit, est de mise. En investissant
pour creuser des tunnels (sans compter les nouveaux wagons de
métro, une dépense de plusieurs milliards supplémentaires), on
court le risque qu’il ne reste plus un sou pour d’autres
projets de transports en commun.
Ilseraitd’autant plus imprudent de s’engager dans un projet
d’une telle envergure sans avoir d’abord i dent i f i é u ne
source de financement des transports en commun stable et
récurrente. Les investissements massifs dans les
infrastructures ne seront pas renouvelés chaque année, il faut
donc prévoir des solutions de rechange.
Plusieurs scénarios ont été suggérés au fil des ans: péage
régional, taxe sur l’essence, etc. Rien n’a encore été décidé.
Le responsable du transport à la Ville, André Lavallée, avait
annoncé un vaste débat public sur la question, débat qui n’a
pas eu lieu. En attendant que les élus régionaux s’entendent
sur un moyen de financer les transports collectifs, il faut
investir les milliards de façon optimale. Le métro n’est donc
pas la meilleure option.
La STM de Labrecque - NATHALIE
COLLARD
La nouvel le
campagne d’image de la Société de transport de Montréal laisse
sceptique. Avec ses accents vaguement ésotériques, Mouvement
col lecti f évoque une nouvelle Église ou encore, une secte.
Les affiches placardées dans le métro ainsi que le site
internet rappelle l’esthétique d’une émission pour enfants. À
qui s ’ adresse - t-on au juste ? Aux gens qui uti l i sent
déjà les transports collectifs pour les confor ter dans leur
décision ? Si c’est le cas, ces abonnés apprécieraient sans
doute davantage un service encore plus efficace, des i nst a l
l at i ons nickel et des équipements ultramodernes.
S’adresse-t-on
plutôt aux navetteurs invétérés qui prennent leur voiture
parce qu’elle est plus confortable ? Si c’est le cas, ce ne
sont pas les fleurs accompagnées de quelques données sur
l’environnement qui vont les convaincre de laisser leur
véhicule à la maison. La STM aurait plus de succès en offrant
un service d’autobus ultra-rapide ou un métro climatisé.
Actuellement, à l’heure de pointe, les wagons de métro sont
bondés, les lignes de bus principales aussi. Ne devraiton pas
améliorer le service avant d’inviter plus de gens à l’utiliser
?
À sa décharge, il faut dire que la tâche confiée au nouveau
président de la STM, Michel Labrecque, n’est pas aisée.
L’ancien président du festival Montréal en lumières avait sans
doute plus de facilité à convaincre un chanteur de donner un
spectacle à l’extérieur au mois de février que de convaincre
un banlieusard de laisser son auto dans le 450.
Michel Labrecque a repris les rênes d’une société sclérosée
qui n’a pas beaucoup flirté avec l’innovation au cours des
dernières années. Le défi est d’autant plus immense que la
Ville a demandé à la STM de couper 36 millions de dol la rs de
son budget. Dans un tel contexte, comment améliorer la qualité
des services ? Il faudrait que le maire de Montréal reprenne
son bâton de pèlerin pour aller convaincre Québec de dédier un
fonds au transport collectif. Autant croire aux miracles… Le
plus dommage dans tout cela, c’est que Michel Labrecque,
conseiller dans l’arrondissement Plateau Mont-Royal, songe à
quitter la vie politique. Espérons qu’il ne mettra pas ses
menaces à exécution. M. Labrecque est un des trop rares
candidats d’envergure sur la scène municipale. Montréal a
tellement besoin de leaders comme lui pour sortir de son
marasme ! D’autant plus qu’on aimerait voir ce que cet adepte
du cocktail transport réussirait à faire de la STM. Mais pour
ça, il faut du temps. Ne partez pas, M. Labrecque!
L'AMT
électrifiera le réseau de trains de banlieue - François
Cardinal
L'Agence métropolitaine de transport de
Montréal fera ce matin un premier pas vers l'électrification de
l'ensemble du réseau de trains de banlieue de la métropole,
qu'elle souhaite officiellement amorcer dans deux ans.
La Presse a appris que l'AMT
annoncera aujourd'hui le lancement d'un appel d'offres en vue de
la réalisation d'une étude de faisabilité sur la question. Cette
dernière ne servira pas à examiner si un tel chantier doit voir
le jour, mais plutôt comment il doit être mené.
«Nous voulons clairement électrifier l'ensemble du réseau, a
commenté le président de l'Agence, Joël Gauthier. Il nous faut
maintenant préciser comment nous allons le faire, quelle
technologie utiliser et quel ordonnancement privilégier.»
L'objectif préliminaire de l'AMT est de démarrer
l'électrification du réseau dès 2011, et de la poursuivre
graduellement pendant 15 ans. L'étude permettra de définir un
échéancier qui pourrait, par exemple, permettre
l'électrification de 15 km de lignes chaque année, jusqu'en
2016.
L'appel d'offres que lancera l'AMT se fera en collaboration avec
Hydro-Québec, qui acquittera une partie de la facture. Il s'agit
de la seconde incursion d'Hydro dans le transport collectif,
après celle visant à doter Laval d'un réseau de trolleybus.
À l'heure actuelle, une seule des cinq lignes du réseau de
trains de banlieue est électrique (ligne Deux-Montagnes). Les
quatre autres n'accueillent que des trains dotés de moteurs
thermiques, ce qui se traduit annuellement par l'achat de 8
millions de litres de diesel par l'AMT et la production de
grandes quantités de bruits et d'émissions polluantes.
On évalue que l'électrification de la totalité des lignes de
train de banlieue permettrait une réduction annuelle de 20 000
tonnes de gaz à effet de serre, tout en réduisant
considérablement le bruit émis par le passage des trains.
Autres avantages collatéraux : l'électrification du réseau
urbain permettrait à l'AMT de vendre des crédits sur un éventuel
marché continental du carbone ; elle permettrait aussi au
Canadien National et au Canadian Pacific de réduire les
émissions polluantes issues du transport de marchandises, à
condition toutefois qu'ils se procurent des locomotives bimode
(électrique et diesel).
C'est d'ailleurs ce qu'a fait l'Agence, l'an dernier, en faisant
l'acquisition de 20 nouvelles locomotives de Bombardier pouvant
fonctionner autant à l'électricité qu'au diesel, une décision
prise dans l'optique de l'électrification éventuelle du réseau
de trains de banlieue.
«Nous avons également une option sur 10 autres locomotives
bimode, a précisé Joël Gauthier. Cela confirme notre grande
volonté d'électrifier le réseau.»
La firme choisie par appel d'offres aura donc le mandat de
proposer un échéancier, mais aussi d'effectuer l'analyse des
solutions techniques à privilégier, d'évaluer les
avantages-coûts pour l'Agence et le gouvernement ainsi que
d'estimer les impacts économiques du projet.
Concrètement, l'électrification d'une ligne de trains de
banlieue signifie l'implantation de transformateurs, la
construction de sous-stations électriques et surtout
l'installation d'une caténaire électrique (longue ligne de
contact placée au-dessus des trains) sur toute sa longueur.
L'électrification se fera graduellement sur les lignes de
Dorion-Rigaud, Blainville-Saint-Jérôme, Mont-Saint-Hilaire,
Delson-Candiac et celle du futur train de l'Est
(Repentigny-Mascouche). L'AMT ne sait pas encore par où elle
commencera, autre donnée qui fera partie de l'étude de
faisabilité.
On sait déjà, par contre, que les nouvelles locomotives bimode,
qui doivent être mises en service en 2012, serviront d'abord à
propulser le train de l'Est.
Un pacte à trois pour prolonger le métro
Montréal,
Laval et Longueuil veulent ajouter 20 km au réseau
EXCLUSIF
Les maires de Montréal, de Laval et de Longueuil négocient
activement un « protocole d’entente » pour convaincre Québec
d’investir dans la construction simultanée de trois nouveaux
tronçons de métro totalisant plus de 20km, et ce, d’ici 10
ans.
Selon des sources de La Presse, les maires Gérald Tremblay,
Gilles Vaillancourt et Claude Gladu discutent depuis
plusieurs mois déjà d’un « pacte à trois » qui présenterait
le parachèvement du métro comme « la » priorité
métropolitaine en matière de transports en commun.
Un projet d’entente circule même actuellement dans les
officines municipales pour demander au gouvernement du
Québec d’inclure dans le même programme la réalisation de
trois projets de prolongement du métro, dotée d’un
échéancier « réaliste et non inflationniste de l’ordre de 10
ans, pour l’ensemble du programme ».
En considérant le coût moyen (environ 150 millions de
dollars le kilomètre) du premier tronçon de Laval, inauguré
en avril 2007, ce grand chantier nécessiterait des
investissements d’au moins 3 milliards (en dollars
d’aujourd’hui) d’ici à 2020.
De plus, l’ajout de plus de 20km de tunnels à un réseau qui
en fait présentement 66 représenterait une augmentation
subite de 30% des distances à parcourir pour le matériel
roulant de la Société de transport de Montréal (STM). Cela
aurait un impact majeur sur le parc de véhicules actuels,
son renouvellement ou même son expansion.
À Longueuil, la ligne 4 ( jaune) du métro serait prolongée
de quatre stations vers l’est, jusqu’au « pôle
Jacques-Cartier/ RolandTherrien », sur une distance de
5,3km. La Ville de Longueuil a récemment présenté le projet
à la ministre des Transports du Québec, Julie Boulet, qui
l’aurait accueilli favorablement, selon un communiqué publié
au début du mois par la municipalité.
À Montréal, la ligne 5 (bleue) serait prolongée de 5,1km
vers l’est, jusque dans l’arrondissement d’Anjou. Le tracé
pourrait compter cinq stations aux intersections du
boulevard Pie-IX, de la rue Viau et des boulevards
Lacordaire et Langelier, avant la station terminale d’Anjou.
Ce projet figure dans les cartons de la métropole depuis les
années 70
nfin, le troisième tronçon, qui pourrait faire 10,1km,
relierait Laval et Montréal à l’ouest du premier tronçon,
inauguré il y a deux ans. Il permettrait de boucler les deux
« branches » de la ligne 2 (orange) de part et d’autre de la
rivière des Prairies. Le premier tunnel, d’un peu plus de 2
km, serait d’abord creusé en prolongement de la station
Côte-Vertu actuelle jusqu’à la gare Bois-Francs du train de
banlieue Deux-Montagnes, à Saint-Laurent. Puis le nouveau
tronçon bifurquerait en direction de Cartierville, où une
autre station – qui n’a pas encore de nom – serait
vraisemblablement implantée.
De là, un tunnel serait creusé sous la rivière des Prairies,
en amorce d’un long t ronçon qui rejoindrait la station
Montmorency, à Laval. Le tracé précis et le nombre de
station dans l’île Jésus ne sont pas encore arrêtés.
Ces projets ont déjà été, en tout ou en partie, rendus
publics par chacune des villes concernées. Si un pacte est
conclu, ce serait la première fois que Montréal, Laval et
Longueuil, par la voix de leurs maires, revendiquent
ensemble le « parachèvement » du métro.
Des
retombées au Québec
En entrevue, vendredi, le maire de Laval, Gilles
Vaillancourt, .a confirmé qu’un projet d’entente E est bel
et bien en cours, sans toutefois commenter l’état de ces
discussions.
Il a en outre rappelé que, dès l’ouverture des stations
Cartier, Concorde et Montmorency, en avril 2007, il faisait
déjà la promotion du bouclage de la ligne 2 par l’ouest,
entre Laval et Montréal. Il était aussi l’un des seuls à
croire au succès du premier prolongement du métro à Laval.
Les trois nouvelles stations lavalloises accueillent déjà 60
000 usagers par jour.
« Collectivement, nous faisons présentement face à deux
crises majeures, affirme le maire. La première est
économique. La seconde est environnementale. Un projet comme
celui-ci permettrait de faire travailler des milliers de
personnes chez nous durant plusieurs années. Et après, ce
sont des milliers d’automobiles de moins sur nos routes,
parce que leurs propriétaires prendront le métro au lieu de
leur voiture. »
Pour sa part, le responsable des transports et du
développement urbain au comité exécutif de la Ville de
Montréal, André Lavallée, a confirmé que les trois grandes
villes de la région métropolitaine étaient en discussion «
pour la réalisation d’un grand projet rassembleur, durable
et structurant, qui bénéficierait à l’ensemble de la région
métropolitaine ».
M. Lavallée a précisé que ces discussions « doivent être
mises en contexte avec les propositions lancées par la Ville
de Montréal dans son Plan de transport sur la question du
financement. Mais aussi en relation avec le leadership que
les municipalités veulent aujourd’hui assumer en matière de
transports en commun. »
La Presse n’a pu joindre de porteparole de la Ville de
Longueuil.
Le souhait de Québec?
Une revendication commune des trois maires répondrait par
ailleurs à une demande qu’a formulée à maintes reprises la
ministre des Transports Julie Boulet, au cours des derniers
mois, concernant la priorisation des projets de transports
en commun.
Le 24 avril, en commission parlementaire, la ministre Boulet
a affirmé: « Le maire de Montréal a sa liste de priorités à
lui, qui n’est pas nécessairement la même qu’à Laval ou qu’à
Longueuil. Et moi, ma préoccupation, c’est : Estce que je
peux trouver quelque chose qui va servir à l’ensemble des
citoyens qui restent dans la grande région métropolitaine,
et incluant Longueuil et Laval?
« Est-ce qu’on est capable de trouver un projet porteur qui
va rallier le plus de monde possible et avec lequel on aura
le plus large consensus sur l’ensemble du territoire ? C’est
ce que je souhaite. »
Agissons ou taisons-nous - ANDRÉ PRATTE
La
ministre Line Beauchamp a déposé la semaine dernière un
document de consultation sur le prochain plan québécois
de lutte aux changements climatiques. En conférence de
presse, Mme Beauchamp a dit que le Québec doit se donner
des objectifs «ambitieux» en ce qui a trait à la
réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES)
dans l’après-Kyoto, de 2012 à 2020: «Le Québec va
montrer la voie en établissant des cibles qui vont être
considérées comme très ambitieuses face à la communauté
internationale.» Pour que cela soit le cas, les citoyens
du Québec devront accepter que leur portefeuille
souffre.
Le document ministériel propose quatre cibles de
réduction des émissions de GES d’ici 2020: 10%, 12%, 15%
ou 20% sous le niveau de 1990. Comme d’ici 2012, le
Québec atteindra sans mal l’objectif fixé pour le Canada
par le protocole de Kyoto (6% sous le niveau de 1990),
les cibles envisagées correspondent à des efforts
supplémentaires de 4%, 6%, 10% et 15%.
On trouve dans ce document l’habituel pétage de
bretelles sur les «choix stratégiques» faits par le
Québec dans le passé et sur la qualité de son bulletin
en matière d’émissions de GES. On y insiste sur le fait
que plus la cible choisie est ambitieuse, plus les
changements nécessaires seront coûteux: «Les coûts de
réduction au Québec sont généralement supérieurs aux
réductions antérieures ainsi qu’à ceux des partenaires
nord-américains du Québec.» On comprend que le
gouvernement n’est pas très chaud à l’idée d’adopter une
cible élevée à moins d’obtenir «le soutien incontestable
de l’ensemble de sa population».
On
verra bientôt dans quelle mesure la volonté écologique
des Québécois est authentique. Soyons francs: le bon
bilan de la province en ce domaine n’a rien à voir avec
un quelconque effort collectif entrepris pour s’attaquer
au problème. Il s’explique plutôt par le fait que nous
disposons de ressources hydrauliques considérables, des
ressources que nous avons choisi d’exploiter bien avant
que la question des changements climatiques ne soit à
l’agenda. S’il était démontré que les centrales
hydro-électriques sont nocives pour l’environnement,
cesserions-nous du jour au lendemain de les faire
tourner? Alors, comment osonsnous sermonner l’Alberta et
la Saskatchewan dont la richesse, pour le meilleur et
pour le pire, est pétrolière et gazière?
Selon Québec, la cible la moins exigeante ferait grimper
le prix de l’essence de 3,7 cents, la cible la plus
haute de 12,7 cents. Pour les familles québécoises,
l’impact de la hausse des prix des carburants varierait
de 75$ par année à 804$ par année.
Pour
le bien de l’humanité, les Québécois soutiendront-ils la
cible la plus audacieuse, donnant au gouvernement
Charest la volonté d’aller de l’avant? Si nous ne le
faisons pas, ayons au moins la décence d’arrêter de
faire la leçon aux autres.
Les Canadiens moins « verts » en
réalité - Catherine Handfield
Les
Canadiens se croient beaucoup plus « verts » qu’ils ne
le sont en réalité. L’écart entre la perception qu’ils
ont d’eux-mêmes et les gestes concrets qu’ils font pour
améliorer l’environnement est supérieur à 20%, selon un
coup de sonde mené pour le compte du Monde de Cossette
et de Summerhill.
Le sondage, publié hier, a été mené entre les 7 et 11
mai auprès de 1000 Canadiens. Les répondants se sont
d’abord attribué une note de 1 à 4 pour qualifier leur
comportement écologique dans six domaines: l’énergie, le
carburant, l’alimentation, le recyclage, la
réutilisation et l’utilisation de produits verts.
Ensuite, les sondeurs ont posé une série de questions
spécifiques sur leurs agissements concrets dans chacune
des catégories mentionnées. Pour faciliter la
comparaison, les résultats de la deuxième partie ont été
pondérés en fonction d’une grille d’analyse pour en
faire également une note sur 4.
Résultat:
«
Les répondants montrent un intérêt sincère pour un mode
de vie écologique, mais ils ne procèdent pas aux
changements fondamentaux pour concrétiser leurs bonnes
intentions », résume Nick Cowling, vice-président
d’Optimum relations publiques, filiale du Monde de
Cossette.
C’est dans le domaine des transports que « l’écart vert
» est le plus significatif (40%). Les Canadiens
s’attribuent une note moyenne de 3 sur 4, alors qu’ils
obtiennent un faible 1,8 sur 4 pour leurs gestes
concrets (utilisation des transports en commun,
consommation d’essence, véhicules hybrides, etc.).
Si l’« écart vert » moyen varie peu d’une province à
l’autre, les Québécois semblent passer davantage de la
parole aux actes en ce qui a trait à l’alimentation. Ils
sont les plus nombreux au pays à se servir de sacs
réutilisables pour faire leur épicerie.
Le sondage a été réalisé par Nucleus planification
stratégique. Sa marge d’erreur est de 3,2 points.
« Nous assistons à un vol de l’eau par le privé
» - FRANÇOIS CARDINAL
Mercredi
dernier, la présidente du Conseil des Canadiens, Maude
Barlow, terminait son mandat de conseillère principale
en matière d’eau auprès du président de l’Assemblée
générale des Nations unies. Le jour même, elle a lancé
Vers un pacte de l’eau, un livre qui dénonce ces
gouvernements trop indulgents face à des entreprises
assoiffées. Parmi eux, le Canada et le Québec.
Rencontre.
QL e
L’eau est un sujet que la
présidente du Conseil des Canadiens, Maude Barlow,
connaît bien. Elle vient de lancer un livre sur la
question, Vers un pacte de l’eau.
Canada est enclin à vendre ses ressources non
renouvelables, comme le pétrole, le gaz naturel et le
charbon, mais pas son eau, pourtant renouvelable… R Il
n’y a là rien de bien surprenant. Les Canadiens
comprennent bien que si leur eau est un jour vendue en
vrac, elle sera alors contrôlée par de grosses
entreprises, possiblement américaines. Q Mais
le Canada n’a-t-il pas une responsabilité par rapport
aux nations moins bien pourvues en eau ? R Il ne faut
pas se méprendre. Si l’eau est un jour vendue, elle sera
achetée par ceux qui sont capables de se la payer, non
par ceux qui en ont besoin. Le premier endroit qui en
profiterait serait fort probablement Las Vegas. Or,
sacrifier notre eau dans l’unique but de répondre à la
demande i n satiable de nos voisi n s aurait pour effet
de renforcer leurs mauvaises habitudes de consommation.
Q Utilise-
t-on mieux l’eau ici qu’au sud de la frontière ? R Pas
du t out. Tous Nord-A méricains les
la tiennent pour acquis. La seule différence, c’est
qu’il y a ici moins de monde, mais plus d’eau. Q On
entend souvent dire que le Canada possède le cinquième
des réserves d’eau douce de la planète… R Si l’on vidait
tous les lacs, toutes les rivières, tous les aquifères
au pays, c’est vrai, on aurait alors 20 % des ressources
d’eau douce au monde. Mais cela transformerait le Canada
en un immense désert! En réalité, nous n’avons que 6,5 %
de l’eau douce disponible, c’est-à-dire qui peut être
utilisée sans tarir l’écosystème. Si l’on s’en tient au
territoire courant le long de la frontière américaine,
où habite 90 % de la population canadienne, on ne
retrouve plus que 2,5 % des ressources mondiales. Q La
majeure partie de l’eau potentiellement exportable se
trouve dans le nord du pays… R Oui, il s’agit de l’eau
qui s’écoule dans les grandes rivières qui remontent
vers le nord. Or, la vendre à Las Vegas ou ailleurs aux
États-Unis nécessiterait l’érection de barrages comme
celui des Trois-Gorges (en Chine), d’énormes
infrastructures qui permettraient de canaliser l’eau
dans des pipelines, ainsi que de nouvelles centrales
nucléaires pour alimenter le tout. Et le pire, c’est
qu’avec l’Accord de libre-écha nge nord-américain, dès
que vous ouvrez les vannes, vous n’avez plus le droit de
les refermer. QM ais
ne
sommes-nous pas déjà des exportateurs d’eau, par
l’entremise de l’embouteillage ? R Certainement, et cela
est désolant. Le Canada est u n ex portateu r net d’eau.
L’an dernier, nous avons permis qu’environ 2,5 milliards
de litres d’eau soient prélevés pour être embouteillés
et ensuite, exportés. J’ai eu accès à une carte des
quelque 70 points d’eau de Nestlé. Il s’agissait de
petits points rouges disséminés partout sur la planète.
Devinez où se trouvait la plus grande concentration de
points rouges dans le monde ? Autour des Grands Lacs. Q
La
redevance proposée par Québec est-elle la solution ? R
Non. P uisque nous n’appuyons pa s l ’e m - b o u t e i
l l a g e d ’e a u , n o u s n’appuyons pas plus l’idée
d’une redevance, qui permet finalement à ceux qui ont
suffisamment d’argent de faire main basse sur la
ressource. À l’heure actuelle, nous assistons à un vol
de l’eau par l’entreprise privée. Une fois qu’une
entreprise a accès à un point d’eau, elle en est
pratiquement propriétaire. Cela est d’autant plus vrai
que, sous l’ALENA, une entreprise qui s’estime lésée a
le droit de poursuivre le gouvernement. Ainsi, si le
Québec souhaitait réduire l’accès d’une entreprise à la
ressource, elle serait accusée de violer son contrat. Q
Une
interdiction d’exporter l’eau n’est-elle pas en vigueur
au Québec ? R Oui, mais il s’agit d’une interdiction
volontaire, qui n’a rien de contraignant. Nous craignons
que le Québec choisisse de la transgresser
éventuellement, en raison des pressions exercées par
certains groupes comme l’Institut économique de
Montréal. Mais aussi parce que la vente d’eau peut être
perçue comme une façon rapide et facile de renflouer les
coffres de l’État. Nous demandons donc une interdiction
formelle et pancanadienne. Q Que
nous dit la crise des algues bleues sur notre façon
d’utiliser l’eau, au Québec ? R L’eutrophisation des
cours d’eau est u n des plus graves problèmes auxquels
le Canada et le Québec sont actuellement confrontés.
Cela est un problème qui émane de nombreuses sources,
phosphore et nitrates, agriculture intensive,
porcheries, etc. Dans le nord de l’Allemagne, ils ont
une loi qui envoie directement en prison quiconque
contamine un tant soit peu l’eau. Quand un gouvernement
est prêt à agir, quand il est sérieux, il adopte une loi
comme celle-ci. Ce serait formidable si le Québec
décidait d’aller en ce sens, s’il devenait un leader de
la gestion de l’eau. QC ar
il ne l ’e s t p a s actuellement ? R Malheureusement
pas. Nous nous réjouissons de l’intention du Québec de
confirmer que l’eau est un bien commun. Mais nous
craignons qu’il en profite pour vendre son eau, sous
prétexte que cela procurerait des bénéfices financiers
pour la collectivité. En plus d’officialiser le
caractère commun de l’eau, Québec devrait ajouter
qu’elle n’est pas à vendre. Q Vous
militez pour une stratégie nationale de l’eau… R Oui,
cela inclu rait les provinces, les Premières Nations, le
gouvernement fédéral, la société civile. Je suggère que
tous adoptent des principes communs sur la protection et
la gestion des bassins versants. Ensuite, chacun
prendrait les éléments qui sont sous sa juridiction puis
les appliquerait localement. Voilà notre rêve. Q Le
fédéral appuie-t-il cette idée ? R Tous les partis
fédéraux nous appuient, sauf les conservateu rs. L e
gouvernement Harper ne reconnaît même pas le droit à
l’eau à l’ONU, imaginez! Je viens de terminer mon mandat
à titre de conseillère principale sur l’eau auprès du
président de l’Assemblée générale des Nations unies,
Miguel d’Escoto Brockmann. Avec lui, j’ai rédigé un
projet de résolution d’urgence stipulant que l’Assemblée
générale de l’ONU est la seule organisation au monde
capable de proposer un plan d’urgence pour l’eau. Nous
avons reçu l’appui d’un bon nombre de pays, mais pas
celui du Canada.
LES POUR ET LES CONTRE DE LA CONSIGNE
- Martin Vallières
« Les
centres de tri ont déjà des problèmes à soutenir leurs
activités avec la baisse de prix des matières recyclables.
Ça risque d’empirer si on leur enlève une matière aussi
valorisée que le plastique des bouteilles d’eau. »
Faut-i l étendre l a consigne aux bouteilles d’eau en
plastique, comme pour les boissons gazeuses ?
Oui, réclament l’ Union des municipalités du Québec et des
intervenants écologistes. Ils y voient le moyen de réduire
les millions de bouteilles d’eau qui, disent-ils,
aboutissent dans les sites d’enfouissement plutôt qu’au
recyclage.
Mais non, r étorquent l es embouteilleurs d’eau et les
gestionnaires des centres de tri et de récupération.
Ces derniers craignent que la consigne élargie aux
bouteilles d’eau enlève de la collecte sélective une autre
source de plastique de haute valeur sur le marché des
matériaux recyclables.
Des emboutei l leurs d’eau, comme Naya de Mirabel, meneur
du marché au Québec, craignent pour leurs efforts de
promotion du recyclage de leurs bouteilles par la collecte
sélective.
« Les centres de tri ont déjà des problèmes à soutenir
leurs activités avec la baisse de prix des matières
recyclables. Ça risque d’empirer si on leur enlève cause
de la précarité financière du système de collecte
sélective.
Ils citent des chiffres éloquents: l’aluminium recyclable
vaut environ 800$ la tonne sur le marché de la
récupération. Et les plastiques, de 200 à 300$ la tonne.
Or, ces matériaux ne pèsent que 6 % du poids moyen des
bacs de recyclage contre 75 % pour le papier et le carton
qui, eux, valent à peine quelques dizaines de dollars la
tonne.
Pire
encore, selon M. Izzy, la consigne des contenants de
plastique et d’aluminium au Québec serait devenue une
véritable « fuite » de matériaux recyclables de haute
valeur pour les entreprises de récupération d’ici.
« Ce que peu de Québécois savent, c’est que le réseau de
consignation chez les détaillants ainsi que le recyclage
de ces matériaux sont monopolisés par une grande
entreprise de l’extérieur, a expliqué M. Izzy.
« Aus s i , c e t t e e nt r e pr i s e exporte tous les
ballots de contenants récupérés pour qu’ils soient
recyclés dans des usines hors-Québec. Ce sont des tonnes
d’aluminium et de plastique, qui valent le plus sur le
marché du recyclage, qui échappent aux Recyc-Québec, la
société d’État qui supervise la consigne, on espère un
prochain énoncé de politique en ce sens de la part du
gouvernement Charest.
Probablement en novembre prochain, lors du « Rendez-vous
2009 » sur le recyclage organisé par Recyc-Québec.
« C’est un souhait que nous avons déjà transmis par écrit
(en mars dernier) à la ministre de l’ Environnement, Line
Beauchamp: que la consigne soit élargie aux bouteilles
d’eau », r appel l e François Sormany, porte-parole de
l’UMQ.
À Recyc-Québec, on cite le taux encore inférieur de
recyclage des bouteilles d’eau par rapport aux autres
contenants de boissons en consigne pour souhaiter leur
inclusion. une matière aussi valorisée que le plastique
des bouteilles d’eau », a résumé Johnny Izzy, directeur
général de Gaudreau Environnement, un important
gestionnaire de centres de tri au Québec ( Victoriaville)
et, depuis peu, à Toronto.
En fait, selon M. Izzy, toute la consigne des contenants
de boissons en plastique et en aluminium devrait être
remise en question, parce qu’elle serait une entreprises
québécoises de récupération comme la nôtre. »
Par conséquent, à moins que Québec ne modifie sa politique
de consigne pour obliger un premier traitement des
contenants récupérés dans des usines d’ici, les
entreprises comme Gaudreau Environnement refusent son
expansion avec les bouteilles d’eau.
N’empêche, à l ’ Union des municipalités ( UMQ) et chez
OZONE : ON N’EN SORT PAS...
En voulant aider la couche d’ozone, la communauté
internationale a contribué un peu plus au réchauffement de la
planète... Une étude publiée cette semaine dans le Proceedings of
the National Academy of Sciences révèle que les HFC, des gaz
fluorés appelés à remplacer les HCFC dans la lutte contre les
substances appauvrissant la couche d’ozone, constituent une menace
grandissante pour la planète. À tel point que le Programme des
Nations unies pour l’environnement a jugé bon réagir : «
Stabiliser puis réduire ce groupe de gaz fluorés, précise-t-on,
permettrait au monde de gagner l’équivalent d’une décennie
d’émissions de CO ». La solution est devenue un problème. >
UNEP.org
Du gaspillage de fonds publics -
Christine Godard
Le Canada ne
devrait pas chercher à sauver la chasse au phoque
L’auteure réside à Rimouski. Ça y est, le Canada porte plainte
auprès de l’Organisation mondiale du commerce ( OMC) contre la
décision européenne d’interdire l’importation de produits
dérivés du phoque. Quelle décision irrationnelle et coûteuse
pour les contribuables !
En effet, il se passerait des années avant d’avoir une
décision de l’OMC, et cette décision ne serait pas forcément
celle souhaitée par le gouvernement.
Il n’est pas besoin d’être un grand visionnaire pour constater
que la décision de l’Union européenne, qui compte 27 pays,
s’inscrit dans un courant généralisé. Déjà, en 1972, les
États-Unis ont interdit toute importation de produits du
phoque. En 2006, c’était au tour du Mexique et de la Croatie.
Israël est en voie de prendre la même décision. Parmi tous ces
pays, sept comptaient parmi les 10 principaux marchés
d’exportation des produits du phoque du Canada.
Par cette plainte, le Canada continuera à dépenser des fonds
publics pour une activité moribonde déjà fortement
subventionnée (60 millions par année pour un revenu réel de 10
millions). En agissant ainsi, notre gouvernement maintient les
chasseurs de phoque dans un perpétuel assistanat.
À l’heure
actuelle, beaucoup de personnes doivent se reconvertir pour
s’adapter à de nouvelles réalités économiques et à un marché
du travail en constante évolution. Pense-t-on que les
chasseurs de phoque n’en sont pas capables et ont comme seul
avenir envisageable quelques journées de chasse par année ?
Pense-t-on que ces communautés locales sont figées dans
l’immobilisme et ne possèdent aucun esprit d’entrepreneuriat ?
Loin de ces préjugés condescendants et paternalistes, je crois
au contraire qu’avec leur grande expérience de la nature et
des animaux, leur connaissance du territoire et leur sens de
l’accueil, beaucoup de chasseurs des Îles pourraient faire
d’excellents guides touristiques et guides d’observation de la
faune et de la flore. Et le télétravail ? Pourrait-il être
envisagé?
N’oublions pas que l’observation des baleines rapporte bien
plus que ne le ferait leur chasse. Pourquoi n’en serait-il pas
de même pour les phoques? Les deniers publics seraient mieux
employés pour un tel développement durable qui tient compte de
la conjoncture et des nouvelles tendances en matière de
tourisme.
Notre gouvernement abandonnera-t-il son obstination illogique
pour penser à l’avenir des populations locales? N’est-ce pas
ce qu’on attend d’un gouvernement par rapport à n’importe quel
secteur économique? C’est d’autant plus souhaitable que nous
sommes en pleine crise et que les fonds publics devraient être
utilisés de manière encore plus rationnelle qu’à l’habitude...
Le choix du pétrole - Philippe Faucher
Devrions-nous préférer le soutien indirect aux régimes
autoritaires à la pollution albertaine ?
Depuis le début de l’année, les adversaires du premier
ministre Harper et leurs partisans des estrades virtuelles
mettent à profit l’échec de Copenhague pour s’en prendre aux
politiques environnementales du gouvernement fédéral et au
non-respect par le Canada des engagements pris dans le cadre
du protocole de Kyoto.
L’environnement a toujours été la
première victime de l’exploitation pétrolière.
La faute en revient évidemment à l’exploitation des sables
bitumineux de l’Alberta et au laxisme de nos régulateurs.
L’astuce est grossière et le débat présenté dans des termes
simplistes. Reprenons la question: devrions-nous nous priver
du bitume goudronneux des sables de l’Alberta?
Devant une image de Fort McMurray qui montre une pyramide de
soufre au bord d’un lac glauque, il est normal de s’émouvoir
de la dévastation des milieux naturels. L’environnement a
toujours été la première victime de l ’exploitat ion pét
rolière, et ce, depuis Titusville en Pennsylvanie, où ont eu
lieu les premiers forages en 1859, jusqu’aux explorations
récentes dans les profondeurs de la mer Caspienne. On a
pollué le sol, l’eau, l’air et empoisonné les hommes. Non
seulement nous n’avons pas de solution de rechange, mais la
situation ne peut que se détériorer davantage.
Les rendements des gisements de pétrole léger, les plus
rentables parce que moins chers à extraire et à transformer
en carburants, diminuent alors que la demande augmente. Ce
constat transformé en scénario catastrophe par la thèse du «
peak oil » contribue à pousser les prix à la hausse en
prédisant l’épuisement des stocks. C’est la cinquième fois
dans l’histoire, rappelle Daniel Yergin, dans Foreign
Policy (septembre 2009), que l’on annonce la fin du pétrole.
Dorénavant, les hydrocarbures seront plus difficiles à
extraire, encore plus polluants et chers. Nous entrons dans
l’époque du pétrole lourd et des carburants synthétiques.
Supposons un instant que l’extraction des sables bitumineux
soit interrompue. Il faudra alors importer l’énergie
indispensable. Ce choix reviendrait à tirer avantage des
pays où les normes environnementales sont moins
contraignantes que les nôtres et où l’autorité des pouvoirs
publics n’est pas en mesure de se faire respecter. Une
manière, éprouvée depuis longtemps par les entreprises des
pays riches, d’exporter la pollution.
Mais ce
n’est pas seulement l’environnement des autres qui serait
sacrifié. Le journaliste Peter Maass raconte dans
Crude Oil (2009) comment, depuis l’Iran de l’époque du Shah
au Venezuela de Chavez, les institutions politiques sont
tombées, victimes de la folie du pétrole. On ne compte plus
les conflits, nationaux et internationaux, les luttes pour
l’indépendance qui ont pour toile de fond l’appropriation
par un groupe des richesses engendrées par les ressources
naturelles. C’est le versant politique de la malédiction de
la rente.
Il n’y a pas longtemps, il y en a qui souhaitaient
interpeller avec force les dirigeants chinois et les tancer
sur le non-respect des droits de la personne. Le réalisme
diplomatique nous a rendus, au prix de notre fierté, plus
complaisants. Dans l’esprit qui nous animait alors, ne
devrions-nous pas nous inquiéter aussi de l’origine de nos
importations de pétrole ?
En effet, pas loin de la moitié de nos importations provient
de pays dont les systèmes démocratiques connaissent de très
sérieux ratés. Ainsi, selon Statistique Canada, en 2006, 20%
des importations de pétrole brut du Canada provenaient
d’Algérie, 8% d’Irak (merci George W. Bush), 8% de l’Arabie
Saoudite, 4% du Nigeria et 2,6% de l’Angola. Heureusement,
il y a l’Angleterre (15%) et la Norvège (22%) pour sauver la
face.
Bref, devons-nous préférer le soutien indirect aux régimes
autoritaires des pays producteurs à la pollution albertaine
et aux droits ancestraux des populations qui tirent leur
subsistance de ces territoires ?
Ces i nter roga t ions ne datent pas d’hier. En 1880, la
demande de kérosène, qui servait à l’éclairage domestique,
s’est mise à augmenter plus vite que la production. Les prix
s’emballèrent, on craignait la pénurie et le retour des
villes à la noirceur. Faudra-t-il de nouveau importer
l’huile de baleine de Nantucket?
Face à tant d’incertitude, il y avait heureusement au Québec
un choix simple et rassurant par son évidence : le
nationaliste conséquent préférait toujours l’huile de
phoque.
L’embargo européen fait mal aux chasseurs de
phoque - Sue Bailey
TWILLINGATE,
T.-N.-L. — Pour la première fois en 38 ans, Hardy Troake, âgé
de 53 ans, a décidé au printemps dernier de rester à terre
plutôt que d’affronter les glaces du nord de l’Atlantique pour
chasser le phoque, dont la peau est désormais vendue 14$
pièce.
« Ça a
été dévastateur , dit le pêcheur et chasseur de phoque Hardy
Troake au sujet de l’embargo européen sur les produits du
phoque. Cela a affecté toute notre communauté. »
Les prix de la fourrure de ce mammifère marin ont
dramatiquement chuté depuis leur sommet de 2006, alors que la
peau de l’animal était vendue 106$ l’unité. La crise
économique est en partie responsable de la baisse de la
demande pour la fourrure, mais l’annonce de l’embargo européen
sur les produits du phoque, alimenté par les groupes de
défense des animaux, a asséné le coup fatal à cette industrie.
La ville de Twillingate, sur la côte nord-est de Terre-Neuve,
était une capitale de renommée internationale pour la chasse
au phoque du Groenland. Après la succession de mauvaises
nouvelles, seulement trois bateaux ont quitté ses rives cette
année. Le printemps précédent, on en comptait 25, et les
années où les prix étaient à leur sommet, des centaines de
bateaux partaient au large chasser l’animal.
Atterrée par une dette grandissante et une population en
déclin, Twillingate s’est autoproclamée, pour diversifier son
industrie, la « capitale de l’iceberg en Amérique du Nord ».
Mais le tourisme sur cette île au paysage saisissant n’est que
saisonnier. Sans compter que Twillingate est située à six
heures de route de Saint-Jean, au nord.
« Ça a été dévastateur », déplore M. Troake, en sciant du bois
derrière sa maison de deux étages. Il a grandi à deux pas de
sa résidence actuelle, qui a une vue imprenable sur la mer.
Son frère, Gary, également pêcheur, habitait la maison voisine
avant de perdre la vie dans un accident de pêche en 2000.
Dans cette communauté tricotée serrée, beaucoup d’habitants ne
comprennent pas que l’Europe s’oppose, pour des raisons
éthiques, à une tradition qui nourrit, depuis des générations,
les populations des régions les plus pauvres du Canada.
« Nous dépendions de la chasse au phoque au printemps pour
amasser suffisamment d’argent afin de préparer les autres
pêches, comme celle du crabe, du homard, des poissons de fond,
des crevettes », explique Hardy Troake.
« Cette année, nous n’avons pas eu cette chance, alors nous
avons dû recommencer à zéro. Et avec la situation économique,
les autres prix étaient aussi à la baisse. Cela a affecté
toute notre communauté. »
Population en déclin
Twillingate
compte quelque 2400 habitants, mais sa population est en
déclin. Au cours des 25 dernières années, elle a chuté de
moitié, les jeunes, faute d’ouvertures, quittant pour se
trouver du travail ailleurs.
Le maire Gordon Noseworthy craint que l’embargo sur les
produits du phoque – qui devrait entrer en vigueur au mois
d’août – aggrave les choses.
« L’emploi a chuté. Les revenus de l’administration portuaire
sont à la baisse. Tout est en baisse. Des idiots clamaient que
l’on ne pouvait pas tuer des bébés phoques. Mais on n’en tue
plus depuis 20 ans », s’est exclamé le maire, ajoutant que
cette campagne européenne contre la chasse au phoque avait
déjà coûté une fortune aux petits villages isolés de
Terre-Neuve.
Une vidéo présentée sur internet par le groupe écologis t e
PETA , établ i en Virginie, demande l’aide des téléspectateurs
pour que cesse le « massacre des phoques ». On y voit un
blanchon qui semble se lamenter, alors que le Canada a
interdit depuis 1987 la chasse aux bébés phoques à des fins
commerciales.
Le v i ce-pré s i dent au x campagnes de PETA, Dan Mathews,
minimise l’importance économique de cette activité
commerciale, qu’il qualifie « d’abattage cruel ».
« Elle ne contribue que dans un faible pourcentage à
l’économie locale et tout ce qu’elle fait, c’est donner au
Canada une mauvaise i mage », a ajouté M. Mathews.
Des images sanglantes de la chasse ont contribué à faire
adopter l’embargo européen. Le Canada conteste d’a ill eu
rscette mesu r e devant l’Organisation mondiale du commerce.
En entrevue à La Presse Canad ienne, l e premier ministre de
la province, Danny Williams, a affirmé qu’Ottawa fait ce qu’il
peut. « Je sa i s que le premier ministre (du Canada) a parlé
à de hauts dirigeants », a-t-il ajouté.
M. Williams a demandé aux chasseurs de phoque de l’Atlantique
d’utiliser des fusils, plutôt qu’un hakapik, cet outil
traditionnellement utilisé pour tuer rapidement l’animal d’un
coup sur le crâne. Ainsi, l’utilisation de cette arme ne
devrait plus, d’ici peu, êt re un argument brandi contre cette
« chasse sanglante ».
L’Union européenne interdit les produits du
phoque - Marc Thibodeau
« On ne peut
être que satisfait de la confirmation de l’interdiction...
Malgré les pressions exercées par les autorités canadiennes,
personne, au sein de l’UE, ne voulait rouvrir le débat. »
PARIS — Passant outre aux mises en garde du Canada, l’Union
européenne ( UE) a officiellement décidé hier à Bruxelles
d’interdire la commercialisation des produits dérivés de la
chasse au phoque sur son territoire.
Les ministres des Affaires étrangères des pays membres de
l’organisation ont ainsi confirmé le projet qu’avait approuvé
le Parlement européen par une forte majorité en mai dernier.
Trois pays – l’Autriche, le Danemark et la Roumanie – se sont
abstenus lors du vote, qui constituait une simple formalité.
Il faudra plusieurs mois pour que l’interdiction devienne
effect ive, mais el le sera en vigueur à temps pour la
prochaine saison de chasse, au printemps, ont indiqué les
autorités européennes.
« On ne peut être que satisfait de la confirmation de
l’interdiction... Malgré les pressions exercées jusqu’au bout
par les autorités canadiennes, il est réjouissant de voir que
personne au sein de l’UE ne voulait rouvrir le débat », a
indiqué, hier à La Presse, le directeur du bureau de
protection animale de la Fondation Brigitte Bardot, Christophe
Marie.
L’organisation fondée par la célèbre actrice milite depuis des
décennies pour l’abolition de la chasse au phoque, qu’elle
considère comme « cruelle » et « inutile ».
En mai , Mme Bardot avait décla ré que la décision du
Parlement européen était « historique » et confirmait
l’urgence « de déposer les armes, d’apprendre à protéger et
non plus à détruire les différentes espèces qui peuplent la
planète ».
Le gouvernement canadien, visiblement moins enthousiaste, a
rapidement dénoncé hier la décision européenne, qu’ i l entend
contester par un recours devant l’Organisation mondiale du
commerce (OMC).
Chasse «
humaine »
La chasse au phoque est « humaine » et « suit les règles
environnementales », a déclaré le ministre du Commerce
international canadien, Stockwell Day, qui avait tenté de
faire reculer les autorités européennes dimanche en évoquant
une saisine de l’OMC.
M. Marie ne croit pas que le projet d’interdiction entériné
par l’UE puisse être contesté devant cette organisation
puisqu’il prévoit des exceptions pour les produits provenant
de chasses traditionnelles autochtones ainsi que les
sous-produits de la chasse « conduite dans le seul objectif
d’une gestion durable des ressources marines ».
« L’interdiction aurait été plus facile à contester si elle ne
prévoyait pas d’exceptions... Elle confirme que l’UE et ses
citoyens ont le droit de se positionner en fonction de
principes moraux et éthiques », dit le porte-parole de la
Fondation Brigitte Bardot.
Il dit ne pas comprendre pourquoi les autorités canadiennes
défendent avec une telle férocité une activité économique
aussi « marginale ».
« C’est une industrie qui ne rapporte pas grand-chose sur le
plan économique. C’est vraiment par principe que le Canada
s’oppose à l’interdiction, mais je ne sais pas quel est le
principe en question », poursuit M. Marie.
D’autres pays où se pratique la chasse au phoque pourraient
être touchés par l’interdiction. C’est le cas notamment de la
Norvège et de l’Islande.
Selon l’Autorité européenne de sécurité des aliments, près de
750 000 phoques d’au moins 15 espèces sont abattus et dépecés
chaque année à des fins commerciales.
Ottawa en appelle à l’OMC - Malorie Beauchemin
& Mathieu Perrault
« Les
décisions commerciales devraient toujours reposer sur des
faits scientifiques plutôt que sur un caprice émotionnel. »
Le gouvernement canadien contesteradevant
l’Organisationmondiale du commerce la décision de l’Union
européenne de bannir les produits dérivés de la chasse au
phoque sur son territoire.
PHOTODAVID BOILY, ARCHIVES
AFP
Le gouvernement canadien dénonce la
décision européenne d’interdire la commercialisation des
produits dérivés de la chasse au phoque. Il entend
contester l’interdiction devant l’OMC.
Le ministre du Commerce international, Stockwell Day, et la
ministre des Pêches et Océans, Gail Shea, ont vivement
critiqué le vote européen, hier. Ils jugent qu’il est fondé
sur de la désinformation véhiculée par des groupes de
lobbyistes opposés à cette chasse.
« Les décisions commerciales devraient toujours reposer sur
des faits scientifiques plutôt que sur un caprice émotionnel
», a dit le ministre Day, qui considère qu’il s’agit là
d’une violation du processus de l’OMC. Ottawa avait réclamé
en mai dernier que l’Union européenne inclue dans sa
décision une clause d’exemption pour la chasse au phoque
pratiquée de façon « humaine » et respectueuse des normes de
développement durable, comme c’est le cas au Canada, a
rappelé la ministre Shea.
Biologiste à l ’ Univer sité du Québec à Rimouski, Lyne
Morissette donne entièrement raison au gouvernement sur ce
point. « C’est une décision qui n’a rien à voir avec la
science, a souligné Mme Morissette. Comme pêche durable et
pour le soin des animaux, la chasse au phoque est sans
faute. D’ailleurs, en Norvège, il est interdit de filmer la
chasse au phoque pour éviter des prises de position non
scientifiques. »
Le ministre Day a toutefois assuré que ce différend
commercial ne compromet en rien les négociations en vue d’un
traité de libre-échange entre le Canada et l’Union
européenne. L’Europe représente 25% du marché mondial pour
l’industrie canadienne des produits dérivés du phoque.
L’attentisme du gouvernement critiqué
Tous les partis de l’opposition à Ottawa ont appuyé
l’intention du gouvernement de s’adresser à l’OMC mais
critiquent son attentisme.
« C’est i
ncontournable de contester la décision. Mais il ne faut pas
faire que ça. Ça prend un plan, une stratégie, a estimé le
député libéral Denis Coderre. Le gouvernement doit être très
agressif sur le plan des relations publiques. »
Raynald Blais, député bloquiste de Gaspésie–
Îles-de-laMadeleine, trouve pour sa part la réaction du
gouvernement « très timide ». « La cible des gens à
convaincre, c’est la population. Et pour ça, il faut des
moyens massifs et ça n’a pas été le cas », a dit M. Blais.
Le député rappelle que les organismes qui contestent la
chasse au phoque disposent de millions de dollars pour faire
valoir leur position, qu’il qualifie de démagogique et
mensongère.
Pour le député néo-démocrate d’Acadie-Bathurst, Yvon Godin,
le gouvernement conservateur « aurait dû agir plus tôt »
pour transmettre une information véridique aux
parlementaires européens, qui continuent selon lui de croire
en de nombreux mythes, comme celui de la chasse aux
blanchons, interdite au Canada depuis plus de 20 ans.
À la Fondation Brigitte Bardot, on s’est plutôt réjoui,
hier, du vote de l’Union européenne. « On a le droit
d’interdire des importations pour des motifs éthiques. On
l’a fait en décembre dernier pour les fourrures de chats et
de chiens. Maintenant, nous allons faire pression sur
d’autres gouvernements, comme la Russie, pour qu’ils
interdisent aussi les importations de phoque », a dit
Christophe Marie, directeur du bureau de protection animale
de la fondation, qui juge que la « menace » du Canada de
porter plainte à l’OMC « ne tient pas la route ».
L’OMC devrait mettre 60 jours avant de rendre sa décision à
savoir si la cause sera entendue ou non.
Vers une fragilisation de l’industrie
Non surpris de la décision de l’UE mais « très content » de
celle du Canada, le président de l’Association des chasseurs
de loups marins, Denis Longuépée, estime que l’interdiction
pourrait faire mal à l’industrie. « C’est sûr que ça va
avoir un impact direct, parce que l’Europe est la plaque
tournante de la mode, a dit M. Longuépée. Et de plus en
plus, nous voulons faire des produits bio-santé avec le
phoque, des oméga-3, des valves cardiaques. En Europe,
chaque année, 250 000 valves mécaniques et porcines sont
greffées. »
L’industrie de la chasse au phoque emploie, bon an, mal an,
près de 6000 personnes à temps partiel au Canada, dont 400
chasseurs madelinots, qui en tirent entre 15 et 25% de leur
revenu annuel. Même si, en 2009, 338 200 phoques ont été
abattus au Canada, la population de loups marins ne cesse
d’augmenter : elle a triplé depuis les années 70. Le
ministère du Commerce international estime que la valeur de
la chasse au phoque au Canada rapporte entre 35 et 40
millions annuellement.
Phoque et rephoque - PIERRE FOGLIA
Sont-ils assez
ridicules, ces Européens Des naïfs qui ne voient du phoque que
le ballon qui tourne sur son nez. Des moumounes. Des Bambi. Et
la meilleure : sont-ils assez bêtes, non mais sont-ils assez
bêtes de s’être laissé berner par une campagne d’images?
Qui dit cela? Vous. Vous qui – comme le reste de la planète –
vivez dans et par l’image. Le système économique repose sur
l’efficacité des images, sur leur capacité de vous fourrer une
fois de plus pour vous faire acheter une merde de plus et faire
tourner la roue du capitalisme, qui est luimême une image avant
d’être un système économique. Comment croyez-vous qu’il survit à
ses échecs en ce moment même? Par l’image. Oui, bon, c’est pas
un système parfait, mais c’est quand même le meilleur système:
cette image-là.
Je suis loin de la banquise ? C’était pour vous dire comme vous
êtes effrontés de voir l’image dans l’oeil du voisin.
QuestiondeJacquesBeauchamp (qui remplace Maisonneuve) au
vice-président de chez Cossette : Ici, le message a passé, les
Canadiens, les Québécois appuient les chasseurs de phoque.
Pourquoi en Europe... ?
Exactement ce que je viens de vous dire. Cossette, c’est une
maison de pub et de relations publiques qui fabrique des images
pour fourrer le monde. Et c’est son vice-président qui vient
nous dire oh! la la, comme elle est laide, démagogique et
honteuse, la campagne d’images qui a amené le Parlement européen
à interdire l’importation des produits de la chasse au phoque.
C’est ce que ce monsieur fait dans la vie : des campagnes
d’images. On aurait compris qu’il salue ses pairs, mais non. Il
leur fait la morale.
Remarquez aussi le glissement sémiologique qui se produit quand
on passe des Européens victimes de propagande aux chasseurs de
phoque, qui, eux ont essayé de passer un message. Le
documentaire plein de trous pro-abattage, l’intensive campagne
de presse, la mobilisation politique, le racolage scientifique,
ce n’est pas de la propagande, c’est un message.
Extrait d’une entrevue donnée par la sénatrice libérale Céline
Hervieux-Payet te au même Jacques Beauchamp – ici, un aparté
pour m’étonner de ce que les journalistes les plus pertinents,
les plus nuancés, les plus allumés, et Jacques Beauchamp en est
un assurément, se mettent soudain à marcher à côté de leurs
souliers dès qu’il est question du phoque, fin de l’aparté – cet
extrait, donc...
La sénatrice : L’abattage ne sera jamais une opération qui va
être agréable, pas plus que le chasseur qui va tuer un
chevreuil... Mais il faut reconnaître notre nature humaine, et
on est des carnivores.
Plus loin, après avoir reproché aux lobbies américains qu’elle
prétend végétariens de torpiller le marché des produits de la
chasse aux phoques, ceci: Les végétariens des lobbies américains
mettent sur un pied d’égalité les animaux et les hommes.
N’empêche que les animaux mangent d’autres animaux, alors les
végétariens devraient accepter que nous aussi, on mange des
animaux...
Je serai charitable, je ne dirai rien de la formulation. Même,
je félicite Mme la sénatrice de parler d’abattage. Je la
félicite moins de comparer aussitôt cet abattage à la chasse. Si
vous voulez comparer, madame la sénatrice, ne pensez pas à des
chevreuils en liberté, pensez à un élevage de chevreuils à ce
moment-ci de l’année alors que les femelles allaitent leurs
faons. Une bande de morons entrent dans l’enclos avec des bâtons
de baseball et abattent les faons à grand coups de batte sur la
tête.
Je refélicite
Mme la sénatrice de pointer les lobbies américains. Ce sont eux,
effectivement, et pas les Européens, qui ont phoqué la chasse au
phoque, Dieu les bénisse. Je suis déjà allé sur la banquise avec
un de ces lobbys et il n’a jamais été question de végétarisme.
Ces gens-là ne disaient pas non plus que les phoques étaient
menacés de disparition. Ils s’élevaient seulement contre la
sauvagerie de cet abattage. Tout est là. La sauvagerie. Pour ce
qui est « des animaux qui mangent des animaux ce qui nous
autorise à manger nousmêmes des animaux parce que c’est dans
notre nature humaine d’être des carnivores » , ouf !
Suggérez-vous, madame la sénatrice, que manger du phoque c’est
comme manger du veau, du lapin ou du poulet ?
Avez-vous servi récemment un rôti de phoque à vos invités ? Je
ne referai pas cette discussion: c’est juste pas bon, du phoque,
madame. C’est quelqu’un qui en a mangé et qui a goûté à bien
d’autres bibites pas très bonnes non plus, comme de l’ours, du
raton, du castor, qui vous le dit : c’est pas bon, vraiment. On
n’en trouvera jamais au comptoir des viandes de chez Metro.
Jamais. Oubliez ça.
On abat les poulets, les boeufs et les cochons dans les
abattoirs – pas toujours proprement, je le déplore, croyez-moi –
pour les manger. Tout est bon dans le cochon. Tout est
dégueulasse et huileux dans le phoque. Alors, l’abattre
pourquoi?
Pour la peau, qui ne vaut plus rien?
Pour le pénis, qui, séché et réduit en poudre, excitera des
Chinois qui obtiendraient de bien meilleurs résultats avec du
Viagra ?
Pour un marché d’une dizaine de millions subventionné par le
fédéral à hauteur de 60 millions par année? Frais de la garde
côtière, brise-glaces, hélicoptères, avions de reconnaissance
mobilisés expressément durant les semaines que dure la chasse.
L’Amundsen, qui ouvre la route aux chasseurs vers la banquise,
coûte 50 000 $ par jour en frais d’exploitation. Et ça, c’est
quand personne ne se noie comme l’an dernier.
Il y a pourtant une bonne raison d’abattre les phoques. Je vous
la laisse deviner. Mais non, pas les stocks de morue. Ça non
plus, ce n’est pas vrai. Une bonne raison, je vous dis.
Vous ne voyez pas? C’est pourtant criant : l’unité canadienne.
Le phoque unit les Canadiens plus que la feuille d’érable, plus
que les Rocheuses, plus qu’une série mondiale contre les Russes
au hockey. Nommezmoi le sujet, le seul, sur lequel M. Harper,
les libéraux et M. Gilles Duceppe disent exactement les mêmes
conneries avec exactement les mêmes trémolos patriotiques dans
la voix : le phoque.
Une fois par année au moins, le phoque sonne la charge pour 30
mi l l ions de Canadiens : tara-tata. Mieux : tara-TATA.
J’apprends à l’instant que le Bloc, qui a déjà eu la géniale
idée de proposer d’habiller les athlètes olympiques canadiens en
phoque, va maintenant proposer de remplacer la feuille d’érable
sur le drapeau canadien par un gourdin.
Fini le phoque en Europe
Le Parlement
européen adopte un embargo qui entre en vigueur en 2010
Après 32 ans de combat, Brigitte Bardot a gagné. Le Parlement
européen a officiellement fermé ses portes hier aux peaux de
phoque, ainsi qu’aux huiles, sacs, gants de skieurs et
boxeurs, pénis et gélules d’oméga-3 extraits de ce mammifère
marin.
Le
Parlement européen a adopté hier une loi qui interdit la
mise en marché de produits du phoque sur le territoire de
l’Union européenne. Cet embargo entrera en vigueur au
printemps 2010, juste avant la prochaine saison de cette
chasse.
L’embargo, voté par 550 voix pour, 49 voix contre et 41
abstentions, entrera en vigueur au printemps 2010, juste avant
la prochaine saison de cette chasse décrite comme « répugnante
» et « cruelle » par le commissaire européen à
l’Environnement, Stavros Dimas. Le vote a eu lieu 24 heures
avant l’ouverture du sommet entre le Canada et l’Union
européenne à Prague, une coïncidence due à « un hasard du
calendrier » selon les médias européens.
Le texte de loi, qui interdit la mise en marché, mais pas le
transit sur le territoire européen, prévoit deux exceptions.
D’abord, il épargne les produits du phoque provenant de la
chasse traditionnelle pratiquée par les communautés inuites,
soit 3% des quelque 900 000 phoques abattus chaque année. La
deuxième exception pourrait théoriquement être utilisée par le
Canada, qui a haussé son quota d’abattage à 338 200 phoques en
2009. L’embargo européen accepte les produits du phoque ayant
pour objectif « la gestion durable des ressources marines »,
ce qu’a toujours prétendu faire Ottawa. Cette chasse doit
cependant être à but non lucratif, faire l’objet d’une
législation dans le pays d’origine et être autorisée par la
Commission européenne.
« Ça m’étonnerait beaucoup que ce soit accepté, dit Cezary
Lewanowicz, attaché de presse au Parlement européen. Je vois
mal comment le Canada pourrait avoir une chasse de masse sous
le prétexte d’une chasse durable. »
Du côté d’Ottawa, un porteparole de Pêches et Océans Canada a
lui aussi exclu qu’on fasse appel à cette exception. « Notre
chasse est la plus grosse au monde, c’est clair qu’elle est
commerciale. »
Même son de cloche à la Fondation Brigitte Bardot, où l’on ne
s’inquiète guère de voir le Canada utiliser ce trou dans la
loi. « Cette exception s’adressait plus aux chasseurs
scandinaves, aux Suédois, précise le porteparole Christophe
Marie, joint à Strasbourg, en France. Mais on y était quand
même totalement opposés, car on considère que les stocks
d’animaux sauvages n’ont pas à être régulés par l’homme. »
Brigitte
Bardot, quant à elle, a déclaré à l’Associated Press être dans
« un état un peu magique, sur un petit nuage ». M. Marie
préférait rester prudent devant cette victoire importante
qu’il voyait poindre depuis plus de deux ans. « On n’est pas
du genre à crier victoire et à faire la fête. C’est tant
mieux, c’est très important, mais il y a bien d’autres combats
à mener. »
Boycotter le foie gras?
Tant à Ottawa qu’à Prague, des membres du gouvernement Harper
ont annoncé qu’on envisageait de traîner l’Union européenne
devant les tribunaux (voir autre texte). Chez Nature Québec,
on se disait hier « pas très surpris » de l’issue du vote
final au Parlement européen, même si on espérait un résultat
plus serré. Début mars, l’organisme avait posé un geste
remarqué en appuyant les chasseurs de phoques et en demandant
aux députés européens de ne pas bannir les produits de cette
chasse.
« Lorsqu’une espèce a un niveau de population élevé, il peut y
avoir un prélèvement important », explique Christian Simard,
directeur de Nature Québec, estimant que les phoques tués lors
de la chasse ont une souffrance équivalant « à celle qu’on
retrouve dans une boucherie moderne. »
Aux Îles-de-la-Madeleine, le président de l’Association des
chasseurs de phoques, Denis Longuépée, a dénoncé cette
victoire des « abolitionnistes », ces militants dont le but
ultime serait d’abolir toute forme de chasse, selon lui. « Ce
que je trouve épouvantable, c’est que les gouvernements de 27
pays votent sur des arguments émotifs, sans regarder les
faits. On parle de libre-échange avec l’Europe, et ils
commencent par nous imposer un embargo. On devrait peut-être
nous aussi boycotter le foie gras. »
Cet embargo s’ajoute à celui décrété par les États-Unis et le
Mexique sur les produits dérivés du phoque. L’Europe, avec
quelque 5% du marché, est un débouché marginal, mais sert de
tremplin pour le lucratif marché asiatique. « On a une bonne
nouvelle dans la mauvaise nouvelle, puisque le transit ne sera
pas interdit », note M. Longuépée.
Ottawa envisage de contester la décision à l’OMC
— Jugeant que
la décision du Parlement européen viole les règles
internationales, le gouvernement fédéral entend porter la
cause devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC) si le
Canada n’est pas exempté de l’interdiction d’importer des
produits dérivés du phoque.
De passage à Prague, où il doit participer aujourd’hui au coup
d’envoi des négociations entre le Canada et l’Union européenne
pour conclure un traité de libre-échange, le ministre du
Commerce international , Stockwell Day, a soutenu que cet
embargo est totalement injustifié puisque les chasseurs
canadiens suivent toutes les pratiques internationales.
« Cet te déc i sion pour ra it constituer un coup dur pour
cette industrie si elle n’est pas renversée », a dit le
ministre Day hier.
Il a rappelé que cette décision doit maintenant être entérinée
par la Commission européenne qui se prononcera à son tour sur
cet embargo d’ici la fin juin.
« Nous avons
la ferme intention de contester cette décision devant l’OMC
parce que cette décision ne repose pas sur des faits, a-t-il
expliqué. Le Canada suit les pratiques internationales en
matière de chasse de phoque. Nous demandons à l’UE d’inclure
une clause d’exemption qui reconnaît que le Canada suit les
pratiques internationales. »
Le ministre Day a rappelé que près de 6000 familles dépendent
de cette industrie au Canada. Il a toutefois soutenu que cette
décision ne devrait avoir aucune conséquence sur les
négociations de libre-échange entre le Canada et l’UE qui
doivent commencer officiellement aujourd’hui.
À Ottawa, la ministre des Pêches et Océans, Gail Shea, a
estimé que le Canada avait été victime d’une campagne de
désinformation de la part de groupes d’intérêts en Europe. «
Ils font circuler, en Europe, des photos de bébés phoques,
a-telle souligné. Or, le Canada n’a pas tué un bébé phoque
depuis 20 ans. »
En faveur d’une intervention à l’OMC, les partis de
l’opposition ont toutefois reproché au gouvernement de ne pas
avoir fait suffisamment de représentations devant les
parlementaires européens pour démontrer la vérité concernant
la chasse aux phoques au Canada.
« Ce que je demande à M. Harper, c ’est de profiter de Prague
pour pouvoir dire aux gens là-bas que c’est inacceptable, a
dit le député libéral Denis Coderre. Il y a une réalité
économique, il y a une réalité sociale et on doit agir en
conséquence. Vous avez des régions où le taux de chômage est
plus de 30% et là on leur enlève le pain de la bouche. »
Embargo sur le phoque : anatomie d’une bonne cause - ALAIN
DUBUC
La protection
des phoques est le prototype des causes dites justes qui
enflamment l’imagination et qui donnent bonne conscience à peu
de frais.
Le vote écrasant du Parlement européen pour interdire la vente
des produits du phoque sur le territoire de la communauté
européenne, même s’il est un choc pour les pêcheurs de
Terre-Neuve et des Îles-de-la-Madeleine, ne devrait pas être
une grande surprise.
Même
si les phoques ne sont pas menacés, leurs bébés, doux et
mignons, suscitent plus de sympathie que d’obscures espèces
en voie d’extinction.
C’était écrit dans le ciel que les « amis des animaux »
remporteraient cette bataille. Parce que le Parlement européen
est le lieu idéal pour mener avec succès ce genre de combat.
Et parce que la protection des phoques est le prototype des
causes dites justes qui enflamment l’imagination et qui
donnent bonne conscience à peu de frais.
Tout d’abord, il faut se souvenir que le Parlement européen
n’est pas une institution particulièrement sérieuse. Les
processus électoraux européens en font un refuge pour des
forces politiques souvent marginales, des verts à
l’extrême-droite, ce qui en fait une institution très
fragmentée. Et comme les grandes décisions qui structurent
l’Europe se prennent le plus souvent en d’autres lieux,
notamment à travers les relations entre les États, ce
parlement a souvent tendance à se mobiliser sur l’accessoire.
Pour cette institution qui se cherche, la protection de ces
petits mammifères à la fourrure douce est une cause en or, qui
lui a permis de se rapprocher de l’unanimité; l’interdiction
de vente des produits du phoque a été approuvée à 550 voix
contre 49. Ce combat comporte les quatre ingrédients qui
assurent le succès: la dimension affective, la force de
l’image, les avantages de la distance et l’absence de
conséquences.
La première de
ces éléments, c’est ce qu’on pourrait appeler le facteur «
nounours ». Les animaux que l’on veut protéger sont ceux avec
lequel le grand public pour établir un lien affectif. Comme
les pandas. Même si les phoques ne sont pas menacés, leurs
bébés, doux et mignons, susciteront plus de sympathie que
d’obscures espèces en voie d’extinction.
Le second facteur, c’est l’image. En cette ère médiatique, les
batailles doivent être télévisuelles. La chasse aux phoques
est « répugnante », comme l’ont dit les parlementaires, en
raison du contraste saisissant du sang rouge sur la banquise
blanche. Dans le temps du noir et blanc, ce combat aurait été
un flop.
La troisième loi, c’est celle de la distance. Une bataille
pour une cause liée directement ou indirectement au sort de la
planète aura souvent plus de chances d’être couronnée de
succès si son objet est lointain. Parce que la distance
nourrit l’ignorance, qu’elle permet de tourner les coins
ronds, parce qu’il n’y aura pas d’impacts concrets, parce que
cela permet l’expression d’un certain ethnocentrisme en
s’indignant des turpitudes des autres.
Le Québec en sait quelque chose, avec tous ces Américains qui
ont débarqué ici pour dénoncer l’hydroélectricité, quand leur
zèle environnemental aurait été mieux canalisé s’il s’était
concentré sur leurs infâmes centrales au charbon. Dans le cas
des phoques, le romantisme, la distance, la banquise font
oublier que si cette chasse est répugnante, elle ne l’est pas
plus que toutes les activités d’abattage où l’on tue, où les
bêtes crient, où l’on dépèce, où il y a du sang et des
entrailles.
La quatrième loi, c’est celle de l’inutilité. La protection de
la planète exige des sacrifices et des changements de
comportement. Les belles causes, ce sont donc celles qui n’ont
pas de coût. Le commerce des produits du phoque est
insignifiant en Europe et n’atteint que 6 millions.
L’interdiction ne change rien au quotidien des gens tout en
leur permettant d’avoir bonne conscience. On pourra manger du
foie gras de canards gavés, ou soutenir les pêcheurs qui
luttent contre les quotas de morue tout en ayant le sentiment
du devoir accompli.
Le
5¢ de Loblaw est-il éthique ? - ENVIRONNEMENT - FRANÇOIS
CARDINAL
Le groupe Loblaw
a frappé un grand coup cette semaine en annonçant que ses
clients devront dorénavant payer 5¢ pour chaque sac de plastique
exigé. Cette mesure s’appliquera dans tous les magasins de la
chaîne, Loblaws, Provigo et Maxi.
Le géant de l’alimentation est d’autant plus fier de cette
décision qu’elle s’accompagne d’un objectif ambitieux : réduire
d’un milliard la quantité de sacs acheminés au dépotoir d’ici la
fin de l’année 2009...
Et pourtant, des voix s’élèvent, dans le milieu environnemental,
pour critiquer cette décision. On applaudit la volonté de
réduire les déchets à la source, mais on remet en question
l’intention de Loblaw qui, dit-on, profite de la crise
environnementale pour gonfler ses profits.
On déplore en effet que l’entreprise se contente de verser à
WWF-Canada un « don corporatif » ainsi qu’« une partie des
profits » provenant de la vente des sacs de plastique, pour un
total de 3 millions, plutôt que de réinvestir en environnement
la totalité des sommes, que l’on devine substantielles.
« L’argent économisé grâce à la réduction des sacs distribués
ainsi que l’argent récolté par la vente des sacs devraient être
versés, en totalité, à des groupes ou à des projets
environnementaux, estime Pierre Lussier, directeur du jour de la
Terre. Sinon, Loblaw ne peut présenter cela comme un geste pour
la planète. »
Le débat est intéressant. Une entreprise qui fait un geste pour
l’environnement et, surtout, qui le présente comme tel peut-elle
en tirer un profit financier? Un geste responsable l’est-il
moins lorsqu’il s’accompagne de dividendes?
À ce jour, la plupart des compagnies ayant fait des gestes
similaires à celui de Loblaw ont décidé de tout verser dans des
projets verts. La SAQ a envoyé les sommes amassées à la Maison
du développement durable ainsi qu’à un regroupement écologiste.
Archambault verse l’argent à la mise en valeur de corridors
verts. Tandis que Rona et IGA versent le tout dans des fonds
visant à financer des projets de développement durable.
L’argent
recueilli ainsi l’est-il de façon plus éthique que dans les
magasins de Loblaw?
« Pour que l’augmentation du coût d’un produit soit légitime,
elle doit être justifiée, souligne Michel Séguin, professeur en
éthique des affaires à l’UQAM. Dans le cas des sacs, on met de
l’avant l’environnement et non les profits. Pour être jugée
éthique, cette décision doit donc profiter entièrement à
l’environnement. »
Pour Marie-France Turcotte, professeure associée à la Chaire de
responsabilité sociale et de développement durable de l’UQAM, la
réduction des sacs bénéficie à l’environnement ET à l’économie.
« Verser 3 millions à un organisme environnemental est donc un
bon point, note-t-elle. Mais pour agir de façon éthique,
l’entreprise devrait à tout le moins investir ces fonds dans son
processus d’amélioration continue afin de le rendre plus
environnemental. »
Du côté du Centre de recherche en éthique de l’Université de
Montréal, le directeur adjoint, Martin Blanchard, va plus loin
encore. Non seulement considère-t-il que le geste de Loblaw est
« déraisonnablement du côté du profit », il croit aussi qu’il
manque la cible.
« Quel est, précisément, le problème que l’on tente de régler?
Les sacs de plastique. Une entreprise qui dit agir pour le bien
de l’environnement doit donc les éliminer. Point. »
C’est d’ailleurs ce qu’a fait la SAQ, ce que fera Ikea et ce que
compte faire Rona. Loblaw suivra-t-il ?
Décontamination de l’ancien Technoparc « Un problème
plus complexe que prévu » - Martin Croteau
La restauration
du Parc d’entreprises de la Pointe-Saint-Charles est retardée
d’au moins deux ans. La Ville de Montréal souhaitait amorcer
cette année la décontamination de ce vaste terrain en bordure
du Saint-Laurent, mais les travaux ne commerceront pas avant
2011 ou 2012, a appris La Presse.
Daniel
Green, président de la Société pour vaincre la pollution,
déplore que la décontamination de l’ancien Technoparc soit
retardée. « Tous les efforts que déploie la Ville de
Montréal pour l’environnement – le Bixi, les transports en
commun – sont annulés par cette pollution », dit-il.
« On a fait des études préliminaires et des essais au
printemps, explique le directeur du ministère de
l’Environnement pour la région de Montréal, Pierre Robert. Ça
a mis en évidence un problème environnemental plus complexe
que prévu. »
Aux abords du fleuve, à quelques mètres à peine du pont
Victoria, un muret de plastique orange est tenu en place par
des flotteurs noirs. Un fort débit coule d’un côté. De
l’autre, à l’abri du courant, des boudins beiges flottent dans
une eau stagnante. Ce sont des capteurs qui absorbent les
hydrocarbures.
Les roches qui se trouvent au bord de l’eau sont couvertes
d’une boue qui empeste l’essence. On peut voir l’auréole des
taches d’huile sur l’eau.
Ce dispositif est une « solution temporaire ». En juin 2008,
la Ville avait annoncé son intention de lancer dans l’année
des travaux de nettoyage permanents, mais elle doit attendre
encore.
« Les travaux visant à implanter la solution permanente
pourraient avoir lieu autour de 2011 ou 2012 », affirme Pierre
Robert.
Autrefois appelé le Technoparc, le site a servi de gare de
triage ferroviaire, de parc de stationnement pour Expo 67,
d’aéroport et de dépotoir. Il recèle entre 4 et 8 millions de
litres de diesel ainsi qu’une ou deux tonnes de biphényles
polychlorés ( BPC). Ces substances s’écoulent dans le fleuve
depuis le début des années 90, et on en a trouvé des traces à
plusieurs kilomètres en aval.
En 2005, la
Ville a bâti un mur de béton souterrain d’une longueur de
160 mètres afin d’empêcher les polluants de s’écouler dans
le fleuve. Un système de flotteurs déployé à deux endroits
sur la rive permet de capter et d’éliminer des matières
toxiques.
Mais cela n’empêche pas les substances toxiques de se
retrouver dans le fleuve, affirme l’écologiste Daniel Green,
président de la Société pour vaincre la pollution (SVP).
D’autant moins que les flotteurs sont retirés de l’eau en
hiver pour éviter que la glace ne les broie. « Tous les
efforts que déploie la Ville deMontréal pour l’environnement
– le Bixi, les transports en commun – sont annulés par cette
pollution », croit Daniel Green.
« On est au XXIe siècle, les gens veulent avoir accès aux
berges, ils veulent se baigner, reconnaît le maire Gérald
Tremblay. Il faut corriger cette situation. » Il assure
qu’Ottawa et Québec ont déjà accepté de financer une partie
du vaste projet, qui coûtera environ 75 millions. La Ville a
commandé une étude de 1,5 million au Centre d’excellence de
Montréal en réhabilitation des sites (CEMRS) pour qu’il lui
propose des technologies. Mais elle n’a toujours pas reçu le
rapport, qui devait pourtant lui être rendu en février.
Entre-temps, les autorités municipales ignorent comment s’y
prendre pour nettoyer le terrain une fois pour toutes.
Pierre Robert, lui, prêche la patience : « Ce n’est pas
comme mettre de l’asphalte sur une route, lorsque le risque
de se tromper est faible, fait-il valoir. Dans ce cas-ci, on
ne voit pas en dessous de la terre. Alors il est très
important de faire une analyse fine avant de procéder. »
Montréal a acquis ce terrain lourdement pollué des
gouvernements fédéral et provincial dans les années 80.
Depuis, elle a dépensé entre 5 et 6 millions pour étudier le
problème et limiter les déversements toxiques. Elle a
souvent indiqué qu’elle n’avait pas été avertie de l’ampleur
des travaux de décontamination.
Une étude de la Commission de coopération environnementale,
l’organisme nord-américain de surveillance de
l’environnement, a d’ailleurs souligné qu’Ottawa savait dès
le début des années 80 que les terrains recelaient des
substances toxiques. Mais Montréal a renoncé à toute
réclamation auprès des vendeurs en les acquérant.
CENTRE DE TRANSBORDEMENT DE DÉCHETS Un projet à
Longueuil provoque une levée de boucliers à Lachute
- Martin Croteau
La controverse qui entoure la
construction d’un centre de transbordement des déchets à
Longueuil se transporte dans les Laurentides. La firme RCI
Environnement, qui pilote le projet sur la Rive-Sud,
souhaite enfouir des déchets qu’elle y transformera à
Lachute, soulevant des craintes chez certains élus
municipaux.
Le projet est chaudement débattu à Longueuil. Le maire
sortant Claude Gladu avait assuré qu’aucun centre de
transbordement ne verrait le jour dans sa municipalité à la
fin août. La Ville a pourtant délivré un permis autorisant
la Fiducie Remdev à entreprendre les travaux 10 jours plus
tard. Des citoyens ont contesté le projet, mais un juge a
autorisé la poursuite de la construction la semaine
dernière.
Des documents montrent maintenant que l’entreprise projette
d’expédier les résidus qu’elle traitera à Longueuil de
l’autre côté du fleuve jusqu’au lieu d’enfouissement de
Lachute. Ce site est exploité par Gestion environnementale
Nord-Sud (GENS) qui, comme RCI Environnement, appartient à
la famille Rémillard.
Des bons de pesée de GENS, qui datent du début septembre,
indiquent d’ailleurs que les résidus de Longueuil cheminent
déjà vers le site.
« Ce qui apparaît clairement dans les documents, c’est que
le projet de RCI est de prendre les déchets de la Ville de
Longueuil, et peut-être des villes autour, et de les
acheminer au site de Lachute », affirme Christine Duchaine,
une avocate qui représente des citoyens de Longueuil opposés
à la construction du centre de transbordement dans cette
ville.
L’avocate affirme qu’un tel projet contrevient au décret
gouvernemental qui autorisait l’agrandissement du site
d’enfouissement en 2003, et au Plan de gestion des matières
résiduelles de la MRC D’Argenteuil. La raison : on prévoyait
alors que le site recevrait pour l’essentiel des déchets de
l’ouest du Grand Montréal, et non de la Rive-Sud.
Rassurante
RCI
Environnement se fa it rassurante quant à ses intentions.
Elle convient qu’une partie des déchets traités à
Longueuil se retrouveront à Lachute, mais pas tous.
L’entreprise souhaite plutôt répartir les résidus dans les
différents lieux d’enfouissement du Grand Montréal.
« Ce n’est pas aussi simple que de dire : " on construit à
Longueuil et tout va à Lachute ", affirme le
vice-président de RCI Environnement, Jean Beaudoin.
Éventuellement, ça peut être cela. Mais ce n’est pas
l’objectif. »
Malgré tout, le projet provoque une levée de boucliers
dans le secteur.
« Le site de Lachute n’a pas été fondé pour aller chercher
des déchets à Longueuil et à Montréal, affirme Denis
Lavigne, maire de Saint-Placide. C’est un site qui a été
fondé pour offrir un service des citoyens de quatre
villes, et peut-être servir à certaines autres villes. »
M. Lavigne est aussi l’un des administrateurs de la Régie
intermunicipale Argenteuil– Deux-Montagnes, le
regroupement de quatre villes qui possède le terrain sur
lequel se trouve le site de Lachute. Cet organisme a cédé
à GENS le droit d’exploiter le site en 2006, ce que
Saint-Placide conteste devant les tribunaux.
À Lachute aussi, certains candidats à la mairie
s’inquiètent. « On ne veut pas devenir la poubelle du
Québec », affirme Denis Sabourin.
Le maire sortant, Daniel Mayer, est aussi président de la
Régie intermunicipale. Il affirme que les craintes
exprimées par ses adversaires sont exagérées. Car la loi
empêche le site d’enfouissement de recevoir plus de 500
000 tonnes de déchets par année. « Le volume maximal qui
est autorisé, c’est 500 000 tonnes par année,
explique-t-il. Les déchets peuvent venir de n’importe où,
ils ne peuvent excéder ce volume. »
CENTRE DE
TRANSBORDEMENT DES DÉCHETS À LONGUEUIL : Les travaux
se poursuivent - Ariane Lacoursière
Le j uge Richard Nadeau a autor i s é, hier, l a F i ducie
Remdev à poursuiv r e s es t r avaux de rénovation sur un t e r
r a i n s i t ué da n s le Vieux-Longueuil. Ces t ravaux
entourent l’i mplantation d’un troisième centre de t
ransbordement de déchets dans cette municipalité de la Rive-Sud.
Le dossier
des centres de transbordement a fait couler beaucoup
d’encre au cours des derniers mois. Le 31 mars 20 0 8 , l
a Fiducie Remdev, propriété de la f a mi l l e Rémillard,
a acheté un terrain au 2355, chemin du Lac, à L ongueuil.
L’ent r eprise RCI Environnement, appartenant aussi aux
Rémillard, voulait y exploiter un centre de
transbordement.
En septembre 20 08, l e c o n s e i l mu n i c i pa l de L
o n g ue u i l a e n t é r i né le changement de zonage
dudit terrain. Le candidat à la mair ie de Longueuil et
président de l’arrondissement du Vieux-Longueuil, le
notaire Jacques Goyette, a voté pour cette résolution.
Le 21 août 2009, le maire de Longueuil, Claude Gladu, a
assuré qu’aucun centre de t r a nsbordement ne verrait le
j our dans sa municipalité. Or, 10 jours plus tard, l a
Ville a délivré un permis autorisa nt l a Fiducie Remdev à
faire d’importants travaux de rénovation sur le terrain.
La liste des travaux que voulait f a i r e Remdev était
longue et comprenait entre autres l ’a mélioration du
bâtiment, l ’ i nstallation de contenants à ordures et l ’
i nsta l l at i on de bala nces pour peser des camions.
Croyant que ces t ravaux mèneraient i névitablement à la
construction d’un centre de transbordement, des c itoyens
ont entrepris des démarches j udiciaires pour en empêcher
la poursuite. Deux juges ont accepté leurs arguments et
ont suspendu les travaux pour un total de 40 jours.
Selon le
juge Claude Chaput , les t r avau x que voula i t e f f e
c t uer Remdev n’é t a i e nt pa s de s i mples « mises à
niveau du bâtiment », mais menaient bel et bien à la
construction d’un centre de t ra nsbordement. Mais hier,
le j uge Richard Nadeau a t ra nché dans un autre sens et
a autorisé la poursuite des travaux.
« Remdev a demandé une certi f ication d’autorisation pour
un site de transbordement au ministère de l’
Environnement. Si le ministère l e l u i a c c o r de , l
e pr oj e t pourra voir le jour », résume Christine
Duchaine, l ’ une des avocates qui représentait les
citoyens dans le dossier.
P ou r l a c a nd i date à la ma i r i e e t c h e f d ’
Ac t i o n L o n g ue u i l , Ca r ol i ne S t - Hilaire,
la Ville de Longueuil n’aurait pas dû accorder de permis
de rénovation. « Je demande aujourd’hui à l a ministre de
l ’ Environ nement de ne pas délivrer de permis et de di
re non au site de transbordement », dit Mme St-Hilaire.
Le candidat Goyette affirme pour sa part que le permis de
rénovation donné par la Ville « n’autorise pas de travaux
pour un site de transbordement ». « Il autorise des
modifications au bâtiment. S’i l s veulent i nsta l l er
un site de t ransbordement, ils devront nous faire une
nouvelle demande de permis », martèle-t-il.
Mais pour Me Duchaine, i l e s t c l a i r « qu’i nst a l
l e r des balances et des fosses à ordures », comme le
projette Remdev, mènera clairement à la création d’un
centre de transbordement. Les clients de Me Duchaine iront
en appel.
Troisième centre de transbordement à Longueil : Permis
délivré malgré la promesse du maire - Éric Clément
Alors que le
dossier d’un troisième centre de transbordement de déchets à
Longueuil semblait clos depuis que le maire Claude Gladu
avait déclaré le 21 août que la Ville ne délivrerait pas de
permis, La Presse a constaté que, malgré tout, la Fiducie
Remdev, qui appartient à la famille Rémillard, a obtenu un
«permis de construction» 10 jours plus tard.
Le maire Gladu avait publié un communiqué le 21 août
intitulé «La Ville de Longueuil n’entend pas émettre de
permis pour un autre centre de transbordement ». Il
déplorait la poursuite des travaux entrepris sans permis par
RCI Environnement (locataire de Remdev), comme La Presse
l’avait révélé le 8 août. Pourtant, à la mi-août, la Ville a
estimé que le projet était conforme et décidé qu’elle
délivrerait un permis à la famille Rémillard.
Mais le 21 août, à la suite de protestations contre ce
projet, le maire Gladu a déclaré: «Il est hors de question
qu’un nouveau site de transbordement des déchets voie le
jour à Longueuil», précisant qu’il ne voulait pas que
Longueuil devienne «la capitale des déchets du Québec».
Or, La Presse a obtenu un «permis de construction» que la
directrice de l’urbanisme à la Ville de Longueuil, Hélène
Ladouceur, a délivré le 31 août à la Fiducie Remdev pour des
«travaux de transformation et de rénovation» du bâtiment
qu’elle détient au 2355, chemin du Lac, à Longueuil.
La demande de permis avait été faite le 2 juillet par
Jacques Pla nte, ad m i n istrateu r de Remdev, pour des
travaux de 800 000$ concernant la mise aux normes de
l’immeuble, l’ouverture de nouvelles portes, la création de
quais de chargement, la construction de murs de séparation,
l’installation d’un système de gicleurs à sec, le drainage
du terrain et l’aménagement de cases de stationnement.
La Presse a
voulu parler de ce dossier au maire Gladu, mais ses
relationnistes l’en ont empêchée. C’est Simon Bissonnette,
attaché de presse du «dauphin» du maire Gladu, Jacques
Goyette, candidat à la mairie, qui a donné la version du
maire: «Ce permis, ce sont des améliorations à une bâtisse
existante. Il a été délivré à des fins qui n’ont rien à voir
avec un site de transbordement. Je ne sais pas ce que c’est
que la création des quais de chargement, mais je suis
certain que ce permis n’est pas pour le centre de
transbordement.»
Ce n’est pourtant pas la compréhension du juge Paul Chaput,
de la Cour supérieure du Québec, qui a suspendu vendredi
dernier les travaux en cours au 2355, chemin du Lac, parce
qu’ils vont au-delà de la mise aux normes d’un bâtiment et
font partie, selon lui, de la création d’un centre de
transbordement de déchets.
Les citoyens qui s’opposent à la construction du centre,
dont l’entreprise Waste Management, ont obtenu du juge une
injonction provisoire pour faire cesser «les travaux de
construction et d’aménagement en cours et la transformation
du bâtiment», a écrit le juge.
Il ajoute que son ordonnance est valable tant que le
certificat d’autorisation prévu par les articles 22 et 55 de
la Loi sur la qualité de l’environnement, et les règlements
applicables, n’aura pas été délivré par le ministère du
Développement durable, de l’Environnement et des Parcs. Pour
le juge, les travaux à l’intérieur du bâtiment sont
directement liés à la construction d’un centre de
transbordement.
Pourquoi la Ville de Longueuil favorise-t-elle ce projet? On
ne le sait pas. Ni le maire ni M. Goyette n’ont accepté d’en
parler avec La Presse.
Il n’y a jamais eu de débat public à Longueuil organisé par
l’administration Gladu-Goyette sur la nécessité de créer un
troisième centre de transbordement. Des citoyens poursuivent
d’ailleurs Longueuil parce qu’ils estiment avoir été mal
informés sur ce projet. Ils ont aussi demandé au
gouvernement Charest d’intervenir, sans résultat.
RCI commence les travaux sans permis
- Éric Clément
Troisième
centre de transbordement de déchets à Longueuil
EXCLUSIF
« La direction de l’urbanisme a envoyé un inspecteur, et un
avis va être émis aujourd’hui pour que cessent les travaux
tant que le permis ne sera pas délivré. »
La Ville de Longueuil a émis, hier, un avis d’infraction à
RCI Environnement dont les travaux préparatoires à la
création d’un troisième centre de transbordement de déchets
à Longueuil ont débuté sans que la Ville ait délivré de
permis. Par ailleurs, au ministère de l’Environnement du
Québec, la ministre Line Beauchamp n’a pas voulu dire
pourquoi Longueuil devrait se doter de trois centres de
transbordement alors que Montréal vient de rejeter l’idée
d’en avoir un.
La Presse a constaté, hier matin, que des travaux avaient
lieu, près du chemin du Lac, à Longueuil. Une pépine était
en train de creuser un trou près d’un bâtiment qui doit
prochainement accueillir des déchets. La Presse aurait voulu
avoir des détails sur ces travaux mais RCI n’a répondu à
aucune de nos trois demandes d’informations.
« Ce bâtiment contenait jusqu’à dernièrement des matières
recyclables, mais l’entrepôt a été vidé et du sciage de
béton a été fait récemment à l’intérieur », nous a toutefois
dit un voisin. Autour du bâtiment, des travaux d’excavation
ont été effectués.
Ces travaux étaient illégaux selon la Ville de Longueuil. «
La direction de l’urbanisme a envoyé un inspecteur, et un
avis va être émis aujourd’hui pour que cessent les travaux
tant que le permis ne sera pas délivré, a dit François
Laramée, directeur des communications de Longueuil. Le
permis ne devrait pas tarder car, selon nos services, le
projet est conforme. »
Au début de la semaine, des citoyens se sont étonnés que ces
travaux aient débuté sans permis. Le projet n’a même pas
reçu le certificat d’autorisation environnementale. Fin
juin, Longueuil avait dit qu’aucun permis n’avait été
demandé pour un centre de déchets. En un mois, la demande a
été faite, et RCI a commencé les travaux sans autorisation.
La création
de ce troisième centre de transbordement est contestée par
des citoyens qui se sont associés à Waste Management ( WM),
concurrent de RCI, qui exploite un centre de transbordement
à Longueuil, tout comme Matrec. WM estime que Longueuil n’a
pas besoin d’un autre centre, les deux autres ne
fonctionnant pas à 100%. « Longueuil deviendrait l’une des
seules villes nord-américaines à avoir trois centres de
transbordement », dit Bernard More, porteparole de WM.
Ces citoyens craignent que le nouveau centre de déchets
entraîne plus de circulation et d’autres désagréments. Ils
disent avoir été mal informés par Longueuil quand la Ville a
changé, selon eux « discrètement », le zonage en septembre
2008. Ils estiment que la création d’un tel centre va à
l’encontre d’une saine politique de gestion des déchets qui
implique que l’on doive privilégier la récupération, la
valorisation des matières organiques et la diminution de
l’enfouissement.
De plus, ils s’étonnent que la Ville laisse RCI créer ce
centre sans que cette option ait jamais été évoquée par le
maire Claude Gladu, ni par son dauphin, Jacques Goyette,
candidat à la mairie. Du coup, ils ont décidé de poursuivre
la Ville et réclament l’annulation du règlement municipal.
La présentation de la preuve aura lieu le mois prochain.
« Pourquoi le ministre des Affaires municipales, Laurent
Lessard, n’intervient-il pas pour s’assurer que la populat
ion concernée soit adéquatement informée et consultée sur ce
projet ? demande M. More. Pourquoi la ministre Beauchamp
n’intervient-elle pas pour arrêter le développement d’un
projet qui va à l’encontre de la nouvelle politique de
développement durable ? »
Au ministère des Af faires municipales, la porte-parole
Édith Girard dit que « le ministère n’intervient pas dans la
gestion quotidienne des villes ». La Presse a essayé de
parler à la ministre Beauchamp. Sa porteparole a rejeté
notre invitation d’expliquer pourquoi Longueuil devrait
avoir trois centres de transbordement de déchets alors que
Montréal n’en veut pas.
La Ville écarte la gazéification des déchets
- Charles Côté
Il n’y aura
pas d’usine de gazéification de déchets ni de centre de
transbordement à Montréal prochainement. C’est ce qui
ressort du Plan directeur de gestion des matières
résiduelles, dévoilé hier. « La gazéification n’est pas dans
notre plan de match », affirme Chantal Gagnon, directrice de
l’environnement à la Ville de Montréal.
La gazéification des déchets est une technologie implantée
d’abord au Japon. Elle permet de transformer les déchets en
carburant pour produire de l’électricité. En 2007, la
Communauté métropolitaine de Montréal avait proposé cette
approche, qui aurait requis des investissements d’un
milliard.
C’est une technologie critiquée par les écologistes et qui
augmente les émissions de gaz à effet de serre. « La
gazéification est écartée et c’est une très bonne nouvelle
», dit André Porlier, du Conseil régional de l’environnement
de Montréal.
Cependant,
le compostage à grande échelle, la solution retenue par
Montréal, a aussi son lot de complications. « L’enjeu le
plus important est de trouver des endroits pour traiter les
résidus alimentaires », dit Mme Gagnon.
On envisage quatre usines de compostage, une dans l’ouest,
une dans le nord, et deux dans le sud et l’est de l’île.
Dans les deux derniers cas, il s’agirait de traiter surtout
des déchets de table. Dans les deux premiers, des déchets
végétaux en provenance des jardins et les arbres de Noël
seraient aussi traités.
Par ailleurs, l’agglomération a décidé de faire l’économie
d’un centre de transbordement où tous les camions d’ordures
auraient convergé pour consolider leurs chargements sur des
trains ou des camions-remorques. Le projet controversé de 33
millions était destiné au sud de l’île.
Plus gros procès environnemental : Les
actionnaires de Chevron veulent savoir
DES MILLIONS
DE BARILS DE DÉCHETS TOXIQUES DÉVERSÉS EN ÉQUATEUR DURANT 25
ANS
La multinationale américaine Chevron est accusée d’avoir
déversé des millions de barils de déchets toxiques en
Équateur durant 25 ans. Le plus important procès
environnemental de l’histoire pourrait coûter 27 milliards à
l’entreprise. Et c’est maintenant au tour des actionnaires
de demander des comptes, demain, lors de l’assemblée
annuelle du géant pétrolier.
Des enfants jouent dans l’eau
souillée d’une rivière que traversent deux pipelines, dans
une région de l’Équateur que des environnementalistes
appellent le Tchernobyl d’Amazonie !
Dans la forêt amazonienne de l’Équateur, on trouve des
dépotoirs pétrochimiques à ciel ouvert. Les résidus de
l’extraction du pétrole souillent la végétation et
contaminent la nappe phréatique. Une substance noire
semblable à du goudron colle aux mains et aux semelles des
bottes.
La société Chevron est accusée d’avoir déversé plus de 68
milliards de litres de produits toxiques dans la région,
entre 1964 et 1990, par l’intermédiaire de sa filiale
Texaco. Aujourd’hui, plus de 30 000 résidants de l’Équateur
poursuivent Chevron, dans une cause dont les enjeux ont été
évalués à 27 milliards de dollars, soit le plus important
procès environnemental de l’histoire.
Les plaignants affirment que la contamination a donné lieu à
une hausse marquée des cas de cancer et d’autres maladies.
Plus de 1400 résidants locaux seraient morts des suites de
la contamination, selon les plaignants, dont la cause a été
présentée dans un long reportage à l’émission 60 Minutes à
CBS plus tôt ce mois-ci.
Chevron, la troisième entreprise américaine après Exxon
Mobil et Wal-Mart, affirme être victime d’une tentative
d’extorsion et d’une campagne de désinformation de la part
des paysans en Équateur. Or, l’entreprise doit ces jours-ci
composer avec un autre groupe de gens mécontents: ses
propres actionnaires.
« Il y a un proverbe qui dit: Quand vous êtes dans un trou,
la meilleure chose à faire est d’arrêter de creuser,
explique Kevin Koenig, organisateur pour le groupe Amazon
Watch, qui soutient les plaignants. Dans le cas de Chevron,
leur réaction est de faire l’inverse. »
Des
actionnaires veulent savoir
M. Koeing note que d’importants actionnaires de Chevron,
comme la caisse de retraite californienne CalPERS, comptent
questionner le président du groupe pétrolier, David
O’Reilly, à l’assemblée annuelle des actionnaires, demain, à
San Ramon, en Californie.
« Ce n’est pas la première fois que des actionnaires
mécontents vont critiquer l’entreprise, mais cette année, ce
sera plus urgent, dit M. Koeing. Les dirigeants de Chevron
ont pris un énorme risque en évitant depuis des années de
régler la question de l’Équateur et ce sont les actionnaires
qui pourraient en souffrir. »
CalPERS, la plus importante caisse de retraite publique aux
États-Unis, a annoncé qu’elle comptait voter en faveur de
six propositions qui admettent des manquements au niveau
environnemental. Une proposition appelle aussi Chevron à «
développer une stratégie à long terme pour réduire de façon
significative les gaz à effet de serre ». Les dirigeants de
l’entreprise s’opposent à ces propositions.
Un juge de l’Équateur devrait rendre son verdict d’ici la
fin de l’année. Chevron a promis de contester en cour
d’appel toute décision qui lui serait défavorable. La
société a récemment affirmé, dans un communiqué, que le
procès était « rempli d’omissions, d’erreurs et de
situations de conflit d’intérêts ».
Pour sa défense, Chevron a réalisé un document vidéo ayant
les apparences d’un reportage journalistique. L’entreprise a
retenu les services d’un ex-présentateur de CNN, ce qui
donne une aura d’impartialité au document. Le publireportage
de Chevron a récemment fait l’objet d’une analyse critique
dans les pages du New York Times, qui soulignait que le
document avait pour effet de tromper les auditeurs.
Un projet d'enfouissement non justifié - Charles Côté
Un projet superflu, selon l’industrie
Écolosol
Enfouissement de terre contaminée à Mascouche
Le projet d’Écolosol, qui veut enfouir des sols contaminés à
Mascouche, n’est pas justifié, selon le Conseil des
entreprises en services environnementaux (CESE).
« On estime que ce serait une erreur d’augmenter les
capacités d’élimination », affirme Pierre Lachance,
directeur général du CESE. L’organisme, qui représente une
quarantaine d’entreprises du secteur, dont Écolosol, a
demandé Line Beauchamp, ministre du Développement durable,
de l’Environnement et des Parcs, d’ordonner des audiences
publiques sur le sujet. La ministre doit soumettre le projet
d’Écolosol au Bureau d’audiences publiques sur
l’environnement ( BAPE), à moins que les motifs des demandes
soient jugés « frivoles ».
Outre le CESE, quatre autres organismes ont demandé des
audiences publiques, selon ce qu’a appris La Presse, à la
suite de la séance d’information organisée par le BAPE en
mars.
Écolosol exploite déjà une cellule d’enfouissement qui peut
accueillir des sols classés B ou C, soit les moins
contaminés. Pour ce type d’exploitation, il n’y a pas
d’audience devant le BAPE. Ecolosol a le droit d’accueillir
668 000 m3 de terre de classe B et C, sur une hauteur de 14
m.
Mais pour l’enfouissement de sols contaminés au-delà du
critère C, l’étape des audiences s’impose.
Écolosol
appartient à deux hommes d’affaires, Normand Trudel , proche
du maire de Mascouche et important donateur au Parti libéral
et au Parti québécois, et Tony Accurso, dont certaines
entreprises ont fait l’objet de perquisitions dans une
affaire de fraude fiscale.
Selon le CESE, la capacité d’enfouissement est suffisante et
il est préférable de traiter les sols contaminés plutôt que
de les enfouir.
« On est intrigués par le projet d’Écolosol car on soupçonne
que le marché ne demande pas de nouveau site, dit M.
Lachance. On estime que ce serait une erreur d’augmenter les
capacités d’élimination alors qu’on essaie de mettre sur
pied une industrie de traitement des sols. C’est toute la
question du développement durable qui se pose ici. »
Écolosol n’a pas rappelé La Presse hier. En mars, une
porteparole avait affirmé que l’entreprise souhaitait «
permettre une diversification dans la nature des sols »
qu’elle reçoit actuellement, parce que ses clients la lui
demandent.
L’entreprise a aussi affirmé que les risques de
contamination sont infinitésimaux. La cellule
d’enfouissement d’Écolosol comprend deux membranes étanches
superposées, avec chacune leur réseau de conduites pour
évacuer et traiter l’eau. Le tout repose sur une couche
d’argile naturelle de 4 m. Des filtres traitent l’eau
extraite de la cellule avant de la rejeter dans la rivière
Mascouche.
La montagne et la voiture - Mathieu
Perrault
L’an
dernier, le Conseil régional de l’environnement a
réclamé des mesures pour empêcher les voitures
d’utiliser la voie Camilien-Houde, sur le mont Royal.
Cet automne, la Ville de Montréal prévoit consacrer deux
millions de dollars à la fermeture de deux des quatre
voies de la voie Camilien-Houde dans sa portion ouest et
au réaménagement de l’échangeur Côte-des-Neiges.
La question se pose maintenant : doit-on ériger une
barrière physique qui empêchera de se rendre d’un côté à
l’autre de la montagne par CamilienHoude, limitant les
automobilistes à un accès aux stationnements du parc ?
Après tout, la plupart de la centaine de parcs conçus
par Frederick Law Olmsted en Amérique du Nord ont
fortement limité la présence de l’automobile.
Une exception notable est Central Park, à New York. Deux
voies pour les automobiles, sinueuses et en tranchées,
le traversent à la hauteur du Metropolitan Museum.
Justement, un conservateur du célèbre musée a publié
l’an dernier un livre entier sur Central Park. Et pour
Morrison Heckscher, Olmsted n’était pas nécessairement
opposé aux voitures.
« Il était très pragmatique, explique M. Heckscher. Il
voulait que chaque groupe d’utilisateurs y trouve son
profit. En plus des deux voies de transit, il a prévu
des routes pour les carrosses, qui ont par la suite été
utilisées par les automobiles. D’ailleurs, à
l’inauguration du parc, il y a eu une course de
carrosses par des propriétaires désireux de montrer leur
richesse. »
La voie
Camilien-Houde est peut-être le seul exemple québécois
du concept de parkway, ces autoroutes américaines dont
chaque direction est bordée d’arbres, qui ont été
popularisées par Roosevelt et sont tombées en désuétude
avec les grands projets autoroutiers d’Eisenhower.
Justement, la pensée d’Olmsted est à la base des
parkways.
Cela dit, Olmsted avait des projets radicalement
différents pour le mont Royal : il voulait qu’une
promenade dans le parc soit une lente ascension. « Il
était notamment contre le funiculaire » qui a fonctionné
entre 1885 et 1918, rappelle Sylvie Guilbeault, la
présidente des Amis de la montagne. Dès 1926, la
circulation de transit avait ses opposants : le «
tramway va enlaidir le parc Mont-Royal », avait dénoncé
un député de Montréal à l’Assemblée nationale.
L’association des cochers s’était aussi opposée en 1903
au tramway, mais évidemment pas pour des raisons
esthétiques.
Peut-on concilier les intérêts des automobilistes avec
ceux des autres usagers du parc ? Dans une ville comme
Montréal, où « piétonniser » signifie exclure toute
automobile, on peut en douter. Mais on peut tout de même
rêver d’un compromis.
Outre la fermeture de deux des quatre voies de
Camilien-Houde, la priorité, selon Mme Guilbeault, est
la disparition de la « mer d’asphalte » des
stationnements situés de part et d’autre du rond-point
central. Ensuite v i en nent l a d i s pa r i t i on –
proj e - tée – de l’échangeur Côte-des-Neiges (une
aberration semblable à celle de l’échangeur des Pins,
qui n’a qu’une utilité marginale pour les
automobilistes) et l’aménagement de l’entrée est de
Camilien-Houde, afin de désenclaver le secteur Outremont
du parc. Enfin, elle cite la section supérieure de la
montée est de Camilien-Houde, quand l’accotement se
réduit comme une peau de chagrin à cause des deux
falaises, ce qui rend le passage très inconfortable,
voire dangereux, pour les cyclistes.
Pourquoi
ne pas réduire ce goulot à une seule voie,
qu’emprunteraient à tour de rôle les automobilistes qui
circulent dans une direction ou dans l’autre, avec un
feu de circulation ? Le système fonctionne très bien
quand il y a des travaux sur une route à deux voies.
Cela aurait le mérite d’éliminer tout avantage de
CamilienHoude pour ceux qui veulent éviter la congestion
de l’avenue des Pins ou d u chemin de la
Côte-Sainte-Catherine. Et les automobilistes qui ne
rechigent pas devant un itinéraire plus long parce qu’ils
veulent eux aussi profiter de la montagne auraient encore
droit de cité.
L’agresseur du mont Royal n’est pas celui qu’on
croit - François Cardinal
Quand il
est question du mont Royal, les même « agresseurs »
reviennent systématiquement dans les discours : les
promoteurs de condos, le stade Percival-Molson,
l’hôpital Royal Victoria, etc.
Curieusement, on ne cible que très rarement celle qui,
plus que quiconque, défigure la montagne, nuit à une
expérience paisible de celle-ci et dénature complètement
la vision de l’architecte paysagiste Frederick Law
Olmsted: l’autoroute Camillien-Houde.
Simple passage permettant aux automobiles de se rendre
au sommet de la montagne, cette immense balafre qui
entaille le mont Royal est devenue avec le temps une
véritable voie de transit autoroutière, aidée par le
fait qu’on n’y rencontre qu’un minuscule « stop » qui ne
remplit plus sa mission.
Les comptages menés par la Ville en 2007 confirment le
changement de vocation de cette voie : 45% des
automobiles qui l’empruntent la semaine le font à
l’heure de pointe. On ne parle pas ici d’amateurs de
pique-nique qui souhaitent communier avec les
écureuils...
Qui sera surpris d’apprendre que les plans originaux
d’Olmsted, en 1876, ne contenaient pas de voie de
transit ? Au contraire même. Le père de l’architecture
de paysages en Amérique du Nord souhaitait plutôt
s’attaquer aux maux liés à l’urbanisation, permettre aux
Montréalais de profiter de la « fonction thérapeutique »
des paysages naturels.
La bonne nouvelle, a appris La Presse, c’est que la
Ville vient de débloquer 2 millions de dollars pour
faire disparaître une bonne portion de l’autoroute du
Mont-Royal.
D’ici quelques mois, on interdira la circulation sur les
deux voies de circulation qui permettent de relier
Côte-des-Neiges au haut de la montagne, en passant par
le lac aux Castors. Elles seront entièrement réservées
aux vélos et aux piétons. Les automobilistes qui montent
et descendent devront ainsi se partager le tronçon
restant, c’est-à-dire la voie qui court le long des
cimetières. On passera ainsi de quatre à deux voies.
C’est
une bonne nouvelle, estime la présidente des Amis de la
montagne, Sylvie Guilbeault, même s’il reste encore
beaucoup à faire pour réduire l’omniprésence de l’auto
dans le parc.
« Le constat principal, reconnaît d’ailleurs la Ville
dans son plan de transport intégré du mont Royal, est
que l’espace dédié à l’automobile est prédominant. »
L’administration prévoit donc, éventuellement,
s’attaquer aux mers d’asphalte (souvent inutilisées) qui
érodent la montagne, réaménager les entrées du parc au
profit des marcheurs et des cyclistes et améliorer la
desserte en transports en commun, plus que déficiente.
Tout cela est bien beau, mais à terme, les automobiles
continueront de circuler d’un bord à l’autre de la
montagne...
Voilà pourquoi le Conseil régional de l’environnement
avait proposé, lors des consultations sur l’avenir du
mont Royal, que l’on érige une barrière physique au
point culminant de Camillien-Houde, afin d’interdire le
transit sur la montagne.
L’objectif de la Ville est de permettre aux autos de se
rendre aux différents stationnements, pour que tous
aient accès à la montagne? Soit, mais faisons en sorte
que celles-ci montent et redescendent sur le même
versant.
Une
idée
à approfondir. D’autant plus qu’Olmsted invitait à une
lente découverte de la montagne du bas vers le haut, non
pas d’un bord à l’autre, à toute vitesse.
Marianopolis : Le promoteur est prêt à faire
des compromis
Rapport de
l’OCPM
Développement Cato, le promoteur responsable de la
transformation extrême de l’ancien collège des prêtres
sulpiciens, est prêt à se conformer à « une grande partie
» des recommandations de l’Office de consultation publique
de Montréal (OCPM). Pas question, toutefois, de renoncer
aux constructions de type villa.
« Cette proposition-là n’est pas acceptable pour les
résidants du quartier », a déclaré Claude Marcotte,
associé principal de la firme Daniel Arbour& Associés,
le concepteur du projet.
Hier, La Presse a révélé les conclusions du rapport de
l’OCPM sur la transformation du collège Marianopolis, sur
le flanc du Mont-Royal, en complexe résidentiel.
En premier lieu, l’instance recommande au maire de
Montréal d’exiger du promoteur qu’il réduise la hauteur
d’au moins quatre ensembles résidentiels du projet. Claude
Marcotte juge cette demande acceptable.
« Sans tomber dans les détails, nous sommes prêts à
regarder la possibilité de baisser la hauteur de certains
bâtiments de façon à respecter les vues considérées comme
privilégiées, a-t-il déclaré. Évidemment, ces
modifications doivent se faire à l’intérieur de la
faisabilité économique du projet. »
Comme le recommande l’OCPM, le promoteur accepte également
de négocier avec la Ville pour protéger les zones boisées
et respecter l’accès du public aux lieux. « On entend
créer des servitudes en faveur de la Ville de façon à
officialiser l’accès public au site », a déclaré Claude
Marcotte.
Toutefois, Développement Cato n’entend pas renoncer à
construire une dizaine de villas le long du prolongement
de la place De Ramezay. L’OCPMsouhaite que le promoteur
les remplace par un immeuble unique.
« Ce
n’est pas dans l’intérêt des citoyens de changer les
villas pour un bâtiment de huit étages », a déclaré Carlo
Bizzotto, associé de Développement Cato. Selon lui, les
résidants du quartier ont exprimé leur désir de «
conserver l’homogénéité du secteur » pendant les quatre
années d’études qui ont précédé le dépôt du projet. La
Ville commentera plus tard
Le bureau du maire de Montréal n’a pas voulu se prononcer
sur les conclusions du rapport de l’OCPM, hier. La Ville
commentera aujourd’hui au terme de la rencontre du comité
exécutif.
Hier matin, le promoteur et le concepteur du projet ont
rencontré des fonctionnaires de l’arrondissement de
VilleMarie et de la ville centre pour examiner le rapport,
qui sera officiellement rendu public aujourd’hui. Ils
auront une deuxième rencontre « dans les prochains jours »
pour s’entendre sur les modifications à apporter à la
proposition d’aménagement.
Claude Marcotte souhaite que la Ville et le gouvernement
du Québec approuvent rapidement le projet compte tenu du
coût élevé des taxes, qui s’élèvent à près de 200 000$ par
mois, dit-il.
« Nous pensons que notre projet est gagnant et nous sommes
prêts à commencer les travaux à court terme », a ajouté
Tony Miceli, associé de Développement Cato. Malgré les
critiques, M. Miceli « se réjouit » du rapport de l’OCPM,
qui reconnaît la vocation résidentielle du site.
Sylvie Guilbault, directrice générale des Amis de la
montagne, redoute l’empressement du promoteur à mettre son
projet en chantier.
« Le rapport de l’OCPM fait ressortir très bien toutes les
préoccupations qui ont été exprimées, et il y en a
beaucoup. Maintenant, il faut arrêter leprojet, s’asseoir
et travailler sérieusement à trouver des solutions », a
conclu Mme Guilbeault.
Marianopolis : L’Office invite à réduire les hauteurs
- Sara Champagne
Le
promoteur responsable de la transformation extrême de
l’ancien collège des prêtres sulpiciens, sur le f lanc du
mont Royal , devra modérer ses ardeurs. Dans un rapport où
l’administration Tremblay est critiquée, que La Presse a
obtenu avant son dévoilement prévu demain, l’Office de
consultation publique de Montréal ( OCPM) estime que
l’immeuble aurait dû conserver sa « vocation
institutionnelle ».
Maquette du projet de
transformation du collège Marianopolis, situé sur le
flanc du mont Royal.
Faute de pouvoir renverser la vapeur auprès des instances
gouvernementales, l’OPCM recommande au maire de Montréal
d’exiger du promoteur qu’il réduise la hauteur de certains
bâtiments et renonce à certaines constructions de type
villa et maisonnette, sans quoi le projet ne pourra pas
être qualifié « d’exemplaire », laisse-t-on entendre.
Pour l’Office, la transformation de l’ancien collège,
chemin de la Côte-des-Neiges, entre les avenues Cedar, de
Ramezay et le chemin SaintSulpice, est l’un des projets
les plus controversés sur lesquels il ait été appelé à se
prononcer. Il constitue un premier test pour le Plan de
protection et de mise en valeur du mont Royal (PPMVMR). Il
servira aussi à baliser d’autres projets résidentiels sur
la montagne, comme celui de Catania au couvent des soeurs
des SaintsNoms-de-Jésus-et-de-Marie.
Avant d’énumérer une série de recommandations précises,
les commissaires préviennent l’administration municipale
qu’elle devrait dorénavant mieux encadrer, « avec des
balises claires », les négociations avec les grands
propriétaires de la montagne à propos de leurs projets
immobiliers. Mais surtout, la Ville de Montréal devrait
préciser la notion de « capacité limite » de construction
sur la montagne dans le PPMVMR. « Il en va de la
crédibilité du Plan de protection », peut-on lire dans le
rapport signé par Louise Roy, présidente de l’OCPM. Trop
d’immeubles trop hauts
En se basant sur les principes du Plan de protection et
sur les 60 personnes qui ont exprimé leur point de vue
lors des audiences, les commissaires ciblent plusieurs
éléments « posant problème » dans les visées de
Développement Cato. Premièrement, l’Office mentionne que
le projet de cinq ensembles résidentiels, pour quelque 325
unités, entraîne une augmentation de 70% de l’empreinte
bâtie au sol, « ce qui va à l’encontre de l’esprit de
protection de la montagne », peut-on lire.
À cet
égard, l’Office suggère de renoncer à une dizaine de
villas le long du prolongement de la place de Ramezay, à
cheval sur une zone considérée comme non constructible en
vertu d’une étude commandée par les prêtres sulpiciens. À
leur place, l’OCPM privilégie un édifice unique, plus
modeste, à logements multiples. Les villas « forment une
barrière entre le nord et le sud de la propriété, scindant
les espaces naturels à protéger de part et d’autre », note
l’Office.
L’Office déplore par ailleurs que la construction selon
les plans actuels obstruera la vue sur l’ancien séminaire,
le centre-ville et le fleuve à partir de l’intersection
Cedar et Côte-des-Neiges. « En fait, la vue serait
complètement bloquée pour les piétons qui y déambulent au
quotidien », précise-t-on.
Sans édicter une baisse de hauteur précise puisqu’il
estime que « ce n’est pas son rôle », l’instance
recommande de réduire la hauteur d’au moins quatre
ensembles résidentiels, dont le complexe sportif en forme
de U, de 6 et 7 étages, et des multiplex atteignant neuf
étages, sur la pointe du terrain. On mentionne aussi qu’il
serait souhaitable de renoncer à des maisonnettes
multiplex dans cette partie du terrain.
Quant à l’accès public aux lieux, les commissaires jugent
que « plusieurs ambiguïtés subsistent », et on recommande
à la Ville de concevoir un sentier « comme un tronçon
d’une éventuelle voie piétonne municipale reliant la
montagne au centre-ville ». Autre recommandation et non la
moindre, l’Office propose de renforcer l’accord de
développement avec Cato en ce qui concerne les ententes de
servitude dans les déclarations de propriété.
Même s’il milite pour obtenir un moratoire de construction
sur le terrain, le rapport de l’OCPM devrait donner des
arguments à l’organisme Les Amis de la montagne, qui
réclame que soient mieux définis le concept de « capacité
limite » de construction sur le mont Royal de même que les
balises de protection. Le comité exécutif de Gérald
Tremblay aura le dernier mot sur les recommandations,
avant de les acheminer au conseil municipal. Mais la
décision d’accepter ou non la transformation de l’ancien
collège incombe à la ministre de la Culture, responsable
du patrimoine, Christine StPierre, qui est restée
jusqu’ici plutôt vague sur le sujet.
Selon nos sources, le promoteur Développement Cato serait
prêt à réviser ses plans, jusqu’à un certain point, afin
de conserver une rentabilité. Il doit aussi préciser ses
intentions quant à la préservation de la chapelle grâce
aux conclusions d’une étude commandée par la firme Daniel
Arbour& Associés, responsable du concept
architectural.
La montagne rétrécit - Marcel Côté
Depuis
plusieurs générations, le mont Royal se fait gruger par la
construction immobilière
Économiste, l’auteur est associé chez Secor. Il intervient
ici à titre personnel. En octobre dernier, deux promoteurs
immobiliers ont payé 46 millions aux Sulpiciens pour l’achat
de leur propriété où logeait le collège Marianapolis. Ce qui
est inusité dans cette transaction, c’est non seulement le
prix – à 140 000$ la porte, un des prix les plus élevés
jamais payés à Montréal pour un projet de condos – mais le
fait que l’achat se soit fait sans condition avant même que
le terrain ne soit zoné résidentiel.
PHOTO ARCHIVES LA PRESSE
Une maquette du projet Marianopolis.
Les promoteurs proposent d’y construire 325 unités de
logement.
Zoné institutionnel, le terrain des Sulpiciens ne vaut que
10 millions. Sa valeur est quadruplée par un changement de
zonage permettant de construire des édifices résidentiels
sur les espaces verts entre les bâtiments actuels, en plus
de convertir aussi ces derniers en condos. En fait, à flanc
de montagne, tout changement de zonage et la densification
qui s’en suit sont une affaire en or, car la demande y
semble insatiable pour des condos.
Les promoteurs du projet proposent de construire 325 unités
de logement, soit 170 condos dans le périmètre actuellement
construit du domaine, mais aussi 145 condos sur un grand
parc au coeur du domaine, et dix maisons unifamiliales sur
des espaces qui servent présentement de terrains de tennis.
Même si les promoteurs affirment que le « bâti » n’occupera
que 15% du domaine, en fait, en excluant les zones non
constructibles escarpées et boisées, c’est presque tout le
domaine qui sera privatisé, avec une rue de grandes maisons
unifamiliales, et une autre flanquée de huit édifices de
condos haut de gamme.
Depuis plusieurs générations, la montagne se fait gruger peu
à peu par la construction immobilière. De nos jours,
l’invasion passe par le rezonage des terrains
institutionnels et leur densification. Il y a 10 ans, ce fut
le cas de la Ferme sous les noyers, jouxtant le domaine des
Sulpiciens, rue Atwater.
Dans quelques années, des domaines comme l’hôpital Royal
Victoria arriveront sur le marché. Leurs propriétaires, des
institutions caritatives « à court d’argent », comme disent
aujourd’hui les Sulpiciens, rêveront d’empocher les
centaines de millions que pourraient valoir leurs terrains à
flanc de montagne s’ils étaient zonés résidentiels. Des
promoteurs compréhensifs leur offriront évidemment ces
millions, s’ils peuvent y construire des condos, dans les
édifices actuels et sur les terrains entre les édifices
actuels : ce sera Marianapolis II, comme Marianapolis est
Ferme sous les noyers II.
Et ça continue. Chaque génération a ses « pôvres »
Sulpiciens, et pour les appuyer, ses maires et ses chambres
de commerce qui aiment la construction.
Mais il n’y
a qu’une montagne à Montréal, et malheureusement de
génération en génération, elle rétrécit, comme une peau de
chagrin.
Une pause salutaire
En 2005, le gouvernement du Québec créa l’arrondissement
historique et naturel du mont Royal. Tout projet sur ce
territoire doit recevoir l’aval de la ministre de la
Culture, en plus de l’approbation de la Ville, s’il y a
changement de zonage et dérogations au plan d’urbanisme. Le
décret repose sur le principe qu’il faut protéger pour les
générations futures le caractère naturel et les aspects
historiques de la montagne.
Le domaine Marianapolis est le premier des nombreux domaines
institutionnels de l’arrondissement qui est mis en vente
depuis l’adoption, en avril 2009 par la Ville de Montréal,
d’un plan de protection pour la montagne.
C’est un moment opportun pour ouvrir le débat sur ce que
nous voulons faire avec ces domaines institutionnels sur le
flanc du mont Royal. En particulier, y a-t-il lieu de
transformer les espaces verts qui entourent les édifices
historiques en sites de condos « avec vue magnifique » ? Dans
le cas de Marianapolis, la question d’intérêt public
est de déterminer si Montréal a besoin d’activité
économique au point de construire 325 nouveaux condos
de luxe dans un site protégé sur le flanc de son
unique montagne.
La règle implicite dans le plan de protection de la Ville
est d’y limiter la construction aux périmètres actuellement
bâtis. Cette règle permet la conversion fonctionnelle des
édifices en place. Par contre, la construction de nouveaux
édifices sur les terrains non bâtis de ces domaines ne peut
être qu’exceptionnelle et d’intérêt public, une condition à
laquelle ne répondent pas les condos. Y a-t-il lieu de
formaliser cette règle avec une décision dans ce sens pour
le domaine de Marianapolis?
Propos désolants -
Jean-Pierre Morin
(NDE : En quoi ce petit texte remet-il moindrement en
question la validité de la question posée par le précédent
?...)
Avocat,
l’auteur est conseiller juridique des Prêtres de
Saint-Sulpice de Montréal et membre de la table de
concertation du Mont-Royal
Marcel Côté, de la firme Sécor, écrit dans La Presse du
14 juillet 2009 que la montagne rétrécit au profit du
développement immobilier.
M. Côté erre d’emblée en affirmant que la propriété ne
vaut que 10 millions de dollars. C’est faux. Le rôle
d’évaluation de la Ville de Montréal fixe depuis
plusieurs années la valeur de l’ancien Séminaire de
philosophie à pas moins de 45 millions de dollars, alors
qu’il est zoné institutionnel et impose le propriétaire
en conséquence! Les « pôvres » Sulpiciens, comme il
l’écrit, n’ont pas renoncé à leur propre patrimoine sans
une juste compensation.
Les propos de M. Côté sur le sort qu’on doit réserver
aux sites institutionnels sur la montagne sont
désolants. Le débat a déjà été fait il y a plusieurs
années grâce aux travaux de la table de concertation du
Mont-Royal. Où était-il?
I l fait encore fausse route quand il prétend que le
Plan de protection du Mont-Royal comporte une règle
limitant la construction à ce qui est actuellement bâti.
C’est une fiction de son esprit qui va directement à
l’encontre du travail effectué par la Ville de Montréal
et les institutions qui ont pris part à la Table de
concertation.
Ces
travaux ont mené à l’adoption du Pacte patrimonial,
négocié entre la Ville et les institutions situées en
bordure du Parc du Mont-Royal et qui ont consenti à
protéger et à mettre en valeur des éléments patrimoniaux
clairement identifiés. La montagne est aussi protégée
par le Plan de protection qui assure que tout
développement, hors du Parc du Mont-Royal, se fera de
manière tout à fait concertée. N’est-ce pas ce que
souhaite M. Côté?
Depuis 350 ans, les Sulpiciens ont toujours été des
acteurs importants dans la préservation du patrimoine
montréalais. C’est pourquoi ils ont participé activement
aux travaux de la table de concertation du Mont-Royal.
Les Sulpiciens ont ainsi travaillé main dans la main
avec la Ville de Montréal et le ministère québécois de
la Culture pour que leur ancien domaine soit protégé:
autant les arbres que l’ancien Séminaire lui-même.
D’ailleurs, vous saviez qu’aucune institution publique
et aucun gouvernement n’a voulu s’en porter acquéreur?
Le nouveau propriétaire a soumis un projet, respectueux
de toutes les études réalisées, qui a franchi les étapes
préalables. L’Office de consultation publique de
Montréal a tenu cinq séances d’information et rendra une
décision sous peu. Ensuite, les résidants du secteur
seront consultés. Le processus est transparent et
rigoureux.
M. Côté, la montagne est belle, parce qu’elle est
vivante.
Non à Marianopolis - MICHÈLE OUIMET
La
directrice générale des Amis de la montagne, Sylvie Gui
lbaul t , est découragée. Elle se bat depuis des années pour
que le mont Royal ne soit pas grugé par les promoteurs qui
veulent construire des condos, les propriétaires de
cimetières qui rêvent de multiplier les mausolées et les
universités et les hôpitaux qui n’en finissent plus de bâtir
de nouveaux édifices.
J’ai rencontré Sylvie Guilbault jeudi. « On a tellement
l’impression de s’être fait avoir », a-t-elle dit avec un
immense soupir.
Ce n’est pas une impression. Elle s’est fait avoir. Elle et
tous ceux qui ont la montagne à coeur.
Dans les années 1990, n’importe quel promoteur pouvait
construire des condos sous l’oeil ravi du maire Pierre
Bourque qui ne pensait qu’aux retombées économiques. La
montagne? Bof!
À chaque fois, Sylvie Guilbault sortait ses pancartes pour
défendre la montagne.
Le mont Royal reçoit cinq millions de visites par année.
C’est plus que les 22 parcs du Québec réunis. Allez faire un
tour sur la montagne le dimanche, vous verrez les
Montréalais la prendre d’assaut. Ils se baladent, font du
vélo l’été ou du ski de fond l’hiver. Au milieu des arbres.
Au rythme où la montagne est assiégée par des bâtisseurs de
tout acabit, les Montréalais vont finir par pique-niquer sur
un bout d’asphalte entre deux condos.
La montagne a été tellement grugée au cours des 70 dernières
années que la Ville et le gouvernement ont décidé de prendre
les grands moyens pour la protéger. En2001, le
maireGéraldTremblay a promis qu’il s’opposerait « à toute
construction qui aurait pour conséquence de remplacer des
espaces verts par du béton. Ce qui est vert restera vert ».
En 2003, la ministre de la Culture, Diane Lemieux, a frappé
un grand coup en donnant à la montagne un statut
d’arrondissement naturel et historique. Le développement
n’est pas gelé, a-telle précisé, mais chaque nouveau projet
devra être encadré par des règles strictes.
C’est la Ville de Montréal qui devait définir les nouvelles
règles. Le maire Tremblay a donc mis sur pied une table de
concertation chargée de jeter les bases d’un plan de
protection.
Tout le monde et son père siègent à cette table: les
représentants des universités, des cimetières, des hôpitaux,
la Ville, les Amis de la montagne… Des gens aux intérêts
divergents: certains rêvent de tapisser la montagne de
béton, alors que d’autres se méfient de chaque projet de
construction.
La Ville a finalement accouché d’un plan de protection
adopté par le conseil municipal le 30 avril dernier. Elle a
aussi pondu un pacte patrimonial qu’elle a négocié avec les
institutions. Les Amis de la montagne ont non seulement été
exclus de ces discussions, mais ils n’ont même pas été
invités à la conférence de presse qui annonçait la signature
de ce simili-pacte.
Un plan de
protection donc, doublé d’un pacte patrimonial. La ceinture
et les bretelles. Protégée, la montagne? Pas du tout. Le
document de 90 pages, qui s’intitule Plan de protection et
de mise en valeur du MontRoyal, est un ramassis de voeux
pieux écrits avec un dictionnaire de synonymes : harmoniser,
développer, faire connaître, mettre en valeur, sensibiliser,
élaborer…
Où sont les règles strictes ? Où est la protection? Ce
prétendu « Plan de protection » ne protège pratiquement
rien, sauf l’image du maire Tremblay qui se pique d’être
plus vert que vert.
Le plan n’empêche surtout pas les promoteurs de faire main
basse sur la montagne. La preuve : Marianopolis, un projet
de construction de condos dans la zone protégée par la
ministre de la Culture.
Comment peut-on protéger la montagne d’une main et
approuver, de l’autre, la construction de 325 unités
d’habitation?
Sylvie Guilbault n’est pas la seule à avoir l’impression de
s’être fait avoir.
Marianopolis. Un site magnifique sur le flanc du mont Royal.
Actuel lement, le terrain est occupé par trois bâtiments que
les Sulpiciens ont vendus à la firme Cato.
Le projet de Cato est énorme: démolir deux bâtiments,
transformer le troisième en condos, construire 17 nouveaux
édifices, dont un complexe sportif et un stationnement
souterrain de 671 places. Au total, le projet comprendra
entre 325 et 350 unités d’habitation.
Une immense baleine de béton échouée sur le flanc dumont
Royal. Et la montagne est protégée? Mon oeil! Où ça, la
protection?
La Ville et le ministère de la Culture trouvent le projet
intéressant. Les Amis de la montagne sont horrifiés. Moi
aussi.
« Ce qui est vert restera vert », a promis le maire
Tremblay. Comment pourra-t-il approuver Marianopolis sans
trahir sa parole ?
Si ce projet passe la rampe, cela signifiera que la fameuse
protection de la montagne sur laquelle tout le monde
travaille depuis des années est une farce.
Ceux qui ne veulent pas, un jour, pique-niquer entre deux
condos devront reprendre leurs pancartes, car contrairement
à ce que prétend le maire Gérald Tremblay, la montagne n’est
pas protégée.
Non recevable - Phyllis Lambert
Le
projet de développement est tellement loin de l’hommage
qu’il devrait rendre au mont Royal
Les promesses de protection ne sont pas tenues et
Montréal s’apprête de nouveau à tuer ce qu’elle chérit
le plus, sa
montagne !
LL’auteure est directrice fondateur et présidente du
conseil des fiduciaires du Centre canadien
d’architecture. a montagne est au coeur de la
géographie, de l’histoire et de l’identité de Montréal à
laquelle elle a donné son nom. Cet emblème
extraordinaire est présent dans les débuts de
Ville-Marie et dans l’oeuvre des Sulpiciens qui ont
nommé leur domaine et leur fort en son honneur et l’ont
représentée dans les vitraux de la basilique Notre-Dame.
Une première fois, elle fut protégée dans l’intérêt
collectif par la création du parc du Mont-Royal inauguré
en 1876 alors que les intérêts privés d’une ville en
pleine expansion convoitaient ce territoire remarquable.
Un siècle plus tard, la montagne était de nouveau
menacée par les pressions d’institutions et de
promoteurs. Les citoyens de Montréal se sont de nouveau
mobilisés et, après 20 ans de luttes, ont obtenu une
reconnaissance nationale exceptionnelle avec le
classement du mont Royal comme arrondissement historique
et naturel par le gouvernement du Québec en 2005.
Cette préoccupation enracinée dans une action citoyenne
dure depuis près de 150 ans et a amené à plusieurs
reprises les autorités de la Ville de Montréal et du
gouvernement du Québec à agir en protecteurs du bien
commun et du mont Royal. Pourtant, malgré cela, les
promesses de protection ne sont pas tenues et Montréal
s’apprête de nouveau à tuer ce qu’elle chérit le plus,
sa montagne!
Après
l’adoption d’un Plan de protection et de mise en valeur
du Mont-Royal par le conseil municipal de Montréal le
mois dernier, la présente consultation publique devrait
être l’occasion d’établir les principes, les règles et
les limites qu’une protection véritable impose au
développement d’un site patrimonial comme celui de
l’ancien Séminaire de philosophie. Mais, nous voilà
devant un fait accompli.
Le plus grand architecte canadien, feu Arthur Erickson,
a dit qu’il n’y avait pas de fondement plus saisissant
du sens de l’architecture que dans l’acte de placer une
construction dans son contexte. Le projet qu’on nous
présente ici est aux antipodes de ce principe. Il est
tellement loin de respecter les lois du Québec et des
règles que la Ville de Montréal doit honorer à la suite
du classement de la montagne, tellement loin de
l’hommage qu’il devrait rendre au mont Royal, tellement
loin d’une reconnaissance de la distinction du voisinage
où il s’insère avec cette remarquable alignement de
maisons sur Cedar ou de l’ensemble des grands immeubles
Trafalgar et Gleneagles (que nous avons aussi dû lutter
pour les protéger d’un projet de tour résidentielle) et
si loin d’un respect des panoramas et des vues publiques
qu’il n’est pas recevable.
J’enjoins donc à la Commission consultative de
recommander qu’il soit rejeté et qu’un processus soit
engagé pour définir concrètement les règles de
protection pour ce site et établir les limites
acceptables de développement qui sauront assurer la
pérennité de ce site aussi exceptionnel dans le ca
dre d’un projet qui réponde véritablement à cette
mission fondamentale de lui donner un sens à travers
l’acte d’y réaliser la construction qui, par son
envergure et son architecture, lui convienne.
Ça fait pleurer les écureuils (mais pas
moi) - YVES BOISVERT
Les
sulpiciens ont choisi un promoteur qui a déjà quelques
succès à son actif avec un projet tout à fait décent,
qui respecte les principes du développement durable.
Dans la mesure où l’on accepte le mot développement. Car
autrement, ce qui est vert peut rester vert, oui, sans
doute. Mais aux frais de qui?
Je me demandais pourquoi les écureuils de la montagne se
jettent en si grand nombre sous les roues des voitures.
On en voit aplatis un peu partout ces jours-ci.
Ils sont déprimés, mesdames et messieurs, ils n’en
peuvent plus. Imaginez-vous qu’on va construire des
condos et rénover le séminaire de philosophie des
sulpiciens pour le faire habiter.
Et pour ce faire, ce vaste terrain privé bordé par le
chemin de la Côte-des-Neiges sera amputé de 66 arbres,
dont 33 malades.
Certes, il en reste environ 2500 et on en plantera 350.
Mais quand même. Ça fait de la peine aux écureuils. Ça
fait de la peine aux Amis de la montagne et à plein de
gens aussi.
Leur argument tient essentiellement dans ce mot d’ordre
creux comme un arbre mort: ce qui est vert doit rester
vert !
Mais si ce qui est vert est sur un terrain privé, séparé
du parc du Mont-Royal par plusieurs rues et édifices, et
que le propriétaire n’est plus intéressé ou n’a plus les
moyens d’y entretenir les immeubles, que doit-on faire ?
Le terrain et les immeubles appartiennent aux
sulpiciens, une communauté qui a enseigné à des
générations de collégiens. Depuis plus de 30 ans, les
sulpiciens n’ont plus d’activité dans l’édifice. à des
institutions. Hôpitaux, résidences universitaires, etc.
Personne n’en a voulu. Trop compliqué et trop coûteux de
tout remettre à niveau.
L’immeuble, sans être moche, n’est pas un bijou
architectural, soit dit en passant.
Les sulpiciens ont donc lancé un appel d’offres. Ils en
ont reçu 13. Elles allaient jusqu’à 65 millions et
comprenaient, dans certains cas, la construction de plus
de 600 unités d’habitation.
Ils ont choisi une offre de 47 millions de Développement
Cato, qui vise 325 unités d’habitation. Cato a quelques
belles réalisations à son actif, au fait, dans le
domaine de la remise en valeur. vue sur la montagne.
Tous les parkings seront souterrains.
À l’heure actuelle, les bâtiments occupent 9% de tout
cet immense terrain. Ils occuperont 15% du terrain: on
sacrifiera un terrain de soccer et des terrains de
tennis.
Le parc sera encore accessible au public, le bois aussi.
Le promoteur cède une servitude perpétuelle au profit de
la Ville de Montréal pour conserver l’accès aux
citoyens. Les accès seront entretenus aux frais du
propriétaire. Le trafic, comparé au temps où 1500 élèves
fréquentaient l’endroit, sera bien moindre. On plantera
des espèces indigènes, des arbres fruitiers, etc.
Je vous
rappelle qu’on n’est pas dans le parc du Mont-Royal,
Pendant des années, et jusqu’à l’année 2006-2007, le
collège Marianopolis y était logé. Il n’y a maintenant
plus rien dans l’immeuble principal. Les sulpiciens
louent à des écoles leur piscine et des terrains de
tennis. Et doivent entretenir l’édifice, plus que
centenaire.
Quand ils ont décidé de vendre, les sulpiciens ont
offert le terrain
Aucune construction ne dépassera l’immeuble principal,
de sept étages à plafonds hauts, sauf un bloc de neuf
étages situé à l’est du terrain, près de Côtedes-Neiges:
il est plus haut de trois mètres. Tout ceci, de toute
manière, est bien en bas des appartements de Trafalgar,
en haut de la côte. Aucun touriste, citoyen ou écureuil
ne perdra sa mais dans sa bordure. Nous sommes ici
entourés d’immeubles.
On peut chipoter à l’infini sur le style architectural
proposé et l’opportunité de limiter le nombre d’étages
du seul bloc qui dépasse l’édifice principal.
Mais admettons au moins ceci: les sulpiciens ont choisi
un promoteur qui a déjà quelques succès à son actif avec
un projet tout à fait décent, qui respecte les principes
du développement durable. Dans la mesure où l’on accepte
le mot développement.
Car autrement, ce qui est vert peut rester vert, oui,
sans doute. Mais aux frais de qui? La Ville, bien
entendu, ou le gouvernement du Québec. On devrait ainsi
interdire toute construction, même intelligente, tout
transformer en parc, et faire augmenter les comptes de
taxe conséquemment, bien entendu.
Car évidemment, il faudra exproprier les sulpiciens si
vous ne voulez sous aucun prétexte qu’il se passe quoi
que ce soit.
Plus petit? Oui, encore une fois, on peut décider qu’il
ne s’y construira qu’une maisonnette. Mais à 40 ou 50
millions du terrain, ça risque de faire cher de taxes.
Donc il faut un projet suffisamment dense pour être
rentable. Et cette rentabilité permettra précisément de
financer la conservation – privée – du terrain.
J’ajouterai que plus de citoyens à flanc de montagne,
cela fait plus de gens directement concernés par sa
conservation. Et puis de l’argent dans les coffres de la
Ville.
Il y a comme un petit délire dogmatique vert dans les
airs, qui n’aidera ni la ville, ni la montagne, ni les
écureuils.
COLLÈGE
MARIANOPOLIS - Les opposants réclament un moratoire
Les organismes de défense de la montagne et du
patrimoine ont porté un dur coup, hier soir, à
l’ambitieux projet de transformation de l’ancien collège
Marianopolis. Faisant front commun aux audiences
publiques, ils ont réclamé un moratoire sur la
construction de condos et de maisons dans l’ancienne
propriété des sulpiciens, à flanc de montagne.
Tant les Amis de la montagne qu’Héritage Montréal sont
d’avis que, dans sa forme actuelle, le projet dénaturera
une portion du mont Royal. Les deux groupes estiment que
le projet est « trop gros, trop dense, trop haut, pas
assez vert », et que la construction projetée d’une
dizaine de bâtiments, de part et d’autre de l’ancien
séminaire, mettra en péril le caractère public des
lieux.
Selon les informations obtenues par La Presse, le Centre
régional de l’environnement (CRE) de Montréal enfoncera
le clou davantage, cet après-midi, au cours de la ronde
finale des audiences, qui se termineront la semaine
prochaine, en dénonçant l’absence « d’une zone tampon de
construction de 30 mètres » autour des deux bois
protégés en vertu du Pacte patrimonial. Ce pacte a été
négocié entre la Ville et les institutions, en l’absence
des organismes de protection. Il est enchâssé dans le
Plan de protection de mise en valeur du mont Royal,
adopté en avril.
Dans son mémoire, que La Presse a obtenu, le CRE plaide
que le projet de 300 millions de la firme privée
Développement Cato inc., ne respecte pas le principe du
Plan de protection sur la « capacité limite de la
montagne » à accueillir de nouvelles constructions.
L’organisme estime par ailleurs qu’il est impossible de
construire autour des bois sans affecter les espaces
verts et la biodiversité du terrain.
Hier soir, un autre élément du projet a été critiqué:
l’absence de logement sociaux et abordables. Habiter
Ville-Marie, un regroupement d’organismes
communautaires, a rappelé que la stratégie d’inclusion
de logement abordable de Montréal stipule qu’un nouveau
développement de plus de 200 unités devrait idéalement
comprendre 15% de logement social et 15% de logement
abordable.
Un projet raisonnable
À
travers cette fronde, les sulpiciens se sont portés à la
défense des promoteurs en justifiant la vente et le
processus qui ont mené à une demande de changement de
zonage, d’institutionnel à résidentiel, à la Ville de
Montréal.
Dans un mémoire étoffé de 11 pages, l’avocat
représentant les sulpiciens, Jean-Pierre Morin,
accompagné du procureur provincial de la communauté, Guy
Charland, a insisté pour dire que Marianopolis était
d’abord et avant tout une entreprise « privée ».
« Prétendre que cette propriété est un bien collectif
est un sophisme qu’il nous faut dénoncer, a dit Me
Morin. Les exemptions de taxes municipales prévues par
la loi pour les oeuvres de bienfaisance, de culte,
d’enseignement et de santé ne font pas de ces propriétés
des biens publics. »
En ce qui concerne les vues sur la montagne à partir de
l’avenue Cedar et du chemin de la Côtedes-Neiges, au
nord-ouest de la propriété, le représentant des
sulpiciens a concédé « qu’une certaine densité est créée
» avec la construction des bâtiments projetée, et qu’en
ce sens « il y a une modification de l’ensemble de la
montagne ».
« Mais, a ajouté Me Morin, il faut souligner que selon
les études patrimoniales, cet espace a été identifié
comme constructible. N’est-ce pas le fardeau nécessaire
à la préservation de deux boisés patrimoniaux ? » a-t-il
demandé aux commissaires de l’Office de consultation
publique de Montréal (OCPM).
Le dépôt des mémoires se poursuit cet après-midi, ce
soir, et deux jours la semaine prochaine. « NON
RECEVABLE », LA LETTRE OUVERTE DE PHYLLIS LAMBERT, À
LIRE EN PAGE A25
LA MONTAGNE ASSIÉGÉE
« Nous
avons l’impression de nous faire avoir. On a pourtant
travaillé tellement fort pour avoir des lois de
protection. Aujourd’hui, on tombe en bas de notre chaise.
»
Unefois transformé, l’anciencollège des prêtres Sulpiciens
aura doublé desuperficie. Dixnouvellesvillasde luxe de
trois étages. Six bâtiments multiplex de cinq à neuf
étages. Et cinq nouveaux bâtiments, de six et sept étages,
à l’ombre de l’ancien collège Marianopolis.
La transformation extrême du site en plein flanc sud du
mont Royal, un arrondissement bardé de protection
patrimoniale et historique, déroge aux règles d’urbanisme,
édictées en 2004, qui conservaient le site tel quel. Un
changement de zonage, d’institutionnel à résidentiel, est
nécessaire. Les hauteurs dérogent. La volumétrie. La
densité. De même que le nombre d’unités de stationnement.
« C’est certain que le projet déroge aux règles, a indiqué
à La Presse Céline Topp, directrice du patrimoine, de la
toponymie et de l’expertise à la Ville de Montréal. Le
plan d’urbanisme de 2004 a en quelque sorte gelé le
paysage, sauf pour les institutions dont les projets
étaient déjà approuvés. Mais la Ville était très
consciente de ça, et ce faisant elle voulait s’assurer de
forcer les institutions à travailler en partenariat. »
Dans un geste rarissime, l’organisme Les Amis de la
montagne fait circuler une pétition afin de convaincre le
maire de Montréal et le gouvernement de freiner le projet.
Les revendications sont appuyées par près de 2000
personnes. Dans le grenier de la maison Smith, dans le
parc du Mont-Royal, où se trouvent les bureaux exigus de
l’organisme, Sylvie Guibault, directrice générale,
explique qu’en 20 ans, elle n’a jamais vu une « telle
orchestration » gouvernementale autour d’un projet.
« Nous avons l’impression de nous faire avoir. On a
pourtant travaillé tellement fort pour avoir des lois de
protection. Aujourd’hui, on tombe en bas de notre chaise
avec ce projet-là. Vous savez, à part le Grand Séminaire,
c’est le dernier grand domaine ouvert des Sulpiciens sur
la montagne. »
Des prêtres « blessés »
Dans le camp adverse, dans un geste tout aussi rarissime,
le procureur provincial des prêtres Sulpiciens, Guy
Charland, s’apprête à défendre le projet du promoteur
Développement Cato devant l’Office de consultation
publique Me Ils se préoccupent de la protection et la mise
en valeur de la montagne depuis plus de 330 ans. C’est
long comparé à tous les prétendus protecteurs de la
montagne qui n’existent que depuis quelques décennies. Ces
groupuscules ne font pas partie du Pacte patrimonial. Les
parties sont la Ville et les institutions signataires. »
Bien avant de mettre en vente l’ancien collège, les
prêtres assurent qu’ils ont fait le tour du « voisinage »
pour sonder l’intérêt des universités à l’acquérir. Puis
ils ont frappé à la porte de l’hôtel de ville et du
gouvernement pour annoncer leurs intentions. De ce
processus sont nées quatre études patrimoniales et
paysagères, de plus de
Morin. de Montréal (OCPM). L’organisme recevra les
mémoires, la semaine prochaine, pour ensuite pondre un
rapport consultatif auprès des élus de Montréal.
Jean-Pierre Morin, avocat et représentant des Sulpiciens,
qui siège à la table de concertation du mont Royal avec
Mme Guilbault depuis quatre ans, dit que les prêtres sont
« blessés ». Il ne comprend pas pourquoi les organismes de
protection déchirent leur chemise sur la place publique.
En mars 2008, lors des audiences pour adopter le
Plandeprotectionet de mise en valeur du Mont-Royal, Me
Morin avait d’ailleurs envoyé une note, dont La Presse a
obtenu copie, dans laquelle il exprimait son exaspération
à l’élue responsable du dossier à l’exécutif du maire
Tremblay, Helen Fotopulos. Les Amis craignaient que le
Plan ne soit que des « voeux pieux », sans force
d’application réelle.
«
Lesprêtres de Saint-Sulpice ont été l’une des premières
institutions à occuper le mont Royal, écrivait 30 000$,
financées conjointement par les deux ordres de
gouvernement, municipal et provincial, et les Sulpiciens.
Ces études précisent que le bâtiment principal n’est pas
classé patrimonial, malgré sa valeur historique.
Deuxboisdoivent être protégés, il est possible de
construire de part et d’autre du collège, en plus de
démolir le centre sportif, en décrépitude, situé à
l’arrière.
« La Ville était parfaitement au courant de nos démarches,
ajoute Me Morin. Jamais, tant à la Ville qu’au
gouvernement, on n’a manifesté un intérêt à acheter. »
Raser d’un bout à l’autre
À la fin de la mise en vente, les prêtres ont analysé 13
offres d’achat, de 20 à 65millions. Aucune ne provenait
d’une institution. La Ville le savait. Et la plus élevée
proposait de tout raser d’un bout à l’autre, at-on appris.
L’acheteur du projet, Tony Miceli, de Cato, a accueilli La
Presse à Marianopolis, payé comptant au prix de 46
millions. L’homme d’affaires construit depuis 25 ans à
Montréal. Il explique qu’il a travaillé main dans la main
avec le gouvernement, la Ville et Ville-Marie, via un
guichet unique instauré par le gouvernement.
« Quand l’appel d’offres a été lancé, nous sommes allés
prendre les documents nécessaires à la soumission,
explique M. Miceli. On a vérifié les études. Puis on a eu
des discussions avec Me Morin et des représentants de GVA
Devencore Worldwide, le courtier. À la suite des
discussions avec la Ville de Montréal, on a déposé un
projet qui respectait à la fois les études, le Pacte
patrimonial et le Plan de protection. »
Décontenancé devant la grogne que suscite ce projet, Tony
Miceli défend son projet en expliquant qu’il va
sauvegarder la chapelle, datant de 1903, dont il ne reste
que les boiseries et les vitraux. Il ajoute qu’il va créer
une servitude de non-construction sur 85 des 325 futures
unités résidentielles. Que 110 arbres seront abattus pour
en replanter 360.
On connaissait les obstacles à franchir pour bâtir.
Pourquoi avoir acheté, a voulu savoir La Presse?
« C’est le site, répond M. Miceli, en ouvrant les bras,
dans la chapelle. Qui ne voudrait pas l’acheter? Vous
savez, ce n’est pas moi qui ai inventé le processus, je ne
fais que le suivre. La chance était là pour la Ville ou le
gouvernement de l’acheter. Et ils ne l’ont pas fait.
Maintenant, s’ils veulent acheter, je suis prêt à
négocier. »
Sylvie Guilbault, qui n’en est pas à sa première lutte
pour préserver des parcelles de la montagne, ironise
devant les plans de construction.
« Nous nous retrouvons encore avec le fardeau de la
preuve. Tiens, je suis pour la construction de Wal-Mart
partout sur la montagne, lance-t-elle. Je pense que c’est
ma dernière bataille, ma dernière pétition. »
LE MONT ROYAL EN CHANTIER
Ce n’est pas demain la veille que les travaux
cesseront sur la montagne. Autour de l’ancien collège
Marianopolis, flanc sud, l’Université McGill a tiré des
grues pour agrandir le stade Percival-Molson, l’Hôpital
général de Montréal et l’Institut neurologique de Montréal.
On songe aussi à un héliport. La vente du vieil hôpital des
Shriners n’est pas écartée, de même que la vente du vieil
hôpital Royal-Victoria. L’Université de Montréal a pour sa
part vendu l’ancien couvent des
Saints-Noms-de-Jésus-et-deMarie au groupe Catania, pour en
faire un projet résidentiel. Sans compter les projets de
construction de mausolées du cimetière
Notre-Dame-des-Neiges, approuvés bien avant la signature du
Pacte patrimonial et de l’entrée en vigueur du Plan
(intérimaire) de protection et de mise en valeur du
Mont-Royal, il y a plus d’un an. Depuis l’an 2000, 39
travaux de toutes sortes ont été amorcés sur le mont Royal,
dont ceux pour remettre en valeur la montagne, comme le
réaménagement de l’échangeur des Pins. À la Ville de
Montréal, André Lavallée, responsable de l’aménagement du
territoire, explique que l’administration n’a pas les
milliards pour acheter des propriétés comme l’ancien collège
Marianopolis. « Mais on a des règles très sévères, dit-il.
Dans le cas du collège, 80% des bois sont préservés et le
bâtiment principal est restauré. Ce n’est pas rien. » Au
ministère de la Culture, la ministre Christine St-Pierre n’a
pas répondu aux demandes d’entrevue de La Presse. Dans une
lettre soumise aux audiences publiques sur Marianopolis,
elle soulignait être en accord avec le changement de zonage,
mais ajoutait qu’il y avait place à l’amélioration dans le
projet résidentiel de luxe de Développement Cato.
Helen Fotopulos évoque un rejet du projet
Marianopolis
Helen
Fotopulos a évoqué hier la possibilité que le projet
Marianopolis connaisse un sort similaire à celui du couvent
des Carmélites, dont la transformation résidentielle a été
envisagée puis rejetée.
L’ancien collège Marianopolis a été
vendu l’an dernier par les sulpiciens au promoteur
Développement Cato, pour une somme de 46 millions de
dollars.
« Quand il y a des réactions comme ça, parfois ça peut mener
à des changements », a indiqué Mme Fotopulos, qui est
mairesse de l’arrondissement PlateauMont-Royal et membre du
comité exécutif de la Ville de Montréal, hier en marge d’une
cérémonie au lac aux Castors. « J’ai vécu ça avec les
Carmélites. Les religieuses sont toujours là, le mur est
refait et le site est classé. »
L’ancien collège Marianopolis a été vendu l’an dernier par
les sulpiciens au promoteur Développement Cato, pour une
somme de 46 millions de dollars. Cato veut construire 10
villas de luxe de trois étages et cinq immeubles de six et
sept étages, un projet résidentiel qui totalisera entre 325
et 350 logements. Les Amis de la montagne ont fait circuler
une pétition contre le projet, qui déroge à plusieurs règles
d’urbanisme, mais sera examiné par l’Office de consultation
publique de Montréal.
Le couvent des Carmélites, dans le Plateau, devait lui aussi
être vendu pour 5,5 millions à un promoteur qui voulait y
ériger des condos de luxe. En 2005, après deux ans de
controverse, les carmélites ont fini par renoncer à la
vente. Le couvent a été classé monument historique en 2006,
ce qui lui a permis d’avoir des subventions de plusieurs
millions pour rénover un mur menaçant de s’écrouler.
Sentiment de
dépossession
Mme Fotopulos n’a pas voulu donner son avis sur le projet
Marianopolis. « Je garde une certaine réserve quand il ne
s’agit pas de projets de la Ville de Montréal. Mais je note
le sentiment de dépossession de la population face à de tels
projets privés. Il faudra en tenir compte. »
La mairesse du Plateau estime que les audiences de l’Office
de consultation publique permettront de mieux cerner ce «
sentiment de dépossession » et de trouver des mesures pour y
remédier. Elle n’a par contre pas voulu préciser si le Plan
de protection et de mise en valeur du mont Royal comporte
des lacunes pour ce qui est des projets privés, se limitant
à signaler qu’« il faudra voir avec les ministères ».
Mme Fotopulos a par contre indiqué que le « sentiment de
dépossession » suscité par le projet Marianopolis est
similaire à celui du dossier du Mont-JésusMarie, boulevard
duMont-Royal, qui a été acheté puis vendu à un promoteur par
l’Université de Montréal. Contrairement à Marianopolis, le
Mont-JésusMarie sera simplement transformé en unités
d’habitation; aucun nouvel immeuble n’est prévu. Mais les
deux projets impliquent la transformation par des promoteurs
d’édifices érigés par des communautés religieuses, en partie
à partir des dons des fidèles, un type de conversion qui
soulève les passions.
La cérémonie d’hier visait à décerner des prix remis par les
Amis de la montagne à des personnalités ayant contribué à la
préservation du mont Royal. En entrevue à La Presse, le
président des Amis, Peter Howlett, a de nouveau dénoncé le
projet Marianopolis. « C’est kafkaïen, a dit M. Howlett. Le
Plan de protection devait protéger le mont Royal, et
maintenant, on s’en sert pour approuver un projet immobilier
de ce genre. »
La Ville demandera deux avis à Québec
Changement
de zonage à flanc de montagne
250 professeurs de l’UdeM s’y opposent et près de 1700
citoyens ont signé une pétition contre le projet.
Devant l’opposition grandissante à la vente possible par
l’Université de Montréal de l’ancienne maison mère des
soeurs des Saints-Noms-de-Jésus-etde-Marie au promoteur
Catania, la Ville de Montréal a annoncé, hier soir, avoir
demandé deux av i s au gouve r nement du Québec.
La question de la vente du bâtiment situé au 1420, boulevard
du Mont-Royal a été soulevée par le Dr Pierre Labelle, un
médecin de l’hôpital MaisonneuveRosemont, lors de la période
de questions du conseil municipal, peu avant le dépôt du
rapport de l’Office de consultation publique de Montréal
(OCPM) sur ce dossier.
Le Dr Labelle a rappelé que le bâtiment est situé dans
l’arrondissement naturel et historique du mont Royal et que
la vente à Catania inquiète les gens : 250 professeurs de
l’UdeM s’y opposent et près de 1700 citoyens ont signé une
pétition contre le projet.
Les opposants veulent que la Ville ne procède pas au
changement de zonage qui entraînera l’arrivée de plus de 300
propriétaires de condos aux abords de la montagne.
M. Labelle
a dit que la situation est d’autant plus grave que «
l’université projette de faire subir le même sort à la
faculté de musique et à la salle ClaudeChampagne pour
permettre le développement du flanc nord du mont Royal ».
Ce n’est pas la conseillère responsable des parcs à
Montréal, HelenFotopulos, mais leconseiller André Lavallée,
responsable de l’OCPM, qui a pris la parole pour annoncer
qu’« après en avoir parlé avec le maire Gérald Tremblay,
nous allons requérir deux avis supplémentaires », soit ceux
de la ministre de l’Éducation et de la ministre de la
Culture », avant de prendre une décision.
« C’est honteux ce que l’université est en train de faire, a
dit par la suite le Dr Labelle à La Presse. La Ville n’est
pas obligée de changer le zonage. »
Ce dossier intervient alors que sur le flanc sud, le projet
de transformation du grand parc des Sulpiciens ( projet
Marianopolis) en une zone résidentielle par un promoteur est
contesté par l’organisme Les Amis de la montagne, Vision
Montréal , Projet Montréal et le par t i
Montréal–Ville-Marie.
Plan de protection respecté
Le
projet Marianopolis ne menace pas le mont Royal...
selon les principaux intéresssés !...
L’auteur est associé principal chez DAA architectes. Il
réplique à une chronique de Michèle Ouimet publiée
samedi dernier.
L’ancien collège des prêtres
sulpiciens, sur le flanc sud du mont Royal.
Vendredi dernier, à votre demande, une entrevue vous
était accordée en vue de votre chronique de ce samedi.
Vous y laissez entendre que la montagne n’étant pas
protégée par le Plan de protection et de mise en valeur
du Mont-Royal, notre projet la menaçait. C’est votre
conclusion. Mais au chapitre des faits, votre texte
comporte des omissions importantes :
• le projet de redéveloppement de l’ancien Séminaire de
philosophie respecte rigoureusement le processus de
planification concertée prévus dans le Plan de
protection;
• les bâtiments actuels occupent moins de 9% de la
surface des quelques 65 000 m² du site. Une fois le
projet terminé, les espaces bâtis représenteront 15% du
site. Il demeure donc 85% d’espaces non bâtis ou 56 000
m² ;
• vous mentionnez la construction de 17 nouveaux
édifices, bien que nous vous avons déjà précisé que la
majorité sont des maisons unifamiliales. Les autres
immeubles seront en partie construits aux mêmes endroits
que les précédents. Quant au stationnement, il va
évidemment maximiser les espaces verts. Notez que des
centaines de nouveaux arbres matures seront plantés;
• les
accès à ce site privé, qui prennent fin en principe avec
la vente du terrain, seront garantis par des servitudes
légales, proposées par le nouveau propriétaire lui-même.
Nous vous rappelons qu’il y a trois ans, lorsque le
locataire de l’ancien Séminaire, le collège
Marianopolis, a annoncé qu’il quittait les lieux, les
prêtres de Saint-Sulpice ont décidé de vendre le site.
Pour mieux en connaître la valeur et déterminer son
potentiel de développement, la Ville de Montréal et le
ministère québécois de la Culture ont mandaté quatre
firmes indépendantes pour réaliser des études. Cel
les-ci ont déterminé des zones constructibles, de part
et d’autre de l’ancien Séminaire de philosophie, ainsi
que des zones à protéger (boisé nord-ouest et
escarpement sud). Le projet soumis respecte ces
conclusions. Il est actuellement devant l’Office de
consultation publique de Montréal.
Nous vous précisons à nouveau que le site a été d’abord
offert à de nombreuses institutions publiques (
hôpitaux, universités, etc.) sans trouver preneur. Il a
donc été officiellement mis en vente. Treize promoteurs
se sont montrés intéressés, mais aucun ne provenait du
milieu institutionnel. La proposition de Cato
Développement Inc. respectait les études menées selon
les souhaits des Sulpiciens. I ls l’ont favorisé, au
détriment d’une of f re de 20 mi l l ions supérieure.
Le mois dernier, la Ville de Montréal a procédé à
l’adoption finale du Plan de protection et de mise en
valeur du MontRoyal et de la modification au document
complémentaire du Plan d’urbanisme. Il prévoit que les
propriétés institutionnelles qui n’ont pas encore fait
l’objet d’une planification concertée le fassent dans le
cadre du Pacte patrimonial du Mont-Royal. Nous avons
respecté cette procédure. D’aut res propr iétés
institutionnelles aussi : le collège Jean-de-Brébeuf,
l’Hôpital général (CUSM) et le stade Percival-Molson.
Ce projet franchit actuellement les étapes
règlementaires requises, il se conforme aux études
indépendantes et il respecte le Plan de protection du
Mont-Royal signés par des partenaires qui ont, eux
aussi, très à coeur la montagne. Vous devez le faire
savoir à vos lecteurs.
COLLÈGE MARIANOPOLIS - Le promoteur semonce le CRE
de Montréal
«Notre
plan de reboisement de 361 arbres, avec des espèces
indigènes, va augmenter la biodiversité à terme. »
Le ton s’est durci cette semaine aux audiences publiques
sur le projet de transformation de l’ancien collège des
sulpiciens en complexe résidentiel de luxe. Dans une
lettre envoyée à la présidente de la commission de
l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) et
à La Presse, la firme Daniel Arbour, responsable de la
conception des plans de construction, affirme que « les
allégations » du Centre régional de l’environnement
(CRE) de Montréal sont « erronées ».
Dans un article publié mercredi au sujet des mémoires
présentés aux audiences, La Presse a révélé que le CRE
de Montréal dénonçait le fait qu’il n’y ait pas de «
zone tampon de construction de 30 mètres » autour des
deux bois du site Marianopolis. Ces deux bois sont
protégés par le Pacte patrimonial, ce qui signifie qu’on
ne peut rien y construire.
L’associé principal de Daniel Arbour, Claude Marcotte, a
signifié à la présidente de la Commission, Hélène
Laperrière, que les deux bois sont effectivement
protégés, mais qu’ils ne sont pas désignés comme faisant
partie des zones tampons du mont Royal. Ils sont plutôt
définis comme des bois d’intérêt à « valoriser hors du
réseau écologique de la montagne », écrit-il.
Au CRE de Montréal , qui estime que le site
deMarianopolis a atteint « sa capacité limite de
construction », Claude Marcotte rétorque que c’est faux.
La firme signale que le Plan de protection et de mise en
valeur du Mont-Royal ne propose « aucune espèces
indigènes, va au contraire augmenter la biodiversité à
terme. »
Le CRE persiste en signe
méthode de calcul de la capacité limite de la montagne
».
« S’il n’y a pas de zone tampon autour du site, il y a
sûrement une raison, a expliqué Catherine Vachon,
urbaniste chez Daniel Arbour. Les bois sont à
l’extérieur du réseau écologique. Et ils sont remplis
d’espèces envahissantes qui menacent l’écosystème de
la montagne. Notre plan de reboisement de 361 arbres,
avec des
En après-midi, hier, Coralie Denis, responsable du
dossier au CRE de Montréal, a dit que l’organisme
persistait à réclamer une zone tampon de 30 mètres
autour des bois. « Ces deux bois ont été définis comme
un écoterritoire à protéger en vertu de la Politique
de protection et de mise en valeur des milieux
naturels de la Ville, qui date de 2004. Il est
inadmissible qu’ils soient protégés par le Pacte
patrimonial, mais qu’il n’y ait pas de zone tampon. »
Quant à la limite constructible, Mme Denis a expliqué
que l’organisme réclame de l’établir depuis cinq ans
auprès des différents ordres de gouvernement.
« Quand on regarde le mont Royal du haut des airs, on
voit rapidement qu’il s’agit d’un îlot vert, très
boisé, collé sur le parc du Mont-Royal. On estime que
le projet devrait se limiter strictement à ce qui est
déjà bâti. Ou mieux, le site devrait faire l’objet
d’un moratoire comme les milieux humides. »
Pauvre
mont Royal ! - NATHALIE COLLARD
Le mont Royal est encore une fois dans la lignedemiredes
promoteurs immobiliers. Cette fois, on veut transformer
l’ancien Séminaire de philosophie des Sulpiciens (autrefois
le Collège Marianopolis) en complexe résidentiel. L’ensemble
compterait 325 unités d’habitation (certains bâtiments
auraient jusqu’à neuf étages) ainsi qu’un stationnement
sous-terrain de 671 places.
Ce projet, qui est actuellement soumis à la consultation
publique, déroge à plusieurs règlements du plan d’urbanisme
de l’arrondissement Ville-Marie ainsi qu’à certains
principes du plan de protection de la montagne. Que fait-il
en consultation publique dans ce cas? Mystère.
Des citoyens s’opposent auprojet. Une pétition circule, à
l’initiative des Amis de la montagne. On dirait la reprise
d’un mauvais film.
Pourtant, il y a quelques semaines, la Ville de Montréal
annonçait en grande pompe un plan de protection et de mise
en valeur de la montagne. Ce plan est le fruit d’un très,
très long travail de consultation auprès des membres de la
Table de concertation du MontRoyal. La montagne n’aura
jamais été aussi protégée, déclarait-on ce jour-là. Et on la
bichonnera comme jamais. Ah oui?
Visiblement, il y a quelque chose qui n’est pas clair dans
le mot protection. C’est pourtant simple: un plan de
protection doit protéger.
Est-ce que
les Londoniens doivent se battre pour empêcher la
construction de condos dans Hyde Park? Bien sûr que non.
Est-ce qu’un promoteur a proposé récemment d’ériger une tour
d’habitation dans Central Park? On n’y pense même pas. Dans
ces deux villes, ces parcs sont classés dans la catégorie «
pas touche ». À Montréal, il semble que ce soit beaucoup
plus compliqué. Pourquoi?
C’est d’autant plus incompréhensible que tous les
Montréalais disent tenir à la montagne comme à la prunelle
de leurs yeux. N’importe quel sondage, consultation ou
brainstorming sur Montréal confirme chaque fois que le mont
Royal est un joyau unique que la métropole doit chérir.
C’est à se demander si la Ville de Montréal aime vraiment la
montagne.
Il faut aller se balader sur l’avenue du Parc pour constater
le peu de soin qu’on y porte. À commencer par les abords de
la statue de George-Étienne Cartier, face au parc
Jeanne-Mance. Ce magnifique monument a été rénové à grands
frais au cours des dernières années. Il est superbe. Or la
Ville ne fait strictement rien pour le mettre en valeur. Un
minable parterre de jonquilles, des bancs de parc délabrés,
des poubelles affreuses, c’est ce qui attend le visiteur
lorsqu’il se trouve face à ce qui devrait être l’accès le
plus important et le plus majestueux au parc du MontRoyal.
L’équivalent de Hyde Park, disions-nous ? Quelques mètres
plus loin, à l’angle du chemin de la Côte-Sainte-Catherine
et de l’avenue du Mont-Royal, c’est encore pire. Il n’y a
plus de gazon, que de la terre et du gravier. Pas une seule
fleur. On dirait qu’un troupeau de vaches est passé par là.
Or il suffit d’aller se promener dans n’importe quelle
grande ville pour voir que le plus modeste des squares est
mieux entretenu, avec des fleurs magnifiques et des gazons
verdoyants. Pendant ce temps, à Montréal, on est témoin
d’une négligence impardonnable. Pauvre mont Royal !
La peur d’aller de l’avant -
Pierre Pomerleau
Montréal
fait preuve d’immobilisme en matière d’aménagement
urbain
L’auteur est présidentdirecteur général de Pomerleau
inc. Pomerleau est la plus grande entreprise en
construction au Québec. Nous pouvons donc affirmer être
des observateurs privilégiés du processus de
développement de projets dans de nombreuses juridictions
et comprendre les différents mécanismes d’approbation de
projet.
PHOTO BERNARD BRAULT,
ARCHIVES LA PRESSE
Le projet proposé par
Développement Cato, en constante évolution, a le
mérite de redonner vie à l’ancienne école de
philosophie Marianopolis, qui risque de subir l’usure
du temps si rien n’est fait pour la préserver et la
revitaliser.
La ville de Montréal a l’occasion d’être pressentie pour
devenir le site d’un projet qui a le mérite de redonner
vie à l’ancienne école de philosophie Marianopolis. Ce
superbe lieu, jadis au coeur de la vie de milliers
d’étudiants, risque de subir l’usure du temps si rien
n’est fait pour le préserver et le revitaliser.
Il est clair que nous ne pouvons rester les bras croisés
et regarder ce site dépérir. C’est un sort qu’il ne
mérite pas. Il est clair qu’à force de tergiversations
et d’inquiétudes, nous risquons, collectivement, de
laisser passer la chance de faire de ce site un milieu
de vie unique où il sera possible de vivre tout en
respectant le plan de protection et de mise en valeur du
mont Royal.
Voilà pourquoi il me paraît important de poser un
jugement critique, mais juste, sur le projet proposé par
Développement Cato:
• un projet auquel il faut d’emblée reconnaître une
volonté de s’inscrire dans les préoccupations du milieu;
• un projet qui reste menacé, malgré toutes ses qualités
et son évolution constante, par les préjugés et les
opinions préconçues.
L’immobilisme en matière urbaine, tout comme pour les
individus, ne mène nulle part. L’essence même de la vie
est d’avancer, de progresser, d’innover, d’agir et, par
définition cela dérange, cela suppose des adaptations,
des remises en question, du courage et de la
détermination.
Réaliser un projet résidentiel à flanc de montagne ne
peut se faire sans déranger, mais ne pas le faire c’est
refuser de voir la vérité en face, d’utiliser des
espaces stratégiques pour progresser.
Toutes
les grandes villes conscientes de leur avenir,
soucieuses de protéger leur place sur l’échiquier
mondial innovent, construisent, réaménagent… Elles
bougent.
C’est aussi ce que nous devons faire. Montréal , à l ’
heure actuelle, semblevouloir s’immobiliser, être
envahie par la peur d’aller de l’avant et de tourner le
dos à la vision que nos élus voulaient lui donner. La
métropole du Québec tremble devant un petit nombre de
groupes de pression plus enclins à désinformer qu’à
proposer un projet harmonieux et constructif.
Allons-nous refuser, une fois de plus, un autre projet
emballant et porteur d’avenir qui a le mérite d’avoir
reçu l’indéfectible appui des prêtres de Saint-Sulpice,
acteurs privilégiés et respectés de l’histoire de
Montréal ?
L’économie et l ’ i mpact f i nancier du projet de
DéveloppementCato, un investissement privé de 300
millions de dollars, constituent à eux seuls une raison
de ne pas laisser filer cette occasion pour Montréal.
Peu d’entreprises se sont intéressées à investir une
somme aussi importante à Montréal.
Certes, nous entendons parler du Quartier des
spectacles, de la rue Notre-Dame, de la transformation
d’une partie de l’autoroute Bonaventure et de la
démolition de l’échangeur Turcot. Mais il s’agit là de
projets financés par nos impôts et certains ne sont pas
prêts de démarrer.
À Montréal, il existe un palmarès peu enviable de
projets qui sont morts-nés parce que l’arbre a souvent
caché la forêt aux opposants de tout acabit. Cela donne
à réfléchir.
Lesopposants auxgrandsprojets à Montréal font rimer
préservation avec immobilisme.
Montréal ne doit pas ajouter ce projet à la longue liste
des victimes de l’immobilisme. Il faut aller de l’avant.
D’abord pour préserver l’ancienne école de philosophie,
mais aussi pour montrer que Montréal sait évoluer, sait
se développer et, surtout, sait préserver.
Les mines d’uranium appelées à faire partie du
paysage québécois
«
(L’entreprise minière Terra Ventures) estime que dans 25
ans, l’uranium va être plus recherché et que là, ça va être
rentable »
— Que ça plaise ou non, il y aura un jour deux à trois mines
d’uranium au Québec, estime Robert Marquis. De là à affirmer
que la province pourrait devenir un Klondike de l’uranium,
il y a un énorme pas que le géologue en chef du Québec n’est
pas prêt à franchir.
Le
sous-sol du Québec recèle des réserves d’uranium dont
l’importance est encore méconnue. On estime toutefois
qu’il y aura, dans quelques années, des mines d’uranium
dans la province. Sur la photo, la mine Cigar Lake, dans
le nordouest du Canada.
Les recherches d’uranium de Terra Ventures ont fait les
manchettes sur la Côte-Nord parce qu’elles avaient lieu à
proximité de Sept-Îles et que le profil géologique de la
région correspond aux gisements du métal radioactif – on en
a aussi détecté de faibles teneurs à Aguanish, à proximité
de Natashquan, en 2006.
Plusieurs compagnies s’activent dans ce secteur, ce qui ne
veut pas dire que c’est là qu’on creusera des mines. Le
projet le plus avancé au Québec, où on n’a jamais exploité
l’uranium, est d’ailleurs à Matoush, à 150 km au nord de
Chibougamau. Le gouvernement fédéral a récemment donné le
feu vert à de l’exploration souterraine.
Les teneurs en uranium détectées sur la Côte-Nord sont trop
faibles pour une exploitation à court terme. Et en matière
de faible teneur en uranium, il ne faut juger de rien. Dans
le bassin d’Athabaska, en Saskatchewan, les compagnies ont
trouvé des gisements avec des concentrations de 10% à 20%
d’uranium, comparativement à une moyenne de 5%, après 50 ans
d’exploitation. Or, au Québec, le potentiel « est beaucoup
moins connu et il pourrait présenter des surprises. Il n’est
pas inconcevable qu’on trouve des teneurs semblables à
celles de la Saskatchewan », a soutenu M. Marquis.
Dans le cas de l ’exploration minière réalisée par Terra
Ventures en ce moment, « ils estiment que dans 25 ans,
l’uranium va être plus recherché et que là, ça va être
rentable », a expliqué Jean-Pierre Thomassin, président de
l’Association de l’exploration minière du Québec.
Si les prix et la demande augmentait, il s’agit d’une
mauvaise nouvelle pour le Québec : la faible teneur des
gisements signifie qu’il faut extraire des tonnes et des
tonnes de minerai pour obtenir un peu d’uranium. « L’impact
sur le paysage serait plus conséquent. Sur l’environnement,
peut-être pas. La contamination de l’eau et de l’air serait
plus faible en raison de la faible concentration et des
meilleures technologies », estime M. Marquis.
Une situation qui n’est pas sans rappeler la controverse
actuelle qui entoure le projet d’exploitation d’une mine à
ciel ouvert à faible teneur en or dans la ville de Malartic,
en Abitibi, projet soumis à l’évaluation environnementale du
Bureau d’audiences publiques sur l’environnement. Tous les
intervenants interviewés ont souligné qu’une mine d’uranium
doit franchir plusieurs étapes d’examen, dont celui de la
Commission canadienne de sûreté nucléaire, et qu’il pourrait
s’écouler encore 10 ans avant le début de l’exploitation, a
indiqué Robert Marquis.
Peu importe
qu’il se concrétise ou non, le projet de Terra Ventures a
provoqué une levée de boucliers à Sept-Îles, notamment chez
les Innus (voir l’autre texte).
Dans ce cas précis, la compagnie de Colombie-Britannique a
débarqué sans crier gare. « Ce sont des unilingues
anglophones: ils n’ont pas établi de contact avec la
population. Les gens ont appris par hasard qu’il y avait des
travaux et il n’y avait personne pour leur répondre. Ça a
pris des proportions démesurées », a expliqué M. Marquis.
Le Parti québécois a même ajouté sa voix à celles qui
demandent un moratoire sur l’exploration et l’exploitation
de l’uranium. Même si les questions de la population sont «
légitimes », un moratoire à ce stade de l’exploration est «
très prématuré », estime André Lavoie, de l’Association
minière du Québec. Jean-Pierre Thomassin va même jusqu’à
parler de « désinformation ». Lui non plus n’est pas contre
un forum comme celui qui commence demain à Sept-Îles, mais
son association ne veut rien savoir d’un moratoire.
Il est tout de même ironique, comme l’a souligné un
écologiste au Soleil, que Terra Ventures, à l’origine de
tout ce brouhaha, débarque d’une province où il y a un
moratoire permanent sur l’uranium... La Nouvelle-Écosse a
aussi un moratoire, tout comme cer t a i ns Ét ats amér ica
i ns . L’Australie a toutefois révoqué le sien en 2007.
La situation n’a pas échappé à l’administration municipale,
bien au fait de l’exploitation minière – du fer, surtout , à
Sept-Îles. « Les choses devraient changer. Il y a des trous
dans la réglementation » concernant les titres miniers,
croit Jean Masse, le maire suppléant.
Des préoccupations qui rejoignent celles des groupes
écologistes, qui demandent depuis plusieurs mois déjà une
réforme de la Loi sur les mines du Québec.
Rappelons qu’en avril dernier, le Vérificateur général avait
sévèrement blâmé le laxisme du gouvernement du Québec à
propos de sa gestion des mines.
La bête qui dort
SEPT-ÎLES —
« L’uranium est une bête qui dort. Et il y a des choses qui
méritent de ne pas être dérangées. Quand tu les réveilles,
c’est là que ça peut devenir dangereux. »
Jonathan Genest-Jourdain a du feu dans les yeux. Dans son
modeste bureau du conseil de bande d’Uashat-Malioténam (
Itum), le jeune avocat explique méthodiquement l’opposition
des Innus à l’uranium.
C’est que, contrairement aux pouvoirs locaux, Québec doit
consulter les autochtones pour tout ce qui touche les
territoires ancestraux de la communauté. L’avis est vague: «
Site de forage dans le cadre de prospection minière. » Des
discussions subséquentes avec le ministère des Ressources
naturelles et de la Faune (MRNF) ont permis aux Innus de
découvrir les projets de prospection de Terra Ventures, à 15
km au nord de Sept-Îles, mais aussi de RT Minerals, au nord
du lac Butler, à l’ouest de Sept-Îles, à quelques kilomètres
du Saint-Laurent.
Le conseil
de bande a demandé un moratoire, par résolution,
le23février. L’exploration et l’exploitation de
l’uraniumvont à l’encontre « de nos valeurs ancestrales et
de notre vision du développement durable ».
Maisoùcommencent et où finissent les terres ancestrales?
Pour M. Genest-Jourdain, il ne fait pas de doute que Québec
devra tenir compte de la demande des Innus. « Elle a un
poids légal puisque nous exerçons des activités
traditionnelles sur l’ensemble du territoire. Ce n’est pas
pour rien, d’ailleurs, qu’on reçoit les avis du
gouvernement. »
Le conseil de bande ne s’est pas arrêté en si bon chemin. Le
chef Georges-Ernest Grégoire a écrit à la ministre de
l’Environnement Line Beauchamp pour demander une audience du
BAPE sur les effets de l’uranium sur l’environnement et la
santé publique pour l’ensemble du Québec. « On a essayé
d’être le plus inclusifs possible », a expliqué l’avocat.
L’exploitation de l’uranium, « c’est étranger à nos valeurs,
a-t-il dit. Nous avons d’autres ressources, comme la
pourvoirie et l’écotourisme. Ce sont des avenues à
privilégier parce qu’elles sensibilisent la population à la
nature et à nos valeurs ancestrales. »
Le BAPE vote en faveur du projet de mine
d’Osisko
Le
président et chef de la direction d’Osisko, Sean Roosen, a
promis que l’entreprise « tiendrait compte » des
observations et recommandations du BAPE si le projet
devait être avalisé par Québec.
LeBureaud’audiencespubliquessur l’environnement (BAPE)
approuve le projet de mine d’or à ciel ouvert d’Osisko à
Malartic, en AbitibiTémiscamingue, mais suggère au
gouvernement d’imposer plusieurs conditions à
l’entreprise.
Dans son rapport, déposé la semaine dernière, mais rendu
public seulement hier, la commission d’enquête du BAPE
reconnaît toutefois que le déplacement de résidences
situées à l’endroit du gisement, amorcé par Osisko avant
même l’obtention des autorisations gouvernementales pour
le projet, a « miné » la confiance de certains citoyens à
l’égard du processus de consultations publiques.
Le BAPE conseille donc à Québec d’« établir un mécanisme
d’encadrement » des déplacements massifs de résidences,
qui sont actuellement peu réglementés, « afin que la
population soit consultée, informée de ses droits et
soutenue en cas de différend ». On va jusqu’à suggérer
d’assujettir de telles opérations à l’examen du BAPE.
Osisko s’est engagée à terminer d’ici septembre le
déplacement des maisons, conclu en vertu d’ententes de gré
à gré avec leurs propriétaires. Le BAPE presse
l’entreprise de déposer à la Ville de Malartic davantage
de garanties financières à cette fin, puisque les 1,5
million de dollars mis de côté jusqu’ici sont «
insuffisants » pour couvrir l’ensemble des travaux à
réaliser.
Pour ce
qui est de la réalisation du projet de mine lui-même, le
BAPE recommande au gouvernementdeforcerOsiskoàs’engagerà :
> payer t ous l es c oûts des mesures qui assureraient
un approvisionnement en eau « de qualité et en quantité »
à Malartic ; > surveiller l’impact des travaux sur la
nappe d’eau souterraine et assumer les coûts «
detouslesdommages » qui pourraient en résulter ; >
assumer tous les risques qui découleraient de la
génération d’a f f l uents a c i des , nota mment par l
’entremise de ga r a nt i e s f i n a nc i è r e s ; >
r éal i ser de nouvel l es simulations quant au risque de
contamination de l’eau souterraine par le cyanure ; >
verser la garantie financière pour les travaux de
restauration du site (après son exploitation) selon un
calendrier établi afin de s’assurer que l’ État n’ait à
supporter aucun risque environnemental.
Dans un communiqué, le président et chef de la direction
d’Osisko, Sean Roosen, s’est dit « très heureux » que le
projet minier ait franchi « une étape importante ». Il a
promis que l’entreprise « tiendrait compte » des
observations et recommandations du BAPE si le projet
devait être avalisé par Québec.
Au c a bi net de l a ministre de l’ Environnement, Line
Beauchamp, on n’a pas voulu dire quand le gouvernement
comptait rendre sa décision quant à l’approbation ou non
de ce projet.
Rappelons que la Société générale de financement (SGF),
l’un des bras financiers du gouvernement, s’est montrée
fort confiante, plus tôt cette semaine, face à l’avenir du
projet : elle a annoncé son intention de prêter 75
millions à l’entreprise.
L’action d’Osisko (OSK) a clôturé à 6,52 $ hier, en hausse
de 5,2 %, à la Bourse de Toronto.
Des
résidants entendent se battre contre un projet de mine
pratiquement improvisé..
« Ce serait tout
bonnement catastrophique. La forêt serait complètement rasée. »
Ancien ingénieur minier, Colin Jardine en connaît long sur
l’industrie minière. C’est d’ailleurs pourquoi il s’oppose avec
vigueur à la réouverture de l’ancienne mine Suffield, dont
certaines veines courent sous ses terres.
« Je ne suis pas contre le progrès, mais je m’oppose aux projets
qui ne sont pas encadrés par une réglementation adéquate »,
lance-t-il.
Il y a deux ans déjà, en mai 2007, M. Jardine a reçu la visite
d’Oliver Frank, le président de la compagnie allemande Silver
Capital. Après un échange cordial dans le salon de la coquette
demeure de M. Jardine, ce dernier lui a dit qu’il n’était tout
simplement pas d’accord avec le projet.
« Ce serait tout bonnement catastrophique, estime-t-il. La forêt
serait complètement rasée. »
Cela dit, les détails de la rencontre divergent selon la source.
Alors que Colin Jardine soutient catégoriquement qu’on lui a
présenté un projet de mine à ciel ouvert (ce qui lui fait
craindre la coupe à blanc), le président de Globex, lié à Silver
Capital dans ce projet, soutient au contraire qu’elle serait
entièrement souterraine.
« Il s’agit
d’un projet de mine souterraine, précise Jack Stoch. Il n’y
aurait aucune expropriation, car il n’y a pas de maison sur
l’ancienne mine. D’ailleurs, tous les résidants que nous avons
rencontrés sont favorables au projet, sauf un. »
Pourtant, au cours des derniers jours, La Presse a pu parler à
quatre propriétaires dont les terres sont à proximité de
l’ancienne mine Suf field, et tous, sans exception, se sont dits
opposés à la réouverture de la mine. Notons cependant que le
propriétaire de la terre sur laquelle se trouvent les vestiges
de l’ancienne mine n’a pu être joint.
« On devrait faire un parc de cet endroit magnifique, plutôt que
de penser faire de l’exploitation minière, croit Gladys Beattie,
une marcheuse croisée à quelques mètres de l’ancienne mine. Je
vais certainement m’impliquer contre le projet et je crois que
tout le monde fera la même chose dans le coin. »
Mme Beattie, tout comme un autre résidant rencontré (qui désire
garder l’anonymat), se sont montrés inquiets de l’impact
qu’aurait un tel projet sur leur approvisionnement en eau. Tous
deux affirment que la mine Suffield est aujourd’hui un immense
réservoir d’eau où ils alimentent leur domicile respectif. Autre
crainte: la possible contamination des environs, en particulier
celle des lacs Magog et Massawippi. On souligne qu’il reste
encore des séquelles des exploitations passées. Le drainage
minier acide (DMA), un processus d’acidification des eaux de
drainage dans les projets miniers, est en effet, encore
aujourd’hui, une source importante de contamination pour les
cours d’eau de la région.
Pour toutes ces raisons, l’opposition des citoyens pourrait être
vive, estime Berthold Bérubé, un autre propriétaire des
environs. « Parmi les riverains avec qui je me suis entretenu,
personne n’est d’accord avec la réouverture de la mine,
précise-t-il. Même que les propriétaires à proximité de la mine
n’ont pas donné le droit à la compagnie de faire de la
prospection. »
M. Bérubé, tout comme Mme Beattie, promet de se battre bec et
ongles contre ce projet qui aurait à son avis d’importants
impacts dans le secteur. « On va s’opposer à la réouverture de
la mine d’une façon ou d’une autre, comme on s’est opposé dans
le passé, avec succès, à ce que le site devienne un s ite d’en
fouis sement » , ajoute-t-il.
Des
compagnies minières qui paient à peine de redevances ?...
Les compagnies
minières verseront « beaucoup moins » de redevances cette
année à Québec, alors qu’elles n’en paient déjà que peu ou pas
du tout à l’heure actuelle.
Le minist re délégué aux Ressources naturelles, Serge Simard,
a indiqué hier qu’en raison de la crise économique, «
l’effervescence dans le secteur minier a diminué », ce qui
entraînera une baisse des redevances versées à l’État pour
l’exploitation des ressources du sous-sol québécois. La crise
n’explique pas tout, puisque les règles actuelles permettent
déjà à plusieurs entreprises de ne payer aucun droit minier.
L’an dernier, malgré une conjoncture favorable, seulement
trois entreprises productrices ont versé des redevances, qui
ont totalisé 94 millions de dollars, a révélé le Vérificateur
général Renaud Lachance, plus tôt ce mois-ci. Ce sera «
beaucoup moins » cette année, a dit le ministre Simard,
refusant d’apporter des précisions.
Toujours selon le rapport du vérificateur général, entre 2002
et 2008, 14 entreprises n’ont versé aucune redevance à l’État,
même si la valeur brute de leur production a atteint 4,2
milliards de dollars. Les autres sociétés ont payé 259
millions en droits miniers, ce qui représente seulement 1,5%
de la valeur brute de leur production.
Les entreprises sont pourtant tenues de payer des droits qui
correspondent à 12% de leur « profit minier ». Mais Québec a
créé toutes sortes de mesures et d’allocations, ce qui permet
à bien des sociétés de ne verser aucune redevance.
Serge Simard préfère souligner que le Québec est « le paradis
de l’investissement au niveau minier selon l’Institut Fraser
».
Québec a donné à cette industrie des avantages fiscaux et
crédits d’impôts évalués à 137 millions de dollars en 2008
(624 millions entre 2003 et 2008), beaucoup plus que ce qu’il
a reçu en droits miniers. « Il y a des avantages fiscaux parce
que ça coûte très cher d’installer une mine », a expliqué M.
Simard.
Selon lui,
les retombées économiques de l’industrie minière sont
importantes. « Ça crée de l’emploi dans les régions. » Le
nombre d’emplois dans ce secteur a diminué de 17% entre 1997
et 2007, a toutefois révélé le Vérificateur général.
Serge Simard planche sur une nouvelle « stratégie minière ». «
On va continuer à faire le travail pour que l’ensemble des
Québécois aient les retombées qu’ils doivent avoir », a-t-il
affirmé, refusant de préciser si le gouvernement allait revoir
ses règles pour exiger plus de redevances.
« On va faire le travail (...) pour que les mines continuent à
créer de la richesse pour l’ensemble des Québécois. Et on va
s’assurer aussi qu’on est compétitif, tout en respectant
l’environnement », a-til affirmé.
Les écologistes veulent une enquête publique
Selon les écologistes, les conclusions du vérificateur général
devraient inciter le gouvernement à lancer une enquête
publique, ou à tout le moins une vaste audience publique sur
la gestion des mines.
Pour le chanteur Richard Desjardins, la gravité des constats
du vérificateur milite pour la tenue d’une enquête
indépendante, tandis que pour une coalition de groupes réunis
sur le thème « Pour que le Québec ait meilleure mine », une
audience générique du Bureau d’audiences publiques sur
l’environnement suffirait.
« Le vérificateur a confirmé nos appréhensions, précise
Christian Simard, directeur de Nature Québec. Nous pensons
donc qu’il est temps de mettre sur pied une audience générique
du BAPE ou une commission indépendante comme il y en a eu une
sur la forêt (Commission Coulombe). »
Cet appel survient à un moment critique pour l’industrie
minière. D’abord parce que l’on attend toujours la première
stratégie gouvernementale du secteur minier, promise pour
2007, ensuite parce que le vaste projet de mine en milieu
urbain Osisko déchaîne actuellement les passions en Abitibi.
La guerre contre l’eau en bouteille -
Mathieu Perrault
L’Italie
trône au sommet du palmarès mondial de l’eau en bouteille:
chaque Italien en boit en moyenne 190 litres par année, un
chiffre près de trois fois plus élevé qu’au Canada. Cette
soif en fait une cible tentante en Italie pour les
campagnes visant à remplacer l’eau en bouteille par celle
du robinet. Ce type de campagne se multiplie aussi, chez
nous, depuis que la Fédération canadienne des
municipalités a adopté une résolution en ce sens, en mars
dernier.
Cet automne, le cas d’Arezzo, une ville de la Toscane, est
devenu le premier succès du genre en Italie. La recette
mérite qu’on s’y arrête, pour mieux comprendre les écueils
qui guettent les villes qui interdisant l’achat d’eau en
bouteille par leurs services, voire la vente dans les
machines distributrices des édifices municipaux.
Entre 2001 et 2008, la proportion des habitants d’Arezzo
qui ne prennent jamais d’eau du robinet a chuté de moitié,
de 80% à 46%. Le quart des habitants d’Arezzo en boivent
très régulièrement. Le secret ? Une intervention active
d’une société privée française, Suez, qui gère en
partenariat le réseau d’eau local.
« Pour nous, ça ne change pas beaucoup les ventes »,
explique Jérôme Douziech, le directeur d’Acqua Nuova, la
société en partenariat. « Le gros de la consommation
provient des clients industriels et des autres usages
domestiques. Mais convaincre les citoyens que l’eau du
robinet n’est pas seulement potable, mais bonne au goût,
améliore beaucoup l’image des partenariats de gestion
d’aqueduc. Nous avons été le premier partenariat
public-privé en Italie, et la pratique commence à
s’implanter dans le Nord. »
À Montréal, la perspective que des entreprises privées
participent à la gestion de réseau d’eau avait provoqué
une levée de boucliers il y a quelques années.
Avant de
se lancer dans le projet, Acqua Nuova a amélioré les «
propriétés organoleptiques » ( le goût ) de l’eau du
robinet. Première leçon: il y a peut-être du travail à
faire à propos du goût, qui change d’une ville à l’autre
au Québec.
La première clientèle visée a été celle des écoles. « Nous
avons dû vérifier dans chaque école pour nous assurer que
le produit qui sortait des robinets était le même que nous
livrions à l’entrée d’eau de l’école, dit M. Douziech. Des
réseaux de tuyauterie ont dû être modernisés. Il a fallu
aussi trouver des procédures de service et de lavage pour
nous assurer de la salubrité lors de la manutention des
pichets d’eau sur les tables. »
Deuxième leçon: il faut bien évaluer les besoins des
consommateurs pour que l’eau du robinet soit aussi
pratique que les bouteilles. Les municipalités qui ont
banni les bouteilles d’eau des distributrices installent
généralement des fontaines à côté, pour que les usagers ne
soient pas obligés d’acheter une boisson gazeuse, selon
Joe Cressy, de l’Institut Polaris, qui a été chargé par la
Fédération canadienne des municipalités de mesurer les
impacts de la résolution sur l’eau en bouteille. Que font
les gens qui veulent apporter de quoi boire durant le
match à l’aréna ? « Il suffit d’avoir un distributeur de
verres à côté de la fontaine, ou encore d’encourager les
gens à avoir une bouteille remplissable en inox », dit M.
Cressy. Le problème, c’est que Polaris n’a pas mesuré
l’évolution des ventes des machines distributrices où
l’eau a été bannie. On ne sait donc pas si les boissons
gazeuses ont remplacé l’eau en bouteille.
La prochaine étape à Arezzo est de convaincre des
restaurants « slow food » de vendre de l’eau du robinet
plutôt que de l’eau en bouteille. Le « pane e coperto »,
des frais imposés à tous les clients des restaurants en
Italie, deviendra « pane, coperto e aqua ». « Si la marge
bénéficiaire reste la même, les restaurateurs vendront de
l’eau du robinet, dit l’ingénieur Douziech. Nous allons
même i nstaller des machines qui gazéifient l’eau du
robinet dans ces restaurants. »
Troisième leçon: tenir compte des intérêts économiques en
jeu. Dans les universités canadiennes, notamment McGill,
le débat sur l’interdiction de l’eau en bouteille est
généralement mêlé à l’opposition aux ententes assurant à
une seule marque – Coke ou Pepsi, par exemple –
l’approvisionnement de toutes les machines distributrices
d’un campus. Si une université perd une source de revenus
en abandonnant l’eau en bouteille, elle pourrait être
moins disposée à prendre une telle mesure.
Valse verte pour marteau-piqueur -
Marie-Claude Lortie
Spectre de
corruption à faire disparaître, structure administrative à
revoir, plan de transport intégré à repenser... La liste
des défis auxquels la ville de Montréal doit faire face
est longue et ardue. En attendant, pourquoi ne pas
commencer par de petites choses, de petites
transformations peu coûteuses qui peuvent, dès à présent,
changer le visage de la ville ? Pendant la campagne
électorale municipale, la chroniqueuse MarieClaude Lortie
rencontre des Montréalais amoureux de leur métropole qui
nous font part de leurs idée pour transformer la cité.
Aujourd’hui, l’architecte Paul Bernier.
Paul Bernier, architecte, habite une rue tout en béton du
Plateau. Trop étroite pour accueillir des arbres, elle est
chauve comme une venelle de Naples, sans les cordes à
linge.
PHOTO MARTIN CHAMBERLAND,
LA PRESSE
L’architecte Paul Bernier a reçu
le prix Marcel-Parizeau de l’Ordre des architectes du
Québec pour le toit vert qu’il a installé sur sa maison
du Plateau.
Qu’importe. Devant chez lui, de grosses plantes charnues
poussent dans une languette de terre coincée entre le
trottoir et le mur des fondations.
Ailleurs dans la rue, quelques autres proprios ont fait la
même chose. Parfois avec des fleurs, parfois avec de
grosses feuilles aux airs tropicaux. Des microjardins
volés au macadam.
OnestloinducoursMirabeau, à Aix, avec ses platanes
majestueux. On n’est pas dans une belle rue plantée
d’érables à Outremont. On n’est même pas sur ce tronçon de
la rue Isabella, à Côte-des-Neiges, vous savez, juste à
l’ouest de la rue Lavoie, où il n’y a que de magnifiques
cerisiers japonais qui fleurissent tous en même temps.
Mais elle est un peu plus jolie que les autres rues
chauves, l’allée bien asphaltée de M. Bernier, quand on la
regarde en s’attardant à la verdure qui s’y faufile entre
deux dalles ou deux planches ou coule d’un balcon.
On croirait cette rue du Plateau en train de s’adoucir, de
s’arrondir…
«Verdir, simplement, ce n’est pas révolutionnaire, ce
n’est pas compliqué, ça ne coûte pas cher », résume
l’architecte.
« Avec seulement un petit peu de terre, on change déjà
l’allure de la façade », dit-il. Et une façade à la fois,
on change la rue.
Selon lui, si on voulait embellir Montréal, on devrait
tous s’armer de marteauxpiqueurs. Ou presque. Et se mettre
à défricher le bitume pour mieux planter. Partout où on le
peut.
« Il y a tellement de petits coins où on peut semer, et on
n’y pense même pas. C’est bon contre le ruissellement de
l’eau de pluie, pour la qualité de l’air, c’est beau, ça
rafraîchit… »
Bref, vous savez ce qu’on fait pour les toits verts, comme
celui que Paul Bernier a installé sur la rallonge de sa
maison du Plateau, projet de rénovation et de
reconstruction résidentielle qui lui a valu cette année le
prix Marcel-Parizeau, reconnaissance prestigieuse remise
par l’Ordre des architectes du Québec?
Eh bien !
Tous ces beaux principes s’appliquent aussi au sol. Alors
en plus de s’occuper de verdir les toits, pourquoi ne pas
aussi essayer de verdir le plancher des vaches ? propose
Bernier.
Un potager dans une cour d’école asphaltée, un jardin là
où il y avait jadis un parking, des fougères dans un coin
solidement bitumé par d’anciens propriétaires qui
trouvaient que ça faisait « plus propre »…
Et les voitures, on les met où, alors, s’il faut tout
transformer en jardin?
« Il y a moyen de recouvrir le sol afin qu’il soit à la
fois poreux et assez solide pour qu’on puisse y garer la
voiture », explique celui qui conduit une Prius (modèle de
Toyota hybride) dans les rues de Montréal.
On choisit alors des dalles que l’on pose de façon assez
espacée pour que des mousses s’y glissent, voire du thym
très court… L’asphalte et le pavé uni ne sont pas les
seules options.
« L’autre avantage des sols de terre et de la verdure,
c’est sur l’acoustique », note l’architecte. Les sons
rebondissent moins, les rues se calment. Et en plus, les
plantes font revenir les oiseaux…
Ça se fait déjà ailleurs
Plusieurs grandes villes nord-américaines progressistes
ont déjà adopté des mesures destinées à encourager les
citoyens à se débarrasser de leur asphalte et de leur
ciment et à inciter le retour de la terre et de la verdure
en ville. Et ce n’est pas uniquement pour des raisons
esthétiques.
À Seattle, par exemple, il y a depuis 2001 un programme
appelé S E A (Street Edge Alternative), qui consiste à
rendre aux rues leur porosité. L’objectif : contrer le
ruissellement de l’eau de pluie. Pourquoi? D’abord pour
alléger la charge des réseaux d’égout et des systèmes
d’épuration. Ensuite, en allant dans la terre, l’eau
reprend son chemin normal, avec tous les mécanismes de
filtration prévus par la nature! Et puis l’eau retourne
ainsi rapidement dans le sol, donc sans parcourir les rues
d’asphalte ou de ciment, sans causer d’érosion en chemin
et sans ramasser toutes sortes de polluants sur sa route.
Selon la Ville de Seattle, lorsqu’une rue est réorganisée
selon les principes du programme SEA, seulement 1% de
l’eau de pluie finit dans les égouts.
Quand on sait à quel point certaines rues de Montréal
deviennent de véritables piscines quand il y a de fortes
pluies comme on en connaît de plus en plus, quand on sait
comment certaines bouches d’égout deviennent des fontaines
giclantes quand le réseau déborde, l’idée de rendre aux
rues leur terre et leur verdure apparaît alors loin de la
coquetterie.
À
quand le crédit d’impôt foncier pour arrachage d’asphalte?
Notre amie la densité urbaine -
Marie-Claude Lortie
Voici,
en gros, ce que le directeur de la planification urbaine
d’une grande ville américaine avait à dire, lundi, en
conférence, à l ’ Université McGill. Ses conseils , pour
t oute vi l l e voulant se développer pour le mieux,
sujet crucial en ces temps électoraux…
A. Il faut parfois faire des gestes qui vont contre
l’opinion de la majorité. Un référendum vous dit :
reconstruisez ceci. Vous devez être prêt à dire : non,
on construit autre chose.
B. Souvent, il faut que villes et planificateurs urbains
créent des alliances avec les promoteurs immobiliers. «
Il faut en faire vos amis », a-t-il dit aux gens venus
l’entendre, entassés dans l’auditorium universitaire.
C. Il n’y a pas que les parcs, dans la vie. Construire
des immeubles où on peut loger des bureaux et des
appartements, c’est aussi très bien. Cela fait partie
d’une très saine et nécessaire évolution urbaine.
D’où s o r t - i l , c e l u i - l à ? demandez-vous.
De Houston? De Dallas?
D’une bourgade gonflée aux stéroïdes fichée dans un État
rouge conservateur, prête à tout pour encourager la
construction de McCondos et bouder les trottoirs? Pas du
tout. Le gars qui parlait ainsi, lundi soir, devant une
foule compacte d’étudiants et de spécialistes en
urbanisme, ce gars invité par le Centre d’écologie
urbaine de Montréal, c’est John Rahaim, directeur de la
planification urbaine à San Francisco. Et avant son
embauche dans cette ville ultra-progressiste, il était à
Seattle, elle aussi portée pas mal plus sur le vert que
sur le VUS…
Le moins que l’on puisse dire, c’est que la ville idéale
de M. Rahaim n’est pas exactement remplie de Hummer. Je
dirais qu’il la voit plutôt pleine de verdure, de
quartiers mixtes où l’on peut marcher de commerce en
commerce, du bureau à la maison, de rues où circulent
des autobus et des tramways, de fronts de mer piétons…
Sauf que cette ville, nous a-til expliqué, ne sort pas
de nulle part et ne vit pas d’air pur et d’eau fraîche.
Pour se donner les moyens d’être moderne, écolo,
vibrante et vivante, elle a besoin de densité. Elle ne
peut pas vivre seulement dans les parcs. Elle a besoin
de condos et de bureaux aussi. D’anciens immeubles
rénovés. Mais aussi de nouveaux.
Car c’est la densité qui apporte la vie à la ville.
C’est elle qui, en augmentant l’activité urbaine et en
renforçant donc les assises fiscales de la cité, lui
permet de financier ses infrastructures, à commencer par
ses transports en commun, son entretien, ses parcs, son
développement…
«
Encourager la densité dans une ville, c’est une
évidence, cela doit être une priorité absolue », dit-il.
Pensez Paris, Londres, New York… Dense, dense, dense…
Au lieu de grincer des dents à chaque nouvelle
construction, chaque fois qu’un parking se transforme en
immeuble d’appartements plutôt qu’en parc, il faut se
dire qu’on amène des gens à travailler ou à habiter en
ville. Des gens qui paieront des taxes, des gens qui
consommeront en ville, des gens qui, s’il n’y a plus de
parking, auront plus envie de prendre les transports en
commun…
« Ce qu’il ne faut pas perdre de vue lorsqu’on parle de
densité, c’est qu’il faut des transports en commun pour
l’accompagner et l’encourager », note le planificateur
urbain.
Augmenter la densité d’une ville ne peut se faire si on
attache une voiture à chaque nouveau résidant. Il faut
penser métro, autobus, tramway… Le projet doit être
double, note M. Rahaim. « C’est comme la poule et
l’oeuf. Il faut faire les deux en même temps. Et pour
cela, il faut aussi penser régionalement… »
Et à travers tout cela, ajoutet-il, il faut arrêter de
voir les constructeu r s i mmobiliers comme de gros
méchants. Oui, il faut insister pour que les projets
soient de qualité, écolos, socialement sensés – la ville
ne peut survivre sans logements à prix modiques. Oui, il
faut exiger de l’architecture et du design « de haute
qualité ».
Mais il faut aussi comprendre qu’ils sont
incontournables. « Le fait est que ce sont eux, dit-il,
les promoteurs immobiliers privés, qui construisent la
majorité des projets. »
L’autre idée intéressante que le planificateur est venu
semer en terre montréalaise, c’est que, parfois, il faut
être capable de passer par-dessus l’opinion publique,
défier les critiques. « Il faut être prêt, dit-il, à
prendre des risques pour les projets qui le méritent
vraiment. »
I l cite ainsi l’exemple de la Ville de San Francisco,
qui n’a pas écouté la majorité lorsqu’un référendum a
été tenu sur la reconstruction de l’autoroute urbaine
sur pilotis Embarcadero. Cette autoroute, détruite
durant le tremblement de terre de 1989, passait le long
de la baie, au bord de l’eau, entre les quais et la
ville. Et la majorité voulait qu’elle soit reconstruite.
À la place, un boulevard a été aménagé, des palmiers ont
été plantés, l’interface entre le port et la ville a été
rétablie et une grande place a été organisée où se tient
maintenant un marché bio.
Nouveaux
gratte-ciel,
marchés bios… En fait, ce que nous a expliqué M. Rahaim,
c’est que verdir une ville peut être autant en arracher
l’asphalte que la reconstruire en hauteur. Et que
parfois, oui, il faut détruire des autoroutes et
réinvestir dans les transports en commun à la place.
Mais que cela ne peut se faire si, en même temps, on ne
veille pas à la densification du centre. À sa vie, quoi.
Les
valeurs et le vote - Jean Lemire
Le dimanche 14 septembre 2008
Les
environnementalistes sont en colère devant le refus du
premier ministre du Canada de participer à un débat sur
l'environnement. Il s'agit pourtant d'une priorité et
d'une demande légitime des Canadiens, qui veulent
connaître l'orientation de la politique canadienne en
matière d'environnement, alors que la planète entière se
mobilise pour contrer les effets des changements
climatiques. La politique du silence de nos dirigeants est
tout simplement inacceptable.
Certains scientifiques pleurent en silence les
compressions importantes dans leur budget de recherche et
développement, annoncées discrètement par le ministre du
Développement économique du Canada. Plusieurs OSBL prient en
silence pour que le gouvernement change de cap. Le couperet
conservateur risque de faire disparaître des organismes de
l'ombre qui font un travail remarquable en matière d'éducation
et de diffusion de la science. Vous ne verrez pas ces
scientifiques et ces éducateurs de science protester haut et
fort. Ils ne marcheront pas dans la rue pour revendiquer leur
droit d'exister. La raison en est fort simple: ils négocient
toujours avec le ministre Jean-Pierre Blackburn, et ceux qui
osent dénoncer la situation -et j'en suis un- se font rabrouer
sévèrement par Ottawa. On ne s'attaque pas au messager, qui
peut en prendre, mais on s'empresse de contacter les
dirigeants de ces organismes menacés pour leur signifier
qu'une mauvaise publicité risque d'altérer le climat des
négociations. La politique du bâillon est inacceptable.
Certains expliquent ces comportements par une montée de
la droite, phénomène d'une époque qui se vérifie ailleurs sur
la planète. C'est peut-être un peu gros, mais un écart
important semble se creuser entre les valeurs nouvelles
exprimées par les citoyens et les intentions de vote. Je ne
voudrais surtout pas influer sur la position de votre X dans
l'isoloir. Pour tout vous dire, je m'en fiche un peu. Je
n'aime pas les campagnes électorales. Peut-être parce que
j'aime les gens vrais. Si les libéraux ou le NPD détenaient le
pouvoir et que leur politique environnementale devenait la
risée sur la scène internationale, je réagirais aussi. Je
n'appartiens à aucune famille politique.
Valeurs
environnementales
Mais, aujourd'hui, en matière de respect des valeurs
environnementales qui nous sont si chères, je suis inquiet.
Inquiet de constater que, dans notre système électoral, il n'y
a qu'une période où les citoyens peuvent exprimer leur
approbation ou leur désaccord quant aux valeurs que nous
défendons. Une seule consultation populaire qui permet
d'évaluer les politiques de nos dirigeants. Et nous y sommes.
Il n'y en aura pas d'autre avant longtemps. Vous pouvez bien
voter bleu, rouge, vert ou jaune, c'est votre droit le plus
légitime, mais nous devons exiger, tous ensemble, le respect
de nos valeurs profondes.
En matière d'environnement, oubliez les campagnes de peur
et prenez le temps de bien analyser les propositions qui sont
sur la table. Utilisez la force de votre vote pour exiger des
engagements fermes en matière d'environnement. Parlez à vos
candidats et faites-leur comprendre que votre appui est
conditionnel au respect des valeurs auxquelles vous croyez. Je
sais, comme plusieurs d'entre vous, je suis un peu désabusé
devant les promesses et les manipulations électoralistes. Mais
le désintérêt et l'abandon des valeurs qui nous sont chères
sont aussi inacceptables.
En environnement, l'intention prime l'action depuis
plusieurs années. On nous annonce des plans, on négocie, mais
rien ne se passe. Le temps joue contre nous, et le seul moyen
mis à la disposition des citoyens pour exprimer leur désir de
changement réside dans ce petit X qui déterminera
l'orientation de ce pays pour les prochaines années.
Les glaneurs de la consigne - Mathieu
Perrault
Dans les
rues de Montréal, chaque jour de recyclage, un rituel a
lieu : des hommes et des femmes vérifient le contenu de
chaque bac et de chaque sac bleu pour en extirper les
canettes et les bouteilles consignées. Pour éviter que
leur sac ne soit éventré, plusieurs citadins déposent
leurs bouteilles de bière à côté, dans un petit sac.
Ce phénomène en apparence anodin s’est glissé au coeur du
débat nord-américain sur la consigne. La plupart des
études concluent que la consigne permet d’atteindre un
taux de récupération plus élevé que le simple recyclage –
70 % comparativement à 46 % pour les boissons gazeuses,
selon une étude torontoise commandée par Recyc-Québec.
Mais le mécanisme qui explique cette performance n’a
jamais été formellement établi. Pourrait-il s’agir de «
glaneurs »?
Les partisans de la consigne font généralement référence
au désir du consommateur de ravoir la somme de la
consigne. Mais pour plusieurs, les désagréments de cette
opération sont plus grands que ses bénéfices : nombreux
sont ceux qui n’ont pas envie de faire la file aux
machines gobant les canettes dans les supermarchés, ou
même de rapporter leurs bouteilles de bière vides au
dépanneur. D’où l’hypothèse de plus en plus souvent
avancée : les grands responsables de l’efficacité de la
consigne sont les gens qui ramassent les contenants
d’autrui – sans-abri, organismes de bienfaisance, ou tout
simplement ceux qui en font un métier – soit les «
glaneurs » ou «chiffoniers» (traduction approximative du
terme anglais «scavengers», littéralement «charognards».
L’a n dernier, quand l ’A lberta a augmenté de 20 à 25 ¢
la consigne sur les contenants d’un litre, la directrice
du Conseil du recyclage de l’Alberta a commenté que ce
serait bénéfique pour les sans-abri. En 2007, une analyse
publiée dans le New York Times a affirmé que chaque
glaneur ramassait en une journée autant de contenants
consignés qu’un Américain moyen en un a n. Et donc que la
consigne est un succès grâce à une armée de travailleurs
invisibles qui gagnent très certainement moins que le
salaire minimum.
En
d’autres mots, la consigne permet d’être vert en
exploitant une main-d’oeuvre à bon marché. Parmi les
commentaires à un billet publié sur un blogue du
Washington Post à propos d’une possible introduction de la
consigne, on trouve celui d’un ex-Britannique allergique à
la consigne qui se rappelle avec dégoût les riches qui,
sur les plages anglaises, donnaient leurs bouteilles de
bière vides consignées aux enfants qui les remerciaient
avec effusion.
La question a même i nspiré le magazine sati r ique a
méricain The Onion, qui se spécialise dans les fausses
nouvelles. À la fin de 2007, une manchette de The Onion a
expliqué que dans le cadre de la nouvelle st ratégie
d’aide aux sa ns-abri, la consigne augmenterait à 12 ¢.
Détail intéressant, après l’introduction de la consigne
dans les années 80, certains détaillants refusaient de
rembourser les sans-abri qui rapportaient des dizaines de
bouteilles – aux ÉtatsUnis, il a fallu plusieurs procès
pour obliger les détailla nts à respecter leurs
obligations.
Cet aspect du débat sur la consigne rappelle une histoire
qui secoue l’ Égypte depuis le printemps dernier. Face à
la menace de la grippe porcine, le pays a décidé d’abattre
tous les porcs. Or, les principaux éleveurs de porcs,
membres d’une petite communauté chrétienne du Caire, se
chargeaient de l’enlèvement des ordures, dont ils
prélevaient les matières organiques pour nourrir leurs
bêtes. Sans porcs, la collecte des déchets est compromise
et les quartiers pauvres de la capitale égyptienne sont
des dépotoirs à ciel ouvert, a rapporté le New York Times
à la fin du mois de septembre.
Tout
cela ne signifie pas qu’il faille renoncer à la consigne.
Gaudreau Environnement, une firme de recyclage de
Victoriaville qui a lancé cette semaine un nouvel appel à
la fin de la consigne, affirme que la proportion des
contenants consignés qui se retrouvent au recyclage
augmente de 3 % à 4 % par année et que cela signifie que
les gens sont maintenant prêts à recycler sans consigne.
C’est un voeu pieux: sans les revenus que donne la
consigne aux « glaneurs » du recyclage, le Québec serait
beaucoup moins vert.
SANS BÂILLON - LOUISE BE AUDOIN, ALEX ANDRE CLOUTIER ET
SCOTT MCK AY
Le Québec
doit parler en son propre nom à la Conférence sur les
changements climatiques
Les auteurs sont députés du Parti québécois et
respectivement porteparole en matière de relations
internationales et de francophonie, d’affaires
intergouvernementales canadiennes, de développement
durable et d’environnement.
Du 7 au 18 décembre, à Copenhague, aura lieu la 15e
Conférence de l’ONU sur les cha ngements cli matiques .
L’enjeu est important puisqu’on décidera de l’après Kyoto,
protocole établi en 1992 et qui arrivera à terme en 2012.
La communauté internationale devra donc trouver un nouvel
accord pour lutter efficacement contre les changements
climatiques.
Le Québec doit participer directement à l’élaboration de
ces nouvelles mesures en exprimant sa voix sans être
bâillonné par le gouvernement fédéral. Il est crucial
d’exprimer publiquement et librement la vision québécoise
à la Conférence de Copenhague puisque le gouvernement
canadien a des objectifs diamétralement opposés à ceux du
Québec.
Au lieu de diminuer ses gaz à effet de serre (GES) de 6%
par rapport à 1990, comme il s’y était engagé par la
ratification du protocole de Kyoto, le Canada les a plutôt
augmentés de 34% en raison, en partie, de l’exploitation
des sables bitumineux de l’Alberta. Pour le gouvernement
du Québec et celui du Canada, les objectifs à atteindre
sont profondément opposés.
Penda nt que le Ca nada continue à appuyer activement
l’industrie des sables bitumineux – une des industries les
plus polluantes au monde – la communauté scientifique
internationale propose aux décideurs mondiaux de limiter
l‘augmentation de la température moyenne du globe à moins
de deux degrés Celsius.
Pour atteindre cet objectif, les scientifiques demandent
notamment aux sociétés industrialisées de réduire leurs
émissions de GES de 25% à 40% au-dessous de leurs niveaux
de 1990, d’ici 2020. Le Québec doit être un leader sur cet
enjeu en indiquant clairement au monde entier sa volonté
de respecter ces nouvelles cibles et c’est l’engagement du
Parti québécois.
LaConférencedeCopenhague
pose le problème plus large de la place du Québec dans les
forums internationaux et de la capacité du gouvernement
Charest à mettre en oeuvre ses compétences à l’étranger.
Depuis les années 60, le gouvernement du Québec s’appuie,
pour mener sa politique internationale, sur la doctrine
Gérin-Lajoie qui veut que le gouvernement compétent pour
appliquer un engagement international soit celui qui
prenne cet engagement. Il revient donc au Québec
d’assumer, sur le plan international, le prolongement de
ses «compétences internes». Or, en ce qui a trait aux
changements climatiques, le Québec a un rôle prédominant à
jouer.
Jean Charest a beau dire qu’il sera présent à Copenhague,
s’il ne peut pas exprimer la position du Québec dans le
cadre officiel de la Conférence, les Québécois ne se
laisseront pas berner par un autre «show de boucane» du
premier ministre. Peu importe les discussions que Jean
Charest aura dans les corridors et les événements paral-
En faisant cavalier seul dans le choix des objectifs à
atteindre pour la réduction des GES, le Canada impose son
programme à la nation québécoise alors que la mise en
oeuvre des mesures visant à réduire les GES relève
essentiellement de la compétence législative du Québec. En
effet, les GES d’origine humaine sont principalement
causés par la circulation automobile, le transport, la
combustion domestique et la gestion des déchets. La
Constitution canadienne prévoit qu’il revient
essentiellement à l’Assemblée nationale du Québec de
traiter de ces questions. lèles, un fait demeure: il devra
se contenter de jouer les seconds violons et seul le
gouvernement du Canada parlera officiellement au nom des
Québécois, même si ceux-ci désapprouvent la position
fédérale.
En
échouant
à faire entendre la différence québécoise et à convaincre
les autres provinces, le prix à payer pour le Québec
pourrait se chiffrer en milliards de dollars. Les
Québécois n’ont pas à subir les conséquences de l’inaction
et de la déresponsabilisation du gouvernement fédéral dans
le dossier des changements climatiques, surtout dans le
contexte économique actuel.
L’ère stupide, ou comment l’humanité
court à sa perte - Mali Ilse Paquin
Qui
est Franny Armstrong ? La militante est devenue la
championne de l’environnement en GrandeBretagne. Son
film The Age of Stupid, un docufiction coup de poing,
sera présenté en première mondiale à New York le 21
septembre. Al Gore et Michael Moore n’ont qu’à bien se
tenir.
LONDRES — «Nous avons une mission majeure, comparable
à l’abolition de l’esclavage et à la conquête de
l’espace. » C’est avec ces paroles que Franny
Armstrong mesure le rôle de sa génération, qu’elle
surnomme la «génération MTV».
Pour la réalisatrice de The Age of Stupid ( L’ère
stupide), l’homme est le premier être vivant à mener
sa propre espèce à l’extinction en toute connaissance
de cause. «Nous n’avons plus que quelques mois pour
renverser la vapeur», dit la femme de 35 ans, en
entrevue téléphonique.
Sans cette verve, le film, fina ncé à même le g ra nd
public, n’aurait jamais vu le jour. Il sera pourtant
présenté le 21 septembre prochain dans 45 pays en
simultané à l’occasion de la première mondiale, écolo
bien sûr, à New York. L’ancien secrétaire général de
l’ONU Kofi Annan et le chanteur de Radiohead, Thom
Yorke, y participeront.
Franny Armstrong n’aurait pu choisir meilleure date.
Le lendemain de la première, les dirigeants du monde
se réuniront au siège de l’ONU pour se préparer à la
conférence de Copenhague. Ce sommet, tenu en décembre,
décidera de l’après-Kyoto.
Style de vie suicidaire
Le docufiction, acclamé à sa sortie britannique en
mars dernier, se déroule en 2055 sur une Terre
post-apocalyptique. Le dernier survivant, interprété
par Pete Postlethwaite ( In the Name of the Father),
regarde des archives datant de 2008 et se demande
pourquoi les humains n’ont pas freiné le réchauffement
climatique lorsqu’ils en avaient l’occasion.
« C ’est com me voi r des gens tou rner en rond su r
une plage, hypnotisés par le s g r a i n s de s a ble
s ou s leurs pieds, alors qu’un tsunami fonce vers eux
», dit le personnage central.
Après The Inconvenient Truth d’Al Gore ( Une vérité
qui dérange en français), le monde avait-il besoin
d’un autre documentaire sur les changements
climatiques? C’est comme demander si un autre film sur
la guerre était nécessaire, répond-elle.
«
J’étais un peu nerveuse qua nd son fil m est sorti ,
admet-elle enfin. Mais nos approches sont très
différentes. Son film aborde la question scientifique
alors que le mien s’intéresse aux conséquences
humaines de notre style de vie suicidaire. »
Un peu comme une Obama de l’environnement, Franny A
rmstrong a fina ncé son documentaire grâce à une
collecte de fonds populaire. Plus de 200 personnes et
organisations ont acheté des parts, pour une enveloppe
totale de quelque 800 000 $ CAN.
La pasionaria est tombée dans la soupe du militantisme
quand elle était petite. Son père, le documentariste
Peter Armstrong, parcourait le monde pour la BBC. Sa
mère travaillait auprès des sans-abri de son quartier.
Ses deux films précédents, McLibel et Drowned Out, ont
été vus par 55 millions de personnes. Sa notoriété
pourrait bientôt rivaliser avec celles de Michael
Moore et d’Al Gore aux ÉtatsUnis, où The Age of Stupid
sera distribué dans 440 salles.
En Grande-Bretagne, elle n’a plus besoin de
présentation. En mars dernier, elle a convaincu le
ministre de l’Environnement, Ed Miliband, de faire
marche arrière sur un projet de centrale au charbon.
Aussi, elle a lancé le 4 septembre la campagne 10:10,
dont l’objectif est d’inciter la population à baisser
ses émissions de CO de 10 % en 2010. Il s’agirait du
seuil critique pour éviter la catastrophe climatique.
Déjà 20 000 personnes, écoles et entreprises
britanniques ont promis de le faire.
Comment diable fait-elle ? « Ces jours-ci, je me sens
coupable si je passe cinq minutes sans militer,
dit-elle. Je vais prendre une pause d’un an après la
sortie du film. »
On n’y croit pas une seconde.
Le dernier homme - Mario Roy
Le
dernier rêve du dernier homme. C’est le thème du
spectacle scénique que vont présenter de grands
créateurs québécois en j anvier 2010. Le titre ?
Paradis perdu. « Les gens vont vivre une fin du monde
», promet le metteur en scène, Dominic Champagne.
Deux mois plus tôt, dès novembre, on aura vu le film
2012 décrivant une autre fin du monde à laquelle peu
survivront.
Entre-temps, on peut lire le roman de Margaret Atwood,
T he Year of the Flood ( pas encore traduit), dont
l’action se déroule après une catastrophe planétaire.
On peut même retourner à une oeuvre antérieure
d’Atwood, Le dernier homme (2005), celui-ci ayant
survécu à une catastrophe écologique planétaire, bien
entendu. Après tout cela, il ne restera plus qu’à voir
le tout récent film L’Âge de la stupidité (cet âge,
c’est le nôtre ; les stupides, c’est nous), dans
lequel un homme, seul, a survécu à une... catastrophe
écologique planétaire. Et à relire La Route, roman que
Cormac McCarthy situe dans, devinez quoi, les
décombres d’une catastrophe planétaire !
Effet de mode ? Pas si simple. Ou alors, c’est une
mode qui dure.
L’Antiquité
avait
ses apocalypses. La Bible, son jugement dernier. Il y
a 40 ans, da ns La Planè te de s s inge s , l’humanité
s’est suicidée par l’atome, qui incarnait alors tout
le mal dont les humains sont capables. Cette façon de
s ’auto dé t r u i re c on nut son heure de gloire en
1983 avec la t héorie de l’h iver nucléaire exposée
dans Le Jour d’après... un j our après lequel il
s’avéra surtout que la théorie de l’hiver nucléaire
était fumeuse.
Pa r la su ite, on a tenté le coup du refroidissement
de la planète dans un autre Jour d’après, dans lequel
un énorme navire se fige dans la glace, a ngle
Broadway et 4 2 e Rue à New York ! Aujou rd ’hu i , on
le sa it , c ’e s t le réc hau f fement de la planète
qui inspire tous les fa nt a smes popu la i res
d’autodestruction. Ce phénomène mystifie. D ’abord ,
on n’a ja ma is vu de campagne d’une telle ampleur. À
ce point que, par effet de saturation, le sermon écolo
« coule maintenant sur le dos des gens », concède le
militant Jean Lemire, qui pa rticipe au Paradis perdu
. De fait, on sent le sarcasme pointer. Les termes pas
très f latteurs de « réchauffiste » et d’«
éco-exhibitionniste » apparaissent dans le langage
populaire pour désigner les gens qui en font trop...
Mais surtout : comment le cycle biblique du péché
mortel, de la punition divine et du feu de l’enfer
est-il parvenu à s’incarner de façon aussi parfaite
dans l’imagerie médiatique, artistique et littéraire
du XXIe siècle ? C’est là que réside le plus grand
mystère.
Un
jour, c’est surtout sous l’angle culturel que le...
dernier historien étudiera les épisodes passés de
changement climatique.
Home: un film en retard sur son époque
- François Cardinal
Le
documentaire de Yann Arthus-Bertrand se révèle fort
esthétique, mais son message rate sa cible C’est
aujourd’hui la Journée mondiale de l’environnement, un
événement qui permet annuellement, depuis 1972, de faire
le point sur l’état de la planète. Pour
Les images sont si spectaculaires qu’elles ont pour effet
de nous désensibiliser, de rendre presque beaux les dégâts
faits aux écosystèmes.
solutions réalistes. Les yeux écarquillés, les bras
ballants, nous sommes soudainement atteints du « syndrome
du spectateur passif » : un crime violent est commis sous
nos yeux, mais nous n’intervenons pas, la passivité de
chacun étant confortée par l’inaction générale du groupe.
Pourtant, au coeur du battage médiatique qui a accompagné
le film se trouvait un mot: « agir ».
Yann Arthus-Bertrand soutient d’ailleurs avoir réalisé ce
documentaire « pour inviter au changement ». Il ajoute,
dans le livre qui accompagne le film, que « nous savons
très bien qu’aujourd’hui, les solutions existent » et que
« nous avons tous le pouvoir de changer ». Mais comment?
Mystère. Et c’est là que le bât blesse. Une fois le
générique terminé, le lien entre nos habitudes et leurs
répercussions semble soudainement bien ténu et surtout,
aucune solution ne semble à la hauteur du problème.
En ce sens, Home est un film en retard sur son époque.
S’il y a deux ans à peine, la population était avide
d’information sur l’environnement et sur les changements
climatiques, elle cherche aujourd’hui des manières de
faire une différence. Concrètement.
On peut
certes déplorer le manque d’ambition des gestes qui sont
faits, ou la vitesse avec laquelle les comportements
évoluent, mais force est de reconnaître l’existence de
cette volonté, à tout le moins, d’agir.
Or Arthus-Bertrand fait fi de cette ouverture et conclut
en comprimant en quelques minutes à peine son message
d’espoir, ses initiatives positives, son appel au
changement. « Il suffit d’apprendre à cultiver le soleil
», lance-t-il à la va-vite...
Comprenons-nous bien, Home mérite d’être vu pour la beauté
des images et le message qu’il véhicule, à la manière des
documentaires Le peuple migrateur, de Jacques Perrin, et
La marche de l’empereur, de Luc Jacquet.
Mais il faut le prendre pour le documentaire esthétisant
qu’il est, non pour l’appel à l’action qu’il prétend être.
Pour voir des extraits du film et en savoir plus :
youtube. com/homeprojectfr
Rouler pour rouler - Ariane Krol
Le
lancement montréalais de CityFlitz attirera sans doute
beaucoup de curieux ce matin. La formule de la firme
torontoise, qui loue des petites voitures branchées pour
aussi peu qu’un dollar par jour, est séduisante. Mais elle
soulève aussi des questions sur la présence des véhicules
publicitaires dans nos rues. Et sur l’inaction de Montréal
dans ce dossier.
Le modèle d’a f fa i res de CityFlitz est astucieux. Des
entreprises paient pour apposer leurs couleurs sur des
petites voitures comme les Mini et les Smart. En échange,
CityFlitz s’arrange pour que les véhicules aient une bonne
visibilité. Comment ? En les louant à un tarif
irrésistible (1$ par jour) et en exigeant que les
conducteurs roulent au moins 30 kilomètres dans un secteur
déterminé. Et c’est là qu’on commence à se poser des
questions.
CityFlitz parle d’un service d’autopartage. Communauto,
qui a popularisé ce type de système ici, conteste cette
interprétation. Les consommateurs trancheront. Il est
cependant curieux qu’un service d’autopartage, qui est
censé réduire l’usage de la voiture, impose un kilométrage
minimal. La justification, on l’aura compris, est de
nature économique et non environnementale. Pour que les
tarifs de location demeurent bas, il faut des annonceurs.
Et pour les attirer, il faut leur garantir de la
visibilité.
La Ville a émis quelques réserves. Mais même si elle le
voulait, elle ne pourrait pas faire grandchose. Elle n’a
même pas réussi à interdire les camions qui promènent des
enseignes publicitaires au centre-ville – des véhicules
autrement plus polluants et dont la seule raison d’être
est d’exhiber des réclames.
Le
problème, c’est que Montréal ne s’est jamais donné la
réglementation nécessaire pour enrayer ce fléau. Il y a
bien, dans l’arrondissement Ville-Marie, un article
interdisant la publicité sur tout autre véhicule que les
autobus, mais il est inapplicable. La Ville a dû se rendre
à l’évidence il y a trois ans, lorsqu’elle a voulu sévir
contre les propriétaires de camions publicitaires. Depuis,
plus rien.
Pourtant, la pub motorisée n’est pas une fatalité.
Vancouver l’a bannie il y a plus de trois ans. Elle a tout
simplement interdit la conduite ou le stationnement de
tout véhicule dont le seul ou le principal but est
d’exposer de la publicité. La Ville de Québec a adopté un
règlement semblable qui doit entrer en vigueur en août. Un
véhicule « utilisé uniquement aux fins d’installer
l’enseigne » n’a pas accès aux rues de la capitale. Pas
besoin de chercher plus loin!
Un tel règlement n’empêcherait peut-être pas
l’implantation de CityFlitz – ce n’est d’ailleurs pas ce
que nous réclamons. Mais au moins, la Ville aurait une
position claire et cohérente sur la publicité motorisée. À
quoi bon essayer de chasser toutes les voitures du
centre-ville, au risque de faire perdre des clients aux
commerçants, si c’est pour y laisser rouler des camions
publicitaires qui ne dépensent pas un sou dans les
boutiques ou les salles de spectacles? C’est absurde.
Montréal, nous dit-on, attend de voir si le règlement de
la capitale sera contesté. Ça peut être long. Mieux
vaudrait aller de l’avant tout de suite. Les citoyens
seraient nombreux à appuyer une l’initiative.
"LE PÉTROLE SE REMPLACERA DE LUI-MÊME"
Le pétrole a encore plusieurs vies devant lui
- Hélène Baril
Souvent
annoncée, encore attendue, la fin du pétrole pourrait ne
jamais arriver. C’est ce que soutient une étude publiée
hier par l’Institut économique de Montréal.
Son auteur, Étienne Bernier, explique qu’entre les
géologues qui prévoient la fin prochaine des ressources
pétrolières et les économistes qui pensent au contraire
qu’on ne manquera pas de pétrole, ce sont ces derniers qui
ont raison.
« Les gens vont se détourner du pétrole avant qu’il n’y en
ait plus », a-t-il prédit lors d’un entretien avec La
Presse Affaires.
Étienne Bernier n’est ni géologue ni économiste, mais
ingénieur doctorant à l’École polytechnique de Montréal.
Il estime que le débat sur la fin du pétrole vient d’un
problème de définition. Le pétrole d’aujourd’hui provient
de plus en plus des sables bitumineux, ce qui fait dire
aux pessimistes que l’ère du pétrole facile est derrière
nous.
« Le pétrole des f rontières épuisées peut paraître f a c
i l e aujou r d’hu i , mais n’était pas facile à l’époque
», rappelle-t-il.
De même, le pétrole synthétique peut paraître difficile et
coûteux à produire aujourd’hui, mais ce ne sera
probablement plus le cas dans quelques années. Après les
sables bitumineux, viendront d’autres types de pétrole
synthétiques comme le CTL ( coalto-liquid) et GTS (
gas-to-liquid).
« On pourra produire autant de pétrole synthétique qu’on
en voudra, à condition de faire les investissements requis
», affirme Étienne Bernier.
Le coût
élevé de remplacement d’un type de pétrole par un autre
fera grimper les prix, ce qui enclenchera le processus
d’adaptation des consommateurs. La spéculation, que
plusieurs voudraient interdire ou limiter, joue un rôle
crucial dans ce processus d’adaptation, estime Étienne
Bernier. Grâce à la spéculation, explique-t-il, « le prix
peut s’ajuster longtemps d’avance, ce qui encourage
l’utilisation efficace et le recyclage de la ressource. Il
est inutile de déployer des efforts pour persuader les
gens de changer de comportement, puisque le simple bon
sens les incitera à s’ajuster intelligemment ».
La hausse des prix qui annonce la rareté d’une source
d’énergie dirige aussi l’investissement dans d’autres
formes d’énergie. Étienne Bernier pense que c’est ce qui
va se produire avec le pétrole. « On va passer à autre
chose avant d’en manquer », dit-il.
Le t ransfert pourrait se produire rapidement,
illustre-t-il, si la mise au point d’une batterie
révolutionnaire donne un avantage marqué aux voitures
électriques.
L’été dernier, le prix du pétrole a atteint un sommet à
150 $ US l e baril, a l ors qu’hier, il ne valait plus que
68,05 $ US sur le marché de New York. Le sommet de l’été
dernier n’annonçait pas la fin prochaine des ressources
pétrolières. Le prix actuel ne reflète pas non plus une
offre i nfinie de pétrole. I l faut regarder ça à plus
long terme, explique Étienne Bernier.
« Entre 1986 et 2003, le prix du pétrole a été très bas et
il avait du rattrapage à faire », précise-t-il.
Maintenant que les prix sont retombés, plusieurs
spécialistes craignent le report des projets d’exploration
et une offre insuffisante lorsque l ’é conomie mondiale
sortira de la récession.
Ce genre de déséquilibre pourrait arriver, selon Étienne
Bernier, mais ce serait temporaire et ce serait un
problème d’investissement insuffisant et non de ressources
insuffisantes.
Même avec un pri x du pétrole très bas, les investisseurs
qui croient que le prix va augmenter continuent
d’investir, selon lui. « C’est aux i nvestisseu r s de
voir assez clair et s’ils ont raison, le marché va les
récompenser ».
Moins de pollution, plus d’effet de serre
grâce à la
photosynthèse. Moins « Les par t icules résultant de CO , cela
signifie moins d’efde la combustion du bois, par La lutte
contre la pollution atmosfet de serre. » exemple, attirent la
chaleur du phérique augmente le réchauffeLes particules de la
pollution soleil au lieu de la refléter. Alors ment de la
planète, selon une atténuent l’effet de serre de deux leur
effet net n’est pas évident à nouvelle étude britannique. Si
manières, selon Mme Mercado : calculer. Et il faut tenir
compte les cieux avaient été plus propres elles ref lètent les
rayons du d’autres effets : la pollution peut en Europe et en
Amérique du soleil, limitant l’énergie qui atténuer l’effet de
serre, mais Nord dans les années 60, 70 et arrive sur la Terre
; et elles elle a des conséquences néfastes 80, l’effet de
serre aurait été jusaméliorent la photosynthèse. La sur la
santé. » En d’autres mots, qu’à 40% plus important.
climatologue, qui a publié ses le moratoire sur les foyers et
les
« La pollution améliore la résultats dans la revue Nature,
poêles à bois à Montréal n’accroîphotosynthèse », explique
Lina n’a pas calculé quel effet est le tra pas l’effet de
serre. Mercado, du Centre pour l’écoplus important. L’étude
publiée dans Nature, logie et l’hydrologie à Bangor, Cela
s’applique-t-il aux partiqui comportait un volet en labodans
le pays de Galles. « Les cules qui causent le smog? « Pour
ratoire et un autre dans des forêts plantes poussent mieux
sous certaines, oui », explique Navin bien réelles, conclut
que, sans une lumière diffuse que sous Ramankutty, ingénieur
spéciapollution humaine, les végétaux les rayons directs du
soleil. Plus liste du climat à l’Université de la planète
auraient capturé elles croissent rapidement, plus COMcGill, à
qui La Presse a demandé moins de , assez pour dimielles
enlèvent du C de l’airO de commenter l’étude. nuer du quart
l’effet refroidissant de la photosynthèse. Mme Mercado n’avait
pas calculé quel serait l’effet net sur l’augmentation de la
température.
Mais M.
Ramankutty a fourni à La Presse des documents de l’ONU
permettant de faire une estimation rapide. La réflexion de la
lumière du soleil par la pollution a ainsi diminué de 20%
l’effet de serre survenu entre 1750 et 2005.
Selon l’ingénieur montréalais, l’effet de la pollution sur la
photosynthèse est du même ordre de grandeur que son effet sur
la réflexion de la lumière du soleil. Cela signifie donc que
l’effet de serre pourrait avoir été jusqu’à 40% plus élevé
s’il n’y avait pas eu de pollution.
OUI, JE VEUX UN SAC! - Claire
Gagnon
J’étouffe dans cette marée de « Sauvons la planète
»
L’auteure réside à Québec.
«V oulez-vous un sac, madame ? »
Assez, c’est assez ! J’en ai ras le bol de me faire demander si je
veux un sac.
Oui, je veux un
sac lorsque j’achète pour 50$ de produits à la pharmacie,
comme du shampoing, de la mousse pour mes cheveux, de la pâte
dentifrice, des rasoirs, de la soie dentaire, une boîte de
mouchoirs, du déodorant, etc. Parce que je n’ai qu’un sac à
main pas plus grand qu’un porte-monnaie et que tout ça n’entre
pas dans mes poches, car elles ne sont pas assez grandes.
Eh oui, je veux un sac si j’arrête au magasin à un dollar pour
m’acheter des sacs à surgeler, des produits nettoyants et un
rideau de douche parce qu’il coûte moins cher chez vous que
chez Sears.
Donnez-moi un sac s’il vous plaît parce que je n’ai pas de
voiture et que je dois retourner chez moi à pied. Je participe
déjà à l’écologie de ma planète en prenant les transports en
commun et en marchant.
Je n’ai pas le droit aux achats spontanés parce que je n’ai
pas mon sac réutilisable et que, si j’en achète un autre, je
ne saurai plus où le remiser parce que mes crochets sont
pleins. Je n’ai qu’un trois-pièces et demie pour ranger tout
ça.
J’étouffe
dans cette marée de « Sauvons la planète ». Et pendant ce
temps-là, que fait-on des débris qui se promènent autour de
notre belle planète ? Eux, i ls ont le droit de se promener
dans l’espace parce qu’ils paient le gros prix et font
croire au reste du monde qu’ils agissent pour creuser des
puits en Afrique.
J’aimerais bien pouvoir me téléporter chez moi les bras
chargés, mais je ne suis pas capable. Que dois-je fai re ?
J’angoisse lorsque j’arrête dans un magasin et que j’achète
des produits parce que je sais que l’on va me demander si je
veux un sac. J’hésite quand j’achète du fromage au marché
public et que je découvre un comptoir de fromages. Lorsque j
’ai le goût d’en acheter, je me dis : « Ça n’entre pas dans
ma sacoche ni dans mes poches », alors je vais seulement
goûter parce que je ne veux pas me faire demander : «
Voulez-vous un sac, madame ? »
J’ai l’air de celle qui veut détruire la planète si on
m’offre un sac. Offrez-m’en un en papier ! Y avez-vous pensé
? J’ai presque envie de pleurer.
Allez-vous me frapper dans six mois si je vais à l’épicerie
sans mon sac? Je pense que oui parce que, dernièrement, j
’ai vu une caissière à l’épicerie de mon quartier porter un
jugement et faire des commentaires assez acerbes parce que
le client avant moi n’avait pas de sacs réutilisables. Ouf !
J’avais les miens !
Je crois qu’on dépasse les bornes. Gardons un peu de
jugement et de bon sens et évitons de sombrer dans l’extrême
à outrance. Est-ce que je vis dans une oligarchie ? Je crois
que oui, j’en suis même convaincue, et de toute évidence je
ne fais pas partie de cette famille.
Alors, s’il vous plaît, aidezmoi et ramenez le bon sens aux
dirigeants et aux autres grands partisans membres de la
planète à tout prix. Produisez des sacs qui se désagrègent
dans le mois suivant et arrêtez de me demander si je veux un
sac, madame ! Laissez-moi respirer et vivre même si je n’ai
pas mon sac !
La
baleine boréale n’est plus une espèce menacée
Une seconde
baleine présente au Canada est retirée de la réputée « Liste
rouge »
« La taille des populations de baleines boréales a augmenté
de façon constante au cours des dernières décennies. »
Les bonnes nouvelles environnementales ne pleuvent pas, en
voici une: en moins d’un an, une deuxième espèce de baleines
présente au Canada a été retirée des listes d’espèces
menacées.
Même si la baleine boréale n’est
plus une espèce menacée, le Comité sur les espèces
menacées au Canada ne crie pas victoire, ne sachant pas
quel sera l’effet du réchauffement climatique sur elle.
Sur la photo, une baleine à bosse.
En août 2008, la baleine à bosse, j usque-là considérée
comme « vulnérable » est devenue une « préoccupation mineure
» selon la réputée Liste rouge des espèces menacées de
l’Union mondiale pour la conservation de la nature.
Cette semaine, c’est au tour de la baleine boréale d’être
considérée en voie de rétablissement dans l’Arctique
canadien selon le Comité sur la situation des espèces en
péril au Canada (COSEPAC).
Chassées depuis les années 1500, les populations de baleines
boréales étaient déjà sérieusement décimées quand elles ont
commencé à jouir d’une protection, dans les années 30. « La
taille des populations de baleines boréales a augmenté de
façon constante au cours des dernières décennies », selon le
COSEPAC, qui estime à environ 6000 le nombre actuel de
baleines boréales.
Même si la baleine boréale n’est plus une espèce menacée, le
COSEPAC ne crie pas victoire, ne sachant pas quel sera
l’effet du réchauffement climatique sur elle.
Tout de même, ces bonnes nouvelles augurent-elles quelque
chose de bon pour les baleines d’ici? Il y a loin de
l’Arctique au Saint-Laurent et les niveaux de pollution font
toute la différence, comme l’observe Véronique de la
Chenelière, biologiste au sein du Groupe de recherche et
d’éducation sur les mammifères marins.
« Dans le
Saint-Laurent, certaines baleines se portent assez bien,
d’autres, pas du tout. Le rorqual à bosse et le petit
rorqual, ça va, le sort du rorqual commun et du marsouin
commun demeure préoccupant tandis que le béluga est encore
menacé. »
Il reste que les décomptes de baleines sont toujours l’objet
de controverses, relèveLyneMorissette, chercheuse en
fonctionnement des écosystèmes de l’Institut des sciences de
la mer de Rimouski.
« De façon localisée, pour TadoussacouMingan, onades
chiffres très précis des populations, mais pour ce qui est
de tout le golfe Saint-Laurent, il faut se contenter
d’extrapolation, dit Mme Morissette. Les derniers
recensements aériens datent de plusieurs années. »
Outre les rorquals à bosse – qui sont 11 000 à partir à
Porto Rico l’hiver –, « on ne sait pas du tout où les autres
se reproduisent et on en sait encore très peu sur le régime
alimentaire de chacun ». Bref, les connaissances sur le
sujet restent limitées.
Si l’on se demande depuis longtemps si le phoque n’est pas
en cause dans les diminutions du nombre de poissons, voilà
que certains experts commencent aussi à se poser les mêmes
questions par rapport aux baleines, note aussi
MmeMorissette, qui ne serait pas favorable pour autant à une
réouverture de la chasse.
S’il n’y a plus de chasse à la baleine dans le Saint-Laurent
depuis 1950, au Nunavut, où l’on peut chasser deux baleines
boréales par année, Pêches et Océans a avancé en février que
jusqu’à 18 de ces baleines pourraient être chassées
annuellement.
Près
d'une espèce marine sur trois est en voie de disparition -
Poissons et crustacés disparaîtront du menu d'ici 45 ans
AFP
Édition du
vendredi
03 novembre 2006
Mots clés : disparition, crustacés, Poissons, Alimentation,
États-Unis (pays)
Des scientifiques
démontrent que l'épuisement de l'écosystème marin menace la
sécurité alimentaire de la planète.
Le débat est ouvert sur l'épuisement de l'écosystème marin,
une menace à la sécurité alimentaire de la planète.
Washington -- La disparition accélérée de la biodiversité
marine résultant de la pêche excessive et de la pollution
menace la sécurité alimentaire de la planète et
l'environnement, mettaient en garde hier des scientifiques
américains et canadiens.
Si les tendances actuelles se poursuivent, la quasi-totalité
des espèces de poissons et de crustacés pêchés pour la
consommation auront disparu des océans avant 2050, affirment
ces biologistes et économistes dans l'étude la plus exhaustive
conduite à ce jour sur ce sujet et publiée dans la revue
américaine Science datée du 3 novembre.
«Nos analyses indiquent que sans changement, la situation
actuelle laisse présager de sérieuses menaces à la sécurité
alimentaire mondiale, la qualité des eaux côtières et la
stabilité de l'écosystème, qui affecteront les générations
actuelles et futures», écrivent-ils.
«Qu'on regarde les résultats d'expérimentations en
laboratoires ou des études portant sur l'ensemble des océans,
on fait le même constat, à savoir que la productivité et la
stabilité de tout l'écosystème marin diminuent», explique
Boris Worm, un biologiste à l'université de Halifax
(Nouvelle-Écosse), un des coauteurs de ce rapport.
Un choc
«J'ai été choqué par la généralisation de ce phénomène dont
nous ne soupçonnions pas l'ampleur et qui s'est accéléré
récemment», ajoute-il, précisant que «des modèles
informatiques n'étaient pas nécessaires pour prédire
l'évolution de ces tendances car elles s'appuient sur des
données existantes».
À ce stade, «29 % des espèces de poissons et de crustacés sont
en passe de disparaître», précise Boris Worm, ajoutant que
«les prises de pêche de ces espèces ont diminué de 90 %» ces
dernières années. La morue de l'Atlantique Nord a déjà atteint
le point de non-retour et est considérée comme étant quasi
éteinte.
Cette recherche effectuée pendant quatre ans révèle également
que la disparition d'une seule espèce accélère le dérèglement
de l'ensemble de l'écosystème.
À l'inverse, toute espèce qui retrouve un taux normal de
reproduction contribue à la santé et à la stabilité des océans
ainsi qu'à leur capacité d'absorber des chocs comme la
pollution et le réchauffement du climat.
Ces scientifiques expliquent que la perte de biodiversité
réduit profondément la capacité des océans à produire des
poissons et crustacés, de résister au développement des
parasites comme certaines algues ainsi qu'à produire de
l'oxygène et à filtrer les substances polluantes.
«L'océan est un grand recycleur, il absorbe les égouts et les
recycle en substances nutritives, il retire les toxines de
l'eau, produit de la nourriture et transforme le dioxyde de
carbone en élément de nutrition et en oxygène», souligne Steve
Palumbi, un biologiste de l'université Stanford (Californie)
et coauteur de ces travaux.
Pour cette étude, les chercheurs ont fait la synthèse de
toutes les données couvrant mille ans d'histoire marine,
celles provenant d'études dans 48 zones marines protégées et
des statistiques mondiales sur la pêche de 1950 à 2003.
«Toutes ces données montrent aussi qu'il est possible
d'inverser les tendances actuelles avant qu'il ne soit trop
tard», estiment les auteurs de l'étude, déplorant toutefois
«que seul 1 % des océans est protégé actuellement».
«Bien qu'il y ait un coût économique pour préserver la
biodiversité marine, à long terme, ces mesures de préservation
contribuent aussi à la croissance économique», affirme Ed
Barbier, économiste de l'université du Wisconsin.
Fruits
et légumes - Le Canada se montrera plus souple au sujet des
résidus de pesticides -
Fabien Deglise
Édition du
mercredi
09 mai 2007
Mots
clés : ARLA, produits chimiques, pesticides, Alimentation,
États-Unis (pays), Canada (Pays)
Ottawa veut
hamoniser sa réglementation avec celle des États-Unis
Plus
de pesticides pour moins d'infractions et de freins au
commerce international. Le gouvernement fédéral envisage
d'augmenter la limite acceptable des résidus de produits
chimiques sur plusieurs centaines de fruits et légumes
vendus au Canada. La mesure, largement contestée par les
groupes environnementaux, vise à mettre les normes
canadiennes au diapason avec la réglementation
états-unienne en matière de pesticides, ont déclaré les
autorités sanitaires. Et ce, pour des raisons
principalement commerciales.
Selon
l'Agence de réglementation de la lutte antiparisitaire
(ARLA) responsable de cette réforme, la sévérité des
normes canadiennes pour certaines substances
représenterait en effet un «irritant» dans les échanges
commerciaux entre le Canada et les États-Unis, a expliqué
un des représentants de l'Agence dans les pages du Ottawa
Citizen hier. L'ajustement devrait se faire dans les
prochains mois, au cas par cas, et en s'assurant que cela
n'entraîne aucun risque pour la santé humaine, a-t-il
ajouté.
«C'est
un processus d'harmonisation normal qui s'effectue dans le
cadre de l'ALENA, a confirmé Richard Aucoin, chef de
l'homologation à l'ARLA lors d'un entretien accordé au
Devoir. Nous sommes en train d'évaluer une par une, en
concertation avec l'industrie et les agriculteurs, les
substances pour lesquelles les limites acceptables de
résidus pourraient être modifiées. Mais bien sûr, nous
allons aussi faire en sorte que ces nouvelles limites
soient cohérentes avec les critères d'innocuité en vigueur
au Canada.»
Variation
sur le même thème
L'Agence
reconnaît que 50 % des produits chimiques utilisés dans le
domaine agricole en Amérique du Nord doivent actuellement
répondre à des normes communes au Canada et aux
États-Unis. Dans 40 % des cas, la tolérance des résidus
est toutefois plus sévère au Canada, alors que les
États-Unis se montrent plus souples pour 10 % des
substances réglementées.
«Le
climat est en partie responsable de ces disparités,
indique M. Aucoin. Par exemple, en Californie où il fait
plus chaud, la lutte contre les parasites nécessite des
quantités de pesticides plus importantes. Cela a une
incidence sur les résidus qu'on retrouve.» À l'inverse, au
Canada, plusieurs catégories de fruits et légumes se
présentent également à la frontière avec des résidus plus
élevés que les niveaux admis aux États-Unis. «Et il est
normal que deux partenaires commerciaux aussi proches
s'entendent sur ces questions», ajoute-t-il.
Sans
donner la liste des substances visées ni le type de
produits touchés par la réforme en cours, l'ARLA s'attend
toutefois à des mises à niveau des limites allant dans les
deux sens, avec à la clef «une hausse des limites
[acceptables au Canada] pour certains pesticides et une
baisse pour d'autres», dit M. Aucoin qui précise par
ailleurs que ce nivellement intervient dans un contexte
global où les agriculteurs réduisent de plus en plus leurs
usages de pesticides depuis quelques années.
Un
projet à revoir
Il
n'empêche que, pour la Coalition pour les alternatives aux
pesticides (CAP), désormais rattachée à Équiterre,
augmenter pour des motifs commerciaux les limites
acceptables est tout simplement «inacceptable», a commenté
hier Lova Ramanitrarivio, porte-parole de l'organisme. «Si
des substances répondent à des normes plus sévères au
Canada, c'est sans doute pour de bonnes raisons, et nous
ne devrions pas y toucher, surtout quand on sait que les
résidus de pesticides qu'on retrouve dans le corps humain
proviennent principalement de l'alimentation.»
La
coalition estime d'ailleurs que les limites les plus
élevées en matière de résidus de pesticides devraient
servir de normes entre les deux pays, et non l'inverse.
Elle compte par ailleurs interpeller prochainement le
gouvernement fédéral pour l'inciter à faire marche
arrière.
Amorcées
dans le cadre de l'ALENA depuis 1996, les discussions
visant à harmoniser les réglementations canadiennes et
états-uniennes se sont accélérées ces dernières années
avec le Partenariat nord-américain pour la sécurité et la
prospérité (PSP). Ce forum international, ouvert en mars
2005, réunit les trois chefs d'État du continent
nord-américain. Dans un rapport daté de l'an dernier, le
PSP qualifie d'ailleurs de «barrières aux échanges» les
différences entre les limites de résidus de pesticides
utilisées par chaque pays.
Selon
l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA),
chargée de faire respecter le cadre fédéral en matière de
résidus de pesticides, 96,7 % des fruits et légumes
importés en 2004-05 au Canada ont respecté les limites
imposées. À l'inverse, 3,3 % des produits inspectés
présentaient des niveaux de pesticides trop élevés. «En
redéfinissant les limites, a expliqué au Devoir René
Cardinal, du programme d'inspections des fruits et légumes
frais à l'Agence, ce nombre d'infractions devrait
normalement diminuer.»
LETTRE OUVERTE COLLECTIVE pour la récupération des déchets
électroniques
Marc St-Onge, concepteur, producteur du Rebut global
et de La vie en vert;
Charles-Mathieu Brunelle, vice-président exécutif et
directeur général de la TOHU;
Paul-Antoine Pichard, photographe et auteur de
l’exposition Mine d’ordures
Émise dans le cadre de la conférence Dépotoirs d’ici
et d’ailleurs, l’envers du décor à la TOHU, le 18
janvier 2007
Les grandes chaînes de télévision annoncent à grand renfort de
publicité leur conversion au signal à haute définition (HD), une
avancée technologique qui rendra obsolète la majorité des
téléviseurs que l’on retrouve actuellement dans les foyers
québécois. On peut déjà imaginer la montagne de déchets
électroniques qui seront générés lorsque les consommateurs feront
l’achat d’un téléviseur HD à Noël prochain!
Au Québec seulement, on achète chaque année plus de 3,5
millions d’appareils issus des technologies de l’information et
des communications, les « TIC », dont font partie les ordinateurs,
les numériseurs, les imprimantes, les téléviseurs et les
téléphones cellulaires. Ces appareils électroniques ont une durée
de vie moyenne de 2 à 3 ans, après quoi on s’en débarrasse pour
des modèles plus performants. Cela génère 30 000 tonnes de déchets
par année dont seulement 6% seront recyclés.
Voilà une véritable aberration surtout quand on considère que
82% du poids d’un ordinateur est recyclable… Et que la filière de
valorisation pour recueillir ces déchets et disposer des matières
dangereuses qu’ils contiennent existe déjà! Le plomb, le cadmium,
le béryllium, l’arsenic et le mercure contenus dans les TIC
représentent des risques élevés pour la santé humaine et
l’environnement. Envoyer un seul écran d’ordinateur à
l’enfouissement, c’est libérer les 2,4 kg de plomb qu’il contient
directement dans la nature, au risque de contaminer les nappes
phréatiques.
Dans l’espoir de donner une seconde vie à nos appareils, nous
acheminons des quantités phénoménales de matériel informatique
usagé vers les pays en voie de développement : l’Inde en reçoit
jusqu’à 20 000 kilos par jour et le Nigéria, 500 conteneurs par
mois. Malheureusement, 75% du matériel envoyé est inutilisable. Il
est détruit de façon inadéquate, devenant un risque pour la santé
des populations qui vivent à proximité des décharges où ils
s’accumulent. Dans certains cas, on peut y observer des taux de
plomb 2 000 fois plus élevés que les standards préconisés par
l’Organisation Mondiale de la Santé.
L’oeuvre du photographe Paul-Antoine Pichard témoigne du
désastre causé par le déversement de nos déchets et ses
conséquences sur la vie des autres.
Que faire ?
Dans la province, cinq CFER (Centres de formation en entreprise
et récupération) ont démontré leur expertise dans le recyclage
du matériel informatique et la récupération des métaux lourds.
En un an, ils ont détourné de l’enfouissement plus de 880 000
kilos de matériel. Ces centres sont prêts à se développer à
l’échelle de la province pour poursuivre cette mission.
Il suffit d’alimenter ce futur réseau de récupération. Comment?
En créant un point de chute incontournable et facile d’accès
pour les citoyens. La façon la plus simple pour le consommateur
de disposer de ses équipements électroniques désuets est de les
ramener là où l’on en vend. Les détaillants constituent le trait
d’union logique entre les consommateurs et les entreprises de
récupération.
Au Québec, le succès des initiatives de récupération de peinture
et de pneus usagés démontre bien que la collaboration avec les
détaillants est possible et souhaitable afin de régler la
problématique des déchets dangereux.
C’est pourquoi nous désirons profiter de l’événement rassembleur
de ce soir pour lancer un appel à l’action. Nous nous engageons
à contacter chacun des grands détaillants d’appareils
électroniques de la province pour les inviter à participer avec
nous à l’effort de collecte des TIC. Leur participation sera de
recueillir les appareils désuets.
De notre côté, nous, les initiateurs de cette requête, nous
engageons à agir comme facilitateurs entre les parties
concernées afin de concrétiser cette demande collective.
Les personnes présentes à la conférence Dépotoirs d’ici et
d’ailleurs, l’envers du décor ont confirmé leur
appui à cette démarche par leur signature. Vous aussi pouvez
soutenir cette initiative en signant cette lettre d'appui en
ligne.
L'Internationalisation
de l'Amazonie...
Interview du ministre Brésilien de
l'Éducation aux Etats-Unis.
Pendant un débat dans une université aux
Etats-Unis, le ministre de l'Education, Cristovam
Buarque, fut interrogé sur ce qu'il pensait au sujet de
l'internationalisation de l'Amazonie. Le jeune étudiant
américain commença sa question en affirmant qu'il
espérait une réponse d'un humaniste et non d'un
Brésilien.
Voici la réponse de M. Cristovam Buarque :
En effet, en tant que Brésilien, je
m'élèverais tout simplement contre
l'internationalisation de l'Amazonie. Quelle que soit
l'insuffisance de l'attention de nos gouvernements pour
ce patrimoine, il est nôtre.
En tant qu'humaniste, conscient du risque
de dégradation du milieu ambiant dont souffre
l'Amazonie, je peux imaginer que l'Amazonie soit
internationalisée, comme du reste tout ce qui a de
l'importance pour toute l'humanité. Si, au nom d'une
éthique humaniste, nous devions internationaliser
l'Amazonie, alors nous devrions internationaliser les
réserves de pétrole du monde entier. Le pétrole est
aussi important pour le bien-être de l'humanité que
l'Amazonie l'est pour notre avenir. Et malgré cela, les
maîtres des réserves de pétrole se sentent le droit
d'augmenter ou de diminuer l'extraction de pétrole,
comme d'augmenter ou non son prix.
De la même manière, on devrait
internationaliser le capital financier des pays riches.
Si l'Amazonie est une réserve pour tous les hommes, elle
ne peut être brûlée par la volonté de son propriétaire,
ou d'un pays. Brûler l'Amazonie, c'est aussi grave que
le chômage provoqué par les décisions arbitraires des
spéculateurs de l'économie globale. Nous ne pouvons pas
laisser les réserves financières brûler des pays entiers
pour le bon plaisir de la spéculation.
Avant l'Amazonie, j'aimerai assister à
l'internationalisation de tous les grands musées du
monde. Le Louvre ne doit pas appartenir à la seule
France. Chaque musée du monde est le gardien des plus
belles œuvres produites par le génie humain. On ne peut
pas laisser ce patrimoine culturel, au même titre que le
patrimoine naturel de l'Amazonie, être manipulé et
détruit selon la fantaisie d'un seul propriétaire ou
d'un seul pays.
Il y a quelque temps, un millionnaire
japonais a décidé d'enterrer avec lui le tableau d'un
grand maître. Avant que cela n'arrive, il faudrait
internationaliser ce tableau.
Pendant que cette rencontre se déroule,
les Nations unies organisent le Forum du Millénaire,
mais certains Présidents de pays ont eu des difficultés
pour y assister, à cause de difficultés aux frontières
des Etats-Unis. Je crois donc qu'il faudrait que New
York, lieu du siège des Nations Unies, soit
internationalisé. Au moins Manhattan devrait appartenir
à toute l'humanité. Comme du reste Paris, Venise, Rome,
Londres, Rio de Janeiro, Brasília, Recife, chaque ville
avec sa beauté particulière, et son histoire du monde
devraient appartenir au monde entier.
Si les Etats-Unis veulent
internationaliser l'Amazonie, à cause du risque que fait
courir le fait de la laisser entre les mains des
Brésiliens, alors internationalisons aussi tout
l'arsenal nucléaire des Etats-Unis. Ne serait-ce que par
ce qu'ils sont capables d'utiliser de telles armes, ce
qui provoquerait une destruction mille fois plus vaste
que les déplorable incendies des forêts Brésiliennes.
Au cours de leurs débats, les actuels
candidats à la Présidence des Etats-Unis ont soutenu
l'idée d'une internationalisation des réserves
florestales du monde en échange d'un effacement de la
dette. Commençons donc par utiliser cette dette pour
s'assurer que tous les enfants du monde aient la
possibilité de manger et d'aller à l'école.
Internationalisons les enfants, en les traitant, où
qu'ils naissent, comme un patrimoine qui mérite
l'attention du monde entier. Davantage encore que
l'Amazonie. Quand les dirigeants du monde traiteront les
enfants pauvres du monde comme un Patrimoine de
l'Humanité, ils ne les laisseront pas travailler alors
qu'ils devraient aller à l'école; ils ne les laisseront
pas mourir alors qu'ils devraient vivre.
En tant qu'humaniste, j'accepte de
défendre l'idée d'une internationalisation du monde.
Mais tant que le monde me traitera comme un Brésilien,
je lutterai pour que l'Amazonie soit à nous. Et
seulement à nous!
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